L’antisémite, l’idiot utile de la république.

Un vieux con lui-même ouvertement raciste se fait insulter et menacer par trois imbéciles hystériques, un cimetière juif est souillé par la bêtise crasse de quelques nostalgiques d’un temps qu’ils n’ont probablement pas connu, on tag des « juden » et des croix gammées et hop, comme à chaque fois qu’un ou des juifs morflent, toute la classe politique est dans la rue, main sur le cœur que c’est mal de ne pas aimer les juifs. Et ainsi font les petites marionnettes depuis la libération. Car n’est-ce pas la France a gros à se faire pardonner depuis la rafle du Vel d’Hiv’ et le régime antisémite de Vichy. Alors soyons plus philosémite que le roi David ça coûte rien et ça fait bonne figure. Zemmour et Marine Le Pen peuvent brailler que c’est la faute à l’Islam et à « l’immigration massive » tout en réhabilitant ce même régime de Vichy sans que ça gêne. Et la classe politique dans son ensemble d’instrumentaliser la question pour mieux se tirer dans les pattes des uns des autres, sans que ça gêne non plus. Le tout avec le CRIF et son orchestre pour mélanger absolument tout, Gilet Jaune et antisémitisme, comme si cela avait le moindre rapport, n’en déplaise à BHL qui n’en n’est plus à une énormité prêt. On veut même pousser le vice un peu plus loin puisque un député LaREM propose de condamner l’antisionisme au même titre que l’antisémitisme. Comme si contester la politique meurtrière et impérialiste d’un état pouvait, devait, être assimilé à cette haine absurde des juifs. Proposition porté par le député Sylvain Maillard, inqualifiable petit bourgeois pour qui la majorité des SDF le sont par choix, c’est dire la lumière… Mais la lumière il y a longtemps qu’elle n’a pas été portée à l’Assemblée.  En attendant c’est quand même une belle farce que voilà. La farce française qui ne se remet pas d’avoir un jour mis au monde un régime raciste comme celui du Maréchal Pétain, elle qui, à en croire ses flagorneurs, a inventé quasiment la liberté, légalité et la fraternité devant toute l’humanité. Et tant pis si le régime de Vichy, n’en déplaise à Zemmour, est l’aboutissement logique de la défaite de 1870, de la montée en puissance de l’Action Française grâce à l’affaire Dreyfus, de la loi de 1905 et de tout ce que la droite boulangiste n’avait pas digéré à commencer par la corruption de la IIIème république. Tant pis donc si le pétainisme et son antisémitisme viscérale est un fruit bien français qu’on ne peut pas cette fois aller chercher du côté de l’Islam. On comprend mieux au passage comment cette histoire de Vichy peut déranger un Zemmour dans l’interprétation qu’il se fait du roman français, pas un arabe à l’horizon pour justifier la haine des juifs, ça ne peut pas rentrer dans son logiciel peu touffu d’intellectuel de pacotille.

