Bienvenue en Macronie

Mercredi 4 octobre 2017. Nous y sommes, la démocratie a vécue en France. Le lapsus révélateur de l’ONU, identique dans la bouche de l’usurpateur comme de son ministre de l’intérieur ; signe qu’il ne s’agissait en aucun d’un lapsus mais d’un test, la fin de l’état de droit en France est en discussion. https://www.laquadrature.net/fr/pjlmechant-verbatim-20170926-27. Mais en réalité le terme discussion est parfaitement abusif, tous le monde est d’accord, tout parti confondu, la France doit se soumettre à la dictature macroniste. Nous étions sous le régime d’une monarchie constitutionnelle sous l’effet de la Vème, la monarchie vire au totalitarisme, à la monarchie absolue. Et ici aucun droit divin, tout au moins pour tous ceux qui n’assimileraient pas encore le CAC40 à la nouvelle idole auquel la France doit de soumettre à n’importe quel prix. Comme le faisait remarquer Wolfgang Schlaübe, ministre des finances allemand et soutien ouvert du jeune dictateur, la France doit être réformée de force. Sous aucun prétexte les français ne doivent avoir le choix, le macronisme est en marche et sa feuille de route oscille entre George Orwell et Aldous Huxley, 1984 et le Meilleur des Mondes. La seule différence c’est que cette fois il ne s’agit plus de fiction. La casse du code du travail, l’autorisation de la mise sur le marché du bébé à la carte, la fin des emplois aidés, la réduction des APL, les 300 millions en moins aux collectivités locales, la fin de l’état de droit, la baisse de 130 millions du budget d’une des justices les plus pauvres d’Europe, l’augmentation de celui de la police de 7%. Tout y est. Et la casse du pays, la mise à sac de la société civile doit continuer coûte que coûte. Alstom vendu sur des pots-de-vin, la télévision publique mis au régime sec en attendant de pouvoir la supprimer totalement et surtout en supprimer tous les éléments subversifs. Comme Elise Lucet, dont l’émission va devoir revoir ses ambitions, moins de révélation et plus de fun, de « tendance » autrement dit de pub déguisée. L’ordre vient de la direction. France Inter chargé de faire de la propagande auprès des jeunes pour leur inculquer la soumission au nouveau code du camp de travail. http://www.acrimed.org/France-Info-eduque-les-enfants-sur-la-reforme-du, et surtout à bien distinguer un manifestant terroriste d’un brave gardien de l’ordre. « : ils jettent des pierres, des sortes de… de bombes sur les policiers, les policiers bah ils répliquent avec des gaz lacrymogènes, hein, les gaz lacrymogènes ça pique très fort les yeux et la gorge, il y a souvent des blessés. Mais ça ne concerne que très peu de gens hein, au total, par rapport à tous les manifestants.  » nous y explique le propagandiste de Radio Paris…

 

La haine du pauvre

« Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. » Voilà finalement à quoi se résume la pensée du jeune tyran. Immature, narcissique, aussi présentable qu’un dépliant bancaire sans Photoshop et surtout parfaitement aux ordres de l’oligarchie qui lui a donné comme mission de saigner à blanc la société civile française. Une vue pas même courte, il est absolument persuadé d’être le chef. Une conception binaire du monde et de la société en générale qui est sans aucun doute d’autant renforcé qu’il n’y a pas la moindre opposition dans ce pays. La France Insoumise fait de la figuration à l’assemblée, quand elle ne donne pas la main à la dictature en marche dans le cadre de la fin de l’état de droit. Pas une seule des mesures de coercition prise à l’encontre des français n’a été retoquée. Mieux que ça, prétextant une anti constitutionnalité de façade, la dictature en marche s’est assuré la complicité des corrompus en rejetant la loi confiance. Il est non seulement permis de légiférer avec un casier judiciaire chargé mais mieux encore, l’assemblée rejette un amendement permettant de condamner des entreprises comme Lafarge, accusé de complicité avec Daech. Le CAC40 a le droit de financer nos bourreaux, en revanche l’état se donne le droit de nous priver de nos libertés hors de tout contrôle juridique. Les HLM voient leur budget sabré, le jeune dictateur veut diviser le nombre des communes par dix, et réduire encore celui des régions afin de mieux concentrer le camp et soumettre le goulag à la seule loi des banques et des entreprises privées. Et que font les syndicats face à ça ? Quand ils ne sont pas plus simplement corrompus par le nouvel ordre, ils font des caprices d’un autre temps, se désolidarisant de la France Insoumise. La gauche la plus ridicule de l’histoire des mouvements sociaux dans le monde. Du cosmétique et des vieux cabris d’un autre temps qui s’agitent pour la galerie et ne servent strictement à rien. Une opposition de farce et attrape, où même le fascisme lepeniste, la droite raciale de Ménard et Eric Ciotti, est dépassé par les mesures dictatoriales qu’installent le jeune führer et sa bande de voyou. C’est encore plus beau que si Marine avait été au pouvoir. Un homme vient en aide à des réfugiés, il prend quatre mois avec sursis. Un retraité gifle une députée  aux ordres de l’usurpateur il prend un mois ferme. Et tout ça déroulé sur le ton de la modernité, des « réformes nécessaire à l’économie française »… ah non pardon, pas des réformes, des transformations. Car le caudillo de la Nouvelle France ne pensent même pas que ce pays est réformable, il faut plus simplement le faire disparaitre, le transformer en autre chose, la Macronie, le nouveau laboratoire à ciel ouvert du fascisme libéral. Et comme toujours, inlassablement, les français, manifestent…  A Nantes le 21, la BAC tabasse, puis c’est à Valenciennes dans le cadre du démembrement d’Alstom, avec la police montée, carrément, comme les grèves du début du XXème siècle, les sabres en moins, jusqu’à quand ?. A quand les tirs à vue ? Ou encore à Montreuil où des parents d’élèves se feront tabasser pour avoir osé demander la fermeture d’une usine polluante. Ca appartient à Airbus, pas touche. D’ailleurs l’Europe a bien fait comprendre son point de vue en Espagne à travers la réaction de Madrid aux ordres, la Catalogne on l’emmerde, la Catalogne doit obéir, tout comme la France au nouvel ordre mondial. Un ordre globalitaire avec l’Eurasia, Estasia et l’Océania sous leur formulation commercialo-militaires, Ceta, Alena, accords transpacifiques, etc…. Car bien entendu, en s’appuyant sur la même argumentation que le roman 1984, de la guerre permanente contre le terrorisme, commerce et sécurité, commerce et totalitarisme sécuritaire ne font plus qu’un. Et voilà que désormais, au cœur de l’Europe s’installe un nouveau régime totalitaire sous les yeux éternellement passif de ce pays de mou de veau qu’est la France. Cette paralysie faciale qui accepte tout, prend tout, entre sidération et terreur. Car bien entendu pas la moindre mesure de rétention que prend Vichy 2.0 ne saurait arrêter un malade mental à qui il suffira de prononcer la formule magique « allah akbbar » pour être absous de tout désordre mental, pour ne plus appartenir à la communauté des fous mais celle sainte pour les médias, Daech et la Macronie de terroriste. Sauf s’il est blanc, et à la bonne idée de ne pas s’excuser d’être dingue, comme à Las Vegas. Un massacre que le petit dictateur qualifiera de « violence contemporaine », comme on parlerait d’art du même nom. Et peu importe que cette violence là n’a strictement rien de contemporaine aux Etats-Unis ou ailleurs, l’important c’est d’imprimer dans les esprits cette idée de peur, de terreur permanente. Ce principe de mort inéluctable, imparable, auquel chacun doit se préparer… car il n’y en aura pas pour tout le monde.

