Génération plastique

Cinq grammes de plastique par semaine, vingt grammes par mois, deux cent quarante par an, bon appétit ! Du plastique dans l’air, dans les animaux sauvages, dans les nichons, dans les lèvres d’une génération Tinder, Snapchat et Instagram. Une génération qui se regarde chier. Qui se regarde chier en bubulant son affolement devant l’apocalypse biblique qu’on nous promet tous les jours. Nervous break down dans le vert, chlorophylle burn-out, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir bouffer ? Qu’est-ce qu’on va tous devenir si la température continue d’augmenter comme ça ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Et puis tant pis hein, retournons à nos petites habitudes, on verra bien demain, oh t’as vu Kevin a largué Navéa sur les Anges. Et pendant ce temps-là Pascal Praud prout dans le poste ses certitudes de climatologue de comptoir. Alors ma chère Elizabeth Levy qu’en pensez-vous ? J’en pense, hic !, Depuis quand la météo est devenu un sujet d’actualité, hic ! Depuis toujours mais passons. Passons sur cette médiocrité qui a envahi toute notre société comme un substrat malodorant mais nécessaire à l’élimination future de tout un pan de l’humanité. Car n’en doutons pas, ceux qui ne sont pas conscient du monde d’aujourd’hui sont voués à disparaitre tôt ou tard. Ils ne seront pas adaptés et en sauront totalement incapables. Paralysés par leur bêtise, alourdis par toutes les croyances du capitalisme, en retard sur la course à la survie, ils vont voir leur petit confort fondre comme neige au soleil et il n’y aura plus d’état auprès de qui pleurnicher. Car l’état moderne est un homme d’affaire, sa priorité n’est plus le citoyen mais le consommateur, il est au service de Facebook, LVMH, Free, Tweeter, etc et réciproquement. Les marques règnent, les holdings sont reines, et l’empereur s’appelle Bernard Arnault, Zuckerberg, ou Bill Gates. Qu’on célèbre, qu’on envie parfois quand on est aliéné aux allégations du capitale, ou qu’on conchie parce qu’il est anormal que l’humanité soit conduite par une poignée de malades de l’argent et du pouvoir qui ont construit leur fortune sur l’usure, l’extorsion, l’exploitation des populations les plus pauvres. Pathologique comportement qui fait la loi des magazines de papier glacé, Times, Forbes, Valeurs Actuelles, messires voici la pommade et si tu ne souscris pas c’est que ta jalousie t’étouffe. Autant de certitudes inutiles qui seront appelées à disparaitre dans un avenir proche. Des certitudes que n’ont plus les gilets jaunes, citoyens précurseurs dans une société qui se refuse d’évoluer. Phénomène hors du commun, fait historique d’un mouvement spontané et solidaire de citoyens qui a totalement dépassé tous les vieux clivages, balayé d’un seul coup les certitudes politiques, et résiste encore et toujours malgré toute les tentatives d’enterrement de Macron aux médias mainstream. De toute manière la Macronie gouverne au déni de réalité, les urgences sont en grève, les pompiers ont déposés un préavis pour tous l’été, canicule ou pas, les gilets jaunes reviennent bloquer ports et raffineries, libèrent les péages comme d’autres des pont levis mais on durci les droits d’admission au chômage, et on claironne qu’il n’y a pas de violence policière. Et les flics exténués se suicident à la chaine dans l’indifférence complice d’un incompétent une nouvelle fois protégé comme l’était Benalla, l’arlésienne de la Macronie.

La fabuleuse famille que voilà chez LREM, une cruche habitée par sa bêtise élue personnalité politique de l’année, un ministre de l’intérieur surpris à faire la fête en pleine crise autant social qu’interne, un crétin débarqué des hautes sphères mentant effrontément au sénat pour jouer plus tard les starlettes pour michetonneur franc-maçon devant les caméras d’Elise Lucet. Une smala qui se prétend moderne, dans le vent, avec son époque, le nouveau monde qu’ils disent. Mais ils ont raison vous savez, ce monde leur ressemble. Il est faux, bidon, mensonge et contre vérité, pardon « fake new », la mythomanie et le narcissisme y sont rois, de Tinder à la télé réalité, une génération en plastique. C’est simple même la tête à Macron on dirait Ken. Mais Ken a des idées noires, Ken veut voir son pays se transformer en une gigantesque entreprise dont il serait le monarque incontesté. Car incontestable il se veut, c’est sa tyrannie à lui, sa petite vanité de bête à concours élevé dans la certitude de sa classe qu’il n’est pas n’importe qui puisqu’il est à ce poste. Et combien pense comme lui sur l’échelle pyramidale de notre société, même tout en bas, surtout tout en bas, on le pense. S’ils sont là où ils sont c’est qu’ils ne sont pas n’importe qui. Cette foutaise de la bourgeoisie qui bientôt se délitera face à la réalité qui nous fonce dessus comme un taureau sauvage. Et plus ça produit et ça se reproduit comme des lapins plus le taureau se rapproche tandis qu’on se lance dans des expérimentations barbares sur les animaux « pour le bien de la science » et surtout du profit, incapable de repenser le monde autrement que sous le joug de l’argent-roi. Car on pourrait déjà aisément nourrir toute la planète sans faire des trous dans les vaches, et l’Afrique serait auto suffisante si les multinationales payaient leur tribut aux états. Mais non surtout pas ! Il faut des paradis fiscaux, il faut de l’optimisation fiscale, il faut des vaches-usines et des consommateurs captifs dans des hypermarchés concentrationnaires, il faut cumuler comme des rongeurs parce que ça serait dans l’ordre des choses.

