Sédition.

La France vit un moment étrange et peut-être unique dans son histoire. Unique à plus d’un titre puisque le mouvement des Gilets Jaunes s’éveille à la politique en même temps qu’il évolue et peut-être se durcit. Maxime Nicole alias Fly Rider, une des figures du mouvement, nous a averti par live interposé, certain commence à penser sécession, et la référence ici est l’Ukraine qui je le rappel est dans une situation de guerre depuis plusieurs années déjà. Et la réponse de l’état et d’afficher une nouvelle fois son mépris. Mépris de la parole d’un peuple, mépris de la liberté de circuler, mépris de nos droits les plus élémentaires puisque sans motif aucun Eric Drouet est, à l’heure où j’écris ces lignes, une nouvelle fois en garde à vue pour avoir simplement voulu rendre hommage aux victimes de la répression macroniste. Nous sommes en train de verser dans l’état policier. Car avant même que les Gilets Jaunes n’apparaissent dans la scène médiatico-politique toute opposition au projet macroniste a été systématiquement réprimé à coup de matraque. Mais bien entendu derrière ce projet il faut entendre celui de l’oligarchie, de Bolloré à Drahi, du Diner du Siècle au Groupe Bieldberger et qui est de faire basculer la France dans la folie économique du capitalisme financier. Celui-là même qui est en train de détruire notre planète au même titre qu’il se propose de détruire l’état-nation. Car il est véritablement là le projet au-delà même de détruire l’état providence à la française et tous les acquis du CNR, il s’agit pour ces milliardaires qui ne seront jamais assez riches à leurs yeux, de dissoudre ce qu’ils se sont ingénié à corrompre pendant tant d’année. De se débarrasser enfin de ce poids qui pèse sur eux depuis bientôt trois siècles à savoir l’intervention de l’état dans leurs affaires. Et quand je dis trois siècles c’est bien parce que depuis trois siècles le patronat a toujours jugé que l’état n’avait pas à lui dire comment administrer ses affaires. Heureusement l’histoire du socialisme (j’entends le vrai pas celui de nos modernes caciques) de l’anarchie (les précurseurs) et du communisme a fait plier le patronat jusqu’en 36, une ère de violence qui a vu naitre le fascisme comme bras armé de l’oligarchie opposé à la vague socialo-communiste. Une ère qui a surtout permis à la classe ouvrière de partir en vacance, d’avoir des droits, hommes ou femmes et ce à la veille d’une catastrophe mondiale qui allait bientôt redistribuer les cartes dans le monde entier.

Au sein même des Gilets Jaunes on compare souvent la situation à celle de Mai 68, sorte d’alpha et d’oméga de la petite pensée commune quand on parle soulèvement. En effet Mai 68 ne discutait pas le capitalisme en tant que tel, ou s’il le discutait au sein de l’élite étudiante, la transformation ne s’opérait pas au sein de la classe ouvrière pour la simple raison que les uns théorisaient la condition ouvrière, et les autres la vivaient. Ici avec le mouvement des Gilets Jaunes c’est sans doute plus compliqué parce que faute d’éducation politique, le mouvement réclame à la fois sa part du gâteau tout en critiquant vertement l’oligarchie et tout le système pyramidale sur lequel repose la cinquième république et ses représentants. Pourtant à travers le Référendum d’Initiative Citoyenne c’est bien la Commune comme l’imaginaient les anarchistes du XIXème siècle que les Gilets Jaunes se proposent de réinventer. C’est d’ailleurs comme cela que s’organise peu à peu le mouvement puisque c’est sur ce mode de rébellion qu’il s’est spontanément constitué. Mais même au-delà de ça c’est moins le capitalisme qui est ici critiqué comme système que son mode de redistribution. Un mode un peu plus injuste à mesure des années où les 1% s’octroient toujours un peu plus, tandis que 99% de la population est appelé à se serrer la ceinture. En effet, n’en déplaise au Medef, l’abrogation de la Flat Tax et de l’Exit Tax, la redistribution du CICE au PME ainsi que le retour de l’ISF sont autant de revendication des Gilets Jaunes, au même titre que le R.I.C ou la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité ou encore l’indexation des salaires sur le coût de la vie. De ce capitalisme financier les Gilets Jaunes et avec eux 70% des français ne veulent pas et n’en voudront jamais n’en déplaise à Vincent Bolloré dont la vision des français et qu’ils ne désirent rien d’autre que du cul, du foot et de la bière, selon ses propres mots.

