Vis ma vie de bipolaire

Mon meilleur ami est bipolaire, on ne se refait pas. Il est musicien, c’est un garçon solide et stabilisé mais aussi sensible et avec de gros besoins affectifs. Ce n’est pas un jugement c’est un constat. Veuf, sans travail depuis six ans, et sans non plus de relation stable depuis la disparition de sa femme, il a morflé comme nous tous, avec tous ces petits plus qui font de notre vie de bipolaire un enchantement toujours renouvelé. Une psychiatrie dépassée, je vais m’expliquer, un entourage à problème et des parents à la ramasse qui comme 70% des normopathes ne comprennent pas grand-chose à sa situation et le jugent. Récemment cet ami n’allait pas bien, un mal être existentiel mais pas seulement. Il se trouve qu’il a une curatelle mais qu’il n’a pas encore droit à l’AAH pour des raisons kafkaïennes dont seule notre pimpante administration a le secret. Deux ans qu’il vit avec 90 euros par semaine, fait un repas par jour, ne peut se vêtir comme il veut, se chausser, au point où je lui ai refilé une de mes paires de chaussures. Il se trouve qu’en plus de s’entendre comme larron en foire nous chaussons la même pointure, et comme je roule sur l’or bien entendu pourquoi se priver. Ce n’est pas ses parents qui l’aideront ou alors du bout des lèvres car après tout il a 47 ans, il est grand temps pour lui de se débrouiller… En toute logique, n’allant pas bien il s’est dit avec sagesse qu’il ferait mieux de se faire hospitaliser en libre avant que les choses tournent vinaigre. Première arrivée aux urgences, le psychiatre qui le reçoit lui ment ouvertement en prétendant que son psy refuse de le laisser se faire hospitaliser tant qu’il ne l’a pas vu. Après vérification on apprend que l’intéressé n’a jamais dit ça, qu’au contraire il trouve l’initiative de mon ami positive. Le lendemain je décide donc d’y aller avec lui, et cette fois c’est l’infirmière au bureau d’admission qui le renvoie chez lui, argumentant qu’il avait rendez-vous avec son CMP et qu’il fallait passer par eux avant d’être admit. CMP qu’elle ne parvient jamais à appeler malgré quatre coups de fil, là où il nous en fallu qu’un seul pour les avoir… Et quand j’insistais auprès de cette débile que mon ami n’était pas une statistique mais un être de chair qui fait des crises d’angoisse qui le font ressembler à un poisson découvrant les joies de la terre ferme, elle m’accusa de l’insulter. J’avoue je suis très vite passé en mode insulte pour de bon après ça mais j’étais déjà dehors et hurlait ma colère dans le parc de l’hôpital. Finalement nous nous rendîmes au CMP où il put exposer ses problèmes et l’équipe du CMP de lui proposer un encadrement à domicile au prétexte que « vous comprenez il n’y a plus de place à l’hôpital à cause du covid et du manque de lit. » Sans doute un excellent alibi à servir aux proches mais dans notre cas nous connaissons un garçon qui a été hospitalisé sans problème et à sa demande. Disons plutôt que sa psy est parti en vacance, que personne ne savait encore trop quoi foutre de lui et que tient, si on refilait le bébé à son meilleur ami, moi au demeurant. C’est vrai après tout je veux devenir pair aidant pourquoi ne pas le faire un peu en freelance… Mais finalement la semaine passe, mon ami va un peu mieux avec et sans mon aide et