Oui tout ça va leur péter à la gueule  Tous ces amateurs de crédit sur vingt ans, cette génération sans conscience qui se précipite à sa propre perte en claironnant que c’est pour le bien de l’humanité. Mais, et c’est bien l’inconvenant d’une société imbriquée comme la nôtre, leur perte sera également celle des plus conscients et seul les plus solides et solidaires s’en sortiront. La nature ne fait pas de sélection, nous bouffons tous des microparticules de plastique, indifféremment, et même si demain on faisait disparaitre d’un coup de technologie magique les dix millions de tonnes qui finissent dans la gueule des océans, il resterait toujours les milliards de pneus qui chaque jour sur le globe s’usent sur les routes et les pistes. Le capitalisme ne veut pas mourir et son décès forcé sera une longue et douloureuse agonie. Une agonie guerrière n’en doutons pas d’autant que les chantres du capital, cette tyrannie qu’on appelle la Chine ou les Etats-Unis s’imaginent encore un avenir tout en expansion boursouflé de bénéfice. Que l’actuel tyran brésilien compte bien détruire la forêt amazonienne si ça peut rapporter gros et qu’on aiguise déjà les couteaux pour l’Antarctique sans la glace. Et ça ne fait que commencer si l’on observe la pollution des nappes phréatiques, la raréfaction des terres arables, et la désertification qui ira de pair à mesure que ces dernières disparaitront sous le béton. Mais peu importe puisque l’état envisage déjà de privatiser l’ONF pour livrer nos forêts à la sauvagerie marchande. Après tout parmi tous nos bâilleurs la Chine n’a pas seulement faim d’armement ou de se presser à dévorer l’Afrique tout en lui faisant la danse du ventre. Notre patrimoine, nos vignobles, nos forêts, tout est à vendre à la grande braderie macroniste et il n’y a aucune raison que nous ne devenions pas un pays du tiers monde comme un autre dans les nouvelles polarités qui se dessinent sur le monde. Prêt à se vendre aux plus offrants si ça peut assurer les carrières présentes et avenir de cette corruption généralisé qui nous gouverne.

Et pendant ce temps les vieux croutons d’une génération perdue continuent de nous assommer avec leur vieux clivage communisme contre capitalisme comme si cela avait le moindre sens pour la génération plastique ou même le moindre sens du tout. Le mur s’est effondré le 9 novembre 1989, et trente ans plus tard ça sert encore d’argument dans les conversations creuses des réseaux sociaux. Ils n’ont rien compris et peinent toujours à comprendre que leur monde est mort et que bientôt un autre encore naissant dansera sur la panse de leur cadavre et ça ne sera pas qu’une métaphore. 60% des espèces ont déjà disparu et bientôt la disparition des insectes signera le compte à rebours d’une humanité figée dans sa sclérose. L’infâme escroquerie qu’est le capitalisme a voulu faire croire que la fin de l’histoire était justement intervenue ce fameux jour de novembre 1989 alors qu’en réalité la fin s’annonce dès aujourd’hui alors que le thermomètre bande et que je viens d’avaler mes cinq grammes de plastique quotidien. Du moins la fin d’une histoire, celle d’une société malade de sa médiocrité et de son nombrilisme. Car rien n’est simple dans la résilience qui s’annonce. Il n’y pas de solution ou elles se présenteront d’elles-mêmes et il faudra s’adapter ou bien crever tout à fait concrètement. Oui la résilience soit sa capacité à absorber un choc puisque désormais les instances n’envisagent même plus les solutions mais des bouts de ficelle  en les peignant en vert, espérant sans doute que ça passe pour une position durable. Et quand le dernier orang outan aura rendu l’âme on versera une petite larme sur ce qui aurait pu être si une poignée d’individus n’avaient pas été aussi voraces. Et le voilà l’extraordinaire scandale de ce capitalisme mortifère, nous sommes sous l’influence d’une poignée qui tient par les génitales les imbéciles qui nous gouvernent. Une poignée qui n’a aucune retenue quant à la révélation de sa voracité et l’amoralité de son statut de privilégié. Rien n’est simple puisqu’en dépit de l’effondrement qui vient, l’humanité ne tirera pas sa révérence sans se battre, sans espérer, sans croire à un autre possible que l’impasse fatale vers laquelle nous conduit ce capitalisme suicidaire. C’est là sans doute le message que les gilets jaunes envoient vers le futur, puisqu’ils sont l’avenir alors que Macron est déjà le passé. Le message d’une population déjà résiliente et légitime à la gouvernance de ce pays, les parents de la génération qui vient, celle née après 2000 et dont la capacité d’attention frise pourtant celle du poisson rouge, faute aux écrans qui phagocytent leur temps et à la pollution endémique. Paradoxalement une génération bien moins préparée aux changements, aux transformations que celle qui voit actuellement l’avenir de ses enfants et le sien se noircir comme un fruit pourri. Parce que vivant dans l’immédiateté que lui propose son siècle de bêtise, de médiocrité et de mensonges institutionnalisés. Parce que dépendante d’une technologie qui peu à peu va devenir le domaine réservé des plus nantis. Parce qu’élevé au caprice, tous les droits et aucun devoir même pas de saluer son voisin par simple civilité. Après l’ère des procès viendra donc celle de la rage. Quand vos gamins auront pris dans leurs mains le coup de jus qu’on leur laisse. Les déchets nucléaires, le plastique, la fin du pétrole, l’atmosphère, une déchèterie à ciel ouvert abandonnée au milieu d’une fournaise, avec au milieu des armes, des millions de tonnes d’armes et de paramilitaires pour s’entre-tuer gaiment.

