Sédition.

La France vit un moment étrange et peut-être unique dans son histoire. Unique à plus d’un titre puisque le mouvement des Gilets Jaunes s’éveille à la politique en même temps qu’il évolue et peut-être se durcit. Maxime Nicole alias Fly Rider, une des figures du mouvement, nous a averti par live interposé, certain commence à penser sécession, et la référence ici est l’Ukraine qui je le rappel est dans une situation de guerre depuis plusieurs années déjà. Et la réponse de l’état et d’afficher une nouvelle fois son mépris. Mépris de la parole d’un peuple, mépris de la liberté de circuler, mépris de nos droits les plus élémentaires puisque sans motif aucun Eric Drouet est, à l’heure où j’écris ces lignes, une nouvelle fois en garde à vue pour avoir simplement voulu rendre hommage aux victimes de la répression macroniste. Nous sommes en train de verser dans l’état policier. Car avant même que les Gilets Jaunes n’apparaissent dans la scène médiatico-politique toute opposition au projet macroniste a été systématiquement réprimé à coup de matraque. Mais bien entendu derrière ce projet il faut entendre celui de l’oligarchie, de Bolloré à Drahi, du Diner du Siècle au Groupe Bieldberger et qui est de faire basculer la France dans la folie économique du capitalisme financier. Celui-là même qui est en train de détruire notre planète au même titre qu’il se propose de détruire l’état-nation. Car il est véritablement là le projet au-delà même de détruire l’état providence à la française et tous les acquis du CNR, il s’agit pour ces milliardaires qui ne seront jamais assez riches à leurs yeux, de dissoudre ce qu’ils se sont ingénié à corrompre pendant tant d’année. De se débarrasser enfin de ce poids qui pèse sur eux depuis bientôt trois siècles à savoir l’intervention de l’état dans leurs affaires. Et quand je dis trois siècles c’est bien parce que depuis trois siècles le patronat a toujours jugé que l’état n’avait pas à lui dire comment administrer ses affaires. Heureusement l’histoire du socialisme (j’entends le vrai pas celui de nos modernes caciques) de l’anarchie (les précurseurs) et du communisme a fait plier le patronat jusqu’en 36, une ère de violence qui a vu naitre le fascisme comme bras armé de l’oligarchie opposé à la vague socialo-communiste. Une ère qui a surtout permis à la classe ouvrière de partir en vacance, d’avoir des droits, hommes ou femmes et ce à la veille d’une catastrophe mondiale qui allait bientôt redistribuer les cartes dans le monde entier.

Au sein même des Gilets Jaunes on compare souvent la situation à celle de Mai 68, sorte d’alpha et d’oméga de la petite pensée commune quand on parle soulèvement. En effet Mai 68 ne discutait pas le capitalisme en tant que tel, ou s’il le discutait au sein de l’élite étudiante, la transformation ne s’opérait pas au sein de la classe ouvrière pour la simple raison que les uns théorisaient la condition ouvrière, et les autres la vivaient. Ici avec le mouvement des Gilets Jaunes c’est sans doute plus compliqué parce que faute d’éducation politique, le mouvement réclame à la fois sa part du gâteau tout en critiquant vertement l’oligarchie et tout le système pyramidale sur lequel repose la cinquième république et ses représentants. Pourtant à travers le Référendum d’Initiative Citoyenne c’est bien la Commune comme l’imaginaient les anarchistes du XIXème siècle que les Gilets Jaunes se proposent de réinventer. C’est d’ailleurs comme cela que s’organise peu à peu le mouvement puisque c’est sur ce mode de rébellion qu’il s’est spontanément constitué. Mais même au-delà de ça c’est moins le capitalisme qui est ici critiqué comme système que son mode de redistribution. Un mode un peu plus injuste à mesure des années où les 1% s’octroient toujours un peu plus, tandis que 99% de la population est appelé à se serrer la ceinture. En effet, n’en déplaise au Medef, l’abrogation de la Flat Tax et de l’Exit Tax, la redistribution du CICE au PME ainsi que le retour de l’ISF sont autant de revendication des Gilets Jaunes, au même titre que le R.I.C ou la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité ou encore l’indexation des salaires sur le coût de la vie. De ce capitalisme financier les Gilets Jaunes et avec eux 70% des français ne veulent pas et n’en voudront jamais n’en déplaise à Vincent Bolloré dont la vision des français et qu’ils ne désirent rien d’autre que du cul, du foot et de la bière, selon ses propres mots.

Le mépris renouvelé et exprimé une nouvelle fois lors de ses vœux d’Emmanuel Macron, n’est au fond que le reflet du mépris que nous inspirons à neuf milliardaires français et leur aéropage de suiveurs. De BHL a Jean-Michel Apathie, en passant par la rédaction de BFM ou Eric Zemmour qui désespère toujours de comprendre quelque chose à ce mouvement formidable, et qui jusqu’ici échappe à toutes les étiquettes en dépit du story telling renouvelé de la machine à propagande dispensé tant par le gouvernement que la presse française. Dans ce mépris s’exprime aujourd’hui la volonté tant de salir le mouvement en l’accusant d’acte anti sémite ou homophobe, et surtout de s’effilocher, pour reprendre une expression employé à loisir par les locuteurs de la Macronie (BFM, C News, LCI pour ne citer qu’eux) sous l’effet « salutaire » des annonces de notre tout petit président. Sous l’effet également de la violence renouvelée des forces de l’ordre pour une population pas habitué à affronter le joug de l’autorité de l’état. Ceux qui, en revanche, ont connu les manifestations étudiantes des années 80 ou les grèves de 95 comme moi avec un Juppé au sommet de son mépris de classe s’en souviennent et ne se font aucune illusion sur la nature des individus lancés à leur trousse. Ce sont des chiens. Ils aiment se battre, ils aiment aller au contact, ils en redemandent et ils sont dressés à ça et à rien d’autre. Bien entendu on ne peut pas mettre tous les hommes dans un même panier, ordre ou pas, la fatigue aidant, la peur également ils réagissent de façon animale, n’hésitant plus à tirer à répétition au flash ball dans la figure bien conscient que cela fera peur à une population peu habituée à la guérilla urbaine. C’est que ceux qui sont devenus les Gilets Jaunes avaient jusqu’ici accepté de se laisser endormir par la classe dirigeante et c’est pourquoi il est indispensable que le mouvement structure ses réponses face à la violence policière. Il est intolérable qu’il y ait eu plus de deux milles blessés à ce jour, intolérable que ce soulèvement populaire ait fait déjà dix morts, même si ces morts ne sont pas (encore ?) le fait des forces de l’ordre il appartient à celles-ci d’assurer la sécurité de tous les citoyens quel que soit du bord qu’il soit. Il faudra donc parler tactique de désencerclement, diversion, stratégie, étude du terrain, il faudra parler également de service de sécurité et non pas de milice comme en parlerons sans doute rapidement les médias mainstream, comme il y a actuellement les street doctor et les black blocks. Car n’en déplaise il n’est plus question de se laisser faire. Laisser faire Castaner qui avec une morgue et un cynisme inacceptable accuse les Gilets Jaunes d’avoir eux-mêmes provoqué les morts et les blessés. Laisser faire un Macron nous dégobiller à la figure son narcissisme et sa haine des pauvres. Laisser faire neuf milliardaires et leurs amis voler un pays tout entier pour leurs intérêts tout particulier. Laisser faire la violence policière à l’égard de mamie de 75 ans ou de mère de famille sans défense.

