Affaire Benalla farces et attrapes.

L’affaire Benalla, n’en déplaise, est un cas d’école qui nous en dit bien long non seulement sur le mode de gouvernance de l’usurpateur qui occupe actuellement l’Elysée mais sur ses souteneurs, les médias en général, tous aux mains des oligarques qui ont fait élire le dit usurpateur. Il en dit long également sur le pseudo mouvement En marche, ses godillots, ses militants, mais là disons que c’est plutôt le côté farce que ça met à jour. Ainsi le Monde, propriété de Mathieu Pigasse, révélait mi juillet qu’un petit gros du nom d’Alexandre Benalla, faisait le coup de poing le 1er Mai en tenue de flic place de la Contrescarpe. Le petit gros n’a aucune autorité pour cogner comme un CRS sous Macron, ce n’est même pas son job, puisqu’il est chargé de mission auprès du dit nain-soleil. En français cela s’appelle usurpation d’identité et normalement c’est à la justice de régler ça. Pas grave, une petite tape sur les mains, suspension de deux semaines, jamais effectué apparemment puisque on le voit partout pendant ces deux semaines au côté du monarque, même pendant la coupe du monde où le petit gros se permet de rouler des mécaniques auprès des flics chargé de la sécurité royale. Bien entendu ce sont des choses ordinaires à la portée de tout citoyen, usurpez l’identité d’un flic, tabassez des manifestants, la justice ne sera pas saisi vous serez puni au coin comme chacun sait. Peu importe, la Vème République n’en n’est plus à une injustice prêt. Mais c’est quoi exactement un chargé de mission ? C’est là que ça devient un petit peu flou avec le petit gros. Il a un port d’arme temporaire, possède des flingues, à une carte d’accès H à l’assemblée et…. Un passeport diplomatique dont on se demande quel pourrait être bien l’usage quand on est chargé de mission adjoint au cabinet de la présidence. Surtout que plus on creuse plus on découvre à ce petit gros décidément fantastique des supers pouvoirs insoupçonnés. Il est nommé lieutenant-colonel de gendarmerie de réserve à 26 ans (bon à toute fin je rappelle que Jean-François Placé est également lieutenant-colonel de réserve du 13ème RDP, régiment d’élite s’il en est, non on ne rigole pas), et ce alors qu’il n’a aucune compétence dans le domaine ni diplôme de droit comme il le prétend. La commission d’enquête parlementaire n’a pas le droit de l’entendre mais TF1, propriété du groupe Bouygue, le peut. Et mieux encore, dans le plus grand des calmes, il fait casser les scellés sur son appartement d’Issy les Moulineaux pour récupérer un coffre et des armes, et il n’est même pas poursuivi pour ce nouveau délit ! Le nain-soleil de son côté ne sait visiblement pas quoi dire, alors il fini par dire n’importe quoi, rouler des épaules et réclamer qu’on vienne le chercher comme un Sarkozy de base, sachant parfaitement qu’il ne peut être lui-même poursuivi. Voilà, c’est tout, il n’y a rien à voir, on vous dit mais je dois dire que moi je me régale avec la riposte d’En Marche.

 

La République en Marche les godillots de la farce.

Avec Christophe Castaner jamais à cours d’une idiotie à débiter, on apprend que Benalla, en plus de tout le reste était bagagiste pendant la coupe du monde. Pour le ministre de l’intérieur c’est la faute du préfet si le petit gros n’a pas été sanctionné et pour le préfet celle de l’Elysée, ce que confirme l’intéressé devant ses godillots. Mieux, alors qu’il le voit régulièrement, le ministre de l’intérieur décidément sénile, affirme ne pas connaitre le petit gros avec qui il parlait régulièrement pourtant. Pour Edouard Philippe et sa bande d’esclave, c’est une « dérive »….si s’en est une ça veut dire qu’il n’y a strictement aucun contrôle au sommet de l’état et c’est autrement plus grave, mais passons. Mais surtout, pour tous, et Benalla en premier, ceci est une histoire sans conséquence, personne ne s’y intéresse. Ce pourquoi Benalla fait le 20h de TF1 et se fend de deux colonnes dans le Monde, toujours propriété de Mathieu Pigasse. Ah et pour l’Echo, filiale de LVMH, c’est un coup des twittos russophiles qui ont monté cette affaire en épingle. Pour Attali à qui personne n’avait rien demandé, c’est « le triangle des fous », carrément, à savoir le terrible mélange, extrême gauche, extrême droite, et réseau sociaux. Pour BHL à qui on n’avait non plus rien demandé, c’est une attaque qui vise le monarque, car on peut toujours faire confiance à BHL pour défoncer les portes ouvertes. Sans oublier les suiveurs d’En Marche,  pour eux c’est carrément un complot de Mélenchon aidé du Front…. Euh du Rassemblement National (rire) la preuve c’est un militant de FI, membre au passage du groupe Justice pour Adama, qui a filmé le petit gros en train d’usurper une identité et tabasser du manifestant. Et la planète média, est aussi très mal avec cette affaire dont elle se serait sans doute bien passé également mais puisqu’elle est aux ordres des oligarques…. L’autre jour à C dans l’air, le journaliste de Libé était totalement incapable de prononcer le mot délit dans l’affaire Benalla alors que le simple fait de porter un brassard de police en constitue un. Et toujours dans la même émission on commentait la commission d’enquête fantoche comme si on assistait à un match de tennis, attendu qu’il allait falloir espérer beaucoup de celle organisée par le sénat. Attendu surtout que les journalistes sont les locuteurs de leurs maitres et qu’après le coup d’état du Medef que représente Macron, il faut assurer à la populace que leur République est toujours vaillante et que ce n’est pas Bernard Arnaud et Xavier Niels qui dirigent en réalité la France. Bref que tout va bien dans le meilleur des monde.