Nous sommes encore au temps des opinions. Des opinions partout qui se disputent sur les réseaux sociaux, des opinions et non pas des idées. Et la plus part du temps des opinions dictée sans esprit ni rigueur. Nous avons de la chance. Nous nous engraissons dans un luxe que nous ignorons tellement nous y sommes habitué et nos petites opinions sans conséquence peuvent se batailler sous toutes les formules de médias existant. Les hommes politiques, ces amuseurs publics, l’ont bien compris. Il suffit de scandaliser le chaland pour que les hamsters se mettent à faire tourner la roue à coup de hashtag je suis pas contant, et ainsi fait ils aspirent le tapis sous nos pieds au bénéfice de leurs bailleurs. Aujourd’hui plus que jamais, car c’est aujourd’hui que ça compte, demain il sera trop tard, c’est juste une affaire de territoire, prise de guerre en prévision de lendemain qui déchantent déjà. Les gilets jaunes ont démontré par leurs revendications légitimes que des idées il y en avait et il y en a, la Zad de Notre Dame des Landes que ça valait le coup de se battre pour ses idées quitte à y perdre des plumes. La faiblesse de l’état c’est sa force, d’autant quand les dites forces sont épuisés par des mois de mobilisation. En lui opposant résolution et action pacifique il ne peut que démontrer de sa tyrannie et de sa violence. L’obliger dans ce sens c’est le mettre à nu. Le régime d’Emmanuel Macron a démontré de sa tyrannie et de son iniquité, une tyrannie soft tout dans l’étouffade à coup de censure médiatique, déformation de la réalité et chiffres bidonnés. A coup de violence policière généralisé, et non plus cette fois réservé aux seuls quartiers mais à tous les pauvres. A coup de condamnation en chaine pour des délits imaginaires ou préventifs et de petites amendes mesquines visant toujours le portefeuille des plus pauvres. Mais qu’importe au fond sa petite salade de monarque pour tenter de passer en force ses mesures. Puisqu’elles seront défaites par le temps. Défaites par l’évolution de notre biosphère, défaites par le tissus social qui se recomposera de fait, détruite ses petites ambitions de banquier. Et peu importe d’ailleurs ce médiocre, peu importe la folie de Trump, ou celle d’un Bolsonaro si nous quittons le chemin des petites opinions pour reprendre celui des idées. Nous avons encore, pour peu de temps sans doute, la liberté de nous servir de la toile pour échanger autre chose que la photo de nos crottes. Autre chose que des anathèmes pour des raisons futiles, autre chose que nos petites opinions stériles. C’est le moment ou jamais de construire la société que nous voulons sur leur dos. Le dos de ceux qui sucent le monde aujourd’hui et le privatiseront demain. Le moment ou jamais d’avancer au-delà de nos petites angoisses à la mode écolo et de construire une société de justice social et solidaire, faire avec ce qu’on leur prendra – car on ne leur prendra pas tout, ne rêvons pas –  et prendre en main une bonne fois notre destin avant que les Zuckerberg et les Macron du monde entier nous coupent l’accès à l’eau potable.

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Neuf jours

Neuf jours. Neuf jours c’est tout ce qu’aura laissé notre roitelet national, Jupiterion, au COS pour monter une opération de sauvetage. Alors que d’habitude les otages pourrissent des mois voire des années aux mains de leurs ravisseurs, là tout a été fait dans la précipitation d’un besoin avide d’image. C’est les élections européennes coco tu comprends, et même si ces élections comptent en réalité pour du beurre, que le parlement européen n’a aucun pouvoir, il ne s’agirait pas de se prendre la déculotté tant attendu. Alors tant pis si deux soldats y passe, tant pis les désirs de sa majesté sont des ordres, sont désordre aussi. La loi pour la reconstruction de Notre Dame est passée sans surprise, on pourra se prévaloir de l’autorisation du patrimoine national pour quantité de domaine, de la voirie à l’environnement…. Et au sommet de l’état on salive déjà à l’idée d’une flèche qui marquera le règne de Jupiterion. La folie des grandeurs, le mépris des vies, le mépris des opinions, le narcissisme. Neuf jours….