 

Camp retranché

Personnellement je commence à en avoir assez de me répéter inlassablement. Le 18 juin, de l’année dernière déjà j’expliquais qu’on s’acheminait lentement vers un régime totalitaire. Et il ne faut pas s’y tromper. Hollande n’était là que pour préparer le terrain à Macron. Permettre au jeune dictateur de banque de parachever le travail ordonné par le Council on Foreign Relation et les Young Learders. Et à en croire Aaron Russo, rapportant les propos de David Rockfeller, dans ce jeu nous ne sommes rien de plus que des serfs, des esclaves. Ou pour reprendre les expressions du tyranno, des feignants, des cyniques, des riens. Le 10 février de cette année redite. Je pointe du doigt le fait que tout l’arsenal juridique est déjà là, et que la classe politique n’a que comme seul objectif de préserver ses privilèges de classe. Et comme prévu, le filet juridique se resserre. Restriction des libertés, restrictions des droits des travailleurs, restrictions sur le dos des plus pauvres. Cadeau fiscale, mieux qu’un cadeau, on favorise l’évasion du même nom en ne s’attaquant plus aux biens mobiliers de l’ISF. Ce n’est plus une présidence, c’est un hold-up doublé d’une prise d’otage. Et cette fois ce n’est pas les grévistes qui « prennent en otage », c’est notre gouvernement. Cette assemblée fantoche et ce monarque au pouvoir absolu. Les grévistes, les manifestants, rien de plus que de la figuration, l’amuse-gueule des matraqueurs et des médias, dix secondes d’images à perte pour documenter la propagande du CAC40.

 

Alors oui, je fatigue.  Et en même temps je sais pertinemment que l’écrire ne change rien. Orwell n’aura finalement pas dénoncé le totalitarisme dans son ensemble, il en aura écrit le mode d’emploi. Et je sais surtout que je ne suis pas le seul à le dire, à le penser, à le dénoncer, en vain. Le rouleau compresseur médiatique, l’abrutissement des masses par le canal de la consommation et des discours creux. Des discours qui en disent pourtant plus long qu’ils y paraissent. Notre Néo Pétain, notre Pétainot, militant pour une armée européenne, dans le contexte, ne milite pour rien d’autre qu’un gouvernement mondial. Une armée européenne d’états uniformisés, sans frontière, sans peuple, sans autre culture que celle dispensée par la propagande commerciale, un immense camp de plus de 300 millions d’individus, pardon, de consommateurs, captifs. Et au dessus de ça, régnant, les Lafarge, Bouygues, Bolloré, Dassault, Lagardère, la smala des associés de Daech, des trafiquants de drogue de la corne ouest de l’Afrique, de la politique génocidaire de l’Otan, ou de la Ripoublique de France Afrique, en Syrie, au Rwanda, en Irak, etc…Moyen-Orient et continent Africain livrés à la guerre, aux exactions de toute sortes, à une épidémie de choléra dévastatrice au Yemen, grâce au client favoris de Serge Dassault, les Emirats. Le tout dans le plus grand des calmes, la plus complète soumission d’un peuple aujourd’hui disparu, dispersé, inutile. Mais qui va continuer de chouiner sur les « arabo-musulmans » chaque fois qu’un malade mental se sentira besoin de se dédouaner de ses névroses en invoquant Dieu. Daech s’en fout tellement de prendre à sa charge tous les événements violents de cette planète qu’ils revendiquent même des actes qui n’ont rien à voir avec eux. Un vrai franchisé du meurtre gratuit.