 

Le sommet de l’iceberg pour quel iceberg ?

Arrive Vincent Crase, un autre cowboy réserviste de gendarmerie, surpris armé, carrément en train de faire le coup de poing avec son copain Benalla Et tous deux étaient employés d’En Marche, armé avec des armes du parti ! Mieux Benalla qui n’a aucune compétence réelle dans le domaine, devait réorganiser la sécurité royale ! Pourquoi faire ? Qu’est-ce qu’on craint au sommet de l’état ? Mitterrand avait ses gendarmes pour protéger sa fille et savoir si Carole Bouquet portait une petite culotte. Pasqua avait le SAC chargé de protéger De Gaulle et les magouilles de la France Afrique, de Foccard et lutter contre l’OAS. Que craint notre monarque ? Et pourquoi une telle énergie, quoi que confuse et inexpérimentée, de la République en Marche à nier les faits et protéger Benalla ? Que sait-il de si honteux qu’on ne veut l’entendre que sous l’angle du storyteller en gendre de bonne famille ? Pourquoi la justice aux ordres ne le poursuit pas pour obtenir le coffre qu’il a fait retirer de chez lui ? Qu’est-ce qu’il y avait dans ce coffre à part les armes (un fusil à pompe et deux pistolets). Dissimulation de preuve et rupture de scellé et tout va bien ? Comment on fait ensuite pour expliquer à jeune délinquant qu’il doit obéir aux lois ? Quelles lois finalement ? Celle du roi et de sa cour et la loi pour la populace, évidemment. Mais ce qui me semble intéressant ça serait de savoir ce que ça cache du côté des oligarques puisque c’est eux qui dirigent le pays. Pendant que tout le monde regardait Benalla, la loi sur le secret des affaires a été approuvée par le conseil constitutionnel, bref les lanceurs d’alerte sont mal. Mais le Medef n’avait pas besoin d’un petit gros violent pour faire passer cette loi que Hollande n’avait, comme toujours, pas réussi à faire passer. Depuis que Macron est là, tout passe, casse du code du travail, casse de la santé, de l’école, de la sécurité sociale désormais appelé protection sociale en attendant de ne plus l’appeler du tout et bientôt de l’assurance chômage, et de la retraite. Alors pourquoi ennuyer son poulain de la sorte ? Et pourquoi maintenant alors que Macron tentait son vatout avec la réforme constitutionnelle qui prévoyait de réduire l’assemblée à une chambre d’enregistrement. Peut-être parce qu’au fond Macron et toute sa bande de bras cassés sont plus fragiles que son narcissisme lui laisse croire. D’une part il a été mal élu, élu par défaut on pourrait dire et ce n’est pas sa médiocrité comme ministre sous Hollande qui l’a fait remarquer mais bien l’état profond à travers sa presse, ses médias. Le même qui a descendu Fillon et fait sortir les affaires sur Le Pen et son gang de voyou. D’autre part non seulement il est à la limite de la légitimité pour de nombreux français mais la grogne sociale dure, voir même elle s’amplifie en dépit de ce qu’essayent de nous faire croire les mêmes médias. Or le Medef veut ses réformes à coup de pompe et si l’opposition fini par se cristalliser autour de cette fameuse réforme constitutionnelle, sans être majoritaire elle pourrait devenir d’autant une épine dans le pied que le « nouveau monde » ressemble méchamment à l’ancien en plus amateur. Ou alors est-ce Pinaud et Bolloré qui veulent dégonfler la tête du monarque avant que ça devienne stratosphérique, c’est également possible.

