À propos

l'enfer

Bonjour les gens, alors aujourd’hui pas d’extrait. Pour le moment je ne vois pas l’intérêt. Strictement personne n’a encore acheté mon livre, et je ne vais pas passé deux mois à en coller pour faire joli. Ce truc fait 250 pages mais quand même. Donc si vous avez envie de faire une bonne action et aider un auteur à vivre c’est ici. A vot’ bon coeur m’sieur dame. Alors de quoi ça parle ? Ouais je sais les sept péchés capitaux c’est plus un sujet porteur. excepté si on s’autorise à penser que la culture judéo-chrétienne borne notre système de pensée et qu’au fond on se reproche tous un jour d’être radin, envieux, coléreux ou qu’on nous reproche notre orgueil, nos mœurs, notre gourmandise, notre paresse, bref nos faiblesses indispensables. Car c’est un drôle de procès que les religions font là aux hommes. Leur reprocher la colère alors qu’elle est souvent la seule manière pour nous d’exprimer notre liberté et nos douleurs. Condamner notre gourmandise au milieu des privations, et recommander en toute chose la modération quand rien ne l’autorise. Pointer du doigt l’orgueil qui est le plus souvent une façon de nous protéger de ce qui nous blesse. Et parer nos envies de tous les vices. Car c’est mal de n’avoir rien et de vouloir tout, c’est mal de vouloir sortir de sa condition. La prostitution, les comédiens du X sont condamnés à n’être que des animaux de luxure dans l’oeil d’un public borné à ces croyances, tandis qu’ailleurs cette même luxure, cette même débauche est constamment évoquée à travers les infantes de la mode, des stars internationalement baisées. Les religions ne savent que l’anathème; la malédiction, la contrainte. Et si l’avarice est la manifestation d’une revanche enfoui sous des années d’humiliation. Si la paresse est le fruit d’un raisonnement comme une impasse au point de la mort, peu importe. Nous paieront des fautes que nous n’avons pas commise, mieux, des traits de caractère, symptômes de nos douleurs, témoignage d’un enfer bien tangible, la tragédie de nos vies. Voilà de quoi ça parle l’Enfer. Vous voulez savoir comment l’idée m’est venu ? Certes j’ai une éducation religieuse qui m’a probablement interrogé sur ce sujet précis, tout protestant que je suis censé être, mais en fait c’est parce qu’un jour je me suis senti « pécheur ». C’est un drôle de truc que la culpabilité.  se condamner pour quelque chose qu’on n’a pas voulu, mieux, qui est le témoignage de tout ce que l’on déteste. Embringué comme on l’est dans la vie dans des affaires qui nous écœurent et dont finalement on devient spectateur impuissant. Vous n’avez pas demandé à naitre n’est-ce pas ? Moi non plus. A l’époque j’étais en train d’écrire Gourmandise, la matrice de toutes les autres nouvelles de ce recueil. La guerre faisait rage en ex Yougoslavie. Un jour, la boite pour laquelle je travaillais, eu cette idée de nous inviter à une grande partie de paint ball. La cohésion de groupe, tout ça…. Je n’avais pas envie de ça. je n’avait pas envie de jouer à la guerre, j’ai toujours trouvé ça trop sérieux la guerre pour faire le con avec des pistolets à peinture. Mais donc dans cet enfer privatif qu’est notre vie on ne choisi pas toujours. Ce matin là, alors que je me rendais à ce calvaire, cette farce sinistre, Sebrenisca était au massacre. Pendant que je tirais sur des petits fachos en treillis à coup de fusil ridicule, des hommes de tous les âges se faisaient éclater la tête avec du vrai acier. Comment peut-on réussir à supporter ça au fond ? Qu’est-ce qu’on accepte ? Qu’est-ce qu’on avale dans nos lectures, nos reportages, nos films, comme violence, plaisirs inavoués de voir l’autre détruit, humilié, pour peu que la figure soit belle, esthétique pour peu, fun, justifié sous une cause magnifique, pourquoi pas un martyr. En écrivant Gourmandise je pensai à ça. A évoquer la gourmandise du lecteur, l’amoureux de la belle lettre et l’emmener vers l’atroce, le pathétique et l’excès. La gourmandise conceptuel de l’auteur, animale et nostalgique du personnage est celle du lecteur se rejoignent aussi indispensable pour les uns que pour les autres. Un cercle vicieux. Une condamnation de la vie même. Ce que ne propose rien de plus que les religions au fond, un procès à l’existence. Notre procès.

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