Cela fera bientôt sept mois que les gilets jaunes poursuivent leur lutte et aucune de leurs revendications n’a été entendue. C’est à peine si le roitelet accepte de les énoncer autrement qu’avec une forme de dégoût, Jojo le gilet jaune, comme il dit. Sept mois que la seule réponse qu’oppose le gouvernement c’est la répression, des tirs de LBD en pleine face, des matraquages sauvages et samedi dernier à Nantes, les policiers ont une nouvelle fois sorti les armes. A quand la balle perdue pas pour tout le monde ? A quand l’embrasement ? Le régime félon d’Emmanuel Macron adore jouer avec les allumettes, au 1er mai il annonçait des hordes de black blocs assoiffés de sang et de vitrine, et finalement ça s’est terminé par un pétard mouillé Salpetrière. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à quand il faudra attendre pour que quelqu’un craque et ne tue, jusqu’où va nous mener le narcissisme aveugle du poudré ? Les gilets jaunes n’ont rien à perdre contrairement à lui et c’est son point faible, les gilets jaunes sont le point névralgique d’un pays en stade pré révolutionnaire et personne au pouvoir n’a l’air de vouloir s’en rendre compte malgré les rapports alarmants de la DGSI. Pourtant leur peur est palpable, dans les crises de colère du roitelet, dans ce 8 mai exécuté sur des Champs Elysées désertés, dans cette obsession de sécurité partout dans ses déplacements. Il panique et pour donner le change fait son show devant un parterre de journalistes au garde à vous. Avec toujours la même morgue, la même détermination affichée et tant pis si c’est un mauvais comédien qui joue trop sur son physique de premier prix.

Neuf jours, et tant mieux pour les deux otages que Le Drian a essayé de faire passer pour des inconscients. Comme si le seul inconscient ici ce n’était pas le chef de commandement Emmanuel Macron, le feu vert final d’une opération qui sera mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas seulement trois morts qu’on va devoir déplorer, la récente attaque d’une église au Burkina Faso est à n’en pas douter la réponse directe des djihadistes à l’opération voulue par Jupiterion. Et un comble, alors qu’il espérait faire joli en paradant avec les otages, voilà que la polémique enfle au sujet des deux commandos morts pour ce que tout le monde apparente à des ahuris. Pourtant la zone n’était pas classée rouge jusqu’à aujourd’hui mais passons, la foule est idiote et elle se pâme volontiers devant les héros guerriers. Les français aiment l’uniforme, du moins jusqu’à se prendre un coup de matraque ou une gifle par un CRS excédé, un voyou de la BAC en mode émeute. A moins que ça ne soit le contraire. A moins que ce spectacle hebdomadaire de violence policière, de répression, les satisfasse allez savoir.

Plus de deux cents enquêtes ouvertes par l’IGPN classé sans suite malgré les membres arrachés, les crânes fracassés, les yeux crevés. Qu’on le veuille ou non cela s’appelle une guerre. Une guerre menée par un régime autoritaire contre une partie de son peuple quitte à faire voter des lois d’exception. De n’importe où ailleurs cette situation aurait été vaillamment dénoncé par le « pays des droits de l’homme », selon l’expression consacré. Droits humains qu’il n’a jamais respectés à l’endroit de ses prisonniers qui croupissent dans des prisons majoritairement surpeuplées et insalubres. Droits humains qui ne passent jamais les portes de l’Elysée quand il s’agit de signer des contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite. Droits humains qui sont aujourd’hui contesté aux gilets jaunes, cette chienlit comme l’appel le chien de garde Yves Calvi, cette vermine à exterminer comme disent déjà certain sur les réseaux sociaux, surexcités dans leur canapé qu’ils sont par des chaines qui en boucle propagent la peur et la haine de l’autre. D’ailleurs les médias mainstream ont cessé complètement de penser. Pendant que ça se pignolait sur les sommes considérable que réunissait déjà une Notre Dame à peine froide, pas un seul pour parler des 400 tonnes de plomb déversé par la toiture dans l’atmosphère. Tu comprends coco la pollution c’est clivant comme sujet, alors que la générosité milliardaire ça doit être indiscutable, sinon on est jaloux. Et comme disait en substance Hitler, plus un discours est simple plus les foules ont les chances de l’entendre. Christophe Barbier d’ânonner son catéchisme LREM à chaque nouvel incident, Jean Michel Aphatie de se scandaliser quand l’ONU taclait la France au sujet des droit de l’homme. Pascal Prau de beauferie en insulte d’animer les bas instincts de ses semblables en pantoufle. La liste est interminable. Gageons que pas un ne parlera non plus du fabuleux projet immobilier qui est prévu sur l’Ile de la Cité, et que la loi autour de la restauration de Notre Dame facilitera. Les médias en Macronie ne connaissent qu’un seul langage celui de leurs maitres.

Neuf jours pour sauver le soldat Macron de la déconfiture aux européennes, neuf jours contre pas moins de 34 listes dont une confessionnelle. Neuf jours et deux morts. L’ère des négociations s’est arrêté sous Sarkozy, et les assassinats ciblés était volontiers employé par Monsieur Normal, cette génération de président kiffe les forces spéciales comme des enfants avec leur nouveaux jouets. Macron a cru lui aussi qu’il pouvait jouer les chefs de guerre et il s’est planté aveuglé par son narcissisme. A côté de ça, Sophie Pétronin, humanitaire enlevée dans le nord Mali, attend sa libération depuis trois ans. Mais le nord Mali n’est-ce pas ce n’est pas un endroit pour briller par militaires interposé, la zone est notoirement classée zoulou, les militaires embarqués dans l’opération Barkhane le savent bien. Résultat à ce jour sept morts et des dizaines de blessés, officiellement.

