Bienvenue en Macronie

Mercredi 4 octobre 2017. Nous y sommes, la démocratie a vécue en France. Le lapsus révélateur de l’ONU, identique dans la bouche de l’usurpateur comme de son ministre de l’intérieur ; signe qu’il ne s’agissait en aucun d’un lapsus mais d’un test, la fin de l’état de droit en France est en discussion. https://www.laquadrature.net/fr/pjlmechant-verbatim-20170926-27. Mais en réalité le terme discussion est parfaitement abusif, tous le monde est d’accord, tout parti confondu, la France doit se soumettre à la dictature macroniste. Nous étions sous le régime d’une monarchie constitutionnelle sous l’effet de la Vème, la monarchie vire au totalitarisme, à la monarchie absolue. Et ici aucun droit divin, tout au moins pour tous ceux qui n’assimileraient pas encore le CAC40 à la nouvelle idole auquel la France doit de soumettre à n’importe quel prix. Comme le faisait remarquer Wolfgang Schlaübe, ministre des finances allemand et soutien ouvert du jeune dictateur, la France doit être réformée de force. Sous aucun prétexte les français ne doivent avoir le choix, le macronisme est en marche et sa feuille de route oscille entre George Orwell et Aldous Huxley, 1984 et le Meilleur des Mondes. La seule différence c’est que cette fois il ne s’agit plus de fiction. La casse du code du travail, l’autorisation de la mise sur le marché du bébé à la carte, la fin des emplois aidés, la réduction des APL, les 300 millions en moins aux collectivités locales, la fin de l’état de droit, la baisse de 130 millions du budget d’une des justices les plus pauvres d’Europe, l’augmentation de celui de la police de 7%. Tout y est. Et la casse du pays, la mise à sac de la société civile doit continuer coûte que coûte. Alstom vendu sur des pots-de-vin, la télévision publique mis au régime sec en attendant de pouvoir la supprimer totalement et surtout en supprimer tous les éléments subversifs. Comme Elise Lucet, dont l’émission va devoir revoir ses ambitions, moins de révélation et plus de fun, de « tendance » autrement dit de pub déguisée. L’ordre vient de la direction. France Inter chargé de faire de la propagande auprès des jeunes pour leur inculquer la soumission au nouveau code du camp de travail. http://www.acrimed.org/France-Info-eduque-les-enfants-sur-la-reforme-du, et surtout à bien distinguer un manifestant terroriste d’un brave gardien de l’ordre. « : ils jettent des pierres, des sortes de… de bombes sur les policiers, les policiers bah ils répliquent avec des gaz lacrymogènes, hein, les gaz lacrymogènes ça pique très fort les yeux et la gorge, il y a souvent des blessés. Mais ça ne concerne que très peu de gens hein, au total, par rapport à tous les manifestants.  » nous y explique le propagandiste de Radio Paris…

 

La haine du pauvre

« Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. » Voilà finalement à quoi se résume la pensée du jeune tyran. Immature, narcissique, aussi présentable qu’un dépliant bancaire sans Photoshop et surtout parfaitement aux ordres de l’oligarchie qui lui a donné comme mission de saigner à blanc la société civile française. Une vue pas même courte, il est absolument persuadé d’être le chef. Une conception binaire du monde et de la société en générale qui est sans aucun doute d’autant renforcé qu’il n’y a pas la moindre opposition dans ce pays. La France Insoumise fait de la figuration à l’assemblée, quand elle ne donne pas la main à la dictature en marche dans le cadre de la fin de l’état de droit. Pas une seule des mesures de coercition prise à l’encontre des français n’a été retoquée. Mieux que ça, prétextant une anti constitutionnalité de façade, la dictature en marche s’est assuré la complicité des corrompus en rejetant la loi confiance. Il est non seulement permis de légiférer avec un casier judiciaire chargé mais mieux encore, l’assemblée rejette un amendement permettant de condamner des entreprises comme Lafarge, accusé de complicité avec Daech. Le CAC40 a le droit de financer nos bourreaux, en revanche l’état se donne le droit de nous priver de nos libertés hors de tout contrôle juridique. Les HLM voient leur budget sabré, le jeune dictateur veut diviser le nombre des communes par dix, et réduire encore celui des régions afin de mieux concentrer le camp et soumettre le goulag à la seule loi des banques et des entreprises privées. Et que font les syndicats face à ça ? Quand ils ne sont pas plus simplement corrompus par le nouvel ordre, ils font des caprices d’un autre temps, se désolidarisant de la France Insoumise. La gauche la plus ridicule de l’histoire des mouvements sociaux dans le monde. Du cosmétique et des vieux cabris d’un autre temps qui s’agitent pour la galerie et ne servent strictement à rien. Une opposition de farce et attrape, où même le fascisme lepeniste, la droite raciale de Ménard et Eric Ciotti, est dépassé par les mesures dictatoriales qu’installent le jeune führer et sa bande de voyou. C’est encore plus beau que si Marine avait été au pouvoir. Un homme vient en aide à des réfugiés, il prend quatre mois avec sursis. Un retraité gifle une députée  aux ordres de l’usurpateur il prend un mois ferme. Et tout ça déroulé sur le ton de la modernité, des « réformes nécessaire à l’économie française »… ah non pardon, pas des réformes, des transformations. Car le caudillo de la Nouvelle France ne pensent même pas que ce pays est réformable, il faut plus simplement le faire disparaitre, le transformer en autre chose, la Macronie, le nouveau laboratoire à ciel ouvert du fascisme libéral. Et comme toujours, inlassablement, les français, manifestent…  A Nantes le 21, la BAC tabasse, puis c’est à Valenciennes dans le cadre du démembrement d’Alstom, avec la police montée, carrément, comme les grèves du début du XXème siècle, les sabres en moins, jusqu’à quand ?. A quand les tirs à vue ? Ou encore à Montreuil où des parents d’élèves se feront tabasser pour avoir osé demander la fermeture d’une usine polluante. Ca appartient à Airbus, pas touche. D’ailleurs l’Europe a bien fait comprendre son point de vue en Espagne à travers la réaction de Madrid aux ordres, la Catalogne on l’emmerde, la Catalogne doit obéir, tout comme la France au nouvel ordre mondial. Un ordre globalitaire avec l’Eurasia, Estasia et l’Océania sous leur formulation commercialo-militaires, Ceta, Alena, accords transpacifiques, etc…. Car bien entendu, en s’appuyant sur la même argumentation que le roman 1984, de la guerre permanente contre le terrorisme, commerce et sécurité, commerce et totalitarisme sécuritaire ne font plus qu’un. Et voilà que désormais, au cœur de l’Europe s’installe un nouveau régime totalitaire sous les yeux éternellement passif de ce pays de mou de veau qu’est la France. Cette paralysie faciale qui accepte tout, prend tout, entre sidération et terreur. Car bien entendu pas la moindre mesure de rétention que prend Vichy 2.0 ne saurait arrêter un malade mental à qui il suffira de prononcer la formule magique « allah akbbar » pour être absous de tout désordre mental, pour ne plus appartenir à la communauté des fous mais celle sainte pour les médias, Daech et la Macronie de terroriste. Sauf s’il est blanc, et à la bonne idée de ne pas s’excuser d’être dingue, comme à Las Vegas. Un massacre que le petit dictateur qualifiera de « violence contemporaine », comme on parlerait d’art du même nom. Et peu importe que cette violence là n’a strictement rien de contemporaine aux Etats-Unis ou ailleurs, l’important c’est d’imprimer dans les esprits cette idée de peur, de terreur permanente. Ce principe de mort inéluctable, imparable, auquel chacun doit se préparer… car il n’y en aura pas pour tout le monde.

 

Camp retranché

Personnellement je commence à en avoir assez de me répéter inlassablement. Le 18 juin, de l’année dernière déjà j’expliquais qu’on s’acheminait lentement vers un régime totalitaire. Et il ne faut pas s’y tromper. Hollande n’était là que pour préparer le terrain à Macron. Permettre au jeune dictateur de banque de parachever le travail ordonné par le Council on Foreign Relation et les Young Learders. Et à en croire Aaron Russo, rapportant les propos de David Rockfeller, dans ce jeu nous ne sommes rien de plus que des serfs, des esclaves. Ou pour reprendre les expressions du tyranno, des feignants, des cyniques, des riens. Le 10 février de cette année redite. Je pointe du doigt le fait que tout l’arsenal juridique est déjà là, et que la classe politique n’a que comme seul objectif de préserver ses privilèges de classe. Et comme prévu, le filet juridique se resserre. Restriction des libertés, restrictions des droits des travailleurs, restrictions sur le dos des plus pauvres. Cadeau fiscale, mieux qu’un cadeau, on favorise l’évasion du même nom en ne s’attaquant plus aux biens mobiliers de l’ISF. Ce n’est plus une présidence, c’est un hold-up doublé d’une prise d’otage. Et cette fois ce n’est pas les grévistes qui « prennent en otage », c’est notre gouvernement. Cette assemblée fantoche et ce monarque au pouvoir absolu. Les grévistes, les manifestants, rien de plus que de la figuration, l’amuse-gueule des matraqueurs et des médias, dix secondes d’images à perte pour documenter la propagande du CAC40.