A Lyon nous étions tout au plus deux cents gilets jaunes et tous ne portaient pas le gilet, dont moi. Ce que j’ai pu voir c’est une foule désorganisée, qui ne savait pas exactement où elle voulait aller et quoi faire, effrayée à l’idée de devoir affronter une armée de CRS et de gendarme, une réponse policière totalement disproportionnée par rapport à la dangerosité effective des manifestants et leur nombre. J’ai beaucoup marché, j’ai eu le sentiment d’avoir fait tout ça pour rien, on a été un peu gazé, ils avaient peur qu’on s’en prenne à des commerce alors que depuis le début il était évident que personne à l’exception d’un seul et unique dans cette foule avait envie de casser du flic ou de casser tout court. Si le but était de faire se promener la police, nous avons accompli notre mission, si c’était celui de se faire voir et de réclamer le R.I.C alors, pour rester poli, je dirais que nous frisions dangereusement avec le ridicule. Pas assez nombreux, pas assez agressif dans notre volonté d’aller où nous voulions, et, il faut dire ce qui est, pas assez violent quand bien même il ne s’agit pas de frapper mais de marquer les esprits. Murer une préfecture ça fait des images et ça marque des esprits, crier bêtement devant un commissariat dont les lourdes grilles avait été fermé comme si on était des émeutiers, et ce encadrés de flics casqués comme à la guerre c’était du dernier des ridicules. Mais c’est sans doute dû à cette ville très bourgeoise et naturellement frileuse. Le lyonnais n’est pas fort dans le lien social, il vit renfermé et les quartiers pourtant nombreux autour de Lyon n’ont pas encore rejoint le mouvement. Jusqu’à quand ? Et que faudrait-il pour que les banlieues viennent également rejoindre les Gilets Jaunes ? Car après tout ils partagent une même précarité, une même absence de conscience politique élaborée et surtout une même envie de changement. La jonction ne s’est pas encore opéré mais peu à peu elle fait son chemin selon les témoignages des uns et des autres, alors ce n’est pas un petit problème qu’Emmanuel Macron et sa machine répressive aura sur son agenda mais un gros.

Finalement ce dont témoigne ce dispositif lyonnais comme ce soir l’arrestation d’Eric Drouet c’est l’implacable terreur qu’exerce le mouvement sur Emmanuel Macron et ses amis, une terreur qui risque de se concrétiser un peu plus si on en croit les prédictions de Maxime Nicole. Mais au-delà de ça on remarque avec quel amateurisme et quelle légèreté le gouvernement traite ce qui est bien plus qu’une crise comme aimerait le croire la Macronie mais un phénomène unique sans doute dans l’histoire de ce pays. Narcisse s‘est pris les pieds dans le tapis de son arrogance et il ne sait plus comment s’en défaire. Mauvais comédien à l’excès, trop jeune politiquement, immature, mené par le bout du nez par ses amis, Emmanuel Macron ne sait simplement pas comment réagir et son équipe de bras cassé non plus. Ce ne serait pas grave si on n’était pas à l’aube d’une crise financière majeure, si la France tout entière n’était pas à un tournant de son histoire, car qu’on le veuille ou non, peu importe la petite flûte que pourra chantonner à l’oreille des français à propos d’une radicalisation supposée du mouvement (il a toujours été radical) les Gilets Jaunes s’organisent, se structurent, deviennent peu à peu un mini état dans l’état et comme tel sont déjà rentré dans l’Histoire. Est-ce que cette aventure sera plus sanglante qu’elle ne l’est déjà ? Tout repose désormais sur les épaules d’un président hors sol et d’une oligarchie séditieuse bien décidé à se séparer du peuple faute d’accepter un partage plus juste puisque bien entendu la France a déjà vécu son putsch il y a dix-huit mois au terme d’une élection de pacotille pour une grimace de démocratie. Une mascarade qui aujourd’hui montre son véritable visage, celui d’une dictature en demi-teinte face à un mouvement à la popularité toujours renouvelée et ce en dépit de l’énergie que déploie l’armée bavarde des experts et des éditocrates à le salir et l’amoindrir. En attendant je pense à Monsieur Drouet et à sa famille qui risque la prison pour avoir voulu déposer des bougies, et j’espère de tout cœur qu’il va sortir blanchi de cette mésaventure. Son arrestation ne fait que souffler sur des braises déjà bien chaudes, j’espère que ce gouvernement séditieux en a bien conscience parce que sinon il a du souci à se faire pour son avenir. Car non Monsieur Macron l’oligarchie ne sera pas toujours derrière vous pour vous soutenir, surtout pas si la vague jaune menace jusqu’à son intégrité physique. Déjà que Benalla sape totalement l’autorité du gouvernement ça serait ballot d’être lâché par ceux qui vous ont fait élire…

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Pour August, Olivia, Emilie, Nikita, Karen, Savanah et toutes les autres….

