Bienvenue en Macronie

Mercredi 4 octobre 2017. Nous y sommes, la démocratie a vécue en France. Le lapsus révélateur de l’ONU, identique dans la bouche de l’usurpateur comme de son ministre de l’intérieur ; signe qu’il ne s’agissait en aucun d’un lapsus mais d’un test, la fin de l’état de droit en France est en discussion. https://www.laquadrature.net/fr/pjlmechant-verbatim-20170926-27. Mais en réalité le terme discussion est parfaitement abusif, tous le monde est d’accord, tout parti confondu, la France doit se soumettre à la dictature macroniste. Nous étions sous le régime d’une monarchie constitutionnelle sous l’effet de la Vème, la monarchie vire au totalitarisme, à la monarchie absolue. Et ici aucun droit divin, tout au moins pour tous ceux qui n’assimileraient pas encore le CAC40 à la nouvelle idole auquel la France doit de soumettre à n’importe quel prix. Comme le faisait remarquer Wolfgang Schlaübe, ministre des finances allemand et soutien ouvert du jeune dictateur, la France doit être réformée de force. Sous aucun prétexte les français ne doivent avoir le choix, le macronisme est en marche et sa feuille de route oscille entre George Orwell et Aldous Huxley, 1984 et le Meilleur des Mondes. La seule différence c’est que cette fois il ne s’agit plus de fiction. La casse du code du travail, l’autorisation de la mise sur le marché du bébé à la carte, la fin des emplois aidés, la réduction des APL, les 300 millions en moins aux collectivités locales, la fin de l’état de droit, la baisse de 130 millions du budget d’une des justices les plus pauvres d’Europe, l’augmentation de celui de la police de 7%. Tout y est. Et la casse du pays, la mise à sac de la société civile doit continuer coûte que coûte. Alstom vendu sur des pots-de-vin, la télévision publique mis au régime sec en attendant de pouvoir la supprimer totalement et surtout en supprimer tous les éléments subversifs. Comme Elise Lucet, dont l’émission va devoir revoir ses ambitions, moins de révélation et plus de fun, de « tendance » autrement dit de pub déguisée. L’ordre vient de la direction. France Inter chargé de faire de la propagande auprès des jeunes pour leur inculquer la soumission au nouveau code du camp de travail. http://www.acrimed.org/France-Info-eduque-les-enfants-sur-la-reforme-du, et surtout à bien distinguer un manifestant terroriste d’un brave gardien de l’ordre. « : ils jettent des pierres, des sortes de… de bombes sur les policiers, les policiers bah ils répliquent avec des gaz lacrymogènes, hein, les gaz lacrymogènes ça pique très fort les yeux et la gorge, il y a souvent des blessés. Mais ça ne concerne que très peu de gens hein, au total, par rapport à tous les manifestants.  » nous y explique le propagandiste de Radio Paris…

 