Nous l’avions tous déjà deviné, Juan Branco et Crépuscule l’ont confirmé Emmanuel Macron a été placé là pour casser notre modèle sociale et enrichir ses amis, neuf oligarques qui détiennent 90% des médias. Et le bilan s’annonce déjà catastrophique. Le seul CICE a couté déjà près de cent milliards pour cent mille emplois préservés ou crées contre les un million promis. L’Exit Tax qui facilite l’exil fiscal au nom de la « liberté » d’entreprendre ne sera finalement pas supprimée mais aménagée, et comme si l’abrogation de l’ISF ne suffisait pas, Macron a mis en place la Flat Tax ou PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) qui voit le prélèvement des plus riches passer de 60% à 30% pour une perte sèche de quatre milliards, à ajouter aux milliards perdu avec l’ISF, total 7,4 milliards. L’argument avancé est que sinon nos milliardaires vont filer à l’étranger. Plus l’argument est simple n’est-ce pas… Sauf que selon le Crédit Suisse la France est le pays accueillant le plus de millionnaires en dollars, après les Etats-Unis, et que depuis 2013 seul 0,3% des personnes imposables à l’ISF se sont exilé à l’étranger, sans qu’on sache réellement leurs motivations d’ailleurs. Et après on s’étonne des gilets jaunes… Pourtant pas un siècle ne se passe pratiquement sans que l’impôt, quelque part, ne provoque une révolution. Pourtant 1789 était précisément une réaction par rapport à l’impôt. Pourtant depuis quarante ans j’entends ce pays grommeler que ça va péter tôt ou tard. Pourtant la corruption des technocrates qui gouvernent ce pays est complète et depuis fort longtemps. Tout n’est qu’entre soi et cooptation d’une classe bourgeoise qui a abolit les privilèges de tous les autres à son seul profit. La perte de l’ISF n’est pas seulement un manque à gagner pour l’état de 3,4 milliards c’est également une perte sèche pour les ONG qui bénéficiaient des largesses des imposables par le biais des déductions sur la fortune. Résultat ces mêmes ONG, comme le Secours Populaire ou la Croix Rouge ont vu leur revenu chuter de près de 54%, et après ça on est censé s’émerveiller de la générosité de François Pinaud…

Qu’on l’accepte ou non Emmanuel Macron a organisé avec ses amis un régime autoritaire sous couvert de suffrage universel et en s’appuyant sur tout ce qu’il y a de pire avec la cinquième république. Quand les lois ne passent pas à coup d’ordonnance, on nous les impose avec les godillots de LREM quand ils sont là. Claire O’Petit qu’on voit énormément dans les médias est une des grandes absentes de l’assemblée nationale, elle n’a même jamais participé à la moindre commission. Idem pour Marlène Schiappa, la star des médias amateur de cruche, qui est largement moins à son ministère que sur les plateaux. Alors ce n’est pas difficile de faire passer la loi sur Notre Dame avec seulement 32 députés quand 500 autres sont soit dans leur circonspection, soit en campagne pour les européennes, soit occupés à babiller dans les médias. Un régime autoritaire qui propose aujourd’hui d’ouvrir une commission d’enquête sur l’impact négatif des gilets jaunes mais qui s’est étouffé quand une autre a proposé de s’ouvrir au sujet de Benalla. Où est-il d’ailleurs celui-là ? Plus un mot sur lui depuis qu’il est sorti de son court séjour en prison, comme évaporé, la dernière fois il était en villégiature en Suisse. Et je crois bien qu’on peut résumer le régime félon de Macron à cette affaire, des arrangements mafieux en s’appuyant sur une base largement corrompu ou abonné au rôle de girouette, comme Darmanin, de Rugy, ou Philippe qui tous critiquaient le même Macron avant d’entrer dans son gouvernement. Et voilà que le CSA, profitant d’une loi votée sous Hollande, accorde des temps d’antenne plus important à LREM qu’à ses opposants, tout ça dans le plus grand des calmes. Ce n’est plus une république c’est un hold up, le hold up de l’oligarchie… Reste que les européennes sera un des grands juges de la politique du roitelet qui en a parfaitement conscience, qu’on s’abstienne ou pas d’ailleurs puisque faute de vote blanc comptabilisé l’abstention est un vote en soi. Pour le moment la faiblesse du parti inventé par les oligarques c’est qu’il veut rejouer une vieille pièce réchauffée, moi ou le chaos. Macron ou le RN. Or jusqu’à présent non seulement on ne voit pas beaucoup de différence entre les deux partis, mais le RN lisse encore plus son discours avec l’espoir d’atteindre la réussite d’un Salvini. Le tout en s’appuyant sur une partie du mécontentement des gilets jaunes qui est comme chacun sait composé de toute sorte de courants mais surtout déterminé par tous les moyens à faire tomber Emmanuel Macron. Quitte à donner sa voix à ce qui s’apparente à une version féminine et agressive de Macron. Verra-t-on un jour Marine Le Pen au ministère de l’intérieur ? On peut le craindre même si on n’en est pas encore là, puisque Le Pen reste la pantomime des oligarques pour faire peur. Mais on a tout à craindre par contre d’un régime aux abois, tout à craindre d’un régime qui ment, gonfle les faits et les minimise quand on parle de vie humaine, d’un régime dont la seule opposition se trouve au sénat, ce rassemblement de vieux corrompus. Tout à craindre d’un gouvernement qui fait d’une opération de sauvetage une opération de comm, ils s’appelaient Cedric Pierrepont et Alain Bertoncello, ils ne sont pas morts pour la France, ils sont morts pour des élections…. Neuf jours…

