Silence on massacre

Poutine a lâché la bête, Obama a refusé d’intervenir quand il en avait l’occasion, le boucher d’Ankara, l’homme qui a monté un coup d’état de toute pièce pour boucler son pays sous le poing de sa dictature de mafieux et d’islamistes, Erdogan la crevure, a jeté ses cannibales sur les kurdes de Syrie. Le vieux rêve de sang de cette Turquie décidément si portée sur le génocide, en finir avec le « problème kurde » comme elle l’a fait des arméniens, vient d’être livré en buffet froid au meurtrier d’Ankara.  Vous vous souvenez hein les kurdes… toutes ces jolies femmes qu’on nous vendait mettant la déculotté aux cinglés de Daesh, les mêmes auprès des qu’elle le pimpant BHL aimait s’embraser au mieux de sa suffisance et de son narcissisme. Cet occident si exemplaire, si propret, qui se gonflait de l’exemple kurde contre le monstre du désert. Cet occident de média et de réseaux sociaux, de bavardages médiocres, d’indignation de slip, fond de cabinet des opinions tièdes, pendant que dehors, dans le monde réel on tue en prenant son pied. Pendant que dans le monde réel, un autre occident, des hommes et des femmes j’imagine, ni barbouze ni Rambo, vont se battre au côté de ces mêmes kurdes contre lesquels nous venons donner la permission de tuer au même qui trafiquait du pétrole avec Daesh. L’islamiste acceptable des salons pourpres de l’occident frelaté, de notre petit commis de banque, qui s’est empressé de frotter ses chaleurs de marchand à la cuisse du tyran, entre tyran n’est-ce pas, on s’excite un peu. Le brûlant violeur turc et ses Allah Akbar d’infâme et le comptable poisson froid du petit technocrate franchouillard que des imbéciles ont élu, béats de télé, obèses de propagande d’état qu’ils sont. Depuis samedi l’opération cyniquement appelé « Rameaux d’Olivier » s’est déchainé sur le kurdistan syrien. Belles images de chars gravissant des collines dans les médias, militaires en progression, lointaine canonnade, ouh que la guerre est esthétique. Ah non pardon ici on n’en parle pas, à peine. Les zozos de l’assemblée jouent à qui pisse le plus loin attendu qu’on ne leur demande de toute manière pas leur avis, juste leur soumission. Bidule a pas fait exprès de tuer sa femme et de la cramer, et CNN dramatise sur le viol des stars. Silence on massacre.

Cela fait des décennies que la Turquie veut la peau des kurdes, et ils ne sont pas les seuls, les kurdes doivent mourir et surtout ne jamais obtenir leur indépendance. Les kurdes n’existent qu’à l’heure dite des indignations stratégiques d’un occident de marchand de chair humaine. Comme les hmongs, les karènes, les harkis avant eux, après s’être battu contre notre ennemi commun, ils sont lâchés aux mains des assassins. Et comme après la libération du Vietnam, de la Birmanie, de l’Algérie, c’est la curée, au sens propre. La jeune femme qui illustre cet article s’appelait Barin Kobané, les alliés des turcs l’ont prise vivante, torturé, mutilé, tué, violé, battue, les seins découpés au son d’Allah Akbar… juste après avoir reçu le blanc seing de l’enfant de pute de l’Elysée, la France a recommandé à la Turquie de la retenue. Enfants éviscérés, brûlés vifs, femmes violées et dépecées…. Et le quai d’Orsay parle la retenue. Le boucher d’Ankara qualifie les kurdes de « croute de terreur », les combattants de l’YPG et les guerrières de l’YPJ dont faisait partie cette jeune femme sont les alliés objectifs du PKK que les turcs combattent depuis trente ans, il est hors de question qu’ils puissent réunir les enclaves kurdes, d’ailleurs apparemment c’est simple le dictateur nie l’existence même des kurdes, leur droit, leur terre, leur culture. Et on comprend bien pourquoi vu que c’est l’Islam imbécile et tyrannique que défend le boucher. La société kurde est une société du partage et de l’égalité homme femme, et si l’Islam sunnite y est bien majoritaire, il y a également des kurdes chrétiens, animistes, zorozastrien, juifs, yizédines… Vous savez ces fameux yizédines que Daesh a massacrés sous les yeux sidérés de l’occident repus. Non, vous ne voyez pas ? C’est vrai qu’au terme de tous les génocides dont se rendent directement ou indirectement responsable nos gouvernements on perd un peu le fil. Pas de panique Erdogan va vous rafraichir la mémoire. C’est que cette saloperie a bien compris le chantage à l’immigration clandestine qu’il pouvait mener contre l’Europe des coffres forts. Les employés du CAC40 qui gouvernent, ici, à Bruxelles, Londres ou Bonn ont également bien compris la bombe électorale que représente cette immigration massive qu’ils ont eux-mêmes provoqué avec leur inconséquence et leurs projets mégalomanes et le vieux salopard qui tyrannise la Turquie et aujourd’hui la Syrie en joue d’autant qu’il connait par cœur la médiocrité et le faible pouvoir de ces pseudos dirigeants. Silence on massacre.

En occident voyez-vous on est occupé ailleurs. A filmer des bites qui court sur fond de témoignage de harcèlement, à balancer son porc mais puisqu’il est présumé coupable à l’applaudir à tout rompre à l’assemblée. Bref à défendre l’honneur de la Femme en Péril en s’appuyant sur une hystérie collective d’obsédé moins du cul que de la frustration sexuelle tout en continuant sur le même son de flûte. Barin n’aura droit à aucune dénonciation ou alors à peine des quelques voix par laquelle l’atroce vidéo de son massacre est passé. Les fous ont été lâchés sur la Syrie depuis longtemps mais le psychopathe d’Ankara ne compte pas s’en arrêter là. Il veut repousser « la croute » jusqu’aux frontières irakiennes. Car la partie du Kurdistan qui se trouve sur le territoire turc depuis que l’occident en a décidé ainsi en 1919 et dont l’autonomie est rejetée depuis la conférence de Lausanne en 1923, n’appartient simplement pas aux kurdes dans l’esprit très limités de l’imitateur islamiste de l’Atatürk. Et depuis trente ans c’est ainsi. Hier la Guerre Froide faisait les beaux jours de l’alliance turco-américaine contre les communistes du PKK, aujourd’hui le soutien de Washington face aux forces kurdes a considérablement refroidi les relations entre les deux pays et le turc promet de massacrer jusqu’aux derniers la force de sécurisation de la coalition, 30.000 hommes, composés pour moitié de kurde de l’YPG, qualifié par Ankara « d’armée de terroriste » et qui se trouve dans les zones nettoyées et empêche le retour des djihadistes. Une tension qui arrange bien les affaires de Poutine, on s’en doute, pendant que les caméras du monde entier filment la constipation d’Ivana la cocue internationale. Silence on massacre.