dimanche nous décidons d’aller voir une expo de peinture avec un de ses amis. Nous passons une excellente après-midi paisible jusqu’à ce qu’on retourne chez lui. Là l’attendait son voisin à qui il avait eu la malencontreuse idée d’emprunter 12,90 euros pour se payer un paquet de tabac, convenant avec lui qu’il le rembourserait le lundi suivant. Le voisin en question, appelons bidule, est un type mal dans sa peau, bipolaire également et je dois bien l’admettre con comme un autobus. Et je sais d’autant de quoi je parle que ce mal élevé a eu le toupet de venir nous voir se faire plaindre de tous les malheurs de sa vie. Un gros con dans toute sa splendeur qui n’a rien dans son existence, n’en fait pas non plus grand-chose mais qui comme tous les imbéciles certifiés envie celle des autres. De cette envie gluante, lisible dans chacune de ses attitudes avec le coin de l’œil jaune de jalousie mesquine. Là, alors que nous rentrons détendus, il commence à chier une pendule à mon ami parce qu’il a essayé de l’appeler trois fois, pour une raison qu’on ignorera toujours, puis l’accuse d’être un manipulateur, un pervers narcissique, bref du verbiage psy mal maitrisé et mal compris avec lequel il cherche à embrouiller mon ami. Le tout dit sur le ton de l’agressivité immédiate. Et comme ça ne suffit pas, ce nain, exige un objet en gage en attendant ses malheureux 12,90 euros. Pourquoi ne pas prendre la Fender à 1400 euros  en attendant ? Mon ami, trop conciliant le laisse rentrer chez lui mais quand l’autre se saisit de la guitare, il pète un câble à juste titre et ils se bagarrent. Pas une bagarre très violente, plutôt deux couillons qui se frictionnent jusqu’à que bidule lui mette le nez dans la vitre, le lui ouvrant (sans gravité et sans casser la dite vitre heureusement) et s’en aille avec une tête d’enfant vicieux, la guitare sous le bras, son teeshirt déchiré dans cette bagarre qu’il est le seul à avoir provoqué. Mon ami fait venir les flics qui descendent voir le voleur, mais le voleur s’est déjà tiré de chez lui, il serait dommage de ne pas ajouter la bêtise à la lâcheté. Or il y a bien vol avec violence selon les flics, et bidule a déjà un passif auprès de la justice. Mon ami veut porter plainte, il est complètement retourné par cet accès de violence, il me demande d’appeler son père et d’expliquer la situation, le père exaspéré se pointe. « Tu comprends ces malades psychiatriques ils ne se rendent pas compte » explique-t-il à sa femme au téléphone une fois sur place, avant de faire la morale à son fils sur le fait qu’il faut qu’il gère mieux ses 90 euros par semaine, et qu’on ne doit pas se battre. Comme je suis civilisé j’ai évité de signaler à ce monsieur que j’étais moi-même bipolaire et que je me rendais au contraire bien mieux compte de la situation que lui ou même les psys, et j’ai également évité de tabasser bidule vu que ça n’aurait fait qu’envenimer la chose. Résultat final nous avons passé trois heures aux urgences pour sa coupure au nez et finalement, tout à fait stratégiquement, mon ami a préféré jouer la carte de la conciliation plutôt que celle de la plainte. Mais la note est passée de 12,90 à 18 euros car bidule exige qu’on lui paye un nouveau teeshirt en échange de la guitare. Audiard avait bien raison quant au culot des cons…