Les imbéciles ont cette vertu de ne jamais réaliser le bien qu’on leur fait. Les imbéciles sont satisfaits de leur sort, c’est le propre de leur espèce, la médiocrité est leur nid douillet, la bêtise, la leur, leur sucre. Les imbéciles vous poussent parfois aux idées les plus noires, à vous casser à petit feu ou à grand, c’est selon la force de chacune ici et leur capacité à se protéger. Moi, c’est idiot, mais chaque fois que j’ai un orgasme devant un porno je dis merci, à la dame, au monsieur, au caméraman, à la scène qui m’a apporté un temps soit peu de bonheur dans ma misère sexuelle du moment. Les imbéciles insultent, crachent, et traitent de pute une femme qui ne leur a rien demandé et qui en plus n’ai même pas payé le plus souvent quand petit homme  (le plus généralement) ou petite femme fait sa petite affaire dans la secrète alcôve de sa pathétique petite envie de foutre. Cette sous-espèce d’humanité ne s’en prend jamais aux acteurs, forcément enviés dans une société patriarcale et performante de mâles dominants, et pour la plus part, en réalité dominés. Puisque bien entendu le sexe faible n’est pas celui qu’on croit. Cette sous-espèce se motive dans une lâcheté commune pour la seule satisfaction de sa médiocrité, faisant du mot « putain » une insulte choisie alors que leur sexe lui le complimente. Sans la putain, point d’orgasme dans les confinements crasseux de son adolescence même tardive, sans la « chienne » point de bonheur sinon celui de sa propre haine de soi, car bien entendu c’est eux qu’ils haïssent. Mais puisque les imbéciles sont trop lâches pour l’admettre, ils reportent leur haine sur autrui et c’est bien la le seul bonheur qu’ils sont capables d’exprimer. Ces imbéciles sont légion sur le net, qui leur laisse loisir dans l’anonymat de leur stupidité et de leur saleté, dans leur surpoids et l’inactivité sexuelle que leur procure leur acné purulente, de défouler ce qu’ils n’oseraient jamais admettre dans le monde réel, sinon assuré d’un nombre collégiale d’imbéciles de leur espèce. Mais, il faut bien, au risque de sembler platement aussi crasseux qu’eux, leur concéder une raison ; une totale méconnaissance de la sexualité et notamment de la sexualité féminine.

 

La rage d’aimer

Le féminisme patriarcale tel que nous le subissons aujourd’hui, celui qui permet à un gamin de 15 ans de traiter une femme « feminazi » parce qu’elle réclame le minimum de respect que l’on doit tout à chacun. Voir de pleurnicher comme une fiotte que les femmes ont trop de pouvoir sur ses toutes petites couilles (et il a bien raison sans quoi il ne serait pas autant frustré). Ce féminisme bourgeois et pudibond qui prête aux hommes les pires pulsions, et aux femmes les plus vierges intentions a fait et fait un mal considérable à la sexualité en général et à la sexualité féminine en particulier. Bercé de culture judéo-chrétienne et donc d’interdit tant religieux que bourgeois, il en est à réclamer aux hommes de ne pas oublier le clitoris, comme si tous les hommes étaient des handicapés du lit et à dépeindre la sexualité féminine comme une petite chose romantique et mignonne, à l’image d’Epinal que veut soutenir tant la classe dominante que l’église, une vision de castra. Or la sexualité féminine n’est pas, et ne sera jamais, à l’image conformiste que ce féminisme de pacotille veut en donner, en fait même elle est à l’exact opposé. Il suffit précisément de voir la sexualité assumée des actrices du porno (quand elle l’est, assumée) pour réaliser que nombre d’hommes et de femmes se font comme illusions sur la bestialité qui peut s’exprimer dans un lit. Et je ne parle pas de la bestialité au sens commun où on l’entend mais au sens animal. Si les femmes sont en effet souvent amoureuses de l’amour avant tout, leur moyen de l’exprimer dans un lit ne suffit pas à cette image pudibonde et tournée vers l’exclusif de la maternité tel que nous l’ont vendu les psys et nous le vendent aujourd’hui les magazines « consacrées » aux femmes dans son acceptation petite bourgeoise. De ma propre expérience d’homme certaines partenaires me faisaient parfois peur dans leurs fantasmes et ses accomplissements. Une sexualité que j’avais d’autant du mal à assumer que ma propre éducation me conditionnait à rejeter mon animalité sexuelle et à forceries celle de ma partenaire et ce pour les mêmes raisons que la petite bite qui se permet d’insulter une actrice du porno dans toute la bêtise de son anonymat. Non les hommes ne viennent pas de Mars et les femmes de Vénus, c’est même souvent l’exact contraire.

Actes et conséquences

Mais tout cela ne serait rien et inconséquent, comme le sont l’esprit des imbéciles, si justement cette agressivité motivée par une vision puérile tant de la sexualité féminine que masculine n’était pas assorti d’insultes, de menaces, de violence morales voir physiques à l’endroit des comédiennes du porno. Si en plus de cela la société conservatrice, bourgeoise et surtout gluante d’hypocrisie ne se permettait pas de juger les comédiennes du porno, tout en couvrant de louange des vieux lardons violeurs et violents comme Rocco Siffredi. Cette fricassées d’esprits puants qui juge la putain comme d’une disgrâce mais qui se permet de la vendre, l’acheter et surtout l’exploiter, particulièrement en France (voir à ce sujet mon article la Putain et le Bourgeois) de toute les manières qui soit et se gargarise plus tard de l’entendre dans le poste parler de sexualité une fois sa carrière passée tout en roulant des yeux complices et vicieux. Ce ramassis de connards et de connasses qui en file, aidés qui par l’Islam qui par le christianisme, faisant la queue pour cracher leur bile après leur foutre ou leur cyprine dans l’intimité de leur bêtise n’est pas pour autant sans pouvoir. Le pouvoir d’isoler, de stigmatiser, de détruire même des vies fragilisées par cette même morale imbécile. August Ames en a fait les frais récemment pour quelques tweets inconséquents, et l’a payé de sa vie, idem pour Karen Lancôme ou Savannah détruite dans les années 90 par la peur de ne plus plaire. Et voilà maintenant que Nikita Bellucci ferme son compte tweeter, comme Liza del Sierra s’était éloigné de Facebook à force non pas seulement d’insultes et de menaces mais également de dragues lourdingues de quelques vautrés puisque s’il est vivement encouragé de se livrer corps et âmes devant les caméras pour la satisfaction de notre misère sexuelle, il est rigoureusement réprouvé d’exister autrement. Comment développer une vie sociale sereinement dans ces cas là ? Comment ne pas souffrir de solitude, comment même développer à l’endroit des hommes une relation de confiance si cette relation est biaisée par ce regard affligeant de médiocrité et d’égotisme ? S’en foutre serait sans doute la meilleure solution, avoir unh entourage solide aussi, mais ce n’est pas toujours possible. Déjà que l’imbécile n’y parvient guère et l’exprime au mieux, alors sa victime. Personnellement je trouve que certaine s’exposent trop, c’est leur choix, mais les détails de leur vie privée, de leurs chagrins ou manques ne regardent et ne devraient regarder qu’elles, mais quand on fait un métier public, forcément on s’expose et on a n’a pas toujours envie de s’exposer de façon lisse et glamour. En attendant je souhaite aux uns (car eux aussi souffrent et on y pense que trop rarement) et surtout à elles toutes de se protéger au mieux, et tout le bonheur du monde. Merci encore et toujours pour le service que vous nous rendez. Quand aux imbéciles qu’ils aillent se faire cuire le cul en enfer.