Reste qu’il ne faut pas se voiler la face, « sale sioniste » dans la bouche d’un barbu qui rajoute « retourne à Tel Aviv, la France est à nous » peut difficilement ne pas s’assimiler à « sale juif rentre chez toi ». Paradoxe presque amusant dans la mesure où juif est une religion et pas un état civil, n’en déplaise aux barbus comme à la droite israélienne, les deux extrêmes d’un cercle vicieux qui n’en finit pas de déchirer le Moyen-Orient. Reste qu’il ne faut pas non plus ignorer que pour de nombreux locuteurs, critiquer Israël est un moyen à peine dissimulé d’étaler son antisémitisme sans que ça gêne, et le juif devient « sioniste » car bien entendu tous les juifs sont d’accord avec la politique mené par Israël. Et comme à chaque fois de trouver un député de la Knesset ou un ministre d’inviter les juifs de France à « rentrer à la maison » comme si Israël était forcément la terre des juifs et de nul autre. Comme si d’ailleurs être juif signifiait forcément se sentir mieux dans un pays en guerre permanente plutôt qu’ici même.  Comme si juif était une spécificité à retrancher de l’humanité, un cas à part, à ne critiquer sous aucun prétexte. On peut se moquer des musulmans, des chrétiens, même des bouddhistes si on veut mais juif pas touche ou attention au point Godwin. N’empêche ce statut en intouchabilité les juifs peuvent remercier Hitler et la Shoah, ou plus exactement, remercier l’instrumentalisation qui en a été faite depuis 48 afin de justifier tout et n’importe quoi de la part du gouvernement israélien. Car c’est bien là où le bât blesse réellement dans ce que la Shoah est devenu politiquement, un outil de propagande contre tous ceux qui s’opposeraient à la politique impérialiste d’un pays comme un autre, un moyen de les disqualifier, mieux encore, de déclarer systématiquement à l’incendie dès lors qu’on ose discuter à Israël son droit moins à exister qu’à coloniser son voisinage contre l’avis de toutes les résolutions de l’ONU, voir contre l’humanité tout entière si besoin est car juif et martyr sont naturellement synonyme et discuter de cela c’est être forcément antisémite. Sur cette propagande, car il ne s’agit de rien de plus –les juifs n’ont pas été les seuls victimes du nazisme- peut donc se construire tout un discours ambivalent contestant non seulement la réalité de la Shoah mais surtout le droit aux israéliens d’avoir la paix chez eux, et logiquement d’embrayer sur la question palestinienne autres idiots utiles de tout un courant de pensée qui se fiche en réalité beaucoup plus des palestiniens que de contester à Israël son droit même d’exister. Et le serpent se mord la queue dans une boucle infinie où on se retrouve classé dans un camp ou un autre au fil des interprétations de chacun. C’est ainsi que moi-même je me suis retrouvé simultanément traité de sioniste et d’antisémite par les deux camps au fait que sans contester le droit à Israël d’exister je critique sa politique. Au résultat de cette disqualification systématique c’est toute forme d’esprit critique qu’on souhaite en réalité paralyser quand il s’agit non plus des juifs mais d’Israël, en espérant confondre les deux sujets en un seul. N’en demeure pas moins que l’antisémitisme et tous les fantasmes afférant au judaïsme ne sont pas une fiction à utiliser au bon grès de ses ambitions politiques. Régulièrement des faits divers immondes émaillent l’actualité de toute leur horreur et des juifs comme Ilan Halimi d’en faire les frais jusqu’après leur mort. S’en prendre aux juifs et à tout ce qui les symbolise devient dès lors un désir de transgression irrépressible pour tout une frange de paumés comme Houriah Boutledja, cette bobo arriviste et raciste, ou le mythomane psychotique Alain Soral ou encore l’autre arriviste Dieudonné dont l’engagement politique est au carré de son besoin de reconnaissance. Ce ramassis de perdants de la politique et des médias qui nourrissent avec ardeur cette haine du juif en le confondant à dessin avec le sionisme dans son ensemble. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes puisque c’est en s’appuyant sur l’antisémitisme des uns que le sionisme s’est constitué comme une nouvelle forme de nationalisme.

Et le danger, cette instrumentalisation qui est faite de l’antisémitisme, est bien là, dès lors untel peut bramer qu’il n’y en a que pour les juifs qui deviennent ou demeurent encore et toujours la catharsis de toute les haines tandis que par ailleurs tout une frange de « l’intelligentsia » française, entendre les pseudos intellos qui posent leur fatuité dans les média, pourra se répandre en propos islamophobes en s’appuyant sur le terrorisme islamiste pour justifier leur phobie. Et ici de me tourner vers le même Finkielkraut qui a ouvert à ses dépens le bal de cette mascarade médiatique, ou Zemmour toujours gourmand de scandale pas cher, pendant qu’en face, dans le camp du bien, comme on dit, on pactisera avec le diable, ignorant délibérément l’islamisation des banlieues et le salafisme rampant de cette même islamisation au titre bien facile de la « tolérance » tout en critiquant avec des mots polis et prudents ce qui se passe en Israël en espérant faire passer ça pour de la conscience politique.