Le mépris renouvelé et exprimé une nouvelle fois lors de ses vœux d’Emmanuel Macron, n’est au fond que le reflet du mépris que nous inspirons à neuf milliardaires français et leur aéropage de suiveurs. De BHL a Jean-Michel Apathie, en passant par la rédaction de BFM ou Eric Zemmour qui désespère toujours de comprendre quelque chose à ce mouvement formidable, et qui jusqu’ici échappe à toutes les étiquettes en dépit du story telling renouvelé de la machine à propagande dispensé tant par le gouvernement que la presse française. Dans ce mépris s’exprime aujourd’hui la volonté tant de salir le mouvement en l’accusant d’acte anti sémite ou homophobe, et surtout de s’effilocher, pour reprendre une expression employé à loisir par les locuteurs de la Macronie (BFM, C News, LCI pour ne citer qu’eux) sous l’effet « salutaire » des annonces de notre tout petit président. Sous l’effet également de la violence renouvelée des forces de l’ordre pour une population pas habitué à affronter le joug de l’autorité de l’état. Ceux qui, en revanche, ont connu les manifestations étudiantes des années 80 ou les grèves de 95 comme moi avec un Juppé au sommet de son mépris de classe s’en souviennent et ne se font aucune illusion sur la nature des individus lancés à leur trousse. Ce sont des chiens. Ils aiment se battre, ils aiment aller au contact, ils en redemandent et ils sont dressés à ça et à rien d’autre. Bien entendu on ne peut pas mettre tous les hommes dans un même panier, ordre ou pas, la fatigue aidant, la peur également ils réagissent de façon animale, n’hésitant plus à tirer à répétition au flash ball dans la figure bien conscient que cela fera peur à une population peu habituée à la guérilla urbaine. C’est que ceux qui sont devenus les Gilets Jaunes avaient jusqu’ici accepté de se laisser endormir par la classe dirigeante et c’est pourquoi il est indispensable que le mouvement structure ses réponses face à la violence policière. Il est intolérable qu’il y ait eu plus de deux milles blessés à ce jour, intolérable que ce soulèvement populaire ait fait déjà dix morts, même si ces morts ne sont pas (encore ?) le fait des forces de l’ordre il appartient à celles-ci d’assurer la sécurité de tous les citoyens quel que soit du bord qu’il soit. Il faudra donc parler tactique de désencerclement, diversion, stratégie, étude du terrain, il faudra parler également de service de sécurité et non pas de milice comme en parlerons sans doute rapidement les médias mainstream, comme il y a actuellement les street doctor et les black blocks. Car n’en déplaise il n’est plus question de se laisser faire. Laisser faire Castaner qui avec une morgue et un cynisme inacceptable accuse les Gilets Jaunes d’avoir eux-mêmes provoqué les morts et les blessés. Laisser faire un Macron nous dégobiller à la figure son narcissisme et sa haine des pauvres. Laisser faire neuf milliardaires et leurs amis voler un pays tout entier pour leurs intérêts tout particulier. Laisser faire la violence policière à l’égard de mamie de 75 ans ou de mère de famille sans défense.

