Théorie d’un complot ou coup d’état mode d’emploi 3ème partie.

N’oubliez pas qu’obtenir l’honneur d’al istishhad* (du martyr) est un devoir national sacré et une possibilité présente.

Saddam Hussein 1977.

 Deux situations peuvent se présenter. Soit le gouvernement loyaliste a déjà pris des mesures conservatoires contre l’insurrection (même en l’absence de pression) assorties de pouvoirs spéciaux et de lois spéciales. Dans ce cas le principal problème est d’agir sans fournir de publicité inutile à l’insurgé, ce qui est particulièrement important si la cause de l’insurgé est très populaire. Si les loyalistes ne se sont pas donné par avance les moyens nécessaires, lancer des attaques directes contre l’insurrection revient à ouvrir la boite de Pandore.

David Galula. Contre-insurrection : Théorie et pratique

De l’art de faire stationner judicieusement ses troupes dépend la plus grande partie des succès militaires.

Sun Tzu. L’art de la guerre

 

Ca force sur l’euphémisme mais les Etats-Unis semblent ne jamais rien retenir de leurs erreurs, et finalement pas beaucoup plus de leurs victoires. La pauvreté de l’éducation politique de sa population et de facto de ses forces armées. Le manichéisme simpliste de sa propagande qui fait adhérer sans mal le troufion à un discours d’évidence qui se révèle rapidement non seulement faux mais totalement perverti par la réalité du terrain. L’absence de formation autre que technique et strictement militaire de ses soldats de troupe. La prodigalité des moyens souvent disproportionnés ou inadaptés tant au terrain qu’aux conditions nécessaire pour maintenir un esprit combattif chez l’homme de corps. Sans compter la fabuleuse capacité des américains à se croire absolument partout en terrain conquis, chez eux, ambassadeur d’une culture forcément universelle et à laquelle on ne peut donc que se soumettre sans passer pour un sauvage ou un arriéré. Cet ensemble semble véhiculer dans le sillage de l’armée américaine un sentiment constant d’invasion, de rouleau compresseur à la fois militaire et culturel. La Pax Americana sent le Coca et le chewing-gum gum, a la couleur d’un blockbuster vendu en prime time, et laisse dans son sillage des montagnes de cadavres.

Au Vietnam, au départ, la situation devait rester sous contrôle. Les américains avaient choisi avec leur discernement coutumier un fervent catholique pour gouverner un pays à majorité bouddhiste. Parfaitement corrompu et dont l’épouse se moquait à la télévision, dans un français parfait, de ces bonzes qui ne s’immolaient pas correctement. Ils finiront par s’en débarrasser au profit d’une junte militaire, qui elle-même se fera jeter dehors par une autre. Il est difficile de faire régner l’ordre quand ceux que vous soutenez ne le respectent pas, qu’ils sont corrompus et ne connaissent que les lois de l’arbitraire. Votre propre cause semble soudain indéfendable et si en plus vous vous arrangez pour laisser à l’ennemi le choix de sa communication et assurez vous-même sa propagande par cet usage de l’arbitraire, vous vous retrouvez rapidement avec autant d’ennemis physiques que moraux. Vous n’êtes plus soutenu par votre propre population, alors qu’en revanche l’insurrection si. Essayant de gagner les cœurs et les esprits, selon l’expression consacrée, avec la balourdise et la brutalité d’un footballeur américain sous stéroïde. Déplaçant des populations sédentaires dans des lieux réservés pour mieux désherber au napalm et à la dioxine des fantômes et un paysage presque sacré dans la perception bouddhiste. Jouant à l’humanitaire d’une main et au boucher de l’autre, le tout en transformant Saïgon, comme plus tard Bagdad, en un vaste bordel à soldat, repère à bandit, espions de tout poil, assassins où pour tout dire l’ennemi est comme un poisson dans l’eau. Avec en surplus un intense trafique de drogue dont les premières victimes seront les GI’s eux mêmes. A vrai dire, c’est même une véritable armée de camés dont hérite l’Amérique à la fin de la guerre. En 74 92% des soldats ont le nez dans la bouteille, 69% tête du joint, 38% sont à l’opium, 34% se shootent, 25% préfèrent les amphétamines (fourni par l’armée) et 23% les barbituriques. Une armée de drogués seulement entamée de 58000 de ses membres, essentiellement des gamins, alors qu’en face c’est près de trois millions d’individus qui vont disparaitre durant le conflit et dans l’immédiate après-guerre. Le Vietnam n’a pas été une guerre ça été un génocide.

Un génocide avorté à la fois en raison d’erreur de stratégie militaire mais également de stratégie de communication. Une guerre motivée par la crainte de voir le sud-est asiatique tomber aux mains du communisme, et qui pourtant va s’ingénier à le propager à coup de bombardements massifs et de politiciens fantoches, fort d’un déploiement militaire sans précédent et de sept millions de tonnes de bombes balancées sur un pays moitié moins grand que la France. Le tout contre trois millions durant la totalité de la Seconde Guerre Mondiale, du Japon à l’Europe. Sept millions d’objets détonants qui n’ont pas forcément détonés et qui rouillent aujourd’hui au fond des rizières, sans compter la pollution à l’Agent Orange. Actuellement le Vietnam est le pays qui connait le plus haut taux d’enfants handicapés au monde, avec un total de 6,7 millions d’handicapés pour une population de près de 90 millions d’habitants (je vous rassure, en France, c’est 12 millions). Sans compter le génocide qui suivra au Cambodge dans le sillage de la déconfiture américaine et qui fera 3 millions de morts supplémentaires en ajoutant les 350.000 de la guerre civile laotienne, un peu plus de six millions de morts. Et pourtant vous avez remarqué, au cinéma c’est toujours l’Amérique qui pleurniche sur son trauma guerrier et le cambodgien qui rejette la faute sur Pol Pot.

La guerre qui va commencer en Afghanistan n’obéit pas à un objectif stratégique, c’est une guerre de vengeance, entamé contre un homme que tout le monde accuse avec un naturel déconcertant. Alors qu’il ne revendiquera jamais formellement l’attentat, et qu’il fut mis en cause par son instigateur après plus d’une centaine de séance de « water boarding » ce qu’en français nous appelons plus simplement le supplice de la baignoire. Car c’est bien connu la torture ça marche, surtout s’il s’agit de vous faire avouer ce que l’on a envie d’entendre. D’ailleurs dans un premier temps, le nom de l’opération emprunte à la série B « Justice sans Limite ». on dirait un film de Seagal… avant de sombrer dans le théâtrale avec « Liberté Immuable. ». En revanche durant treize ans de conflit les afghans ne verront ni justice ni liberté mais bien une violence sans limite, pour un résultat également immuable depuis que les anglais tentèrent de les mettre au pas à la bataille de Gandamak. Les afghans ayant ceci de commun avec les vietnamiens de foutre systématiquement dehors les envahisseurs. Les vietnamiens feront décamper chinois, cambodgien, français et américains et mettront fin eux-mêmes au régime de Pol Pot. L’Afghanistan mettra à l’amende trois des plus grands empires de la sphère occidentale, et quand ils n’ont plus personne sur qui tirer, ils se tapent dessus entre eux. Un comble on ne sait toujours pas aujourd’hui le nombre de victimes civiles lors de l’invasion. Ce que l’on sait en revanche c’est que si les talibans avaient mit un sérieux frein à la production d’opium, elle repartira de plus belle à partir de l’invasion. Aujourd’hui le pays fourni 90% de l’héroïne dans le monde… Au point où le ministre de l’agriculture réclama un temps de rentrer dans le cercle fermé des pays producteurs d’opium légal comme l’Inde ou la Turquie, recevant un refus poli mais ferme des américains, il ne s’agirait pas non plus de retirer le pain de la bouche de la mafia turc… Reste que cette invasion attirera les bouderies de Wolfowitz qui trouve qu’il n’y a rien à bombarder d’intéressant dans les montagnes, il salive déjà au sujet du point Godwin des conspirationnistes et de l’administration américaine, Saddam Hussein le nouveau Docteur No de la propagande US.

