Contre-culture is dead

Nous vivons un glissement progressif de la culture comme une descente d’organe. C’est indicible, invisible, ça ronge comme du sucre et petit à petit toute forme de lutte disparait. Je me faisais cette réflexion en regardant, un soir de désœuvrement, une croute Marvel bâtit pour la 3D comme un jeu vidéo de mauvais goût. Je savais que je n’étais pas la cible de cette chose, que ce produit, car il ne s’agit de rien d’autre, ne m’était pas destiné. Qu’il n’était même pas destiné à un public potentiel mais comme objet promotionnel en soi pour les magasins de jouet. Une publicité et rien de plus, une publicité d’une heure et demi. Michel Audiard soutenait que le cinéma n’était pas un art parce qu’il était beaucoup trop collectif, ce que j’ai toujours trouvé personnellement absurde. Le théâtre, un orchestre philarmonique, la danse, sont des arts collectifs également. Mais le cinéma est un art collectif plus fragile que les autres parce qu’il a ceci de commun avec la drogue qu’il génère des rêves, provoque des émotions qui engendrent notamment des pulsions d’achat. Les publicitaires ne s’y sont jamais trompé sur le sujet, la saga James Bond est là pour le démontrer. Mais jusqu’ici le film était un véhicule, bon ou mauvais, il faisait passer des idées en plus des produits, aujourd’hui il n’est plus qu’un véhicule, à peine un prétexte, intrinsèquement inutile et de Disney à Marvel cette logique industrielle est poussé à son paroxysme, contaminant peu à peu tout le cinéma. Les polars se taloyrisent avec leur scène obligatoire de fusillade en mode guerre urbaine, standard absolu depuis Heat. Le torture porn devient une norme comme une autre, et pas un seul pour faire trembler les foules comme l’avait fait Massacre à la Tronçonneuse sans la moindre goutte de sang. On ne créer jamais mieux que dans la contrainte, et si l’art est contrainte il est donc et a toujours été subversion. Mais ce temps est terminé et plus on avance plus tout espoir de voir l’art, la culture se relever, disparait.

 

No future for contre-culture

La contre-culture et morte en même temps qu’elle est née. Peut-être parce qu’il n’y a pas en soit de contre-culture sauf si on offre un distinguo officiel au terme culture. Il n’y a que des mouvements culturels qui s’essoufflent plus ou moins vite selon ceux qui la portent mais également selon leur proximité avec les aspirations de la société. La société des années 60 a très vite adopté la contre-culture des Beatles à Timothy Leary parce que la société était jeune, qu’elle se reconnaissait dans ces aspirations. Et le rock est devenu un objet de consommation courante au même titre que le mouvement hippy est devenu une mode. L’imagination au pouvoir a fait le trottoir des agences de pub et Cohn Bendit fait des câlins à Macron. Curieusement le mouvement punk a connu un destin inverse. Inventé par un modiste en mal de coup publicitaire, le punk a pris une forme subversive tellement noire, tellement « no future » que sa mode ne pouvait se poursuivre qu’auprès de ceux qui s’estimaient ou se voulaient proscrit de la société, les fameux punks à chien. Mais au reste, l’un et l’autre sont devenu aussi inoffensif que le hip hop ou le rap le sont de nos jours, n’en déplaise à la collection de rappeur de quartier qui pousse dans toute la France comme des champignons. La radicalité des discours n’a d’égal que leur pleine impuissance à changer quoi que ce soit. De la Squale en passant par Jean Gabin, le récit chaotique de leur vie de quartier ne change absolument rien à la condition des dits quartiers. Ne parlons même pas de la peinture ou de la sculpture, quasiment disparue, l’art contemporain, un autre terme pour marché de l’art, a tué absolument tout, la forme et le fond, pour un renouvellement narcissique et financier de pseudo transgressions inutiles. Rembrandt et Picasso ne sont pas seulement morts, ils ne reviendront jamais, François Pinaud et ses amis les ont tués pour toujours. Puisque tout n’est plus que produit de nos jours, à commencer par nous même à travers la normalisation taylorisée des réseaux sociaux, et l’art pour commencer. L’art n’est plus que chiffre, nombre d’entrée, de disque vendus, nombre de like, comptabilité du néant. Dans cette figure le néant peut s’inviter à tout heure et il ne se gêne pas, la télé réalité si mal nommée, les émissions d’Hanouna, les moqueries suaves de Barthez, des sucreries. Des sucreries pour un public qui n’a plus la moindre exigence à commencer vis-à-vis de lui-même mais qui a des revendications. Des revendications fabriquées à l’aune de tout ce que fourbira l’actualité comme scandale pas cher et à la portée compréhensive du singe savant que nous permet tous devenir l’ami Google.