 

Il y a peu de temps, suivant une amie sur un réseau social russe, je réalisais le violent contraste avec celui du célèbre puceau bleu, Mark « j’ai un problème sexuel » Zuckerberg. Le petit fasciste qui vous réclame vos papiers pour récupérer votre compte, qui censure une photo d’Hitler avec des oreilles de lapin mais autorise escrocs, adorateurs du nazisme ou de Daech à dépoiler leur haine de l’autre, à plumer leur voisin. Aucune censure d’ordre sexuel sur VK, les escrocs signalés virés instantanément, des images de Poutine interdite par la justice russe, autorisés sur le site. VK, le réseau social de la dictature de Poutine respire à l’air libre. Et je finis par me dire qu’en dépit de la tyrannie objective de l’autocrate russe, en dépit de ses vœux de Grande Russie, de son soutien à la sanguinaire tyrannie d’un Kadirov ou d’un Assad que ce n’est pas pire que celle qui s’installe dans ce pays. Un pays bien plus petit, remplit de flics, cintré de lois pénales, et de privation de liberté, et last but not least couramment au service d’un discours racialiste à base de choc des civilisations inventé de toute pièce par le terrorisme américain. Quand je vois également de qu’elle façon dont la Chine tente de modérer avec la Russie à nouveau les appétits destructeurs face à la folie nord coréenne de l’autre tyran Trump, le cinglé de Dieu, bouffon de télé, plus préoccupé de tournois de golf et d’hymne national que de la simple sécurité de ses citoyens. Bouffon narcissique qui sur ce seul point et bien d’autre se retrouve à égalité avec notre mini Duce. Je me dit qu’entre deux maux le pire n’est sans doute pas celui qu’on désigne. Alors on argumentera sûrement que comparativement, les méthodes sont moins brutales, que la dictature soft, à l’étouffade c’est mieux que le franc coup de trique, excepté que 337 catalans ont découvert, front ouvert et nez cassé que l’un n’empêchait pas l’autre. Bien au contraire, il suffira de traiter la répression de Madrid comme l’ont fait les médias nationaux, sans jamais s’y arrêter, sans jamais relayé d’autre discours que celui du pouvoir central, à savoir celui émanant du Parlement Européen, celui qui est en train de tordre le bras à ce pays pour lui faire définitivement boire la tasse du libéralisme global. Où la dictature c’est la démocratie, la paix c’est la guerre permanente, la liberté c’est l’asservissement. Bref pour la première fois de ma vie, moi le gamin de la Guerre Froide, du Baby Boom, tout juste majeur sous Mitterrand, je fini par trouver plus de charme à l’autre côté du monde. Ce côté toujours présenté comme tyran et qui par ses dimensions, sa poésie, sa richesse, sa taille fini par être plus séduisant à mes yeux que la médiocrité européenne, occidentale dans son ensemble. La tristesse de tout ça c’est que finalement c’est choisir Charybde au lieu de Scylla , un monstre pour un autre, mais quel importance si sous la dimension de l’un un minimum de ma liberté est préservée ? Je suppose qu’ils n’en voient pas des masses des caméras de surveillance et des militaires en arme dans les confins sibériens, dans les plaines du Yunnan, dans le Delta du Mékong, alors que moi j’en vois tous les jours. Mais au fond je rêve d’ile lointaine, attendre les ouragans qu’on en finisse et dans l’intervalle ne plus obéir à aucune de leurs lois.

 

Actuellement je lis un livre sur la piraterie au XVIIIème siècle « Pirate de tous les pays » de Marcus Rediker. Témoins d’une réalité sociale de l’époque, les pirates étaient tous d’anciens forçats de la mer, tous soumis au régime meurtrier des navires marchands qui tout autant qu’ils pillaient rendaient volontiers justice pour ou contre leurs anciens maitres selon leur attitude en mer. Avaient créée une société réellement démocratique où le chef ne l’était qu’à l’heure de la bataille, où tous avaient leur mot à dire et où l’on préférait prendre des volontaires que d’enrôler de force. Une conception de la justice chez les hors la loi qu’on ne retrouvera jamais plus, sinon dans les légendes chinoises du roman Au Bord de l’Eau, de Robin des Bois, et d’autres récits mythifiés des protos mafias du XVIème et XIXème siècle. Immanquablement je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec les anecdotes que me racontent les gamins de mon quartier. Tous prolos, avec des études, parfois un bac, et un cerveau. Tous se démerdant de petit boulot et de taille de 25 grammes à la sauvette, et qui me dépannent de dix euros parce que moi faut que j’attende le 6 pour avoir le droit de vivre dans ce pays. Les récits de débrouille, de contact avec les uns et les autres, de réussite, car il y en a plus qu’on ne le croit même si ça ne passe pas forcément sous la fourche caudines d’une loi réservée aux seuls pauvres. D’une justice qui ne sait plus que la prison, sauf si le cinglé est susceptible de commettre un meurtre au nom de son dieu de cramé. Tout est finalement qu’une question d’adaptation et de discrétion dans cette France de l’hypocrisie généralisée. Savoir se faufiler et prendre l’argent dans les bonnes poches. A l’image des Bolloré et Dassault, à l’image de « ceux qui réussissent ». Une délinquance en demi teinte pour ne pas déranger une police de la régulation du trafique de drogue, une police du racket et de la batonnite. Et rapportant suffisamment pour amadouer Bercy, acheter éventuellement un maire, un conseillé général, un député. Chacun ayant sans nul doute son tarif, je ne serais pas surpris qu’un jour émerge un document confidentiel relatant les barèmes selon le degré hiérarchique du législatif à l’exécutif en passant par la justice.  Et face à ça je fini par me dire que cette semi délinquance est le seul salut qui reste, le seul espoir de liberté, le seul moyen de se rendre justice à soi et aux siens. Et mort aux vaches !

