Neuf jours

Neuf jours. Neuf jours c’est tout ce qu’aura laissé notre roitelet national, Jupiterion, au COS pour monter une opération de sauvetage. Alors que d’habitude les otages pourrissent des mois voire des années aux mains de leurs ravisseurs, là tout a été fait dans la précipitation d’un besoin avide d’image. C’est les élections européennes coco tu comprends, et même si ces élections comptent en réalité pour du beurre, que le parlement européen n’a aucun pouvoir, il ne s’agirait pas de se prendre la déculotté tant attendu. Alors tant pis si deux soldats y passe, tant pis les désirs de sa majesté sont des ordres, sont désordre aussi. La loi pour la reconstruction de Notre Dame est passée sans surprise, on pourra se prévaloir de l’autorisation du patrimoine national pour quantité de domaine, de la voirie à l’environnement…. Et au sommet de l’état on salive déjà à l’idée d’une flèche qui marquera le règne de Jupiterion. La folie des grandeurs, le mépris des vies, le mépris des opinions, le narcissisme. Neuf jours….

Cela fera bientôt sept mois que les gilets jaunes poursuivent leur lutte et aucune de leurs revendications n’a été entendue. C’est à peine si le roitelet accepte de les énoncer autrement qu’avec une forme de dégoût, Jojo le gilet jaune, comme il dit. Sept mois que la seule réponse qu’oppose le gouvernement c’est la répression, des tirs de LBD en pleine face, des matraquages sauvages et samedi dernier à Nantes, les policiers ont une nouvelle fois sorti les armes. A quand la balle perdue pas pour tout le monde ? A quand l’embrasement ? Le régime félon d’Emmanuel Macron adore jouer avec les allumettes, au 1er mai il annonçait des hordes de black blocs assoiffés de sang et de vitrine, et finalement ça s’est terminé par un pétard mouillé Salpetrière. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à quand il faudra attendre pour que quelqu’un craque et ne tue, jusqu’où va nous mener le narcissisme aveugle du poudré ? Les gilets jaunes n’ont rien à perdre contrairement à lui et c’est son point faible, les gilets jaunes sont le point névralgique d’un pays en stade pré révolutionnaire et personne au pouvoir n’a l’air de vouloir s’en rendre compte malgré les rapports alarmants de la DGSI. Pourtant leur peur est palpable, dans les crises de colère du roitelet, dans ce 8 mai exécuté sur des Champs Elysées désertés, dans cette obsession de sécurité partout dans ses déplacements. Il panique et pour donner le change fait son show devant un parterre de journalistes au garde à vous. Avec toujours la même morgue, la même détermination affichée et tant pis si c’est un mauvais comédien qui joue trop sur son physique de premier prix.

Neuf jours, et tant mieux pour les deux otages que Le Drian a essayé de faire passer pour des inconscients. Comme si le seul inconscient ici ce n’était pas le chef de commandement Emmanuel Macron, le feu vert final d’une opération qui sera mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas seulement trois morts qu’on va devoir déplorer, la récente attaque d’une église au Burkina Faso est à n’en pas douter la réponse directe des djihadistes à l’opération voulue par Jupiterion. Et un comble, alors qu’il espérait faire joli en paradant avec les otages, voilà que la polémique enfle au sujet des deux commandos morts pour ce que tout le monde apparente à des ahuris. Pourtant la zone n’était pas classée rouge jusqu’à aujourd’hui mais passons, la foule est idiote et elle se pâme volontiers devant les héros guerriers. Les français aiment l’uniforme, du moins jusqu’à se prendre un coup de matraque ou une gifle par un CRS excédé, un voyou de la BAC en mode émeute. A moins que ça ne soit le contraire. A moins que ce spectacle hebdomadaire de violence policière, de répression, les satisfasse allez savoir.

Plus de deux cents enquêtes ouvertes par l’IGPN classé sans suite malgré les membres arrachés, les crânes fracassés, les yeux crevés. Qu’on le veuille ou non cela s’appelle une guerre. Une guerre menée par un régime autoritaire contre une partie de son peuple quitte à faire voter des lois d’exception. De n’importe où ailleurs cette situation aurait été vaillamment dénoncé par le « pays des droits de l’homme », selon l’expression consacré. Droits humains qu’il n’a jamais respectés à l’endroit de ses prisonniers qui croupissent dans des prisons majoritairement surpeuplées et insalubres. Droits humains qui ne passent jamais les portes de l’Elysée quand il s’agit de signer des contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite. Droits humains qui sont aujourd’hui contesté aux gilets jaunes, cette chienlit comme l’appel le chien de garde Yves Calvi, cette vermine à exterminer comme disent déjà certain sur les réseaux sociaux, surexcités dans leur canapé qu’ils sont par des chaines qui en boucle propagent la peur et la haine de l’autre. D’ailleurs les médias mainstream ont cessé complètement de penser. Pendant que ça se pignolait sur les sommes considérable que réunissait déjà une Notre Dame à peine froide, pas un seul pour parler des 400 tonnes de plomb déversé par la toiture dans l’atmosphère. Tu comprends coco la pollution c’est clivant comme sujet, alors que la générosité milliardaire ça doit être indiscutable, sinon on est jaloux. Et comme disait en substance Hitler, plus un discours est simple plus les foules ont les chances de l’entendre. Christophe Barbier d’ânonner son catéchisme LREM à chaque nouvel incident, Jean Michel Aphatie de se scandaliser quand l’ONU taclait la France au sujet des droit de l’homme. Pascal Prau de beauferie en insulte d’animer les bas instincts de ses semblables en pantoufle. La liste est interminable. Gageons que pas un ne parlera non plus du fabuleux projet immobilier qui est prévu sur l’Ile de la Cité, et que la loi autour de la restauration de Notre Dame facilitera. Les médias en Macronie ne connaissent qu’un seul langage celui de leurs maitres.