En ce qui concerne l’Irak, l’opération « liberté irakienne » ne s’embarrasse pas de signifier ses intentions réelles. Pendant qu’une équipe du service média du Pentagone réunit une petite foule autour du déboulonnage d’une statue choisie au hasard, l’armée fonce sur le ministère du pétrole et les zones d’exploitation. Alors que Bagdad est l’objet de pillage de presque tous les sites officiels dans l’anarchie la plus complète, il devient presque instantanément impossible de s’approcher du ministère du pétrole sans lever les mains bien haut en l’air et si possible en gueulant qu’on adore le Texas (le Texas est un des plus gros pourvoyeurs en homme de l’armée). Le site est ultra protégé comme le sera bientôt toute la zone verte. Il est d’ailleurs « amusant » de remarquer, si on a le cynisme facile, que non seulement les américains vont installer leur base de commandement et s’y retrancher, précisément là ou Hussein avait regroupé physiquement le pouvoir. Mais qu’en plus un des hauts lieux du régime tortionnaire du même Hussein, va devenir le haut lieu du régime tortionnaire de l’Oncle Sam en Irak : Abu Ghraib. Un diable chasse l’autre, et Hussein a averti les américains, la victoire est très loin d’être acquise, la vraie guerre va débuter après la fin officielle des hostilités. De toute manière l’invasion n’a pas du tout été conçue dans un autre but que de virer Saddam Hussein et s’emparer de son trésor de guerre au plus vite du coup d’état qui a lieu à Washington. La question de l’occupation, de l’organisation du pays après la guerre, n’a pas été une seule seconde abordée. Quand aux marines ils n’ont tout simplement pas été formés au travail de police ou de sécurisation, au contraire de leurs homologues anglais qui vont s’y coller. Résultat, à peine un mois après la petite parade de Bush en tenue de pilote, les prédictions d’Hussein se réalisent. Mieux, le 19 août 2003, 3 mois après la ronflante déclaration américaine, Abu Moussab al Zarqaoui dit « l’Homme vert » en raison de ses nombreux tatouages (il a un passé de voyou) fait sauter l’immeuble de l’ONU à Bagdad, tuant 22 personnes. Comme de toute manière tout le monde, à commencé par Bush, s’est essuyé les pieds sur les Nations Unies, ça reste dans le ton. Dix jours plus tard c’est une mosquée chiite qu’il fait sauter, avec un meilleur score, près de cent morts. Enfin en 2006, quelque mois après que l’Amérique toute fière ait pendu un homme de 69 ans pour avoir trop bien collaboré avec elle, Daesh se forme et une nouvelle bombe provoque la première guerre civile irakienne. A vrai dire, à certain moment durant ce conflit qui aura finalement duré huit ans et qui a abouti à la destruction de l’Irak, on atteint des scores de 25 morts par jour !

 

Canaris de l’Empereur et Caesarea

 

Il ne faut s’attacher avec outrance ni à des armes ni à des outils. Excès, insuffisance sont pareil. Inutile d’imiter les autres. Possédez des armes et des outils qui sont à votre portée.

Myamoto Musachi. Le Traité des Cinq Roues

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs

Robespierre.

Canaris de l’Empereur : Loc (Vx) – A cause de leur culotte de daim jaune, surnom collectif donné sous l’Empire aux gendarmes d’élite chargés de combattre les conspirateurs. On les appelait aussi les Immortels.

Bruno Fuligni, le livre des espions.

Caesarea : N.pr. – En référence à la ville de Césarée en Palestine, nom de code d’une unité d’élite du Mossad israélien, chargée d’éliminer physiquement les terroristes pro-palestiniens.

Bruno Fuligni, le livre des espions.

 

Si David Petraeus, l’ancien patron de l’Afghanistan et de l’Irak américaine, préface la nouvelle édition du livre de David Galula, Contre Insurrection : Théorie et Pratique, le moins que l’on puisse dire c’est que les méthodes que l’Amérique va en retenir ne porteront pas leur fruit. Que ce soit en terme tactique, stratégique ou théorique. Car si le Vietnam aurait dû alerter les forces américaines sur la nécessité de ne pas disperser son armement au quatre vent, munitions en particulier, la leçon ne sera retenu absolument nulle part. Cela va être vite le règne de ce que les américains appellent IED, Improvise Electronic Device. L’ajout de l’électronique en plus, c’est une variante de ce que les GI’s au Vietnam appelleront les « booby trap » plus vulgairement appelé chez nous « piège à con ». Bref des engins détonant improvisés, reliant généralement un portable et des obus non détonné ou tout ce qui peut faire un gros boum. En Europe en revanche, où il est moins compliqué de se procurer un AK47 neuf que des explosifs, le stratège de Daesh, le concepteur de cette organisation, l’ex colonel des renseignements irakiens Samir Abd Muhammad al-Khlifawi dit Haji Lakr, va recommander l’usage de toutes les armes potentielles mis à la disposition des civiles européens et dans le monde, camion, couteau et tout autre moyen de propager la mort. Le terrorisme étant l’arme des pauvres par excellence, cette méthodologie, accompagnée d’une propagande soignée, va venir porter la violence vers tous ceux engagés auprès des américains. Avec des résultats sociétaux extraordinaires.

Car il faut bien saisir que la base de la stratégie de Daesh en Europe ou aux Etats-Unis est de diviser les populations civiles, en se servant des musulmans comme bouc émissaire désigné. Ce ressenti, ajouté au choix d’une stratégie de communication par et pour la violence en technicolor et musique, permettra d’accentuer le ressenti des musulmans eux même et d’exalter la jeunesse dans son ensemble. Les occidentaux ayant depuis longtemps délaissé l’éducation de leurs enfants au profit des experts, des profs et des écrans, la propagation de la propagande se fera sans mal. Car il faut bien comprendre que Daesh n’est pas une organisation terroriste mais une organisation militaire très structurée comme le montre ce schéma issu de Daesh lui-même, de la structure de son service de renseignement.

daesh

Le terrorisme n’est qu’un moyen tactique et stratégique pour parvenir à ses fins. Dans ce cadre, sur le terrain, la Charia ne sera pas seulement utilisé comme moyen de coercition mais également de chantage. Selon les consignes de Lakr, les espions chargés de surveiller un village doivent également repérer toute activité contraire à la loi islamique afin de s’en servir comme levier. Et ici pas question de les éliminer, au contraire, mais de se servir des plus intelligents, notamment comme juge dans le cadre de la Charia. Il faut bien saisir que le stratège de Daesh n’est pas et n’a jamais été un islamiste mais un nationaliste. Il ne croit pas aux convictions religieuses fanatisées mais il sait qu’on peut s’en servir, et c’est ainsi qu’Abu Bakr El Baghadi sera choisi par un groupe d’officier du renseignement irakien, afin de donner une image de légitimité au groupe. Ainsi en s’attaquant à l’Irak, les Etats-Unis ont ouvert une boite de Pandore inédite, celle dont ont souffert les irakiens pendant tout le règne de terreur d’Hussein : les services de renseignement irakiens.