Bref nous sommes peu à peu en train de nous acheminer vers une société où l’on n’aura même plus besoin de brûler les livres puisque personne ne les lira plus. Et ce à la même époque où le nombre d’auteur amateur explose au même titre que les combines pour s’auto publier. Mais également à la même époque où une maison de production fera revivre digitalement un acteur juste pour les besoins de ses dividendes, relativisant du même coup la profession même d’acteur. A quoi s’encombrer d’aller au cours Florent puisque le cinéma pourra bientôt inventer des comédiens de toute pièce, et des comédiens qui plus est parfaitement gratuits et compliants au moindre désir mégalomane des maisons de production. Assurément un bon moyen d’éviter des problèmes de type Weinstein mais je ne suis pas certain que l’art sort vainqueur de ce « progrès ». Une société où l’art devient une expression relative à chacun et sans que jamais ce chacun tente de sublimer sa médiocrité que dans une guerre à l’ego. Le tout arbitré par quelque gardien du bon ordre, de Christophe Barbier à Mouloud dans un vaste panel segmenté d’offres et de demandes normalisées. Mais ça ne suffisait pas, s’est ajouté à ça le fascisme ordinaire des interdits extraordinaires, le débat sur le harcèlement qui ne devrait même pas en être un, celui sur l’écriture inclusive, le débat sur la viande, la pollution, le végétarisme, que sais-je, tous autant motif d’anathème, de menace, tous assorti d’apocalypse si on ne se joint pas au concert de panurge. Autant de menace brandit contre les artistes tentés de sortir des clous du bon goût admis. Car l’heure est au procès. Il ne suffit pas d’interdire, d’accuser, de mettre au pilori devant le monde entier, on veut également son procès, on veut du coupable tout chaud et Kevin Spacey de se voir totalement effacé d’un film au seul fait qu’il s’est montré lourd un soir de beuverie. Au seul fait qu’on ne pouvait pas se passer d’un coupable LGTB dans cette ambiance d’égalitarisme totalitaire.

L’ordre bourgeois a toujours tenu un double discours vis-à-vis de l’art voir triple. Tandis qu’il tient l’artiste pour un être quasi divin, doté de son fameux « don » ou « talent » ou « génie » il considère l’art avec une méfiance suffisante pour tenter d’en prendre le contrôle. Hier l’académie des beaux-arts, aujourd’hui le ministère de la culture. Alors que paradoxalement une carrière d’artiste dans une famille bourgeoise est fort mal vue, c’est bien dans les familles bourgeoises de la classe moyennes qu’on rencontre aujourd’hui le plus d’artiste, notamment dans le cinéma français, domaine réservé de la dites bourgeoisie. Pourtant elle ne tire aucun bénéfice de ce lissage culturel auquel elle a contribué durant tout le XXème siècle et en est même victime au même titre que les classes les moins favorisés. L’art transformé en objet de grande consommation perd toute sa valeur culturelle autant pour la masse que pour les classes dirigeantes, cela devient un cercle vicieux, le moyen objectif du grand marché global pour orienter les goûts et les opinions. Car l’art est politique et le marché comme la bourgeoisie l’a compris depuis bien longtemps. L’art questionne la morale, du moins il devrait, l’art déplace, décentre, décale le monde tel qu’il nous apparait et il ne s’encombre pas de savoir s’il est juste, même pas s’il est beaux, il se préoccupe d’être, d’exister en soi au-delà et surtout même de l’artiste. Or c’est exactement le contraire qui se déroule aujourd’hui. L’artiste est sacralisé, magnifié et peu importe ce qu’il fait ou véhicule, la production artistique ne va pas à contrario de la morale ou de la société, elle ne cherche même plus à l’améliorer comme le Bauhaus, dénué d’ambition elle s’accommode. Et de fait nous nous accommodons de tout puisque l’art est censé nous questionner et qu’il ne nous questionne plus ou de moins en moins. C’est un art d’ornementation, anecdotique comme l’ensemble de nos aspirations du moins est-ce ainsi qu’essaye de nous le vendre le marché.

 

La mort de l’art c’est l’avènement du terrorisme

Dans cette cacophonie de vide l’opinion de chacun apparait comme relative à une data, une information et non plus comme la raison d’une action. Ce n’est plus une opinion construite qui fait l’action du terroriste c’est une invocation. Que cette opinion soit dénaturée par la folie ne change rien puisqu’elle est purement et simplement effacée au profit de l’irrationnel, comme elle sera effacée de fait par le lissage des réseaux sociaux et des boutons like. Et dans cette logique la violence verbale peut aussi bien se déchainer que la violence physique puisque les opinions deviennent égales, les moyens d’expressions subitement démocratisés sans manuel, le talent relativisé à une notion vague et quasi d’ordre divin comme si ce n’était pas une chose qui se travaillait. Bref à une époque où on a jamais eu autant de moyens d’expression à notre disposition jamais on s’est si peu exprimé sinon par le plus petit dénominateur commun de l’agression, et les cas de cyber harcèlements, de suicide dû à ces cyber harcèlements de se multiplier comme autant de témoignage de cette impasse moderne. Car ne nous trompons pas, stricto sensu le cyber harcèlement est une forme de terrorisme dans la mesure où c’est bien de la terreur que veut provoquer le bourreau chez sa ou ses victimes. C’est à cette même logique que vous oblige celui qui vous harcèle comme il invite la société à se fliquer un peu plus. Et des lois sont érigées comme autant d’épouvantail à moineau au même titre qu’on multiplie les patrouilles dans les gares. En tuant sciemment, avec conscience, l’art, le marché n’a pas réalisé qu’il ne tuait pas que le coup de pinceau du subversif, le stylo assassin, la caméra vérité, il assassinait la liberté qui s’exprimait au travers. Quand on ne publie pas tel écrivain pour tel mauvaise raison commerciale, on tue également des lecteurs. On éteint un feu ou du moins on le détourne car il faut bien que les uns et les autres trouvent une catharsis à leurs idées. Ce n’est plus seulement l’idiocracy qui s’exprime à travers la bêtise anecdotique des programmes télé, c’est l’idiocracy par la banalisation de la violence. Pour autant il serait facile de s’en limiter à ce constat, l’époque n’a jamais été objectivement moins violente en terme d’acte n’en déplaise aux réactionnaires. Non la violence s’est déplacé, elle est devenu un mode d’expression, un moyen de prendre parole comme un autre, ce n’est même plus une catharsis c’est une fonctionnalité comme une autre qui n’a même plus besoin de puiser un motif, une colère quelconque puisqu’elle est. De la terreur comme forme d’art en somme. Malheureusement non car il n’y a aucun art ici ; On est plus au temps des joutes verbales à la façon des châteaux. Les gens s’invectivent sur la toile, se menacent, se souhaitent le pire, c’est la rage pure, libéré par le secret de l’anonymat qui s’exprime. On aboie, et la caravane passe.

Mais au fond c’est peut-être ce que voulait le marché, des opinions indifférenciées ne pouvant se distinguer que par l’outrance de leur propos. Des inconnus n’existant que pour et par leur punch line sur Twitter. Des artistes ratés ou non, dérivant de mauvais éditeurs en auto édition, d’expo obscure au blog de « plasticien ». Et de la rage, des flots sans discontinué de rage, de convictions éclairés, de certitudes assénés à l’image des modèles télévisuels où chacun essaye de crier plus fort que l’autre de se faire plus remarquer, de faire le buzz, littéralement du bruit, et rien de plus. Oui c’était peut-être ça le projet final, ou bien ce n’est que le début, allé savoir quoiqu’il en soit c’est vers une impasse complète qu’il nous mène.

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Pour August, Olivia, Emilie, Nikita, Karen, Savanah et toutes les autres….

Les imbéciles ont cette vertu de ne jamais réaliser le bien qu’on leur fait. Les imbéciles sont satisfaits de leur sort, c’est le propre de leur espèce, la médiocrité est leur nid douillet, la bêtise, la leur, leur sucre. Les imbéciles vous poussent parfois aux idées les plus noires, à vous casser à petit feu ou à grand, c’est selon la force de chacune ici et leur capacité à se protéger. Moi, c’est idiot, mais chaque fois que j’ai un orgasme devant un porno je dis merci, à la dame, au monsieur, au caméraman, à la scène qui m’a apporté un temps soit peu de bonheur dans ma misère sexuelle du moment. Les imbéciles insultent, crachent, et traitent de pute une femme qui ne leur a rien demandé et qui en plus n’ai même pas payé le plus souvent quand petit homme  (le plus généralement) ou petite femme fait sa petite affaire dans la secrète alcôve de sa pathétique petite envie de foutre. Cette sous-espèce d’humanité ne s’en prend jamais aux acteurs, forcément enviés dans une société patriarcale et performante de mâles dominants, et pour la plus part, en réalité dominés. Puisque bien entendu le sexe faible n’est pas celui qu’on croit. Cette sous-espèce se motive dans une lâcheté commune pour la seule satisfaction de sa médiocrité, faisant du mot « putain » une insulte choisie alors que leur sexe lui le complimente. Sans la putain, point d’orgasme dans les confinements crasseux de son adolescence même tardive, sans la « chienne » point de bonheur sinon celui de sa propre haine de soi, car bien entendu c’est eux qu’ils haïssent. Mais puisque les imbéciles sont trop lâches pour l’admettre, ils reportent leur haine sur autrui et c’est bien la le seul bonheur qu’ils sont capables d’exprimer. Ces imbéciles sont légion sur le net, qui leur laisse loisir dans l’anonymat de leur stupidité et de leur saleté, dans leur surpoids et l’inactivité sexuelle que leur procure leur acné purulente, de défouler ce qu’ils n’oseraient jamais admettre dans le monde réel, sinon assuré d’un nombre collégiale d’imbéciles de leur espèce. Mais, il faut bien, au risque de sembler platement aussi crasseux qu’eux, leur concéder une raison ; une totale méconnaissance de la sexualité et notamment de la sexualité féminine.

 

La rage d’aimer

Le féminisme patriarcale tel que nous le subissons aujourd’hui, celui qui permet à un gamin de 15 ans de traiter une femme « feminazi » parce qu’elle réclame le minimum de respect que l’on doit tout à chacun. Voir de pleurnicher comme une fiotte que les femmes ont trop de pouvoir sur ses toutes petites couilles (et il a bien raison sans quoi il ne serait pas autant frustré). Ce féminisme bourgeois et pudibond qui prête aux hommes les pires pulsions, et aux femmes les plus vierges intentions a fait et fait un mal considérable à la sexualité en général et à la sexualité féminine en particulier. Bercé de culture judéo-chrétienne et donc d’interdit tant religieux que bourgeois, il en est à réclamer aux hommes de ne pas oublier le clitoris, comme si tous les hommes étaient des handicapés du lit et à dépeindre la sexualité féminine comme une petite chose romantique et mignonne, à l’image d’Epinal que veut soutenir tant la classe dominante que l’église, une vision de castra. Or la sexualité féminine n’est pas, et ne sera jamais, à l’image conformiste que ce féminisme de pacotille veut en donner, en fait même elle est à l’exact opposé. Il suffit précisément de voir la sexualité assumée des actrices du porno (quand elle l’est, assumée) pour réaliser que nombre d’hommes et de femmes se font comme illusions sur la bestialité qui peut s’exprimer dans un lit. Et je ne parle pas de la bestialité au sens commun où on l’entend mais au sens animal. Si les femmes sont en effet souvent amoureuses de l’amour avant tout, leur moyen de l’exprimer dans un lit ne suffit pas à cette image pudibonde et tournée vers l’exclusif de la maternité tel que nous l’ont vendu les psys et nous le vendent aujourd’hui les magazines « consacrées » aux femmes dans son acceptation petite bourgeoise. De ma propre expérience d’homme certaines partenaires me faisaient parfois peur dans leurs fantasmes et ses accomplissements. Une sexualité que j’avais d’autant du mal à assumer que ma propre éducation me conditionnait à rejeter mon animalité sexuelle et à forceries celle de ma partenaire et ce pour les mêmes raisons que la petite bite qui se permet d’insulter une actrice du porno dans toute la bêtise de son anonymat. Non les hommes ne viennent pas de Mars et les femmes de Vénus, c’est même souvent l’exact contraire.

Actes et conséquences

Mais tout cela ne serait rien et inconséquent, comme le sont l’esprit des imbéciles, si justement cette agressivité motivée par une vision puérile tant de la sexualité féminine que masculine n’était pas assorti d’insultes, de menaces, de violence morales voir physiques à l’endroit des comédiennes du porno. Si en plus de cela la société conservatrice, bourgeoise et surtout gluante d’hypocrisie ne se permettait pas de juger les comédiennes du porno, tout en couvrant de louange des vieux lardons violeurs et violents comme Rocco Siffredi. Cette fricassées d’esprits puants qui juge la putain comme d’une disgrâce mais qui se permet de la vendre, l’acheter et surtout l’exploiter, particulièrement en France (voir à ce sujet mon article la Putain et le Bourgeois) de toute les manières qui soit et se gargarise plus tard de l’entendre dans le poste parler de sexualité une fois sa carrière passée tout en roulant des yeux complices et vicieux. Ce ramassis de connards et de connasses qui en file, aidés qui par l’Islam qui par le christianisme, faisant la queue pour cracher leur bile après leur foutre ou leur cyprine dans l’intimité de leur bêtise n’est pas pour autant sans pouvoir. Le pouvoir d’isoler, de stigmatiser, de détruire même des vies fragilisées par cette même morale imbécile. August Ames en a fait les frais récemment pour quelques tweets inconséquents, et l’a payé de sa vie, idem pour Karen Lancôme ou Savannah détruite dans les années 90 par la peur de ne plus plaire. Et voilà maintenant que Nikita Bellucci ferme son compte tweeter, comme Liza del Sierra s’était éloigné de Facebook à force non pas seulement d’insultes et de menaces mais également de dragues lourdingues de quelques vautrés puisque s’il est vivement encouragé de se livrer corps et âmes devant les caméras pour la satisfaction de notre misère sexuelle, il est rigoureusement réprouvé d’exister autrement. Comment développer une vie sociale sereinement dans ces cas là ? Comment ne pas souffrir de solitude, comment même développer à l’endroit des hommes une relation de confiance si cette relation est biaisée par ce regard affligeant de médiocrité et d’égotisme ? S’en foutre serait sans doute la meilleure solution, avoir unh entourage solide aussi, mais ce n’est pas toujours possible. Déjà que l’imbécile n’y parvient guère et l’exprime au mieux, alors sa victime. Personnellement je trouve que certaine s’exposent trop, c’est leur choix, mais les détails de leur vie privée, de leurs chagrins ou manques ne regardent et ne devraient regarder qu’elles, mais quand on fait un métier public, forcément on s’expose et on a n’a pas toujours envie de s’exposer de façon lisse et glamour. En attendant je souhaite aux uns (car eux aussi souffrent et on y pense que trop rarement) et surtout à elles toutes de se protéger au mieux, et tout le bonheur du monde. Merci encore et toujours pour le service que vous nous rendez. Quand aux imbéciles qu’ils aillent se faire cuire le cul en enfer.

 

 

 

Psychiatrie, changement d’air

Il y a quatre ans de ça j’étais hospitalisé au Vinatier le plus grands asile d’aliéné de France, aujourd’hui tristement célèbre à cause d’un tueur d’enfant qui y a été bouclé. J’y avais été jeté pèle mêle avec des malades et des repris de justice, dans des conditions d’usage que je connaissais depuis que je suis tombé dans cette maladie il y a dix-huit ans aujourd’hui. Des conditions faites pour écraser et nier, heureusement depuis l’asile est devenu hôpital et on y assure de véritable soin et plus cette logique de l’isolement et de la sédation dont je parlais dans mon premier article à ce sujet. C’est une décompensation, qui m’y a fait retourner. Je ne vais pas m’étendre sur la raison qui m’y a mené mais disons que le schéma qui consiste à croire qu’une allocation adulte handicapé suffit à un adulte relativement isolé est dans mon cas dramatiquement fausse. C’est la théorie de la feignasse si cher à Macron et à ses prédateurs, à toute la classe politique qui à vrai dire en matière de cossardise et de privilèges de robe s’y entendent mieux que personne. En réalité je rêve de retrouver un travail, de me sortir de cette logique du malade à tout prix et qui doit le rester. Je ne suis pas malade, je suis un patient désormais stabilisé qui voudrait être autre chose qu’uniquement ça. Bref, j’ai décompensé et me voilà de retour dans ce qu’il ne faut plus appeler un asile mais un véritable hôpital. Terminé les locaux crasseux et anxiogènes, les zombies en mode bruit de pantoufle au son de « t’as pas une cigarette ? » Les malades toujours en crise mais jamais pris en compte, shootés comme des coureurs cyclistes à deux de tension. Aujourd’hui nous avons des locaux neufs qui ressemblent à un hôpital et pas en mode mouroir, et surtout un personnel et des psys attentifs aux besoins des malades. Sont également proscrits les ménages à deux par chambre, la longue file indienne devant le réfectoire pour la prise de médoc publique avec prise de tête éventuelle. Aujourd’hui les choses se font au calme en tête à tête dans l’intimité d’une chambre individuelle. C’est bien simple on se croirait dans le privé. Et pour cause, selon le syndicat FO, le principe de la loi Tournier est de peu à peu solder l’hôpital public au privé, comme on le fait déjà des barrages hydroélectriques, dans la plus grande passivité de ce pays fatigué et fatiguant.

Évidemment avec la logique propre à nos gouvernants de privilégiés et de cost killer cela a été fait au détriment autant des patients, pas suffisamment de lit, et du personnel soignant qui s’est vu privé de droits élémentaires pendant qu’on rénovait le machin. Privation sur lequel ils restent naturellement discrets mais les syndicats sont là et à fond, d’où une mobilisation le 7 mars de 28,51% du personnel soignant en grève. Aujourd’hui la place est à l’initiative et à une envie toute particulière non seulement de soigner mais également de s’améliorer d’année en année puisque nous sommes même invités en fin de séjour à noter nos soignants et le cadre général. C’est vrai que ce n’est pas tous les jours que vous pouvez dire à un soignant, et j’insiste sur le terme, qu’il vous a réveillé et qu’il soit plus embêté qu’autre chose comme je viens de le faire, à l’heure où j’écris ces lignes, à sept heures moins dix du matin. A une autre époque on m’aurait renvoyé dans mes quarts en m’expliquant que hein ho en gros je faisais chier. Maintenant j’ignore si cette donne est valable dans tous les hôpitaux psy et dans le cadre de se que rapportait François Ruffin, je ne pense pas que ça soit hélas le cas. Mais en ce qui me concerne je dois à nouveau renouveler ma surprise et mon « plaisir » à me savoir prit en main par une équipe qui cherche réellement le bien être bien difficile de malades en dérive. Du coup au lieu de passer un séjour triste à pleurer je peux exister sans me morfondre entre un assassin et un schizophrène paranoïaque  comme ce fut le cas lors de mon premier séjour.