Neuf jours pour sauver le soldat Macron de la déconfiture aux européennes, neuf jours contre pas moins de 34 listes dont une confessionnelle. Neuf jours et deux morts. L’ère des négociations s’est arrêté sous Sarkozy, et les assassinats ciblés était volontiers employé par Monsieur Normal, cette génération de président kiffe les forces spéciales comme des enfants avec leur nouveaux jouets. Macron a cru lui aussi qu’il pouvait jouer les chefs de guerre et il s’est planté aveuglé par son narcissisme. A côté de ça, Sophie Pétronin, humanitaire enlevée dans le nord Mali, attend sa libération depuis trois ans. Mais le nord Mali n’est-ce pas ce n’est pas un endroit pour briller par militaires interposé, la zone est notoirement classée zoulou, les militaires embarqués dans l’opération Barkhane le savent bien. Résultat à ce jour sept morts et des dizaines de blessés, officiellement.

Nous l’avions tous déjà deviné, Juan Branco et Crépuscule l’ont confirmé Emmanuel Macron a été placé là pour casser notre modèle sociale et enrichir ses amis, neuf oligarques qui détiennent 90% des médias. Et le bilan s’annonce déjà catastrophique. Le seul CICE a couté déjà près de cent milliards pour cent mille emplois préservés ou crées contre les un million promis. L’Exit Tax qui facilite l’exil fiscal au nom de la « liberté » d’entreprendre ne sera finalement pas supprimée mais aménagée, et comme si l’abrogation de l’ISF ne suffisait pas, Macron a mis en place la Flat Tax ou PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) qui voit le prélèvement des plus riches passer de 60% à 30% pour une perte sèche de quatre milliards, à ajouter aux milliards perdu avec l’ISF, total 7,4 milliards. L’argument avancé est que sinon nos milliardaires vont filer à l’étranger. Plus l’argument est simple n’est-ce pas… Sauf que selon le Crédit Suisse la France est le pays accueillant le plus de millionnaires en dollars, après les Etats-Unis, et que depuis 2013 seul 0,3% des personnes imposables à l’ISF se sont exilé à l’étranger, sans qu’on sache réellement leurs motivations d’ailleurs. Et après on s’étonne des gilets jaunes… Pourtant pas un siècle ne se passe pratiquement sans que l’impôt, quelque part, ne provoque une révolution. Pourtant 1789 était précisément une réaction par rapport à l’impôt. Pourtant depuis quarante ans j’entends ce pays grommeler que ça va péter tôt ou tard. Pourtant la corruption des technocrates qui gouvernent ce pays est complète et depuis fort longtemps. Tout n’est qu’entre soi et cooptation d’une classe bourgeoise qui a abolit les privilèges de tous les autres à son seul profit. La perte de l’ISF n’est pas seulement un manque à gagner pour l’état de 3,4 milliards c’est également une perte sèche pour les ONG qui bénéficiaient des largesses des imposables par le biais des déductions sur la fortune. Résultat ces mêmes ONG, comme le Secours Populaire ou la Croix Rouge ont vu leur revenu chuter de près de 54%, et après ça on est censé s’émerveiller de la générosité de François Pinaud…