 

Le fascisme libéral ne passera pas l’hiver

On n’ose imaginer si la même chose  était arrivée sous le mandat d’une Le Pen. Toute la cours et l’arrière cours de la vieille gauche soixante huitarde et consort serait parti dans des brames de cerfs criant au Chili de Pinochet. Et si jamais la justice avait décidé de laisser passer une dissimulation de preuve, ce n’était plus la CGT police qui se portait parti civile mais tous les syndicats de police, Alliance y comprit. Bref comme disait Audiard, ça aurait fait un bon sujet de pendule. Mais comme ça se passe sous l’or de Jupiter, jeune cravaté de banque bien décidé à servir ceux qui l’ont faire élire ça passe. La loi Asile immigration qui prévoit l’allongement de la rétention administrative à trois mois y compris pour les familles accompagnées d’enfant mineur a dû faire se rouler de plaisir Marine Le Pen. Et que dire de la possibilité pour la préfecture de passer outre les avis médicaux dans le cas de procédure de régularisation pour raison de santé ? Les médias pointent du doigt le fasciste Savini, ou le dingo qui menace le monde à coup de tweet mais en quoi cette loi se différencie des mesures américaines ou de la politique anti immigration proposé par le programme de Le Pen ? En rien voir c’est pire puisqu’on va avoir le droit de laisser librement crever des gens qui cherchent juste à sauver leur peau. Tous les vieux mythes autour de la république française s’effondrent, le modèle sociale se fait détruire bout par bout, c’est la rupture réclamé par le Medef et peu à peu un nouvel ordre règne en France. Pas de chemise brune mais des CRS et des militaires partout. Pas de jeunesse fasciste, mais des Benalla et des Crase faisant le coup de poing avec l’assentiment de leurs supérieurs. Pas d’opposants torturés et/ou fusillés c’est inutile mais des manifs réprimées dans une violence de plus en plus banalisée. Heureusement les supermarchés sont pleins, monsieur Durand peut se rendre en vacance avec sa voiture à crédit sur dix ans et en plus c’est la canicule ! Comme en 2016 et en 2017.  C’est le fascisme libéral, l’aboutissement de cette guerre des classes que les super riches sont en train de gagner, la France devait tomber, on a valorisé la jeunesse et le dynamisme d’un jeune arriviste, comme on le fait dans les régimes fascistes, mis en avant le côté « nouveau monde » alors qu’il n’y a rien de nouveau ici sauf la formule qu’emploie désormais le fascisme, sous le masque du libéralisme. Pourtant quelque chose devrait alerter ces supers riches, le fascisme, libérale ou pas, ne peut s’installer dans la durée que si tout le monde mange à sa faim, a accès à l’eau et ne doit pas lutter pour sa survie. Or le climat depuis trois été devrait nous alerter, l’hiver arrive, l’hiver de la civilisation industrielle. Partout sur la planète des températures extrêmes, partout des rapports alarmistes qui sur la pollution en Chine, qui sur la destruction des forêts primaires, des pôles, du ralentissement du gulf stream… Partout. Cette année nous avons consommé en un an plus que la planète ne peut renouveler dans une même année, en fait il nous faudrait une fois et demie une planète supplémentaire pour survivre encore ainsi et hausse des températures oblige le gâteau planétaire diminue de plus en plus. Tout, des métaux rares au pétrole en passant évidemment par l’eau et les terres arables. Les super riches font comme si cela ne se passait pas en vrai mais nous heureusement on a Nicolas Hulot le green washer en chef. Monsieur tout le monde pense juste qu’il a chaud, on s’invective sur Benalla ou sur l’immigration que dis-je l’invasion migratoire, bref que tout cela est bien futile, mais attention tout de même à la farce que nous réserve la nature, pas sûr que tout le monde trouve ça à son goût. En attendant qu’est-ce qu’on rigole en Macronie !

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Macron, le nain-soleil

Phrases creuses, déclaration d’intention tonitruante mais sans conséquence, rappel perpétuelle des « valeurs de la République » comme s’ils doutaient qu’elles existent, Beaumarchais le disait déjà au XVIIIème siècle le politique se défini ainsi : « feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux (….) et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique » . Chirac, qui est un homme hautement cultivé à l’humour assassin, nous avait brassé quelques petites phrases déjà qui dans son cas relevait du cynisme le plus pur. Que ce soit l’abracadabradantesque de Rimbaud à propos de son supposé compte japonais (en réalité une entourloupe des RG) ou les promesses ne valent que pour ceux qui les écoutent qu’aurait pu déclarer un Voltaire et qui illustre bien la carrière du sus nommé Chirac. On sentait chez cet homme que De Gaulle appelait le Grand Con un art non seulement cultivé de la corruption mais surtout de la politique et du pouvoir qu’il a arraché avec les dents. Cet homme sait écrire, ça se sentait dans ses propos, on aurait juste aimé que l’histoire de ce pays retienne mieux son nom que les annales de la l’injustice française. Car rappelons à toute fin qu’en France il y a depuis le dit Beaumarchais, une justice de cour qui libère Christine Lagarde et Jérôme Cahuzac en dépit de leur culpabilité, et une justice pour les gueux qui elle ne montre pas le moindre égard pour nos écarts. Les prisons françaises sont pleines à ras bord et on n’y trouvera pas le moindre député.