 

Alors oui, je fatigue.  Et en même temps je sais pertinemment que l’écrire ne change rien. Orwell n’aura finalement pas dénoncé le totalitarisme dans son ensemble, il en aura écrit le mode d’emploi. Et je sais surtout que je ne suis pas le seul à le dire, à le penser, à le dénoncer, en vain. Le rouleau compresseur médiatique, l’abrutissement des masses par le canal de la consommation et des discours creux. Des discours qui en disent pourtant plus long qu’ils y paraissent. Notre Néo Pétain, notre Pétainot, militant pour une armée européenne, dans le contexte, ne milite pour rien d’autre qu’un gouvernement mondial. Une armée européenne d’états uniformisés, sans frontière, sans peuple, sans autre culture que celle dispensée par la propagande commerciale, un immense camp de plus de 300 millions d’individus, pardon, de consommateurs, captifs. Et au dessus de ça, régnant, les Lafarge, Bouygues, Bolloré, Dassault, Lagardère, la smala des associés de Daech, des trafiquants de drogue de la corne ouest de l’Afrique, de la politique génocidaire de l’Otan, ou de la Ripoublique de France Afrique, en Syrie, au Rwanda, en Irak, etc…Moyen-Orient et continent Africain livrés à la guerre, aux exactions de toute sortes, à une épidémie de choléra dévastatrice au Yemen, grâce au client favoris de Serge Dassault, les Emirats. Le tout dans le plus grand des calmes, la plus complète soumission d’un peuple aujourd’hui disparu, dispersé, inutile. Mais qui va continuer de chouiner sur les « arabo-musulmans » chaque fois qu’un malade mental se sentira besoin de se dédouaner de ses névroses en invoquant Dieu. Daech s’en fout tellement de prendre à sa charge tous les événements violents de cette planète qu’ils revendiquent même des actes qui n’ont rien à voir avec eux. Un vrai franchisé du meurtre gratuit.

 

Il y a peu de temps, suivant une amie sur un réseau social russe, je réalisais le violent contraste avec celui du célèbre puceau bleu, Mark « j’ai un problème sexuel » Zuckerberg. Le petit fasciste qui vous réclame vos papiers pour récupérer votre compte, qui censure une photo d’Hitler avec des oreilles de lapin mais autorise escrocs, adorateurs du nazisme ou de Daech à dépoiler leur haine de l’autre, à plumer leur voisin. Aucune censure d’ordre sexuel sur VK, les escrocs signalés virés instantanément, des images de Poutine interdite par la justice russe, autorisés sur le site. VK, le réseau social de la dictature de Poutine respire à l’air libre. Et je finis par me dire qu’en dépit de la tyrannie objective de l’autocrate russe, en dépit de ses vœux de Grande Russie, de son soutien à la sanguinaire tyrannie d’un Kadirov ou d’un Assad que ce n’est pas pire que celle qui s’installe dans ce pays. Un pays bien plus petit, remplit de flics, cintré de lois pénales, et de privation de liberté, et last but not least couramment au service d’un discours racialiste à base de choc des civilisations inventé de toute pièce par le terrorisme américain. Quand je vois également de qu’elle façon dont la Chine tente de modérer avec la Russie à nouveau les appétits destructeurs face à la folie nord coréenne de l’autre tyran Trump, le cinglé de Dieu, bouffon de télé, plus préoccupé de tournois de golf et d’hymne national que de la simple sécurité de ses citoyens. Bouffon narcissique qui sur ce seul point et bien d’autre se retrouve à égalité avec notre mini Duce. Je me dit qu’entre deux maux le pire n’est sans doute pas celui qu’on désigne. Alors on argumentera sûrement que comparativement, les méthodes sont moins brutales, que la dictature soft, à l’étouffade c’est mieux que le franc coup de trique, excepté que 337 catalans ont découvert, front ouvert et nez cassé que l’un n’empêchait pas l’autre. Bien au contraire, il suffira de traiter la répression de Madrid comme l’ont fait les médias nationaux, sans jamais s’y arrêter, sans jamais relayé d’autre discours que celui du pouvoir central, à savoir celui émanant du Parlement Européen, celui qui est en train de tordre le bras à ce pays pour lui faire définitivement boire la tasse du libéralisme global. Où la dictature c’est la démocratie, la paix c’est la guerre permanente, la liberté c’est l’asservissement. Bref pour la première fois de ma vie, moi le gamin de la Guerre Froide, du Baby Boom, tout juste majeur sous Mitterrand, je fini par trouver plus de charme à l’autre côté du monde. Ce côté toujours présenté comme tyran et qui par ses dimensions, sa poésie, sa richesse, sa taille fini par être plus séduisant à mes yeux que la médiocrité européenne, occidentale dans son ensemble. La tristesse de tout ça c’est que finalement c’est choisir Charybde au lieu de Scylla , un monstre pour un autre, mais quel importance si sous la dimension de l’un un minimum de ma liberté est préservée ? Je suppose qu’ils n’en voient pas des masses des caméras de surveillance et des militaires en arme dans les confins sibériens, dans les plaines du Yunnan, dans le Delta du Mékong, alors que moi j’en vois tous les jours. Mais au fond je rêve d’ile lointaine, attendre les ouragans qu’on en finisse et dans l’intervalle ne plus obéir à aucune de leurs lois.

 

Actuellement je lis un livre sur la piraterie au XVIIIème siècle « Pirate de tous les pays » de Marcus Rediker. Témoins d’une réalité sociale de l’époque, les pirates étaient tous d’anciens forçats de la mer, tous soumis au régime meurtrier des navires marchands qui tout autant qu’ils pillaient rendaient volontiers justice pour ou contre leurs anciens maitres selon leur attitude en mer. Avaient créée une société réellement démocratique où le chef ne l’était qu’à l’heure de la bataille, où tous avaient leur mot à dire et où l’on préférait prendre des volontaires que d’enrôler de force. Une conception de la justice chez les hors la loi qu’on ne retrouvera jamais plus, sinon dans les légendes chinoises du roman Au Bord de l’Eau, de Robin des Bois, et d’autres récits mythifiés des protos mafias du XVIème et XIXème siècle. Immanquablement je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec les anecdotes que me racontent les gamins de mon quartier. Tous prolos, avec des études, parfois un bac, et un cerveau. Tous se démerdant de petit boulot et de taille de 25 grammes à la sauvette, et qui me dépannent de dix euros parce que moi faut que j’attende le 6 pour avoir le droit de vivre dans ce pays. Les récits de débrouille, de contact avec les uns et les autres, de réussite, car il y en a plus qu’on ne le croit même si ça ne passe pas forcément sous la fourche caudines d’une loi réservée aux seuls pauvres. D’une justice qui ne sait plus que la prison, sauf si le cinglé est susceptible de commettre un meurtre au nom de son dieu de cramé. Tout est finalement qu’une question d’adaptation et de discrétion dans cette France de l’hypocrisie généralisée. Savoir se faufiler et prendre l’argent dans les bonnes poches. A l’image des Bolloré et Dassault, à l’image de « ceux qui réussissent ». Une délinquance en demi teinte pour ne pas déranger une police de la régulation du trafique de drogue, une police du racket et de la batonnite. Et rapportant suffisamment pour amadouer Bercy, acheter éventuellement un maire, un conseillé général, un député. Chacun ayant sans nul doute son tarif, je ne serais pas surpris qu’un jour émerge un document confidentiel relatant les barèmes selon le degré hiérarchique du législatif à l’exécutif en passant par la justice.  Et face à ça je fini par me dire que cette semi délinquance est le seul salut qui reste, le seul espoir de liberté, le seul moyen de se rendre justice à soi et aux siens. Et mort aux vaches !

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Théorie d’un complot ou coup d’état mode d’emploi 3ème partie.

N’oubliez pas qu’obtenir l’honneur d’al istishhad* (du martyr) est un devoir national sacré et une possibilité présente.

Saddam Hussein 1977.

 Deux situations peuvent se présenter. Soit le gouvernement loyaliste a déjà pris des mesures conservatoires contre l’insurrection (même en l’absence de pression) assorties de pouvoirs spéciaux et de lois spéciales. Dans ce cas le principal problème est d’agir sans fournir de publicité inutile à l’insurgé, ce qui est particulièrement important si la cause de l’insurgé est très populaire. Si les loyalistes ne se sont pas donné par avance les moyens nécessaires, lancer des attaques directes contre l’insurrection revient à ouvrir la boite de Pandore.

David Galula. Contre-insurrection : Théorie et pratique

De l’art de faire stationner judicieusement ses troupes dépend la plus grande partie des succès militaires.

Sun Tzu. L’art de la guerre

 

Ca force sur l’euphémisme mais les Etats-Unis semblent ne jamais rien retenir de leurs erreurs, et finalement pas beaucoup plus de leurs victoires. La pauvreté de l’éducation politique de sa population et de facto de ses forces armées. Le manichéisme simpliste de sa propagande qui fait adhérer sans mal le troufion à un discours d’évidence qui se révèle rapidement non seulement faux mais totalement perverti par la réalité du terrain. L’absence de formation autre que technique et strictement militaire de ses soldats de troupe. La prodigalité des moyens souvent disproportionnés ou inadaptés tant au terrain qu’aux conditions nécessaire pour maintenir un esprit combattif chez l’homme de corps. Sans compter la fabuleuse capacité des américains à se croire absolument partout en terrain conquis, chez eux, ambassadeur d’une culture forcément universelle et à laquelle on ne peut donc que se soumettre sans passer pour un sauvage ou un arriéré. Cet ensemble semble véhiculer dans le sillage de l’armée américaine un sentiment constant d’invasion, de rouleau compresseur à la fois militaire et culturel. La Pax Americana sent le Coca et le chewing-gum gum, a la couleur d’un blockbuster vendu en prime time, et laisse dans son sillage des montagnes de cadavres.