Qu’on l’accepte ou non Emmanuel Macron a organisé avec ses amis un régime autoritaire sous couvert de suffrage universel et en s’appuyant sur tout ce qu’il y a de pire avec la cinquième république. Quand les lois ne passent pas à coup d’ordonnance, on nous les impose avec les godillots de LREM quand ils sont là. Claire O’Petit qu’on voit énormément dans les médias est une des grandes absentes de l’assemblée nationale, elle n’a même jamais participé à la moindre commission. Idem pour Marlène Schiappa, la star des médias amateur de cruche, qui est largement moins à son ministère que sur les plateaux. Alors ce n’est pas difficile de faire passer la loi sur Notre Dame avec seulement 32 députés quand 500 autres sont soit dans leur circonspection, soit en campagne pour les européennes, soit occupés à babiller dans les médias. Un régime autoritaire qui propose aujourd’hui d’ouvrir une commission d’enquête sur l’impact négatif des gilets jaunes mais qui s’est étouffé quand une autre a proposé de s’ouvrir au sujet de Benalla. Où est-il d’ailleurs celui-là ? Plus un mot sur lui depuis qu’il est sorti de son court séjour en prison, comme évaporé, la dernière fois il était en villégiature en Suisse. Et je crois bien qu’on peut résumer le régime félon de Macron à cette affaire, des arrangements mafieux en s’appuyant sur une base largement corrompu ou abonné au rôle de girouette, comme Darmanin, de Rugy, ou Philippe qui tous critiquaient le même Macron avant d’entrer dans son gouvernement. Et voilà que le CSA, profitant d’une loi votée sous Hollande, accorde des temps d’antenne plus important à LREM qu’à ses opposants, tout ça dans le plus grand des calmes. Ce n’est plus une république c’est un hold up, le hold up de l’oligarchie… Reste que les européennes sera un des grands juges de la politique du roitelet qui en a parfaitement conscience, qu’on s’abstienne ou pas d’ailleurs puisque faute de vote blanc comptabilisé l’abstention est un vote en soi. Pour le moment la faiblesse du parti inventé par les oligarques c’est qu’il veut rejouer une vieille pièce réchauffée, moi ou le chaos. Macron ou le RN. Or jusqu’à présent non seulement on ne voit pas beaucoup de différence entre les deux partis, mais le RN lisse encore plus son discours avec l’espoir d’atteindre la réussite d’un Salvini. Le tout en s’appuyant sur une partie du mécontentement des gilets jaunes qui est comme chacun sait composé de toute sorte de courants mais surtout déterminé par tous les moyens à faire tomber Emmanuel Macron. Quitte à donner sa voix à ce qui s’apparente à une version féminine et agressive de Macron. Verra-t-on un jour Marine Le Pen au ministère de l’intérieur ? On peut le craindre même si on n’en est pas encore là, puisque Le Pen reste la pantomime des oligarques pour faire peur. Mais on a tout à craindre par contre d’un régime aux abois, tout à craindre d’un régime qui ment, gonfle les faits et les minimise quand on parle de vie humaine, d’un régime dont la seule opposition se trouve au sénat, ce rassemblement de vieux corrompus. Tout à craindre d’un gouvernement qui fait d’une opération de sauvetage une opération de comm, ils s’appelaient Cedric Pierrepont et Alain Bertoncello, ils ne sont pas morts pour la France, ils sont morts pour des élections…. Neuf jours…

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la violence du désespoir

Ils ont cru à leur chance, ils l’espèrent toujours, ils partent en vacance ou en boite faire la fête avec leur maitresse, c’était fait, plié, les Gilets Jaunes ne mobilisaient plus rien, on allait pouvoir repartir comme en 40, ah non pas 40, En marche en 40 ça avait une autre couleur, faudrait surtout pas qu’on confonde. Alors comme en 2017, avec le super président qui parade avec ses « intellectuels » après avoir fait sauter le fusible préfet de Paris, lui qui prétendait dans l’affaire Benalla que ce n’était pas la présidence des fusibles justement, c’est ballot. Moralité Benalla est mieux protégé qu’un préfet, lui que Macron voulait justement comme préfet. C’est fou cet aveuglement. Cette cécité constante du pouvoir actuel quel que soit le sujet, l’affaire d’été s’est transformée en affaire d’état, la colère d’une poignée s’est transformée en raz de marée. Ils n’ont pas compris qu’ils avaient laissé s’ouvrir une boite de Pandore avec les Gilets Jaunes et que ce n’était pas quelques froncements de sourcils qui allaient y changer quoi que ce soit. Ni les gaz, ni les mains arrachées, les yeux crevés, ni les morts. Rien ne retient cette volonté qu’ils ne comprennent pas et qu’aucune de leurs foutues écoles ne leur a jamais appris à connaitre. Comment le pourraient-ils, pas un des conseillers, ministres ou président n’a jamais crevé de faim à la mi mois, à bouffer des pâtes à la margarine et à quémander du tabac dans la rue faute d’avoir des sous pour son cancer. Ni ressenti la rage et l’abnégation que cela force. Quant à la rue n’en parlons même pas, c’est tout au plus un lieu où les riens se regroupent devant les soupes populaires, et comme il y en a toujours eut, que le libéralisme thatchérien de Macron accepte les inégalités comme on accepte les dégâts collatéraux, ça risque pas de changer. Pas un, en dehors de la sphère stricte de leur communication, n’a jamais trainé dans un rade d’ouvriers à taper le carton ou picoler, n’a parlé à une caissière, n’a mis les mains dans le cambouis comme une infirmière dans une maison de vieux. Ils ont les mains blanches ces gens-là, lisses, des mains pour palper, serrer d’autres mains, et rien de plus. Alors qu’est-ce qu’ils peuvent comprendre capitonnés derrière leur morgue ? Hélas pas grand-chose, et hélas en face on s’obstine. Pire maintenant on casse sans complexe, on casse des symboles, on brûle un restau chic, des boutiques de marque, et le résident anone qu’on s’attaque là à la République. Propos d’acculé si j’ose dire, la République a bon dos mais elle n’a strictement rien à voir avec Hugo Boss. Ni surtout avec la Macronie et à son régime yaourt à la merde.

