Pour cent balles t’as plus rien

« Tu sais ce n’est pas en gagnant douze mille euros que tu deviens millionnaire » avait en substance expliqué notre roitelet à un gamin qui lui parlait de son salaire. En effet, ni avec une aumône de cent euros. Et d’ailleurs ce n’est pas le but. Le but c’est de diviser un mouvement qui est déjà largement au-delà de ça. Cent euros qui de toute manière étaient déjà prévu par la prime d’activité et que le roitelet va probablement verser en avance en se servant sur les cotisations sociales. Ensuite il nous explique en substance que ceux qui le peuvent verserons une prime de fin d’année, au bon Noël des pauvres… « pour ceux qui le peuvent », et considérant le nombre de petits patrons qui sont dans le rouge, ça va d’autant pas faire des masses que ses amis du CAC 40 ne sont pas non plus connus pour leur générosité. D’ailleurs ils ont appelé Manu 1er, pas question de remettre l’ISF ou…. Ou quoi d’ailleurs ? Avec quoi l’oligarchie tient ce petit monsieur qui nous gouverne ? D’où vient donc cette énergie à défendre une taxe qui est non négociable pour les gilets jaunes ? Pourquoi vouloir absolument se priver de 4 milliards de revenus. Parce que les milliardaires s’exportent ? Mais ils s’exportent de toute façon par l’évasion fiscale contre laquelle on ne fait strictement rien. La CSG ne va pas augmenter pour les anciens, c’était après tout une revendication des gilets jaunes mais leurs retraites ne seront pas non plus indexées sur l’inflation, elles ne seront donc pas taxées mais à mesure du temps elles diminueront mathématiquement. Sans compter la taxe, une autre que nous promet le gouvernement, sur tous les appareils multimédias, smartphone y comprit, notre nouvelle redevance télé. Bref on va vite reprendre dans la poche de tous tout en faisant semblant de faire plaisir à chacun. Et on espère qu’avec ça les choses rentrent dans l’ordre…

Ce dirigeant n’a strictement rien compris. Il a laissé s’ouvrir la boite de Pandore et il compte la refermer avec des demi-mesures de technocrate tiède. Tenez chers amis, prenez les miettes, nous dit le roitelet en substance, et surtout ne regardez pas la baguette, ni le beurre que nous et nos amis nous mettons de côté en permanence. Nous sommes le 25ème pays le plus corrompus au monde, juste entre l’Arabie Saoudite et le Qatar… et à côté de ça le budget de la justice, qui a encore diminué cette année, est équivalent à celui de… la Moldavie.

J’ai été élu démocratiquement, nous soutient le roitelet, comme s’il en doutait, et les journalistes de propagande TV de répéter en boucle la même flûte, démocratiquement on vous dit. Alors que nous savons tous qu’il a été élu par défaut et sans qu’on compte les votes blancs, que cette élection est en réalité le coup d’état de l’oligarchie et que leurs médias s’en sont fait complice. Mais la réalité de ce rappel parle en creux d’un autre, celui-là réclamé par les gilets jaunes, le référendum d’initiative citoyenne qui nous permettrait à tous d’avoir un peu plus d’ascendant sur cette caste qui nous domine et à vrai dire nous conduit dans le mur tout en appuyant sur l’accélérateur. Parce que la finance ne se gave pas assez comme ça, parce que leur donneur d’ordre n’en n’ont jamais assez et que la dette, cette formidable dette qu’on a réussi à produire en se passant toujours un peu plus de service public (comment ? Le mystère reste entier donc). Cette dette qu’on nous sert comme un boulet perpétuel auquel nous sommes