Au Vietnam, au départ, la situation devait rester sous contrôle. Les américains avaient choisi avec leur discernement coutumier un fervent catholique pour gouverner un pays à majorité bouddhiste. Parfaitement corrompu et dont l’épouse se moquait à la télévision, dans un français parfait, de ces bonzes qui ne s’immolaient pas correctement. Ils finiront par s’en débarrasser au profit d’une junte militaire, qui elle-même se fera jeter dehors par une autre. Il est difficile de faire régner l’ordre quand ceux que vous soutenez ne le respectent pas, qu’ils sont corrompus et ne connaissent que les lois de l’arbitraire. Votre propre cause semble soudain indéfendable et si en plus vous vous arrangez pour laisser à l’ennemi le choix de sa communication et assurez vous-même sa propagande par cet usage de l’arbitraire, vous vous retrouvez rapidement avec autant d’ennemis physiques que moraux. Vous n’êtes plus soutenu par votre propre population, alors qu’en revanche l’insurrection si. Essayant de gagner les cœurs et les esprits, selon l’expression consacrée, avec la balourdise et la brutalité d’un footballeur américain sous stéroïde. Déplaçant des populations sédentaires dans des lieux réservés pour mieux désherber au napalm et à la dioxine des fantômes et un paysage presque sacré dans la perception bouddhiste. Jouant à l’humanitaire d’une main et au boucher de l’autre, le tout en transformant Saïgon, comme plus tard Bagdad, en un vaste bordel à soldat, repère à bandit, espions de tout poil, assassins où pour tout dire l’ennemi est comme un poisson dans l’eau. Avec en surplus un intense trafique de drogue dont les premières victimes seront les GI’s eux mêmes. A vrai dire, c’est même une véritable armée de camés dont hérite l’Amérique à la fin de la guerre. En 74 92% des soldats ont le nez dans la bouteille, 69% tête du joint, 38% sont à l’opium, 34% se shootent, 25% préfèrent les amphétamines (fourni par l’armée) et 23% les barbituriques. Une armée de drogués seulement entamée de 58000 de ses membres, essentiellement des gamins, alors qu’en face c’est près de trois millions d’individus qui vont disparaitre durant le conflit et dans l’immédiate après-guerre. Le Vietnam n’a pas été une guerre ça été un génocide.

Un génocide avorté à la fois en raison d’erreur de stratégie militaire mais également de stratégie de communication. Une guerre motivée par la crainte de voir le sud-est asiatique tomber aux mains du communisme, et qui pourtant va s’ingénier à le propager à coup de bombardements massifs et de politiciens fantoches, fort d’un déploiement militaire sans précédent et de sept millions de tonnes de bombes balancées sur un pays moitié moins grand que la France. Le tout contre trois millions durant la totalité de la Seconde Guerre Mondiale, du Japon à l’Europe. Sept millions d’objets détonants qui n’ont pas forcément détonés et qui rouillent aujourd’hui au fond des rizières, sans compter la pollution à l’Agent Orange. Actuellement le Vietnam est le pays qui connait le plus haut taux d’enfants handicapés au monde, avec un total de 6,7 millions d’handicapés pour une population de près de 90 millions d’habitants (je vous rassure, en France, c’est 12 millions). Sans compter le génocide qui suivra au Cambodge dans le sillage de la déconfiture américaine et qui fera 3 millions de morts supplémentaires en ajoutant les 350.000 de la guerre civile laotienne, un peu plus de six millions de morts. Et pourtant vous avez remarqué, au cinéma c’est toujours l’Amérique qui pleurniche sur son trauma guerrier et le cambodgien qui rejette la faute sur Pol Pot.

La guerre qui va commencer en Afghanistan n’obéit pas à un objectif stratégique, c’est une guerre de vengeance, entamé contre un homme que tout le monde accuse avec un naturel déconcertant. Alors qu’il ne revendiquera jamais formellement l’attentat, et qu’il fut mis en cause par son instigateur après plus d’une centaine de séance de « water boarding » ce qu’en français nous appelons plus simplement le supplice de la baignoire. Car c’est bien connu la torture ça marche, surtout s’il s’agit de vous faire avouer ce que l’on a envie d’entendre. D’ailleurs dans un premier temps, le nom de l’opération emprunte à la série B « Justice sans Limite ». on dirait un film de Seagal… avant de sombrer dans le théâtrale avec « Liberté Immuable. ». En revanche durant treize ans de conflit les afghans ne verront ni justice ni liberté mais bien une violence sans limite, pour un résultat également immuable depuis que les anglais tentèrent de les mettre au pas à la bataille de Gandamak. Les afghans ayant ceci de commun avec les vietnamiens de foutre systématiquement dehors les envahisseurs. Les vietnamiens feront décamper chinois, cambodgien, français et américains et mettront fin eux-mêmes au régime de Pol Pot. L’Afghanistan mettra à l’amende trois des plus grands empires de la sphère occidentale, et quand ils n’ont plus personne sur qui tirer, ils se tapent dessus entre eux. Un comble on ne sait toujours pas aujourd’hui le nombre de victimes civiles lors de l’invasion. Ce que l’on sait en revanche c’est que si les talibans avaient mit un sérieux frein à la production d’opium, elle repartira de plus belle à partir de l’invasion. Aujourd’hui le pays fourni 90% de l’héroïne dans le monde… Au point où le ministre de l’agriculture réclama un temps de rentrer dans le cercle fermé des pays producteurs d’opium légal comme l’Inde ou la Turquie, recevant un refus poli mais ferme des américains, il ne s’agirait pas non plus de retirer le pain de la bouche de la mafia turc… Reste que cette invasion attirera les bouderies de Wolfowitz qui trouve qu’il n’y a rien à bombarder d’intéressant dans les montagnes, il salive déjà au sujet du point Godwin des conspirationnistes et de l’administration américaine, Saddam Hussein le nouveau Docteur No de la propagande US.

En ce qui concerne l’Irak, l’opération « liberté irakienne » ne s’embarrasse pas de signifier ses intentions réelles. Pendant qu’une équipe du service média du Pentagone réunit une petite foule autour du déboulonnage d’une statue choisie au hasard, l’armée fonce sur le ministère du pétrole et les zones d’exploitation. Alors que Bagdad est l’objet de pillage de presque tous les sites officiels dans l’anarchie la plus complète, il devient presque instantanément impossible de s’approcher du ministère du pétrole sans lever les mains bien haut en l’air et si possible en gueulant qu’on adore le Texas (le Texas est un des plus gros pourvoyeurs en homme de l’armée). Le site est ultra protégé comme le sera bientôt toute la zone verte. Il est d’ailleurs « amusant » de remarquer, si on a le cynisme facile, que non seulement les américains vont installer leur base de commandement et s’y retrancher, précisément là ou Hussein avait regroupé physiquement le pouvoir. Mais qu’en plus un des hauts lieux du régime tortionnaire du même Hussein, va devenir le haut lieu du régime tortionnaire de l’Oncle Sam en Irak : Abu Ghraib. Un diable chasse l’autre, et Hussein a averti les américains, la victoire est très loin d’être acquise, la vraie guerre va débuter après la fin officielle des hostilités. De toute manière l’invasion n’a pas du tout été conçue dans un autre but que de virer Saddam Hussein et s’emparer de son trésor de guerre au plus vite du coup d’état qui a lieu à Washington. La question de l’occupation, de l’organisation du pays après la guerre, n’a pas été une seule seconde abordée. Quand aux marines ils n’ont tout simplement pas été formés au travail de police ou de sécurisation, au contraire de leurs homologues anglais qui vont s’y coller. Résultat, à peine un mois après la petite parade de Bush en tenue de pilote, les prédictions d’Hussein se réalisent. Mieux, le 19 août 2003, 3 mois après la ronflante déclaration américaine, Abu Moussab al Zarqaoui dit « l’Homme vert » en raison de ses nombreux tatouages (il a un passé de voyou) fait sauter l’immeuble de l’ONU à Bagdad, tuant 22 personnes. Comme de toute manière tout le monde, à commencé par Bush, s’est essuyé les pieds sur les Nations Unies, ça reste dans le ton. Dix jours plus tard c’est une mosquée chiite qu’il fait sauter, avec un meilleur score, près de cent morts. Enfin en 2006, quelque mois après que l’Amérique toute fière ait pendu un homme de 69 ans pour avoir trop bien collaboré avec elle, Daesh se forme et une nouvelle bombe provoque la première guerre civile irakienne. A vrai dire, à certain moment durant ce conflit qui aura finalement duré huit ans et qui a abouti à la destruction de l’Irak, on atteint des scores de 25 morts par jour !

 

Canaris de l’Empereur et Caesarea

 

Il ne faut s’attacher avec outrance ni à des armes ni à des outils. Excès, insuffisance sont pareil. Inutile d’imiter les autres. Possédez des armes et des outils qui sont à votre portée.