C’est après Chirac que le niveau d’exigence a baissé. On a eu d’abord cocaïne avec l’inénarrable Sarkozy, son mauvais goût de parvenu, sa frime perpétuelle, son agressivité de petit garçon incompris. Puis Prozac, bien connu au défunt PS pour son humour et ses petites phrases meurtrières, Hollande le touriste de la République dont on ne retiendra rien sinon qu’il aime les escapades à scooter et les actrices, ce qui ne nous change guère des cocottes du XIXème. Enfin, sur un coup de bol, voilà que débarque un homme sans passé politique, un homme qui trouve que les élections c’est très surfait « être élu est un cursus d’un ancien temps » comme il dit et surtout sans passé sociale. Fils de médecin, né dans un milieu protégé qu’il n’a jamais quitté on sent chez cet homme passé par une éducation catholique un fort désir de monarchie frustré « la France est en deuil d’un roi » qui se traduit fort bien par sa gouvernance à coup d’ordonnance. Mais surtout un patent manque d’assurance dans ses propos qui traduisent eux parfaitement une immaturité de sale gosse de riche « Le kwassa kwassa pêche peu, il amène du comorien » ou la désormais fameuse « Dans les gares, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien ». Un langage qui traduit moins de l’ignorance que du mépris. Un mépris de classe très dans l’esprit de monsieur Thiers puisque c’est le même Macron qui déclarait « les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel ». Comme le suffrage universel a été instauré par des ratés de la révolution la boucle est au moins bouclée et démontre pour l’essentiel que Macron en dépit de ses longues études ne sait pas de quoi il parle, ou bien il le sait parfaitement et ici je vous renvoie à Beaumarchais. Car si l’enrichissement personnel traduisait le règne de Chirac, le mauvais goût et la violence verbale celle de Sarkozy, l’apathie celle de Hollande, c’est le mépris qui définit le mieux le règne actuel.

La jalousie une passion française, vraiment ?

Le mépris est souvent la traduction moins d’un dégoût que d’une peur, de l’ignorance. Le mépris de classe se fonde ainsi sur un certain nombre de croyance commune qu’on rencontre autant chez les prolos que chez les riches. Ainsi à propos des protestations contre la suppression de l’ISF, le seul impôt qui avait jusqu’ici un peu de sens en France, le nain-soleil analysait la question comme suit : « la passion triste de la France, la jalousie ». Mépris renouvelé sur le sujet de la « jalousie » cette sortie sur les premiers de cordées « Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont des talents, je veux qu’on les célèbre […] Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c’est toute la cordée qui dégringole ». Comme si talent et réussite allait forcément de pair et surtout comme si la jalousie était réellement une passion française. C’est un discours récurent dans les quartiers aisés, un fantasme même, tout le monde en veut après leur argent et les envies. Et comment les détromper quand par ailleurs les trois quart des français galèrent pour un salaire décent. Pas une seule seconde ceux pour qui la fortune est l’alpha et l’oméga d’une vie « réussie » il ne vient à l’esprit que vivre dans le XVIème ne constitue en rien une ambition. Qu’une maison avec piscine est certes bien agréable en été mais manger à sa faim tous les jours bien plus profitable. Pas une minute cette classe ne sait détacher le mot bonheur du mot riche. Si on est riche on est forcément heureux, donc jalousé. Affirmation inepte bien entendu, j’ai moi-même vécu dans un milieu aisé sans que jamais le mot bonheur puisse être attaché à ma famille. Mais l’intérêt de ce discours sur la jalousie c’est qu’en réalité il disqualifie par avance toute revendication pour plus de justice sociale. Et ainsi le roitelet de pouvoir déclarer « Certains au lieu de foutre le bordel feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent pas avoir des postes ». Des propos de vieux tenue par un homme dont l’immaturité apparait aussi régulièrement que son mépris, comme ici : « Je ne vais pas interdire Uber et. les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains ». Ainsi dans l’imaginaire sans expérience de ce fils de notable, les pauvres vendent forcément de la drogue pour s’en sortir sans quoi on peut leur proposer des boulots de chien. Pour autant si Sarkozy ne représentait au fond que lui-même, largement détaché des mœurs du monde dans lequel il a évolué, et Hollande à merveille la bourgeoisie du VIème, Macron est une bonne traduction de la bourgeoisie provinciale, confinée, méprisante et vivant dans une peur absurde et constante de la perte de leur privilège. Absurde parce que les français sont tout sauf des révolutionnaires. Au fond c’est même un peuple docile si on tient compte que la révolution n’a jamais été faite que par et pour des bourgeois et qu’ici le peuple a simplement été instrumentalisé. Les grèves me direz-vous, mais les grèves sont l’évidente manifestation de leur conservatisme, ne serait-ce par leur organisation. Par exemple au lieu d’attaquer l’actionnaire au portefeuille en faisant la grève des contrôles ou le billet gratuit, on préfère bloquer les trains avec pour conséquences de jouer le jeu d’un gouvernement qui sans ciller parlera volontiers de prise d’otage (je vous renvoie ici aux déclarations du caniche royal Castaner ou à n’importe quel membre de n’importe quel gouvernement depuis quarante ans). Au reste relever, comme je le fais ici, le florilège de phrases méprisantes ou sans queue ni tête dont nous a abreuvé Macron depuis le début de son règne, ne fait jamais que le jeu d’un pouvoir dont la finalité n’est rien de moins que de brader le pays tout entier au marché.