La position dominante ou le syndrome du mari violent.

Le monde est quadrillé de satellite de surveillance, de géo localisation, de communication, de satellite pour photographier des satellites, observer l’espace, voir même de satellites pouvant détruire d’autre satellites, et de déchets. Des millions d’écrous, de bouts de panneau solaire, de vis, de morceaux d’antenne, d’échantillon de fuselage, de segment de fusée, de rognure de moteur, de lambeau de polymère qui ne flottent pas autour de la terre comme des sacs plastique sur une mer passive. Non. Ils tournent autour de la terre tel des millions de projectiles lancés à vingt-deux milles kilomètres heure. Un anneau de merde en furie déjà si problématique que la NASA hésite sur les fusées. L’économie du monde entier au beau milieu d’un champ de mines mobiles, d’un stand de tir faramineux, d’une expérience balistique sans précédent. Et chaque fois qu’un de ces engins rencontre une avarie qu’il ne peut pas réparer, on envoie un nouveau robot qui après usage, ira à son tour rejoindre la décharge cosmique. Et comme ça depuis soixante ans, depuis très exactement le 4 octobre 1957. Depuis que l’Union Soviétique a officiellement ouvert le grand concours mondiale de mesure zizi, dit également conquête spatiale, avec le lancement du Spoutnik. Mais admettons-le, il est indéniable que sur la question du zizi mondiale nous ne sommes plus dans le concours mais les jeux olympiques. Missiles balistiques de plus en plus sophistiqués et de plus en plus puissants sans qu’on sache exactement quel intérêt il y a d’exposer sur la planète de quoi la faire sauter sept fois. Drones tueurs, bombardiers équipés pour trois guerres, plus tous les systèmes mis au point hier et aujourd’hui pour paralyser tout une partie du net et des réseaux satellite sans qui tout ce bazar détonant n’aurait pas plus d’utilité qu’un fer à repasser parfumé au semtex. Et ça ne fait que commencer si l’on tient compte de l’évolution technologique proposé par l’informatique, la génétique, la robotique et la nanotechnologie.

La position dominante. C’est le but ultime de toute stratégie militaire, acquérir la position dominante sur le terrain, car dans l’imaginaire borné des militaires c’est la position la plus haute qui déterminera à qui appartiendra la victoire. Et pour exemple l’on pourrait citer ici la cuvette de Dien Bien Phu mais à vrai dire, sans surprise, le premier à avoir acquis une position dominante telle que nous la concevons aujourd’hui, c’est Hitler avec le V2. Et en récupérant l’ancien SS Wernher Von Braun à leur compte, les américains ne s’y sont pas trompé, la domination ultime viendra d’abord du nucléaire puis de l’espace.  Bien entendu une convention a été ratifiée sur le sujet dans le courant des années soixante, tout le monde s’accordant sur le fait qu’on ne devait pas peupler l’espace d’arme de destruction massive. Pas sur le fait qu’on puisse éventuellement l’armer avec du matériel conventionnel. Sans surprise non plus, si tout le monde s’entend sur le fait qu’il faudrait rediscuter cette convention et interdire toute arme dans l’espace, seul les américains s’y opposent. Après tout, l’armement est une industrie plus que florissante aux Etats-Unis, 696 milliards de budget pour le seul Pentagone, et 80% du marché mondial de l’armement est américain. Ce qui statistiquement signifie donc que les Etats-Unis arment indifféremment les terroristes qu’ils prétendent combattre. Et fabrique des terroristes avec tous les civils qu’ils ont bombardés chirurgicalement en ratant leur cible. Soit 98,7% des drones avec une cible prioritaire.

Plus de six cent milliards de budget militaire, deux cent quarante et une années d’existence, deux cent vingt deux passées à faire la guerre. Le rêve américain sent le sang. Sans compter la violence inhérente à la société américaine elle-même, violence physique, raciale et sociale. On ne s’étonne plus de ce goût qu’ont les hommes politiques américains d’employer le mot guerre à toute les sauces. Guerre à la Drogue, à la Terreur, à la Pauvreté… Et pourtant il aura suffit d’une paire de cutters et de quatre avions pour changer le monde…. Et en faire le paradis du complexe militaro-industriel dans son ensemble. La Chine a fait récemment péter un de leur satellite depuis l’espace pour montrer que hein, oh, eux aussi ils pouvaient être cons et épaissir le champ de tir. Devant le faramineux budget militaire américain, les autres puissances regarnissent les magasins, et l’industrie de l’armement mondial se porte à merveille. Le seul secteur des Sociétés Militaires Privés, et qui est encore une fois dominé par les américains, est passé de cent milliards de budget en 2003 à plus de quatre cent cinq ans plus tard…