 

 

 

Le IVème Reich ou le totalitarisme kawaï

« Toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu’il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l’idée. »

« Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues »

Adolf Hitler

Le réalisateur Sam Peckinpah était un impénitent macho gorgé de téquila d’herbe et de cocaïne qui adorait se barrer au Mexique vivre selon ses convenances, loin du puritanisme de la société américaine. Quand il réalisa Guet-Apens en 72 avec Steve Mc Queen ce fut la rencontre au sommet entre deux prototypes d’über mâles. Machos tendance misogyne, hommes à femmes, ancien militaires l’un comme l’autre, ayant l’un comme l’autre roulé leur bosse selon l’expression consacrée. Ce fut durant ce tournage, entre ces deux mâles à l’égo surdimensionné, qu’Ali Mac Graw, alors mariée au légendaire producteur Robert Evans, tomba folle amoureuse de Mc Queen.. Durant une scène Doc, le personnage joué par Mc Queen, réalise que sa femme l’a trahi et la bat. Ce sont des gifles, il est en colère, amoureux, déçu, elle fini par s’expliquer, il se calme, et Doc va régler ses comptes avec l’aide de sa compagne. Le film se conclue comme sur un mariage, ils sont vivants, riches, heureux et fous l’un de l’autre. C’est le film le plus positif de Peckinpah à ce jour, et c’est bien normal, il était lui-même amoureux.

Un an auparavant, Peckinpah réalisait avec Dustin Hoffman et Susan George, les Chiens de Paille. Film cruel et étouffant sur le thème de la bestialité contre la civilisation. Il est comme ça Sam, il aime les sujets qui fâchent. Le film relate l’arrivée d’un petit couple de progressiste, de bobos on dirait aujourd’hui, dans un coin de la cambrousse anglaise. Un professeur de mathématique et sa femme qui débarque en Cornouaille pour redécouvrir la vraie vie authentique, blabla, je vous passe le couplet, vous le connaissez déjà si vous suivez l’actualité bobo. Rapidement le petit couple et surtout le petit professeur se heurte à la franchise des gros de la campagne. C’est pas des fins et ils lorgnent sur madame. Tout du long, le petit professeur évite l’affrontement au nom du progrès et de la tolérance, laissant les brutes prendre le dessus sur sa vie, tandis que madame allume ces messieurs. Ca se termine dans un bain de sang sauvage à base de viol, de piège à ours et de fourche dans le bide. C’est Sam quoi.

En 1994 la machine à laver du nouvel Hollywood décida de produire un remake de Guet-Apen. Avec la bêêêêlle Kim Bassinger dans le rôle de madame et Alec Baldwin dans celui de Doc, faute sans doute d’avoir sous la main des visages moins lisses et des acteurs moins médiocres. Dans la version originale, une des premières choses que font Doc et sa femme à sa sortie de prison, c’est de picoler en trainant au lit, et il y a beaucoup d’alcool ! (Sam et Steve quoi…). Dans le remake, ils baisent passionnément dans une lumière de store à la Michael Bay. Quand Doc apprend qu’il a été trahi par sa femme, cette fois il ne la bat plus, ils se disputent très fort. Mais elle lui en met quand même une parce qu’il lui parle mal, c’est une femme de son, temps quoi, elle a lu Cosmo. Monsieur apprend à madame à tirer en veste et teeshirt Armani, ils sont beaux, leurs armes aussi. Les seuls acteurs valables du plateau avec une gueule et pas un savon à la place du visage, Michael Madsen, et James Wood, les seuls cowboys du set, jouent les méchants. Mieux, James Woods avec sa tronche de joueur d’échec cocaïnomane est une sorte de personnage démoniaque, parce que le diable est laid et le juste est beau. Je vous propose maintenant la lecture des deux affiches américaines dans leur version originale, et je vous laisse réfléchir, par rapport à ce que je vous ai dit précédemment, à la place qui est laissé à la femme de 1972, et celle de 1994. Et par ailleurs à la qualité graphique des deux affiches.

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En 1994 il n’est plus possible qu’une femme se fasse battre par son mec, toutes les ligues de vertu du féminisme américain vous tomberaient dessus et comme il s’agit d’être « fédérateur » et non « clivant » d’être commercial, on inverse même un peu les rôles et on leur donne une égale importance sur l’affiche. Il n’est plus non plus possible que le héros soit réellement un voyou de longue date pas romantique pour un sou qui tombe sur plus salopard que lui. Il faut que le public adhère à des valeurs positives, voir chrétienne, et le méchant est donc forcément démoniaque. En revanche, l’ordre est rétabli sur l’affiche, l’homme porte le phallus de métal, la femme regarde admirative, elle est derrière, oh oui vas-y mon beau chevalier. Et en bas, une belle promesse : un couple à la bichromie harmonieuse il porte le beau costume du chevalier d’argent, elle la robe de la virginité et elle se coltine les sacs.

En 2011, le nouveau, nouveau Hollywood, celui d’une Amérique en guerre, se proposa de faire un remake des Chiens de Paille. Cette fois on n’irait pas voir ces putains de brits, trop cher et les cost killers vont nous tuer, on irait chez les bouseux de part chez nous. On irait dans le bled de la belle blonde ex cheerleader qui a fait rêvé tout le monde, et oui un jour elle a fauté avec qui il ne fallait pas. Ce pourquoi elle le paiera quand le mâle pécord voudra récupérer son bien. Mais heureusement le gentil mari, qui est beau lui aussi et porte une belle casquette, et grand, pas comme ce nain de Dustin, saura la sauver lors d’un terrible « home invasion » ce concept inventé pour la paranoïa américaine. Concept décliné au cinéma depuis un moment déjà, entre le voisin dont il faut se méfier à l’étranger qui veut violer vos femmes et égorger vos enfants. Si le film de Peckinpah proposait d’opposer le progressisme à la bestialité, la version de 2011 propose au contraire de relâcher sa bestialité. La bande annonce, objet commerciale d’entres-tous et fruit de longues études de marketing peaufinées aux Etats-Unis est tout à fait éloquente à ce sujet, cet été venez relâcher votre rage. Ou la bestialité vécue comme une valeur positive. Excusez ma sensiblerie, mais quand j’ai vu ça je n’ai pas pu m’empêcher de verser une petite larme. Je sais pas, un vieux fond de juif chez moi sans doute…

Le cinéma est une machine à projection et à émotion, ce que nous voyons c’est une projection de nous même et du monde qui nous entoure, par le prisme d’une sensibilité. C’est pourquoi les émotions qu’il peut nous faire ressentir nous conditionnent à un mode de pensée ou à un autre. Nous pouvons comprendre tel personnage parce qu’il traduit quelque chose en nous. Et dans cette interaction l’histoire, le personnage agit sur nous. Notre personnalité, notre manière de percevoir le monde, notre réalité. Plus forte et primaire seront les émotions, plus elles s’imprimeront en nous profondément. La douche dans Psychose par exemple. Qui n’a jamais flippé depuis derrière son rideau de douche ? Le cinéma, quelque soit le genre conditionne notre façon de nous habiller, notre sexualité, notre manière de nous tenir dans le monde. Ou tout du moins il a ce pouvoir, et encore une fois, plus l’émotion est immédiate et primaire, plus elle s’imprimera en nous. La peur, la colère, la joie, sont les ressorts les plus courant du cinéma commercial et populaire.