 

Parler ça occupe.

Car il faut bien en revenir à l’essence même de ce que nous dit Beaumarchais pour comprendre la démarche de ce pouvoir de province, ce Rastignac qui aime les vieilles. Petit homme sans épaule certes mais animal politique pour commencer dont tout le parcours jusqu’à la banque Rothschild nous dessine en réalité une ambition toute calculée d’arriver au pouvoir. Macron est un produit de la French-American fondation, les young leaders, et il est passé par l’Afrique avant la banque, c’est une fabrication et une fabrication dont les petites phrases comme toutes les petites phrases politiques, le small talk comme disent les anglais, ne sont là que pour faire parler comme on parlerait de la pluie et du beau temps. Ce qui compte c’est la rupture complète que lui et ses amis sont en train de faire subir à ce pays avec une violence politique inégalé sous la Vème. Hollande avait baissé son pantalon sur le sujet du secret des affaires mais après tout c’est surtout pour ça qu’il sera connu, qu’il savait parfaitement se déboutonner. Macron qui n’a pas beaucoup plus de caractère en réalité a trouvé la parade. S’appuyer sur des parvenus de la politique, le pseudo mouvement En Marche, et leur corruption pour enrégimenter la France à l’économie de marché à coup d’ordonnance. Hulot dans sa posture favorite de chef de rayon cosmétique a parfaitement tenu son rôle de vendeur de shampoing, du glyphosphate au projet « Montagne d’or » en Guyane, l’entourloupe du green washing a été parfaitement orchestrée. Colomb quittant la gestion de la bourgeoisie lyonnaise pour la poursuite du programme strict du FN, pardon du RN, coupant l’herbe sous le pied à tout le discours frontiste, jusqu’à la baisse de l’AME qui est depuis vingt ans la bête noire de tous les fachos de France et de Navarre. Sans compter les lois sécuritaires dont la dérive fascisante a été dénoncé par l’Europe (un comble !). Sans compter enfin les ordonnances visant à casser le code du travail et le modèle social français. Macron ne s’est jamais gêné de le dire : « Je n’aime pas ce terme de modèle social. » et « Je suis pour une société sans statut ». Et ce pour la simple raison qu’il a été placé à ce poste dans ce seul but, il est en somme à la France ce que Bolloré est à Canal Plus, un liquidateur.

 

La fin des temps

Ne croyez pas que le parallèle soit vain, il est au contraire tout à fait justifié en ceci : 1) le coup d’état de Bolloré au sein de Canal s’est fait notamment en pleine élection, exactement comme Macron a volé l’élection par un merveilleux concours de circonstance 2)Bolloré a utilisé les mêmes méthodes au sein de Canal que Macron en exerce sur la France, tout désorganiser, sous budgétiser les projets puis ensuite déclarer que ça ne marche pas et qu’il faut s’en débarrasser. La réforme hospitalière est aussi criante à ce sujet que la gabegie des Guignols, excepté que si Bolloré n’a pour ambition que de détruire ce qui lui déplait en faisant une plus-value dessus, Macron brade des pans entiers du service publics pendant que la France trinque. Le nombre de mort se multiplie dans les hôpitaux, en psychiatrie on atteint parfois les limites du tolérable, comme cet établissement obligé de faire dormir ses patients par terre, le bilan économique est catastrophique en dépit du fait que le CAC40 s’enrichi à en crever, quand à la question humanitaire avec les réfugiés on a la valeur républicaine à géométrie variable chez les Macron, sauf pour ce qui s’agit de la faïence mais ça, dans la Vème République Bananière de France c’est une constante depuis Pompidou. Macron ne se gêne toujours pas pour se positionner : « les britanniques ont eu de la chance d’avoir Margaret Thatcher ». Or quel a été le rôle de Thatcher auprès de l’hyper capitalisme, déréguler la finance, dynamiter les syndicats, vendre le pays, et sacrifier dans le lot toute l’Angleterre pauvre et notamment la misère écossaise. Résultat la finance est devenu complètement sauvage, la privatisation du rail anglais a été une catastrophe et n’a démontré peu ou prou aucun des résultats escomptés et l’Ecosse réclame aujourd’hui son indépendance au même titre que l’Irlande du Nord, beau bilan… Mais il faut bien retenir qu’en attendant nous vivons tous aujourd’hui dans le monde rêvé de Thatcher et Reagan. Un monde où la finance tient le crachoir au reste de la planète avec les conséquences que nous connaissons tous, chômage de masse, pollution endémique, destruction méthodique de l’état de droit. Or si dans les années 80 on était en droit de penser que Thatcher et Reagan intervenaient dans un contexte socioéconomique particulier, une époque de transition, voir même de basculement si l’on prend en compte la chute du Mur, en 2018 alors que le monde est aux mains de la finance, on peut se demander ce que cette rupture voulue et mise en œuvre aujourd’hui même, va signifier et signifie pour l’avenir. Qu’on le veuille ou non il faut aujourd’hui tenir compte du paradigme environnementale. Si le pouvoir iranien par exemple, pourrait très bien basculer en raison de la sécheresse et de la désertification qui sévit actuellement dans le pays, on peut se demander combien de temps tiendrait le nôtre si demain une de nos innombrables centrales nucléaires connaissaient une crise façon Tchernobyl ou Fukushima. De même la répartition de l’eau en France, bien privé s’il en est, pourrait parfaitement, avec le nouveau découpage régional, diviser le pays en deux, les régions au-dessus de la Loire, contre toutes les autres.