 

Vous savez quoi ? J’ai hâte que toute cette société s’effondre. Au revoir madame, reposez vous bien.

 

 

 

 

 

 

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Rien à voir

La diagonale du pire dans le métabolisme chimique d’un continent à la dérive sur des fleuves obliques striés comme des zèbres ondulants et clapoteux, parfumés de sacs plastiques multicolores, un printemps de supermarché. Tout doit disparaitre ! Le rayon dégueulant la marchandise au centuple des sillons creusés sur les mains des enfants du Bengale teintés de bleu jean comme des zoulous de l’espace en mode technicolor from Mars. La lapidation des consommatrices sous le joug du papier glacé des impératrices squelettiques aux yeux de chat porno, fendues sur des mousselines couteuses par des ongles pédés dans la garniture de vieilles bicoques frelatées par des milliardaires plastifiées sous les ors monegasque d’un été entre prélats de la même église. Rien à voir.

 

Le marocain nubile dans les grâces d’un marocain ministériel des fraises et de l’agitation en milieu tiède dodeline du cul près de la piscine miroir et vert de mer qui scintille sous la pastille de son importance toute relative, Un marocain camé de son dieu de cadavre repend son autosatisfaction de branleur sur les remparts d’un songe anarchiste, une marocaine violée se fait happer par une foule frustrée et pornographiée comme une sodomie en plan large, vive le viol, vive la mort. Rien à voir.

 

Langouste égarée dans un panier de crabes enlacés sous le lacet savant d’une ordonnance caractérisée de chrome et d’or sur la feuille de silicium d’un mage du papier dollar. Il charme la courbe insane d’une chiffrée pétrolière éclaboussant d’épaisseurs gluantes et fumantes la flaque de sang d’un cadavre frais de nègre Kivu. Il berce la cataracte mauve de l’œil de l’envie sous la latitude d’une plage off-shore en immondice d’or et de palmiers. Des femmes au cou gracile gribouillé de diamants juifs sur des comptes de Zoug mitraillent en cascade de rires insanes le minable qui sous-traite l’ultra comtesse faramineuse sabrant le Pérignon sur le crâne d’enfant-œuf au dos zébré d’esclaves tropicales. Rien à voir..

 

Le grouillant d’une masse bob et K-Way mugissant de leur satisfaction repus d’enfant de salaud pilleurs de poème en image désincarnée d’un souvenir de caca sur les collines d’un désert d’ivoire, bidule was here, in memoriam du néant retracé sur des pages électronique de milliardaire complexé par un sexe ordinaire. Des foules compactes d’imbéciles congés payés dégobillés des charters pour des retours de chaude-pisse tropicale à l’ombre des putes de Pataya. Ca rote des cames compliquées de chimie intelligente sur des drames sophistiqués de trentenaire tatoué au milieu du néant de sa différence stéréotypée par des fascicules du bien consommé glouglouté des bacs à vide d’un média consorsium. Pas cher, pas cher, viens voir mon tapis d’Orient qui rame à dix dirhams en opéra de boustifaille dégringolant des montagnes de viande sur des assiettes privilégiées de clampin sans dent dans le tournis vicié du tourisme de masse. Rien à voir.

 

Des freluquets encravatés de soie violette, coulés dans des uniformes sur mesures de césar de chenil, discourent de leur importance au nombril du monde d’un prime time de galerie pour vendre plus de coca charbonné de substituts usinés dans des cuves nazi de quelque projet de grandeur. Il borborygme sa satisfaction d’être lui, de n’avoir rien à dire mais de le dire bien dans la scolastique d’une langue en sapin. Enterrer les idées et en faire des sucreries à mâchonner pour les pouilleux qui s’entassent devant l’écran de leur ignorance. Des dimensions parallèles parasitées par l’absurdité élective d’un tour de passe-passe éventé comme une farce donnée et sans importance aux foules affamées d’idéal, fronçant l’œil sur le firmament d’un avenir en abime, et piaulant tel des chiots sans affection leur peur de laisser à l’héritage une longue agonie, derrière l’éclaté fluorescent d’une vitrine au dieu solde, et tout doit disparaitre. !. Rien à voir.

 

Des torrents synthétiques de sang graphique gicle en vomi aseptisé d’un cinéma pisseux, violence grisante et marketée comme une fille facile sur un lit panthère dans un fantasme glacé de parvenu libidineux dégénérant dans des jeux vidéo de tourisme casqué et d’anarchie facile de caïd cinématographique en mode couille et tergal. Des spectacles infantiles de monarchie sans enjeu juché sur les dragons rouges des tapis enroulés d’une aristocratie du toc en sourire qui claque sur les étals retouchés de marchandise de choc.  Rien à voir.

 

Verticales dominantes plaquées polychrome d’affamés cintrés de parachute d’or et golden shower sur les berges féroces d’infirmes sur le retour de contrées sauvages, jungle des bistourés cacochymes en plis étirés sur des clavicules décharnées de régimes sans glucides, jus de carotte transgényco-californienne, les dents porcelaines taillées au rasoir pour des jugulaires infantes dans les castels imaginaires des rives de la nouvelle économie. Rien à voir.

 

Chimères fantastiques d’opiacé constitué en gerbe dégarnies d’infanticides télévisés, l’œil calculés dans la lucarne des terreurs à la commande de quelques publicistes soda saupoudrés cocaïne, plantés dans la conserve de brique rose cinq cent de leur aptitude à dissimuler le cancer dans le colon du sacre-journal. Au jeu des miroir du pays d’Alice farubileuses et spermicides d’une sixième extinction d’oraison glacée au firmament d’une pourriture qui balbutie sur la peau verni des crocodiles sac à main. Rien à voir.