Dans ma famille l’antisémitisme on connait bien et c’est presque une blague juive tant c’est absurde. En 1922 mon grand-père paternel tomba amoureux d’une juive polonaise qu’il épousa tout à fait officiellement à la synagogue et dont il eut trois enfants. Il n’était pas juif mais protestant, et pire, considérant l’époque franc maçon et officier de réserve dans l’armée anglaise. Quand il voulait s’engueuler avec ma grand-mère il poussait même le vice à le faire en yiddish, c’est dire si la question juive comme elle était envisagé alors ne l’effleurait guère. Vingt ans plus tard, en 42, il était de retour à Varsovie où au péril de sa vie il tenta de faire sortir ses beaux-parents du ghetto, il était alors tout à fait officieusement un membre actif du SOE, le service action du MI9, il avait tous les papiers nécessaires à leur exfiltration de l’enfer. Hélas mes arrières grands-parents calèrent à la dernière minute (sur le quai de gare) préférant tenter leur chance en Pologne, pensant que les voyous nazis n’oseraient s’en prendre à des juifs bien installés. La suite on la connait malheureusement, elle est dans tous les livres d’histoire. Mon grand-père, dénoncé à la police de Vichy alla se réfugier au Portugal avec sa famille où il continua ses activités clandestines, notamment pour la résistance française. Il rencontra Jean Moulin, l’aida à avoir des papiers pour se rendre en Angleterre et aida nombre de juif à filer hors de cette Europe mortifère. En toute logique, après la guerre, il fut récompensé d’une légion d’honneur ainsi que diverses autres décorations, comme l’ordre de la Jarretière qu’il renvoya, indigné, quand les Beatles l’eurent à leur tour. Il était comme ça mon grand-père droit dans ses bottes, viscéralement attaché à ses convictions. Puis un jour son comptable, qui était juif, décida de partir avec la caisse, et dès lors cet homme marié à une juive décréta qu’on ne pouvait pas plus faire confiance aux juifs qu’aux arabes. Tellement attaché à cette nouvelle conviction que lorsqu’un ancien résistant, franc maçon lui-même, vint le voir pour monter une affaire, il refusa l’occasion au prétexte que l’homme était juif. Petit détail, l’homme en question s’appelait Marcel Bleustein Blanchet, fondateur de l’agence de pub Publicis. Décision absurde reposant sur un ressenti pas moins absurde qui me ferait pourtant rire moi qui ai fait une partie de ma carrière dans la publicité. Pour autant cette histoire aussi idiote soit-elle traduit bien selon moi l’instrumentalisation que l’on peut faire d’un incident de parcours pour en faire une généralité comme on le fait actuellement avec le mouvement des gilets jaunes et le Monde de pouvoir titrer sans se déranger « l’antisémitisme, la face sombre des gilets jaunes ». Instrumentalisation et propagande étant les deux mamelles de ce même antisémitisme on peut donc remercier toute cette mascarade, celle du Monde en tête, de servir aisément la soupe à ceux qu’ils prétendent combattre. Et ce serait presque risible si en réalité les conséquences n’étaient pas toujours les mêmes, la justification de la barbarie par des procédés intellectuels, la victimisation des uns, la mise au banc systémique des autres et surtout la confusion générale entre un ressenti absurde contre une religion et une opinion sur la politique d’un état.  Et les seuls à payer ce tarif d’amalgame ce sont toujours les mêmes, les juifs. Moralité, comme disait l’autre, les juifs moins on en parle mieux tout le monde se porte.

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Noyautage

Emmanuel Macron connait son abécédaire de stratégie politique sur le bout des doigts, et au bout de ses doigts aujourd’hui il marionettise la France en espérant que ça ne se voit pas trop. Pourtant le trait est grossier, et il s’articule en trois points, ouvrir un « un grand débat » national, disperser l’opinion Gilet Jaune en favorisant une liste aux européennes à travers deux de ses figures et enfin, contre tous les Eric Drouet et Maxime Nicolle présent et avenir créer une loi « anti casseur » de plus à rajouter à l’arsenal de lois répressives déjà fort copieux en France. Pour le grand débat national on sait déjà ce qu’il en est, c’est à la fois manière de faire campagne au frais des français pour ses listes européennes mais également de resserrer des liens avec un substrat politique qu’il ne connait en réalité pas du tout. Car à tout point de vue Emmanuel Macron est un hors sol. Il n’a jamais dû aller au charbon pour convaincre des administrés, il n’a jamais connu l’épreuve de l’élection avant la présidentielle, il a pantouflé dans une banque et un ministère, il est un pur produit du système, une machine bien huilée. Une machine bien huilée qui d’ailleurs ne se cache même pas de le dire, il n’aime pas la France, elle est ingérable, sa langue ne le charme plus, on aurait presque envie de se demander pourquoi il n’a pas fait comme tant d’autre s’exporter à l’étranger pour gagner plein de fric. Mais d’un autre côté il faut se souvenir que ses amis sont eux même hors sol, et pas plus Patrick Drahi, le réfugié suisse que Vincent Bolloré, le beauf proche des milieux catholiques conservateurs, n’aiment beaucoup les français dont ils ont une opinion peu reluisante. Il ne faut donc pas s’étonner qu’aujourd’hui nous avons, comme le faisait remarquer François Ruffin, une sorte de néo Adolf Thiers à la tête de l’état, la bourgeoisie en revient toujours à ses fondamentaux pour gouverner : la division et la répression.