Aujourd’hui l’équipe est passé chez lui et lui d’expliquer que son mal être était revenu suite à cet accès de violence. « Pourquoi vous n’allez pas voir votre ami » demanda gentiment un infirmier qui me connait pour m’avoir eu à l’hôpital, je vous dis je vais faire pair aidant en freelance parce que moi j’ai aucun problème bien entendu… Et en effet il est venu à la maison et on a passé la journée ensemble. Heureusement il a eu entre-temps une infirmière qui s’est promis de se démener pour le faire admettre d’ici la semaine prochaine, prendre un repos mérité, loin de bidule et son teeshirt, loin des imbéciles qui en ce moment se presse au portillon de sa vie. Mon ami a besoin de repos, de respect, de tendresse, de compréhension et tout ce qu’il a trouvé sur son chemin jusqu’à présent sent la merde à plus ou moins longue distance. Il a aussi besoin qu’on l’encourage dans son art c’est pourquoi je vous invite à écouter sa musique et si vous aimez à la liker, ça lui fera du bien.

On a tous des problèmes. Vous, moi, lui et même bidule. Mais quand on est bipolaire et isolé, que toute l’étagère vous tombe sur la tête ça fait toujours plus mal qu’avec une personne non malade. Je sais de quoi je parle vu que je n’ai pas été bipolaire toute ma vie. Aujourd’hui par exemple mon AAH ne tombait pas. En solitaire j’aurais sans doute fait une petite crise d’angoisse, heureusement j’ai désormais un pote sur qui compter. Il fait des blagues vaseuses, il est parfois beaucoup trop gentil et il attire en ce moment les mouches à merde mais c’est mon pote, un être humain de valeur au-delà de sa simple maladie. Ça serait bien que la psychiatrie s’en souvienne au lieu de nous traiter systématiquement comme des pathologies et non des individus. Comme ça serait génial que les bidules du monde entier envisagent le suicide comme projet de vie, ils feraient des vacances à bien des gens.

Police, les nouveaux barbares ?

Je n’éprouve aucune détestation particulière vis-à-vis de la police, je suis blanc et bien né. J’ai déjà eu à faire à eux en tant que consommateur de cannabis, mais donc je suis blanc et bien né, c’est-à-dire pas dans un quartier, ils ne m’ont jamais posé plus de problème que ça. J’ai discuté avec des policiers, en service ou non, ils m’ont fait l’effet de personnes diligentes, dévoués à leur métier, un sale et beau métier en même temps. Beau car il faut une certaine dose de courage et d’abnégation pour embrasser une carrière dans la police. Avec plus de cinquante morts par suicide en 2019 et quinze nouveaux depuis le début de l’année on ne peut pas exactement parler d’un métier facile d’autant que pour une bonne part de la population vous êtes avant tout l’ennemi, l’empêcheur de tourner en rond, la matraque la gazeuse et l’éborgneur.  Sale métier également parce que tout bien considéré c’est eux, avec les pompiers, qui ramassent toute la misère du monde. A eux les faits divers, les suicidés sous la rame du métro, la misère au quotidien, la perversion parfois. A eux ce que la société refuse d’admettre, que l’homme peut être un chien pour son semblable, que nous vivons sous l’empire de l’égotisme et de la médiocrité, de la bêtise et parfois également de la violence. Or la violence au quotidien laisse des traces et les policiers, par essence la côtoie beaucoup. Si on ajoute à ça la pression hiérarchique, la course au chiffre, la « batonnite » comme l’appelle les flics, l’incompétence des instances dirigeantes qui n’ont souvent strictement aucune expérience du terrain, on obtient un cocktail explosif qui, sans l’excuser, explique sans doute pourquoi autant de policier se radicalisent dans leurs actes et leurs propos. Délires racistes, violences verbales et physiques, délit de faciès, etc, ce que tous les amis basanés que j’ai pu avoir ont subit un jour par la faute de flics sous pression.

Placé en HDT plus souvent qu’à mon tour par la police elle-même suite à un épisode maniaque, je n’ai jamais subit non plus de clé d’étranglement, supporté les insultes de quelque pandore sous tension et pourtant j’étais parfois sérieusement agité, assez sérieusement pour qu’une fois ils durent se mettre à cinq pour me maitriser. Pas de Taser, pas de matraque, à peine si je me suis déjà fait engueuler par un flic excédé par mon comportement. Mais j’augure volontiers que ça n’aurait pas été aussi facile si j’avais eu un taux de mélanine plus haut, si j’étais né d’origine pas contrôlé, bref si j’avais eu le profil type du délinquant dans l’imaginaire étroit des policiers les plus obtus. Car il y a bien une constante de ce point de vue-là. Pas tant que je crois les policiers plus racistes que la moyenne qu’ils prennent un plis qui consiste pour l’essentiel à assimiler couleur, quartier populaire et délinquance dans un même ensemble, sans prendre le temps de faire la distinction, sous pression permanente qu’ils sont. Pourtant n’en déplaise aux locuteurs de l’antiracisme et des Droits de l’Homme, nous ne vivons pas aux Etats Unis où un noir a 21 fois plus de chance de subir la violence policière, où la moitié des condamnés à tort sont des afro-américains, où 40% de la population carcérale est noir et 39% latino. L’Amérique n’a pas encore digéré la ségrégation, le racisme y est prégnant et puisque par définition la police sert avant tout l’ordre bourgeois, où qu’il soit et que ça plaise ou non aux flics eux même c’est un fait, ce sont les pauvres qui subissent avant tout le joug de la matraque. Or c’est bien aux Etats-Unis où la majorité de la population noire vit sous le seuil de pauvreté. En France la majorité de la population carcérale, 60%, a entre 16 et 19 ans et est issus d’un quartier populaire. On n’en saura pas plus puisque les statistiques ethniques sont interdites par la déontologie républicaine pourtant on comprend bien que les premiers visés par la justice sont jeunes et pauvres, l’ordre bourgeois ici n’a pas exactement les mêmes prérogatives que de l’autre côté de l’Atlantique. Nous sommes dans un vieux pays de vieux c’est donc en priorité la jeunesse qui est visé par la vindicte de sa police.

