L’effondrement qui vient.

Ca s’en va par bout, ça se craquèle comme un mur décrépis sur un lit de tremblement de terre, ça brûle à l’ouest, au nord, au sud à l’est, ça brûle partout ou ça s’inonde, des déluges bibliques, des barrages qui craquent, des cyclones formidables, des centrales qui déraillent sous les rugissant assauts d’un ouragan de moins en moins rare. Et même pas peur. Pire, indifférent. Ca discute, ça pinaille sur des rapports CIA qui depuis trente ans racontent la catastrophe en marche, ça se la racle sur les postes télévisuelles son incompétence ministérielle sous les applaudissements mous d’une populace abruti de sucre, de sel et de silicium. Ca court les commissions pour convaincre un marché zilliardaire de sauver ce sur quoi il est assis comme si l’argent se bouffait, se respirait, comme si une seconde planète attendait les dits zilliardaires du dit marché qui se crament au champagne et à la coke dans on ne sait quel bordel de luxe des Caïmans. Et la canaille politique qui se goberge auto-satisfaite de son pourrissement, prétendant aux solutions eux qui n’ont jamais l’ombre d’une idée qui ne soit sorti d’on ne sait quel think tank de cravateux à idées creuses. Mais pourquoi s’embarrasser puisque les veaux mugissent comme on leur dit, puisque les supermarchés sont pleins, puisqu’il y a des distractions. Pourquoi faudrait que ça change, on pond des mômes comme si on ne savait rien du permafrost qui se barre en noix et qu’on n’était pas surinformés, comme si le réchauffement était une affaire confidentielle ou que quelqu’un allait le régler d’un coup de baguette fabuleuse. Comme si… c’est ça l’homme il vit à crédit de lui-même et chaque fois qu’il se rapproche du bord de la falaise il fait comme si elle n’existait pas. On est plus qu’au bord, c’est la chute inexorable et c’est sans doute déjà trop tard pour le développement durable et toutes ces promesses d’avenir verdoyant. D’ailleurs pourquoi en serait-il autrement ? Ca fait quarante ans que le MIT a modélisé la catastrophe en cours et que personne n’écoute, et encore les paramètres n’incluaient pas ni les inégalités sociales ni les pays émergés comme la Chine.

An aerial view shows burnt houses and trees following a wildfire in the village of Mati

« Les inégalités sociales » comme s’il s’agissait de petits écarts de train de vie, de « pouvoir d’achat » alors qu’il s’agit au plus du pouvoir de perdre de l’argent au profit des zilliardaires qui nous assènent les fameuses inégalités par voie de média. Et pendant ce temps les bidonvilles poussent le long du périph à Paris. Moi je vole, un peu, juste ce qui me fait envie ou dont j’ai vraiment besoin et je m’en fout totalement. Cette société qui barre en couille et dort dessus ne m’intéresse pas, votre morale, vos lois ne m’intéressent pas, ils ne les respectent pas nous si, nous allons en prison eux pas. Je n’ai même pas envie de me pencher. Mais les gens si, les gens me fascinent. Tous les jours j’en croise avec des bouteilles d’eau par pack de six alors qu’ils chient dans de l’eau potable, c’est pas comme s’il n’y avait pas un continent de plastique en promenade dans le Pacifique, pas comme s’il n’y avait pas du plastique jusque dans nos estomacs. Pas comme si la sécheresse n’était pas en train de détruire les récoltes, toutes les récoltes, au nord, au  sud, à l’ouest, à l’est. Pas comme si cela n’avait jamais aucun rapport. Rien de rien. Les connections ne se font pas mais elles se feront le jour où on annoncera qu’il faut prévoir des vivres comme on l’a fait en Allemagne et en Suède. Ici Bulot nous explique, bouteille de glyphosphate en main, qu’il faut qu’on prenne nos responsabilités, et Macron bégaye devant sa piscine on ne sait quel bubulage pour faire oublier l’affaire Benalla. L’ancien régime, des hommes d’une autre époque qui gouvernent pour un siècle d’aveugles et de sourds volontaires et la petite ronde croit pouvoir se proroger, se répéter à elle-même que ça va durer, tout. Peu importe où d’ailleurs, Poutine rêve de l’Arctique qui fond, Trump nie le réchauffement planétaire, la Chine, l’Inde, le Brésil veulent pouvoir se développer comme bon leur semble quitte à tout ravager, et ça se tape sur le ventre, ça se goberge, ça vie sa petite vie sans lendemain, on verra bien dimanche hein, et puis après il y a lundi… nous sommes futiles, inconséquents, immatures, et globalement pas préparés à l’effondrement qui vient.