La République n’est pas une start-up, ce n’est pas non plus une entreprise et un peuple n’est pas une bande d’employés. La République c’est un projet commun, une cause qui est censé faire cohésion puisqu’elle concerne tout le monde cette chose publique. La République surtout c’est un machin fragile qu’il ne faut pas user de mots au risque de l’affadir aux yeux de tous.

L’ennui là-dedans c’est que la même cécité occupe les Gilets Jaunes à leur façon. La même illusion sur le fait qu’ils vont gagner le match, la même obstination en dépit de tout, et les invariables même revendications depuis 18 semaines pendant que les médias, aussi aveugles que les autres, tous les autres, le nez sur la corde de leur donneur d’ordre, diluent le message au grès des images de casse et des discours superlatifs d’éditocrates à la médiocrités de plus en plus riante à mesure des semaines. Tout le monde est aveugle, les borgnes sont rois, et on s’aboie dessus sur les plateaux au point de l’écœurement. Les sondages ne valent rien alors ne parlons pas d’eux mais la fabrique à opinion tourne plein pot sur le Fouquet’s cramé alors qui sait ce que pensent les 67 millions de silencieux qui voient chaque semaines des centaines de milliers de gilets fluo défiler dans les rues. Et je dis bien des centaines de millier puisque selon le syndicat France Police-Policier en colère ça se chiffre à près de trois cent mille sur toute la France rien que pour le dernier acte. En attendant les foulards rouges ne font pas des masses recette. Alors oui qui sait de quel côté le cœur de la France balance, mais ce n’est c’est certainement pas du côté de la Macronie qui en plus d’ajouter à la morgue et au mépris a le toupet d’être incompétente à résoudre une crise qu’ils croient sans importance. Mais fort compétent à rouler dans la farine leurs opposants en revanche. Et de vendre, Engie, la Française des Jeux et les Aéroports de Paris dans le catimini d’une poignée de député, de libéraliser le prix du gaz, d’imposer des augmentations à la grande distribution soit disant pour soutenir l’agriculture, de prolonger l’autorisation d’usage de certain pesticides et pendant ce temps le prix du diesel remonte à la hausse lui qui avait initié la colère des Gilets Jaunes. La roue patine dans le vide et nous n’allons nulle part sinon vers plus de tension, plus de haine de part et d’autres et de moins en moins de pacifisme, les Blacks Blocs eux ne demandent que ça, le chaos est leur profit puisque c’est toute cette société libérale qu’ils veulent voir rasée. Or le danger pour le pouvoir c’est qu’il y ait finalement confluence d’intérêt, sommes les Gilets Jaunes et les Black Blocs ont un ennemi commun : l’oligarchie et c’est à ses symboles que l’acte 18 comme l’acte 3 se sont attaqué. Et pourquoi pas, c’est après l’acte 3 que notre bon roi a émietté un peu de baguette pour le pigeon citoyen. Pourquoi pas puisque Jupiter ne comprends que la confrontation, la violence des propos et des actes, puisque son mépris ne lui indique aucune nouvelle direction pour prendre le phénomène à bras le corps au lieu de tenter de le nier ou le minimiser comme il l’a fait jusqu’ici. Emmanuel Macron n’a pas compris que les Gilets Jaunes sont devenus un état dans l’état, une micro société avec ses mots d’ordre, ses ahous ! Ses lives fleuves sur Facebook durant lesquels les uns et les autres s’initient à la permaculture, à la politique ou à la stratégie de communication, avec ses AG, son réseau d’entre-aide, ses cagnottes, et pas juste ses lieux de rendez-vous du samedi. Une micro société comparé au 67 millions d’habitants de ce pays mais qui depuis 18 semaines donne le la de l’actualité française, en dépit de tout, même des attentats ou des hijabs Decathlon. A en désespérer un éditorialiste macaroné BFM. Mais le pire pour ce régime d’aveugles et de branquignols c’est qu’il n’y a pas que les Gilets Jaunes, les étudiants se mobilisent pour le climat, les profs veulent faire grève et dans la foulée chacun y va de sa revendication sentant bien que la Macronie est dos au mur. Elle peut brader la France ses réformes sont au point mort, Jupiter peut faire les gros yeux et virer un préfet, aucune interdiction, aucune loi n’arrêtera la vague de révolte qui agite ce pays de tous les côtés. Une révolte qui ne va que dans un seul sens, n’a qu’une seule cible, celui qui avait la morgue de demander à ce qu’on vienne le chercher. Car oui on cherche un responsable à tout ça et il est apparent que tout le monde l’a trouvé. La personnalité même du roitelet a cristallisé toutes les colères, il en est le confluant et il faut qu’il en prenne conscience avant qu’il ne soit trop tard.