La haine du pauvre

« Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. » Voilà finalement à quoi se résume la pensée du jeune tyran. Immature, narcissique, aussi présentable qu’un dépliant bancaire sans Photoshop et surtout parfaitement aux ordres de l’oligarchie qui lui a donné comme mission de saigner à blanc la société civile française. Une vue pas même courte, il est absolument persuadé d’être le chef. Une conception binaire du monde et de la société en générale qui est sans aucun doute d’autant renforcé qu’il n’y a pas la moindre opposition dans ce pays. La France Insoumise fait de la figuration à l’assemblée, quand elle ne donne pas la main à la dictature en marche dans le cadre de la fin de l’état de droit. Pas une seule des mesures de coercition prise à l’encontre des français n’a été retoquée. Mieux que ça, prétextant une anti constitutionnalité de façade, la dictature en marche s’est assuré la complicité des corrompus en rejetant la loi confiance. Il est non seulement permis de légiférer avec un casier judiciaire chargé mais mieux encore, l’assemblée rejette un amendement permettant de condamner des entreprises comme Lafarge, accusé de complicité avec Daech. Le CAC40 a le droit de financer nos bourreaux, en revanche l’état se donne le droit de nous priver de nos libertés hors de tout contrôle juridique. Les HLM voient leur budget sabré, le jeune dictateur veut diviser le nombre des communes par dix, et réduire encore celui des régions afin de mieux concentrer le camp et soumettre le goulag à la seule loi des banques et des entreprises privées. Et que font les syndicats face à ça ? Quand ils ne sont pas plus simplement corrompus par le nouvel ordre, ils font des caprices d’un autre temps, se désolidarisant de la France Insoumise. La gauche la plus ridicule de l’histoire des mouvements sociaux dans le monde. Du cosmétique et des vieux cabris d’un autre temps qui s’agitent pour la galerie et ne servent strictement à rien. Une opposition de farce et attrape, où même le fascisme lepeniste, la droite raciale de Ménard et Eric Ciotti, est dépassé par les mesures dictatoriales qu’installent le jeune führer et sa bande de voyou. C’est encore plus beau que si Marine avait été au pouvoir. Un homme vient en aide à des réfugiés, il prend quatre mois avec sursis. Un retraité gifle une députée  aux ordres de l’usurpateur il prend un mois ferme. Et tout ça déroulé sur le ton de la modernité, des « réformes nécessaire à l’économie française »… ah non pardon, pas des réformes, des transformations. Car le caudillo de la Nouvelle France ne pensent même pas que ce pays est réformable, il faut plus simplement le faire disparaitre, le transformer en autre chose, la Macronie, le nouveau laboratoire à ciel ouvert du fascisme libéral. Et comme toujours, inlassablement, les français, manifestent…  A Nantes le 21, la BAC tabasse, puis c’est à Valenciennes dans le cadre du démembrement d’Alstom, avec la police montée, carrément, comme les grèves du début du XXème siècle, les sabres en moins, jusqu’à quand ?. A quand les tirs à vue ? Ou encore à Montreuil où des parents d’élèves se feront tabasser pour avoir osé demander la fermeture d’une usine polluante. Ca appartient à Airbus, pas touche. D’ailleurs l’Europe a bien fait comprendre son point de vue en Espagne à travers la réaction de Madrid aux ordres, la Catalogne on l’emmerde, la Catalogne doit obéir, tout comme la France au nouvel ordre mondial. Un ordre globalitaire avec l’Eurasia, Estasia et l’Océania sous leur formulation commercialo-militaires, Ceta, Alena, accords transpacifiques, etc…. Car bien entendu, en s’appuyant sur la même argumentation que le roman 1984, de la guerre permanente contre le terrorisme, commerce et sécurité, commerce et totalitarisme sécuritaire ne font plus qu’un. Et voilà que désormais, au cœur de l’Europe s’installe un nouveau régime totalitaire sous les yeux éternellement passif de ce pays de mou de veau qu’est la France. Cette paralysie faciale qui accepte tout, prend tout, entre sidération et terreur. Car bien entendu pas la moindre mesure de rétention que prend Vichy 2.0 ne saurait arrêter un malade mental à qui il suffira de prononcer la formule magique « allah akbbar » pour être absous de tout désordre mental, pour ne plus appartenir à la communauté des fous mais celle sainte pour les médias, Daech et la Macronie de terroriste. Sauf s’il est blanc, et à la bonne idée de ne pas s’excuser d’être dingue, comme à Las Vegas. Un massacre que le petit dictateur qualifiera de « violence contemporaine », comme on parlerait d’art du même nom. Et peu importe que cette violence là n’a strictement rien de contemporaine aux Etats-Unis ou ailleurs, l’important c’est d’imprimer dans les esprits cette idée de peur, de terreur permanente. Ce principe de mort inéluctable, imparable, auquel chacun doit se préparer… car il n’y en aura pas pour tout le monde.

 