Les rois du cimetière

La position dominante. Elle est intéressante cette théorie si l’on prend un contre exemple, Massada. Massada était une garnison romaine perchée sur un plateau rocheux et prise par les Sicaires du parti Zélotes. Les Sicaires sont aux juifs ce que les Nizarites ou Hashashin sont aux musulmans. A savoir la source d’inspiration du modèle militaire de la terreur islamiste actuelle. Mourir ne les effraie pas du moment que cela sert leur cause, la mort est leur amie comme dirait un membre de Daesh aujourd’hui. Ils prennent donc cette garnison et s’y installent. Pendant sept mois, environs huit milles soldats romains firent le siège de cette forteresse. Quand enfin ils parvinrent à construire une rampe et à y accéder ce sont des cadavres qu’ils découvrirent. Ce n’était pas un suicide collectif comme le colporta à tort l’histoire, le suicide est interdit pour les juifs, ils se sont entre-tué jusqu’au dernier pour ne pas être soumis par les romains. Mieux, la seule chose que les romains découvrirent intact, le reste avait été brûlé et saccagé, c’était la réserve de grain. En guise de message, nous choisissons l’heure et le moyen de notre mort, nous mourrons libres. Vouloir détenir la position dominante au-dessus d’un cimetière c’est avoir des ambitions de charognard.

Mais qui sait…

Les méta milliardaires de ce monde se disputent également la position dominante sur l’échelle de Forbes. Les Bill Gates, Zuckerberg, Buffet, Soros, Pinaud, Arnaud, Bettencourt… etc. La position dominante sur le marché, la position dominante sur les esprits à coup de généreuse donation ma-main-sur-le-cœur, pendant que les usines d’esclaves continuent de tourner le temps que le héros ait assez fait fortune pour la donner. Tous nos généreux donateurs se sont enrichi en ne payant qu’un minimum d’impôts, en profitant d’un système boursier voyou, et en poussant les gouvernements à adopter des politiques toujours plus en faveurs de leurs seuls intérêts au détriment de toute casse sociale. Une casse sociale non plus vécue comme une fatalité, ou un mal nécessaire pour sauver une entreprise, mais comme un moyen de gagner un peu plus d’argent. Et voilà qu’on nous les revend presque repentant, œuvrant pour le bien de la planète média. Sur quoi espèrent-ils régner à la longue ceux-là ?

On est aujourd’hui le 16 août 20017, il fait beau, les français sont à la plage, oh on a eu un bel été, oh ma chérie comme t’es bronzée… encore un petit goût des années 60 qui dure depuis… les années 50. Et pendant ce temps, les Balkans, la Sibérie, l’Australie, le Canada, la côte ouest des Etats-Unis, tout le sud de l’Europe, de la Grèce à l’Andalousie, au Portugal et à la France, sont la proie d’incendies majeurs. Et depuis les années 80 ce phénomène s’intensifie à chaque sécheresse. C’est simple, depuis le 1er janvier jusqu’à aujourd’hui, 218 millions d’hectares de forêt son parti en fumée, c’est la moyenne. En moyenne c’est 350 millions qui brûlent chaque année, il semblerait que cette année nous allons dépasser les limites. Avec les déplacements de population que cela implique, les migrations animales, les espèces détruites, les victimes humaines, la pollution atmosphérique et les millions d’hectolitres d’eau qu’il faut pour les éteindre. Quand c’est simplement possible et qu’on ne laisse pas la forêt s’autodétruire jusqu’à ce qu’on puisse y cultiver des hectares de palmier à huile pour l’industrie…

Deux degrés. C’est tout ce qui nous sépare de la catastrophe. Que l’atmosphère de la terre se réchauffe de deux degrés ou plus. En réalité le seuil limite, où les choses sont encore à peu près sous contrôle serait de un degré cinq. Deux degrés c’est la barrière qu’il ne faut pas franchir. 97% des rapports scientifiques sont d’accord sur le problème. D’ailleurs la communauté scientifique n’en n’est plus à se tripoter sur le sujet elle en est à se poser cette seule question : à quel point on est baisé, un peu, beaucoup ou totalement.  Mais rassurons nous 40 fondations reçoivent un budget annuel de 900 millions de dollars pour contester cette réalité et faire douter le public. D’où vient l’argent ? Notamment du secteur pétrolier. Mais il n’est pas le seul que cette demande de baisse d’activité, cette urgence à trouver des solutions pour ralentir le réchauffement, n’arrange pas. Tout ce qui utilise de l’énergie fossile pour sa production est concerné. Enfin, faut pas non plus paniquer hein, la famille Mulliez propose des produits éco-responsables et il n’y a que 5% de chance pour que ce seuil des deux degrés… ne soit pas dépassé.

Alors sur quoi espèrent-ils tous régner ?