Face à ça, en Irak, les américains vont s’appuyer sur la minorité chiite pour contrer l’influence sunnite d’Al Qaïda et de Daesh. Et pour ça vont s’assurer de mettre en place les méthodes employé en Amérique Centrale au plus fort de l’ère Reagan. Et voici que, recommandé par Rumsfeld, entre en scène un vétéran de la sale guerre au Salvador, lui-même impliqué dans le scandale de l’Iran Gate, l’ex colonel James Steele. Les néo conservateurs, je le répète, ne cachent pas leurs intentions. Passé dans le privé à titre de conseillé militaire, il va activement souffler ses bonnes idées aux paramilitaires chiites, le Special Police Commando, également surnommé… la Brigade des Loups. A toute fin je rappel qu’au Salvador, la méthodologie se concentrait sur deux points : torture et exécution sommaire. Mais il ne sera pas le seul sur lequel va s’appuyer les forces de la coalition et le gouvernement US. A Abu Ghraib, le personnel mis en cause dans le scandale des prisonniers torturés n’appartient en réalité pas à l’armée, mais à une des innombrables organisations militaires privées qui vont se partager ce phénoménal pactole. C’est simple, si en 2003 le bénéfices des SMP grimpe à 100 milliards de dollars, six ans plus tard il est de plus de 400 milliards de dollars (je vous renvois ici à mon article sur les SMP : Contractor, les prolos de la guerre ) Le tout sous la férule d’une des plus vastes organisations en matière d’opération spéciale, fondée après l’échec d’Eagle Claw, le Joint Special Operation Command. Une force qui va se composer des Delta Force, de l’ISA, du 24ème escadron tactique de l’Air Force, du 75ème Régiment de Reconnaissance des Rangers et du Seal équipe 6. Tout ceci bien entendu, en se reposant sur une autre machinerie dénoncée depuis par Snowden : le NSA et plus pratiquement la surveillance globale.

Or si à mesure du temps la guerre va faire moins de morts parmi les militaires que parmi les civiles, la Guerre contre le Terrorisme ayant fait 6717 morts officiels contre les 750.000 de la guerre de sécession, c’est bien à un carnage gigantesque auquel nous assistons depuis le début des hostilités contre l’Irak et l’Afghanistan dans les années 90. Rien que pour les seuls musulmans c’est près de quatre millions de morts, et je parle ici d’estimations basses. On a calculé en effet que la guerre en Afghanistan va faire au minimum plus de 200.000 morts. En fait on estime que le seul programme de Guerre au Terrorisme aurait fait à lui seul, toutes confessions confondues, entre 1,5 et 2 millions de morts. Rien que dans la seule Irak, les sanctions prises contre le régime de Saddam, aurait fait selon les estimations non contestées de l’ONU, près de 1,9 millions de morts… dont la moitié était des enfants. Et si on ajoute tout ceux qui sont morts en Afghanistan (rappelons également à toute fin que dans les années 90 les talibans seront financés et armés… par les Etats-Unis), les chiffres les plus élevés depuis que l’Amérique néo conservatrice a décidé de s’en prendre au monde à travers l’Irak et à l’Afghanistan, annonce un bilan se situant entre 6 et 8 millions de morts. Hitler, petit joueur. Dans ce cadre, déclarer que « les musulmans nous détestent passque on est lib’ nous et qu’on boit du pinard et on mange du porc » me semble pour le moins léger.

 

Débriefing

 

La nécessité ne connait pas de loi

Saint Augustin

Un genre très spécialisé de dépendance est la conséquence de technologie moderne, et on le trouve en dehors de la sphère néo-coloniale. C’est la lourde hypothèque qui grève l’indépendance politique d’un pays, quand il achète à l’étranger des armes modernes… Quand des pays se trouvent dans une telle dépendance matérielle et directe, il faut que les organisateurs d’un coup d’état intègrent dans leurs plans une nouvelle politique étrangère, à mettre en œuvre dès la prise de pouvoir. Si le coup d’état est politiquement inspiré par des adversaires du grand « allié », il y a de fortes chances pour qu’il échoue à moins qu’il ne parvienne à cacher cette tendance.

Edward N. Luttwak, Coup d’état mode d’emploi.

Le contrôle de toutes les informations du centre politique du pays visé sera notre meilleure arme pour assoir notre autorité après la réussite du coup d’état. Par conséquent, la prise des principaux moyens de communication avec les masses populaire sera pour nous une tâche d’une extrême importance.

Coup d’état mode d’emplois.

La révolution est au bout du fusil.

Mao

 

Le mouvement néo conservateur (néo dans le sens nouveau) est. Issu de la gauche progressiste à la fin des années 60. Ou plus précisément de l’évolution politique d’un ancien trotskyste, Irving Kristol, dont le mode de raisonnement se fonde à la fois sur son éducation politique, et sur son expérience militaire durant la Seconde Guerre. Comme il le dira lui-même, il y a été « agressé par la réalité » comme d’autre le seront bien plus tard, rejoignant de facto un mode de pensée parallèle, avec l’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne, et ici je pense notamment à Bernard Henri Levy ou André Glucksman. Deux « intellectuels » comme on dit en France très largement soutenus par le mouvement de réforme culturel initié par les Etats-Unis sur l’Europe et notamment par la CIA (non, je ne sous-entend pas que BHL est un agent de la CIA, ni même qu’il sait qui ont été ses soutiens financiers en dehors de son très riche papa).  Avec sa logique trotskyste Kristol est contre l’aide sociale qui ne pousse pas les pauvres à la lutte et rejette le mouvement contestataire qui s’inscrit selon lui dans une logique nihiliste défendue par les premiers anarchistes. Par ailleurs devenu farouche anticommuniste, comme de nombreux trotskystes et anarchistes au demeurant, il reproche leur mollesse au démocrate, exactement comme le fera lui-même Reagan. Sa rupture complète avec la gauche va s’exercer à partir de Lyndon Johnson.