A Lyon nous étions tout au plus deux cents gilets jaunes et tous ne portaient pas le gilet, dont moi. Ce que j’ai pu voir c’est une foule désorganisée, qui ne savait pas exactement où elle voulait aller et quoi faire, effrayée à l’idée de devoir affronter une armée de CRS et de gendarme, une réponse policière totalement disproportionnée par rapport à la dangerosité effective des manifestants et leur nombre. J’ai beaucoup marché, j’ai eu le sentiment d’avoir fait tout ça pour rien, on a été un peu gazé, ils avaient peur qu’on s’en prenne à des commerce alors que depuis le début il était évident que personne à l’exception d’un seul et unique dans cette foule avait envie de casser du flic ou de casser tout court. Si le but était de faire se promener la police, nous avons accompli notre mission, si c’était celui de se faire voir et de réclamer le R.I.C alors, pour rester poli, je dirais que nous frisions dangereusement avec le ridicule. Pas assez nombreux, pas assez agressif dans notre volonté d’aller où nous voulions, et, il faut dire ce qui est, pas assez violent quand bien même il ne s’agit pas de frapper mais de marquer les esprits. Murer une préfecture ça fait des images et ça marque des esprits, crier bêtement devant un commissariat dont les lourdes grilles avait été fermé comme si on était des émeutiers, et ce encadrés de flics casqués comme à la guerre c’était du dernier des ridicules. Mais c’est sans doute dû à cette ville très bourgeoise et naturellement frileuse. Le lyonnais n’est pas fort dans le lien social, il vit renfermé et les quartiers pourtant nombreux autour de Lyon n’ont pas encore rejoint le mouvement. Jusqu’à quand ? Et que faudrait-il pour que les banlieues viennent également rejoindre les Gilets Jaunes ? Car après tout ils partagent une même précarité, une même absence de conscience politique élaborée et surtout une même envie de changement. La jonction ne s’est pas encore opéré mais peu à peu elle fait son chemin selon les témoignages des uns et des autres, alors ce n’est pas un petit problème qu’Emmanuel Macron et sa machine répressive aura sur son agenda mais un gros.

Finalement ce dont témoigne ce dispositif lyonnais comme ce soir l’arrestation d’Eric Drouet c’est l’implacable terreur qu’exerce le mouvement sur Emmanuel Macron et ses amis, une terreur qui risque de se concrétiser un peu plus si on en croit les prédictions de Maxime Nicole. Mais au-delà de ça on remarque avec quel amateurisme et quelle légèreté le gouvernement traite ce qui est bien plus qu’une crise comme aimerait le croire la Macronie mais un phénomène unique sans doute dans l’histoire de ce pays. Narcisse s‘est pris les pieds dans le tapis de son arrogance et il ne sait plus comment s’en défaire. Mauvais comédien à l’excès, trop jeune politiquement, immature, mené par le bout du nez par ses amis, Emmanuel Macron ne sait simplement pas comment réagir et son équipe de bras cassé non plus. Ce ne serait pas grave si on n’était pas à l’aube d’une crise financière majeure, si la France tout entière n’était pas à un tournant de son histoire, car qu’on le veuille ou non, peu importe la petite flûte que pourra chantonner à l’oreille des français à propos d’une radicalisation supposée du mouvement (il a toujours été radical) les Gilets Jaunes s’organisent, se structurent, deviennent peu à peu un mini état dans l’état et comme tel sont déjà rentré dans l’Histoire. Est-ce que cette aventure sera plus sanglante qu’elle ne l’est déjà ? Tout repose désormais sur les épaules d’un président hors sol et d’une oligarchie séditieuse bien décidé à se séparer du peuple faute d’accepter un partage plus juste puisque bien entendu la France a déjà vécu son putsch il y a dix-huit mois au terme d’une élection de pacotille pour une grimace de démocratie. Une mascarade qui aujourd’hui montre son véritable visage, celui d’une dictature en demi-teinte face à un mouvement à la popularité toujours renouvelée et ce en dépit de l’énergie que déploie l’armée bavarde des experts et des éditocrates à le salir et l’amoindrir. En attendant je pense à Monsieur Drouet et à sa famille qui risque la prison pour avoir voulu déposer des bougies, et j’espère de tout cœur qu’il va sortir blanchi de cette mésaventure. Son arrestation ne fait que souffler sur des braises déjà bien chaudes, j’espère que ce gouvernement séditieux en a bien conscience parce que sinon il a du souci à se faire pour son avenir. Car non Monsieur Macron l’oligarchie ne sera pas toujours derrière vous pour vous soutenir, surtout pas si la vague jaune menace jusqu’à son intégrité physique. Déjà que Benalla sape totalement l’autorité du gouvernement ça serait ballot d’être lâché par ceux qui vous ont fait élire…

Publicités

Le jaune est mis