Camp retranché

Personnellement je commence à en avoir assez de me répéter inlassablement. Le 18 juin, de l’année dernière déjà j’expliquais qu’on s’acheminait lentement vers un régime totalitaire. Et il ne faut pas s’y tromper. Hollande n’était là que pour préparer le terrain à Macron. Permettre au jeune dictateur de banque de parachever le travail ordonné par le Council on Foreign Relation et les Young Learders. Et à en croire Aaron Russo, rapportant les propos de David Rockfeller, dans ce jeu nous ne sommes rien de plus que des serfs, des esclaves. Ou pour reprendre les expressions du tyranno, des feignants, des cyniques, des riens. Le 10 février de cette année redite. Je pointe du doigt le fait que tout l’arsenal juridique est déjà là, et que la classe politique n’a que comme seul objectif de préserver ses privilèges de classe. Et comme prévu, le filet juridique se resserre. Restriction des libertés, restrictions des droits des travailleurs, restrictions sur le dos des plus pauvres. Cadeau fiscale, mieux qu’un cadeau, on favorise l’évasion du même nom en ne s’attaquant plus aux biens mobiliers de l’ISF. Ce n’est plus une présidence, c’est un hold-up doublé d’une prise d’otage. Et cette fois ce n’est pas les grévistes qui « prennent en otage », c’est notre gouvernement. Cette assemblée fantoche et ce monarque au pouvoir absolu. Les grévistes, les manifestants, rien de plus que de la figuration, l’amuse-gueule des matraqueurs et des médias, dix secondes d’images à perte pour documenter la propagande du CAC40.

 

Alors oui, je fatigue.  Et en même temps je sais pertinemment que l’écrire ne change rien. Orwell n’aura finalement pas dénoncé le totalitarisme dans son ensemble, il en aura écrit le mode d’emploi. Et je sais surtout que je ne suis pas le seul à le dire, à le penser, à le dénoncer, en vain. Le rouleau compresseur médiatique, l’abrutissement des masses par le canal de la consommation et des discours creux. Des discours qui en disent pourtant plus long qu’ils y paraissent. Notre Néo Pétain, notre Pétainot, militant pour une armée européenne, dans le contexte, ne milite pour rien d’autre qu’un gouvernement mondial. Une armée européenne d’états uniformisés, sans frontière, sans peuple, sans autre culture que celle dispensée par la propagande commerciale, un immense camp de plus de 300 millions d’individus, pardon, de consommateurs, captifs. Et au dessus de ça, régnant, les Lafarge, Bouygues, Bolloré, Dassault, Lagardère, la smala des associés de Daech, des trafiquants de drogue de la corne ouest de l’Afrique, de la politique génocidaire de l’Otan, ou de la Ripoublique de France Afrique, en Syrie, au Rwanda, en Irak, etc…Moyen-Orient et continent Africain livrés à la guerre, aux exactions de toute sortes, à une épidémie de choléra dévastatrice au Yemen, grâce au client favoris de Serge Dassault, les Emirats. Le tout dans le plus grand des calmes, la plus complète soumission d’un peuple aujourd’hui disparu, dispersé, inutile. Mais qui va continuer de chouiner sur les « arabo-musulmans » chaque fois qu’un malade mental se sentira besoin de se dédouaner de ses névroses en invoquant Dieu. Daech s’en fout tellement de prendre à sa charge tous les événements violents de cette planète qu’ils revendiquent même des actes qui n’ont rien à voir avec eux. Un vrai franchisé du meurtre gratuit.

 