 

Le sac à main couteux des frères du bayou n’a rien perdu de ses mœurs sauvages, il s’enroule sur les turpitudes d’émeraude et rubis de la princesses décolorée, l’entraine dans les tréfonds d’un viol collectif de perroquet de salon soucieux d’étiquette dans l’absorption de pâtisserie en forme de plug anal pour gorge bourgeoise et bien garni de suceuses endormies sur les canapés ouatés à la fleur d’euros. Rien à voir.

 

Marchandises claironnées, plaquées en lumières électriques sur des boulevards griffés de vapeurs d’essence, poubelles obèses soulagées dans des rivières poétiques de reliquat de campagne champignonnée d’hypermarchés faramineux sous les lampions du semblant et de la paresse des foules gavées d’images en hyperboles de leur désastre intérieur, vissées sur des canapés suédois de quelques forêt ravagée statistiquement par des cadres soucieux de leurs enfants et du bien obéir dans le mugissements du troupeau satisfait d’une fin de l’histoire en forme d’agonie de soin palliatif. Rien à voir.

 

Canoë dérivant sur le clapotis enthousiaste, terrain de jeu des pédalos et des bouteilles de crème solaire vides. Embarcation ras la mer aplatie de futurs esclaves à la peau grise des maux de mers et des terreurs nocturnes sous les bombes high tech des princes dorées du triomphe impérial. Crevoir satisfait des périphéries niçoises sous le regard grognée de quelques épiciers du confis et de la corruption, déblatérant leur inutilité au micro attentif d’un stagiaire jaune de la réussite vedette qui courbe devant le paresseux donnant sa leçon de rien nombrilistique. Que ça peut pu aller toute cette mendianterie qui n’a même la décence de se laver dans le lisse d’un pavillon à crédit sur 100 ans. Et petits bruits de bouche sur les réseaux de l’antisociale sponsorisé par des marques de lavabos connectés. Ca grimaille ses théories nationales dans l’angoisse du remplacement de sa petite importance de face de craie et ça carême devant la main crevé du Rom négatif au rire d’or devant ce peuple d’émasculés. Rien à voir

 

Marmaille médusée sur des radeaux d’infortune cannibalisés par les objectifs voraces des médiamétries corporate. Grouillement de guenilles au regard déraillé sur le fil barbelé de l’Europe marchandise, Intermarché ferme ses portes à dix-neuf heures, les indigents sont priés de se présenter à la poubelle pour leur sirop de Javel. Suffisance emplâtrée sur des plateaux télé aseptisé comme des frigos d’abattoir, vernis à ongle de la civilisation bien née qui craquèle sur la couche grasse et juteuse de la bêtise primitive du petit propriétaire sans crédit, rentier de ses défécations satisfaites . Rien à voir.

 

Micro processeurs aérodynamiques d’un super futur en forme de trip à l’acide des mauvais délires d’un singe de luxe dans une tour d’ivoire. Tripotis des combines humaines, s’absoudre de ses propres misères qui cherche le contact vers le ciel mais oublie de saluer les fleurs. Manger tous les jours des pâtes sous le luminaire éco-responsable d’un avenir de déchet radioactif sur les plages de Somalie, rajouter du fromage artificiel pour faire plus festif, enrichir la kémya, du sang plein les pattes d’avoir fait miroiter le bureau ingénieur des hommes du futur de tout de suite. Rien à voir..

 

Génie USB sirupant ses données fantastiques dans le système sanguin d’un appareil de distraction. De l’art en conserve consommable n’importe quand sans le grès d’un peu culture, pour soulager des chips. Je serais tous tes souhaits de fantasmes technicolor mais ne lit pas Steinbeck ça fait mal au crâne. Grimace autorisée de savonnés précieux au tour de cou de poulet, déblatérant leur inculture conflictuel pour faire dormir en réfléchissant. Spectacle de société mascarade qui ne sait plus rien mais le sait mieux que tout le monde. Tristesse infinie des fonds de tiroir qui attendent qu’on les débarrasse des derniers arguments en faveur de la stupidité. Rien à voir.

 

Un type passe les poches trouées dans ses poings crevés, le poil gras des nuits sur le parvis d’une église éclairée toute la nuit comme un concessionnaire motos dans un quartier élu, ça gargouille dans son bide, objectif kebab. Sur le devant de sa scène un mégot de joint à peine dégarni par quelques coyotes en survêtement pimpant. Il le ramasse, il l’allume, sa journée est faite. Rien avoir.

 

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Le capitalisme, la loi des parasites

Marxiste ! Assassin ! Anarchiste ! Islamo-communiste ! Calmes-toi, déjà je ne suis pas ton thérapeute, ensuite je me doute qu’avec un titre comme ça tu vas commencer par sortir ta petite grille de lecture bien délimitée par des années d’endoctrinement idéologique. Personnellement les idéologies, toutes les idéologies, ne m’ont jamais passionné. J’ai certes une affection pour l’anarchie mais pour l’expérience anarchiste et non pas la théorie, j’ai jamais lu Marx mais j’ai vu l’expérience soviétique de mes yeux, et je suis parfaitement d’accord avec de Tocqueville quand il dit ceci : je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu’en matière de gouvernement la majorité d’un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs (…). Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu’on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu’on l’exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d’autres lois. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu’on l’a organisé aux États-Unis, ce n’est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible. Et personnellement je m’en arrêterais là parce que ça défini notre monde et le capitalisme dans son ensemble : le droit de tout faire parce qu’on est tous d’accord pour le faire, et c’est connu la majorité à toujours raison. La tyrannie du nombre.

 

C’est vrai après tout, dans l’Alabama des années cinquante ils étaient tous d’accord pour torturer, brûler vif et pendre le nègre. C’est donc qu’ils avaient raison.

 

C’est vrai quoi, on a tous voté pour machin qui nous a sucré notre liberté pour notre sécurité, c’est donc qu’on avait raison !