Trop tard pour une réélection c’est sans doute déjà plié et le danger c’est bien que l’enjeu ne soit plus là. Un danger physique dont apparemment l’intéressé a conscience puisqu’il craint déjà de prendre une balle. A-t-il tort ? Non il en fait trop bien entendu car auquel cas il ne braverait pas le danger sur les pistes, il ne se pavanerait pas de réunion en réunion à faire le beau en bras de chemise s’il craignait vraiment la violence des Gilets Jaunes à son endroit. Il changerait d’attitude, jouerait profil bas et remettrait son titre en jeu. Mais Emmanuel Macron est beaucoup trop orgueilleux et narcissique pour se remettre de la sorte en question, et insuffisamment intelligent probablement comme ne cesse de le souligner Juan Branco. Sans compter l’aéropage de courtisan qui l’entoure probablement et lui soupirent leurs conseils usés.

Oui c’est un vieux monde usé que nous proposent en réalité la Macronie et ses contempteurs là où les jeunes de la marche pour le climat ou les gilets définissent le cri que pousse un présent qui ne se voit plus aucun avenir. Et les Black Blocs en sont le poing. Alors tant pis pour les vitrines, tant pis pour les dégâts collatéraux, ceux-là ne doivent pas plus être pris en compte que le libéralisme ne compte tous ceux qu’il laisse de côté. Pour autant la violence ne mène nulle part en réalité, si elle est nécessaire, elle doit être calculée, utilisée avec discernement et sinon abandonnée, car il suffira d’un rien, d’un flic qui tire sur la foule par exemple pour que ça dégénère totalement. C’est ici que la stratégie des Blacks Blocs doit être mesuré avant d’être assimilé à des terroristes, c’est ici que les Gilets Jaunes doivent bien mesurer de quel côté du manche ils feront sonner leur désespoir. Car il s’agira bien de la violence du désespoir qui naitra finalement de tout ça si jamais ce gouvernement d’imposteurs ne se réveille pas très vite et continue de s’obstiner dans la rigidité. Car le risque général ce n’est pas une balle pour ce pathétique gouvernement c’est une lente destruction de la société française dans son ensemble. Une libanisation avec toutes les conséquences qu’on imagine. Eric Drouet s’est fait vandaliser sa maison et sa voiture ce n’est pas forcément un signe à prendre à la légère d’autant que l’exemple vient d’en haut et qu’en haut justement c’est tout un substrat social qu’on n’hésite pas à vandaliser, mépriser, éborgner, gazer tout en légiférant sur le droit de manifester comme un vulgaire régime autoritaire.

Je l’ai écrit en 2016 et 2017, il y a en France tout ce qu’il faut en terme de lois pour qu’un régime bascule dans le tout autoritaire, ne doutons d’ailleurs pas que la Marine s’en servirait généreusement si d’aventure la colère ambiante finissait par lui donner le pouvoir. Mais en attendant Macron a besoin d’une illusion de démocratie pour que le monopole qu’exerce actuellement impunément l’oligarchie soit efficace. Il ne peut couper les ponts avec l’essence même de cette république sans risquer de révéler à tous la supercherie que représentent les limites de son pouvoir dans ce qu’il faut bien appeler une lobbyistocratie et qu’on appelle vulgairement l’Europe ou la Macronie, c’est selon. Mais c’est un peu la même chose au fond, une escroquerie de financier, un coup d’état d’oligarque visant à supprimer aux peuples leur souveraineté. Puisque l’état-nation doit se diluer tôt ou tard dans le délire européen selon les vœux de cette boursouflure libérale qui dirige en réalité le pays. Les éditocrates à écharpe rouge ou sans nous le répètent en boucle, sans l’Europe point de salut, sans l’Europe c’est la guerre comme brame BHL à qui veut l’entendre, et pourtant la guerre l’Europe l’a eu à ses portes en Serbie, en Crimée, Ukraine, Kosovo sans faire grand-chose d’autres que demander au grand frère Otan de nettoyer la merde à sa place. Pourtant l’ivrogne à la tête de l’Europe l’a dit, il ne peut y avoir de choix démocratique face aux traités européens. Alors quoi ? Où se trouve le salut quand cette même Europe nous enchaine à une dette colossale ? Quand nous ne sommes pas foutu de défendre nos intérêts géopolitiques seul ? Quand finalement cela revient à nous séparer de tous nos biens au profit exclusif du privé ? Où est le bénéfice réel pour les peuples là-dedans ? Comment même croire que des groupes d’influence comme le groupe Bildberger, au cœur même de la machine européenne, ont à l’esprit le bien des peuples alors qu’ils protègent ceux des 1% ? Avec cette même énergie naïve qui les anime depuis le début, certain Gilets Jaunes en viennent à demander le Frexit. Au vu de ce qui se passe au Royaume (dés)Uni on peut se demander si on en serait capable et surtout à quel prix. Et cela bien entendu dans l’hypothèse fort improbable que les Gilets Jaunes prennent finalement un pouvoir dont en réalité ils ne veulent pas. Du moins pas dans les termes de la Vème République. Car c’est bien l’originalité de ce mouvement, il ne veut pas faire la révolution, revenir au même point, remplacer une tyrannie par une autre comme en 1789, il veut une évolution du pouvoir actuel ce qui est un contre sens hélas considérant la rigidité narcissique du dit pouvoir. Aujourd’hui on en est au marqueur chimique sur les manifestants, la bave aux lèvres Yves Calvi réclame qu’on tire sur la foule et qu’on enferme dans des stades, le pouvoir perd peu à peu tout sens de la mesure tout en réaffirmant stupidement qu’il n’y aura aucune mise à plat fiscale, aucun RIC, que bref les Gilets Jaunes rêvent debout.