plastique

George Bush l’a déclaré, le mode de vie américain est non négociable. Le mode de vie le plus gourmand, drogué en énergie fossile, est non négociable, suicide pour tous, in god we trust. Pour la Chine les cinq poisons concerne tout ce qui menace le parti et l’unité du pays, attendu que l’un ne doit pas aller sans l’autre, pour le reste rien d’autre que l’expansion industrielle, économique, agricole dans une anarchie et une corruption endémique. Tout ça carburant sur le feu d’une dette gargantuesque, la crise qui vient sera pire que celle de 2008 ont déjà annoncé ceux qui avaient prédit cette dernière. Parce qu’on n’apprend rien, que ceux qui devraient avoir compris sont dans leur culture de l’égoïsme, du chacun sa merde, celle que nous ventent les programmes télé, la publicité, les magazines de la compétition universelle. La France start-up comme disent les imbéciles qui imaginent que les rouages du système ne vont pas sauter. Ils le feront d’eux-mêmes, il suffira d’un rien, d’un attentat bien placé, Greenpeace a bien réussi à s’introduire dans une centrale, d’une grève prolongée, la Macronie se porte de mieux en mieux de ce côté çi, d’un black out de quatre jours comme en Angleterre en 2000 quand 150 camionneurs ont paralysé le pays pendant une semaine. Nous avons si bien imbriqué notre société, si bien interconnectée ses rouages que nous nous sommes mis sous dépendance. Des supermarchés, des voies de communication, du nucléaire, du pétrole, et d’internet qui pourtant, on le sait va se noyer avec la montée des eaux. Des esclaves de nos non-choix. Après tout pourquoi renoncer à sa machine à laver puisque tout le monde en a ou en veut une. Pourquoi renoncer à sa belle voiture quand celle-ci, nous assure la publicité, nous aidera à conquérir le sexe opposé. Pourquoi cultiver des potagers en ville plutôt que de construire des immeubles où on logera à grand frais des classes moyennes harassés. Pourquoi penser utile quand tout nous invite comme des roseaux à nous pencher sur ces écrans, se contenter du futile et de l’ignorance de masse.

elevageintensif

L’autre jour sur ma page statistique de mon blog, un des termes de recherche était « porno bite coupé ». On cherchait un snuff on tombe sur ma page. Ca m’a laissé rêveur sur les priorités de celui qui était derrière cette recherche. La culture de l’égoïsme nous explique que demain se sera Mad Max, qu’il suffit de regarder ce qui s’est passé pendant Katrina ou à Saint Martin, en Haïti, un Black Friday comme un autre, pour s’imaginer des lendemains millénaristes. Quand je vois des recherches de ce genre ça me désespère et ça me laisse à penser que cette culture du chacun pour soi n’a pas tort. Les gens sont des chiens entre eux. Mais je sais bien que non. J’en ai fait l’expérience dans les hôpitaux psychiatriques, dans la rue, dans l’adversité les gens s’entre-aident, mais si tôt de retour dans cette société toxique alors chacun reprend son rôle, ses habitudes égoïstes, fermées. D’ailleurs les études le démontrent, l’éthologie l’étudie, j’ai pu moi-même le constater au Kenya, la loi de la jungle est en réalité celle de l’entre-aide. Les lionnes chassent ensemble, les zèbres conduisent les migrations des gnous, les éléphants élaguent les arbres et enterrent les morts, etc. Hélas nous sommes sous le joug des politiciens et surtout de ceux qui les commandent, les fossoyeurs de l’état de droit, le CAC 40 et consort, les assassins de notre planète et qui à Davos discutent résilience et non plus solution. Résilience de leur société productiviste bien entendu, comment se proroger en dépit des catastrophes en cours, sans rien changer, surtout. Nous sommes aussi sous le joug de nôtre paresse intellectuelle de téléspectateur satisfait, de notre paresse même physique à imaginer le monde sans vélo connecté et autre inutilité pour paranoïaque branché NSA et Wikileaks. Nous sommes gras de nos vies de rongeur à espérer que demain continuera de chanter, nous regardons la rue avec frayeur parce que notre société nous dit encore que c’est la fin, le cul de sac définitif, et moi pourtant j’en suis sorti. Lourd comme des ballons plein d’eau et qui flottons d’un écran à l’autre, d’une drogue à une autre, d’un alcool à une prière bercé par l’inconscient collectif de nos nations respectives. Les poussées migratoires de guerres que nous avons provoquées ou entretenues réveillent les instincts reptiliens des fascismes de toute l’Europe, la fièvre monte en Italie, en Allemagne, au Danemark, au Pays-Bas, le réveil nationale qu’ils appellent ça. Et aux Etats-Unis le racisme connu d’un imbécile dangereux réveille les camps de concentration pour enfants, exactement comme en France au demeurant depuis la loi Asile Immigration votée à l’unanimité par une cohorte de cafards humains, mains sur le cœur que c’est par altruisme. Finalement on ne peut peut-être que souhaiter un choc violent, un incident soudain qui remette tout en question avant que cette société de crevard finisse tous de nous crever, ce qui ne réglera pas le problème des centrales nucléaires ou des déchets si nos sociétés implosent. Or il y a plus de deux cents trente-cinq réacteurs allumés et quatre cent en construction dans le monde, cinquante-huit en activité en France. Sans compter la question des déchets bien entendu, puisque nous allons devenir la poubelle de l’Australie il ne serait pas inintéressant que les français se préoccupent de leur avenir dans ces conditions. Et surtout de l’avenir des enfants que nous faisons. Quel message allons nous leur laisser ces générations à venir, celle qui vont vivre après l’effondrement, désolé pour le bordel on vous laisse ranger ? Je ne suis pas parent et parfois je le regrette mais je me demande ce que peuvent raconter les parents qui ont conscience de ce qui se passe à leurs enfants. En parlent-ils simplement, les préparent-ils ? En sont-ils seulement capables ? Et sur quel mode ? Survivaliste ? Ecolo bisounours ? Ecolo concerné et informé ou essayent-ils juste de leur donner des valeurs d’entre-aide parce que c’est ce qui les sauvera au bout du compte ? Nous avons tous une manière de réagir face à l’adversité, personnellement j’oscille entre la débrouille et le laisser être mais si on me donnait le choix avant de tout voir partir en couille, je ferais trois fois le tour du monde pour me rattraper de tous ces voyages que je me contente d’imaginer aujourd’hui. En gros j’agirais en bon égoïste et ça ne me ferait ni chaud ni froid, comme des millions de personnes à l’instant même où j’écris ces lignes et qui ont conscience ou non de ce qui nous vivons dès aujourd’hui, un effondrement généralisé.