Dans les années soixante dix et quatre vingt, le cinéma pornographique, indépendamment de ses moyens de productions, réalisait des films scénarisés ou vaguement scénarisés. Les comédiens avaient pour la plus part des corps normaux, le silicone commençant à apparaitre chez les actrices américaines dans les années 80, pendant l’ère Reagan. L’une des vedettes de cette époque là et qui continuait de tourner il y a peu, s’appelle Ron Jeremy. Il est gros, laid, poilu et bien entendu il en a une épaisse. Quand aux très nombreuses stars et starlettes qui défilèrent pendant ces deux décennies, l’épilation maillot commença réellement à apparaitre toujours vers les années 80, avec partie génitale bien propre pour qu’on voit bien. Les filles suçaient comme votre copine quand vous aviez vingt ans, les positions étaient le plus souvent celles que vous avez pratiqué durant votre vie. Le basculement d’image à commencé à se faire lorsque le porno chic à envahi la mode dans les années 90. Les années de triomphe de la nouvelle économie. Sont apparus les « gonzo », films sans scénario donc qui ne contextualise plus le fantasme et le reporte uniquement sur l’acte sexuel, ou plus exactement sur le ou la partenaire. Le spectateur sans lien émotionnel pouvant le rattacher à sa propre expérience sexuelle se concentre sur la marchandise, De nos jours, absolument tous les acteurs sont bodybuildés et plus aucune actrice n’ira sur un set sans avoir fait régime et sport. La plus part sont entièrement épilés, voir huilés, et, puisque le tatouage et les piercings deviennent une sorte de marque déposée, témoignage de notre propre marketing, souvent tatoués, piercing dans la langue, le clitoris, le nombril… Quand aux scénarios… quand il y en a… je vais vous donner une idée de ce qu’on peut trouver aujourd’hui sur un site mainstream, Une saynète que j’ai hélas surpris un soir de désœuvrement : Un fils viole sa mère, l’étrangle, la tue, et jouit dedans.

Dans les années 70 et 80, la pornographie dépendait de la distribution en salle et des parties honteuses des vidéo stores. Aujourd’hui elle est à porté de tir de votre fils de quatre ans. Il ne s’agit pas de morale dans un cas ou de choix esthétique et commerciaux dans un autre, il s’agit d’éthique. Il s’agit de nous.

C’est rien que des menteurs et des voleurs !

« Politicien : cette sorte de gens dont l’unique et véritable conviction est l’absence de conviction, associée à une insolence importune et à un art éhonté du mensonge. »

« Le même sang appartient à un même empire. »

Adolf Hitler

Dans les années 60, les conférences de presse du général De Gaulle ressemblaient à des leçons d’histoires dispensées par un père à ses enfants. Il prenait tout le cadre, il était assis, et il parlait tranquillement. Ses successeurs modernisèrent le style. Pompidou et Chirac posaient clope au bec, Giscard faisait de l’accordéon, Le Pen faisait rire les enfants avec son béret rouge et son bandeau de pirate. Jusqu’à ce que débarque un monarque qui ne fumait pas, ne jouait d’aucun instrument de musique mais qui avait lu de long en large le Prince de Nicolas Machiavel. Oui, lui, l’homme au chapeau mou et à la rose, comme les tueurs dans les séries autrichiennes.

Durant toute l’ère gaullienne, à travers le Service d’Action Civique, la police privée du gaullisme, voyous et barbouzes marchèrent main dans la main, tissant des liens solides entre l’état gaullien, la mafia corse et le milieu marseillais. Le SAC menait une guerre contre l’OAS et les ennemis du gaullisme, une guerre économique également et France Afrique. Une guerre contre l’OAS qui dura près de deux ans, fit plus de deux milles morts et cinq milles blessés à raison de pratiquement un attentat par mois. C’est dire si comparativement à notre époque où le mot terrorisme est sur toutes les lèvres on fait en réalité petit joueur. Pour autant, jusqu’à ce jour, les méthodes choisies par De Gaulle, et qui s’inscrivait dans une réalité politique de l’époque, la proximité avec les voyous, comme aux Etats-Unis, sont toujours de l’ordre de la propagande stalinienne dans de nombreux esprits. Cet argument m’a été encore servit la semaine dernière. Les héritiers du gaullisme et de Jacques Foccard, Charles Pasqua et la bande à Chirac utilisèrent ces mêmes réseaux et ces mêmes méthodes. Jusqu’au massacre d’Auriol, jusqu’à ce que l’homme à la rose décide de dissoudre le SAC dans l’acide. Pour former sa propre petite cellule secrète… afin de savoir si Carole Bouquet portait une culotte…