Pour la division, il fallait donc resserrer avec une base qu’on avait jusqu’ici méprisé ouvertement, les maires. Avec au menu, pour commencer, une belle présentation avec les bouseux des petites villes, ceux censés être au contact notamment des Gilets Jaunes, et dans le rôle de l’homme providentiel, Macron dans un numéro très leader Maximo qui a fait les tralalas des médias qui n’en pouvaient plus de la performance, comme si la coke n’existait pas ou plus simplement qu’Emmanuel Macron n’était pas un habitué de ce genre de grand oral. Pour autant on l’a vu, dès le départ les questions, les réclamations furent sélectionnées, les maires triés sur le volet, bref une fois de plus un « grand débat » parfaitement noyauté par les préfets et les ministres comme un goulot d’étranglement sans possibilités de sortie. L’idée n’étant bien entendu absolument pas de débattre et surtout pas avec la population mais, encore une fois, de battre la campagne des soutiens pour les européennes, tout en donnant figure à la population française, et aux médias qu’on faisait à la fois quelque chose pour sortir de la crise des Gilets Jaunes et qu’on les écoutait « sans tabou ». Une question à ce propos, juste une… vous avez entendu parler d’une tournée dans les Dom-Tom pour le grand débat ou bien ce qui s’est passé à la Réunion a été éteint à coup de gendarme mobile et de mise en examen ? Bien au contraire, on est déjà passé à la phase deux du noyautage des maires, on déjeune avec le gratin, cette fois pas plus de soixante maires. Cette fois plus de leader Maximo relayé par les médias, on fait dans l’intime, d’autant qu’il s’agit donc je le rappel de resserrer des liens inexistants jusqu’ici avec cette fois les notables parmi les maires. Mais ça ne pouvait suffire puisque la cible de tout ce déballage stratégique qu’emploie Emmanuel Macron est avant tout moins de gagner les européennes que d’évincer une épine dans le pied, et une épine de taille : les Gilets Jaunes.

Et voici qu’entre en scène Ingrid Levavasseur, gilet jaune de la première heure, aide-soignante en colère, soutenu par Hayk Shahinyan, autre gilet jaune de la première heure et qui viennent à eux deux de commettre une prodigieuse erreur en présentant cette liste soutenue du reste par un macroniste de la première heure également. Puisque non seulement elle est antinomique avec les fondamentaux du mouvement, mais n’a aucune chance d’être entendu ni aux élections, ni dans l’hypothèse improbable qu’elle soit élue, elle sera minoritaire, sa voix ne pèsera strictement rien au parlement européen. De plus cette erreur va permettre de disperser les votes contre Macron et mathématiquement risque de le faire gagner. J’ignore par quel biais et donc qui finance cette campagne au demeurant exorbitante mais Macron a réussi ici un coup facile en s’appuyant sur le manque d’éducation politique de ses adversaires.

Enfin il restait les irréductibles, ceux qui refusent de se faire acheter par les médias ou la politique, ceux qui justement, à mesure des semaines font leur propre éducation politique, la réinvente et ne s’en laisse pas compter, s’adressant à Emmanuel Macron comme à un égal, ce que redoute par-dessus tout l’intéressé. Car il ne peut pas descendre dans la cour des « petits » se serait reconnaitre l’impensable, qu’il est à leur niveau, pire qu’il n’est après tout rien de plus qu’un employé, le nôtre. Pour ceux-là, pour les Eric Drouet qui le menacent aujourd’hui d’une Nuit Jaune, son parlement aux ordres se dépêche de sortir une loi « anti casseur » qui va consister à mettre une bonne fois dans le même sac Gilets Jaunes et casseurs. Une loi qui se propose déjà d’interdire de manifester et de ficher les « éléments perturbateurs » c’est-à-dire ceux qu’on assimilera à des casseurs et tant pis si on tombe dans une nasse, tant pis si on se prend un tir de flashball dans la tronche alors qu’on faisait ses courses, la matraque est indifférente, n’en déplaise à Christophe Castaner et à ses caméras. Car les LBD seront désormais équipé de GoPro sans qu’on sache si la caméra sera bien branchée et qu’est-ce qui conviendra ou non à l’autorité de contrôler, on a vu ce qu’il en était avec le capitaine Andrieux, casseur de tête impuni et comme il se vantait lui-même, intouchable. Eric Drouet qui doit bientôt passer en jugement et Christophe Dettinger qui croupit déjà en prison ont toutes les chances d’être interdit de manifestation tôt ou tard (pour Dettinger ça risque même d’être plus grave) et d’être fiché et alors terminé les héros des Gilets Jaunes, leur porte-parole, il ne restera plus qu’à réduire les deux autres aux silence, favoriser la parole d’une Jacqueline Mouraud qui n’a jamais réclamé autre chose que la lumière sur elle, et à Ingrid Levavasseur pour lui faire croire à son combat, et le mouvement, faute de structure, espère-t-on en haut lieu s’éteindra de lui-même.