éternellement attaché puisque nous payons des intérêts auprès de banques et fonds de pension que nous avons-nous-même renfloué en 2008 dans un chaos perpétuel d’argent, un cercle vicieux, un puits sans fond. Cette dette qui est en réalité le prétexte idéal pour tenir toutes les démocraties en otage. Mais au fond, il faut le dire, tout ça tout le monde s’en fout. Ce que n’a pas compris Emmanuel Macron c’est qu’en laissant les choses s’éterniser de la boite de Pandore a surgit un vent de liberté, et est née une prise de conscience. Celle d’un peuple réalisant qu’il est peut-être plus uni que toutes les divisions voulues et exploitées par les politiques, les syndicats et les médias. Celles sur lesquelles il va falloir compter dans les semaines qui viennent. Car le pouvoir, tous les pouvoirs et ses représentants ne vont pas se laisser faire. Ils tremblent, et à raison. Ce n’est pas juste quelques hurluberlus en jaune qui se sont pointés depuis quatre semaines, ce n’est pas 170.000 personnes seulement qui se sont agités samedi dernier dans toute la France comme a essayé piteusement de nous le faire croire Castaner alors que ça flambait à Toulouse, Lyon, Bordeaux, Paris dont le périphérique était noir de monde. C’est un pays entier qui se soulève peu à peu et qui réclame des comptes à une caste dominante et qui compte bien le rester. Car en attendant tout doit continuer comme avant. En attendant, tout ravi du pourboire de cent euros ne vous occupez pas bon peuple de ces services de santé que nous détruisons, de cette sécurité que nous privatisons, de cette immigration que nous vous imposons à vos seuls frais tout en vous proposant de devenir un pays du tiers monde à votre tour. Car on va vendre, tout vendre pendant que vous vous amuserez avec vos cent euros, comme on a vendu Alstom, comme on vend votre patrimoine, comme on vendra votre sécurité sociale et votre modèle éponyme. Toutes ces vieilleries du Conseil National de la Résistance. Tout ce qui fait la spécificité de la France en dehors de son histoire, sa résistance justement au libéralisme cannibale. Oui tout va tourner comme avant, la Montagne d’Or, les boues rouges d’Areva, le glyphosate, les perturbateurs endocriniens, les milliardaires qui s’achètent les médias comme des bonbons, les politiciens qui s’arrogent des salaires de monarque, et ne sont jamais conduit en prison, la justice aux ordres qui enquille en ce moment les condamnations, fabriquant du futur prisonnier politique à la chaine. Car c’est bien ce qui pend au nez de ce gouvernement, une crise sociale et politique retentissante et d’une ampleur dont les récentes manifs ne sont qu’un avant-goût. La première convulsion mais loin d’être la dernière d’un pays qui depuis quarante ans se dit que ça va péter, un pays résiliant soit, mais gouverné aujourd’hui par la mauvaise personne. Un mauvais comédien entouré d’un aéropage d’ahuris de la plus belle eau. Mais un mauvais comédien avec une feuille de route, une feuille de route destinée à détruire l’état-nation, le fondre dans l’Union Européenne, faire disparaitre notre pays rien de moins avec en lieu et place la Macronie. Sorte de laboratoire ultra libérale pour les crises à venir où nous serons trait jusqu’au sang tandis que le pacte de Marrakech aura rendu le trafic d’être humain légale, pour une main d’œuvre basanée toujours plus corvéable, esclavage moderne et mise sous pression des populations locales comme un vaste troupeau soumis à l’impôt et au chômage-roi.