Il y a peu de temps, suivant une amie sur un réseau social russe, je réalisais le violent contraste avec celui du célèbre puceau bleu, Mark « j’ai un problème sexuel » Zuckerberg. Le petit fasciste qui vous réclame vos papiers pour récupérer votre compte, qui censure une photo d’Hitler avec des oreilles de lapin mais autorise escrocs, adorateurs du nazisme ou de Daech à dépoiler leur haine de l’autre, à plumer leur voisin. Aucune censure d’ordre sexuel sur VK, les escrocs signalés virés instantanément, des images de Poutine interdite par la justice russe, autorisés sur le site. VK, le réseau social de la dictature de Poutine respire à l’air libre. Et je finis par me dire qu’en dépit de la tyrannie objective de l’autocrate russe, en dépit de ses vœux de Grande Russie, de son soutien à la sanguinaire tyrannie d’un Kadirov ou d’un Assad que ce n’est pas pire que celle qui s’installe dans ce pays. Un pays bien plus petit, remplit de flics, cintré de lois pénales, et de privation de liberté, et last but not least couramment au service d’un discours racialiste à base de choc des civilisations inventé de toute pièce par le terrorisme américain. Quand je vois également de qu’elle façon dont la Chine tente de modérer avec la Russie à nouveau les appétits destructeurs face à la folie nord coréenne de l’autre tyran Trump, le cinglé de Dieu, bouffon de télé, plus préoccupé de tournois de golf et d’hymne national que de la simple sécurité de ses citoyens. Bouffon narcissique qui sur ce seul point et bien d’autre se retrouve à égalité avec notre mini Duce. Je me dit qu’entre deux maux le pire n’est sans doute pas celui qu’on désigne. Alors on argumentera sûrement que comparativement, les méthodes sont moins brutales, que la dictature soft, à l’étouffade c’est mieux que le franc coup de trique, excepté que 337 catalans ont découvert, front ouvert et nez cassé que l’un n’empêchait pas l’autre. Bien au contraire, il suffira de traiter la répression de Madrid comme l’ont fait les médias nationaux, sans jamais s’y arrêter, sans jamais relayé d’autre discours que celui du pouvoir central, à savoir celui émanant du Parlement Européen, celui qui est en train de tordre le bras à ce pays pour lui faire définitivement boire la tasse du libéralisme global. Où la dictature c’est la démocratie, la paix c’est la guerre permanente, la liberté c’est l’asservissement. Bref pour la première fois de ma vie, moi le gamin de la Guerre Froide, du Baby Boom, tout juste majeur sous Mitterrand, je fini par trouver plus de charme à l’autre côté du monde. Ce côté toujours présenté comme tyran et qui par ses dimensions, sa poésie, sa richesse, sa taille fini par être plus séduisant à mes yeux que la médiocrité européenne, occidentale dans son ensemble. La tristesse de tout ça c’est que finalement c’est choisir Charybde au lieu de Scylla , un monstre pour un autre, mais quel importance si sous la dimension de l’un un minimum de ma liberté est préservée ? Je suppose qu’ils n’en voient pas des masses des caméras de surveillance et des militaires en arme dans les confins sibériens, dans les plaines du Yunnan, dans le Delta du Mékong, alors que moi j’en vois tous les jours. Mais au fond je rêve d’ile lointaine, attendre les ouragans qu’on en finisse et dans l’intervalle ne plus obéir à aucune de leurs lois.

 

Actuellement je lis un livre sur la piraterie au XVIIIème siècle « Pirate de tous les pays » de Marcus Rediker. Témoins d’une réalité sociale de l’époque, les pirates étaient tous d’anciens forçats de la mer, tous soumis au régime meurtrier des navires marchands qui tout autant qu’ils pillaient rendaient volontiers justice pour ou contre leurs anciens maitres selon leur attitude en mer. Avaient créée une société réellement démocratique où le chef ne l’était qu’à l’heure de la bataille, où tous avaient leur mot à dire et où l’on préférait prendre des volontaires que d’enrôler de force. Une conception de la justice chez les hors la loi qu’on ne retrouvera jamais plus, sinon dans les légendes chinoises du roman Au Bord de l’Eau, de Robin des Bois, et d’autres récits mythifiés des protos mafias du XVIème et XIXème siècle. Immanquablement je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec les anecdotes que me racontent les gamins de mon quartier. Tous prolos, avec des études, parfois un bac, et un cerveau. Tous se démerdant de petit boulot et de taille de 25 grammes à la sauvette, et qui me dépannent de dix euros parce que moi faut que j’attende le 6 pour avoir le droit de vivre dans ce pays. Les récits de débrouille, de contact avec les uns et les autres, de réussite, car il y en a plus qu’on ne le croit même si ça ne passe pas forcément sous la fourche caudines d’une loi réservée aux seuls pauvres. D’une justice qui ne sait plus que la prison, sauf si le cinglé est susceptible de commettre un meurtre au nom de son dieu de cramé. Tout est finalement qu’une question d’adaptation et de discrétion dans cette France de l’hypocrisie généralisée. Savoir se faufiler et prendre l’argent dans les bonnes poches. A l’image des Bolloré et Dassault, à l’image de « ceux qui réussissent ». Une délinquance en demi teinte pour ne pas déranger une police de la régulation du trafique de drogue, une police du racket et de la batonnite. Et rapportant suffisamment pour amadouer Bercy, acheter éventuellement un maire, un conseillé général, un député. Chacun ayant sans nul doute son tarif, je ne serais pas surpris qu’un jour émerge un document confidentiel relatant les barèmes selon le degré hiérarchique du législatif à l’exécutif en passant par la justice.  Et face à ça je fini par me dire que cette semi délinquance est le seul salut qui reste, le seul espoir de liberté, le seul moyen de se rendre justice à soi et aux siens. Et mort aux vaches !