Myamoto Musachi. Le Traité des Cinq Roues

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs

Robespierre.

Canaris de l’Empereur : Loc (Vx) – A cause de leur culotte de daim jaune, surnom collectif donné sous l’Empire aux gendarmes d’élite chargés de combattre les conspirateurs. On les appelait aussi les Immortels.

Bruno Fuligni, le livre des espions.

Caesarea : N.pr. – En référence à la ville de Césarée en Palestine, nom de code d’une unité d’élite du Mossad israélien, chargée d’éliminer physiquement les terroristes pro-palestiniens.

Bruno Fuligni, le livre des espions.

 

Si David Petraeus, l’ancien patron de l’Afghanistan et de l’Irak américaine, préface la nouvelle édition du livre de David Galula, Contre Insurrection : Théorie et Pratique, le moins que l’on puisse dire c’est que les méthodes que l’Amérique va en retenir ne porteront pas leur fruit. Que ce soit en terme tactique, stratégique ou théorique. Car si le Vietnam aurait dû alerter les forces américaines sur la nécessité de ne pas disperser son armement au quatre vent, munitions en particulier, la leçon ne sera retenu absolument nulle part. Cela va être vite le règne de ce que les américains appellent IED, Improvise Electronic Device. L’ajout de l’électronique en plus, c’est une variante de ce que les GI’s au Vietnam appelleront les « booby trap » plus vulgairement appelé chez nous « piège à con ». Bref des engins détonant improvisés, reliant généralement un portable et des obus non détonné ou tout ce qui peut faire un gros boum. En Europe en revanche, où il est moins compliqué de se procurer un AK47 neuf que des explosifs, le stratège de Daesh, le concepteur de cette organisation, l’ex colonel des renseignements irakiens Samir Abd Muhammad al-Khlifawi dit Haji Lakr, va recommander l’usage de toutes les armes potentielles mis à la disposition des civiles européens et dans le monde, camion, couteau et tout autre moyen de propager la mort. Le terrorisme étant l’arme des pauvres par excellence, cette méthodologie, accompagnée d’une propagande soignée, va venir porter la violence vers tous ceux engagés auprès des américains. Avec des résultats sociétaux extraordinaires.

Car il faut bien saisir que la base de la stratégie de Daesh en Europe ou aux Etats-Unis est de diviser les populations civiles, en se servant des musulmans comme bouc émissaire désigné. Ce ressenti, ajouté au choix d’une stratégie de communication par et pour la violence en technicolor et musique, permettra d’accentuer le ressenti des musulmans eux même et d’exalter la jeunesse dans son ensemble. Les occidentaux ayant depuis longtemps délaissé l’éducation de leurs enfants au profit des experts, des profs et des écrans, la propagation de la propagande se fera sans mal. Car il faut bien comprendre que Daesh n’est pas une organisation terroriste mais une organisation militaire très structurée comme le montre ce schéma issu de Daesh lui-même, de la structure de son service de renseignement.

daesh

Le terrorisme n’est qu’un moyen tactique et stratégique pour parvenir à ses fins. Dans ce cadre, sur le terrain, la Charia ne sera pas seulement utilisé comme moyen de coercition mais également de chantage. Selon les consignes de Lakr, les espions chargés de surveiller un village doivent également repérer toute activité contraire à la loi islamique afin de s’en servir comme levier. Et ici pas question de les éliminer, au contraire, mais de se servir des plus intelligents, notamment comme juge dans le cadre de la Charia. Il faut bien saisir que le stratège de Daesh n’est pas et n’a jamais été un islamiste mais un nationaliste. Il ne croit pas aux convictions religieuses fanatisées mais il sait qu’on peut s’en servir, et c’est ainsi qu’Abu Bakr El Baghadi sera choisi par un groupe d’officier du renseignement irakien, afin de donner une image de légitimité au groupe. Ainsi en s’attaquant à l’Irak, les Etats-Unis ont ouvert une boite de Pandore inédite, celle dont a souffert les irakiens pendant tout le règne de terreur d’Hussein : les services de renseignement irakiens.

Face à ça, en Irak, les américains vont s’appuyer sur la minorité chiite pour contrer l’influence sunnite d’Al Qaïda et de Daesh. Et pour ça vont s’assurer de mettre en place les méthodes employé en Amérique Centrale au plus fort de l’ère Reagan. Et voici que, recommandé par Rumsfeld, entre en scène un vétéran de la sale guerre au Salvador, lui-même impliqué dans le scandale de l’Iran Gate, l’ex colonel James Steele. Les néo conservateurs, je le répète, ne cachent pas leurs intentions. Passé dans le privé à titre de conseillé militaire, il va activement souffler ses bonnes idées aux paramilitaires chiites, le Special Police Commando, également surnommé… la Brigade des Loups. A toute fin je rappel qu’au Salvador, la méthodologie se concentrait sur deux points : torture et exécution sommaire. Mais il ne sera pas le seul sur lequel va s’appuyer les forces de la coalition et le gouvernement US. A Abu Ghraib, le personnel mis en cause dans le scandale des prisonniers torturés n’appartient en réalité pas à l’armée, mais à une des innombrables organisations militaires privées qui vont se partager ce phénoménal pactole. C’est simple, si en 2003 le bénéfices des SMP grimpe à 100 milliards de dollars, six ans plus tard il est de plus de 400 milliards de dollars (je vous renvois ici à mon article sur les SMP : Contractor, les prolos de la guerre ) Le tout sous la férule d’une des plus vastes organisations en matière d’opération spéciale, fondée après l’échec d’Eagle Claw, le Joint Special Operation Command. Une force qui va se composer des Delta Force, de l’ISA, du 24ème escadron tactique de l’Air Force, du 75ème Régiment de Reconnaissance des Rangers et du Seal équipe 6. Tout ceci bien entendu, en se reposant sur une autre machinerie dénoncée depuis par Snowden : le NSA et plus pratiquement la surveillance globale.

Or si à mesure du temps la guerre va faire moins de morts parmi les militaires que parmi les civiles, la Guerre contre le Terrorisme ayant fait 6717 morts officiels contre les 750.000 de la guerre de sécession, c’est bien à un carnage gigantesque auquel nous assistons depuis le début des hostilités contre l’Irak et l’Afghanistan dans les années 90. Rien que pour les seuls musulmans c’est près de quatre millions de morts, et je parle ici d’estimations basses. On a calculé en effet que la guerre en Afghanistan va faire au minimum plus de 200.000 morts. En fait on estime que le seul programme de Guerre au Terrorisme aurait fait à lui seul, toutes confessions confondues, entre 1,5 et 2 millions de morts. Rien que dans la seule Irak, les sanctions prises contre le régime de Saddam, aurait fait selon les estimations non contestées de l’ONU, près de 1,9 millions de morts… dont la moitié était des enfants. Et si on ajoute tout ceux qui sont morts en Afghanistan (rappelons également à toute fin que dans les années 90 les talibans seront financés et armés… par les Etats-Unis), les chiffres les plus élevés depuis que l’Amérique néo conservatrice a décidé de s’en prendre au monde à travers l’Irak et à l’Afghanistan, annonce un bilan se situant entre 6 et 8 millions de morts. Hitler, petit joueur. Dans ce cadre, déclarer que « les musulmans nous détestent passque on est lib’ nous et qu’on boit du pinard et on mange du porc » me semble pour le moins léger.

 

Débriefing

 

La nécessité ne connait pas de loi

Saint Augustin

Un genre très spécialisé de dépendance est la conséquence de technologie moderne, et on le trouve en dehors de la sphère néo-coloniale. C’est la lourde hypothèque qui grève l’indépendance politique d’un pays, quand il achète à l’étranger des armes modernes… Quand des pays se trouvent dans une telle dépendance matérielle et directe, il faut que les organisateurs d’un coup d’état intègrent dans leurs plans une nouvelle politique étrangère, à mettre en œuvre dès la prise de pouvoir. Si le coup d’état est politiquement inspiré par des adversaires du grand « allié », il y a de fortes chances pour qu’il échoue à moins qu’il ne parvienne à cacher cette tendance.

Edward N. Luttwak, Coup d’état mode d’emploi.

Le contrôle de toutes les informations du centre politique du pays visé sera notre meilleure arme pour assoir notre autorité après la réussite du coup d’état. Par conséquent, la prise des principaux moyens de communication avec les masses populaire sera pour nous une tâche d’une extrême importance.

Coup d’état mode d’emplois.

La révolution est au bout du fusil.

Mao

 

Le mouvement néo conservateur (néo dans le sens nouveau) est. Issu de la gauche progressiste à la fin des années 60. Ou plus précisément de l’évolution politique d’un ancien trotskyste, Irving Kristol, dont le mode de raisonnement se fonde à la fois sur son éducation politique, et sur son expérience militaire durant la Seconde Guerre. Comme il le dira lui-même, il y a été « agressé par la réalité » comme d’autre le seront bien plus tard, rejoignant de facto un mode de pensée parallèle, avec l’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne, et ici je pense notamment à Bernard Henri Levy ou André Glucksman. Deux « intellectuels » comme on dit en France très largement soutenus par le mouvement de réforme culturel initié par les Etats-Unis sur l’Europe et notamment par la CIA (non, je ne sous-entend pas que BHL est un agent de la CIA, ni même qu’il sait qui ont été ses soutiens financiers en dehors de son très riche papa).  Avec sa logique trotskyste Kristol est contre l’aide sociale qui ne pousse pas les pauvres à la lutte et rejette le mouvement contestataire qui s’inscrit selon lui dans une logique nihiliste défendue par les premiers anarchistes. Par ailleurs devenu farouche anticommuniste, comme de nombreux trotskystes et anarchistes au demeurant, il reproche leur mollesse au démocrate, exactement comme le fera lui-même Reagan. Sa rupture complète avec la gauche va s’exercer à partir de Lyndon Johnson.