Emmanuel Macron est un joueur de go, ce jeu japonais qui consiste à encercler son adversaire jusqu’à ce qu’il ne puisse plus déplacer une pièce, et ici son adversaire est légion puisqu’il s’agit d’une portion significative de la population française, suivi d’une opinion trop favorable aux Gilets Jaunes pour que ça ne soit pas inquiétant pour son pouvoir et ceux de ses amis. Car c’est un mouvement dangereux. Pour la première fois depuis la Commune de Paris, depuis 1871, la France connait un mouvement populaire autonome, et cette fois non pas venu de l’intelligentsia étudiante comme en 68, non pas bercé d’illusion idéologique comme 68 encore une fois, mais plutôt comme la Fronde du XIVème siècle, venu des profondeurs d’une France qui veut non seulement pas mourir mais surtout se réinventer à l’aune du XXIème siècle. Une fronde qui rappelle à Emmanuel Macron ce mot de Montaigne : Sur le plus beau des trônes on n’est jamais assis que sur son cul. Pour autant il reste encore trois ans à ce résident pour verrouiller ce que ses amis lui ont demandé de verrouiller. Trois ans pour faire de la France un laboratoire libéral à la sauce thatchérienne, où la contestation sociale sera bouclée par la loi et la répression, trois ans d’orage et de violence car le régime de l’actuel résident est bien naturellement éminemment violent. Violent socialement pour commencer, violent par son mépris, mais également violent physiquement Il faudrait à ce sujet compter tous les blessés depuis la loi travail, émanation s’il en est du programme de laminage qu’a entreprit Emmanuel Macron contre le travail et les travailleurs au compte de ses soutiens financiers. Comment s’est systématiquement figuré sa réponse sur le terrain de la rue, quand le peuple manifeste, notre résident ne connait qu’une solution : la matraque. Trois ans c’est court, encore faudrait-il un nouveau mandat ce que Macron ne peut clairement pas espérer aujourd’hui, il joue donc en ce moment même une partie risquée où se joue son avenir politique et surtout le projet de ses amis. Ce projet morbide et mortifère qui consiste à faire plier la France sous le joug du capitalisme financier, défigurer son paysage à coup d’éoliennes faramineuses financées par des fonds de pension exotiques, vendre son patrimoine, traduire sa classe moyenne en procès d’inefficacité et la paupériser de toutes les façons qui soit, soumettre le peuple à la botte de ce capital dévorant qui fait qu’aujourd’hui 26 personnes sont plus riches que 3,5 milliards d’habitants réunis. Un capitalisme surtout qui ne veut pas mourir et que le mouvement des Gilets Jaunes espère botter jusqu’au sang. La partie est-elle déjà gagnée ? Macron a-t-il réussi son pari ? La fatigue s’installe après tout chez les Gilets Jaunes, le manque de direction politique au sens gestion de la cité, l’absence même d’éducation politique constituée, structurée (bien que cela change de jour en jour je dois l’admettre) pourrait très bien diluer la contestation faute d’avancée significative. Ou pas. Car n’en doutons pas, les Gilets Jaunes ne sont que la première vague d’un raz de marée qui pourrait nous engloutir tous.