Notre souveraineté ressemble à la banquise qui s’en va par gros bout à mesure des mois et ils vendent notre pays au plus offrant. Cela fait quarante ans que ça dure mais le roitelet a décidé d’accélérer cette mort annoncée et pour se faire il va rouler sur les riens, les illettrés, les alcooliques. Pas une mesure concernant les chômeurs, les travailleurs précaires ou les handicapés, je vais continuer de vivre avec mes 1100 euros en économisant sur absolument tout sauf sur mon loyer et bientôt mon ordinateur. Or moi je ne demande même pas le pouvoir d’achat, je déteste ce mot, j’en ai rien à foutre d’acheter, j’achète pour répondre à un besoin pas parce que je peux le faire. Je demande juste de pouvoir vivre. Pas me poser systématiquement la question du prix devant une gondole, pouvoir me payer de temps à autre des vacances, être libre de sortir sans me dire que ça va me couter un bras, pouvoir me soigner. Tenez je ne peux même pas aller chez le dentiste ou changer de lunette sans me dire qu’il faudrait que je prenne un crédit pour remplacer mes dents cassées ou changer de verre. J’ai pris une mutuelle récemment, j’ai appris que les mutuelles vont augmenter… Ca n’en fini jamais et je ne suis ni salarié, hélas, ni petit patron, ni souffrant d’handicap physique, ni encore trop vieux pour avoir droit à une ridicule retraite de survie. Et puis il n’y a pas que ça que j’aimerais, j’aimerais pouvoir être fier de mon pays, fier de ses institutions, de sa justice, de ses progrès sociaux, de son exemplarité, et de ce côté-là c’est la cata, la cata complète. Je ne suis pas nationaliste pour un rond, je ne tire aucune gloire de vivre ici ou ailleurs, au reste je suis à moitié anglais et ça compte cette moitié là pour moi. Mais d’un autre côté ça me mine de voir un pays avec une telle histoire, une telle richesse et un tel potentiel se faire rouler dans la merde par une caste et ce depuis la nuit du 4 août. Cette caste dont Macron est le produit génétiquement pur, la bourgeoisie française comme un rempart à l’oligarchie. La bourgeoisie française qu’incarnent si bien les partis de droite comme de gauche comme les médias avec leurs caciques interchangeables et leur discours lénifiants  qui aujourd’hui aboient en cœur après Macron dans l’espoir d’en avaler un bout, tout en se mettant la plèbe jaune dans la poche au passage. Plèbe à qui on ne cesse de répéter que c’est dangereux de descendre dans la rue on casse des vitrines et des plâtres, ça amène des êtres malfaisants. Cette curiosité quand même de se scandaliser, demander systématiquement aux gilets jaunes et à leurs suiveurs de se désolidariser des « casseurs » comme si les casseurs en question n’étaient jamais apparu qu’avec ce mouvement, comme si c’était une surprise, comme si même les gilets étaient devenus jaunes uniquement par goût de tout péter. Qui a interdit les masques et gazé massivement samedi dernier ? Qui commet des arrestations arbitraires comme celle de Julien Coupat dont le seul tort n’a jamais été que de vouloir se rendre à cet événement, qui a la brillante idée de filmer des gamins comme au Chili des années noires sachant le tôlé que cela va provoquer ? Qui tire à bout portant au flash-ball dans la tronche des lycéens ? Qui fait arrêter trois mille personnes en agitant des menaces imaginaires ? Le gouvernement. Un gouvernement maladroit, immature, méprisant et pour tout dire méprisable qui une fois encore démontre qu’il se fout totalement de ce peuple dont il ne sait rien sinon des statistiques et des graphiques, une Powerpoint-cratie qu’on entend diriger en faisant de mauvaise comédie aux heures de grandes écoutes.

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Le jaune est mis

Le jaune est mis, en route pour une quatrième tournée, Macron t’as pas aimé, t’as encore rien vu. Les étudiants, les ambulanciers, les camionneurs, les CRS parfois si on casse rien, le personnel de santé, tout le monde s’y met et jusqu’ici ça ressemble à une grande farce, un énorme pied de nez non seulement fait à tous les partis, du Rassemblement National à la France Insoumise en passant par En Marche, mais au gouvernant et à tous les plans pré établis ailleurs dans quelque think tank au nom exotique. Zemmour en perd son latin, les politiques se balancent la patate jaune ne sachant trop quoi en faire, surtout ne pas essayer de les récupérer ça les énerve. Et Emmanuel Todd compte les points en assassinant Macron à petit feu. Macron l’homme à abattre, un canard sans tête comme dit si cruellement le même Zemmour. Macron dont tout le monde veut la peau de Ruffin aux gilets jaunes. Et on se doute que dans sa propre formation, gouvernement, ça grince et pire encore