 

C’est vrai quoi on est tous d’accord pour avoir une voiture, plein d’argent, et des vacances avec un bon travail pas chiant, et tant pis si de consommer comme des porcs transforme notre monde en décharge, on doit quand même sûrement avoir raison, quelque part…

 

 

Dieu est mort, il faut que le commerce vive.

Dieu n’est pas mort avec Nietzches ou la Shoah, dieu est mort avec les Lumières. Dieu est mort avec Voltaire, Diderot, Hobbes, Newton, Dieu est mort avec l’Amérique, pas le moindre des paradoxes. Mais il n’allait déjà pas fort bien quand on l’a découverte, c’est-à-dire le jour de la naissance du capitalisme, le 13 octobre 1492 quand un marin génois s’est paumé dans les caraïbes en croyant avoir découvert l’Inde. Il n’était pas le premier à débarquer sur le continent, les vikings, les chinois et d’autres sans doute, mais aucun d’entres-eux n’était un marin génois ambitieux et endetté, qui avait promit mondes et merveilles à sa banque, la reine Isabelle, en échange de titre et de terre. L’enjeu était de taille. Et pas seulement au niveau des ambitions du marin. Constantinople avait été prise par les turcs emportant avec elle l’Empire Byzantin, la route des Indes et de la Chine était coupée, tout le socle commerciale qui s’était formé en Europe, à Venise, Florence, Gêne, Amsterdam, etc était en péril. Et de qui dépendaient monarchies et Eglise ? Rois, reines et pape ? Des banques, des usuriers, de ceux-là même dont le pouvoir reposait notamment sur le commerce avec l’est…

 

Et voilà que le marin et ses hommes débarquent sur une plage, accueilli par des autochtones qui leur offrent immédiatement des perroquets, du coton et d’autres verroteries. Pardon de la digression mais j’imagine le tableau… Qu’est-ce que ça vous ferait vous si soudain vous voyiez débarquer de trois gros bateaux l’air pas sympa, une horde de types pas du tout habillés pour la saison, mal rasés, crasseux, avec des semaines de mer dans les pattes, à demi affamés et armés ? Des perroquets et du coton me semble en effet l’option la plus pratique. Et quand le marin, à force de gesticulations et de mal entendue, vu que l’interprète sert à rien, réussi à brancher l’autochtone sur la question de l’or, qu’est-ce que celui-ci s’empresse de faire ? Vu comment le monsieur mal rasé et affamé insiste, bah de lui dire que ouh là oui y’a plein d’or par là, dans le sud, gardé par une tribu très méchante et cannibale qui arrête pas de nous emmerder.

 

Vous n’auriez pas fait la même chose vous ?

 

Le marin est reparti avec sa bande de clochard, a débarqué Cuba en se croyant au Japon, a découvert le tabac, et envoyé un de ses collègues dans les terres, chercher… le Grand Khan. Les cannibales ils les trouveront finalement en Dominique… et Ridley Scott attendra.

 

Et à partir de là la chasse a été ouverte.

 

Tout le monde a voulu venir pour l’or, les épices, les peaux, le grand cirque des marins-entrepreneurs, les conquistadores, comme on les appela. Des hommes qui avaient d’autant intérêt à piller et ravager tout sur leur passage qu’ils avaient une épée dans le dos, celle des banques et des prêteurs. Pas questions de revenir bredouille. Et puis Dieu était avec eux hein… enfin, l’Eglise qui trouva là un moyen formidable d’accroitre son pouvoir, et ses fonds. Mais il fallait aussi s’installer, construire des comptoirs, et donc qui dit construire, dit main d’œuvre. On commença par les locaux, mettre en esclavage les arawaks et tous les autres du continent. Jusqu’à la Controverse de Valladolid durant laquelle le dominicain Bartolomé De Las Casas et le théologien Juan Guinès de Sépulveda, à l’initiative de Charles Quin, débattirent sur la question suivante : les indiens ont-ils une âme ? Décidant que oui, on se rabattu sur l’Afrique de laquelle on importa les locaux qui eux heureusement étaient mi hommes mi bêtes. La traite négrière fit la fortune de l’Amérique et accessoirement des banques, des assurances, des compagnies maritimes comme la Compagnie des Indes ou la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales et donna à la ville de New York un essor qui l’a sorti de l’ornière dans laquelle elle végétait depuis Stuyvesant.  Les commerçants, les propriétaires terriens,  les banques, les prêteurs, les intermédiaires, les courtiers, avaient prit le pouvoir.

 

Et puis est arrivé le 18 octobre 1685. Révocation de l’Edit de Nantes, fin de la liberté de culte pour les protestants, début des persécutions. La suite on la connait, enfin surtout les natifs la connaissent. Une bande de fanatiques religieux débarquent sur la côte est, manque de crever de faim, les locaux leur apportent à manger parce qu’ils sont trop cons pour chasser la dinde qui les toise à vingt mètres, vu qu’ils se méfient de tout… Pour fêter ça les dingos appellent ce jour Thanksgiving, après quoi ils s’empressèrent de voler, tuer et piller leurs bienfaiteurs.

 

Oui le capitalisme est né à partir d’une foutue erreur de navigation. Il s’est théorisé avec les Lumières. Il s’est surdéveloppé avec la Révolution Industrielle, piétinant au passage et réinterprétant à la sauce de ses intérêts toutes les théories libérales de De Tocqueville à Adam Smith.

 

Et Dieu dans tout ça vous me direz ? Il a été remplacé par l’Objet.

 

La logique des termites.

 

Te fatigue pas je ne crois pas en Dieu. Je trouve la vie beaucoup plus cruelle, drôle, ironique, farceuse, multiple, et chatoyante que toute cette idée d’un barbu dans le ciel qui envoie en enfer ses enfants s’ils n’obéissent pas à ses lois, mais qui leur laisse le droit de le faire en appelant ça le libre-arbitre. Je ne crois ni en une force immanente et juste, la nature fait des conneries monumentales et s’en fout totalement, dixit les dinosaures. Ni en une justice du même acabit. Si je me souviens bien Staline est mort tout seul comme un con parce qu’on avait tellement peur de lui que personne n’était allé voir comment il allait. Après avoir fait tuer des millions de personnes, et mis en esclavage des millions d’autres dans les koulaks. Hitler à choisi sa mort, au contraire de mes arrières grands-parents. Et pendant ce temps à Charlottesville….