Louis XIV avait vocation de réforme et notamment de tenir sous son contrôle cette même classe dominante dont il se méfiait. Confondant à dessein sa personne avec la nation tout entière, le rayonnement de la cour et à travers elle de sa personne avait pour volonté d’être égal au rayonnement de la France sur le monde. En comparaison Macron n’a ici que l’égo surfait. En fait, je crois et je crains que si on veut comprendre le système de pensée des Bolloré, Macron et autre commis du capital il faut s’en référer à la crise migratoire. Peu à peu l’Europe s’enferme en camp retranché, armant son discours et ses frontières par l’intermédiaire de dictateur comme Erdogan. Ainsi, de la même manière peu à peu la classe dominante créer des murs infranchissables qu’il s’agisse d’éducation, d’agriculture ou d’économie, sachant parfaitement que non seulement il n’y en aura pas pour tout le monde mais surtout que le gâteau diminue d’autant que la population mondiale croit à la même vitesse qu’elle détruit son biotope. Bref que la classe dominante veut retrouver cette séparation, cette béance qui existait au XIXème entre les classes populaires et elle à seule fin de se succéder à elle-même dans un monde qui sombre lentement. J’aimerais me tromper mais à la différence du bon peuple les groupes comme le Bilderberg ou les youngs leaders font des plans sur trente ans, et dans trente ans….

Contre-culture is dead

Nous vivons un glissement progressif de la culture comme une descente d’organe. C’est indicible, invisible, ça ronge comme du sucre et petit à petit toute forme de lutte disparait. Je me faisais cette réflexion en regardant, un soir de désœuvrement, une croute Marvel bâtit pour la 3D comme un jeu vidéo de mauvais goût. Je savais que je n’étais pas la cible de cette chose, que ce produit, car il ne s’agit de rien d’autre, ne m’était pas destiné. Qu’il n’était même pas destiné à un public potentiel mais comme objet promotionnel en soi pour les magasins de jouet. Une publicité et rien de plus, une publicité d’une heure et demi. Michel Audiard soutenait que le cinéma n’était pas un art parce qu’il était beaucoup trop collectif, ce que j’ai toujours trouvé personnellement absurde. Le théâtre, un orchestre philarmonique, la danse, sont des arts collectifs également. Mais le cinéma est un art collectif plus fragile que les autres parce qu’il a ceci de commun avec la drogue qu’il génère des rêves, provoque des émotions qui engendrent notamment des pulsions d’achat. Les publicitaires ne s’y sont jamais trompé sur le sujet, la saga James Bond est là pour le démontrer. Mais jusqu’ici le film était un véhicule, bon ou mauvais, il faisait passer des idées en plus des produits, aujourd’hui il n’est plus qu’un véhicule, à peine un prétexte, intrinsèquement inutile et de Disney à Marvel cette logique industrielle est poussé à son paroxysme, contaminant peu à peu tout le cinéma. Les polars se taloyrisent avec leur scène obligatoire de fusillade en mode guerre urbaine, standard absolu depuis Heat. Le torture porn devient une norme comme une autre, et pas un seul pour faire trembler les foules comme l’avait fait Massacre à la Tronçonneuse sans la moindre goutte de sang. On ne créer jamais mieux que dans la contrainte, et si l’art est contrainte il est donc et a toujours été subversion. Mais ce temps est terminé et plus on avance plus tout espoir de voir l’art, la culture se relever, disparait.