Reste que sous l’influence de la tyrannie macroniste, la violence policière s’est également déchainé sur d’autres pauvres, les Gilets Jaunes cette fois, résultat cinq mains arrachées, des dizaines d’éborgnés, des passants tabassés avec fracture du crâne parfois, du gaz en veux-tu en voilà. La violence de ce pouvoir-là ne connait aucun frein sinon celui imposé par le verni démocratique. Si on ajoute à ça l’incompétence complète du ministre de l’intérieur, sorte d’ivrogne irresponsable plus intéressé par se faire bien voir que par gérer correctement la police, une Inspection Générale des Services dévoyée, plus occupée à couvrir les policiers qu’à rétablir une justice elle-même aux ordres strict du pouvoir –et ce bien avant l’arrivée du petit roi- et un préfet Lallemand à l’image de ses patrons, narcissique et violent. On obtient une combinaison explosive où la police est de plus en plus critiquée par la population, ses méthodes discutées, son racisme supposé stigmatisé.

L’un dans l’autre la mort atroce d’un George Floyd assassiné par un flic déjà signalé 17 fois pour ses accès de violence ne pouvait trouver qu’un écho favorable ici-même considérant les affaires Traoré et Chouviat, deux victimes des méthodes et de la violence des policiers pour deux affaires pourtant, au départ, diamétralement différentes. Cédric Chouviat est un simple livreur soit disant arrêté pour avoir téléphoné sur son scooter. Selon la police le ton monte rapidement, résultat une clé d’étranglement et un plaquage ventral qui lui seront fatale après avoir crié sept fois qu’il étouffait. Le légiste, apparemment pressé de couvrir la police parlera de malaise cardiaque plutôt que de mort par asphyxie. Ce que conteste non seulement la famille mais les enregistrements de l’altercation. Dans l’affaire Traoré, Adama est un suspect en fuite, ce n’est pas lui qui intéresse initialement les gendarmes c’est pourtant lui qui en mourra après avoir supporté près de deux cent cinquante kilos sur son thorax suite à un plaquage ventral particulièrement vigoureux. La justice en plein déni, refuse d’entendre certain témoin clef, sucre le rapport fait par les pompiers, nie l’asphyxie au profit du bien pratique malaise cardiaque, refuse les contre-expertises réclamées par la famille. Une opacité complète visant à nouveau à couvrir les exactions de flic sans limite ni déontologie.