Durant l’ère gaullienne, jusqu’à François Machiavel, le problème essentiel du pouvoir, et qui explique notamment l’aide des voyous, avait la faucille et le marteau qui se croisaient sur son drapeau sanglant, et son siège sous une bulle. Pour l’essentiel l’ennemi héréditaire faisait tout bien ce que lui disait Moscou, et ça emmerdait fondamentalement le « monde libre » entendre le monde où on pouvait commercer librement. Nicolas Mitterrand se pencha sur son téléviseur, et découvrit un gagnant, l’homme au bandeau de pirate et au chapeau rigolo. C’est que le Prince avait été obligé de signer un accord avec les prolos pour gagner les élections. Tout le monde attendait les chars, la droite et son financier de Washington étaient très remontés. Bref il était coincé entre le marteau et l’affut du canon. La poire et le fromage. Et soudain le chapeau rigolo. Il lui envoya quelques conseiller en image, on le rhabilla en fils de famille, on peaufina le discours en s’appuyant sur les chiffres du chômage comme à la belle époque. Vu que de toute façon l’extrême droite utilise systématiquement la même soupe. Et en rognant sur les parts de marché de la droite magouille de Jacques Chirac. Mais voilà que soudain, qu’est-ce qui se passe t-il ? Le sous-prolétariat du gaullisme, de la décolonisation et des Trente Glorieuses se réveille. Les crouilles, les melons, les nègres, les pas de chez nous qu’on a gentiment entassés dans des banlieues qu’on leur a fait construire, faut pas déconner, commencent à montrer des dents. 1983, une année d’émeutes et de meurtres racistes, cinq morts. Un peu plus tard c’est Mauroy qui face aux grèves stigmatise les grévistes en déclarant qu’il s’agit de travailleurs immigrés agités par des intégristes, on y est déjà. Et ça commence à bien faire. Le 15 octobre 1983 est organisée une première marche, et le mouvement va prendre de l’ampleur jusqu’en 84, jusqu’à ce que le Prince ait une nouvelle idée. Une idée qui allait non seulement pouvoir déstabiliser ce manque de tact chez les pas de chez nous, mais fractionner le mouvement ouvrier à l’intérieur même de l’appareil syndical, en s’appuyant sur le FN. Le Prince sait parfaitement que le drapeau rouge, comme tous les mouvements ouvriers tirent sa force des syndicats. Il sait que c’est là qu’il puise son énergie, et là qu’il peut agir sur les unités de production du « monde libre ». Et le mieux pour faire d’un mouvement social une péripétie, une aventure sans lendemain c’est de faire du festif. Le festif c’est bien, ça dénature totalement le sens, et tout le monde s’amuse. On a fait des jolis badges, le crouille est devenu « un pote » puis un beur, mais ça revient au même. On a organisé de beaux meetings qu’on a mit en musique, la fraternité universelle tout ça et on a inventé le concept de « l’antiracisme ».

Je vous l’ai déjà dit c’est important les mots. Le préfixe anti a deux sens selon son origine. Chez les grecs il signifie contre, ce qui nous donne « contre racisme », chez les latins, le préfixe est une variation de ante, avant « avant racisme ». Le contre racisme ou la préhistoire du racisme…. Et le contre racisme c’est exactement le contraire que d’être contre le racisme. C’est sur cette seule confusion sémantique qu’a pu prospérer un homme comme Eric Zemmour. Ce même Zemmour qui expliquait en 2015 qu’en réalité les ouvriers immigrés étaient devenus avec 68 les instruments de l’extrême-gauche. Ce qui expliquait selon lui les origines non pas sociales mais ethniques des terroristes de Charlie. Sa version semble différer de celle de Pierre Mauroy. Mais qu’importe la couleur du bouc émissaire, vert ou rouge, n’est-ce pas, il aura toujours celle du deuil et c’est tout ce qui compte. C’est sur cette même division que va prospérer à la fois le socialisme et le Front National. Sur cette confusion entre les contre racistes et les racistes. Entre cet outil des uns qui permet de jeter le discrédit sur absolument tous les problèmes que connait la classe ouvrière indifféremment de ses origines géographique tout en apparaissant comme le chevalier blanc des idées du bien. Et cet outil des autres qui permet de jeter le discrédit sur tous ceux qui défendraient une position humaniste, sociale et confraternelle et opposerait à la question religieuse une fin de non recevoir. Et depuis le racisme se porte à merveille.

En s’appuyant à la fois sur le phénomène du chômage comme du mouvement des contre racistes, le FN pu diviser le monde ouvrier, rejetant les uns contre les autres. Le patronat se chargea du reste. En discréditant les syndicats par une nouvelle appellation « les partenaires sociaux », en enrichissant des délégués syndicaux triés sur le volet. En prétendant que ceux qu’on ne pouvait pas acheter l’étaient, soit par l’ennemi héréditaire, soit par la magouille financière. Jusqu’à l’aubaine de 1989. Je me souviens très bien ce que m’avait dit le parrain de mon frère quelques semaines auparavant, « tu vas voir que ce con va faire sauter le mur ». Sur le moment je n’ai pas compris pourquoi il traitait Gorbatchev de con. Je voyais ça avec mes yeux de garçon intoxiqué au monde libre versus l’Empire du Mal. Maintenant je comprends mieux.

Indifféremment, immigrés ou pas les ouvriers on été jeté dehors des usines  Et terminé la complainte puisque le champ du sémantique était désormais entièrement occupé par la « question de l’immigration ». Qu’est-ce qu’on va pouvoir bien faire de tous ces pas de chez nous bon dieu !? Ils sont pas de chez nous merde ! Et depuis trois générations parfois même. Tient, d’ailleurs, maintenant il y en a même qui brandissent leur drapeau de plus chez eux. C’est la preuve qu’ils ne se sont jamais intégrés ! Le drame, le drame, mais ce n’est pas de leur faute, les pauvres. Ils sont les outils instrumentalisés des patrons, comme la nouvelle base du FN. Non, le vrai fautif, c’est la ré-pu-bli-que…. De Weimar.

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que le Prince n’a pas manqué de conviction a faire imploser le mouvement ouvrier et à répandre le discours raciste dans celui de toute la classe politique. A réduire la République à une imposture festive durant le bicentenaire de la Révolution Mais bon, après tout, il a été à bonne école. Il a travaillé pour Pétain.

Enfin il y a eu la martingale absolu, le cadeau du ciel de tous les amateurs de ratonnades, de conflit religieux, de religions, de nostalgie moyenâgeuse sur fond de croisade back again : le 11 septembre. L’archaïsme occidental et musulman  retrouva un regain de jeunesse, et qui s’amplifia au-delà du raisonnable avec l’élimination de Saddam Hussein, le verrou de Bagdad. La suite, vous la connaissez, vous la vivez tous les jours, et au cas où vous l’oublieriez il y a la machine à laver la pensée : la télévision.

Relativisme restreint et relativisme générale

« Le succès est le seul juge ici bas de ce qui est bon et mauvais. »

« Jugez-moi, c’est vous que vous jugerez ».

Adolf Hitler.

A partir des années 90, les figures politiques ont également changé d’image. A leur tour elles sont devenues festives. Berlusconi, Blair ont lancé le mouvement, aidés par leurs bailleurs de l’économie mondialisée. Sarkozy a suivi dans le même esprit, mêlant habilement roquet de quartier et carnassier des affaires agitant sa belle montre. Parce qu’à cinquante ans c’est normal d’avoir une belle montre, sinon c’est foutu, tu vas avoir un AVC et pouf tu pourras même plus bander ! Même le Front National est devenu festif. Marine a viré son daron et ses blagues vaseuses sur les juifs et les arabes vu que même les Grosses Têtes avaient arrêté, c’était plus festif. Elle est rentrée dans le format autorisé du partage des tâches de la belle famille des ténors de la politique. Les tâches ménagères. Les petites gens et leurs problèmes de nuisances avec les blattes, les pas de chez nous. La parité a été respecté, commencez pas à râler. Aux Etats-Unis où les festivités étaient engagées depuis déjà un bon moment, et après deux mandats du reich furher Rumsfeld,  on dénicha un beau noir mais pas trop, un métis comme dans les séries télés pour figurer à la Maison Blanche. Et pour bien marquer comment c’était trop formidable comme progrès, on lui décerna le Prix Nobel de la Paix pour sa belle couleur de peau.  Ce qui au passage permis de jeter définitivement le discrédit sur ce prix qui avait eut le toupet durant trente ans de récompenser des poètes et des hommes politiques de gauche. A nouveau la parité était respectée.