Il est vrai que l’Amérique de Roosevelt n’a rien à voir avec celle dont va hériter Johnson. L’Amérique de Roosevelt jusque dans l’immédiate après guerre croit encore à son idéal de liberté défendu par son extraordinaire constitution. C’est elle qui va dans un premier temps armer Ho Chi Minh et les Viet Minh contre la France. D’ailleurs dans un premier temps, Ho Chi Minh se revendique moins du communisme que du nationalisme. Il cite la déclaration d’indépendance et la Révolution française et déclare que ses forces sont américano vietnamienne. Tout va changer avec l’arrivée d’un petit homme sans envergure, élevé dans l’ombre de sa mère, poussé au pouvoir par des bandits, Harry Truman. Le même Truman qui va user et abuser de l’arme atomique pour soi disant pousser les japonais à la réédition, alors que les japonais ont déjà commencé des pourparlers dans ce sens. La réalité est plus cruelle. Truman a besoin de démontrer qu’il n’est pas le petit homme sans envergure qu’il est en réalité et surtout il doit en remontrer à l’ogre rouge, le terrifiant Staline. Le concours de bite est lancé et il va durer…. Jusqu’à aujourd’hui. A partir de 84 le discours de Krystol se durci quand à la défense d’Israël, prônant une alliance qui va s’avérer funeste pour le reste du monde entre juifs et évangélique, entre le sionisme chrétien et la droite évangéliste. Mais il est vrai qu’un partie discours néo conservateur ne se serait jamais construit sans ce qu’Hitler a fait subir à l’Europe et plus particulièrement aux juifs. Cette position politique va considérablement pousser la droite israélienne vers une certaine radicalisation du discours. Un discours qui va encore se muscler avec l’immigration massive des juifs d’Europe de l’est jusqu’au meurtre d’Yitzhak Rabin, et même au-delà. Mais également grever sérieusement la paix au Moyen Orient d’autant que les intérêts pétroliers rentrent en jeu.

Le néo conservatisme américain va se propager et influencer toute la politique américaine de Reagan à Obama, et même aujourd’hui Trump. Car, en dépit des analyses de certain universitaire français qui aimeraient qu’on trouve une certaine grâce au nationalisme de façade de Donald Trump. En dépit même que nombre de républicain ont critiqué la position du président des Etats-Unis qu’il a, comme à son habitude, résumé par un slogan « no more globalism, only americanism », et qui ne pouvait que séduire la droite réactionnaire de notre pays et du sien. Il faut bien garder en tête que le maître à penser de Trump, Steve Bannon, récemment éjecté pour des affaires d’égo et suite aux émeutes de Charlottesville, défend un discours plus extrémiste que les néo conservateurs mais qui n’en reste pas moins attaché à cette même droite évangélique, à cette même impératif à défendre Israël et l’occident contre le nouvel hydre, le nouveau marxisme de l’occident, l’Islam et le monde musulman en général. Le plus inquiétant demeurant dans les fantasmes d’Apocalypse de Bannon qui lui ne cache pas dans ses films sa vision millénariste et simpliste du monde, appelant précisément à un affrontement entre les nouvelles forces antagonistes, exactement comme les fanatiques du camp adverse en appellent au djihad. Et quand on observe l’espèce de folie collective à base de prière, de fake news, et de tweets farfelus qui s’est emparé de la Maison Blanche depuis l’investiture de Trump, au regard de la politique américaine en Asie, en Ukraine ou en Syrie, on a le droit d’être fortement inquiet pour l’avenir.

L’historique des lois d’exception face au terrorisme dans la sphère occidentale et « démocratique » ne date pas d’hier. Face à l’IRA, Thatcher appliqua un régime draconien à l’Irlande du Nord, notamment en s’appuyant sur l’aile très, très à droite du révérend extrémiste Ian Paisley et les terroristes de l’UVF. Et surtout en rejetant le statut de prisonniers politiques à des hommes qui n’étaient rien de plus, ni n’avaient jamais commis comme d’autre faute que d’être soutenu politiquement par l’IRA et le Sean Feinn. Et qu’on laissa mourir de faim. Un même régime d’exception qu’on retrouvera en Allemagne face à la Fraction Armée Rouge. Ou en France durant la guerre d’Algérie mais également contre les usagers de drogue jusqu’à aujourd’hui, ce qui est paradoxale pour un pays qui a été (et est sans doute encore) si actif dans le domaine du trafic Cependant, jamais jusqu’ici ces mesures n’avaient été prise de façon permanente, subornant non seulement les lois, violant les droits les plus élémentaire des individus, mais se moquant jusqu’à la constitution. Or ce projet aux Etats-Unis n’est pas nouveau, il était dans les espérances de la droite américaine dès Kennedy, et il manqua de se réaliser sous Nixon. Après tout qu’était-ce donc que l’Opération Chaos, sinon les prémisses de cette surveillance globale qui fait fantasmer les agences de renseignement, et surtout les gouvernements. Car la situation est également critique pour nos gouvernements, et ils en ont parfaitement conscience. Les Printemps Arabes ont prit tout le monde par surprise, à commencer par les dictatures sanguinaires qui règnent sur les émirats.

Cependant ce projet aujourd’hui s’appuie sur une nouvelle idéologie, celle du conflit des civilisations, comme au bon vieux temps des croisades. Une croisade cette fois globale qui ne peut que rejoindre les fantasmes conjoint des djihadistes et de l’extrême droite occidentale. Le même rêve de sang avec au bout du compte l’espoir absurde en la venue d’un sauveur magique mettant tout le monde d’accord. Mahdi ou Christ, peu importe. Or quand les fous commencent à diriger le mode de pensée du monde, ce qui suit n’encourage pas à investir dans un autre avenir que celui de la sécurité et de l’armement. Et c’était bien l’intention du gouvernement Bush et de ces suiveurs, Obama y comprit. Car derrière eux c’est bien ce que les américains appellent le deep state, qui pousse. Un état profond qui ne se compose pas seulement de la CIA, des agences de sécurités américaines en général ou du Pentagone, mais de la sphère très influente des méta holdings comme KKR, Carlyle Group, KBR, Halliburton, ou encore Cerberus Capital Management qui a racheté DynCorp. Cerberus dont le directeur fut un des conseillers économique de Trump durant la campagne… Un changement de politique étrangère organisé à partir d’un attentat utile, opportun, et connu à l’avance, qui a permit et permet de détricoter un peu plus les Etats-Unis mais également l’Europe des idées inspirées des Lumières, et laminer totalement le discours traditionnellement universaliste de la gauche, où qu’elle soit, pour n’en faire qu’un succédané, un substitut, laissant encore durer un vague espoir, puisque l’espoir est si utile à endormir les foules.

Espérer ce n’est pas agir, juste un souffle d’inspiration mais guère beaucoup plus. Espérer c’est attendre.