chez les zilliardaires qui l’ont fait élire. Et pendant que les chiens de garde de l’oligarchie, les médias main stream, ânonnent avec un zèle comptable que le roitelet a été élu démocratiquement, les gilets répondent référendum d’initiative populaire, responsabilité collective des dirigeants, salaire, pouvoir d’achat, heure sup défiscalisées, retour de l’ISF, etc. Dans la précipitation de son incompétence, ce gouvernement de technocrates aux ordres, vient de lancer un os comme une mômerie jeté à des gens qu’on ne comprend pas et surtout qui font peur. Bouh le peuple est là ! Tenez le peuple, six mois de sursis et les jaunes raisonnables, s’il vous plait ne venez pas aux Champs la prochaine fois. S’il vous plait madame, s’il vous plait monsieur… C’est quelle couleurs ça « jaune raisonnable » Castaner ? Hein dit moi Edouard ? Vous avez vu comme notre premier ministre n’en mène pas large ? Bon Macron essaye de faire son numéro de dignité, droit dans ses bottes tout ça, mais le sinistre, ouh là ! Il n’arrêtait pas de se gratter les mains devant les CRS tout bien conscient que deux cent boules sur leur fiche de paye ça va pas suffire longtemps pour faire la viande à caillou et coup de pied dans la gueule. Surtout si l’on compte sur le fait des milliers d’heures sup impayés que l’état doit aux forces de l’ordre, et ce paradigme qui veut que CRS comme gilet viennent en réalité du même milieu populaire, du même milieu des classes moyennes en voie de paupérisation comme des agriculteurs, des banlieusards, la France des fin de mois difficile c’est-à-dire toute la France moins 1% et leur crème. Toujours les mêmes, la bourgeoisie française, bien assise, bien installée, toute persuadée qu’elle restera au service de ses maitres encore longtemps avec un mouvement pareil. Mais tout ça va durer jusqu’à quand ? Jusqu’à quand ça va rester farce ? Le troisième opus a donné des ailes au mouvement contrairement à ce qu’espérait le gouvernement en lâchant ses chiens, le lendemain les ambulanciers se pointaient comme des fleurs à l’heure des braves, l’air de rien, pimpon sous le Crillon. Bonjour amis riche ! Ici on crève, ici on rêve… Ici on brûle son outil de travail en guise d’abandon et de rage. Car c’est la rage qui couve. Trois semaines de fatigue sur les barrages, dans le froid, sous la pluie, la neige, que foutre on lâchera pas. Trois semaines à défiler en braillant la Marseillaise et à se faire gazer, mais on lâchera pas ! On lâchera plus. Et c’est ça qui terrorise le gouvernement en réalité, cette volonté de fer que donne la survie au quotidien. La faim, la peur de ne pas pouvoir assurer un avenir à ses enfants ou même à soi, l’avenir qui se barre en couille au fil des années, et ça s’entasse le long du périphérique un peu plus chaque année. Un peu plus épais la couche d’humanité grise couchée sous les tentes Ushuaia bleu piscine. Celle qu’on ne voit jamais, comme disait un gilet furieux, ça fait trente ans que les SDF dorment dans la rue et ces messieurs, tous ces messieurs depuis trente ans se sont contentés de ne strictement rien faire tout en promettant perpétuellement des lunes. Et je sais de quoi je parle, quand j’étais SDF pour me faire aider par la mairie je m’entrainais à pleurer à la demande, comme un acteur, fendiller le petit cœur froid de la fonctionnaire harassée, sans quoi pas d’aide. Et en fait les aides c’est les associations comme Emmaüs qui m’en donnèrent pour que je paye mon hôtel au mois. Ca et la flopée de petits boulots que propose le néo libéralisme à la française, école de l’esclavage. Ce Medef qu’aujourd’hui on entend plus moufeter, pas une oreille qui bouge dans l’expectative du samedi qui vient. Parce que le comble c’est que si Drahi et Bolloré nous filment sous la matraque ou ravageant l’Arc de Triomphe (ouh le pauvre plâtre !). Si les chiens de garde de l’oligarchie ne cessent de répéter qu’ils sont là pour « comprendre, décortiquer, analyser » (dans cet ordre, écoutez les bien sur C News et BFM la prochaine fois) trois mots pour un seul, trois mots pour : « au secours des pauvres sur mon plateau que faisons-nous ? ». Ce n’est pas seulement des ouvriers qu’on retrouve en bas à appeler Manu, à lui dire de descendre, mais également les petits patrons, ceux qui sont proprement racketté par l’Urssaf et le RSI, ceux qui regarderont le CICE prit dans leur poche pour le voir offrir au cercle des nantis du CAC 40, les vrais patrons du Medef, et la boucle est bouclée. Et pendant ce temps les CRS reçoivent de l’acide et autre joyeuseté tout ça pour 1800 euros par mois. Combien de taxe sur cette paie aussi ? Et où va tout cet argent qu’on ne leur paie pas alors qu’on est un pays censément riche ?