Clearcut logging

Oui nous sommes des millions à penser sans lendemain, parce que ça nous berce ou bien parce que nous avons toujours vécu ainsi. Je n’ai jamais vraiment fait de plan sur l’avenir et de toute manière la maladie et la rue m’ont fait sortir d’un circuit dans lequel je n’étais même pas vraiment autre chose qu’un électron libre. Mais je me suis toujours adapté très vite, et j’ai encore suffisamment d’énergie pour mon âge pour pouvoir voir venir. Combien sommes nous dans cette Europe nantis à être capable de nous adapter en cas de crise majeure ? Les lois de Darwin risquent bien de régler toute question au carré du sanglant. Alors combien vaudra la peau de nos sinistres, de nos importants, journalistes rémunérés au Diner du Siècle, star souteneur des politiques assassines, fraudeur en tout genre fabricants de crise économiques, famille béké de Guadeloupe et d’ailleurs, toute cette smala des ors et de l’ignorance organisée, calfeutrée, comme un incendie qui peu à peu ravage les consciences. Car heureusement le réveil est de plus en plus là, de plus en plus radical, intransigeant. Il est trop tard mais de partout se déclarent les initiatives. Low tech, high tech, lanceur d’alerte, associations, c’est dans l’urgence que naissent les plus fortes initiatives. On imagine des nouvelles techniques de tractions animales dans le cadre d’une agriculture sans pétrole, un système permettant de recycler les déchets radioactifs en diamant fonctionnant comme des batteries quasi perpétuelles. On réinvente l’agriculture traditionnelle, des jardins en terrasse incas au jardin créole. Et quand bien même nos gouvernants font comme si tout ça n’était qu’un effet de mode à traiter par le cosmétique, que la Macronie supprime l’aide à l’agriculture biologique, scientifiques et intellectuels, les véritables et pas la bande de philosoiffards qui défilent dans le poste pour se goberger de leur importance, s’activent de plus en plus fort sur la toile notre dernier espace de liberté avant engloutissement. Mais même cet espace comme tout le reste est menacé et cette fois pas par le seul effondrement de la planète mais par sa fragilité intrinsèque. Des centaines de milliers d’attaques chaque jour, et une décharge au-dessus de nos crânes qui menacent les satellites de l’économie mondialisée. Une économie qui dépend désormais complètement d’internet et génère à la nano seconde des milliards volatiles comme du kérosène.  Encore une fois il suffira d’un rien pour propager l’effet domino. Et ne vous faites pas d’illusion au même titre que vous bouffez Fukushima comme un japonais de base, intoxiqué par tout ce qui s’est déchargé dans l’océan pour le pire et le pire, vous n’en réchapperez pas, personne. Alors il faudra commencer à envisager le monde comme un pauvre même si votre compte en banque vous dit le contraire, apprendre à faire sans, à vous affranchir de la morale commune, de vos à priori sociaux et je suis certain que pour nombre la leçon sera salutaire tandis que pour d’autre elle sera douloureuse voir létale. Car il ne suffira pas d’être solidaire, il faudra être utile d’une façon ou d’une autre et en dehors des codes classiques d’une société capitaliste qui n’a de doute manière aucun avenir.