la violence du désespoir

Ils ont cru à leur chance, ils l’espèrent toujours, ils partent en vacance ou en boite faire la fête avec leur maitresse, c’était fait, plié, les Gilets Jaunes ne mobilisaient plus rien, on allait pouvoir repartir comme en 40, ah non pas 40, En marche en 40 ça avait une autre couleur, faudrait surtout pas qu’on confonde. Alors comme en 2017, avec le super président qui parade avec ses « intellectuels » après avoir fait sauter le fusible préfet de Paris, lui qui prétendait dans l’affaire Benalla que ce n’était pas la présidence des fusibles justement, c’est ballot. Moralité Benalla est mieux protégé qu’un préfet, lui que Macron voulait justement comme préfet. C’est fou cet aveuglement. Cette cécité constante du pouvoir actuel quel que soit le sujet, l’affaire d’été s’est transformée en affaire d’état, la colère d’une poignée s’est transformée en raz de marée. Ils n’ont pas compris qu’ils avaient laissé s’ouvrir une boite de Pandore avec les Gilets Jaunes et que ce n’était pas quelques froncements de sourcils qui allaient y changer quoi que ce soit. Ni les gaz, ni les mains arrachées, les yeux crevés, ni les morts. Rien ne retient cette volonté qu’ils ne comprennent pas et qu’aucune de leurs foutues écoles ne leur a jamais appris à connaitre. Comment le pourraient-ils, pas un des conseillers, ministres ou président n’a jamais crevé de faim à la mi mois, à bouffer des pâtes à la margarine et à quémander du tabac dans la rue faute d’avoir des sous pour son cancer. Ni ressenti la rage et l’abnégation que cela force. Quant à la rue n’en parlons même pas, c’est tout au plus un lieu où les riens se regroupent devant les soupes populaires, et comme il y en a toujours eut, que le libéralisme thatchérien de Macron accepte les inégalités comme on accepte les dégâts collatéraux, ça risque pas de changer. Pas un, en dehors de la sphère stricte de leur communication, n’a jamais trainé dans un rade d’ouvriers à taper le carton ou picoler, n’a parlé à une caissière, n’a mis les mains dans le cambouis comme une infirmière dans une maison de vieux. Ils ont les mains blanches ces gens-là, lisses, des mains pour palper, serrer d’autres mains, et rien de plus. Alors qu’est-ce qu’ils peuvent comprendre capitonnés derrière leur morgue ? Hélas pas grand-chose, et hélas en face on s’obstine. Pire maintenant on casse sans complexe, on casse des symboles, on brûle un restau chic, des boutiques de marque, et le résident anone qu’on s’attaque là à la République. Propos d’acculé si j’ose dire, la République a bon dos mais elle n’a strictement rien à voir avec Hugo Boss. Ni surtout avec la Macronie et à son régime yaourt à la merde.

La République n’est pas une start-up, ce n’est pas non plus une entreprise et un peuple n’est pas une bande d’employés. La République c’est un projet commun, une cause qui est censé faire cohésion puisqu’elle concerne tout le monde cette chose publique. La République surtout c’est un machin fragile qu’il ne faut pas user de mots au risque de l’affadir aux yeux de tous.