Où va l’argent ? C’est au fond la question que tout le monde se pose. Quel est le projet là-dedans ? 40 milliards viennent d’être accordé aux grosses entreprises, dont les principaux bénéficiaires, on le sait déjà, seront des Bernard Arnaud qui émarge aux Caïmans et des Mulliez qui se sont réfugiés en Belgique. 100 milliards d’évasion fiscale et malgré ça on supprime l’impôt sur les grandes fortunes, on instaure la flat tax et alors que les gilets commençaient à monter leur barrage, le roitelet flattait les traders londoniens en se caressant devant la glace qu’il est le Margaret Thatcher à la française. Un métier de pute disait Alain Minc, autre porté disparu des plateaux, parlant de l’ancien métier du roitelet, banquier. Un métier de pute que le roitelet n’a jamais envisagé autrement alors qu’il flattait l’instinct moqueur des autres pays à notre égard. Les gaulois réfractaires au changement…. Qu’ils viennent me chercher. Bah voilà, ils arrivent et ils sont de plus en plus énervés, c’est la fièvre que promettais un jour dans leur chanson les NTM sans imaginer qu’elle viendrait non pas des quartiers mais de tout le pays, et jusqu’à quand ça aussi ? Jusqu’à quand l’onde de choc va épargner l’embrasement général ? Parce que niveau injustice social, ils en ont gros eux aussi, d’ailleurs le collectif Justice pour Adama a déjà rejoint le mouvement. Et pendant ce temps, toujours à se policher devant sa glace, le roitelet joue les Mitterrand, mutique, essayant d’avoir l’air dignement courroucé chaque fois qu’il visite un lieu dégradé, ombre ridicule de lui-même, farce et attrape de Jupiter de foire, accroché au rebord de son destin de ses doigts fins de comptable. Ne voit-il pas la tempête venir, veut-il finir comme Kadhafi ? Le mouvement est pacifique depuis le départ, on le pousse à la violence, combien de temps encore ?

Nous sommes le début de mois et quand j’aurais payé ma passoire thermique il me restera exactement 46 euros pour vivre. Naturellement je prendrais sur mon découvert, j’ai l’habitude, ma banque aussi, et on s’entend plutôt bien. L’EDF est pour le moment aux abonnés absents, serait-ce une erreur ou les gilets jaunes encore, un coup en douce ? Je ne sais pas, je ne suis pas inquiet pour mon avenir, pour la première fois dans ce pays je le vois même en rose, en jaune, toute les couleurs de l’arc-en-ciel à vrai dire, même le bleu hématome s’il le faut parce que plus personne ne veut rien lâcher parce que nous sentons tous que c’est le moment ou jamais de libérer notre pays de la gabegie générale dans lequel tous depuis Mitterrand nous ont plongé, et ce à l’intérêt toujours plus dévorants et exclusifs de leurs amis des grands groupes, des lobbies, de la finance mondiale et de la bourgeoisie française, seuls véritables bénéficiaires du fameux ruissellement avec lequel on nous baratine depuis quarante ans. Cette même bourgeoisie qu’on entend aujourd’hui glapir dans le poste.  De Cohen à Zemmour, les éditocrates de l’oligarchie en rajoute des couches sur la violence et les menaces de mort lancé à l’encontre de quelque gilets jaunes ayant pris le melon. Et on surprend dans leur regard la panique de voir un mouvement totalement apolitique ne réclamant rien de plus au fond que plus de justice, que les trois mots aux frontispices de nos mairies et de nos préfectures ne soient plus seulement que des mots, Liberté, Egalité, Fraternité, mais des faits. Et comme je peux comprendre leur affolement, eux qui ont grassement profité au Diner du Siècle, eux qu’on entretenait dans leur vanité pour qu’il déroule docilement le tapis rouge au nouveau capital, celui qui se propose rien de moins que de racheter le monde et nous dans le lot. Mais pour Madame Schiappa, la cruche d’En Marche qui a abaissé le consentement sexuel à 13 ans, c’est la République qu’on attaque. Alors que c’est elle qui est célébré bien au contraire, elle qu’on réclame, la vraie république, la chose du peuple et pas celle de quelques profiteurs aux ordres ou pas. Cette république qu’on nous a volé depuis la nuit du 4 août à dire vraie mais avec laquelle on a fait contre mauvaise fortune bon coeur parce que l’histoire de ce pays est ainsi faite. Un pays de rebelles et auquel ce mouvement, violence ou pas, fait aujourd’hui honneur. Aujourd’hui pour la première fois de ma vie je suis fier d’être français.