Par le jeu pseudo démocratique des grands électeurs, les américains n’ont pas élu celle qu’ils voulaient mais un bouffon qui n’a jamais eu la moindre responsabilité politique et qui a le développement affectif et intellectuel d’un gamin de 15 ans. Un bouffon qui rejette ce qu’affirme la communauté scientifique, veut sa guerre avec la Corée du Nord histoire de peser sur la Chine et la Russie, au risque de provoquer un conflit nucléaire. Et il ne cesse de fanfaronner ! En six mois de fonction en dépit du trilliard de la dette américaine, il aurait fait renouveler le parc nucléaire américain dans son ensemble, et a doté le Pentagone d’encore plus de moyens (54 milliards…). On va voir ce qu’on va voir, America is back again… comme si elle n’était jamais parti. De leur côté, par l’escroquerie du suffrage universel, les français sont dirigés par un commis de banque qui concrètement n’a même pas été élu par la majorité puisque 40% des électeurs ne sont même pas allé aux urnes et un peu moins de 50% n’a pas voté pour lui. En gros 80% des votants n’ont pas voté pour celui qui est censé les représenter. Mais cela ne l’empêchera pas de détruire le code du travail à coup d’ordonnance, réduire les APL de 5 euros, mettre fin au contrat aidé et donc mettre au chômage 70.000 personnes, appliquer la politique migratoire du Front National, et, entre autre baisser le budget d’une justice une des moins financée d’Europe. Le tout dans un pays où la corruption devient endémique et où l’implantation mafieuse dans la seule région PACA a la même densité… que dans le sud de l’Italie. Et c’est loin d’être la seule région de France touchée par les mafias. Mafias qui s’enrichissent d’autant que la solution trouvé par la France d’en haut au trafique de drogue c’est de mettre des amendes aux usagers… et d’enterrer en vitesse toute forme de loi anti corruption, appelée improprement « moralisation de la vie publique » pouvant toucher les élus. Mais bien sûr il n’y a pas que la justice, tous les secteurs sont touchés, de l’armée à la santé en passant par l’éducation. Vous comprenez si on veut dépenser pour les jeux olympiques et le CICE, il faut faire en sorte qu’une aide-soignante travaille 48h par semaine sans protection social.

Mais encore une fois ce n’est pas là la question, la question c’est qui détiendra la position dominante. Les milliardaires qui ont financé un bouffon infantile et un gamin narcissique ne les ont pas choisis pour leur qualité de gouvernant mais de complice. Les trois cent millions d’euros supprimés aux collectivités locales, et la suppression programmée des impôts locaux ne sont pas là pour alléger les charges des français, mais conduire les collectivités et les régions vers la voie des emprunts bancaires qui les ont déjà ruinées en 2008. Supprimer les emplois aidés n’est pas une mesure d’économie mais vise à ne pas faire concurrence au secteur privé qui pourra ainsi engager à des salaires minimum. « Taxer la rente immobilière de l’ISF » ne va d’autant pas changer grand-chose que le bien immobilier est un des actifs déjà les plus taxé. Mais épargner les biens mobiliers (placement financiers, meubles, liquidités) de ce même ISF et qui représente 49% de son assiette fiscale, c’est au contraire favoriser l’évasion du même nom. Et l’évasion fiscale, contre laquelle la France ne s’accorde que sur des mesures cosmétiques et sous-financées, c’est quand même, par an, 80 milliards d’euros en moyenne, avec une dette de plus de deux milles milliards…

Prenons Vincent Bolloré. Il a racheté le groupe Canal Plus et en un an sa catastrophique politique éditorial a fait perdre au groupe plus d’un demi-million d’abonnés. Quand il déclare à Challenge que Canal Plus est sauvable, le pense t-il réellement ? Ou cherche-t-il juste à gagner du temps en espérant démanteler ce groupe en tirant une plus-value sur son catalogue ? Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour comprendre que ça n’a jamais été le groupe Canal Plus le problème mais l’esprit, la culture de marque qui allait avec. Cet esprit qui faisait si mal à la réaction, ridiculisait l’ami de Bolloré, Sarkozy et faisait faire des cauchemars au Front National qui avait élevé le terme de « journaliste de Canal Plus » au rang d’anathème. Canal Plus c’était de la rebellitude en carton, de la révolte de salon, de l’ironie de bien née mais c’était déjà trop. On veut une opinion lisse en France, une opinion qui obéisse bien, qui se contente de s’endormir devant les Anges et place son épargne… que la banque pourra lui sucrer à son seul bénéfice si jamais elle est en faillite. Comme le prévoit les dispositions du « bail-in » voulu par l’Europe depuis 2016.

La position du mâle

Il y a dans cette logique de la « position dominante » quelque chose d’éminemment masculin, et l’attitude de tous ces puissants me fait immanquablement penser à cette autre réalité sociale de la violence conjugale. Quand une femme tue son mari violent c’est pour s’en débarrasser, quand un homme tue sa femme c’est pour la garder. Pour que personne ne l’ait après lui. Et c’est cette même logique d’impuissant qui prévaut qu’il s’agisse de domination de l’espace, de dominer le marché ou de soumettre la France à un libéralisme psychopathe. Peu importe le prix à payer, peu importe que le sud de l’Europe finisse par ressembler au Sahara (ce qui arrivera si nous atteignons les 4° c’est-à-dire non pas en 2050… mais d’ici 15 à 20 ans). Peu importe que la démocratie n’existe en réalité ni en France, ni nulle part, que la corruption soit institutionnalisée dans notre pays, que la moindre voie dissonante soit interdite d’antenne, que l’édition veille à ce qu’aucun écrivain ou penseur n’émerge, sinon quelques « autorisés » pour la galerie, marchande. Peu importe que Bolloré brade Canal, que nos hommes politiques bradent notre secteur industriel, que le racisme et la bêtise la plus décomplexée d’un Zemmour claironne ses opinions sur RTL et devienne une petite institution au sein de la planète média. Peu importe que l’on détruise tout, l’important c’est que l’autre ne l’ait pas. L’important ce n’est pas vous, moi, ce pays ou un autre, la démocratie, l’histoire, la culture, et encore moins l’avenir, l’important c’est que Vincent Bolloré et François Pinaud puisse rouler à fond dans leur voiture avec chauffeur tout en ordonnant la casse sociale de tel secteur à problème. L’important c’est que narcisse puisse passer ses vacances à Marseille sans être importuné par un journaliste (il a du reste fini en taule pour avoir osé prendre des photos du roi-soleil). L’important c’est que le bouffon puisse continuer de flatter son électorat raciste quitte à flirter avec la guerre civile dans son pays. L’important est que tel petit procureur médiatique puisse continuer de s’admirer dans le reflet de sa  médiocrité et s’en flatter. L’important c’est de conserver sa position dominante, quel qu’en soit les conséquences, et si la bête en meurt, et bien ça sera comme avec les maris violents, ça sera la faute de la bête qui a osé provoquer le mâle impuissant. N’est-ce pas en substance ce qu’a déclaré l’inqualifiable bouffon après les émeutes de Charlottesville ? Que les torts étaient partagés entre les néo nazis et leurs victimes ?