 

No future for contre-culture

La contre-culture et morte en même temps qu’elle est née. Peut-être parce qu’il n’y a pas en soit de contre-culture sauf si on offre un distinguo officiel au terme culture. Il n’y a que des mouvements culturels qui s’essoufflent plus ou moins vite selon ceux qui la portent mais également selon leur proximité avec les aspirations de la société. La société des années 60 a très vite adopté la contre-culture des Beatles à Timothy Leary parce que la société était jeune, qu’elle se reconnaissait dans ces aspirations. Et le rock est devenu un objet de consommation courante au même titre que le mouvement hippy est devenu une mode. L’imagination au pouvoir a fait le trottoir des agences de pub et Cohn Bendit fait des câlins à Macron. Curieusement le mouvement punk a connu un destin inverse. Inventé par un modiste en mal de coup publicitaire, le punk a pris une forme subversive tellement noire, tellement « no future » que sa mode ne pouvait se poursuivre qu’auprès de ceux qui s’estimaient ou se voulaient proscrit de la société, les fameux punks à chien. Mais au reste, l’un et l’autre sont devenu aussi inoffensif que le hip hop ou le rap le sont de nos jours, n’en déplaise à la collection de rappeur de quartier qui pousse dans toute la France comme des champignons. La radicalité des discours n’a d’égal que leur pleine impuissance à changer quoi que ce soit. De la Squale en passant par Jean Gabin, le récit chaotique de leur vie de quartier ne change absolument rien à la condition des dits quartiers. Ne parlons même pas de la peinture ou de la sculpture, quasiment disparue, l’art contemporain, un autre terme pour marché de l’art, a tué absolument tout, la forme et le fond, pour un renouvellement narcissique et financier de pseudo transgressions inutiles. Rembrandt et Picasso ne sont pas seulement morts, ils ne reviendront jamais, François Pinaud et ses amis les ont tués pour toujours. Puisque tout n’est plus que produit de nos jours, à commencer par nous même à travers la normalisation taylorisée des réseaux sociaux, et l’art pour commencer. L’art n’est plus que chiffre, nombre d’entrée, de disque vendus, nombre de like, comptabilité du néant. Dans cette figure le néant peut s’inviter à tout heure et il ne se gêne pas, la télé réalité si mal nommée, les émissions d’Hanouna, les moqueries suaves de Barthez, des sucreries. Des sucreries pour un public qui n’a plus la moindre exigence à commencer vis-à-vis de lui-même mais qui a des revendications. Des revendications fabriquées à l’aune de tout ce que fourbira l’actualité comme scandale pas cher et à la portée compréhensive du singe savant que nous permet tous devenir l’ami Google.

Bref nous sommes peu à peu en train de nous acheminer vers une société où l’on n’aura même plus besoin de brûler les livres puisque personne ne les lira plus. Et ce à la même époque où le nombre d’auteur amateur explose au même titre que les combines pour s’auto publier. Mais également à la même époque où une maison de production fera revivre digitalement un acteur juste pour les besoins de ses dividendes, relativisant du même coup la profession même d’acteur. A quoi s’encombrer d’aller au cours Florent puisque le cinéma pourra bientôt inventer des comédiens de toute pièce, et des comédiens qui plus est parfaitement gratuits et compliants au moindre désir mégalomane des maisons de production. Assurément un bon moyen d’éviter des problèmes de type Weinstein mais je ne suis pas certain que l’art sort vainqueur de ce « progrès ». Une société où l’art devient une expression relative à chacun et sans que jamais ce chacun tente de sublimer sa médiocrité que dans une guerre à l’ego. Le tout arbitré par quelque gardien du bon ordre, de Christophe Barbier à Mouloud dans un vaste panel segmenté d’offres et de demandes normalisées. Mais ça ne suffisait pas, s’est ajouté à ça le fascisme ordinaire des interdits extraordinaires, le débat sur le harcèlement qui ne devrait même pas en être un, celui sur l’écriture inclusive, le débat sur la viande, la pollution, le végétarisme, que sais-je, tous autant motif d’anathème, de menace, tous assorti d’apocalypse si on ne se joint pas au concert de panurge. Autant de menace brandit contre les artistes tentés de sortir des clous du bon goût admis. Car l’heure est au procès. Il ne suffit pas d’interdire, d’accuser, de mettre au pilori devant le monde entier, on veut également son procès, on veut du coupable tout chaud et Kevin Spacey de se voir totalement effacé d’un film au seul fait qu’il s’est montré lourd un soir de beuverie. Au seul fait qu’on ne pouvait pas se passer d’un coupable LGTB dans cette ambiance d’égalitarisme totalitaire.