La France est jaune

A l’heure où j’écris Paris crame encore un peu sous la pluie. Un hôtel particulier pillé, des banques saccagées, des voitures de luxe retournées, plus de cent blessés et des forces de l’ordre à cours de gaz lacrymo, épuisées. Il est deux heures du matin et j’ai du mal à dormir. Ce gouvernement d’amateur totalement décalé de la réalité, ce président hors sol aux ordres des 1% qui ne trouve rien de plus que d’agiter ses poings mous et soyeux de banquier pour signifier sa désapprobation de jeune bourgeois. Ces manifestants protégeant la flamme du soldat inconnu pendant qu’autour d’eux on gaze en masse et avant même d’avoir vu le loup, ou cet autre gilet jaune sauvant un CRS du lynchage. Ce ministre de l’intérieur totalement dépassé, incapable de contenir la situation, d’autant incapable qu’il ne la comprend pas parce qu’il n’a pas voulu ou pu souscrire aux rapports alarmants de la DCRI. Quelque chose se fendille dans le joli plan voulu par les 1% et je me remets à espérer. Espérer de ce pays qui depuis quarante ans se fait rouler dans la farine par sa classe politique et par l’Europe marchande sans moufter, bouger plus qu’un cil. Se laissant diviser de tous les côtés, jeunes des quartiers populaires contre classe moyenne, femmes contre hommes, étudiants, personnel hospitalier, avocats contre les différents gouvernements et le reste de la France, syndicats contre syndicats. Tout ça pendant que les locuteurs du pouvoir d’Eric Zemmour à Jean Michel Apathie, en passant par Finkielkraut ou Levy, éditocrates de leur narcissisme, nous expliquent ce que nous devons penser sur un ton docte de professeur des écoles. Et continuent de le faire pendant qu’après la Réunion, on parle déjà de faire venir l’armée au secours des CRS, non sans avoir fait l’erreur magistrale de l’avoir insulté en début de mandat… Non je ne sais pas quoi penser non pas de ce qui se passe, cette insurrection ne cache pas ses intentions et seule la France d’en haut croit encore qu’il s’agit d’un mouvement qui va s’essouffler de lui-même (Noël approche voyons !). Mais de cet amateur qui prétend nous gouverner. Ce méprisant petit homme cintré dans son petit costume de technocrate au bras de sa vieille déboussolée qui pense encore tenir ce pays alors que pas un seul des mots qui soit jusqu’ici sorti de sa bouche n’a su apaiser la situation, bien au contraire. Sans parler du premier ministre, incapable de faire venir à sa table qui que ce soit de représentatif. Tout simplement parce qu’ils n’arrivent ni les uns ni les autres à comprendre qu’on ne veut même pas discuter avec eux, on veut qu’ils partent. Rien de plus. Qu’ils partent tous ! Dehors les clowns !