 

Mais il faut bien reconnaitre quelque chose au dieu des trois églises, il porta une construction intellectuelle. Il porta un savoir, un mode de pensée, il réforma les esprits, la façon dont les puissants et les seigneurs de guerres commencèrent à voir le monde. Plus seulement en termes de pillage, de vols, bien au contraire. L’église disciplina des guerriers et en fit des chevaliers et des rois, une aristocratie portée par une foi, quelque chose de plus grand qu’eux et leurs petites querelles. Oui je sais, tu vas me dire les croisades tout ça, mais il ne faut pas confondre le pouvoir spirituel et le pouvoir terrestre. La foi et les intérêts économiques et militaires de chacun. L’Eglise en tant qu’état et l’Eglise en tant que guide spirituel. La Torah n’est pas seulement le récit d’un exode, c’est un mode de pensée, une base de réflexion, un trait d’union entre le spirituel et un peuple. L’Islam s’est construit sur la conquête et a rayonné par le savoir et la tolérance. Etc…

 

Mais il y a eu les Indulgences, cette rançon qu’on payait pour racheter son âme auprès de l’Eglise. Commerce de la médiocrité. Il y a eu les bûchés qu’on a allumé pour un rien. Les femmes qu’on jetait dans la rivière attachée à une chaise. Si elle se noyait, son âme était sauve, si elle flottait, fallait la brûler c’était une sorcière. Il y a eu la vulgarisation de la Bible qui a fait comprendre à plein de gens que ce qui était écrit n’était pas trop conforme avec ce qui se passait dans l’Eglise Catholique Romaine. Il y a eut le courant protestant et bien d’autres avant, et la violence s’est déchainé comme elle se déchaine aujourd’hui entre chiites et sunnites.

 

Le prêchi-prêcha du croyant moyen ça sera de vous dire que ça c’est parce que l’homme il est très, très méchant mais que Dieu il leur pardonne quand même. Bref que le dogme, l’église et son mode de pensée n’ont strictement rien à voir à ce qu’en font ses ouailles. Responsable mais pas coupable quoi. Les textes ont beau être d’une violence sans nom, les interdits et les anathèmes multiples, c’est les gens qui lisent qui comprennent mal. Et ceux qui ont élaboré la Bible après deux cent ans de bagarres intellectuelles et de coupe-gorges, Ceux qui ont une idée précise et délimité du monde parce qu’ils sont persuadés qu’un berger illettré et mystique a écrit un bouquin de 600 pages sur les lois d’Allah, après avoir piqué sa crise et péter les idoles dans ce qui tenait lieu d’église dans son village. Ils ont mal compris ou c’est juste qu’on a voulu poser des mots et des lois sur des ressentis sans les comprendre ni les accepter ?

 

Je suis plus prêt de toi que ta veine jugulaire, nous dit le Coran. Voilà, c’est ça la foi. Et on aurait dû s’en arrêter là. Mais non, l’homme est un animal intellectuel, ce qu’il ne comprend il faut qu’il se l’explique. Il parle tout seul ou avec d’autres, il élabore des théories. Et elles le portent. Cette idée de quelque chose plus grand qu’eux a porté les hommes. Elle leur a donné la grosse tête aussi. Jusqu’à ce que la science commence à relativiser notre nombril. La terre a cessé d’être plate et au centre de l’univers. Et peu à peu tout a cessé d’être sacré, à commencé par l’homme lui-même. Du moins dans la conception que l’occident judéo-chrétien se fait du monde. Cet occident conquérant qui s’est déployé comme jamais à partir de cette fameuse erreur de navigation. Qui a soumis la Chine en l’intoxiquant avec de l’opium, s’est imposé au Japon par la force de sa marine, a réduit des millions de personnes en esclavage à l’instar des arabes et des romains qui les avaient précédé. Et dès lors, ce dieu qui avait été une explication, une interprétation du monde, un guide, devint un prétexte pour tout se permettre. Un commerce comme un autre quoi.

 

Depuis l’homo modernus est un animal vide dans lequel on a glissé un objet. Chaque fois qu’il bouge l’objet lui rappel qu’il est vide. Alors il le remplit d’autres objets, à force de se bourrer il arrivera peut-être à étouffer le vide…

 

Et ce qu’il y a de formidables avec ce système capitaliste c’est que nous en avons tous profité ! Face à la montée du socialisme, de l’anarchie, du communisme, les tenants du capital ont bien été obligé de lâcher du leste. D’autant mieux, comme l’a compris Ford, que payer mieux ses ouvriers et leur donner une participation dans l’entreprise en fera non seulement des ouvriers concernés, mais des clients heureux. Ford qu’admirait tant Hitler et réciproquement. Point Godwin me direz-vous ? Pas vraiment non, le Fordisme, le taylorisme est une des sources d’inspirations de la machine industrielle nazi, jusqu’à la Shoah, Organisation Scientifique du Travail cela s’appelle et elle s’est élaborée lors de la seconde révolution industrielle. D’ailleurs Ford était ouvertement antisémite. Et puisque plus rien n’est sacré, tout est permis. Comme disait Césaire, au fond Hitler n’a fait qu’appliquer le colonialisme sur l’Europe. Les mêmes méthodes, le même asservissement, même les camps de concentration qui avaient été inaugurés par les allemands en Afrique. Hitler avait aussi son idée du sacré. Une idée totalement délirante de psychopathe sado-maso mais passons. Qui a pourtant perdurer jusqu’à Charlottesville et la famille Le Pen. La religion du sang, de la race, de la couleur de peau, du sol. La religion du Peuple-Nation, du Peuple des Seigneurs. Qui a d’autant perduré qu’il est présent dans les archaïsmes de l’Europe et d’à peu près tous les peuples de la terre. Barres toi c’est nous qu’on est le Peuple Elu.