Il est vrai que l’Amérique de Roosevelt n’a rien à voir avec celle dont va hériter Johnson. L’Amérique de Roosevelt jusque dans l’immédiate après guerre croit encore à son idéal de liberté défendu par son extraordinaire constitution. C’est elle qui va dans un premier temps armer Ho Chi Minh et les Viet Minh contre la France. D’ailleurs dans un premier temps, Ho Chi Minh se revendique moins du communisme que du nationalisme. Il cite la déclaration d’indépendance et la Révolution française et déclare que ses forces sont américano vietnamienne. Tout va changer avec l’arrivée d’un petit homme sans envergure, élevé dans l’ombre de sa mère, poussé au pouvoir par des bandits, Harry Truman. Le même Truman qui va user et abuser de l’arme atomique pour soi disant pousser les japonais à la réédition, alors que les japonais ont déjà commencé des pourparlers dans ce sens. La réalité est plus cruelle. Truman a besoin de démontrer qu’il n’est pas le petit homme sans envergure qu’il est en réalité et surtout il doit en remontrer à l’ogre rouge, le terrifiant Staline. Le concours de bite est lancé et il va durer…. Jusqu’à aujourd’hui. A partir de 84 le discours de Krystol se durci quand à la défense d’Israël, prônant une alliance qui va s’avérer funeste pour le reste du monde entre juifs et évangélique, entre le sionisme chrétien et la droite évangéliste. Mais il est vrai qu’un partie discours néo conservateur ne se serait jamais construit sans ce qu’Hitler a fait subir à l’Europe et plus particulièrement aux juifs. Cette position politique va considérablement pousser la droite israélienne vers une certaine radicalisation du discours. Un discours qui va encore se muscler avec l’immigration massive des juifs d’Europe de l’est jusqu’au meurtre d’Yitzhak Rabin, et même au-delà. Mais également grever sérieusement la paix au Moyen Orient d’autant que les intérêts pétroliers rentrent en jeu.

Le néo conservatisme américain va se propager et influencer toute la politique américaine de Reagan à Obama, et même aujourd’hui Trump. Car, en dépit des analyses de certain universitaire français qui aimeraient qu’on trouve une certaine grâce au nationalisme de façade de Donald Trump. En dépit même que nombre de républicain ont critiqué la position du président des Etats-Unis qu’il a, comme à son habitude, résumé par un slogan « no more globalism, only americanism », et qui ne pouvait que séduire la droite réactionnaire de notre pays et du sien. Il faut bien garder en tête que le maître à penser de Trump, Steve Bannon, récemment éjecté pour des affaires d’égo et suite aux émeutes de Charlottesville, défend un discours plus extrémiste que les néo conservateurs mais qui n’en reste pas moins attaché à cette même droite évangélique, à cette même impératif à défendre Israël et l’occident contre le nouvel hydre, le nouveau marxisme de l’occident, l’Islam et le monde musulman en général. Le plus inquiétant demeurant dans les fantasmes d’Apocalypse de Bannon qui lui ne cache pas dans ses films sa vision millénariste et simpliste du monde, appelant précisément à un affrontement entre les nouvelles forces antagonistes, exactement comme les fanatiques du camp adverse en appellent au djihad. Et quand on observe l’espèce de folie collective à base de prière, de fake news, et de tweets farfelus qui s’est emparé de la Maison Blanche depuis l’investiture de Trump, au regard de la politique américaine en Asie, en Ukraine ou en Syrie, on a le droit d’être fortement inquiet pour l’avenir.

L’historique des lois d’exception face au terrorisme dans la sphère occidentale et « démocratique » ne date pas d’hier. Face à l’IRA, Thatcher appliqua un régime draconien à l’Irlande du Nord, notamment en s’appuyant sur l’aile très, très à droite du révérend extrémiste Ian Paisley et les terroristes de l’UVF. Et surtout en rejetant le statut de prisonniers politiques à des hommes qui n’étaient rien de plus, ni n’avaient jamais commis comme d’autre faute que d’être soutenu politiquement par l’IRA et le Sean Feinn. Et qu’on laissa mourir de faim. Un même régime d’exception qu’on retrouvera en Allemagne face à la Fraction Armée Rouge. Ou en France durant la guerre d’Algérie mais également contre les usagers de drogue jusqu’à aujourd’hui, ce qui est paradoxale pour un pays qui a été (et est sans doute encore) si actif dans le domaine du trafic Cependant, jamais jusqu’ici ces mesures n’avaient été prise de façon permanente, subornant non seulement les lois, violant les droits les plus élémentaire des individus, mais se moquant jusqu’à la constitution. Or ce projet aux Etats-Unis n’est pas nouveau, il était dans les espérances de la droite américaine dès Kennedy, et il manqua de se réaliser sous Nixon. Après tout qu’était-ce donc que l’Opération Chaos, sinon les prémisses de cette surveillance globale qui fait fantasmer les agences de renseignement, et surtout les gouvernements. Car la situation est également critique pour nos gouvernements, et ils en ont parfaitement conscience. Les Printemps Arabes ont prit tout le monde par surprise, à commencer par les dictatures sanguinaires qui règnent sur les émirats.

Cependant ce projet aujourd’hui s’appuie sur une nouvelle idéologie, celle du conflit des civilisations, comme au bon vieux temps des croisades. Une croisade cette fois globale qui ne peut que rejoindre les fantasmes conjoint des djihadistes et de l’extrême droite occidentale. Le même rêve de sang avec au bout du compte l’espoir absurde en la venue d’un sauveur magique mettant tout le monde d’accord. Mahdi ou Christ, peu importe. Or quand les fous commencent à diriger le mode de pensée du monde, ce qui suit n’encourage pas à investir dans un autre avenir que celui de la sécurité et de l’armement. Et c’était bien l’intention du gouvernement Bush et de ces suiveurs, Obama y comprit. Car derrière eux c’est bien ce que les américains appellent le deep state, qui pousse. Un état profond qui ne se compose pas seulement de la CIA, des agences de sécurités américaines en général ou du Pentagone, mais de la sphère très influente des méta holdings comme KKR, Carlyle Group, KBR, Halliburton, ou encore Cerberus Capital Management qui a racheté DynCorp. Cerberus dont le directeur fut un des conseillers économique de Trump durant la campagne… Un changement de politique étrangère organisé à partir d’un attentat utile, opportun, et connu à l’avance, qui a permit et permet de détricoter un peu plus les Etats-Unis mais également l’Europe des idées inspirées des Lumières, et laminer totalement le discours traditionnellement universaliste de la gauche, où qu’elle soit, pour n’en faire qu’un succédané, un substitut, laissant encore durer un vague espoir, puisque l’espoir est si utile à endormir les foules.

Espérer ce n’est pas agir, juste un souffle d’inspiration mais guère beaucoup plus. Espérer c’est attendre.

Et pendant que nous attendons, stupéfaits spectateurs d’un monde que l’on veut voir mourir, l’exception, la surveillance et la militarisation s’imposent partout mettant les pays en interdépendance complète. Nous irons désormais chercher nos fusils en Allemagne, nous compterons sur l’OTAN pour subvenir à nos insuffisances, nous laisserons gentiment pourrir le paquebot Dassault dans la corruption de son dirigeant, jusqu’au jour où on nous annoncera que l’armée n’a plus les moyens de se payer des avions français. Ce qu’elle n’a d’ailleurs déjà plus, puisque nous ne pouvons même pas entretenir ceux que la gabegie commerciale du groupe Dassault et la complaisance de l’état nous a fait acheter. Et puisque l’Amérique dirigeante ne sait pas faire autrement, bien entendu cet assaut idéologique et militaire s’accompagne d’un volet économique. Les médias cooptés depuis Mitterrand nous bombardent du discours de la guerre des civilisations, alors qu’il n’y a que pour l’essentiel en terme réel de guerre qu’un conflit entre agences de renseignement au travers d’armées de mercenaires et de groupes armées autonomes ou non. Le tout plus ou moins subornées par des armées régulières. Bref que nous sommes en réalité en rien concerné par cette guerre idéologique qu’on veut nous mettre dans le crâne quelque soit notre confession ou notre système de pensée. Passant au sable et dans la foulée l’assaut économique que nous subissons à travers les accords transatlantique que nous a vendu le très consensuel directeur de marketing à la tête du Canada, le joli et si tolérant Justin Trudeau. Les médias nous tabassent avec des mots tiroirs comme « mondialisation » « compétitivité » « baisse des charges », tandis que notre narcissique « chef » d’état s’en revient de Las Vegas avec sa feuille de route. Et la boucle est bouclée. Et elle va d’autant se resserrer que la technologie de la surveillance se développe, aussi bien que les entreprises militaires privées, ajouter à cela des pénuries qui vont de plus en plus se faire sentir, et dans absolument tous les domaines, ne nous leurrons pas.