Ce qui est festif est superficiel, et le superficiel, par définition on peut s’en passer.

Et soudain Trump, soudain Macron, soudain un hologramme ! Oh le communisme ! Soudain on ne fait même plus semblant. Le paysage politique ressemble à un village de Potemkine. Du carton-pâte et rien derrière, et tout le monde le sait. On s’en fout, le pouvoir est à nous. La seule chose qui compte c’est la réussite non ? La réussite, le succès, la célébrité, les stars, les vedettes, les gens célèbres, les gens puissants. Ceux qu’on pourra aisément désigner comme l’élite même s’ils ne correspondent strictement à aucune définition d’une élite. Ou alors l’élite de la médiocrité peut-être. Et dans ce jeu merveilleux, le plus ravissant, c’est que l’argument du choix librement consenti ne peut même pas être dénié. Vous avez bien tous tapé trois pour que Mounir soit éjecté non ? Vous achetez bien tous à manger dans nos supermarchés non ? Vous avez bien accordé une majorité à Emmanuel Macron n’est-ce pas ? L’homme qui ne veut pas réformer mais transformer la France. D’ailleurs il pense même que la France n’est pas réformable. Et ça a fait rire des imbéciles. Réformer c’est prendre quelque chose et appliquer des modifications de sorte de l’améliorer. Ca signifie qu’il pense qu’il est impossible d’améliorer ce pays, impossible de le faire aller plus loin. Non il faut en faire autre chose, il faut le transformer, en gros il faut le faire disparaitre. Ca tombe merveilleusement bien quand même parce que c’est exactement le même projet que Daesh. Il y a de ces hasards quand même…

Un français nouveau, pour un nouveau « projet ».

Un projet sans impureté droit de l’hommiste, sans lutte des classes, donc sans histoire, sans passé. D’ailleurs il ne s’est pas gêné pour le dire, il n’y a pas de culture française. Et c’est bien normal qu’il le dise puisque un pays se définie non pas par ses frontières ou l’homogénéité colorimétrique de sa population mais par sa langue, donc son système de pensée, donc par voie de conséquence sa culture. Et à ce propos peu importe que vous disiez shab la go frère ou regarde mon brave cette jeune damoiselle, tant que vous mettez un verbe, un sujet et un complément vous êtes déjà dans le français et sa raison, n’en déplaise.

Si pour les américains tout passe par le prisme du fantasme du self made man et du show, et je dis fantasme parce qu’aucun homme ne se fait tout seul, en France nous sommes atteint d’une maladie grave, la Condorcite. La maladie du diplôme et des grandes écoles. Comme le bas imite le haut, si vous voulez vous en convaincre, surprenez toutes les fois où sur un réseau social un interlocuteur va s’appuyer sur sa connaissance académique, son statut de prof ou de professionnel pour vous asséner la Sainte Parole, la sienne. En haut, le diplôme sanctifie implicitement l’excellence du dirigeant comme du locuteur de vérité. Locuteur de vérité que nous avons dans l’acceptation de cette maladie appelé « les intellectuels » une terminologie qui n’existe nulle par ailleurs. Ce qui permet d’immédiatement les distinguer du commun, eux « ils pensent ». L’intérêt de ce label et de la sanctification du diplôme, qui sera systématiquement appuyé par un livre-somme, une sorte de bible de la pensée du penseur, socle de son église, est que quoi qu’il dira aura l’allure de la réflexion. Et donc, dans le système de valeur de la pensée française, celle de la vérité. Ainsi on peut imposer non pas un débat entre des avis divergeant, mais un débat opposant une vérité l’une contre l’autre. Chacun la sienne pour une meilleur stérilisation du cerveau, une pensée unique. Car un débat par définition n’est pas un dialogue de sourd.

Eric Zemmour et BHL sont l’un et l’autre parfait pour illustrer les deux citations de Mein Kampf que j’ai mis en exergue.

Ainsi pour le premier, au cours d’une émission télé où il venait faire promotion de la pierre de son église à lui « Le Suicide Français » il opposa à Mazarine Pingeot qui essayait de l’entrainer sur la pente glissante du racisme versus le camp du bien, qu’il vendait plus de livre qu’elle. Un argument comptable parfaitement puérile et qui évacuait totalement le débat du racisme dans la pensée d’Eric Zemmour au profit de celui autrement plus convainquant du succès, de sa célébrité. C’est le principe de l’objection stérilisante. Objection stérilisante qu’il utilise à loisir en réduisant toute pensée contraire à la sienne, à une pensée soixante huitarde, consumériste, bobo. De la même manière, fort de ses réseaux, Bernard Henri Levy soignera son image d’Hemingway des salons chics, en se faisant photographier dans son beau costume d’homme du monde au côté « des combattants de la liberté » du moment. Consultant des cartes avec des airs de général qui veut comprendre, visitant des pièces vides avec des trous dans les murs, parce que la guerre c’est ça, on fait des trous dans les murs c’est terrible. Et en bon bétonneur de la pensée, sorte de Bouygue de la philosophie pouet, il distribuera des procès en antisémitisme et en fascisme rouge a tous ses opposants. N’oublions pas en effet que cette mascarade a prospéré sur l’Archipel du Goulag de Soljenitsyne et qu’il fut à l’épuration culturelle de la pensée française ce que Zemmour est lui-même à son abêtissement.

Ainsi tout le monde devient antisémite ou son contraire selon l’église à laquelle on se réfère, raciste ou « antiraciste »… c’est l’axiome du pervers narcissique par définition : Jugez moi c’est vous que vous jugerez. L’accusateur devient l’accusé dans un jeu de chaise musicale ou finalement être antisémite ne veut plus strictement rien dire, ni raciste, puisque dans ce grand manège tournant on l’est tous forcément à un moment ou à un autre. Et le bas, peut, à l’égal du haut, fractionner votre discours pour le juger à son aune, et celle de son « expertise »

 

Blitzkriek.