Le jaune est mis, en route pour une quatrième tournée, Macron t’as pas aimé, t’as encore rien vu. Les étudiants, les ambulanciers, les camionneurs, les CRS parfois si on casse rien, le personnel de santé, tout le monde s’y met et jusqu’ici ça ressemble à une grande farce, un énorme pied de nez non seulement fait à tous les partis, du Rassemblement National à la France Insoumise en passant par En Marche, mais au gouvernant et à tous les plans pré établis ailleurs dans quelque think tank au nom exotique. Zemmour en perd son latin, les politiques se balancent la patate jaune ne sachant trop quoi en faire, surtout ne pas essayer de les récupérer ça les énerve. Et Emmanuel Todd compte les points en assassinant Macron à petit feu. Macron l’homme à abattre, un canard sans tête comme dit si cruellement le même Zemmour. Macron dont tout le monde veut la peau de Ruffin aux gilets jaunes. Et on se doute que dans sa propre formation, gouvernement, ça grince et pire encore chez les zilliardaires qui l’ont fait élire. Et pendant que les chiens de garde de l’oligarchie, les médias main stream, ânonnent avec un zèle comptable que le roitelet a été élu démocratiquement, les gilets répondent référendum d’initiative populaire, responsabilité collective des dirigeants, salaire, pouvoir d’achat, heure sup défiscalisées, retour de l’ISF, etc. Dans la précipitation de son incompétence, ce gouvernement de technocrates aux ordres, vient de lancer un os comme une mômerie jeté à des gens qu’on ne comprend pas et surtout qui font peur. Bouh le peuple est là ! Tenez le peuple, six mois de sursis et les jaunes raisonnables, s’il vous plait ne venez pas aux Champs la prochaine fois. S’il vous plait madame, s’il vous plait monsieur… C’est quelle couleurs ça « jaune raisonnable » Castaner ? Hein dit moi Edouard ? Vous avez vu comme notre premier ministre n’en mène pas large ? Bon Macron essaye de faire son numéro de dignité, droit dans ses bottes tout ça, mais le sinistre, ouh là ! Il n’arrêtait pas de se gratter les mains devant les CRS tout bien conscient que deux cent boules sur leur fiche de paye ça va pas suffire longtemps pour faire la viande à caillou et coup de pied dans la gueule. Surtout si l’on compte sur le fait des milliers d’heures sup impayés que l’état doit aux forces de l’ordre, et ce paradigme qui veut que CRS comme gilet viennent en réalité du même milieu populaire, du même milieu des classes moyennes en voie de paupérisation comme des agriculteurs, des banlieusards, la France des fin de mois difficile c’est-à-dire toute la France moins 1% et leur crème. Toujours les mêmes, la bourgeoisie française, bien assise, bien installée, toute persuadée qu’elle restera au service de ses maitres encore longtemps avec un mouvement pareil. Mais tout ça va durer jusqu’à quand ? Jusqu’à quand ça va rester farce ? Le troisième opus a donné des ailes au mouvement contrairement à ce qu’espérait le gouvernement en lâchant ses chiens, le lendemain les ambulanciers se pointaient comme des fleurs à l’heure des braves, l’air de rien, pimpon sous le Crillon. Bonjour amis riche ! Ici on crève, ici on rêve… Ici on brûle son outil de travail en guise d’abandon et de rage. Car c’est la rage qui couve. Trois semaines de fatigue sur les barrages, dans le froid, sous la pluie, la neige, que foutre on lâchera pas. Trois semaines à défiler en braillant la Marseillaise et à se faire gazer, mais on lâchera pas ! On lâchera plus. Et c’est ça qui terrorise le gouvernement en réalité, cette volonté de fer que donne la survie au quotidien. La faim, la peur de ne pas pouvoir assurer un avenir à ses enfants ou même à soi, l’avenir qui se barre en couille au fil des années, et ça s’entasse le long du périphérique un peu plus chaque année. Un peu plus épais la couche d’humanité grise couchée sous les tentes Ushuaia bleu piscine. Celle qu’on ne voit jamais, comme disait un gilet furieux, ça fait trente ans que les SDF dorment dans la rue et ces messieurs, tous ces messieurs depuis trente ans se sont contentés de ne strictement rien faire tout en promettant perpétuellement des lunes. Et je sais de quoi je parle, quand j’étais SDF pour me faire aider par la mairie je m’entrainais à pleurer à la demande, comme un acteur, fendiller le petit cœur froid de la fonctionnaire harassée, sans quoi pas d’aide. Et en fait les aides c’est les associations comme Emmaüs qui m’en donnèrent pour que je paye mon hôtel au mois. Ca et la flopée de petits boulots que propose le néo libéralisme à la française, école de l’esclavage. Ce Medef qu’aujourd’hui on entend plus moufeter, pas une oreille qui bouge dans l’expectative du samedi qui vient. Parce que le comble c’est que si Drahi et Bolloré nous filment sous la matraque ou ravageant l’Arc de Triomphe (ouh le pauvre plâtre !). Si les chiens de garde de l’oligarchie ne cessent de répéter qu’ils sont là pour « comprendre, décortiquer, analyser » (dans cet ordre, écoutez les bien sur C News et BFM la prochaine fois) trois mots pour un seul, trois mots pour : « au secours des pauvres sur mon plateau que faisons-nous ? ». Ce n’est pas seulement des ouvriers qu’on retrouve en bas à appeler Manu, à lui dire de descendre, mais également les petits patrons, ceux qui sont proprement racketté par l’Urssaf et le RSI, ceux qui regarderont le CICE prit dans leur poche pour le voir offrir au cercle des nantis du CAC 40, les vrais patrons du Medef, et la boucle est bouclée. Et pendant ce temps les CRS reçoivent de l’acide et autre joyeuseté tout ça pour 1800 euros par mois. Combien de taxe sur cette paie aussi ? Et où va tout cet argent qu’on ne leur paie pas alors qu’on est un pays censément riche ?