D’où qu’ils partent, le seul sursaut ne peut venir que d’une repolitisation de ce que les marxistes appellent les masses. Mais également une réappropriation de nos langues, de nos mots. Ecoutez s’exprimer un badaud des années 50 sur la politique intérieure de son pays et comparez le à aujourd’hui, tant sur le vocabulaire que l’opinion et vous verrez la marge qui nous sépare, la décadence tant du verbe que du discours. Il va falloir tôt ou tard choisir de notre avenir, et avant que la boucle se referme complètement.

 

Nota Bene : pour les amateurs de super complot si vous cherchez des complicités possibles avec Al Qaïda pour l’organisation de l’attentat, et sans aller chercher midi à quatorze heures. En 1979, en Iran, il faut retenir deux choses pendant la prise d’otage. D’une elle était le fait des Gardiens de la Révolution à qui on ne pouvait rien dire et l’administration iranienne, en particulier le ministère des Affaires Etrangères étaient  en réalité scandalisé par cette action. Ce pourquoi Argo est une affabulation d’Hollywood, les iraniens savaient parfaitement qu’il y avait des américains à l’ambassade Canadien, vu que l’ambassadeur des Etats-Unis lui-même l’avait confié à ses homologues iraniens. La seconde c’est qu’il a bien eu une opération de sauvetage réussi et beaucoup plus musclée. L’instigateur était Newt Gringrich, un des papes du néocon, qui se fit aider d’un mercenaire ex-béret vert au Vietnam et de son équipe pour libérer des membres de son entreprise. L’affaire a été relatée dans un livre dont Clint Eastwood devait faire l’adaptation. Aujourd’hui il y a des myriades d’équipes de ce genre, mais si j’étais vous je m’intéresserais de près à Intelligence Support Activity qui fait parti du JOSC. Il faut toujours se défier d’une organisation qui change cinquante fois de nom…

Théorie d’un complot ou coup d’état mode d’emploi 2ème partie.

l y a deux erreurs avec la Théorie du Complot, la première c’est d’en voir partout, la deuxième c’est d’en voir nulle part.

Frank Lepage.

 

Pour expliquer l’échec des démocrates à mettre fin à la guerre, je dis : ce sont les mêmes raisons qui ont empêché le président Kennedy d’arrêter la guerre du Viêt Nam. Ceux qui possèdent véritablement le pouvoir sont ceux qui ont le capital le plus important. Et puisque le système démocratique permet aux grandes entreprises de soutenir les candidats à la présidence, on ne peut s’étonner – et on ne s’étonne pas – de l’échec des démocrates à arrêter la guerre (…) Vous sacrifiez vos soldats aux grandes entreprises

Oussama Ben Laden.

 

Nous savons que notre programme de désinformation est complet quand tout ce que croit le public américain est faux.

William Casey

 

Avant d’entamer la question qui fâche et qu’il est strictement interdit d’aborder en France sous risque d’être traité de conspirationniste, un autre mot pour dire malade mental, j’aimerais revenir à un autre 11 septembre, celui de 1973, quand le général Pinochet s’empara du pouvoir, instaurant pour longtemps une dictature sanguinaire. Il y a deux constante que l’on retrouve dans ces évènements, l’implication indirecte ou directe du renseignement et du monde des affaires à travers entre autre ITT pour le Chili et l’usage autant de l’outil religieux  que d’un outil de coercition de nature fascisante. En 2001 l’Islam radical, en 1973 l’extrême-droite catholique et les conservateurs chiliens autant que les supplétifs survivants du régime nazi.

Une constante religieuse et fascisante, et le recours aux anciens cadre du régime nazi, dans l’organisation de la répression en Amérique latine (et par ailleurs également du trafique de drogue) à travers notamment Klaus Barbie, le Boucher de Lyon ou l’Ecole des Amériques. Constante qui va se généraliser autant en Amérique du sud et centrale qu’en Europe, notamment à travers l’Opus Dei ou le programme Gladio qui va notoirement se reposer tant sur la mouvance fasciste survivante en Europe, les catholiques ultra, que la grande criminalité comme la mafia sicilienne. Le courant néo conservateur qui interagit avec les intérêts américains depuis la Guerre Froide ne cache aucunement ses ambitions ni ses intentions contrairement à ce que pensent les conspirationnistes. Il suffit de se pencher sur la continuité de leur œuvre, à travers les acteurs de son histoire. On notera donc ici que dans le cadre de la Guerre Froide il n’a jamais été question d’instaurer une démocratie dans les pays menaçant de basculer du mauvais côté de la Force. Système démocratique qui est désormais pourtant invoqué pour justifier la moindre intervention extérieure. A l’ère des dictateurs succède une autre forme de fascisme, celui de la surveillance globale et des démocraties molles en état d’urgence et de schizophrénie sociaux-religieuse permanent.

 

Rats bleus.

Voir des rats bleus : Loc. –Parce que cet animal ressemble étrangement à une taupe, cette expression désigne à la DGSE l’accident psychologique par lequel un fonctionnaire stressé ou un stagiaire va voir des ennemis partout. Le livre des espions. Bruno Fuligni

Cry-wolf syndrome : Loc – Anglicisme désignant par référence au conte enfantin, le danger de « crier au loup » trop souvent, ce qui a pour effet de lasser l’opinion et l’amener à sous-estimer une menace. Une méthode classique de déception consiste en effet à provoquer chez l’adversaire une série d’alertes sans suites, de sorte que le pays réagisse avec mollesse et scepticisme le jour où se déclenche une opération destinée à le mettre vraiment en péril. Le livre des espions

Déception : N.f.- Technique consistant à induire l’ennemi en erreur par des falsifications de la réalité, il s’agit de l’amener à prendre des décisions préjudiciables à ses intérêts. On « fait de la déception ». Le livre des espions.

 

Dans la Compagnie, son roman sur l’histoire de la CIA, le journaliste Robert Littell, oppose un maitre-espion du KGB à James Jesus Angleton, chef du contre-espionnage et ami personnel de la taupe Kim Philby. Suite à la trahison de ce dernier, qui sera un véritable électrochoc pour le maitre espion américain, son homologue russe s’ingéniera à l’intoxiquer avec une série de défecteurs, officiers du renseignement ou de l’armée soviétique. Certain véritables, d’autres là pour induire Angleton en erreur et développer sa paranoïa. Ceci afin d’occulter le cœur d’une opération financière de masse visant à déstabiliser l’économie américaine. Si le personnage du maitre-espion du KGB, sorti de l’imagination de son auteur, est inspiré d’un authentique salopard de l’ère stalinienne (tortionnaire et pédophile) la stratégie employée a bien conduit Angleton au bord de la folie, jusqu’à son éviction de la CIA, et lancé l’agence dans une de ces purges meurtrières dont elle a le secret. Cette stratégie va non seulement mettre durablement à mal le renseignement américain mais également européen. Un excellent film des années 70 relate cette question, le Serpent avec Yul Brunner dans le rôle titre.  Le renversement de l’économie américaine par l’usage massif de fond secret était également dans les projets du KGB, mis en déroute par l’effondrement du système soviétique. Ce projet était lui-même inspiré d’une opération de l’Abwerh durant la seconde guerre mondiale, visant l’économie anglaise par le poids de la fausse monnaie, et faisant appel à des faussaires juifs. L’analogie que développe l’auteur tout au long du roman à propos du renseignement est celle du palais des miroirs dans Alice au Pays des Merveilles. Un jeu d’apparence et de faux semblants renvoyant les services à eux-mêmes et à leur fonctionnement. Puzzle Palace, le Palais des Mystères est justement un des surnoms donnés à la NSA par l’auteur James Bamford.