La bêtise molle et la médiocrité des téléspectateurs moyens, friand public d’Eric Zemmour, le héraut d’une foule sans culture abruti de ses certitudes de réactionnaires aux petits pieds, clamera qu’ici nous avons à faire à un authentique délinquant, pire à une famille de délinquant (essentiellement de petits délits) et qu’il n’y a donc aucune raison de pleurer la mort d’Adama, ni celle de George Floyd qui après tout avait résisté à une arrestation après avoir été pris à vouloir utiliser un faux billet. La bête immonde se porte bien dans le ventre de la bêtise et la collaboration n’est jamais loin sous l’adage « si t’as rien à te reprocher pourquoi avoir peur de la police ? » Cette même connerie qui justifie les éborgnages à coup de LBD comme réponse à la violence supposé et monté en épingle par les médias mainstreams des Gilets Jaunes. Et tant pis si Steve Maia Caniço est mort noyé à cause de cette même police et de ses méthodes brutales. Tant pis si les infirmières ont été généreusement gazées et tabassées par la police macroniste, un petit applaudissement chaque soir à vingt heures et on oublie tout. Tant pis si les violences policières sont un fait depuis bien longtemps répertorié, aussi tangibles que la culture de l’impunité instauré par l’IGPN. Pour Alexandre Langlois du syndicat de police VIGI, le problème est pourtant bien au sein de l’institution elle-même. Et de reprocher à la police de ne pas respecter les consignes européennes en matière d’enquête interne, de pointer du doigt tant l’incompétence de notre ivrogne de ministre de l’intérieur que du directeur de la police nationale qui n’a strictement aucune expérience comme policier. De remarquer que les policiers ne sont pas assez formés, ont des centaines de millier d’heures supplémentaires impayées, que leur détresse n’est pas écouté par la hiérarchie autrement que sous la forme du sacro-saint numéro vert, panacée de l’ère macroniste. Et après tout il est vrai qu’il ne faut qu’un an pour être policier, donc armé, là où il en faut deux pour devenir coiffeuse, et trois pour une infirmière….

La mort de George Floyd a fait figure d’effet boule de neige sur les méthodes de la police française. Et notre très incompétents ministre de se précipiter pour interdire les prises d’étranglement lors de la formation et de dénoncer le racisme comme une généralité. Réaction immédiate du syndicat majoritaire et d’extrême droite Alliance, bouderie générale, jetage symbolique de menottes, bouh que c’est trop injuste on leur retire le droit d’étrangler et d’insulter. Il est vrai que de parler de « soupçon avéré » dans le cas d’injures racistes a non seulement le privilège de ne rien vouloir dire mais est suffisamment vague pour que le fameux soupçon s’invite n’importe où et à toute occasion. En revanche pour ce qui s’agit du plaquage ventral ou l’étranglement les forces de l’ordre pèchent par mauvaise foi ou incompétence crasse. J’ai assez étudié les arts martiaux dans ma vie pour savoir qu’il existe des centaines de façons pour maitriser un individu à main nue sans passer par la strangulation ou le plaquage ventral. Mais il est vrai également que plaquer au sol un individu et l’étrangler est un raccourci basique, facilement enseignable et demandant une maitrise minimum, ce qui colle avec la toute petite année d’enseignement pour devenir flic de rue. On pourrait également jeter un œil sur le recrutement lui-même. La Brigade Anti-Criminalité est notoirement maillée de petits délinquants qui, s’ils n’avaient pas fini sous l’uniforme ce serait tôt ou tard retrouvé entre quatre murs. Et cette voyoucratie en tenue civile de déchainer sa haine et sa violence sur les quartiers populaire, comme ce fut le cas pendant le confinement dans des banlieues sous tension.

L’un dans l’autre c’est une profonde réforme des méthodes et du recrutement, de la hiérarchie et de l’Inspection Générale de la Police Nationale également qu’il faudrait imposer à la police. Profonde réforme qui devrait aller de pair avec une réforme de la justice pour garantir à la fois son indépendance vis-à-vis de l’état mais également ses finances. Rappelons à ce sujet que nous avons l’un des systèmes judiciaire les plus sous financé d’Europe, équivalent au budget de la justice Moldave…Pour autant encore faudrait-il que les politiques ne se servent pas du ministère de l’intérieur comme ascenseur sociale, ni de la répression comme mode de communication. Le très corrompu Nicolas Sarkozy a supprimé la police de proximité au profit d’une police du chiffre et les RG au profit d’un barnum appelé DGSI. Politique poursuivi avec insolence par ses successeurs pour un résultat en réalité catastrophique où de plus en plus les populations ont coupé le lien avec les services de police et où l’arrivée des Gilets Jaunes est apparu comme un phénomène imprévisible là où toujours le même Alexandre Langlois affirme que l’existence continue des RG aurait permis de le prévoir. S’ajoute à ça la militarisation à outrance de la police, la reconnaissance faciale qu’on veut imposer comme une panacée au terrorisme et encore une fois l’incompétence de l’ivrogne Castaner. On obtient dès lors un mélange qui à terme pourrait coûter cher à la police nationale. Pour autant si l’ère du petit roi est l’expression directe de l’ordre bourgeois dans tout ce qu’il a de plus méprisant, arrogant, narcissique et surtout violent, il y a fort à craindre que cette réforme ne se fasse pas voir jamais. Résultat une défiance de plus en plus grande vis-à-vis des flics quelle que soit sa couleur de peau, voir une haine qui monte à force de meurtre et d’injustice.  Pendant ce temps-là un Balkany sorti de prison pour raison de santé fait le mariole pendant la fête de la musique sous les applaudissements mous d’une foule corrompue au clientélisme, l’ordre bourgeois a encore de beaux jours devant lui en France.