 

Oui, nous en avons tous profité. Comme nous avons profité de nos guerres, de nos ennemis, du nazisme, du génocide indien, de l’esclavage, de la Shoah, de la Guerre Froide, de la Guerre de l’Opium. Les marchands, les commerçants, les usuriers, banques, propriétaires terriens ont envoyé la paysannerie grossir les villes et remplir les usines au point où aujourd’hui pratiquement plus aucun d’entres-nous n’est auto-suffisant alimentairement. Nous vivons dans des lieux qui appartiennent à d’autres et nous passons notre vie à courir après l’argent parce qu’un jour Adam Smith a décidé que l’économie du troc avait été l’économie de nos ancêtres. Ce qui n’a jamais été le cas nulle part sur terre. Dans les tribus primitives nécessité faisait loi. On partageait le produit de la chasse. Aujourd’hui on le vend pour s’acheter à manger… Et en effet il s’est produit ce que ne cessent de nous vanter les libéraux modernes, tout le monde en a profité, un peu. Tout le monde s’est enrichi, un peu. On a été en meilleur santé, vécu plus longtemps, etc, Merci saint Capitalisme de tes bien faits ruisselants !

 

Et on est tous devenus des rongeurs, des termites bouffant notre unique domicile, la terre. Sans le savoir ou en pleine conscience. Tous voulu notre voiture, notre ordinateur, notre Ipod, notre petite maison rien qu’à nous à crédit sur 20 ans. Tous. Et aujourd’hui ça se démultiplie parce que l’occident triomphant a imposé ce système de pensée à l’ensemble de la planète. Tout le monde veut connaitre son petit confort 2017 mais comme dans les années 70 chez nous. Et pourquoi pas ? Pourquoi on y aurait pas tous droit hein !? Il existe un site qui pourrait vous éclairer sur ce qu’implique ce droit : http://slaveryfootprint.org. Vous pouvez tester par rapport à ce que vous consommer le nombre d’esclaves dans le monde qui travaillent pour vous. Bon vu ce que je consomme avec le peu d’argent que je gagne, je suis très déçu mais j’ai zéro esclave qui travaille pour moi. C’est une affaire d’échelle bien entendu, en réalité il y a bien un gamin dans le sud Kivu qui s’est crevé la vie dans un trou pour que je puisse taper ce texte sur mon ordinateur. Six millions de morts en RDC depuis la fin de l’Opération Turquoise. Turquoise c’est plus joli qu’Abattoir à Ciel Ouvert. Ca fait printanier.

 

Oui, c’est ça qui est formidable avec le fameux ruissellement du capitalisme magique, il nous a rendu tous complices involontaires ou non. Et voilà la loi du nombre, voilà la théorie de l’offre et de la demande.

 

The pusher don’t care

 

C’est une des paroles d’une célèbre chanson de Steppenwolf, The Pusher. Un pusher en argot américain c’est le revendeur de drogue qui pousse à la consommation, celui qui appuie sur le piston de la seringue pour vous aider à vous shooter la première fois. La première dose est gratuite ! Comme pour nous autres, la première dose a été gratuite.  La machine industrielle s’est emballée. Notamment avec la Guerre de Sécession qui sera le premier conflit industriel de l’histoire, puis plus globalement avec les deux grandes guerres faisant des Etats-Unis une puissance économique sans précédent. De plus en plus de monde a eu accès à de plus en plus de confort au point où aujourd’hui on trouve dans une Twingo plus de technologie, de confort et de sécurité qu’en rencontrera jamais un soudanais ou un bengali moyen dans toute sa (courte) existence. Plus en plus de monde, donc plus en plus de demandes, et d’offres. C’est la logique claironné par le capitalisme, la loi de l’offre et de la demande. Le mantra sacré. Ce pourquoi du reste les trafiquants de drogue ne comprennent pas pourquoi on leur fait la chasse, eux aussi répondent à une demande. Une demande dont s’est du reste parfaitement accommodé l’Empire Britannique et Français quand on s’est proposé de forcer la Chine à s’ouvrir au commerce avec l’occident. Et si je fais l’analogie avec le revendeur, celui qui vous file la première dose gratuite, vous tape dans le dos et vous dit à la prochaine fois, c’est parce que c’est exactement comme ça que fonctionne le capitalisme moderne. Non il ne s’agit pas de la loi de l’offre et de la demande. Il s’agit de la demande créée, suscitée, provoquée, de la demande créée de toute pièce à partir d’une offre qui ne répond plus à aucun besoin réel mais à des nécessités strictement commerciales. Apple ne sort pas un appareil tous les deux ans pour répondre à un besoin technique ou pratique mais pour entretenir ses clients dans une dépendance technologique, et ses actions en haut de la liste. Et quand je parle de dépendance, combien d’entre vous cherchez encore votre chemin sur une carte IGN ? Combien d’entre-vous êtes même capable de la lire ?  Combien d’entre nous serait capable de tuer ou cultiver pour vivre ? Pas besoin, le groupe Carrefour vous propose son large choix de viande à un euro le kilo, pour pas que ce qui reste d’éleveurs et de cultivateurs ne se suicide tout de suite. La première dose est gratuite on vous dit ! Reagan, Thatcher, les fers du lance de ce capitalisme là, nous l’ont dit, enrichissez-vous, il y en aura pour tout le monde ! Du pétrole ? Pff à l’infini qu’on vous dit ! Et d’ailleurs pourquoi pas puisque tout le monde le fait…

 

Pourquoi pas puisque tout le monde achète le dernier album de machin c’est que ça doit être bien, et pourquoi pas puisque ma star préférée utilise Avon, ça doit être bien. Pourquoi pas voter pour lui puisque les sondages me disent que tout le monde va voter pour lui, ça doit être bien. La logique du nombre, du suffrage universel, pas seulement appliquée à la politique, non à tout, à l’art, à la mode, au mode de vie. On y revient, si tout le monde le fait c’est que c’est bien. Et on a appelé ça la démocratie. Le droit tout avoir parce que tout le monde l’avait donc forcément c’était bien. Pourquoi pensez-vous que les Etats-Unis et l’Europe ne cessent de faire la guerre au nom de la « Démocratie » ? Pour que plus de monde ait accès à tout ce qu’il veut. En terme commerciale on appel ça élargir sa clientèle. En terme militaire, une stratégie de conquête. Et si vous en doutez demandez aux irakiens.