Dans le cadre du 11 septembre, comme du reste du 13 novembre, ou dans l’affaire Merah par exemple, le moins qu’on puisse dire c’est que les alertes n’ont pas manqué. Même si pour des raisons différentes mais parallèles ces alertes n’ont pas été entendues. Toutes ces opérations ont également fait l’objet d’innombrables interprétations conspirationnistes avec cette vertus de disperser complètement le discours, lui donner une tonalité générale de folie collective, émousser les parties les plus saillantes et les plus évidentes du complot au profit de théorie confuses et contradictoires. Tout cela, pour le 11 septembre, en s’appuyant sur le rapport faussé rendu au terme de l’enquête sur l’attentat. Rapport occultant ou minorant à la fois l’implication de l’Arabie Saoudite et de l’agent double voir triple Ali Mohammed, de la rupture dans le protocole de sécurité peu de temps avant l’attentat au Pentagone, la connaissance par une cinquantaine d’agents de la CIA de haut niveau de la présence de terroriste connu sur le territoire américain, du silence radio au sujet de la réunion de Kuala Lumpur où tout se décida. La disparition mystérieuse de plusieurs milliards de dollars des compte du Pentagone, du délit d’initié relatif aux compagnies aériennes impliquées, le silence de Washington en dépit des alertes, la ressemblance avec l’opération Bojinka imaginé par le « génial » artificier Ramsi Yousef dans les années 90, instigateur du premier attentat contre le World Trade Center et qui se trouvait à la même date aux Philippines avec un autre extrémiste d’une autre mouvance visant également le gouvernement américain : Terry Lynn Nichols. Vétéran de l’armée américaine, et complice de Timothy Mc Veight l’auteur revendiqué de l’attentat contre le FBI à Oklahoma city (affaire loin d’être claire et qui ne se limite pas à la seule mouvance des fascistes américains). Attentat qui emploiera des systèmes détonant identique à ceux employés par Ramzi. Cet ensemble d’informations est disponible non seulement en open source mais n’est pas le fruit des élucubrations des conspirationnistes mais des enquêtes des services de renseignements eux-mêmes. Et surtout l’éviction tout à fait opportune du programme de surveillance informatique des métadonnées imaginé par le directeur technique de la NSA Bill Binney, par la direction de la NSA elle-même, sous la pression des lobbys de la sécurité privée. Le tout au profit d’un autre programme, globale celui-là, inspiré lui-même du programme Shamrock, déjà mis au point par la NSA et ses prédécesseurs et qui consistait à surveiller tous les télégrammes entrant et sortant aux Etats-Unis. Si le système Thinthread imaginé par Binney ciblait spécifiquement les relations numériques entre les terroristes, le projet qui sera mis en place noiera les analystes de la CIA et de la NSA sous une tonne d’informations souvent parfaitement inutiles et pour tout dire intraitables. Un programme global de surveillance inefficace que les Etats-Unis parviendront tout fois à faire adopter par les anglais et les européens en général, à travers le financement industriel du domaine de la surveillance de masse en Europe et les choix législatifs des gouvernements.

S’il est difficile de penser que la vague conspirationniste soit le fruit d’un plan ourdi par qui que ce soit, il est parfaitement certain qu’il sert au contraire les intérêts de ceux que les conspirationnistes entendent dénoncer. Comme le fait remarquer Assange : Cela m’agace constamment que les gens soient distraits par de fausses conspirations comme celles entourant le 11 septembre, alors que nous fournissons des preuves de réelles conspirations concernant la guerre et la fraude financière. Car, non je suis absolument désolé pour ceux qui espéraient ici voir défendu les thèses autour des explosifs ou de l’effondrement du WTC7, je ne crois pas une seconde que les attentats aient été organisés par une autre sphère que celle de Ben Laden, ni qu’un missile a défoncé le Pentagone, ni en l’utilisation de mystérieux explosifs, ni d’ailleurs aucune présence d’une organisation tentaculaire et globale formellement constituée au-delà d’Al Qaïda. Mais beaucoup plus simplement à la nature parfaitement opportuniste du complexe militaro-industriel. Si l’attentat n’a pas été empêché, alors que le programme Thinthread et les diverses alertes tant de la France que des services égyptiens, ou de l’ancien agent de la CIA Robert Baer ainsi que celles cités précédemment, auraient largement pu le permettre, il ne faut pas voir là, à mes yeux, le résultat opportun d’une gabegie dans l’organisation de la sécurité américaine, mais l’occasion toute trouvée pour instaurer le projet néo conservateur. Ceci non seulement dans le but d’orienter et de suborner l’ensemble de la sphère occidentale dans le tout sécuritaire, et une nouvelle forme de guerre permanente et larvée comme fut la Guerre Froide. Développer le marché de la sécurité privée et la technologie afférente, reconfigurer le Moyen Orient, et faire fonctionner la formidable machine de guerre américaine, mettre les Etats-Unis eux mêmes sous tutelle et finalement réussir là où Nixon avait échoué et Kennedy avait calé. Et il n’y a pas besoin de chercher ailleurs que dans le résultat économique de la sécurité privée dans le monde, la tournure idéologique, la confusion et l’inefficacité qui règne en terme de lutte anti terroriste et ce en dépit de moyens aussi faramineux que globaux, pour définir ce projet par la bande, en dehors de ses seules vues géostratégiques concernant l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Iran.

La multiplication des informations, la condamnation systémique des théories complotistes par les média mainstreams, la division du discours, l’opération d’intoxication afin de justifier l’invasion tant de l’Afghanistan que de l’Irak, et le jeu de cache-cache du responsable désigné avec ceux qui tentent de l’abattre, va faire voir des rats bleus à tout le monde, service de renseignement y compris. Car soyons sérieux, comment un homme, même bien organisé comme Ben Laden a pu échappé autant de fois à la mort, alors que non seulement dans un premier temps, effrayés par la réaction américaines, les talibans eux même tenteront de le livrer (bébé refusé par l’administration Bush), mais qu’au terme d’une courte opération militaire l’Afghanistan tombera entre les mains des américains. Ce même Ben Laden qui va survivre pendant 10 ans à une recherche globale et supposément active par un des appareils les plus puissants du renseignement mondial, et qu’on va retrouver comme une fleur, suite à une écoute opportune, à une centaine de mètres d’une caserne d’officier d’élite de l’armée pakistanaise. Pakistan, allié supposé des Etats-Unis, bien connu pour son rôle ambigu tant dans son soutien aux talibans que dans celui du terrorisme, par exemple lors des attentats de Mumbaï et dans lequel est également impliqué un ponte de la criminalité organisée, Dawood Ibrahim.

Les amateurs de conspirations ont ce tort d’imaginer qu’une organisation définie, même parfaitement structurée et puissante, peut sur presque trente ans, cacher aux yeux de tous un complot d’envergure mondial. Ce qui n’a jamais fonctionné ni au temps du Cabinet Noir, ni lors du Watergate ou de l’Iran Gate, ni même au Vietnam au plus fort d’une guerre semi clandestine d’envergure. Les secrets les mieux gardés ont en général un temps de vie de cinq à dix ans. Dans les années 80, alors que tout le monde spéculait sur les responsables de l’attentat contre le pape, un ouvrage « Tueur à Gage » aujourd’hui introuvable, pointait déjà les Loups Gris, organisation paramilitaire fasciste à laquelle était attaché Mehmet Ali Agca. Ils ont également tort d’imaginer des services de renseignement uniformément orientés, les politiciens forcément corrompus et aux ordres, de croire qu’absolument tout le monde pense dans un seul sens. S’il y a bien eu coup d’état par opportunisme, s’il y a bien eut du laissé-faire, il est improbable que le Pentagone et la CIA soient parvenu à miner le World Trade Center au nez à la barbe de ses milliers d’employés. Aussi improbable que de prétendre que l’Arabie Saoudite n’a joué aucun rôle dans l’organisation de ces attentats ou que certains hauts cadres du renseignement ou de la Maison Blanche n’aient pas été parfaitement au courant du projet. Et ce pour la bonne et simple raison que c’est leur métier et qu’ils le connaissent mieux que personne. Bref croire dans une thèse absolue dans un cas comme dans l’autre, foirage généralisé de l’appareil de sécurité des Etats-Unis ou plan soigneusement ourdi par une entité supranationale formellement constituée est à mon sens inepte. Mais comme disait Nietzche : La croyance forte ne prouve que sa force,
non la vérité de ce qu’on croit.
Et après tout nous sommes au temps des nouvelles églises.

Dans ce jeu nonobstant l’habileté toute relative de Ben Laden a effacer ses traces, il me semble évident qu’on l’a laissé courir le temps nécessaire. Il meurt très exactement cinq ans après la création de Daesh et un an avant que l’organisation de l’état islamique étende son combat à la Syrie. Exactement comme le commandant Massoud est mort juste avant le 11 septembre. Sa figure tutélaire est effacée à la même époque où ses apparitions fantômes et ses déclarations n’inquiète quasiment plus personne, alors même que les services s’entendent sur le fait qu’Al Qaïda n’est plus que l’ombre de lui-même (ce qui va s’avérer dramatiquement faux). Alors même que la nature de la violence va changer, passant du meurtre de masse à l’attentat aveugle. Tout autant que la propagande des organisations terroristes. Daesh maitrisant à la perfection sa communication, et bien mieux qu’un Ben Laden qui se contentera de capitaliser sur sa seule personne en néo prophète pour lequel il se prenait sans doute lui-même.

 

Psyop

Psyop : Abr.- Contraction des mots psychological operation, désigne depuis la guerre du  Golfe toute opération psychologique de l’armée : édition de tracts, émission radiophonique, actions sanitaires ou humanitaires destinées à séduire les populations. Le livre des espions.

..D’autre part, l’accroissement en volume des forces armées et la « révolution technologique » ont eu pour effet de perfectionner le système de sécurité de l’état moderne, si bien que ses caractéristiques en font un terrain de recrutement favorable pour les organisateurs d’un coup d’état. L’armée nationale et les services de sûreté sont en général trop considérables pour constituer un corps social cohérant et uni par un commun loyalisme traditionnel…. Ce faisant, nous aurons la double tâche de convertir à nos vues quelques unités, qui participeront activement au coup d’état, et de neutraliser les autres. Cette dernière action ne signifie pas que nous devrons nécessairement les combattre : il suffira que nous les empêchions d’intervenir contre nous, pendant le temps limité que durera l’opération de prise de pouvoir. Edward N. Luttwak, Coup d’état mode d’emploi.