Salaud de pauvre

L’incurie totale de ceux qui nous gouvernent ou ont la prétention de le faire se fait jour un peu plus chaque semaine. Toujours pas de masque pour les soignants, de cloche, de surblouse, de gants, de respirateur, et déjà un collectif de plaintes en cours contre ce même gouvernement de riches pour les riches. Pas plus de masque pour la police ou plutôt si, parce que ce gouvernement tremble en réalité de peur, piqués aux postiers car en attendant que les masques arrivent de Chine, on déshabille Paul pour habiller Pierre. Et pourtant déjà 625 policiers confinés dont deux morts et le bilan risque de s’alourdir de jour en jour comme il s’alourdit en France minutes après minutes. Car la pandémie va très vite. Très, très vite. Tellement vite qu’à peine j’aurais terminé cet article qu’on pourra déjà multiplier les chiffres par deux. 17.620 personnes hospitalisés samedi 28 mars, soit mille de plus que la veille  Dont plus de 4000 en réanimation avec déjà 2314 morts officiels soit plus de trois cent en tout juste 24h. Et nous n’avons même pas atteint le pic de contamination. Pendant que l’Italie compte déjà 10.000 morts en à peine un mois de confinement. Et maintenant la grande distribution, qui au passage se gave comme jamais, connait sa première martyre. Elle s’appelait Aïcha, elle avait 52 ans, caissière et mère de famille. Le supermarché où elle travaillait refuse de contrôler le flux des clients, de proposer masque et gants à son personnel, et menace de licenciement tous ceux et celles qui voudront exercer leur légitime droit de retrait. Ça se passe chez Carrefour la prochaine fois que vous irez faire vos courses là-bas pensez-y, c’est la même sur tout le territoire Nous n’oublierons pas… Du moins j’ose l’espérer. Ce qui n’empêche pas notre gouvernement d’inutiles de prolonger leur temps de travail de 60 heures par semaine, ainsi que dans les domaines des transports, de la logistique, de l’énergie, et des télécoms et ce alors qu’aucune mesure sanitaire n’a été prise en direction des services publiques. Les éboueurs travaillent sans protections, à l’instar de leurs collègues de la poste, de l’énergie, du BTP, etc, bref tous ceux qui font actuellement tourner le pays en dépit de tout, eux les véritables premiers de cordées. Mieux que ça, tandis que les routiers assurent l’approvisionnement, on a fermé douche et restaurant pendant que Vinci continue de se gaver sur leur dos, péages payants, pas même un service de restauration, rien, crève sale pauvre c’est pour le bien des actionnaires.