Et pendant que nous attendons, stupéfaits spectateurs d’un monde que l’on veut voir mourir, l’exception, la surveillance et la militarisation s’imposent partout mettant les pays en interdépendance complète. Nous irons désormais chercher nos fusils en Allemagne, nous compterons sur l’OTAN pour subvenir à nos insuffisances, nous laisserons gentiment pourrir le paquebot Dassault dans la corruption de son dirigeant, jusqu’au jour où on nous annoncera que l’armée n’a plus les moyens de se payer des avions français. Ce qu’elle n’a d’ailleurs déjà plus, puisque nous ne pouvons même pas entretenir ceux que la gabegie commerciale du groupe Dassault et la complaisance de l’état nous a fait acheter. Et puisque l’Amérique dirigeante ne sait pas faire autrement, bien entendu cet assaut idéologique et militaire s’accompagne d’un volet économique. Les médias cooptés depuis Mitterrand nous bombardent du discours de la guerre des civilisations, alors qu’il n’y a que pour l’essentiel en terme réel de guerre qu’un conflit entre agences de renseignement au travers d’armées de mercenaires et de groupes armées autonomes ou non. Le tout plus ou moins subornées par des armées régulières. Bref que nous sommes en réalité en rien concerné par cette guerre idéologique qu’on veut nous mettre dans le crâne quelque soit notre confession ou notre système de pensée. Passant au sable et dans la foulée l’assaut économique que nous subissons à travers les accords transatlantique que nous a vendu le très consensuel directeur de marketing à la tête du Canada, le joli et si tolérant Justin Trudeau. Les médias nous tabassent avec des mots tiroirs comme « mondialisation » « compétitivité » « baisse des charges », tandis que notre narcissique « chef » d’état s’en revient de Las Vegas avec sa feuille de route. Et la boucle est bouclée. Et elle va d’autant se resserrer que la technologie de la surveillance se développe, aussi bien que les entreprises militaires privées, ajouter à cela des pénuries qui vont de plus en plus se faire sentir, et dans absolument tous les domaines, ne nous leurrons pas.

D’où qu’ils partent, le seul sursaut ne peut venir que d’une repolitisation de ce que les marxistes appellent les masses. Mais également une réappropriation de nos langues, de nos mots. Ecoutez s’exprimer un badaud des années 50 sur la politique intérieure de son pays et comparez le à aujourd’hui, tant sur le vocabulaire que l’opinion et vous verrez la marge qui nous sépare, la décadence tant du verbe que du discours. Il va falloir tôt ou tard choisir de notre avenir, et avant que la boucle se referme complètement.

 

Nota Bene : pour les amateurs de super complot si vous cherchez des complicités possibles avec Al Qaïda pour l’organisation de l’attentat, et sans aller chercher midi à quatorze heures. En 1979, en Iran, il faut retenir deux choses pendant la prise d’otage. D’une elle était le fait des Gardiens de la Révolution à qui on ne pouvait rien dire et l’administration iranienne, en particulier le ministère des Affaires Etrangères étaient  en réalité scandalisé par cette action. Ce pourquoi Argo est une affabulation d’Hollywood, les iraniens savaient parfaitement qu’il y avait des américains à l’ambassade Canadien, vu que l’ambassadeur des Etats-Unis lui-même l’avait confié à ses homologues iraniens. La seconde c’est qu’il a bien eu une opération de sauvetage réussi et beaucoup plus musclée. L’instigateur était Newt Gringrich, un des papes du néocon, qui se fit aider d’un mercenaire ex-béret vert au Vietnam et de son équipe pour libérer des membres de son entreprise. L’affaire a été relatée dans un livre dont Clint Eastwood devait faire l’adaptation. Aujourd’hui il y a des myriades d’équipes de ce genre, mais si j’étais vous je m’intéresserais de près à Intelligence Support Activity qui fait parti du JOSC. Il faut toujours se défier d’une organisation qui change cinquante fois de nom…

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Black Bush : Analyse d’une supercherie

Après deux mandats et un bilan contrasté, entre échec (notamment contre le lobby des armes) et la demi victoire du Obamacare, Barack Obama laissera sans doute dans l’histoire le souvenir d’un homme élégant, communicatif, drôle, snob et, quand on examine sa politique étrangère, globalement dangereux. Une gouvernance tout en style et en classe et hélas en pas grand chose d’autre, qui laisse derrière lui une Amérique plus fièrement raciste, mesquine, inculte que jamais, l’Amérique de l’agent immobilier orange, la revanche des mimiles et des banksters de Wall Street. Mais n’allons pas trop vite en besogne et revenons en Obama, l’homme qui a sa place réservé à Hollywood, et à celui qui lui donné le pouvoir finalement, son cousin du Texas, George W. Bush Jr.

 

Les français et l’Amérique, un rapport amour-haine

Les français sont passionnés par la politique. Aussi déçus soient-ils des carriéristes qui se succèdent, c’est un sujet qu’ils abordent régulièrement. Ça ne lasse pas d’interroger nos amis anglo-saxons. Particulièrement au sujet de la politique étrangère. Vous vous ennuyez à table et vous avez envie d’un peu d’animation ? Lancez le sujet de la Syrie par exemple. En quelques minutes vos convives jusqu’ici si policés et convenables se transformeront en tribuns de la géopolitique, capables de tout vous expliquer d’un conflit et les enjeux dudit conflit, quand bien même personne n’y comprend grand-chose. Les français sont généralement cultivés, ils se souviennent de leurs cours d’histoire, et comme un tiers de la planète, ils ont internet. Mais il faut bien avouer que globalement ils projettent, comme l’ensemble de la classe politique française, beaucoup plus leur perception du monde sur l’actualité que l’actualité ne projette sur eux une nouvelle perception du monde. Dans l’imaginaire des français par exemple, nous sommes une nation importante qu’il faut écouter, particulièrement l’Europe, et surtout, les Etats Unis. Si les anglais par ironie appellent parfois les USA l’ancienne colonie, il ne fait aucun doute dans l’imaginaire des français que les Etats Unis sont la petite sœur de la France sans qui l’indépendance n’aurait jamais été possible. Et à la limite, s’ils nous ont sauvé les fesses par deux fois, c’est parce que nous les avons autorisés à le faire. Car oui, la France n’oublie ni 1917, ni le Débarquement, et il est difficile d’accepter pour une nation glorieuse et cultivée d’avoir été libérée par une bande de veaux incultes mâchant du chewing gum. Car c’est un peu l’image que la France (et pas seulement) a des américains, un peuple de balourds. C’est même parfois l’image que les américains ont d’eux même vis-à-vis des européens et de la France en particulier. Cette sophistication qui manque si cruellement là-bas, et qui est absolument partout ici. Enfin… en théorie.

De fait le rapport qu’entretiennent les français avec les Etats Unis est un mélange complexe d’amour et de haine. Un mélange de complexe d’infériorité marié à un sentiment très illusoire de supériorité. Quand Dominique de Villepin fit par exemple son discours à l’ONU, c’est comme s’il avait littéralement sauvé l’honneur de la France d’années d’humiliations où la si glorieuse nation s’est vue reculer dans à peu près tous les domaines. Culturel, économique, politique, géopolitique. C’était De Gaulle qui sortait de sa tombe et beuglait vive le Québec libre. Cambronne et son fameux merde. Cyrano et la tirade du nez. Un mélange de panache, d’arrogance et d’indépendance frondeuse qui ne pouvait que séduire la mythologie que tout citoyen d’un pays entretient à propos de lui-même et dudit pays. A tel point que Villepin s’est même cru un destin politique sur la base de ce seul discours et d’une certaine plastique néo romantique qui le faisait se comparer lui-même à un hussard de la politique, comme nous avons eu des hussards dans la littérature. Nos hommes politiques regrettant tous de ne pas être écrivains, et nos écrivains se prenant tous pour des figures de la postérité historique.