 

Selon les témoins du drame, trois affaires préoccupaient l’administration Bush avant le 11 septembre : la Chine, le programme dit de Guerre des Etoiles initié sous Reagan, et Saddam Hussein. Al Qaïda et Ben Laden qui avait pourtant ouvertement menacé les Etats-Unis dès l’ère Clinton ne faisait simplement pas parti des cibles prioritaires. Notamment parce que le sunnisme d’Al Qaïda s’opposait parfaitement à l’influence chiite iranienne dont un des outils militaires et politiques est comme chacun sait le Hezbollah. Ce pourquoi du reste les saoudiens approchèrent Ben Laden au début de sa carrière. Bien entendu au-delà du seul dictateur, au régime au demeurant fort mal en point, et de son pétrole, c’est la Syrie et l’Iran qui étaient visés. La nouvelle d’une attaque majeure en devenir, confirmée par de nombreuses sources désormais connues, a dû non pas être accueilli comme une calamité mais bien au contraire comme la fabuleuse occasion de renverser non seulement les Etats-Unis mais la sphère occidentale dans son ensemble, le tout en faisant subir à l’ONU le même camouflet qu’Hitler avait fait subir à la SDN. La débarrassant de facto d’une autorité déjà fortement compromise à travers entre autre la violation des résolutions par l’état d’Israël, son inertie au Rwanda ou en En ex-yougoslavie, ou simplement son financement, sous dépendance américaine. Il est d’ailleurs remarquable de voir depuis comment le fondamentalisme religieux s’est invité à la table démocratique, presque main dans la main et sans la moindre pudeur d’afficher sa plus complète compromission en faisant entrer l’Arabie Saoudite au Conseil des Droits de l’Homme alors que la même semaine de sa nomination, l’Arabie Saoudite s’apprêtait à crucifier et exécuter en place public un gamin de 21 ans. En terme d’organisation, de finance et plus simplement de risque, celui d’être découvert, il était donc bien plus profitable de s’appuyer sur un attentat majeur que de tenter de l’organiser soi-même en utilisant les artifices abracadabrant proposés par le conspirationnisme dans ce cadre.

Ainsi, s’appuyant sur l’exemple de ce nouveau Pearl Harbor que souhaitait l’aile néo conservatrice, le gouvernement Bush pu mobiliser la plus part de ses alliés, à l’exception notable et remarquée des français. Et fort de leur relation avec l’Angleterre et la servilité arriviste de Tony Blair, n’eurent aucun mal à s’appuyer sur de faux rapports, notamment mis en circulation par un irakien malin qui lui souhaitait abattre le régime de Saddam. Pendant ce temps, tout le monde s’est attaché à des détails dignes d’Hollywood au sujet du seul attentat, renforçant la thèse d’un mystérieux complot. Qui peut en effet croire qu’un passeport quasi intact soit retrouvé sur les lieux d’un attentat où non seulement deux avions de ligne se sont volatilisés mais également deux buildings de plus de cent étages. Qui peut accepter l’idée qu’avant même que son responsable revendique l’action, son nom soit sur toutes les lèvres ? Qui peut avaler qu’un des appareils militaires les plus puissant au monde n’est pas réussi à intercepter cette opération à aucun moment, alors que l’opération Bojinka fut avorté non pas par la CIA, mais la police de Manille ! Personne et c’est bien l’intérêt. C’est précisément ce qu’en terme de renseignement on appel de la déception, ici autant destinée aux autres services de renseignement qu’au public. Fausses et véritables informations mélangées, en s’appuyant très probablement sur tout l’historique et l’antériorité qu’avait le renseignement américain avec Al Qaïda, sans compter toute l’aide volontaire ou non qu’on a pu tirer d’Ali Mohamed, sorte de James Bond du terrorisme international. A la fois béret vert, officié de l’armée égyptienne, sergent dans l’armée américaine, informateur du FBI, barbouze du Hezbollah puis d’Al Qaïda et bon camarade de la CIA. Un personnage aujourd’hui tellement sulfureux que personne ne veut en parler, alors même qu’il croupit en prison aux Etats-Unis.

Quel intérêt de cette déception généralisé ? Eh bien le fameux coup d’état quoi d’autres ? Inventer une collaboration active dans la tête des gens sur la base d’une collaboration passé, c’est s’assurer de perdre absolument tout le monde puisque tout le monde courra après des lièvres qui n’existent pas ou plus. Sans compter que c’est un excellent moyen de collecter soi-même des informations. Il existe de nombreuses techniques formelles pour collecter du renseignement, je n’en citerais ici que deux. Il y a ce que Littell appelle la technique de l’appât au baryum, et celle dit du pot de miel. L’appât au baryum consiste à diffuser de manière assez confidentielle pour paraitre naturel une information sensible authentique, afin d’identifier au sein même d’une organisation par quel canal elle passe. Cette technique peut être employé à plusieurs fin, soit révéler des taupes, soit désinformer l’ennemi en empruntant ce même canal. Quand les russes découvrirent par exemple le système souterrain d’écoute qu’avaient installé les américains sous le Mur de Berlin, ils ne se jetèrent pas immédiatement dessus, ils l’utilisèrent pour intoxiquer leurs services de renseignement. La technique dit du pot de miel est un peu similaire, elle est utilisée en informatique. En utilisant un site potentiellement intéressant pour les hackers avec une faille de sécurité laissée sciemment, on peut identifier un certain nombre de pirate. En utilisant ces deux techniques dans le cadre du 11 septembre, on peut non seulement éventuellement déceler les agents ennemis potentiels mais surtout savoir qui parmi la communauté du renseignement et de l’armée peut s’avérer utile et qui il faudra écarter. Identifier de potentiel emmerdeur, lanceur d’alerte ou autre parmi le public, et les alimenter en informations contradictoires. Tout le monde bien occupé à regarder le doigt, le gouvernement Bush et son aile néo conservatrice peut viser la lune.

Comme le fait remarquer Luttwak, un coup d’état n’a nullement besoin d’une importante organisation, ni même de financement fabuleux. L’attentat en lui-même n’a proportionnellement pas coûté grand-chose pour ses auteurs, bien plus à l’économie américaine. En revanche il a rapporté des montagnes d’argent au secteur de la sécurité privée, au Pentagone, au secteur pétrolier et de l’armement. La guerre, comme les catastrophes naturelles c’est bon pour les affaires, bien plus que le système des échanges commerciales classique, contrairement à ce prétend Jacques Attali. Du reste le secteur des affaires se développe parallèlement à une guerre désormais généralisée, celle de l’intelligence économique, qui elle-même s’alimente sur les effets rebours de la Guerre contre le Terrorisme, notamment par la surveillance électronique et la surveillance informatique. Il en est ainsi de toutes les guerres. La déclinaison civile des produits militaires en production civile génère des nouveaux marchés et des nouvelles méthodologies, comme nous pouvons l’observer à travers la généralisation des drones. Finalement le meurtre du peuple afghan, irakien, libyen, syrien, yéménites va peut-être nous permettre de les avoir enfin nos voitures volantes…

Mais un bon coup d’état, et une bonne guerre, doit obligatoirement s’accompagner d’une intense propagande orchestrée comme un film en technicolor. Sur ce sujet le Pentagone a bien apprit la leçon autant du Vietnam que de Tempête du Désert. Si la première avait permis au public du monde entier de regarder le cru de la guerre, décortiquée de l’emballage idéologique de la « guerre juste » comme celle contre les nazis. La seconde offrira au contraire un spectacle de guerre des étoiles mettant en avant le tout technologique comme dans une publicité au salon de l’armement. Sans mort, sans trace de sang mais surtout sans bravoure. Car les journalistes étaient embarqués en « pool » dans des zones où il ne se passait rien et où on mimait pour eux l’essentiel d’une guerre imaginaire. La grande boucherie aseptisée ne permit pas au président Bush de se faire réélire. Erreur que le Pentagone ne commit pas avec son fils. Non seulement on assigna les journalistes en équipe embarquée sur le théâtre des opérations choisi par l’état major, ce qui permettait à la fois de garder le contrôle sur eux tout en les exposant. Mais George Bush junior fut lui-même mit à contribution de la geste militaire. En débarquant d’un jet en tenue de pilote, comme s’il s’en revenait lui-même du front, comme s’il était une sorte de Harrison Ford dans Air Force One venu pour annoncer la victoire.  Le président en personne assure le marketing alors qu’il a été exempté du Vietnam et a passé sa jeunesse à se saouler la gueule dans la Garde Nationale et les chambres universitaires. La supercherie est complète de bout en bout.

 

Et pendant ce temps on met en place des lois d’exceptions, on justifie un faramineux budget en matière d’opération clandestines de toute sortes, on exerce le chantage économique pour obtenir d’états indépendants des zones de non-droit destinés au seul renseignement, on autorise et généralise la torture, on externalise et privatise son appareil militaire au profit d’une infrastructure financière gigantesque et supranationale, on autorise et généralise la pratique des meurtres ciblés, on développe son arsenal global. Comparé à tout ça et au pouvoir qui en découle, le pétrole irakien c’est juste l’amuse-gueule pour remercier ceux qui ont permit ce miracle politique, économique, militaire et surtout idéologique.

Voilà, dans la troisième et dernière partie j’aborderais les conséquences de ce coup d’état global notamment la dépendance militaire et technologique dans laquelle il nous a tous entrainé et ses conséquences sur notre sécurité et nos libertés, comme sur l’idéologie adopté.