L’ennui là-dedans c’est que la même cécité occupe les Gilets Jaunes à leur façon. La même illusion sur le fait qu’ils vont gagner le match, la même obstination en dépit de tout, et les invariables même revendications depuis 18 semaines pendant que les médias, aussi aveugles que les autres, tous les autres, le nez sur la corde de leur donneur d’ordre, diluent le message au grès des images de casse et des discours superlatifs d’éditocrates à la médiocrités de plus en plus riante à mesure des semaines. Tout le monde est aveugle, les borgnes sont rois, et on s’aboie dessus sur les plateaux au point de l’écœurement. Les sondages ne valent rien alors ne parlons pas d’eux mais la fabrique à opinion tourne plein pot sur le Fouquet’s cramé alors qui sait ce que pensent les 67 millions de silencieux qui voient chaque semaines des centaines de milliers de gilets fluo défiler dans les rues. Et je dis bien des centaines de millier puisque selon le syndicat France Police-Policier en colère ça se chiffre à près de trois cent mille sur toute la France rien que pour le dernier acte. En attendant les foulards rouges ne font pas des masses recette. Alors oui qui sait de quel côté le cœur de la France balance, mais ce n’est c’est certainement pas du côté de la Macronie qui en plus d’ajouter à la morgue et au mépris a le toupet d’être incompétente à résoudre une crise qu’ils croient sans importance. Mais fort compétent à rouler dans la farine leurs opposants en revanche. Et de vendre, Engie, la Française des Jeux et les Aéroports de Paris dans le catimini d’une poignée de député, de libéraliser le prix du gaz, d’imposer des augmentations à la grande distribution soit disant pour soutenir l’agriculture, de prolonger l’autorisation d’usage de certain pesticides et pendant ce temps le prix du diesel remonte à la hausse lui qui avait initié la colère des Gilets Jaunes. La roue patine dans le vide et nous n’allons nulle part sinon vers plus de tension, plus de haine de part et d’autres et de moins en moins de pacifisme, les Blacks Blocs eux ne demandent que ça, le chaos est leur profit puisque c’est toute cette société libérale qu’ils veulent voir rasée. Or le danger pour le pouvoir c’est qu’il y ait finalement confluence d’intérêt, sommes les Gilets Jaunes et les Black Blocs ont un ennemi commun : l’oligarchie et c’est à ses symboles que l’acte 18 comme l’acte 3 se sont attaqué. Et pourquoi pas, c’est après l’acte 3 que notre bon roi a émietté un peu de baguette pour le pigeon citoyen. Pourquoi pas puisque Jupiter ne comprends que la confrontation, la violence des propos et des actes, puisque son mépris ne lui indique aucune nouvelle direction pour prendre le phénomène à bras le corps au lieu de tenter de le nier ou le minimiser comme il l’a fait jusqu’ici. Emmanuel Macron n’a pas compris que les Gilets Jaunes sont devenus un état dans l’état, une micro société avec ses mots d’ordre, ses ahous ! Ses lives fleuves sur Facebook durant lesquels les uns et les autres s’initient à la permaculture, à la politique ou à la stratégie de communication, avec ses AG, son réseau d’entre-aide, ses cagnottes, et pas juste ses lieux de rendez-vous du samedi. Une micro société comparé au 67 millions d’habitants de ce pays mais qui depuis 18 semaines donne le la de l’actualité française, en dépit de tout, même des attentats ou des hijabs Decathlon. A en désespérer un éditorialiste macaroné BFM. Mais le pire pour ce régime d’aveugles et de branquignols c’est qu’il n’y a pas que les Gilets Jaunes, les étudiants se mobilisent pour le climat, les profs veulent faire grève et dans la foulée chacun y va de sa revendication sentant bien que la Macronie est dos au mur. Elle peut brader la France ses réformes sont au point mort, Jupiter peut faire les gros yeux et virer un préfet, aucune interdiction, aucune loi n’arrêtera la vague de révolte qui agite ce pays de tous les côtés. Une révolte qui ne va que dans un seul sens, n’a qu’une seule cible, celui qui avait la morgue de demander à ce qu’on vienne le chercher. Car oui on cherche un responsable à tout ça et il est apparent que tout le monde l’a trouvé. La personnalité même du roitelet a cristallisé toutes les colères, il en est le confluant et il faut qu’il en prenne conscience avant qu’il ne soit trop tard.

Trop tard pour une réélection c’est sans doute déjà plié et le danger c’est bien que l’enjeu ne soit plus là. Un danger physique dont apparemment l’intéressé a conscience puisqu’il craint déjà de prendre une balle. A-t-il tort ? Non il en fait trop bien entendu car auquel cas il ne braverait pas le danger sur les pistes, il ne se pavanerait pas de réunion en réunion à faire le beau en bras de chemise s’il craignait vraiment la violence des Gilets Jaunes à son endroit. Il changerait d’attitude, jouerait profil bas et remettrait son titre en jeu. Mais Emmanuel Macron est beaucoup trop orgueilleux et narcissique pour se remettre de la sorte en question, et insuffisamment intelligent probablement comme ne cesse de le souligner Juan Branco. Sans compter l’aéropage de courtisan qui l’entoure probablement et lui soupirent leurs conseils usés.

Oui c’est un vieux monde usé que nous proposent en réalité la Macronie et ses contempteurs là où les jeunes de la marche pour le climat ou les gilets définissent le cri que pousse un présent qui ne se voit plus aucun avenir. Et les Black Blocs en sont le poing. Alors tant pis pour les vitrines, tant pis pour les dégâts collatéraux, ceux-là ne doivent pas plus être pris en compte que le libéralisme ne compte tous ceux qu’il laisse de côté. Pour autant la violence ne mène nulle part en réalité, si elle est nécessaire, elle doit être calculée, utilisée avec discernement et sinon abandonnée, car il suffira d’un rien, d’un flic qui tire sur la foule par exemple pour que ça dégénère totalement. C’est ici que la stratégie des Blacks Blocs doit être mesuré avant d’être assimilé à des terroristes, c’est ici que les Gilets Jaunes doivent bien mesurer de quel côté du manche ils feront sonner leur désespoir. Car il s’agira bien de la violence du désespoir qui naitra finalement de tout ça si jamais ce gouvernement d’imposteurs ne se réveille pas très vite et continue de s’obstiner dans la rigidité. Car le risque général ce n’est pas une balle pour ce pathétique gouvernement c’est une lente destruction de la société française dans son ensemble. Une libanisation avec toutes les conséquences qu’on imagine. Eric Drouet s’est fait vandaliser sa maison et sa voiture ce n’est pas forcément un signe à prendre à la légère d’autant que l’exemple vient d’en haut et qu’en haut justement c’est tout un substrat social qu’on n’hésite pas à vandaliser, mépriser, éborgner, gazer tout en légiférant sur le droit de manifester comme un vulgaire régime autoritaire.