Qu’Emmanuel Macron et ses amis le veuillent ou non la situation de notre planète et la paupérisation économique forment une combinaison explosive. De l’ONU au FMI, toutes ces organisations supranationales qui par ailleurs s’y entendent pour asservir des nations entières, comme le savent bien les grecs ou les vénézuéliens, le répètent, en l’état les inégalités grandissantes ne peuvent qu’être préjudiciables à la démocratie telle que nous la connaissons. Certes nous vivons en oligarchie plus qu’en démocratie mais disons que le semblant de substrat démocratique qui subsiste vaillamment dans le cadre du contrat républicain volera bientôt en éclat quand la moitié de la France subira par exemple la sécheresse et que son ensemble sera asservi au pouvoir de la finance. Quand des milliers de réfugiés climatiques viendront chercher refuge qui au nord du pays qui sur ses frontières qu’ils soient du reste extérieurs au pays ou français car le danger est bien partout comme le savent déjà les agriculteurs sur qui par ailleurs la pression est constante. Macron est un homme d’une autre époque, il vit encore au XXème siècle et ses paris électoraux, sa volonté sans faille de réformer ce pays au capitalisme financier, ses joutes oratoires et sa stratégie trahissent tous une totale incompréhension de ce qui nous attend. Comme ses amis il vit dans une sorte d’immédiateté mielleuse, d’avenir sans passé, d’avenir sans avenir en réalité où lui et les siens, la classe bourgeoise comme ses maîtres pensent pouvoir se proroger ad vitam sans que la planète se rappel à eux. Cela pourrait s’assimiler à une forme de suicide français si en réalité toute la classe politique européenne classique, de l’extrême-droite de Savini en Italie en passant par les conservateurs britannique ou la sociale démocratie allemande, n’étaient pas tous en train de nous jeter dans le mur au nom soit de leur idéologie morbide soit des intérêts de leur soutien, soit des deux. Alors, comparativement la vague jaune que connait la France, son pacifisme forcené, n’en déplaise à Castaner, semblera un doux passé au regard de la violence de ce qui se passera dans nos rues et peut-être jusque dans nos lits. Ce sera le temps de la colère, elle sera immense et surtout elle interviendra bien trop tard pour faire changer les choses. Bref, n’en déplaise à Macron, et à tous ceux qui font les gros yeux devant les Gilets Jaunes mais ce mouvement est peut-être le dernier espoir pour ce pays de sortir de l’impasse dans lequel 40 ans de politique du copinage nous a plongé sans sombrer dans le chaos qui nous pend au nez.

Pour cent balles t’as plus rien

« Tu sais ce n’est pas en gagnant douze mille euros que tu deviens millionnaire » avait en substance expliqué notre roitelet à un gamin qui lui parlait de son salaire. En effet, ni avec une aumône de cent euros. Et d’ailleurs ce n’est pas le but. Le but c’est de diviser un mouvement qui est déjà largement au-delà de ça. Cent euros qui de toute manière étaient déjà prévu par la prime d’activité et que le roitelet va probablement verser en avance en se servant sur les cotisations sociales. Ensuite il nous explique en substance que ceux qui le peuvent verserons une prime de fin d’année, au bon Noël des pauvres… « pour ceux qui le peuvent », et considérant le nombre de petits patrons qui sont dans le rouge, ça va d’autant pas faire des masses que ses amis du CAC 40 ne sont pas non plus connus pour leur générosité. D’ailleurs ils ont appelé Manu 1er, pas question de remettre l’ISF ou…. Ou quoi d’ailleurs ? Avec quoi l’oligarchie tient ce petit monsieur qui nous gouverne ? D’où vient donc cette énergie à défendre une taxe qui est non négociable pour les gilets jaunes ? Pourquoi vouloir absolument se priver de 4 milliards de revenus. Parce que les milliardaires s’exportent ? Mais ils s’exportent de toute façon par l’évasion fiscale contre laquelle on ne fait strictement rien. La CSG ne va pas augmenter pour les anciens, c’était après tout une revendication des gilets jaunes mais leurs retraites ne seront pas non plus indexées sur l’inflation, elles ne seront donc pas taxées mais à mesure du temps elles diminueront mathématiquement. Sans compter la taxe, une autre que nous promet le gouvernement, sur tous les appareils multimédias, smartphone y comprit, notre nouvelle redevance télé. Bref on va vite reprendre dans la poche de tous tout en faisant semblant de faire plaisir à chacun. Et on espère qu’avec ça les choses rentrent dans l’ordre…

Ce dirigeant n’a strictement rien compris. Il a laissé s’ouvrir la boite de Pandore et il compte la refermer avec des demi-mesures de technocrate tiède. Tenez chers amis, prenez les miettes, nous dit le roitelet en substance, et surtout ne regardez pas la baguette, ni le beurre que nous et nos amis nous mettons de côté en permanence. Nous sommes le 25ème pays le plus corrompus au monde, juste entre l’Arabie Saoudite et le Qatar… et à côté de ça le budget de la justice, qui a encore diminué cette année, est équivalent à celui de… la Moldavie.