 

Le capitalisme est né les deux pieds dans le sang, un fouet dans une main et une Bible dans l’autre. Il a survécu à lui-même et s’est prorogé par la guerre. A la fin de la Guerre Sécession les Etats-Unis étaient déjà une puissance qui comptait, et dès la fin du XIXème siècle ils se sont empressé de coloniser, par la guerre leurs environs immédiats et plus si affinités. Chaque guerre a été le motif d’un bond industriel. Et la guerre c’est bon pour les affaires quand on fabrique à la chaîne et produit en masse. Voilà ce que raconte le général Smedley Butler du US Marine Corp, à la fin de sa carrière : J’ai effectué 33 ans et 4 mois de service actif, et durant cette période, j’ai passé la plupart de mon temps en tant que gros bras pour le monde des affaires, pour Wall Street, et pour les banquiers. En bref, j’étais un racketteur, un gangster au service du capitalisme. J’ai aidé à sécuriser le Mexique, plus particulièrement la ville de Tampico, au profit des groupes pétroliers américains en 1914. J’ai aidé à faire de Haïti et de Cuba un endroit convenable pour que les hommes de la National City Bank puissent y faire des profits. J’ai aidé au viol d’une demi-douzaine de républiques d’Amérique centrale au bénéfice de Wall Street. J’ai aidé à purifier le Nicaragua au profit de la banque américaine Brown Brothers de 1902 à 1912. J’ai apporté la lumière en République dominicaine au profit des entreprises sucrières américaines en 1916. J’ai livré le Honduras aux entreprises fruitières américaines en 1903. En Chine, en 1927, j’ai aidé à ce que l’entreprise Standard Oil fasse ses affaires en paix. Quand je repense à tout ça, je pourrais donner à Al Capone quelques conseils. Le mieux qu’Al Capone pouvait faire, c’était de racketter trois quartiers. Moi, j’agissais sur trois continents.

 

Vous voyez ce que je veux dire ?

 

La farandole des parasites.

 

Laurent de Médicis était laid comme un pou, avait une voix nasillarde, orbitait dans une ville remplit de clan familiaux qui mourraient d’envie de s’entre-tuer, mais il avait autant d’argent que d’éducation et de goût. Il a révélé Michel-Ange, Léonard de Vinci, Botticelli et d’autres. Et tout le monde raffolait de le fréquenter, pas seulement pour son or. En gros il a accouché de la Renaissance. Aujourd’hui Laurent de Médicis s’appel François Pinaud, il ne révèle rien, n’accouche d’aucun renouveau artistique, philosophique et scientifique, il collectionne. Il s’exonère fiscalement en plaçant dans le marché de l’art, car l’art est devenu un marché comme un autre.  Et tout le monde veut le fréquenter autant pour son or que son pouvoir.

 

Un jour un espagnol au nom interminable, dit Picasso, s’installe à Paris sans un rond, il boit un coup avec un certain Max Jacob, rencontre un poète du nom de Guillaume Apollinaire, c’est avant la grande boucherie de 14 de laquelle le même Apollinaire finira par mourir. Modigliani n’est pas loin, Cézanne a déjà dit adieu à la perspective italienne et a jeté les premières bases du cubisme avec les Joueurs de Cartes. Pourquoi sont-ils à Paris à ce moment là, pourquoi passent-ils tous par là ? Parce que Paris c’est la ville où on fait la fête, où on peut encore se loger pour pas cher, où toute l’Europe se croise, alors qu’à Londres ont fait des affaires. Aujourd’hui Picasso, loge en banlieue parce que Paris c’est trop cher, monte un blog vu qu’il rame avec les galeries qui pensent cotation avant de penser art, correspond avec un gars qui a fanzine et qui s’appel Max Jacob, ils décident de s’auto produire pour vendre leur travail, montent une chaine de crow funding, payable par Paypal uniquement, font du buzz dans les magazines en ligne mais vu qu’il défile déjà des millions d’images et de poème sur la toile, tout le monde s’en carre… sauf, sauf si un gars décide de poser un plug anal vert sapin de sept mètres sur la place de la Concorde. Alors Picasso lâche l’affaire et laisse la place à Jeff Koonz.

Louis Ferdinand Céline envoi un manuscrit épais comme un bottin à un certain Gaston Gallimard, ils s’engueulent pendant toute la durée de la correction et même après. Le livre rate le Goncourt dont du reste personne ne se souvient. Il devient un monument littéraire sans passer à la télé. Il inspire des milliers d’écrivains et d’artistes en général jusqu’à aujourd’hui, sans répondre à un interview dans les Inrocks. Et pourtant on y dit des mots comme nègre, foutre et youtre. Son livre se vend partout dans le monde, Céline ronchonne parce qu’il ne touche rien. Les intermédiaires sont déjà là. Les agents, les éditeurs, les législateurs qui décident si oui ou non vos droits d’auteurs s’appliquent chez eux et à quel taux. Aujourd’hui Céline envoie son manuscrit à 15847 maisons d’éditions qui le refusent en raison de sa taille, ou de son style, ou parce que il y a Game of Thrones à la télé. Fini par se publier à compte d’auteur et quand il veut expédier son livre à l’étranger, la banque lui pique 20 boules pour les cartes bleues plus 25 sur les chèques, le tout pour un livre qu’il mit à dix-huit pour arriver à le vendre…

 