Où va l’argent ? C’est au fond la question que tout le monde se pose. Quel est le projet là-dedans ? 40 milliards viennent d’être accordé aux grosses entreprises, dont les principaux bénéficiaires, on le sait déjà, seront des Bernard Arnaud qui émarge aux Caïmans et des Mulliez qui se sont réfugiés en Belgique. 100 milliards d’évasion fiscale et malgré ça on supprime l’impôt sur les grandes fortunes, on instaure la flat tax et alors que les gilets commençaient à monter leur barrage, le roitelet flattait les traders londoniens en se caressant devant la glace qu’il est le Margaret Thatcher à la française. Un métier de pute disait Alain Minc, autre porté disparu des plateaux, parlant de l’ancien métier du roitelet, banquier. Un métier de pute que le roitelet n’a jamais envisagé autrement alors qu’il flattait l’instinct moqueur des autres pays à notre égard. Les gaulois réfractaires au changement…. Qu’ils viennent me chercher. Bah voilà, ils arrivent et ils sont de plus en plus énervés, c’est la fièvre que promettais un jour dans leur chanson les NTM sans imaginer qu’elle viendrait non pas des quartiers mais de tout le pays, et jusqu’à quand ça aussi ? Jusqu’à quand l’onde de choc va épargner l’embrasement général ? Parce que niveau injustice social, ils en ont gros eux aussi, d’ailleurs le collectif Justice pour Adama a déjà rejoint le mouvement. Et pendant ce temps, toujours à se policher devant sa glace, le roitelet joue les Mitterrand, mutique, essayant d’avoir l’air dignement courroucé chaque fois qu’il visite un lieu dégradé, ombre ridicule de lui-même, farce et attrape de Jupiter de foire, accroché au rebord de son destin de ses doigts fins de comptable. Ne voit-il pas la tempête venir, veut-il finir comme Kadhafi ? Le mouvement est pacifique depuis le départ, on le pousse à la violence, combien de temps encore ?