C’est bien le cas en effet, malheureusement. Rendez-vous sur une page Gilet Jaune et vous verrez à quel point les gens rêvent haut d’un pouvoir qu’ils n’ont en réalité que peu, qu’ils ne réalisent pas qu’en comparant la sécurité des Etats-Unis et de la France, les médias tentent de conditionner les spectateurs au fait que la police tire à balle réelle. Que c’est maintenant que ça va vraiment devenir dangereux d’aller manifester parce que le pouvoir refusera toujours de céder d’un pouce et préférera s’abimer dans la violence en rejetant la faute sur le camp d’en face plutôt que de plier. Ce que ne comprennent en réalité pas les Gilets Jaunes c’est le degré de compromission qu’il a fallu à Emmanuel Macron pour en arriver là où il est. Aujourd’hui il n’est pas juste président, il est l’obligé des oligarques qui l’ont fait élire, les fameux neuf milliardaires français qui détiennent 95% des médias et 80% des organes de sondage. C’est à eux qu’en réalité ont à faire les gilets, à eux et au Medef dans son ensemble qui depuis le début de la crise parle fort curieusement peu ou prou, sans doute pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu et réveiller les vieux démons syndicaux. Ce dont s’abstient brillamment Jupiter depuis la tour d’ivoire de sa morgue avec les conséquences qu’on connait.

Quoiqu’il en soit rien de bon ne peut ressortir de cette certitude réciproque d’avoir raison sur l’autre. Rien d’intelligent ne peut surgir de ce dialogue de sourd vers lequel nous conduit un amateur arrivé au pouvoir par la volonté de quelques-uns. Un pays ne se conduit pas à coup de menton et de petites phrases pétries de mépris. Ne se conduit pas non plus en laissant les médias virer hystérique ou à coup de marqueur chimique et de loi liberticide. Du moins pas une république démocratique comme la France. Mais peut-être que la Macronie est réellement nostalgique du En Marche du maréchal Pétain, qu’elle a décidé de faire des Gilets Jaunes ses nouveaux juifs –pas le moindre des paradoxes- auquel cas il faut s’attendre à ce que les prochains mois nous fasse flirter dangereusement avec la guerre civile tant craint. Espérons ne jamais en arriver là mais si jamais, il n’y aura qu’un seul responsable à aller chercher et il ne s’appelle ni Drouet, ni Nicolle, ni Ludosky.

L’antisémite, l’idiot utile de la république.

Un vieux con lui-même ouvertement raciste se fait insulter et menacer par trois imbéciles hystériques, un cimetière juif est souillé par la bêtise crasse de quelques nostalgiques d’un temps qu’ils n’ont probablement pas connu, on tag des « juden » et des croix gammées et hop, comme à chaque fois qu’un ou des juifs morflent, toute la classe politique est dans la rue, main sur le cœur que c’est mal de ne pas aimer les juifs. Et ainsi font les petites marionnettes depuis la libération. Car n’est-ce pas la France a gros à se faire pardonner depuis la rafle du Vel d’Hiv’ et le régime antisémite de Vichy. Alors soyons plus philosémite que le roi David ça coûte rien et ça fait bonne figure. Zemmour et Marine Le Pen peuvent brailler que c’est la faute à l’Islam et à « l’immigration massive » tout en réhabilitant ce même régime de Vichy sans que ça gêne. Et la classe politique dans son ensemble d’instrumentaliser la question pour mieux se tirer dans les pattes des uns des autres, sans que ça gêne non plus. Le tout avec le CRIF et son orchestre pour mélanger absolument tout, Gilet Jaune et antisémitisme, comme si cela avait le moindre rapport, n’en déplaise à BHL qui n’en n’est plus à une énormité prêt. On veut même pousser le vice un peu plus loin puisque un député LaREM propose de condamner l’antisionisme au même titre que l’antisémitisme. Comme si contester la politique meurtrière et impérialiste d’un état pouvait, devait, être assimilé à cette haine absurde des juifs. Proposition porté par le député Sylvain Maillard, inqualifiable petit bourgeois pour qui la majorité des SDF le sont par choix, c’est dire la lumière… Mais la lumière il y a longtemps qu’elle n’a pas été portée à l’Assemblée.  En attendant c’est quand même une belle farce que voilà. La farce française qui ne se remet pas d’avoir un jour mis au monde un régime raciste comme celui du Maréchal Pétain, elle qui, à en croire ses flagorneurs, a inventé quasiment la liberté, légalité et la fraternité devant toute l’humanité. Et tant pis si le régime de Vichy, n’en déplaise à Zemmour, est l’aboutissement logique de la défaite de 1870, de la montée en puissance de l’Action Française grâce à l’affaire Dreyfus, de la loi de 1905 et de tout ce que la droite boulangiste n’avait pas digéré à commencer par la corruption de la IIIème république. Tant pis donc si le pétainisme et son antisémitisme viscérale est un fruit bien français qu’on ne peut pas cette fois aller chercher du côté de l’Islam. On comprend mieux au passage comment cette histoire de Vichy peut déranger un Zemmour dans l’interprétation qu’il se fait du roman français, pas un arabe à l’horizon pour justifier la haine des juifs, ça ne peut pas rentrer dans son logiciel peu touffu d’intellectuel de pacotille.