Qu’on le veuille ou non nous vivons sous le régime d’une société patriarcale qui a élevé cette question de la position dominante au rang de saint graal. Comme disait l’employé du mois « dans la vie il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien ». Il y a ceux qui ont de l’argent, une position sociale, un statut, et que l’on se doit de célébrer et d’admirer et les autres. Vous, moi, les anonymes qui galèrent pour à peu près tout, qu’on ne verra jamais dans les médias sinon sous la forme d’une silhouette myope ou d’un micro trottoir imbécile, nous ne sommes rien. Un détail dans le paysage, une statistique qu’on criminalisera à loisir en fonction des intérêts de « ceux qui réussissent ». Pour quelle autre raison croyez-vous que pas moins de 29 lois pénales ont été votées en 17 ans en France ? Que pas une seule ne concerne les délits financiers ou la corruption des élus ? Vingt-neuf lois pas appliquées m’expliqueront les réactionnaires qui regardent trop leur télé. Alors qu’on enferme plus et plus longtemps en France aujourd’hui, que 60% des condamnés ont entre 16 et 19 ans, et que les prisons pour mineurs sont pleines à ras bord. Que pensez-vous que cette réalité détermine sinon encore une fois assurer la position dominante d’une France nantis et cacochyme. Peu importe que l’Europe marchande sacrifie sa jeunesse, que le chômage des jeunes atteigne des taux records en Espagne, Grèce, Italie, France, et que l’on demande par ailleurs à des gens de travailler jusqu’à 67 ans alors que plus personne ne les embauchera dépassé 50. Peu importe du moment qu’on puisse se conformer au capitalisme le plus sauvage, décomplexé et destructeur. Tout en affirmant que grâce au vaudou (sans doute) et au « ruissellement » dégoulinant des plus gros portefeuilles, tout le monde pourra en profiter. Profiter d’un cimetière.

Ca toujours été comme ça

Nombre d’entre-vous doivent se dire que cela a toujours été ainsi, qu’il y a toujours eu des gros et des petits et qu’ils ont tout fait pour conserver leur pouvoir quitte à faire disparaitre des millions de leurs concitoyens. A ceux là je répondrais oui et non. Si la préservation de leur nom et de leur pouvoir était centrale au sein des familles aristocrates, le rayonnement de leur pays, sa construction sociale et politique, sa culture comptait d’autant qu’elle était le reflet de l’excellence de celui qui le gouvernait. Si le capitalisme s’est construit sur l’esclavage, l’usure, le pillage, et le vol des terres indigènes, il avait dans sa dimension colonialiste une notion encore « humaniste ». Dans son arrogance et sa prétention l’occident allait apporter la civilisation dans les contrées « sauvages ». Certes sa mission « civilisatrice » était plus un alibi qu’autre chose, et dans l’esprit de bien des colons elle était synonyme de mépris, meurtre, mutilation et mis en servage. Mais cette notion était assez ancrée pour qu’on se décide à construire des écoles, des hôpitaux, pour que certain y croit assez dur comme fer pour envoyer ceux qui abattrons le colonialisme dans les écoles de la république ou de l’empire anglais. Ho Chi Minh, Pol Pot, Patrice Lumumba, Gandhi,  Thomas Sankara sont tous des produits de ce colonialisme qu’ils finiront par combattre. Et passé la seconde guerre mondiale, si le même capitalisme s’est mis aux réformes sociales, si nous avons eu la sécurité sociale, le SMIC, le droit à l’avortement, etc, c’était dans le but unique de contrer le totalitarisme communiste. Dans la seule perspective de ne pas laisser aux seuls socialistes et communistes le domaine du social. Acheter la paix du même nom, et s’assurer qu’une large part de la population se soumette au mode de vie du « monde libre ». Mais depuis la chute du Mur tout a changé. Depuis le 9 novembre 1989 le capitalisme se complet dans ce qu’il considère comme la fin de l’histoire. Il a gagné et il n’a plus besoin du moindre alibi pour tout accaparer. Il a fait de l’économie un méta langage par lequel tout doit être absolument prit en compte. Un langage économique certes totalement dévoyé par rapport à ce qu’en disaient les théoriciens du libéralisme mais peu importe du moment que le public avale la couleuvre. Et pour se faire on utilisera des métaphores sans le moindre sens, comme celle du « ruissèlement », de « l’autorégulation » des marchés, des « créateurs de richesse », et surtout celle qui consiste à faire croire que si on se serre tous la ceinture et qu’on veille tous à notre bilan carbone, on s’en sortira. Les médias aux ordres s’ingénient à ramener l’économie d’un pays comme la France à l’échelle de monsieur tout le monde. Et c’est vrai que dans la tête de celui-ci ce n’est pas bien difficile de comprendre que s’il dépense moins il fera des économies, et tant pis si cette comparaison n’a pas le moindre sens. Tant pis si les banques s’enrichissent à en crever sur le taux d’intérêt de la dette. Peu importe que le revenu du CAC40 a en réalité connu une hausse de 25% alors que nous sommes censé être en pleine crise économique et sociale. Peu importe que grâce au trading à haute fréquence, en un mois d’échange, l’Europe va dégager un bénéfice de cent milliards d’euros. Ramené à des explications simplistes d’économie de bout de chandelle, le lambda se soumet aux restrictions budgétaires, laissant un corrompu comme Fillon pérorer sur la dette avec des aides-soignantes au bord du burn out, sans qu’il ne se fasse lyncher.