Dans cette logique haine/amour qui permet de laisser cohabiter dans une même personne la passion du cinéma hollywoodien, et le rejet de la politique américaine (qui sont pourtant intimement liés), nous avons un rapport à la fois naïf et très paternaliste avec ladite politique. Nous y calquons très souvent notre propre bi partisme, projetons sur ses lois et sa culture notre perception toute personnelle du modèle démocratique que nous avons contribué à inventer. Et rejetons en bloc tout ce qui ne s’attache pas à cette perception. La loi sur les armes par exemple, que protège en théorie le 2ème amendement, peut être différente d’un état à un autre, il est établi que les américains adorent les armes, en possèdent des quantités astronomiques (ce qui est vrai) peuvent en acheter absolument partout (ce qui est faux) et feraient définitivement mieux d’abandonner cette idée saugrenue qui fait des milliers de victimes chaque année. Quant aux défenseurs de la détention d’armes, ce ne sont qu’un ramassis de blancs, abrutis de télé, et largement influencés par une extrême droite chrétienne américaine et la NRA. Jamais, quand nous abordons le sujet en France, nous ne citons la Suisse, qui a quasiment les mêmes lois sur le sujet, où chaque citoyen mâle de plus de 18 ans possède son fusil d’assaut personnel, en tant que conscrit éventuellement mobilisable. La France est un état régalien, il est tout à fait impensable pour un français que l’exercice de la force soit laissé au citoyen. Tout à fait même impensable que la constitution d’un pays autorise par principe sacré au dit citoyen de se révolter contre un état qu’il jugerait tyran. Ce que ne propose en réalité rien de moins que le fameux 2ème amendement. En France nous avons fait la révolution, institué une relique sacrée qui s’appelle la République, avec un R majuscule comme dans Royauté, elle est au-dessus de tout, même de la liberté individuelle, même si la république tombe aux mains de voyous et d’incompétents. Il n’est pas d’ailleurs venu l’idée à Pétain de changer l’intitulé, quand bien même il prônait la « révolution nationale » et était influencé par des monarchistes comme Maurras.

Mais je m’égare…

 

George Bush Jr, le crétin qu’on aimait haïr

Ainsi, pour en revenir au discours de l’ONU, nous étions d’autant plus fiers qu’il s’agissait pour nous de dire non à ce qu’ici même nous considérons universellement comme un con de premier ordre, une buse fabuleuse, George W. Bush Jr. Les médias français ne faisant pour l‘essentiel que s’aligner sur les médias américains, en terme d’opinion, de style, ou même d’émission, nous avons tous appris par cœur la scène où Bush ne peut citer le dirigeant du Pakistan, gloussé quand il s’est étouffé avec un bretzel, choqué et amusé à la fois de le voir faire un doigt aux journalistes comme un ado en pleine montée de sève. Nous avons parfaitement joué le jeu d’une campagne média visant à nous démontrer que le candidat républicain était un crétin à peine capable de diriger un pays, et bien entendu accueilli à bras ouvert son concurrent démocrate Al Gore, auréolé d’un discours écologiste tout à fait à la mode. Et quand les élections lui ont été littéralement volées, nous avons réagi comme il se doit, avec scandale, toujours dans cette acceptation que Bush était incompétent, que sans l’aide de son frère et de papa il n’aurait même pas atteint la Maison Blanche. Nous n’avons pas vu le coup d’état qui se préparait, n’avons pas réalisé que George Bush Junior était bien plus dangereux que stupide, nous n’avons pas non plus compris le désespoir des américains à le reconduire dans ces fonctions pour qu’il en termine une bonne fois avec cette guerre honteuse et fabuleusement dépensière que lui et ses amis se sont organisés.

Car il faut bien dire ce qui est, si la guerre en Irak et en Afghanistan a été ruineuse pour le citoyen américain, elle a été une fabuleuse martingale pour les amis de George Bush. Mais pas seulement ses amis américains, contrairement à ce que nous croyons ici. Par exemple, la manne pétrolière a été partagée avec les italiens, les anglais, les chinois… et les irakiens eux-mêmes. Et s’il n’y avait que le pétrole… la reconstruction de l’Irak représentait une manne potentielle de 435 milliards de dollars… Halliburton (dont Donald Rumsfeld fut un des directeurs) KBR (filiale d’Halliburton) Carlyle Group (dont sont actionnaires les Bush) Dyn Corp (déjà sous contrat avec le Pentagone) ou aujourd’hui France Télécom ou Alstom et tant d’autres se sont faits et se font une fortune avec ces guerres.

Il y a toujours eu des profiteurs de guerre. Et les Etats Unis, nation guerrière entre toutes, a toujours utilisé la guerre pour faire des affaires. Ou l’inverse… Du Plan Marschal en passant par les invasions du Panama, du Vietnam jusqu’à aujourd’hui, les américains le savent parfaitement, le Big Business a suivi, quand il n’a pas précédé.

Or en France, que nous soyons de droite ou de gauche, dans l’acceptation générique que nous donnons de ce bi partisme, si nous percevons diversement le capitalisme, nous considérons généralement que le capitalisme américain c’est le mal. Notre perception de la politique de Bush donc se résumait à un hold-up fomenté par un crétinoïde à peine capable de lasser ses chaussures. Et rien d’autre. D’autant rien d’autre qu’en plus de tout ça, Bush était un chrétien affranchi, affirmant sans rire que Dieu était de son côté. La France étant en plus un pays laïc qui se plaît toujours à bouffer du curé en amuse-gueule (toujours dans la perception « révolutionnaire » qu’elle a d’elle-même) cette image caricaturale de l’américain type ne pouvait que nous satisfaire dans notre sentiment de supériorité.

 

Islam, un nouveau marxisme.

Cette image est importante pour ce qui va suivre. Car, pour être tout à fait juste, ce portrait caricatural de Bush Jr était globalement partagé dans les médias européens. Les anglais, toujours critiques avec leur « ancienne colonie » d’autant que ces guerres y faisaient des victimes, les Espagnols, pour les mêmes raisons, et bien d’autres. L’image globale qui ressortait en France n’était pas, contrairement à ce que nous imaginons ici, le fruit de notre seul esprit sophistiqué, mais celle véhiculée par les médias, sans jamais, en réalité ne relever réellement la « révolution » silencieuse, ce que j’appelle ici un coup d’état, que Bush, aidé par le 11 septembre, fit aux Etats Unis. Je parle bien entendu des lois d’exception du Patriot Act qui non seulement concerne toujours les américains eux-mêmes et attaque frontalement la constitution américaine, mais n’importe qui dans le monde, quelque soit sa nationalité, sa fonction, ou même sa légitimité.

Car, corollaire légal et logique de la Guerre contre le Terrorisme, le Patriot Act est global. N’importe qui dans le monde peut être convaincu de terrorisme, enlevé, tenu au secret dans une prison idoine, jeté à Guantanamo, torturé ou même assassiné sans qu’aucune loi de son pays propre ne puisse l’empêcher. Et les cas sont très nombreux à ce sujet. Pour ceux qui fantasment sur la constitution d’un Ordre Nouveau et d’un gouvernement global, vous pouvez arrêter de cauchemarder, c’est fait. Ça n’a en apparence pas la moindre forme totalitaire, ça se « justifie » par des actes terroristes bien concrets (exactement comme dans 1984 au demeurant) et ça repose sur une collaboration atlantiste et consensuelle de vieux partenaires. Le tout en se payant le luxe, dès le départ de la guerre, de se passer totalement de l’avis de l’ONU, le supposé « gouvernement mondial » actuel… et comble sur la base d’un mensonge avéré ! Ça n’a d’ailleurs même pas l’apparence d’un ordre nouveau mais de la continuité d’un ordre et d’un monde ancien. Celui de la Guerre Froide où l’Amérique et ses alliés affrontaient un Nemesis global et identifié. Et au fond de ce point de vue l’Islam est devenu leur nouveau marxisme.