Avec le capitalisme et la bourgeoisie qui en est né, se sont créée toute sorte de métiers. Et toutes sortes de lois, de règles, de règlements, et de taxes diverses et variées ce qui n’est pas non plus le moindre des paradoxes quand on écoute les défenseurs de la « libre entreprise ». Sur un produit, sur le fruit d’un travail, quelque soit le travail, tout le monde veut sa part. Je décide de vendre des chouchous dans la rue il me faudra une patente commerciale, un numéro d’Urssaf ou d’auto-entrepreneur, une autorisation préfectorale, une conformité d’hygiène répondant à des normes décidées dans des bureaux où on a jamais vu de sa vie un vendeur de chouchou ni n’a la moindre idée de comment ça se fabrique. Sur la vente de mon chouchou l’état prendra sa part à hauteur de 20%, ça s’appelle la TVA, c’est légal. Et si jamais j’ai emprunté pour m’acheter le matériel, la banque prendra la sienne. Après quoi je devrais repayer l’état que j’ai fait ou non des bénéfices, c’est pas nos oignons, ça s’appelle les cotisations sociales ou patronales si je suis mon propre boss. Et si je ne le fais pas ça s’appelle un délit. Par contre les milliards d’arriérés de cotisations patronale du CAC40 ce n’est pas un délit c’est favoriser la compétitivité. D’ailleurs eux ils appellent ça des charges, parce que c’est lourd de payer l’hôpital à des pauvres. Et quand vous achetez votre paquet de café deux euros, vous ne payez ni le travail du gars qui a ramassé, vu que proportionnellement il n’est pas vraiment payé, ni celui qui a fait poussé, vu que c’est le même. Pas même les marins qui vont le transporter jusqu’à vos côtes, d’autant que l’automatisation se porte bien dans les transports maritimes, ou le chauffeur routier qui trime plus qu’il ne vit. Vous payez la longue chaine d’intermédiaire qui vous sépare de la plantation. Mieux, vous payez l’autre longue chaine d’intermédiaires qui ont fixé le court du café x au moment y. Vous payez une foultitude de gens, et pourtant le plus gros de ce que vous payez va dans la poche d’une poignée d’individus.

 

Vous me direz que ce que j’ai dit plus haut sur les chouchous est la preuve que l’état grève l’initiative et que Smith avait raison. Je vous répondrais que mis face à une holding qui me vend mon huile de friture, ma pâte, mon matériel à crédit, et le crédit qui va avec, peut produire vingt fois en une journée ce que je fabrique en deux semaines et sans que quasiment ça ne lui coûte un rond, je suis un peu le dos au mur. Surtout que si je fais les meilleurs chouchous du monde de la terre, qu’ils deviennent une marque, la holding me la rachètera et si je refuse de vendre cassera les prix pour me ruiner. Elle n’a rien à perdre, elle a déjà tout.

 

Et c’est pareil pour absolument tous les produits du capitalisme. Même le shit ! Une barrette de deux à trois grammes de haschich est vendue dans la rue vingt euros. Sur cet argent, la moitié paye le transport, la sécurité, la récolte et la culture, la fabrication, les autorités solvables. Le reste emprunte le circuit bancaire pour blanchiment. Et sur lequel le dit circuit prendra une commission de manière parfaitement illégal… mais quand on s’appelle HSBC, illégal c’est un mot pour les pauvres.

 

La bourgeoisie née du capitalisme a fait de ses employés, des artistes, de ses ouvriers, agriculteurs et artisans, des clients. Des clients que le capitalisme s’est ingénié à exploiter de la naissance à la mort comme d’une matière première. Et le procédé s’accélère puisque peu à peu nous devenons des marques, des individualités à vendre sur notre page Facebook… L’offre dépassant rapidement la demande, la publicité est intervenu pour attiser cette demande, la démultiplier, parce que tout le monde a besoin de onze sortes de yaourt différents bien entendu. Et comme ça coûte cher, que ça ne suffit pas, que Bernard Arnaud ne vend pas assez de sac à main en peau de crocodile écorché, on veille à uniformiser les goûts, aseptiser l’offre, la rendre non plus accessible pour tous mais rendre tout le monde accessible à l’offre. Coca Cola dépense des milliards en budget publicitaire, monopolise des sources d’eau potables dans des régions où on en manque. Créer une dépendance au sucre et des problèmes d’obésité et il n’existe pas un coin sur la planète où n’en trouve pas. « Joshua Tree » de U2 passe une fois toutes les six secondes sur les radios européennes depuis sa sortie dans les années 90, l’album s’est vendu des millions de fois, donc totalement par hasard, et Bono peut faire le mariole au sujet de la faim dans le monde et les petits indiens d’Amazonie… ah non ça c’est Sting… Un exemple criant ? Comparez le cinéma américains des années 60/70 et celui actuel. Comparez un Hollywood ruiné, des studios au bord de la tombe qui décident de faire le pari fou de faire confiance à des  artistes.  Et le Hollywood d’aujourd’hui des banques et des consorsiums, des agents et des publicistes, des distributeurs, des éditeurs, de la foultitude de nouveaux intermédiaires qui produisent à la chaine… des films de super héros. La médiocrité marchande. Réduire tout à une transaction, une marchandise, une valeur décidée moins par un marché que quelques possédants. Quelques possédants et leur aréopages, leur cour,  leur armée idéologique, celle qui défendra ce droit à posséder à tout posséder, et accessoirement à tout se permettre au nom de la liberté d’entreprendre, la bourgeoisie.

 

Et nous voilà donc tous dans ce même bain, tous maillons d’une vaste chaine de bénéfices. De bénéfices et de productions. La première bouchée est gratuite. Mais comme on dit en anglais, free lunch doesn’t exist. On rase pas gratis. Et nous sommes en train de nous en rendre compte. En regardant les ours polaire flotter comme des cons sur un morceau de glace. En puisant de plus en plus profond et de plus en plus loin dans l’océan. En se menaçant du pire à la frontière sino-indienne parce que les barrages les chinois ça va bien ! En étant obligé d’aller piquer l’eau des piscines pour éteindre la pinède, en penchant son nez au-dessus de la rivière et en sentant l’essence ou le chlore…En prenant un bol de gaz à Shanghai ou Pékin. Mais quand même ça suffit pas, le capitalisme en veut plus, et encore plus. Il veut des accords commerciaux transcontinentaux, il veut que chaque petit chinois soit « libre » de s’acheter sa paire de Nike. Il veut que les européens soient « libre » de manger du poulet au chlore et rouler grâce au gaz de schiste. Il veut que ses actionnaires touchent leurs 7% et soit « libres » de licencier pour ça une région au complet. Libre de faire ce qu’il veut, quand il veut, où il veut. Et le plus possible, parce que l’argent ça se mange.

 

Et tout ça à cause d’une foutue erreur de navigation…