Psychiatrie, changement d’air

Il y a quatre ans de ça j’étais hospitalisé au Vinatier le plus grands asile d’aliéné de France, aujourd’hui tristement célèbre à cause d’un tueur d’enfant qui y a été bouclé. J’y avais été jeté pèle mêle avec des malades et des repris de justice, dans des conditions d’usage que je connaissais depuis que je suis tombé dans cette maladie il y a dix-huit ans aujourd’hui. Des conditions faites pour écraser et nier, heureusement depuis l’asile est devenu hôpital et on y assure de véritable soin et plus cette logique de l’isolement et de la sédation dont je parlais dans mon premier article à ce sujet. C’est une décompensation, qui m’y a fait retourner. Je ne vais pas m’étendre sur la raison qui m’y a mené mais disons que le schéma qui consiste à croire qu’une allocation adulte handicapé suffit à un adulte relativement isolé est dans mon cas dramatiquement fausse. C’est la théorie de la feignasse si cher à Macron et à ses prédateurs, à toute la classe politique qui à vrai dire en matière de cossardise et de privilèges de robe s’y entendent mieux que personne. En réalité je rêve de retrouver un travail, de me sortir de cette logique du malade à tout prix et qui doit le rester. Je ne suis pas malade, je suis un patient désormais stabilisé qui voudrait être autre chose qu’uniquement ça. Bref, j’ai décompensé et me voilà de retour dans ce qu’il ne faut plus appeler un asile mais un véritable hôpital. Terminé les locaux crasseux et anxiogènes, les zombies en mode bruit de pantoufle au son de « t’as pas une cigarette ? » Les malades toujours en crise mais jamais pris en compte, shootés comme des coureurs cyclistes à deux de tension. Aujourd’hui nous avons des locaux neufs qui ressemblent à un hôpital et pas en mode mouroir, et surtout un personnel et des psys attentifs aux besoins des malades. Sont également proscrits les ménages à deux par chambre, la longue file indienne devant le réfectoire pour la prise de médoc publique avec prise de tête éventuelle. Aujourd’hui les choses se font au calme en tête à tête dans l’intimité d’une chambre individuelle. C’est bien simple on se croirait dans le privé. Et pour cause, selon le syndicat FO, le principe de la loi Tournier est de peu à peu solder l’hôpital public au privé, comme on le fait déjà des barrages hydroélectriques, dans la plus grande passivité de ce pays fatigué et fatiguant.

Évidemment avec la logique propre à nos gouvernants de privilégiés et de cost killer cela a été fait au détriment autant des patients, pas suffisamment de lit, et du personnel soignant qui s’est vu privé de droits élémentaires pendant qu’on rénovait le machin. Privation sur lequel ils restent naturellement discrets mais les syndicats sont là et à fond, d’où une mobilisation le 7 mars de 28,51% du personnel soignant en grève. Aujourd’hui la place est à l’initiative et à une envie toute particulière non seulement de soigner mais également de s’améliorer d’année en année puisque nous sommes même invités en fin de séjour à noter nos soignants et le cadre général. C’est vrai que ce n’est pas tous les jours que vous pouvez dire à un soignant, et j’insiste sur le terme, qu’il vous a réveillé et qu’il soit plus embêté qu’autre chose comme je viens de le faire, à l’heure où j’écris ces lignes, à sept heures moins dix du matin. A une autre époque on m’aurait renvoyé dans mes quarts en m’expliquant que hein ho en gros je faisais chier. Maintenant j’ignore si cette donne est valable dans tous les hôpitaux psy et dans le cadre de se que rapportait François Ruffin, je ne pense pas que ça soit hélas le cas. Mais en ce qui me concerne je dois à nouveau renouveler ma surprise et mon « plaisir » à me savoir prit en main par une équipe qui cherche réellement le bien être bien difficile de malades en dérive. Du coup au lieu de passer un séjour triste à pleurer je peux exister sans me morfondre entre un assassin et un schizophrène paranoïaque  comme ce fut le cas lors de mon premier séjour.