Oui crève sale pauvre qui est actuellement à la rue ou en prison. Avec une surpopulation carcérale de 140% en moyenne et des conditions d’hygiène déjà lamentable en temps normale, des gardiens en sous-effectif et désormais eux même exposés sans plus de protection à la pandémie. Avec près de deux cent mille SDF en France métropolitaine, sans compter tous les illégaux qui sont entassés dans des foyers sans aucun droit sur le seul territoire métropolitain –je ne compte pas Mayotte, la Réunion, les caraïbes, la Guyane, grand oubliés de cette pandémie- C’est des milliers de personnes qui sont désormais exposés à la maladie sans jamais pouvoir s’en prévaloir selon les sacro saintes règles du confinement. Des milliers de personne qui risquent de crever sans que les amateurs qui nous gouvernent se fendent d’autres choses que de mesurettes. 5000 détenus libérés, 2000 places d’hébergements promises –et on sait ce qu’il en est des promesses avec les politiques- les réfugiés de Calais placés en confinement probablement dans des dortoirs où on les entassera comme s’entassent déjà les milliers de réfugiés dans des mouroirs, des dortoirs d’Ile de France et d’ailleurs, c’est un bilan explosif qui risque d’atteindre la France, peut-être pire que l’Italie puisque ce pays est aux mains de la bourgeoisie et que la bourgeoisie ne se soucie que d’une chose, elle-même. Bilan qui va également s’alourdir en Ehpad où on continue de travailler sans protection. Et on parle ici d’un risque potentiel de près de cent mille morts…

Le bateau coule et notre gouvernement demande aux autres d’écoper avec une petite cuillère percée. Mais attention le collégien pour qui des imbéciles ont voté se paye de mot en abusant d’un vocabulaire guerrier traitant de héros des gens qui n’ont jamais eu comme vocation qu’à faire leur travail correctement et qu’on envoie aujourd’hui au feu sans arme. Un gouvernement qui à chaque discours creux rappelle qu’il ne faut pas diviser ce pays, qu’au contraire il faut faire corps derrière le banquier. Une solidarité bien entendu réservés aux riens. Pendant ce temps, le CAC 40 touche toujours le CICE, Pinaud, Arnault, Niels, Bolloré, Lagardère et consorts ne payent plus l’ISF et la Flat tax permet aux actionnaires de piller l’état au grand bénéfice des paradis fiscaux. Et pendant ce temps des mesures de plus en plus liberticides sont mis en application. Casse du code du travail pour une durée indéfinie, Orange qui envisage de nous géocaliser dans la plus complète illégalité mais avec l’accord tacite de la CNIL et les chiens de garde du capital, les flics, de se déchainer sur les petits des Ulis, de Marseille et d’ailleurs pour la plus grande jouissance des voyous de la BAC. Les quartiers justement où faire respecter le confinement n’était pas le 18 mars une priorité selon le Ministère de l’Intérieur, une consigne qui cache une réalité bien française, celle qui veut qu’on a perdu le contact avec les dits quartiers depuis que la police de proximité a été paralysée par le voyou Sarkozy. Et c’est tout une économie souterraine qui est en train de s’effondrer avec les points de deal qui disparaissent faute de client mais également de go fast. Et les zones de non-droit  de se multiplier sans que le gouvernement soit capable de faire autre chose que de supplier des influenceurs d’en appeler au respect des règles de confinement. Or cette économie fait vivre des dizaines de milliers de famille, que ça plaise ou non aux tenants de la prohibition. Et dans des départements comme la Seine Saint Denis où le taux de chômage atteint les 17,8% contre 11% pour la moyenne nationale c’est une économie non négligeable qui risque de s’ajouter aux autres difficultés, appauvrissant les plus pauvres comme c’est déjà le cas dans le sud de l’Italie. Si l’on tient compte du tsunami économique qui déferle en ce moment même sur le marché mondial, faisant passer le taux de chômage américain de 4 à 30% en quelques semaines, la situation dans les banlieues françaises risque de devenir volatile comme un cocktail Molotov. Mais que foutre n’est-ce pas pour notre gouvernement, les pauvres des banlieues n’ont jamais compté qu’au rang des problèmes dont on pouvait abuser pour mieux diviser le peuple et aujourd’hui ils ne sont même plus une priorité, ils peuvent crever en masse, comme en prison, dans les rues, les ehpad, le milieux hospitalier, les caissières de supermarchés…. Du moment que Monsieur Bolloré peut continuer de faire des bénéfices le reste compte peu voir pas du tout. Et tout ça parce que depuis De Gaulle nous avons été gouverné par des délinquants en col blanc, des incompétents et qu’à ce seul sujet nous touchons aujourd’hui au sublime.

L’important dans cette histoire ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage.