Le Macronistan ou la tyrannie des médiocres.

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« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparence d’une démocratie, une prison sans mur dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et aux divertissements les esclaves auraient l’amour de leur servitude » Adous Huxley, le Meilleur des Mondes. 1932.

La Macronie, mot désormais commun dans la bouche des médias mainstream, est un système rodé et corrompu au service de la machinerie présidentielle. Un système qui blanchi et protège un jeune voyou à l’ambition d’un Rastignac dans le plus grand des calmes, ou un ministre démissionnaire ou encore le monarque lui-même avec la complicité avouée d’un préfet. En ceci finalement le nouveau monde ne change en rien de l’ancien, sinon que le verni a sauté. On assume avec arrogance se ficher totalement des aspirations populaires, on avance le menton en avant vers un avenir qu’on espère radieux, sans réaliser semble-t-il que chaque pas nous rapproche un peu plus du gouffre. Le ministre de l’intérieur, en dépit de la quarantaine de morts au sein de la police, et en à peine un an, des milliers de blessés et des centaines d’arrestations arbitraires, de ses nombreuses gaffes et autres contre-vérités assénées avec la conviction d’un bonimenteur, est toujours en place. Au même titre qu’un Benalla malgré la quantité ahurissante de délits dont il s’est rendu coupable n’est toujours pas en prison. Mais ce dont peu de gens semblent se rendre compte c’est que la Macronie tend à faire disparaitre la France au profit d’un pays plus tout à fait imaginaire, le Macronistan. Le Macronistan, messieurs, dames, est une nation qui envisage de permettre la chasse à 26 espèces d’oiseaux protégés tout en promettant de livrer l’ONF aux appétits des vendeurs de bois rares. Signe des accords marchands internationaux dans l’espoir de soumettre l’agriculture française aux mâchoires d’acier du libéralisme le plus dur. Bazarde l’industrie française au profit des intérêts étrangers. Et vend, sans que la population ne bouge une oreille, ses frontières et ses aéroports au privé. En effet le référendum concernant ADP n’a pas encore décollé du million, passé aux oubliettes de l’actualité, soigneusement effacé des médias totalement dévoyés au pouvoir. Le Macronistan se débarrasse lentement mais sûrement de tout ce qui faisait la spécificité de la France, à commencer par son modèle social, considéré comme obsolète par les neuf milliardaires qui ont mis le monarque au pouvoir. Mais également son agriculture donc, et surtout son esprit frondeur, désormais considéré comme «séditieux » alors que strictement aucune réponse n’a été apporté à la crise des Gilets Jaunes, eux même n’ayant réussi qu’à diviser un peu plus le pays sans qu’aucune de leur légitime revendication ne soit jamais entendu. Et pendant ce temps au comptoir de la beaufferie, de RMC à LCI s’invitent des locuteurs approximatifs pour critiquer sans talent ceux qui s’opposent à l’abrutissement général voulue par le système macronien. Hystérie des climato septiques qui défilent dans le poste débitant leurs âneries, dégueulis de fond de cour à propos de la mort pas du tout accidentelle de Steve Maia Caniço ou celle de Zineb Redouane. Concours de stupidité au sujet des Gilets Jaunes, de la réforme des retraites ou de l’assurance chômage vécu comme un poids mort au lieu d’un droit légitime puisque cotisé. Mais au Macronistan plus rien n’est légitime s’il n’est pas adoubé par le pouvoir lui-même, c’est que ce pays est bien une tyrannie, de celle qu’Huxley décrivait dans le Meilleur des Mondes, soumise volontairement à l’esclavage mou de la distraction et de la consommation, où il est interdit de se révolter, de se poser des questions, de réclamer son dossier comme Jérôme Rodriguez en a fait les frais et ce malgré l’injonction de la justice, bref d’exister autrement que selon les codes imposés par le pouvoir. Le Macronistan a des ambitions chinoises sans en avoir les moyens. Et aujourd’hui, ridiculisé par sa propre violence, il en est à recevoir des leçons de choses bien apprises des nations autoritaires comme la Russie ou le très fascisant Bolsonaro. Car si la France avait encore son mot à dire en tant que patrie des droits de l’homme, le Macronistan est une nation sans consistance, sans passé ni avenir, une nation de banquier et tout le monde se fiche de l’avis de quelques milliardaires, bankster ou pas. D’ailleurs le Macronistan ne s’intéresse pas à la France que si elle peut servir le label « luxe » de LVMH, ses homards géants et sa vaisselle à cinq cent mille euros. Le mot France n’est plus qu’un terme de prestige à vendre aux étrangers venu s’acheter des portions de notre territoire. Finalement le Macronistan n’appelle qu’à une chose, un réveil nationaliste qui risque d’être cinglant d’autant que l’impopularité du monarque est telle que plus aucun sondage n’ose en former les contours, que pas un seul de ses déplacements ne se fait sans le concours massif des forces de l’ordre et que les députés de la majorité avancent désormais dans un climat de peur, surtout depuis qu’ils ont eu la malencontreuse idée de se mettre les agriculteurs à dos en signant le CETA.

1596 pages d’un accord que les députés de la majorité se sont empressés de voter sans en lire probablement une ligne. 1596 pages d’un traité qui part sa fonction va mathématiquement aggraver les émissions de gaz à effet de serre mais au-delà de ça, industrialiser le vivant au seul profit des multinationales, et ce sans principe de précaution, comme si l’épidémie de la vache folle n’avait jamais existé. Une industrie agricole qui ne se propose pas moins de faire du cannibalisme un moyen de croissance à coup de farine carnée, et de big pharma le futur de notre agriculture. Sans compter les tribunaux d’arbitrage, pourtant abandonné par les Etats-Unis et le Canada dans le cadre de l’ALENA mais réintroduit dans l’accord avec l’Union Européenne selon un mécanisme « crépusculaire » qui prévoit que ces tribunaux pourraient exister encore pendant vingt ans même si l’accord est dénoncé. Enfin le chapitre 19 qui prévoit des obligations dans la passation des marchés publics, principe de non-discrimination et de transparence qui poussera les acteurs publics à ne retenir que le prix comme seul critère, au détriment de la plus-value social et environnementale. Le CETA n’est pas seulement l’expression du cynisme le plus pur selon la définition de Wilde, qui connait le prix de toute chose et la valeur d’aucune c’est une autre tyrannie que nous a imposé la tyrannie macroniste puisque c’est désormais les euros députés seuls qui décideront des volets commerciaux des futurs et présents accords Le CETA c’est le nihilisme du libéralisme dans un monde multipolaire qui croit encore que l’histoire est finie sous prétexte que le communisme s’est effondré. Et cela ne fait que commencer puisque l’Union Européenne veut également signer le MERCOSUR, un autre monstre du nihilisme libéral qui, n’en doutons pas, achèvera définitivement notre agriculture au profit des seuls pays sud-américains. Avec comme conséquence corolaire de voir l’Amazonie dévorée par la déforestation au profit du soja de laboratoire et des bœufs aux hormones de croissance. Et pour seul défense, Gilles Legendre, imbécile frelaté de fond de slip, de nous expliquer que le CETA est écologique parce qu’un super tanker venant du Canada sera compensé par un autre venant d’Europe. Et peu importe si un tanker représente 7200 bêtes dont la moitié crève en mer, peu importe le bien-être animal, la qualité même de la viande pour les amateurs d’antibiotiques, ce qui compte n’est-ce pas au Macronistan c’est les bénéfices. Pas les vôtres, les leurs.

Et pourquoi se gêner, le prix de l’essence est revenu au même tarif qu’au début de la crise des Gilets Jaunes, et l’électricité a augmenté de plus de 7% en deux mois. Steve est mort noyé et l’IGPN a déjà tiré ses conclusions blanchissant d’office la police, les urgences de la France entière sont en grève depuis plus d’un mois dans le silence coupable et complice des médias, la croissance plafonne à 0,2% avec une dette qui s’est amplifiée de 15 milliards. Et Benalla est toujours libre de donner des interviews comme si cette brute sans cervelle avait quelque chose à dire. Le Meilleur des Mondes vous dis-je. Ou plus exactement une idiocratie savamment orchestrée par quelques montreurs d’ours aux poches pleines de pognon, avec à sa tête un monarque narcissique totalement déconnecté du réel, bercé aux inflexions du mépris de classe. Sans compter le ramassis de bras cassés qui forme la majorité. Comme Claire O Petit qui bat des records d’abstentionnisme à l’assemblée ou Corinne Vignon, députée LREM et « ambassadrice » du projet de réforme des retraites qui s’est ridiculisée au micro de LCI en tentant d’expliquer la dites réforme. A ce compte de médiocrité politique on peut sans mal juger de la médiocrité du monarque qui règne sans se fatiguer sur un troupeau de bêtes de somme plus abruties les unes que les autres. Et augurer également sans mal du boulevard que cette majorité est en train de concocter pour les Le Pen aux prochaines élections. Car il n’est en aucun cas certain que les neufs qui gouvernent en réalité ce pays à travers leurs petites marionnettes de papier, leur monarque de pacotille, les supportent encore comme une alternative à celle qui veut faire de ce pays un camp retranché contre le Grand Remplacement fantasmé des délires verbeux d’un Finkielkraut. On l’a vu aux dernières élections, la voix des Gilets Jaunes est allée en réaction majoritairement à cette famille de mafieux. Offrant à un imbécile certifié comme BHL le loisir de se rengorger de sa propre bêtise. Et ils ne furent pas les seuls puisque LREM est arrivée second à cette course sans victoire. La bourgeoisie et à forcerie la très haute bourgeoisie n’a aucune morale, elle s’accommodera sans mal de l’extrême droite puisque celle-ci ne s’est jamais proposé pour autre projet que de défendre les intérêts bourgeois tout en portant le masque du peuple. Alors le Macronistan deviendra le Lepenistan, une autre boursouflure de médiocrité aux accents racialistes et autoritaires, héritant de toute les difficultés créées par la gouvernance catastrophique de l’actuel monarque et nous irons droit vers une guerre civile de basse intensité. Adieu la France, je ne t’aimais pas beaucoup mais je te regretterais quand même un peu.

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Génération plastique

Cinq grammes de plastique par semaine, vingt grammes par mois, deux cent quarante par an, bon appétit ! Du plastique dans l’air, dans les animaux sauvages, dans les nichons, dans les lèvres d’une génération Tinder, Snapchat et Instagram. Une génération qui se regarde chier. Qui se regarde chier en bubulant son affolement devant l’apocalypse biblique qu’on nous promet tous les jours. Nervous break down dans le vert, chlorophylle burn-out, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir bouffer ? Qu’est-ce qu’on va tous devenir si la température continue d’augmenter comme ça ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Et puis tant pis hein, retournons à nos petites habitudes, on verra bien demain, oh t’as vu Kevin a largué Navéa sur les Anges. Et pendant ce temps-là Pascal Praud prout dans le poste ses certitudes de climatologue de comptoir. Alors ma chère Elizabeth Levy qu’en pensez-vous ? J’en pense, hic !, Depuis quand la météo est devenu un sujet d’actualité, hic ! Depuis toujours mais passons. Passons sur cette médiocrité qui a envahi toute notre société comme un substrat malodorant mais nécessaire à l’élimination future de tout un pan de l’humanité. Car n’en doutons pas, ceux qui ne sont pas conscient du monde d’aujourd’hui sont voués à disparaitre tôt ou tard. Ils ne seront pas adaptés et en sauront totalement incapables. Paralysés par leur bêtise, alourdis par toutes les croyances du capitalisme, en retard sur la course à la survie, ils vont voir leur petit confort fondre comme neige au soleil et il n’y aura plus d’état auprès de qui pleurnicher. Car l’état moderne est un homme d’affaire, sa priorité n’est plus le citoyen mais le consommateur, il est au service de Facebook, LVMH, Free, Tweeter, etc et réciproquement. Les marques règnent, les holdings sont reines, et l’empereur s’appelle Bernard Arnault, Zuckerberg, ou Bill Gates. Qu’on célèbre, qu’on envie parfois quand on est aliéné aux allégations du capitale, ou qu’on conchie parce qu’il est anormal que l’humanité soit conduite par une poignée de malades de l’argent et du pouvoir qui ont construit leur fortune sur l’usure, l’extorsion, l’exploitation des populations les plus pauvres. Pathologique comportement qui fait la loi des magazines de papier glacé, Times, Forbes, Valeurs Actuelles, messires voici la pommade et si tu ne souscris pas c’est que ta jalousie t’étouffe. Autant de certitudes inutiles qui seront appelées à disparaitre dans un avenir proche. Des certitudes que n’ont plus les gilets jaunes, citoyens précurseurs dans une société qui se refuse d’évoluer. Phénomène hors du commun, fait historique d’un mouvement spontané et solidaire de citoyens qui a totalement dépassé tous les vieux clivages, balayé d’un seul coup les certitudes politiques, et résiste encore et toujours malgré toute les tentatives d’enterrement de Macron aux médias mainstream. De toute manière la Macronie gouverne au déni de réalité, les urgences sont en grève, les pompiers ont déposés un préavis pour tous l’été, canicule ou pas, les gilets jaunes reviennent bloquer ports et raffineries, libèrent les péages comme d’autres des pont levis mais on durci les droits d’admission au chômage, et on claironne qu’il n’y a pas de violence policière. Et les flics exténués se suicident à la chaine dans l’indifférence complice d’un incompétent une nouvelle fois protégé comme l’était Benalla, l’arlésienne de la Macronie.

La fabuleuse famille que voilà chez LREM, une cruche habitée par sa bêtise élue personnalité politique de l’année, un ministre de l’intérieur surpris à faire la fête en pleine crise autant social qu’interne, un crétin débarqué des hautes sphères mentant effrontément au sénat pour jouer plus tard les starlettes pour michetonneur franc-maçon devant les caméras d’Elise Lucet. Une smala qui se prétend moderne, dans le vent, avec son époque, le nouveau monde qu’ils disent. Mais ils ont raison vous savez, ce monde leur ressemble. Il est faux, bidon, mensonge et contre vérité, pardon « fake new », la mythomanie et le narcissisme y sont rois, de Tinder à la télé réalité, une génération en plastique. C’est simple même la tête à Macron on dirait Ken. Mais Ken a des idées noires, Ken veut voir son pays se transformer en une gigantesque entreprise dont il serait le monarque incontesté. Car incontestable il se veut, c’est sa tyrannie à lui, sa petite vanité de bête à concours élevé dans la certitude de sa classe qu’il n’est pas n’importe qui puisqu’il est à ce poste. Et combien pense comme lui sur l’échelle pyramidale de notre société, même tout en bas, surtout tout en bas, on le pense. S’ils sont là où ils sont c’est qu’ils ne sont pas n’importe qui. Cette foutaise de la bourgeoisie qui bientôt se délitera face à la réalité qui nous fonce dessus comme un taureau sauvage. Et plus ça produit et ça se reproduit comme des lapins plus le taureau se rapproche tandis qu’on se lance dans des expérimentations barbares sur les animaux « pour le bien de la science » et surtout du profit, incapable de repenser le monde autrement que sous le joug de l’argent-roi. Car on pourrait déjà aisément nourrir toute la planète sans faire des trous dans les vaches, et l’Afrique serait auto suffisante si les multinationales payaient leur tribut aux états. Mais non surtout pas ! Il faut des paradis fiscaux, il faut de l’optimisation fiscale, il faut des vaches-usines et des consommateurs captifs dans des hypermarchés concentrationnaires, il faut cumuler comme des rongeurs parce que ça serait dans l’ordre des choses.

Oui tout ça va leur péter à la gueule  Tous ces amateurs de crédit sur vingt ans, cette génération sans conscience qui se précipite à sa propre perte en claironnant que c’est pour le bien de l’humanité. Mais, et c’est bien l’inconvenant d’une société imbriquée comme la nôtre, leur perte sera également celle des plus conscients et seul les plus solides et solidaires s’en sortiront. La nature ne fait pas de sélection, nous bouffons tous des microparticules de plastique, indifféremment, et même si demain on faisait disparaitre d’un coup de technologie magique les dix millions de tonnes qui finissent dans la gueule des océans, il resterait toujours les milliards de pneus qui chaque jour sur le globe s’usent sur les routes et les pistes. Le capitalisme ne veut pas mourir et son décès forcé sera une longue et douloureuse agonie. Une agonie guerrière n’en doutons pas d’autant que les chantres du capital, cette tyrannie qu’on appelle la Chine ou les Etats-Unis s’imaginent encore un avenir tout en expansion boursouflé de bénéfice. Que l’actuel tyran brésilien compte bien détruire la forêt amazonienne si ça peut rapporter gros et qu’on aiguise déjà les couteaux pour l’Antarctique sans la glace. Et ça ne fait que commencer si l’on observe la pollution des nappes phréatiques, la raréfaction des terres arables, et la désertification qui ira de pair à mesure que ces dernières disparaitront sous le béton. Mais peu importe puisque l’état envisage déjà de privatiser l’ONF pour livrer nos forêts à la sauvagerie marchande. Après tout parmi tous nos bâilleurs la Chine n’a pas seulement faim d’armement ou de se presser à dévorer l’Afrique tout en lui faisant la danse du ventre. Notre patrimoine, nos vignobles, nos forêts, tout est à vendre à la grande braderie macroniste et il n’y a aucune raison que nous ne devenions pas un pays du tiers monde comme un autre dans les nouvelles polarités qui se dessinent sur le monde. Prêt à se vendre aux plus offrants si ça peut assurer les carrières présentes et avenir de cette corruption généralisé qui nous gouverne.

Et pendant ce temps les vieux croutons d’une génération perdue continuent de nous assommer avec leur vieux clivage communisme contre capitalisme comme si cela avait le moindre sens pour la génération plastique ou même le moindre sens du tout. Le mur s’est effondré le 9 novembre 1989, et trente ans plus tard ça sert encore d’argument dans les conversations creuses des réseaux sociaux. Ils n’ont rien compris et peinent toujours à comprendre que leur monde est mort et que bientôt un autre encore naissant dansera sur la panse de leur cadavre et ça ne sera pas qu’une métaphore. 60% des espèces ont déjà disparu et bientôt la disparition des insectes signera le compte à rebours d’une humanité figée dans sa sclérose. L’infâme escroquerie qu’est le capitalisme a voulu faire croire que la fin de l’histoire était justement intervenue ce fameux jour de novembre 1989 alors qu’en réalité la fin s’annonce dès aujourd’hui alors que le thermomètre bande et que je viens d’avaler mes cinq grammes de plastique quotidien. Du moins la fin d’une histoire, celle d’une société malade de sa médiocrité et de son nombrilisme. Car rien n’est simple dans la résilience qui s’annonce. Il n’y pas de solution ou elles se présenteront d’elles-mêmes et il faudra s’adapter ou bien crever tout à fait concrètement. Oui la résilience soit sa capacité à absorber un choc puisque désormais les instances n’envisagent même plus les solutions mais des bouts de ficelle  en les peignant en vert, espérant sans doute que ça passe pour une position durable. Et quand le dernier orang outan aura rendu l’âme on versera une petite larme sur ce qui aurait pu être si une poignée d’individus n’avaient pas été aussi voraces. Et le voilà l’extraordinaire scandale de ce capitalisme mortifère, nous sommes sous l’influence d’une poignée qui tient par les génitales les imbéciles qui nous gouvernent. Une poignée qui n’a aucune retenue quant à la révélation de sa voracité et l’amoralité de son statut de privilégié. Rien n’est simple puisqu’en dépit de l’effondrement qui vient, l’humanité ne tirera pas sa révérence sans se battre, sans espérer, sans croire à un autre possible que l’impasse fatale vers laquelle nous conduit ce capitalisme suicidaire. C’est là sans doute le message que les gilets jaunes envoient vers le futur, puisqu’ils sont l’avenir alors que Macron est déjà le passé. Le message d’une population déjà résiliente et légitime à la gouvernance de ce pays, les parents de la génération qui vient, celle née après 2000 et dont la capacité d’attention frise pourtant celle du poisson rouge, faute aux écrans qui phagocytent leur temps et à la pollution endémique. Paradoxalement une génération bien moins préparée aux changements, aux transformations que celle qui voit actuellement l’avenir de ses enfants et le sien se noircir comme un fruit pourri. Parce que vivant dans l’immédiateté que lui propose son siècle de bêtise, de médiocrité et de mensonges institutionnalisés. Parce que dépendante d’une technologie qui peu à peu va devenir le domaine réservé des plus nantis. Parce qu’élevé au caprice, tous les droits et aucun devoir même pas de saluer son voisin par simple civilité. Après l’ère des procès viendra donc celle de la rage. Quand vos gamins auront pris dans leurs mains le coup de jus qu’on leur laisse. Les déchets nucléaires, le plastique, la fin du pétrole, l’atmosphère, une déchèterie à ciel ouvert abandonnée au milieu d’une fournaise, avec au milieu des armes, des millions de tonnes d’armes et de paramilitaires pour s’entre-tuer gaiment.

Nous sommes encore au temps des opinions. Des opinions partout qui se disputent sur les réseaux sociaux, des opinions et non pas des idées. Et la plus part du temps des opinions dictée sans esprit ni rigueur. Nous avons de la chance. Nous nous engraissons dans un luxe que nous ignorons tellement nous y sommes habitué et nos petites opinions sans conséquence peuvent se batailler sous toutes les formules de médias existant. Les hommes politiques, ces amuseurs publics, l’ont bien compris. Il suffit de scandaliser le chaland pour que les hamsters se mettent à faire tourner la roue à coup de hashtag je suis pas contant, et ainsi fait ils aspirent le tapis sous nos pieds au bénéfice de leurs bailleurs. Aujourd’hui plus que jamais, car c’est aujourd’hui que ça compte, demain il sera trop tard, c’est juste une affaire de territoire, prise de guerre en prévision de lendemain qui déchantent déjà. Les gilets jaunes ont démontré par leurs revendications légitimes que des idées il y en avait et il y en a, la Zad de Notre Dame des Landes que ça valait le coup de se battre pour ses idées quitte à y perdre des plumes. La faiblesse de l’état c’est sa force, d’autant quand les dites forces sont épuisés par des mois de mobilisation. En lui opposant résolution et action pacifique il ne peut que démontrer de sa tyrannie et de sa violence. L’obliger dans ce sens c’est le mettre à nu. Le régime d’Emmanuel Macron a démontré de sa tyrannie et de son iniquité, une tyrannie soft tout dans l’étouffade à coup de censure médiatique, déformation de la réalité et chiffres bidonnés. A coup de violence policière généralisé, et non plus cette fois réservé aux seuls quartiers mais à tous les pauvres. A coup de condamnation en chaine pour des délits imaginaires ou préventifs et de petites amendes mesquines visant toujours le portefeuille des plus pauvres. Mais qu’importe au fond sa petite salade de monarque pour tenter de passer en force ses mesures. Puisqu’elles seront défaites par le temps. Défaites par l’évolution de notre biosphère, défaites par le tissus social qui se recomposera de fait, détruite ses petites ambitions de banquier. Et peu importe d’ailleurs ce médiocre, peu importe la folie de Trump, ou celle d’un Bolsonaro si nous quittons le chemin des petites opinions pour reprendre celui des idées. Nous avons encore, pour peu de temps sans doute, la liberté de nous servir de la toile pour échanger autre chose que la photo de nos crottes. Autre chose que des anathèmes pour des raisons futiles, autre chose que nos petites opinions stériles. C’est le moment ou jamais de construire la société que nous voulons sur leur dos. Le dos de ceux qui sucent le monde aujourd’hui et le privatiseront demain. Le moment ou jamais d’avancer au-delà de nos petites angoisses à la mode écolo et de construire une société de justice social et solidaire, faire avec ce qu’on leur prendra – car on ne leur prendra pas tout, ne rêvons pas –  et prendre en main une bonne fois notre destin avant que les Zuckerberg et les Macron du monde entier nous coupent l’accès à l’eau potable.

Neuf jours

Neuf jours. Neuf jours c’est tout ce qu’aura laissé notre roitelet national, Jupiterion, au COS pour monter une opération de sauvetage. Alors que d’habitude les otages pourrissent des mois voire des années aux mains de leurs ravisseurs, là tout a été fait dans la précipitation d’un besoin avide d’image. C’est les élections européennes coco tu comprends, et même si ces élections comptent en réalité pour du beurre, que le parlement européen n’a aucun pouvoir, il ne s’agirait pas de se prendre la déculotté tant attendu. Alors tant pis si deux soldats y passe, tant pis les désirs de sa majesté sont des ordres, sont désordre aussi. La loi pour la reconstruction de Notre Dame est passée sans surprise, on pourra se prévaloir de l’autorisation du patrimoine national pour quantité de domaine, de la voirie à l’environnement…. Et au sommet de l’état on salive déjà à l’idée d’une flèche qui marquera le règne de Jupiterion. La folie des grandeurs, le mépris des vies, le mépris des opinions, le narcissisme. Neuf jours….

Cela fera bientôt sept mois que les gilets jaunes poursuivent leur lutte et aucune de leurs revendications n’a été entendue. C’est à peine si le roitelet accepte de les énoncer autrement qu’avec une forme de dégoût, Jojo le gilet jaune, comme il dit. Sept mois que la seule réponse qu’oppose le gouvernement c’est la répression, des tirs de LBD en pleine face, des matraquages sauvages et samedi dernier à Nantes, les policiers ont une nouvelle fois sorti les armes. A quand la balle perdue pas pour tout le monde ? A quand l’embrasement ? Le régime félon d’Emmanuel Macron adore jouer avec les allumettes, au 1er mai il annonçait des hordes de black blocs assoiffés de sang et de vitrine, et finalement ça s’est terminé par un pétard mouillé Salpetrière. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à quand il faudra attendre pour que quelqu’un craque et ne tue, jusqu’où va nous mener le narcissisme aveugle du poudré ? Les gilets jaunes n’ont rien à perdre contrairement à lui et c’est son point faible, les gilets jaunes sont le point névralgique d’un pays en stade pré révolutionnaire et personne au pouvoir n’a l’air de vouloir s’en rendre compte malgré les rapports alarmants de la DGSI. Pourtant leur peur est palpable, dans les crises de colère du roitelet, dans ce 8 mai exécuté sur des Champs Elysées désertés, dans cette obsession de sécurité partout dans ses déplacements. Il panique et pour donner le change fait son show devant un parterre de journalistes au garde à vous. Avec toujours la même morgue, la même détermination affichée et tant pis si c’est un mauvais comédien qui joue trop sur son physique de premier prix.

Neuf jours, et tant mieux pour les deux otages que Le Drian a essayé de faire passer pour des inconscients. Comme si le seul inconscient ici ce n’était pas le chef de commandement Emmanuel Macron, le feu vert final d’une opération qui sera mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas seulement trois morts qu’on va devoir déplorer, la récente attaque d’une église au Burkina Faso est à n’en pas douter la réponse directe des djihadistes à l’opération voulue par Jupiterion. Et un comble, alors qu’il espérait faire joli en paradant avec les otages, voilà que la polémique enfle au sujet des deux commandos morts pour ce que tout le monde apparente à des ahuris. Pourtant la zone n’était pas classée rouge jusqu’à aujourd’hui mais passons, la foule est idiote et elle se pâme volontiers devant les héros guerriers. Les français aiment l’uniforme, du moins jusqu’à se prendre un coup de matraque ou une gifle par un CRS excédé, un voyou de la BAC en mode émeute. A moins que ça ne soit le contraire. A moins que ce spectacle hebdomadaire de violence policière, de répression, les satisfasse allez savoir.

Plus de deux cents enquêtes ouvertes par l’IGPN classé sans suite malgré les membres arrachés, les crânes fracassés, les yeux crevés. Qu’on le veuille ou non cela s’appelle une guerre. Une guerre menée par un régime autoritaire contre une partie de son peuple quitte à faire voter des lois d’exception. De n’importe où ailleurs cette situation aurait été vaillamment dénoncé par le « pays des droits de l’homme », selon l’expression consacré. Droits humains qu’il n’a jamais respectés à l’endroit de ses prisonniers qui croupissent dans des prisons majoritairement surpeuplées et insalubres. Droits humains qui ne passent jamais les portes de l’Elysée quand il s’agit de signer des contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite. Droits humains qui sont aujourd’hui contesté aux gilets jaunes, cette chienlit comme l’appel le chien de garde Yves Calvi, cette vermine à exterminer comme disent déjà certain sur les réseaux sociaux, surexcités dans leur canapé qu’ils sont par des chaines qui en boucle propagent la peur et la haine de l’autre. D’ailleurs les médias mainstream ont cessé complètement de penser. Pendant que ça se pignolait sur les sommes considérable que réunissait déjà une Notre Dame à peine froide, pas un seul pour parler des 400 tonnes de plomb déversé par la toiture dans l’atmosphère. Tu comprends coco la pollution c’est clivant comme sujet, alors que la générosité milliardaire ça doit être indiscutable, sinon on est jaloux. Et comme disait en substance Hitler, plus un discours est simple plus les foules ont les chances de l’entendre. Christophe Barbier d’ânonner son catéchisme LREM à chaque nouvel incident, Jean Michel Aphatie de se scandaliser quand l’ONU taclait la France au sujet des droit de l’homme. Pascal Prau de beauferie en insulte d’animer les bas instincts de ses semblables en pantoufle. La liste est interminable. Gageons que pas un ne parlera non plus du fabuleux projet immobilier qui est prévu sur l’Ile de la Cité, et que la loi autour de la restauration de Notre Dame facilitera. Les médias en Macronie ne connaissent qu’un seul langage celui de leurs maitres.

Neuf jours pour sauver le soldat Macron de la déconfiture aux européennes, neuf jours contre pas moins de 34 listes dont une confessionnelle. Neuf jours et deux morts. L’ère des négociations s’est arrêté sous Sarkozy, et les assassinats ciblés était volontiers employé par Monsieur Normal, cette génération de président kiffe les forces spéciales comme des enfants avec leur nouveaux jouets. Macron a cru lui aussi qu’il pouvait jouer les chefs de guerre et il s’est planté aveuglé par son narcissisme. A côté de ça, Sophie Pétronin, humanitaire enlevée dans le nord Mali, attend sa libération depuis trois ans. Mais le nord Mali n’est-ce pas ce n’est pas un endroit pour briller par militaires interposé, la zone est notoirement classée zoulou, les militaires embarqués dans l’opération Barkhane le savent bien. Résultat à ce jour sept morts et des dizaines de blessés, officiellement.