Le capitalisme tourne à vide. Sa seule motivation, son seul mantra, est de posséder une Rolex avant 50 ans sinon on a tout raté. Et après moi le déluge. L’état dépense 44 milliards pour compenser les erreurs industrielles commises par l’autre corrompu Serge Dassault, le laisse siéger au Sénat alors qu’il aurait acheté ses électeurs et a fraudé le fisc. Autorise un voyou comme Balkany à avoir une responsabilité politique alors que la justice a établie que chacune des responsabilités qu’il a endossées a été motif d’enrichissement personnel. Les députés s’assurent des retraites de monarques et des salaires de PDG pour entériner des lois favorisant la corruption et l’évasion fiscale, le tout en s’exonérant le plus possible de la moindre contribution. Et pas une seule seconde, une seule minute tout ce petit monde ne pense autrement qu’à court ou moyen terme et pour autre chose que leurs seuls intérêts. 40.000 étudiants se prostituent pour vivre et le même nombre ne trouve même pas de place en fac. Des petits vieux n’ont pas les moyens de se payer une aide ménagère alors qu’ils arrivent à peine à bouger, et des handicapés se retrouvent dans des situations identiques pour des raisons identiques, mais la députée Claire O’ Petit nous déclare sans rire qu’il faut arrêter de pleurnicher que si à 18 ans on a peur de perdre cinq euros on n’est pas arrivé. La même Clair O’Petit qui faisait la joie des Grandes Gueules en nous affligeant de ses propos réactionnaires et petit bourgeois. Et toujours la même qui après avoir pratiqué mille métiers s’est fait interdire de diriger toute entreprise pendant 5 ans… Le pseudo mouvement En Marche, qui n’est rien de plus que le Cheval de Troie du capital, se vante que ses « élus » viennent à majorité de la société civile. Certes, ce pourquoi ils votent systématiquement des lois qui pénalisent la dites société civile et privilégient toujours les mêmes.

Le syndrome de la femme battue

Et face à tout ça quelle est l’attitude de cette société civile ? En Europe, aux Etats-Unis, la passivité. Face à ce déversement de lois anti sociales, qu’il s’agisse du domaine économique, de la préservation de l’environnement, de la pollution alimentaire ou du secteur publique attaqué de toute part par un capitalisme affamé, nous restons comme paralysés. Nous sommes comme ces femmes battues. Sidérés par la violence physique et sociale qu’on nous impose. Espérant toujours que notre « partenaire » va changer si on se montre assez compliant. Et chaque fois qu’une crise se déclare, chaque fois que le « partenaire » trouve une raison pour cogner, supprimer telle protection sociale, réprimer dans le sang telle manif pacifique, invoquer l’immigration comme la base de tous les maux ou déclarer l’état d’urgence permanent et constitutionnel, nous nous disons que c’est de notre faute, encouragés par quelque laquais. On rediscute des congés payés ? De ce droit pour lequel nous nous sommes battus physiquement et socialement il y a 81 ans ? Christophe Barbier, le journaliste le mieux payés de France, 96 millions de gain pour la seule année 2017, nous invite à être plus souple, en ramenant à nouveau sur le tapis la métaphore du gentil foyer qui doit faire de gentilles économies….

La question reste à savoir vers quoi nous nous dirigeons avec cette passivité de femme battue. En viendront nous au jour où nous tuerons notre « partenaire » pour nous en débarrasser ? Et livrer le monde a un bain de sang ? Ou allons nous contenter de nous laisser abattre ? Ceux qui demeurent dans cette dynamique nous dirons qu’on peut le raisonner. Que l’on peut raisonner la voracité d’un Bernard Arnaud, que l’on peut influer sur la politique morbide du capitalisme, que l’on peut convaincre les industriels du secteur pétrolier de se mettre aux énergies renouvelables. Les femmes battues pensent de la même manière. Elles pensent ainsi jusqu’à en mourir, tuer leur partenaire… ou finir par le quitter. Si vous êtes dans cette dynamique, levez la tête vers le ciel, pensez à ce que je vous ai raconté en introduction avec cette notion : 50% du budget spatial mondiale est consacré à la seule militarisation de l’espace… Alors certes il nous reste toujours l’option Massada, nous entre-tuer jusqu’au dernier à seul fin de pas nous laisser dominer par quelques imbéciles nantis de leur phallus comme sceptre, mais je ne suis pas certain que ça soit pour cette raison que vous fondez une famille et espérez le meilleur pour vos enfants. Reste qu’en l’état et si nous continuons de nous comporter comme des femmes battues, vos enfants n’ont non seulement aucun avenir mais vous les promettez à une longue agonie.