J’ai été élu démocratiquement, nous soutient le roitelet, comme s’il en doutait, et les journalistes de propagande TV de répéter en boucle la même flûte, démocratiquement on vous dit. Alors que nous savons tous qu’il a été élu par défaut et sans qu’on compte les votes blancs, que cette élection est en réalité le coup d’état de l’oligarchie et que leurs médias s’en sont fait complice. Mais la réalité de ce rappel parle en creux d’un autre, celui-là réclamé par les gilets jaunes, le référendum d’initiative citoyenne qui nous permettrait à tous d’avoir un peu plus d’ascendant sur cette caste qui nous domine et à vrai dire nous conduit dans le mur tout en appuyant sur l’accélérateur. Parce que la finance ne se gave pas assez comme ça, parce que leur donneur d’ordre n’en n’ont jamais assez et que la dette, cette formidable dette qu’on a réussi à produire en se passant toujours un peu plus de service public (comment ? Le mystère reste entier donc). Cette dette qu’on nous sert comme un boulet perpétuel auquel nous sommes éternellement attaché puisque nous payons des intérêts auprès de banques et fonds de pension que nous avons-nous-même renfloué en 2008 dans un chaos perpétuel d’argent, un cercle vicieux, un puits sans fond. Cette dette qui est en réalité le prétexte idéal pour tenir toutes les démocraties en otage. Mais au fond, il faut le dire, tout ça tout le monde s’en fout. Ce que n’a pas compris Emmanuel Macron c’est qu’en laissant les choses s’éterniser de la boite de Pandore a surgit un vent de liberté, et est née une prise de conscience. Celle d’un peuple réalisant qu’il est peut-être plus uni que toutes les divisions voulues et exploitées par les politiques, les syndicats et les médias. Celles sur lesquelles il va falloir compter dans les semaines qui viennent. Car le pouvoir, tous les pouvoirs et ses représentants ne vont pas se laisser faire. Ils tremblent, et à raison. Ce n’est pas juste quelques hurluberlus en jaune qui se sont pointés depuis quatre semaines, ce n’est pas 170.000 personnes seulement qui se sont agités samedi dernier dans toute la France comme a essayé piteusement de nous le faire croire Castaner alors que ça flambait à Toulouse, Lyon, Bordeaux, Paris dont le périphérique était noir de monde. C’est un pays entier qui se soulève peu à peu et qui réclame des comptes à une caste dominante et qui compte bien le rester. Car en attendant tout doit continuer comme avant. En attendant, tout ravi du pourboire de cent euros ne vous occupez pas bon peuple de ces services de santé que nous détruisons, de cette sécurité que nous privatisons, de cette immigration que nous vous imposons à vos seuls frais tout en vous proposant de devenir un pays du tiers monde à votre tour. Car on va vendre, tout vendre pendant que vous vous amuserez avec vos cent euros, comme on a vendu Alstom, comme on vend votre patrimoine, comme on vendra votre sécurité sociale et votre modèle éponyme. Toutes ces vieilleries du Conseil National de la Résistance. Tout ce qui fait la spécificité de la France en dehors de son histoire, sa résistance justement au libéralisme cannibale. Oui tout va tourner comme avant, la Montagne d’Or, les boues rouges d’Areva, le glyphosate, les perturbateurs endocriniens, les milliardaires qui s’achètent les médias comme des bonbons, les politiciens qui s’arrogent des salaires de monarque, et ne sont jamais conduit en prison, la justice aux ordres qui enquille en ce moment les condamnations, fabriquant du futur prisonnier politique à la chaine. Car c’est bien ce qui pend au nez de ce gouvernement, une crise sociale et politique retentissante et d’une ampleur dont les récentes manifs ne sont qu’un avant-goût. La première convulsion mais loin d’être la dernière d’un pays qui depuis quarante ans se dit que ça va péter, un pays résiliant soit, mais gouverné aujourd’hui par la mauvaise personne. Un mauvais comédien entouré d’un aéropage d’ahuris de la plus belle eau. Mais un mauvais comédien avec une feuille de route, une feuille de route destinée à détruire l’état-nation, le fondre dans l’Union Européenne, faire disparaitre notre pays rien de moins avec en lieu et place la Macronie. Sorte de laboratoire ultra libérale pour les crises à venir où nous serons trait jusqu’au sang tandis que le pacte de Marrakech aura rendu le trafic d’être humain légale, pour une main d’œuvre basanée toujours plus corvéable, esclavage moderne et mise sous pression des populations locales comme un vaste troupeau soumis à l’impôt et au chômage-roi.