Reste qu’il ne faut pas se voiler la face, « sale sioniste » dans la bouche d’un barbu qui rajoute « retourne à Tel Aviv, la France est à nous » peut difficilement ne pas s’assimiler à « sale juif rentre chez toi ». Paradoxe presque amusant dans la mesure où juif est une religion et pas un état civil, n’en déplaise aux barbus comme à la droite israélienne, les deux extrêmes d’un cercle vicieux qui n’en finit pas de déchirer le Moyen-Orient. Reste qu’il ne faut pas non plus ignorer que pour de nombreux locuteurs, critiquer Israël est un moyen à peine dissimulé d’étaler son antisémitisme sans que ça gêne, et le juif devient « sioniste » car bien entendu tous les juifs sont d’accord avec la politique mené par Israël. Et comme à chaque fois de trouver un député de la Knesset ou un ministre d’inviter les juifs de France à « rentrer à la maison » comme si Israël était forcément la terre des juifs et de nul autre. Comme si d’ailleurs être juif signifiait forcément se sentir mieux dans un pays en guerre permanente plutôt qu’ici même.  Comme si juif était une spécificité à retrancher de l’humanité, un cas à part, à ne critiquer sous aucun prétexte. On peut se moquer des musulmans, des chrétiens, même des bouddhistes si on veut mais juif pas touche ou attention au point Godwin. N’empêche ce statut en intouchabilité les juifs peuvent remercier Hitler et la Shoah, ou plus exactement, remercier l’instrumentalisation qui en a été faite depuis 48 afin de justifier tout et n’importe quoi de la part du gouvernement israélien. Car c’est bien là où le bât blesse réellement dans ce que la Shoah est devenu politiquement, un outil de propagande contre tous ceux qui s’opposeraient à la politique impérialiste d’un pays comme un autre, un moyen de les disqualifier, mieux encore, de déclarer systématiquement à l’incendie dès lors qu’on ose discuter à Israël son droit moins à exister qu’à coloniser son voisinage contre l’avis de toutes les résolutions de l’ONU, voir contre l’humanité tout entière si besoin est car juif et martyr sont naturellement synonyme et discuter de cela c’est être forcément antisémite. Sur cette propagande, car il ne s’agit de rien de plus –les juifs n’ont pas été les seuls victimes du nazisme- peut donc se construire tout un discours ambivalent contestant non seulement la réalité de la Shoah mais surtout le droit aux israéliens d’avoir la paix chez eux, et logiquement d’embrayer sur la question palestinienne autres idiots utiles de tout un courant de pensée qui se fiche en réalité beaucoup plus des palestiniens que de contester à Israël son droit même d’exister. Et le serpent se mord la queue dans une boucle infinie où on se retrouve classé dans un camp ou un autre au fil des interprétations de chacun. C’est ainsi que moi-même je me suis retrouvé simultanément traité de sioniste et d’antisémite par les deux camps au fait que sans contester le droit à Israël d’exister je critique sa politique. Au résultat de cette disqualification systématique c’est toute forme d’esprit critique qu’on souhaite en réalité paralyser quand il s’agit non plus des juifs mais d’Israël, en espérant confondre les deux sujets en un seul. N’en demeure pas moins que l’antisémitisme et tous les fantasmes afférant au judaïsme ne sont pas une fiction à utiliser au bon grès de ses ambitions politiques. Régulièrement des faits divers immondes émaillent l’actualité de toute leur horreur et des juifs comme Ilan Halimi d’en faire les frais jusqu’après leur mort. S’en prendre aux juifs et à tout ce qui les symbolise devient dès lors un désir de transgression irrépressible pour tout une frange de paumés comme Houriah Boutledja, cette bobo arriviste et raciste, ou le mythomane psychotique Alain Soral ou encore l’autre arriviste Dieudonné dont l’engagement politique est au carré de son besoin de reconnaissance. Ce ramassis de perdants de la politique et des médias qui nourrissent avec ardeur cette haine du juif en le confondant à dessin avec le sionisme dans son ensemble. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes puisque c’est en s’appuyant sur l’antisémitisme des uns que le sionisme s’est constitué comme une nouvelle forme de nationalisme.