Il y aurait d’ailleurs long à dire sur ce parallèle et le mélange de fantasme qu’il propose dans la psyché occidentale. Entre angélisme et millénarisme, où l’on ne parle plus de conflit d’intérêt, ou de question idéologique mais carrément de choc des civilisations. Or il n’y a pas une civilisation islamique et une civilisation occidentale. Il n’y a pas de civilisations du tout. Il y a seulement des intérêts économiques divergeants, et, c’est important, au sein même de ces communautés définies. Les intérêts de l’Arabie Saoudite ne sont pas les mêmes que ceux de l’Iran, pas plus que ceux de l’Allemagne sont les mêmes que la France. Si c’était bien le cas l’Europe ne serait pas une usine à gaz et la NSA ne se sentirait pas le droit d’espionner le monde entier. Mais au-delà, les intérêts idéologiques même divergent. Pour autant nous avons ici cette image globale, concrète d’un Islam uniforme ou quasi, diversement paré d’intentions belliqueuses ou au contraire habillé de l’aura de l’idéologie mal aimée, la religion mal aimée, mais surtout et en réalité de la couleur mal aimée, celle de l’Autre. Car l’Autre est toujours en couleur (et mal aimé).

Et soudain l’Autre, justement.

 

l’Elu est noir !

Il serait facile ici d’être très critique avec la perception première qu’on eu les français de Barack Obama. Surtout immédiatement après ce qui apparaissait comme son antonyme, son anti thèse, sa contre théorie. Après l’Amérique Blanche Chrétienne (autant dire l’extrême droite en France) Républicaine. Très facile, si la Suède ne lui avait pas décerné le prix Nobel de la paix à peine investi. Si toute l’Amérique noire n’avait pas défilé en larme à la télé. Si moi-même je n’avais pas versé ma petite larme. Un président américain noir ! ? Après Martin Luther King ? Après Malcom X ? Les lois sur la ségrégation, la mort de Kennedy ? Après autant de symboles négatifs que représentait lui-même le texan chrétien George W Bush, fils honteux du complexe militaro pétrolier.

Je ne sais pas qui a eu cette idée marketing au Pentagone, à la CIA, chez Boeing, ou au parti Démocrate, mais c’est un génie.

Comment le monde entier ne serait pas tombé dans le panneau ?

Un petit gars venu de nulle part, beau gosse, d’un père africain, né à Hawaï, élevé en partie en Indonésie… L’homme international, multiculturel, mondialisé, et surtout noir.

Car là est tout le secret de Barack Obama, la raison même pour laquelle il a reçu son prix Nobel, il est noir. Bon Dieu de merde un nègre à la Maison Blanche ! Dans le pays même où on s’est battu à cause de l’esclavage ! C’était presque aussi beau que la fin de l’Apartheid dit donc. Comme si l’Amérique apposait enfin son blanc-seing à la condamnation universelle, voir même galactique du racisme et des lois racistes. Comme si Nelson Mandela ressortait de taule, mais avec Hollywood en plus et Kennedy, l’autre beau gosse, en back ground…

Un symbole vivant.

Et en plus un symbole cool, le sourire facile, entouré de people enthousiastes, avec une femme écolo. Toute la lyre, l’appât, l’hameçon, la ligne, la canne à pêche, et le pêcheur.

Un symbole vivant qui, en plus, organise une aide médicale universelle. Alors ça dans la tête des francais, particulièrement, par contre, c’est magique. Car n’oublions jamais que la France n’a pas seulement inventé la Révolution, le Conseil National de la Résistance a inventé la Sécurité Sociale. Modèle absolu que le petit frère ignorant des Amériques n’avait jamais accepté ni voulu. Une réforme historique même, historiquement foirée par Roosevelt en personne… C’est dire si même pour les américains le symbole était fort.

Un noir qui fait du social. Non seulement c’était cohérant avec l’histoire même d’Obama mais ça collait parfaitement avec les préjugés et le racisme qui lui ont permis d’être élu, et encore plébiscité à ce jour.

 

Un malentendu raciste

Le premier préjugé, et curieusement il est avant tout américain c’était d’imaginer qu’un noir ne peut atteindre une position de pouvoir. Dans un pays où Will Smith empoche des salaires à 20 millions de dollars, où la totalité de l’industrie du rap ou quasi est dirigée et produite par des noirs. Dans un pays où des villes très importantes comme Détroit, Chicago, ont ou ont eu des maires noirs. Dans un pays à vrai dire où la première langue parlée n’est même pas l’anglais mais l’espagnol, la langue des « latinos » les autres colorate de l’Amérique de papa. Je trouverais ça paradoxal si par ailleurs il n’y avait pas les ghettos d’East L.A, Watts, Inglewood, etc… Mais l’Amérique est paradoxale et sans doute l’accepte-t-elle mieux que les autres nations. Le second préjugés c’était d’imaginer que les arcanes de la Maison Blanche était réservées à une certaine élite blanche, affreusement conservatrice, et bien entendu le complexe militaro industriel forcément raciste puisque fasciste. Toujours dans un pays, où on trouve des hommes d’affaires et des politiques de toutes les couleurs, où Clinton commercialisait la Maison Blanche, des boutons de manchette aux rendez-vous avec des princes saoudiens. Le dernier, c’était la combinaison noir + social qui convenait parfaitement à l’image du brave mec qui n’oublie pas d’où il vient, forcément d’une cabane puisque noir. Et tant pis si Obama est né d’une famille de la classe moyenne et a fait Havard.

En France, il est savoureux cet ensemble de préjugés que nous avons sur l’Amérique. Dans un pays où un homme politique, un journaliste vedette noir ou arabe est considéré comme un événement. Où la large majorité de l’exécutif est blanc et issu des même écoles voir du même milieu. Et où des départements entiers se ghettoïse à petit feux et pas seulement dans les cités, tandis que tout le monde se jette du raciste à la tête.

Oui, quel fabuleux hold-up Barack Obama a fait à nos préjugés divers. Ajoutant bien entendu la carte maîtresse, la fin de la guerre, et la fermeture de Guantanamo pour la bonne bouche. Mieux encore, plus fabuleux, il est parvenu à faire ce que l’autre cowboy n’avait pas réussi, éliminer Ben Laden.