On ne veut plus de vous, petits autocrates, qui volez dans les ministères les biens de la République. On ne veut plus de vous les professionnels de la politiques, monarchiques petits potentats, si accrochés à leurs divers mandats que lorsque les journalistes viennent vous voir dans vos circonscriptions il est de coutume de dire que l’on vient sur « vos terres ». Dégagez les experts autoproclamés des plateaux des grandes écoutes, les Barbier, Duhamel, Ferry et autre va-nu-pieds des petits salons calfeutrés, l’estomac bien capitonné de petits fours, le cerveau gras de votre suffisance. Barrez-vous les milliardaires qui nous avez vendu à coup de sondages bidons qui l’Europe marchande, qui le roitelet, qui la médiocrité télévisuelle qui les réformes toujours plus restrictives à votre seul bénéfice. Mais avant de partir qu’on ouvre grand les comptes de Bercy parce que c’est par là qu’il va falloir commencer si on veut savoir où est parti et où part tout cet argent que vous nous voler à chaque secondes. Pas question de brûler les archives cette fois, vous ne nous ferez pas deux fois le coup de l’incendie du Crédit Lyonnais. Cassez-vous les syndicalistes aux ordres, les préfets et sous- préfets, généraux de pension qui vivez à nos crochets depuis des lustres. Arrachez-vous les marchands d’armes qui obligez nos armées à survivre avec des bouts de ficelle à coup de rétro commissions pendant qu’on blinde nos ennemis en matériel de pointe et qu’ils répandent la guerre partout où bon leur semble. Foutez le camp les Sarkozy, Le Pen, Wauquiez, Balkany, etc… smala de gangsters, professionnels de l’élection qui se croient systématiquement au-dessus des lois et encore une fois vivent à nos crochets avec ou sans mandat. Oui tirez-vous tous ! Ce n’est pas vous qui faites tourner ce pays, ce n’est pas vous qui retenez les centrales de ne pas péter à force de laisser-aller ministérielle d’une classe politique corrompue à l’os. Ce n’est pas vous qui sauvez des vies, dans les hôpitaux, chez les pompiers, protégez les biens et les personnes le tout aux prix de suicide en chaine. Ce n’est pas vous qui encaissez les marchandises ni les rangez dans les hypermarchés marmoréens des Mulliez et compagnie, ce n’est pas vous qui produisez notre nourriture ni ne la transportez au fin fond d’une France que vous avez mis sous la dépendance de vos autoroutes que nous avons construit avec nos mains et notre argent pour qu’aujourd’hui vous nous les fassiez payer à la gabelle de vos seuls intérêts. Ce n’est pas vous qui construisez à la main et à la machine les prisons dans lesquelles vous enfermez en masse la jeunesse populaire, veillant un peu plus chaque année à restreindre nos libertés au prix d’une sécurité illusoire, 130 morts au Bataclan, et ça par contre c’est bien à vous qu’on le doit. A vous tous ceux du pouvoir et de ses collaborateurs. C’est bien à Bernard Henri Levy et à l’escroc Sarkozy qu’on doit une guerre en Libye. Il n’y aurait jamais eu d’Aquarius, ni de marché aux esclaves aujourd’hui sans ces deux voyous. C’est bien à la politique du même Sarkozy l’Atlantiste aveugle et à celle de Hollande l’adorateur des assassinats ciblés qu’on doit de voir le sang couler sur notre sol, c’est eux qui ont amené la guerre dans notre pays, eux les terroristes, sinon par acte du moins en (in)conscience. Eux qui nous imposé la peur américaine depuis le 11 septembre, envoyé nos soldats dans nos rues comme un vulgaire pays du tiers monde comme pour mieux instiller la peur permanente dans nos veines. Et il était où Vigipirate le 13 novembre 2015, en quoi le dispositif a montré une seconde son efficacité. Ca n’a pas empêché d’imposer depuis l’état d’urgence quasiment constitutionnellement en attendant que Daesh trouve une nouvelle fois une parade ou bien qu’on invente un nouvel attentat pour nous faire rendre le gilet… Et pourquoi pas ? Castaner n’a-t-il pas déjà brandi des menaces imaginaires en espérant que son story telling prenne ? Jusqu’où ce gouvernement de baltringue est-il capable d’aller pour conserver ce pouvoir illégitime qui est le sien. Car comment le qualifier autrement ce pouvoir face à une abstention massive lors des élections, face au rouleau compresseur médiatique qui un an durant s’est ingénié à nous vendre le roitelet comme une nouvelle lessive super moderne. Lui qui ne représente en réalité qu’un vieux monde corrompu. Toujours le même depuis 40 ans.