L’ordre bourgeois a toujours tenu un double discours vis-à-vis de l’art voir triple. Tandis qu’il tient l’artiste pour un être quasi divin, doté de son fameux « don » ou « talent » ou « génie » il considère l’art avec une méfiance suffisante pour tenter d’en prendre le contrôle. Hier l’académie des beaux-arts, aujourd’hui le ministère de la culture. Alors que paradoxalement une carrière d’artiste dans une famille bourgeoise est fort mal vue, c’est bien dans les familles bourgeoises de la classe moyennes qu’on rencontre aujourd’hui le plus d’artiste, notamment dans le cinéma français, domaine réservé de la dites bourgeoisie. Pourtant elle ne tire aucun bénéfice de ce lissage culturel auquel elle a contribué durant tout le XXème siècle et en est même victime au même titre que les classes les moins favorisés. L’art transformé en objet de grande consommation perd toute sa valeur culturelle autant pour la masse que pour les classes dirigeantes, cela devient un cercle vicieux, le moyen objectif du grand marché global pour orienter les goûts et les opinions. Car l’art est politique et le marché comme la bourgeoisie l’a compris depuis bien longtemps. L’art questionne la morale, du moins il devrait, l’art déplace, décentre, décale le monde tel qu’il nous apparait et il ne s’encombre pas de savoir s’il est juste, même pas s’il est beaux, il se préoccupe d’être, d’exister en soi au-delà et surtout même de l’artiste. Or c’est exactement le contraire qui se déroule aujourd’hui. L’artiste est sacralisé, magnifié et peu importe ce qu’il fait ou véhicule, la production artistique ne va pas à contrario de la morale ou de la société, elle ne cherche même plus à l’améliorer comme le Bauhaus, dénué d’ambition elle s’accommode. Et de fait nous nous accommodons de tout puisque l’art est censé nous questionner et qu’il ne nous questionne plus ou de moins en moins. C’est un art d’ornementation, anecdotique comme l’ensemble de nos aspirations du moins est-ce ainsi qu’essaye de nous le vendre le marché.

 

La mort de l’art c’est l’avènement du terrorisme

Dans cette cacophonie de vide l’opinion de chacun apparait comme relative à une data, une information et non plus comme la raison d’une action. Ce n’est plus une opinion construite qui fait l’action du terroriste c’est une invocation. Que cette opinion soit dénaturée par la folie ne change rien puisqu’elle est purement et simplement effacée au profit de l’irrationnel, comme elle sera effacée de fait par le lissage des réseaux sociaux et des boutons like. Et dans cette logique la violence verbale peut aussi bien se déchainer que la violence physique puisque les opinions deviennent égales, les moyens d’expressions subitement démocratisés sans manuel, le talent relativisé à une notion vague et quasi d’ordre divin comme si ce n’était pas une chose qui se travaillait. Bref à une époque où on a jamais eu autant de moyens d’expression à notre disposition jamais on s’est si peu exprimé sinon par le plus petit dénominateur commun de l’agression, et les cas de cyber harcèlements, de suicide dû à ces cyber harcèlements de se multiplier comme autant de témoignage de cette impasse moderne. Car ne nous trompons pas, stricto sensu le cyber harcèlement est une forme de terrorisme dans la mesure où c’est bien de la terreur que veut provoquer le bourreau chez sa ou ses victimes. C’est à cette même logique que vous oblige celui qui vous harcèle comme il invite la société à se fliquer un peu plus. Et des lois sont érigées comme autant d’épouvantail à moineau au même titre qu’on multiplie les patrouilles dans les gares. En tuant sciemment, avec conscience, l’art, le marché n’a pas réalisé qu’il ne tuait pas que le coup de pinceau du subversif, le stylo assassin, la caméra vérité, il assassinait la liberté qui s’exprimait au travers. Quand on ne publie pas tel écrivain pour tel mauvaise raison commerciale, on tue également des lecteurs. On éteint un feu ou du moins on le détourne car il faut bien que les uns et les autres trouvent une catharsis à leurs idées. Ce n’est plus seulement l’idiocracy qui s’exprime à travers la bêtise anecdotique des programmes télé, c’est l’idiocracy par la banalisation de la violence. Pour autant il serait facile de s’en limiter à ce constat, l’époque n’a jamais été objectivement moins violente en terme d’acte n’en déplaise aux réactionnaires. Non la violence s’est déplacé, elle est devenu un mode d’expression, un moyen de prendre parole comme un autre, ce n’est même plus une catharsis c’est une fonctionnalité comme une autre qui n’a même plus besoin de puiser un motif, une colère quelconque puisqu’elle est. De la terreur comme forme d’art en somme. Malheureusement non car il n’y a aucun art ici ; On est plus au temps des joutes verbales à la façon des châteaux. Les gens s’invectivent sur la toile, se menacent, se souhaitent le pire, c’est la rage pure, libéré par le secret de l’anonymat qui s’exprime. On aboie, et la caravane passe.

Mais au fond c’est peut-être ce que voulait le marché, des opinions indifférenciées ne pouvant se distinguer que par l’outrance de leur propos. Des inconnus n’existant que pour et par leur punch line sur Twitter. Des artistes ratés ou non, dérivant de mauvais éditeurs en auto édition, d’expo obscure au blog de « plasticien ». Et de la rage, des flots sans discontinué de rage, de convictions éclairés, de certitudes assénés à l’image des modèles télévisuels où chacun essaye de crier plus fort que l’autre de se faire plus remarquer, de faire le buzz, littéralement du bruit, et rien de plus. Oui c’était peut-être ça le projet final, ou bien ce n’est que le début, allé savoir quoiqu’il en soit c’est vers une impasse complète qu’il nous mène.