Mais il y aurait et il y a encore tant à faire, et pour commencer sortir de cette logique toute française du diplômé qui sait mieux que l’infirmière ou que le patient. On pourrait presque les lister et les chiffrer tant cela ne coûterait presque rien ni en temps, ni en effectif ou argent. Par exemple l’achat de sac de frappe qui permettrait d’éviter certain passage à l’acte mais également de compenser. Les psys qui n’envisagent le monde en binaire imaginent que la violence ne se traite pas avec de la violence alors que la violence n’a rien à voir là-dedans. D’abord frapper dans un sac ça s’apprend, c’est une discipline, ensuite pour une personne qui a subi la violence physique et/ou moral c’est un excellent moyen de se réapproprier tant du point de vue physique que psychique, au même titre qu’un psy vous encourage à porter plainte même si vous avez subi un viol dans votre enfance. Les groupes de parole qui sont totalement absent et qui pourtant sont un bon moyen d’avancer dans la compréhension de son mal. Côté cuisine également vu que nombre de patient on fait de la restauration ou de l’hôtellerie, encadrés, les encourager à cuisiner pour le service ou les patients dans le cadre du goûté (car oui désormais on a droit à une collation l’après-midi et le soir une verveine) ou encore, comme l’hôpital de jour qui cultive son propre potager qui pourrait être consommé par les patients et faire faire des économies au lieu de nous fourguer des poires hors saisons et des tomates de conserve. Mais il y a sans doute encore mieux à faire comme par exemple ne pas mélanger des pathologies qui n’ont strictement rien à faire ensemble et considérer qu’un handicapé incontinent a sa place dans un service classique ou qu’un toxicomane ou un alcoolique doivent être mélangés avec des schizophrènes et des bipolaires. Ou encore ce phénomène qu’on rencontre chez tous les patients qui est la perte de la notion du temps et contre lequel rien n’est fait, au détriment de notre propre mémoire. La psychiatrie française a encore cette tendance à considérer la maladie mentale comme un fourre-tout où le traumatisme que représente objectivement une première ou une seconde hospitalisation ne représente rien dans le recouvrement d’une stabilité mentale. Alors qu’en tant que « routier » de ce genre de phénomène je peux largement témoigner que c’est exactement le contraire. Les premières hospitalisations sont totalement anxiogènes notamment si on passe par la contention ou la chambre d’isolement. A ce propos quel profit espère-t-on tirer d’un malade qu’on laisse deux mois en isolement sinon aggraver au final son cas ? Au fait pas plus que je ne comprendrais jamais pourquoi on sépare par une grille deux services du même secteur alors que par ailleurs on peut y alterner les patients ? Depuis les années 60 les malades psys sont systématiquement enfermés parce que la psy française a peur de ses « fous » et que cette peur régresse à la vitesse d’une tortue alors qu’une aide soignante témoignait voir des patients circuler en pyjama d’unité dans le marché de sa ville et qu’à dire vrai on peut sortir du Vinatier comme d’un moulin, n’en déplaise au préfet qui m’a récemment supprimé une permission. Et là je vais en venir à la petite senteur de paranoïa et de pétainisme que nous a laissé ce brave cinglé cocaïné de Nicolas Sarkozy, l’omnipotence des préfets (invention de Pétain, tout s’explique….) en France sur la psychiatrie.

Hôpital ou prison psychiatrique ?

Concrètement j’ai été arrêté en train de faire l’andouille dans les rues de ma ville avec un push dagger, un couteau, autour du cou. Je n’ai agressé personne à commencé par les flics qui sont passés chez moi plus tard, ont constaté ma collection de couteau sans rien ne voir à redire à ça, ma passion personnelle et sans danger sauf pour les imbéciles et les cinglés, ce que en aucune façon je ne suis, n’en déplaise. Pour ce fait j’ai été placé en ce qu’on appelait avant Hospitalisation d’Office et ce qu’on nomme aujourd’hui Soin Psychiatrique à la Demande d’un Représentant de l’Etat…. L’administration quoi, ce que l’on perd en simplicité on le gagne en stupidité, vu qu’à titre de « représentant de l’état » je n’ai croisé que des pandores ahuris qui ne m’ont pas posé de question. Donc en gros actuellement peu importe l’avis médical, peu importe l’équipe soignante, on considère sans m’avoir vu ou consulté que j’étais inapte à une permission. Concrètement cela revient à dire que je subis un délit de démocratie, ne suis plus à l’hôpital mais en prison. Et ça peut durer, croyez moi. J’ai déjà fait trois mois inutiles à cause d’un préfet, trois interminables mois dont je suis ressorti rincé et absolument pas plus soigné, alors que présentement je suis parfaitement stabilisé et que je ronge mon frein de sortir sans devenir le dingue que je n’ai jamais été. C’est le pouvoir absolu que le mis en examen Nicolas Sarkozy a donné en 2012 sur la base d’un fait divers sinistre au préfet déjà fort garni en terme d’omnipotence et de retraite somptuaire. Bref, la France… En attendant moi je pense à mes chats qui n’ont rien demandé à personne. Ils me manquent, je leur manque, la prochaine fois j’enverrais une toph à l’imbécile qui m’a sucré ma perm, faute de l’attendrir ça lui fera un souvenir.