Nous sommes le début de mois et quand j’aurais payé ma passoire thermique il me restera exactement 46 euros pour vivre. Naturellement je prendrais sur mon découvert, j’ai l’habitude, ma banque aussi, et on s’entend plutôt bien. L’EDF est pour le moment aux abonnés absents, serait-ce une erreur ou les gilets jaunes encore, un coup en douce ? Je ne sais pas, je ne suis pas inquiet pour mon avenir, pour la première fois dans ce pays je le vois même en rose, en jaune, toute les couleurs de l’arc-en-ciel à vrai dire, même le bleu hématome s’il le faut parce que plus personne ne veut rien lâcher parce que nous sentons tous que c’est le moment ou jamais de libérer notre pays de la gabegie générale dans lequel tous depuis Mitterrand nous ont plongé, et ce à l’intérêt toujours plus dévorants et exclusifs de leurs amis des grands groupes, des lobbies, de la finance mondiale et de la bourgeoisie française, seuls véritables bénéficiaires du fameux ruissellement avec lequel on nous baratine depuis quarante ans. Cette même bourgeoisie qu’on entend aujourd’hui glapir dans le poste.  De Cohen à Zemmour, les éditocrates de l’oligarchie en rajoute des couches sur la violence et les menaces de mort lancé à l’encontre de quelque gilets jaunes ayant pris le melon. Et on surprend dans leur regard la panique de voir un mouvement totalement apolitique ne réclamant rien de plus au fond que plus de justice, que les trois mots aux frontispices de nos mairies et de nos préfectures ne soient plus seulement que des mots, Liberté, Egalité, Fraternité, mais des faits. Et comme je peux comprendre leur affolement, eux qui ont grassement profité au Diner du Siècle, eux qu’on entretenait dans leur vanité pour qu’il déroule docilement le tapis rouge au nouveau capital, celui qui se propose rien de moins que de racheter le monde et nous dans le lot. Mais pour Madame Schiappa, la cruche d’En Marche qui a abaissé le consentement sexuel à 13 ans, c’est la République qu’on attaque. Alors que c’est elle qui est célébré bien au contraire, elle qu’on réclame, la vraie république, la chose du peuple et pas celle de quelques profiteurs aux ordres ou pas. Cette république qu’on nous a volé depuis la nuit du 4 août à dire vraie mais avec laquelle on a fait contre mauvaise fortune bon coeur parce que l’histoire de ce pays est ainsi faite. Un pays de rebelles et auquel ce mouvement, violence ou pas, fait aujourd’hui honneur. Aujourd’hui pour la première fois de ma vie je suis fier d’être français.

La France est jaune

A l’heure où j’écris Paris crame encore un peu sous la pluie. Un hôtel particulier pillé, des banques saccagées, des voitures de luxe retournées, plus de cent blessés et des forces de l’ordre à cours de gaz lacrymo, épuisées. Il est deux heures du matin et j’ai du mal à dormir. Ce gouvernement d’amateur totalement décalé de la réalité, ce président hors sol aux ordres des 1% qui ne trouve rien de plus que d’agiter ses poings mous et soyeux de banquier pour signifier sa désapprobation de jeune bourgeois. Ces manifestants protégeant la flamme du soldat inconnu pendant qu’autour d’eux on gaze en masse et avant même d’avoir vu le loup, ou cet autre gilet jaune sauvant un CRS du lynchage. Ce ministre de l’intérieur totalement dépassé, incapable de contenir la situation, d’autant incapable qu’il ne la comprend pas parce qu’il n’a pas voulu ou pu souscrire aux rapports alarmants de la DCRI. Quelque chose se fendille dans le joli plan voulu par les 1% et je me remets à espérer. Espérer de ce pays qui depuis quarante ans se fait rouler dans la farine par sa classe politique et par l’Europe marchande sans moufter, bouger plus qu’un cil. Se laissant diviser de tous les côtés, jeunes des quartiers populaires contre classe moyenne, femmes contre hommes, étudiants, personnel hospitalier, avocats contre les différents gouvernements et le reste de la France, syndicats contre syndicats. Tout ça pendant que les locuteurs du pouvoir d’Eric Zemmour à Jean Michel Apathie, en passant par Finkielkraut ou Levy, éditocrates de leur narcissisme, nous expliquent ce que nous devons penser sur un ton docte de professeur des écoles. Et continuent de le faire pendant qu’après la Réunion, on parle déjà de faire venir l’armée au secours des CRS, non sans avoir fait l’erreur magistrale de l’avoir insulté en début de mandat… Non je ne sais pas quoi penser non pas de ce qui se passe, cette insurrection ne cache pas ses intentions et seule la France d’en haut croit encore qu’il s’agit d’un mouvement qui va s’essouffler de lui-même (Noël approche voyons !). Mais de cet amateur qui prétend nous gouverner. Ce méprisant petit homme cintré dans son petit costume de technocrate au bras de sa vieille déboussolée qui pense encore tenir ce pays alors que pas un seul des mots qui soit jusqu’ici sorti de sa bouche n’a su apaiser la situation, bien au contraire. Sans parler du premier ministre, incapable de faire venir à sa table qui que ce soit de représentatif. Tout simplement parce qu’ils n’arrivent ni les uns ni les autres à comprendre qu’on ne veut même pas discuter avec eux, on veut qu’ils partent. Rien de plus. Qu’ils partent tous ! Dehors les clowns !