J’ai 54 ans, je touche l’allocation adulte handicapé, soit 856 euros plus 250 euros d’APL, total 1100 euros auquel il faut déduire 485 euros de loyer, ce qui veut dire qu’en théorie je vis avec 600 euros par mois. J’ai de la chance je n’ai pas d’enfant, seulement deux chats. Hélas je vis dans une passoire thermique et je suis au tout électrique. En hiver ma note d’électricité monte parfois jusqu’à 60 euros mensuel, auquel on ajoutera 40 euros de mutuelle, et l’électricité n’a pas encore été augmentée comme le prévoit ce gouvernement de crevards. Je n’ai pas la télévision et je ne paye pas d’impôt sauf la TVA, je suis fumeur (du moins quand j’ai encore de l’argent) mais à nouveau ce n’est que partie remise puisque ce même gouvernement qui n’en a jamais assez prévoit bientôt de taxer les appareils multimédias, donc mon ordinateur qui est aujourd’hui ma seule source de loisir. Je ne suis pas parti en vacance depuis 1999, date de mon burn-out, j’ai été hospitalisé en psychiatrie dans des conditions souvent effroyables huit fois (je suis bipolaire) et en 20 ans j’ai réussi à me retrouver à la rue trois ans durant alors que j’avais la quarantaine. Depuis 1999 j’ai été successivement sondeur par téléphone, serveur, réceptionniste, j’ai passé un CAP de cuisine, et donc cuisinier trois ans durant avant d’en avoir marre de me faire exploiter pour un salaire à peine plus élevé que mon allocation. J’ai même tenté de monter mon entreprise avant de me faire littéralement racketter par l’URSSAF et le RSI. Tout ça pour dire que je comprends parfaitement les revendications des gilets jaunes et que je les partage d’autant que depuis des années je regarde ce pays se faire enfumer sans réagir, à mon grand désespoir. Un tel désespoir à dire vrai que peu à peu je me suis fermé à ce pays, et j’ai cessé de m’intéresser à ses revendications sachant qu’il s’était laissé, année après année, dépouiller non seulement de tous ses droits mais de tous ses moyens de lutte. Or s’il est parfaitement contreproductif de tout péter il est parfaitement sain et compréhensible de laisser aller sa colère et la colère est immense dans ce pays, plus encore que la dernière manifestation le laisse entendre. D’autant qu’il y a fort à parier que ce qui s’est passé hier ne soit réellement le fait des gilets mais sans doute de casseurs trop contents de profiter de la situation, dont parmi eux probablement des policiers en civil venus jouer les agents provocateurs, comme à chaque manif qui tourne mal. Oui la colère est immense et ce gouvernement fantoche tente de la fractionner en petits morceaux de ressentiments sans conséquence. Ils vont lourdement s’appuyer sur les derniers événements avec BFM TV et son orchestre de propagandistes d’état en soutien musicale. Mais moi tout ce que je souhaite c’est que ça ne change rien et qu’on vire cet amateur qui prétend nous gouverner. C’est à lui qu’on doit le feu ce samedi en réalité, à lui et à lui seul, à lui et à son mépris perpétuellement renouvelé. Comment par exemple en pleine crise on peut penser à faire des dépenses de décorations pour occuper l’ennui de la vieille qu’il a épousé. Comment peut-on ne pas rentrer d’urgence du G20 alors que depuis deux semaines ce pays vrombi de colère. Comment même peut-on laisser un novice comme Castaner occuper le poste qu’il occupe alors qu’il est évident que ce qui brille chez lui ce n’est pas son intelligence mais son opportunisme. Peut-être que ces réponses se trouvaient dans le coffre-fort de Benalla le mignon du roitelet, on ne le saura sans doute jamais puisque sur ce sujet comme des centaines d’autre ce qui caractérise la Macronie c’est l’injustice. La France est jaune Macron, prépare tes bagages.