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Personnellement voir la fin de cette société du mensonge et de l’imposture me réjouit. Sans doute n’y ai-je jamais été très adapté, quand j’avais de l’argent je ne savais quoi en faire et ma dernière augmentation de salaire, il y a vingt ans, je la dois à l’agence qui m’avait recruté alors. Sans doute est-ce parce que je suis né dans l’argent et qu’il m’a donné tout ce qu’il avait à me donner dans les limites de l’ennui qu’il engendre. L’argent est une maladie qui rend fou de toute façon, qu’on en ait ou pas et je conchie une société qui ne s’intéresse qu’à des ambitions de milliardaire, une société de l’accumulation de bien, une société de l’objet comme un culte. Un attachement qui a fini par détruire notre environnement et pourrait bien nous faire disparaitre dans l’ensemble. Je ne suis pas ambitieux au sens commun, mes attachements ne sont pas matérialistes et mes espérances sans doute pas de ce monde, à ma manière je suis un grand rêveur mais j’ai les deux pieds de la débrouille solidement plantés dans le sol alors je ne m’en fait pas pour mon avenir dans les dix prochaines années, c’est après que ça va craindre, faut-il que je m’autorise au suicide en cas de crise majeure sachant que je n’ai pas envie de servir de viande à cannibale. Car c’est bien l’inconvénient, l’effondrement n’est pas pour dans vingt ans, il est là, maintenant, tout de suite et il est irréversible. Selon les médias de nos zilliardaires qui n’ont aucun intérêt à alerter l’opinion sur l’immédiateté de l’effondrement et son irréversibilité. Sur le fait qu’il aurait fallu commencer à s’inquiéter dès les années 70, tout se passe dans un futurs plus ou moins lointain, 2030, 2050, alors que dans le même temps on connait un boum sur les bunkers suréquipés dans les milieux zilliardaires justement. Et il ne faut pas être grand clerc pour savoir que le méthane que libère actuellement le permafrost va d’autant accélérer le réchauffement, que si le gulf stream devient paresseux, comme c’est actuellement le cas, la terre risque en même temps de connaitre des hivers de plus en plus rigoureux et de plus en plus longs. Pour le moment tout à l’air encore de tenir parce qu’on ne vit pas en Grèce où les incendies ont déjà fait près de cent morts et où la crise provoqué par les vautours du FMI a dévoré la société. Ni en Lybie ou en Syrie parce qu’on n’a pas sous le nez notre propre désastre mais rappelez-vous, il suffira d’une pichenette comme la crise financière en approche, comme la mauvaise récolte qui s’annonce dans l’Europe entière cette année, comme une centrale qui a besoin de six mois pour se refroidir et on en a déjà arrêté trois rien que cet été… La société française tient par des fils corrodés à la fois par quarante ans de corruption et des infrastructures en piteux état qu’il s’agisse de route, d’alimentation électrique, de voie fluviale ou ferroviaire, l’argent dort, s’engraisse, part à Saint Martin et ailleurs, 80 milliards par an en moyenne. Mais l’important dans cette histoire, n’est-ce pas, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. On ne juge pas un homme ou un peuple à ses paroles mais à ses actes. On ne le juge pas plus à l’aune de son passé, aussi glorieux soit-il il ne sauvera pas de la catastrophe. Mais à l’aune de son présent, et pour le moment on ne peut pas dire que ça soit fameux ici ou ailleurs. Alors peut-être que quand un rouage aura définitivement sauté entrainant ce qui se déroule déjà dans un cycle accéléré, que l’effet domino prendra pleinement son importance des personnalités et des énergies vont se révéler. C’est tout ce qu’on peut espérer autant pour la France que pour le monde mais avant ça je crains qu’il faille boire sérieusement la tasse.

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