Nous l’avions tous déjà deviné, Juan Branco et Crépuscule l’ont confirmé Emmanuel Macron a été placé là pour casser notre modèle sociale et enrichir ses amis, neuf oligarques qui détiennent 90% des médias. Et le bilan s’annonce déjà catastrophique. Le seul CICE a couté déjà près de cent milliards pour cent mille emplois préservés ou crées contre les un million promis. L’Exit Tax qui facilite l’exil fiscal au nom de la « liberté » d’entreprendre ne sera finalement pas supprimée mais aménagée, et comme si l’abrogation de l’ISF ne suffisait pas, Macron a mis en place la Flat Tax ou PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) qui voit le prélèvement des plus riches passer de 60% à 30% pour une perte sèche de quatre milliards, à ajouter aux milliards perdu avec l’ISF, total 7,4 milliards. L’argument avancé est que sinon nos milliardaires vont filer à l’étranger. Plus l’argument est simple n’est-ce pas… Sauf que selon le Crédit Suisse la France est le pays accueillant le plus de millionnaires en dollars, après les Etats-Unis, et que depuis 2013 seul 0,3% des personnes imposables à l’ISF se sont exilé à l’étranger, sans qu’on sache réellement leurs motivations d’ailleurs. Et après on s’étonne des gilets jaunes… Pourtant pas un siècle ne se passe pratiquement sans que l’impôt, quelque part, ne provoque une révolution. Pourtant 1789 était précisément une réaction par rapport à l’impôt. Pourtant depuis quarante ans j’entends ce pays grommeler que ça va péter tôt ou tard. Pourtant la corruption des technocrates qui gouvernent ce pays est complète et depuis fort longtemps. Tout n’est qu’entre soi et cooptation d’une classe bourgeoise qui a abolit les privilèges de tous les autres à son seul profit. La perte de l’ISF n’est pas seulement un manque à gagner pour l’état de 3,4 milliards c’est également une perte sèche pour les ONG qui bénéficiaient des largesses des imposables par le biais des déductions sur la fortune. Résultat ces mêmes ONG, comme le Secours Populaire ou la Croix Rouge ont vu leur revenu chuter de près de 54%, et après ça on est censé s’émerveiller de la générosité de François Pinaud…

Qu’on l’accepte ou non Emmanuel Macron a organisé avec ses amis un régime autoritaire sous couvert de suffrage universel et en s’appuyant sur tout ce qu’il y a de pire avec la cinquième république. Quand les lois ne passent pas à coup d’ordonnance, on nous les impose avec les godillots de LREM quand ils sont là. Claire O’Petit qu’on voit énormément dans les médias est une des grandes absentes de l’assemblée nationale, elle n’a même jamais participé à la moindre commission. Idem pour Marlène Schiappa, la star des médias amateur de cruche, qui est largement moins à son ministère que sur les plateaux. Alors ce n’est pas difficile de faire passer la loi sur Notre Dame avec seulement 32 députés quand 500 autres sont soit dans leur circonspection, soit en campagne pour les européennes, soit occupés à babiller dans les médias. Un régime autoritaire qui propose aujourd’hui d’ouvrir une commission d’enquête sur l’impact négatif des gilets jaunes mais qui s’est étouffé quand une autre a proposé de s’ouvrir au sujet de Benalla. Où est-il d’ailleurs celui-là ? Plus un mot sur lui depuis qu’il est sorti de son court séjour en prison, comme évaporé, la dernière fois il était en villégiature en Suisse. Et je crois bien qu’on peut résumer le régime félon de Macron à cette affaire, des arrangements mafieux en s’appuyant sur une base largement corrompu ou abonné au rôle de girouette, comme Darmanin, de Rugy, ou Philippe qui tous critiquaient le même Macron avant d’entrer dans son gouvernement. Et voilà que le CSA, profitant d’une loi votée sous Hollande, accorde des temps d’antenne plus important à LREM qu’à ses opposants, tout ça dans le plus grand des calmes. Ce n’est plus une république c’est un hold up, le hold up de l’oligarchie… Reste que les européennes sera un des grands juges de la politique du roitelet qui en a parfaitement conscience, qu’on s’abstienne ou pas d’ailleurs puisque faute de vote blanc comptabilisé l’abstention est un vote en soi. Pour le moment la faiblesse du parti inventé par les oligarques c’est qu’il veut rejouer une vieille pièce réchauffée, moi ou le chaos. Macron ou le RN. Or jusqu’à présent non seulement on ne voit pas beaucoup de différence entre les deux partis, mais le RN lisse encore plus son discours avec l’espoir d’atteindre la réussite d’un Salvini. Le tout en s’appuyant sur une partie du mécontentement des gilets jaunes qui est comme chacun sait composé de toute sorte de courants mais surtout déterminé par tous les moyens à faire tomber Emmanuel Macron. Quitte à donner sa voix à ce qui s’apparente à une version féminine et agressive de Macron. Verra-t-on un jour Marine Le Pen au ministère de l’intérieur ? On peut le craindre même si on n’en est pas encore là, puisque Le Pen reste la pantomime des oligarques pour faire peur. Mais on a tout à craindre par contre d’un régime aux abois, tout à craindre d’un régime qui ment, gonfle les faits et les minimise quand on parle de vie humaine, d’un régime dont la seule opposition se trouve au sénat, ce rassemblement de vieux corrompus. Tout à craindre d’un gouvernement qui fait d’une opération de sauvetage une opération de comm, ils s’appelaient Cedric Pierrepont et Alain Bertoncello, ils ne sont pas morts pour la France, ils sont morts pour des élections…. Neuf jours…