Je l’ai écrit en 2016 et 2017, il y a en France tout ce qu’il faut en terme de lois pour qu’un régime bascule dans le tout autoritaire, ne doutons d’ailleurs pas que la Marine s’en servirait généreusement si d’aventure la colère ambiante finissait par lui donner le pouvoir. Mais en attendant Macron a besoin d’une illusion de démocratie pour que le monopole qu’exerce actuellement impunément l’oligarchie soit efficace. Il ne peut couper les ponts avec l’essence même de cette république sans risquer de révéler à tous la supercherie que représentent les limites de son pouvoir dans ce qu’il faut bien appeler une lobbyistocratie et qu’on appelle vulgairement l’Europe ou la Macronie, c’est selon. Mais c’est un peu la même chose au fond, une escroquerie de financier, un coup d’état d’oligarque visant à supprimer aux peuples leur souveraineté. Puisque l’état-nation doit se diluer tôt ou tard dans le délire européen selon les vœux de cette boursouflure libérale qui dirige en réalité le pays. Les éditocrates à écharpe rouge ou sans nous le répètent en boucle, sans l’Europe point de salut, sans l’Europe c’est la guerre comme brame BHL à qui veut l’entendre, et pourtant la guerre l’Europe l’a eu à ses portes en Serbie, en Crimée, Ukraine, Kosovo sans faire grand-chose d’autres que demander au grand frère Otan de nettoyer la merde à sa place. Pourtant l’ivrogne à la tête de l’Europe l’a dit, il ne peut y avoir de choix démocratique face aux traités européens. Alors quoi ? Où se trouve le salut quand cette même Europe nous enchaine à une dette colossale ? Quand nous ne sommes pas foutu de défendre nos intérêts géopolitiques seul ? Quand finalement cela revient à nous séparer de tous nos biens au profit exclusif du privé ? Où est le bénéfice réel pour les peuples là-dedans ? Comment même croire que des groupes d’influence comme le groupe Bildberger, au cœur même de la machine européenne, ont à l’esprit le bien des peuples alors qu’ils protègent ceux des 1% ? Avec cette même énergie naïve qui les anime depuis le début, certain Gilets Jaunes en viennent à demander le Frexit. Au vu de ce qui se passe au Royaume (dés)Uni on peut se demander si on en serait capable et surtout à quel prix. Et cela bien entendu dans l’hypothèse fort improbable que les Gilets Jaunes prennent finalement un pouvoir dont en réalité ils ne veulent pas. Du moins pas dans les termes de la Vème République. Car c’est bien l’originalité de ce mouvement, il ne veut pas faire la révolution, revenir au même point, remplacer une tyrannie par une autre comme en 1789, il veut une évolution du pouvoir actuel ce qui est un contre sens hélas considérant la rigidité narcissique du dit pouvoir. Aujourd’hui on en est au marqueur chimique sur les manifestants, la bave aux lèvres Yves Calvi réclame qu’on tire sur la foule et qu’on enferme dans des stades, le pouvoir perd peu à peu tout sens de la mesure tout en réaffirmant stupidement qu’il n’y aura aucune mise à plat fiscale, aucun RIC, que bref les Gilets Jaunes rêvent debout.

C’est bien le cas en effet, malheureusement. Rendez-vous sur une page Gilet Jaune et vous verrez à quel point les gens rêvent haut d’un pouvoir qu’ils n’ont en réalité que peu, qu’ils ne réalisent pas qu’en comparant la sécurité des Etats-Unis et de la France, les médias tentent de conditionner les spectateurs au fait que la police tire à balle réelle. Que c’est maintenant que ça va vraiment devenir dangereux d’aller manifester parce que le pouvoir refusera toujours de céder d’un pouce et préférera s’abimer dans la violence en rejetant la faute sur le camp d’en face plutôt que de plier. Ce que ne comprennent en réalité pas les Gilets Jaunes c’est le degré de compromission qu’il a fallu à Emmanuel Macron pour en arriver là où il est. Aujourd’hui il n’est pas juste président, il est l’obligé des oligarques qui l’ont fait élire, les fameux neuf milliardaires français qui détiennent 95% des médias et 80% des organes de sondage. C’est à eux qu’en réalité ont à faire les gilets, à eux et au Medef dans son ensemble qui depuis le début de la crise parle fort curieusement peu ou prou, sans doute pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu et réveiller les vieux démons syndicaux. Ce dont s’abstient brillamment Jupiter depuis la tour d’ivoire de sa morgue avec les conséquences qu’on connait.

Quoiqu’il en soit rien de bon ne peut ressortir de cette certitude réciproque d’avoir raison sur l’autre. Rien d’intelligent ne peut surgir de ce dialogue de sourd vers lequel nous conduit un amateur arrivé au pouvoir par la volonté de quelques-uns. Un pays ne se conduit pas à coup de menton et de petites phrases pétries de mépris. Ne se conduit pas non plus en laissant les médias virer hystérique ou à coup de marqueur chimique et de loi liberticide. Du moins pas une république démocratique comme la France. Mais peut-être que la Macronie est réellement nostalgique du En Marche du maréchal Pétain, qu’elle a décidé de faire des Gilets Jaunes ses nouveaux juifs –pas le moindre des paradoxes- auquel cas il faut s’attendre à ce que les prochains mois nous fasse flirter dangereusement avec la guerre civile tant craint. Espérons ne jamais en arriver là mais si jamais, il n’y aura qu’un seul responsable à aller chercher et il ne s’appelle ni Drouet, ni Nicolle, ni Ludosky.