On ne veut plus de vous, petits autocrates, qui volez dans les ministères les biens de la République. On ne veut plus de vous les professionnels de la politiques, monarchiques petits potentats, si accrochés à leurs divers mandats que lorsque les journalistes viennent vous voir dans vos circonscriptions il est de coutume de dire que l’on vient sur « vos terres ». Dégagez les experts autoproclamés des plateaux des grandes écoutes, les Barbier, Duhamel, Ferry et autre va-nu-pieds des petits salons calfeutrés, l’estomac bien capitonné de petits fours, le cerveau gras de votre suffisance. Barrez-vous les milliardaires qui nous avez vendu à coup de sondages bidons qui l’Europe marchande, qui le roitelet, qui la médiocrité télévisuelle qui les réformes toujours plus restrictives à votre seul bénéfice. Mais avant de partir qu’on ouvre grand les comptes de Bercy parce que c’est par là qu’il va falloir commencer si on veut savoir où est parti et où part tout cet argent que vous nous voler à chaque secondes. Pas question de brûler les archives cette fois, vous ne nous ferez pas deux fois le coup de l’incendie du Crédit Lyonnais. Cassez-vous les syndicalistes aux ordres, les préfets et sous- préfets, généraux de pension qui vivez à nos crochets depuis des lustres. Arrachez-vous les marchands d’armes qui obligez nos armées à survivre avec des bouts de ficelle à coup de rétro commissions pendant qu’on blinde nos ennemis en matériel de pointe et qu’ils répandent la guerre partout où bon leur semble. Foutez le camp les Sarkozy, Le Pen, Wauquiez, Balkany, etc… smala de gangsters, professionnels de l’élection qui se croient systématiquement au-dessus des lois et encore une fois vivent à nos crochets avec ou sans mandat. Oui tirez-vous tous ! Ce n’est pas vous qui faites tourner ce pays, ce n’est pas vous qui retenez les centrales de ne pas péter à force de laisser-aller ministérielle d’une classe politique corrompue à l’os. Ce n’est pas vous qui sauvez des vies, dans les hôpitaux, chez les pompiers, protégez les biens et les personnes le tout aux prix de suicide en chaine. Ce n’est pas vous qui encaissez les marchandises ni les rangez dans les hypermarchés marmoréens des Mulliez et compagnie, ce n’est pas vous qui produisez notre nourriture ni ne la transportez au fin fond d’une France que vous avez mis sous la dépendance de vos autoroutes que nous avons construit avec nos mains et notre argent pour qu’aujourd’hui vous nous les fassiez payer à la gabelle de vos seuls intérêts. Ce n’est pas vous qui construisez à la main et à la machine les prisons dans lesquelles vous enfermez en masse la jeunesse populaire, veillant un peu plus chaque année à restreindre nos libertés au prix d’une sécurité illusoire, 130 morts au Bataclan, et ça par contre c’est bien à vous qu’on le doit. A vous tous ceux du pouvoir et de ses collaborateurs. C’est bien à Bernard Henri Levy et à l’escroc Sarkozy qu’on doit une guerre en Libye. Il n’y aurait jamais eu d’Aquarius, ni de marché aux esclaves aujourd’hui sans ces deux voyous. C’est bien à la politique du même Sarkozy l’Atlantiste aveugle et à celle de Hollande l’adorateur des assassinats ciblés qu’on doit de voir le sang couler sur notre sol, c’est eux qui ont amené la guerre dans notre pays, eux les terroristes, sinon par acte du moins en (in)conscience. Eux qui nous imposé la peur américaine depuis le 11 septembre, envoyé nos soldats dans nos rues comme un vulgaire pays du tiers monde comme pour mieux instiller la peur permanente dans nos veines. Et il était où Vigipirate le 13 novembre 2015, en quoi le dispositif a montré une seconde son efficacité. Ca n’a pas empêché d’imposer depuis l’état d’urgence quasiment constitutionnellement en attendant que Daesh trouve une nouvelle fois une parade ou bien qu’on invente un nouvel attentat pour nous faire rendre le gilet… Et pourquoi pas ? Castaner n’a-t-il pas déjà brandi des menaces imaginaires en espérant que son story telling prenne ? Jusqu’où ce gouvernement de baltringue est-il capable d’aller pour conserver ce pouvoir illégitime qui est le sien. Car comment le qualifier autrement ce pouvoir face à une abstention massive lors des élections, face au rouleau compresseur médiatique qui un an durant s’est ingénié à nous vendre le roitelet comme une nouvelle lessive super moderne. Lui qui ne représente en réalité qu’un vieux monde corrompu. Toujours le même depuis 40 ans.