Et le danger, cette instrumentalisation qui est faite de l’antisémitisme, est bien là, dès lors untel peut bramer qu’il n’y en a que pour les juifs qui deviennent ou demeurent encore et toujours la catharsis de toute les haines tandis que par ailleurs tout une frange de « l’intelligentsia » française, entendre les pseudos intellos qui posent leur fatuité dans les média, pourra se répandre en propos islamophobes en s’appuyant sur le terrorisme islamiste pour justifier leur phobie. Et ici de me tourner vers le même Finkielkraut qui a ouvert à ses dépens le bal de cette mascarade médiatique, ou Zemmour toujours gourmand de scandale pas cher, pendant qu’en face, dans le camp du bien, comme on dit, on pactisera avec le diable, ignorant délibérément l’islamisation des banlieues et le salafisme rampant de cette même islamisation au titre bien facile de la « tolérance » tout en critiquant avec des mots polis et prudents ce qui se passe en Israël en espérant faire passer ça pour de la conscience politique.

Dans ma famille l’antisémitisme on connait bien et c’est presque une blague juive tant c’est absurde. En 1922 mon grand-père paternel tomba amoureux d’une juive polonaise qu’il épousa tout à fait officiellement à la synagogue et dont il eut trois enfants. Il n’était pas juif mais protestant, et pire, considérant l’époque franc maçon et officier de réserve dans l’armée anglaise. Quand il voulait s’engueuler avec ma grand-mère il poussait même le vice à le faire en yiddish, c’est dire si la question juive comme elle était envisagé alors ne l’effleurait guère. Vingt ans plus tard, en 42, il était de retour à Varsovie où au péril de sa vie il tenta de faire sortir ses beaux-parents du ghetto, il était alors tout à fait officieusement un membre actif du SOE, le service action du MI9, il avait tous les papiers nécessaires à leur exfiltration de l’enfer. Hélas mes arrières grands-parents calèrent à la dernière minute (sur le quai de gare) préférant tenter leur chance en Pologne, pensant que les voyous nazis n’oseraient s’en prendre à des juifs bien installés. La suite on la connait malheureusement, elle est dans tous les livres d’histoire. Mon grand-père, dénoncé à la police de Vichy alla se réfugier au Portugal avec sa famille où il continua ses activités clandestines, notamment pour la résistance française. Il rencontra Jean Moulin, l’aida à avoir des papiers pour se rendre en Angleterre et aida nombre de juif à filer hors de cette Europe mortifère. En toute logique, après la guerre, il fut récompensé d’une légion d’honneur ainsi que diverses autres décorations, comme l’ordre de la Jarretière qu’il renvoya, indigné, quand les Beatles l’eurent à leur tour. Il était comme ça mon grand-père droit dans ses bottes, viscéralement attaché à ses convictions. Puis un jour son comptable, qui était juif, décida de partir avec la caisse, et dès lors cet homme marié à une juive décréta qu’on ne pouvait pas plus faire confiance aux juifs qu’aux arabes. Tellement attaché à cette nouvelle conviction que lorsqu’un ancien résistant, franc maçon lui-même, vint le voir pour monter une affaire, il refusa l’occasion au prétexte que l’homme était juif. Petit détail, l’homme en question s’appelait Marcel Bleustein Blanchet, fondateur de l’agence de pub Publicis. Décision absurde reposant sur un ressenti pas moins absurde qui me ferait pourtant rire moi qui ai fait une partie de ma carrière dans la publicité. Pour autant cette histoire aussi idiote soit-elle traduit bien selon moi l’instrumentalisation que l’on peut faire d’un incident de parcours pour en faire une généralité comme on le fait actuellement avec le mouvement des gilets jaunes et le Monde de pouvoir titrer sans se déranger « l’antisémitisme, la face sombre des gilets jaunes ». Instrumentalisation et propagande étant les deux mamelles de ce même antisémitisme on peut donc remercier toute cette mascarade, celle du Monde en tête, de servir aisément la soupe à ceux qu’ils prétendent combattre. Et ce serait presque risible si en réalité les conséquences n’étaient pas toujours les mêmes, la justification de la barbarie par des procédés intellectuels, la victimisation des uns, la mise au banc systémique des autres et surtout la confusion générale entre un ressenti absurde contre une religion et une opinion sur la politique d’un état.  Et les seuls à payer ce tarif d’amalgame ce sont toujours les mêmes, les juifs. Moralité, comme disait l’autre, les juifs moins on en parle mieux tout le monde se porte.