 

Coup d’état médiatique et guerre globale

Ben Laden, le cocu magnifique. Ben Laden et Tora Bora, Ben Laden fanatique religieux, parlant du réchauffement de la planète, Ben Laden milliardaire en cavale, introuvable, insaisissable, mais diffusant quantités de messages. Dr No feat Fantomas. Mais Ben Laden que les Somaliens voulaient livrer à Clinton et qu’il a refusé, Ben Laden que les talibans proposèrent également de livrer dans les semaines qui ont suivi le 11 septembre mais que Bush a à nouveau refusé. Ben Laden qu’on trouve finalement à cent mètres d’une caserne militaire d’élite au Pakistan, pays théoriquement ami avec les Etats Unis. Ben Laden le magnifique et sa multinationale franchisée qui aujourd’hui est absolument partout, de l’Irak à la Syrie en passant par le Mali, alors que les Saoudiens prétendaient ne pas en vouloir contre Saddam Hussein et qui a même donné naissance au cauchemard Daech. Si on ajoute à ça toutes les officines qui ont remplacé la Coalition, c’est moins le choc des civilisations que celui des mercenaires et des drones, l’introduction du roman Babylon Babies….le futur annoncé par William Gibson il y a 30 ans.

Voilà où est le cœur du hold-up, son motif même. La guerre et sa continuité. Pas seulement en Irak, en Afghanistan ou en Syrie. Pas la guerre ciblée, géographiquement définie, concrétisée par des armées. Non la redoutable prise d’otage sémantique que le soit-disant analphabète George Bush a fait au monde : la guerre contre le terrorisme. Et que Barack Obama a non seulement prolongé, mais amélioré.

A savoir une guerre globale et à vrai dire totalement impossible à gagner, puisque ce n‘est pas du tout le but. Suggérer d’ailleurs qu’on puisse éliminer le terrorisme c’est suggérer soit qu’on est déjà tous au paradis, soit dans le meilleur des mondes. Car soit il n’y a plus aucun motif d’injustice, de haine, de vengeance dans ce monde, soit, il faudra s’y faire il y aura toujours quelqu’un pour terrorisé les autres, vouloir changer le monde à coups de bombes, ou, dans le cas qui nous occupe, en réalité, le tenir en respect.

Car ce terme n’est rien de plus qu’une manière de parler de guerre globale et permanente. Une manière d’autoriser une nation et ses alliés à exercer sa tyrannie sur toutes les autres au nom de la sécurité de tous. Une façon non seulement de militariser toutes les sociétés mais de les maintenir sous la pression.

Dans ce jeu Barack Obama n’a pas été le gentil noir avec des idées généreuses de nos préjugés. Il n’a pas été l’outsider de l’establishement. Ni l’exact contraire de George W Bush Jr. Il est et fut son exact prolongement, ou plus exactement son aboutissement. Car si George W Bush aimait parader en tenue de pilote, lui qui a évité la guerre du Vietnam, n’en doutons pas Barack Obama est un tueur. Un vrai.

Il y a quelques années Barack Obama n’a pas fait fermer Guantanamo. Il a fait fermer le bureau chargé de la fermeture de la prison. L’armée américaine a été remplacé par des drones, et des groupes de « contractants » déjà sous mandat du Pentagone et de la CIA, et opérant sous commandement du Joint Special Operation Command. L’utilisation des drones est devenu un programme, des centaines d’engins disséminés dans des bases secrètes à travers le monde avec la capacité et l’autorisation de tuer n‘importe qui désigné. Selon des listes conjointes de la CIA et du JOSC. Comme le révélait le Washington Post en 2013.

Des campagnes d’assassinats systématiques et programmés il y en a eu quelques-unes dans l’histoire américaine. Au Vietnam, avec l’opération Phénix, au Salvador, au Nicaragua avec les Contras. Mais toutes à ce jour conscrites à un pays, pas global, pas pouvant intervenir où il plaisait à l’armée et au renseignement américain. Et un président qui choisit lui-même ses cibles, comme le révélait de son côté le New York Time toujours en 2013, c’était aussi une nouveauté à ma connaissance.

 

l’Oncle Tom de l’Amérique des affaires.

Dans l’abécédaire de la violence employée par les états, il est toujours intéressant d’observer le mode opératoire qu’un pays choisit pour éliminer ses ennemis, il marque assez bien le mode de gouvernance, la volonté qui est derrière. En France, où l’ordre bourgeois règne, de la bande à Bonnot à Mohamed Mera en passant par Khalel Kelkal il faut que ça se termine en Fort Chabrol après une battue. Au temps de la Guerre Froide et des coups tordus, à l’époque du règne absolu de la CIA sur la machine de guerre américaine, on faisait assassiner par d’autres, et disparaître les corps, comme Guevara ou Lumumba. Après la figure Hollywoodienne d’un super méchant tonitruant, l’Amérique ne pouvait se priver de son propre show… au programme super soldat et président concerné, pour finir par faire disparaître le corps, devant les caméras et le monde entier. Le jeter aux requins comme un vulgaire morceau de barbaque, mais, selon le Pentagone, halal.

Cette figure est particulièrement frappante si on y ajoute les révélations de la presse américaine. Mais elle l’est plus encore à mon sens quand on sait qu’Obama avait signé le 31 décembre 2011, alors que tout le monde faisait la fête, une nouvelle formule du National Defense Authorization Act. Une loi qui donna, pour la première fois et explicitement, un sceau d’approbation parlementaire à la détention militaire indéfinie de citoyens, américains ou non, selon le bon vouloir du président, et sans qu’il y ait même obligation de démontrer l’accusation par des preuves ! Dans les faits la loi abolit le recours d’habeas corpus et les garanties constitutionnelles d’application régulière de la loi. Obama est allé ici beaucoup plus loin que l’affreux imbécile texan amateur de peine de mort. Et c’est bien sous l’administration Obama que Manning a été condamné à 35 ans de prison pour avoir révélé des emails et surtout un meurtre en direct commis par l’armée américaine. C’est toujours le président gentil noir trop cool qui affirmait sans tiquer que les bombardements était chirurgicaux et la précision des drones inouïe. Or il ne faut pas s’appeler Einstein pour savoir qu’une bombe de deux tonnes ne tue pas qu’une seule personne à la fois, qu’elle n’est même pas prévue pour ça. D’ailleurs une enquête a démontré que seulement 1,5% des personnes éliminées par ces engins étaient des cibles prioritaires identifiées, les 98,5% restant étant massacrés pour rien.

On a coutume de dire du tzar Poutine qu’il est lui-même un tueur. Il en a la tête, la formation, les contacts, et les méthodes. Si l’on rejoint l’imagerie Hollywoodienne du tueur gentil comme Stallone dans Assassin ou Jason Bourne, Barack Obama respecte des codes parallèles, il est cool, il tue proprement les bonnes personnes, et surtout il le regrette. Mais je trouve plus intéressant de faire un lien avec la propre famille d’Obama. Son grand père Hussein passait pour l’original de la bande. Il est le premier habitant de sa région à être entré en contact avec les anglais dont il prit aussitôt les coutumes. Désavoué par son père et ses frères, il se mit au service du colonisateur, et durant la première guerre mondiale organisa même les corvées au Kenya. Il devint par la suite cuisinier et domestique de ses maîtres blancs, après avoir été en gros leur homme de main.

Finalement Barack Obama aura incarné l’intuition de Tarantino dans Django, l’Oncle Tom bien plus redoutable et tordu que ses maîtres. Maîtres qu’il n’a pas seulement servis mais également en partie élevés.