« De quoi vivrait l’Eglise si ce n’est du péché de ses fidèles »

« Une alliance dont les buts n’englobent pas aussi la perspective d’une guerre est dénuée de sens et de valeur. »

Adolf Hitler

La violence a toujours fait de bonnes histoires. Ce pourquoi le grand roman américain fonctionne si bien sur nos esprits. Ce pourquoi nous croyons tous à cette fiction qui s’appelle Etats-Unis d’Amérique. Une fiction qui s’est battit sur la foi d’une constitution improbable, et sur le projet d’un système commercial propagé par le moyen de la guerre. Les héros emblématiques de cette fiction sont à son image, qu’ils soient prince ou gueux, de Billy the Kid à Edison, de Lincoln à Kennedy. La légende prévaut sur le réel, le mode d’ascension repose sur la captation et le vol par les moyens de la violence et de la duplicité. Billy the kid était un gamin des rues de New York prit dans une guerre entre grands propriétaires de l’ouest. Edison bâtit sa réputation en cooptant les découvertes de Nicolas Tesla pour 18 dollars par semaine, découvertes que Westinghouse pourra généraliser en l’augmentant d’un peu plus de cent dollars. Tesla laissera plus de trois cent brevets derrière lui, que sa famille mit prêt de trente ans à récupérer. Quand à Billy il devint un hors la loi de légende et la guerre de Chisum disparu plus ou moins des mémoires. Lincoln défendait un projet d’union commercial et industriel préservé entre un nord mécanisé et un sud dépendant de la rente négrière. Il demeura dans l’imaginaire collectif le père d’un projet qu’il ne porta jamais réellement, l’abolition de l’esclavage et contre lequel il était même au départ opposé. Kennedy était fils d’une lignée de l’aristocratie américaine qui avait bâtit sa fortune sur la prohibition. Il remporta les élections notamment sur son allure glamour et l’aide de la mafia de Chicago. Il entra dans la légende par la voie royale du martyr comme son frère Bobby. Demeura dans l’imaginaire collectif le porteur du grand projet du mouvement des droits civiques. Peu importe si dans les faits non seulement les Kennedy n’en voulaient pas vraiment, et qu’au contraire c’est Lyndon Johnson qui en accéléra d’autant le processus, qu’il partageait et comprenait les idées qu’il sous tendait.

Quand au peuple américain lui-même, faute d’être portée par une ambition autre que commerciale, il se regroupa autour de la nouvelle Eglise, celle de la marchandise et de la consommation. Le cinéma d’Hollywood se chargeant de valeurs universalistes sans aucune attache avec la société qu’il était censé dépeindre, et véhicula dans le monde entier les valeurs positive du capitalisme. Allant à donner à la mafia elle-même, le versent voyou de ce capitalisme là, une figure noble. Et c’est sur ces mêmes valeurs fictionnelles, celle du Rêve Américain, qu’il se prorogea jusqu’à aujourd’hui. Personne ne semblant retenir qu’un rêve est par définition une fiction de notre esprit.

 Au cours des années soixante, l’Amérique marchande comprenant que son système de valeurs conservateurs ne portait pas en lui les germes de l’adhésion consumériste des baby boomer, s’appuya brièvement sur la créativité qui se dégageait de cette jeunesse là pour promouvoir son mode de vie, ou plus exactement le mode de vie qu’elle comptait faire adopter au monde entier. Les studios ruinés se tournèrent vers une poignée de jeune turc, le rock’n roll musique de proscrit par excellence devint le porteur d’une culture fabriqué par la marchandise et la marque déposée de la conformité. Et sitôt l’ère Reagan, ce même cinéma abandonna la créativité pour ne se concentrer plus que sur un seul thème, le mythe du surhomme. Avec cette phrase de Nietzche inlassablement répété et décliné d’un film à l’autre, de Rambo à John Mc Lane : ce qui ne me détruit pas me rend plus fort. En sus de cette vérité intangible : l’Amérique a toujours raison, même quand elle a tort. Le projet ce cristallisant autour d’un totalitarisme contre un autre, celui de la propriété contre le collectivisme, il adapta naturellement les codes d’une autre forme de totalitarisme. Aujourd’hui le même mythe fédérateur ne s’embarrasse même plus de la métaphore historique (Rambo) ou sociale (Mac Lane) il s’agit bien de super héros dans toute l’acceptation d’une nouvelle race d’élus, porté par une technologie militaire supérieure (Iron Man, les Avengers). Une race d’élu qui ne se contente plus de sauver l’Amérique comme figuration de la terre, mais la terre comme figuration du projet américain dans son ensemble.

Tandis que sur le plan politique, chaque alliance était soumise au chantage d’une collaboration militaire et idéologique face à l’ennemi héréditaire, par exemple le plan Marschal. Chaque conflit intervenant comme motif d’une nouvelle conquête commerciale. On vend des armes à nos alliés, avec lequel ils détruisent des infrastructures et des modèles économiques qui s’opposent à l’extension de la zone commerciale. Après quoi les entreprises américaines s’empressent de proposer ses services pour reconstruire ce qu’elle a contribué à détruire. Ainsi les industriels américains favorisèrent la machine de guerre nazi dont ils récupérèrent les brevets à la fin et après la guerre. Obtenant d’un régime absolu et totalitaire, des moyens et des structures militaires également absolus et totalitaires, comme le Japon en fit la douloureuse expérience. Ainsi que toute l’Amérique du sud et centrale. Et en à peine deux siècles, la fiction américaine rattrapa et dépassa de deux coudées la « vieille Europe » qu’elle s’empressa de débarrasser de toute les valeurs qui l’avait porté depuis les Lumières. Un comble.

Et pour conclure je vous citerais à nouveau Hitler : « La seule réalisation impérissable du travail et de l’énergie humaine, c’est l’art. » Ce pourquoi désormais l’art ne se valorise non plus sur son message culturel mais sur sa seule valeur marchande.

Bienvenue en Suisse !

Ne craignez rien personne ne numérotera votre avant-bras, un code barre suffit amplement. Un code qui permet de vous suivre à la trace de vos habitudes de consommation, et si par malheur on vous perdait dans les méandres du grand fourre-tout commercial, il reste votre portable pour vous localiser et Facebook ou Twitter pour vous identifier. Personne ne vous stigmatisera tant que vous répondrez aux normes des valeurs implicitement portées par la marchandise, en gros si vous êtes solvable. Et si d’aventure vous cessez de l’être, si vous vous trouvez sur le chemin de la race des seigneurs ou de leurs bombes, vous cesserez d’appartenir au genre humain pour être défini soit par une action, migrer, soit par un état stigmatisant votre situation, assisté. Et de toute manière par une statistique

Adolf Hitler disait des suisses qu’il n’y avait aucune nécessité à les fourrer dans des camps de concentration, ils s’y trouvaient déjà. Donc, bienvenue dans la Nouvelle Suisse du IVème Reich.