Notre souveraineté ressemble à la banquise qui s’en va par gros bout à mesure des mois et ils vendent notre pays au plus offrant. Cela fait quarante ans que ça dure mais le roitelet a décidé d’accélérer cette mort annoncée et pour se faire il va rouler sur les riens, les illettrés, les alcooliques. Pas une mesure concernant les chômeurs, les travailleurs précaires ou les handicapés, je vais continuer de vivre avec mes 1100 euros en économisant sur absolument tout sauf sur mon loyer et bientôt mon ordinateur. Or moi je ne demande même pas le pouvoir d’achat, je déteste ce mot, j’en ai rien à foutre d’acheter, j’achète pour répondre à un besoin pas parce que je peux le faire. Je demande juste de pouvoir vivre. Pas me poser systématiquement la question du prix devant une gondole, pouvoir me payer de temps à autre des vacances, être libre de sortir sans me dire que ça va me couter un bras, pouvoir me soigner. Tenez je ne peux même pas aller chez le dentiste ou changer de lunette sans me dire qu’il faudrait que je prenne un crédit pour remplacer mes dents cassées ou changer de verre. J’ai pris une mutuelle récemment, j’ai appris que les mutuelles vont augmenter… Ca n’en fini jamais et je ne suis ni salarié, hélas, ni petit patron, ni souffrant d’handicap physique, ni encore trop vieux pour avoir droit à une ridicule retraite de survie. Et puis il n’y a pas que ça que j’aimerais, j’aimerais pouvoir être fier de mon pays, fier de ses institutions, de sa justice, de ses progrès sociaux, de son exemplarité, et de ce côté-là c’est la cata, la cata complète. Je ne suis pas nationaliste pour un rond, je ne tire aucune gloire de vivre ici ou ailleurs, au reste je suis à moitié anglais et ça compte cette moitié là pour moi. Mais d’un autre côté ça me mine de voir un pays avec une telle histoire, une telle richesse et un tel potentiel se faire rouler dans la merde par une caste et ce depuis la nuit du 4 août. Cette caste dont Macron est le produit génétiquement pur, la bourgeoisie française comme un rempart à l’oligarchie. La bourgeoisie française qu’incarnent si bien les partis de droite comme de gauche comme les médias avec leurs caciques interchangeables et leur discours lénifiants  qui aujourd’hui aboient en cœur après Macron dans l’espoir d’en avaler un bout, tout en se mettant la plèbe jaune dans la poche au passage. Plèbe à qui on ne cesse de répéter que c’est dangereux de descendre dans la rue on casse des vitrines et des plâtres, ça amène des êtres malfaisants. Cette curiosité quand même de se scandaliser, demander systématiquement aux gilets jaunes et à leurs suiveurs de se désolidariser des « casseurs » comme si les casseurs en question n’étaient jamais apparu qu’avec ce mouvement, comme si c’était une surprise, comme si même les gilets étaient devenus jaunes uniquement par goût de tout péter. Qui a interdit les masques et gazé massivement samedi dernier ? Qui commet des arrestations arbitraires comme celle de Julien Coupat dont le seul tort n’a jamais été que de vouloir se rendre à cet événement, qui a la brillante idée de filmer des gamins comme au Chili des années noires sachant le tôlé que cela va provoquer ? Qui tire à bout portant au flash-ball dans la tronche des lycéens ? Qui fait arrêter trois mille personnes en agitant des menaces imaginaires ? Le gouvernement. Un gouvernement maladroit, immature, méprisant et pour tout dire méprisable qui une fois encore démontre qu’il se fout totalement de ce peuple dont il ne sait rien sinon des statistiques et des graphiques, une Powerpoint-cratie qu’on entend diriger en faisant de mauvaise comédie aux heures de grandes écoutes.