J’ai 54 ans, je touche l’allocation adulte handicapé, soit 856 euros plus 250 euros d’APL, total 1100 euros auquel il faut déduire 485 euros de loyer, ce qui veut dire qu’en théorie je vis avec 600 euros par mois. J’ai de la chance je n’ai pas d’enfant, seulement deux chats. Hélas je vis dans une passoire thermique et je suis au tout électrique. En hiver ma note d’électricité monte parfois jusqu’à 60 euros mensuel, auquel on ajoutera 40 euros de mutuelle, et l’électricité n’a pas encore été augmentée comme le prévoit ce gouvernement de crevards. Je n’ai pas la télévision et je ne paye pas d’impôt sauf la TVA, je suis fumeur (du moins quand j’ai encore de l’argent) mais à nouveau ce n’est que partie remise puisque ce même gouvernement qui n’en a jamais assez prévoit bientôt de taxer les appareils multimédias, donc mon ordinateur qui est aujourd’hui ma seule source de loisir. Je ne suis pas parti en vacance depuis 1999, date de mon burn-out, j’ai été hospitalisé en psychiatrie dans des conditions souvent effroyables huit fois (je suis bipolaire) et en 20 ans j’ai réussi à me retrouver à la rue trois ans durant alors que j’avais la quarantaine. Depuis 1999 j’ai été successivement sondeur par téléphone, serveur, réceptionniste, j’ai passé un CAP de cuisine, et donc cuisinier trois ans durant avant d’en avoir marre de me faire exploiter pour un salaire à peine plus élevé que mon allocation. J’ai même tenté de monter mon entreprise avant de me faire littéralement racketter par l’URSSAF et le RSI. Tout ça pour dire que je comprends parfaitement les revendications des gilets jaunes et que je les partage d’autant que depuis des années je regarde ce pays se faire enfumer sans réagir, à mon grand désespoir. Un tel désespoir à dire vrai que peu à peu je me suis fermé à ce pays, et j’ai cessé de m’intéresser à ses revendications sachant qu’il s’était laissé, année après année, dépouiller non seulement de tous ses droits mais de tous ses moyens de lutte. Or s’il est parfaitement contreproductif de tout péter il est parfaitement sain et compréhensible de laisser aller sa colère et la colère est immense dans ce pays, plus encore que la dernière manifestation le laisse entendre. D’autant qu’il y a fort à parier que ce qui s’est passé hier ne soit réellement le fait des gilets mais sans doute de casseurs trop contents de profiter de la situation, dont parmi eux probablement des policiers en civil venus jouer les agents provocateurs, comme à chaque manif qui tourne mal. Oui la colère est immense et ce gouvernement fantoche tente de la fractionner en petits morceaux de ressentiments sans conséquence. Ils vont lourdement s’appuyer sur les derniers événements avec BFM TV et son orchestre de propagandistes d’état en soutien musicale. Mais moi tout ce que je souhaite c’est que ça ne change rien et qu’on vire cet amateur qui prétend nous gouverner. C’est à lui qu’on doit le feu ce samedi en réalité, à lui et à lui seul, à lui et à son mépris perpétuellement renouvelé. Comment par exemple en pleine crise on peut penser à faire des dépenses de décorations pour occuper l’ennui de la vieille qu’il a épousé. Comment peut-on ne pas rentrer d’urgence du G20 alors que depuis deux semaines ce pays vrombi de colère. Comment même peut-on laisser un novice comme Castaner occuper le poste qu’il occupe alors qu’il est évident que ce qui brille chez lui ce n’est pas son intelligence mais son opportunisme. Peut-être que ces réponses se trouvaient dans le coffre-fort de Benalla le mignon du roitelet, on ne le saura sans doute jamais puisque sur ce sujet comme des centaines d’autre ce qui caractérise la Macronie c’est l’injustice. La France est jaune Macron, prépare tes bagages.