Mais il y aurait et il y a encore tant à faire, et pour commencer sortir de cette logique toute française du diplômé qui sait mieux que l’infirmière ou que le patient. On pourrait presque les lister et les chiffrer tant cela ne coûterait presque rien ni en temps, ni en effectif ou argent. Par exemple l’achat de sac de frappe qui permettrait d’éviter certain passage à l’acte mais également de compenser. Les psys qui n’envisagent le monde en binaire imaginent que la violence ne se traite pas avec de la violence alors que la violence n’a rien à voir là-dedans. D’abord frapper dans un sac ça s’apprend, c’est une discipline, ensuite pour une personne qui a subi la violence physique et/ou moral c’est un excellent moyen de se réapproprier tant du point de vue physique que psychique, au même titre qu’un psy vous encourage à porter plainte même si vous avez subi un viol dans votre enfance. Les groupes de parole qui sont totalement absent et qui pourtant sont un bon moyen d’avancer dans la compréhension de son mal. Côté cuisine également vu que nombre de patient on fait de la restauration ou de l’hôtellerie, encadrés, les encourager à cuisiner pour le service ou les patients dans le cadre du goûté (car oui désormais on a droit à une collation l’après-midi et le soir une verveine) ou encore, comme l’hôpital de jour qui cultive son propre potager qui pourrait être consommé par les patients et faire faire des économies au lieu de nous fourguer des poires hors saisons et des tomates de conserve. Mais il y a sans doute encore mieux à faire comme par exemple ne pas mélanger des pathologies qui n’ont strictement rien à faire ensemble et considérer qu’un handicapé incontinent a sa place dans un service classique ou qu’un toxicomane ou un alcoolique doivent être mélangés avec des schizophrènes et des bipolaires. Ou encore ce phénomène qu’on rencontre chez tous les patients qui est la perte de la notion du temps et contre lequel rien n’est fait, au détriment de notre propre mémoire. La psychiatrie française a encore cette tendance à considérer la maladie mentale comme un fourre-tout où le traumatisme que représente objectivement une première ou une seconde hospitalisation ne représente rien dans le recouvrement d’une stabilité mentale. Alors qu’en tant que « routier » de ce genre de phénomène je peux largement témoigner que c’est exactement le contraire. Les premières hospitalisations sont totalement anxiogènes notamment si on passe par la contention ou la chambre d’isolement. A ce propos quel profit espère-t-on tirer d’un malade qu’on laisse deux mois en isolement sinon aggraver au final son cas ? Au fait pas plus que je ne comprendrais jamais pourquoi on sépare par une grille deux services du même secteur alors que par ailleurs on peut y alterner les patients ? Depuis les années 60 les malades psys sont systématiquement enfermés parce que la psy française a peur de ses « fous » et que cette peur régresse à la vitesse d’une tortue alors qu’une aide soignante témoignait voir des patients circuler en pyjama d’unité dans le marché de sa ville et qu’à dire vrai on peut sortir du Vinatier comme d’un moulin, n’en déplaise au préfet qui m’a récemment supprimé une permission. Et là je vais en venir à la petite senteur de paranoïa et de pétainisme que nous a laissé ce brave cinglé cocaïné de Nicolas Sarkozy, l’omnipotence des préfets (invention de Pétain, tout s’explique….) en France sur la psychiatrie.

Hôpital ou prison psychiatrique ?

Concrètement j’ai été arrêté en train de faire l’andouille dans les rues de ma ville avec un push dagger, un couteau, autour du cou. Je n’ai agressé personne à commencé par les flics qui sont passés chez moi plus tard, ont constaté ma collection de couteau sans rien ne voir à redire à ça, ma passion personnelle et sans danger sauf pour les imbéciles et les cinglés, ce que en aucune façon je ne suis, n’en déplaise. Pour ce fait j’ai été placé en ce qu’on appelait avant Hospitalisation d’Office et ce qu’on nomme aujourd’hui Soin Psychiatrique à la Demande d’un Représentant de l’Etat…. L’administration quoi, ce que l’on perd en simplicité on le gagne en stupidité, vu qu’à titre de « représentant de l’état » je n’ai croisé que des pandores ahuris qui ne m’ont pas posé de question. Donc en gros actuellement peu importe l’avis médical, peu importe l’équipe soignante, on considère sans m’avoir vu ou consulté que j’étais inapte à une permission. Concrètement cela revient à dire que je subis un délit de démocratie, ne suis plus à l’hôpital mais en prison. Et ça peut durer, croyez moi. J’ai déjà fait trois mois inutiles à cause d’un préfet, trois interminables mois dont je suis ressorti rincé et absolument pas plus soigné, alors que présentement je suis parfaitement stabilisé et que je ronge mon frein de sortir sans devenir le dingue que je n’ai jamais été. C’est le pouvoir absolu que le mis en examen Nicolas Sarkozy a donné en 2012 sur la base d’un fait divers sinistre au préfet déjà fort garni en terme d’omnipotence et de retraite somptuaire. Bref, la France… En attendant moi je pense à mes chats qui n’ont rien demandé à personne. Ils me manquent, je leur manque, la prochaine fois j’enverrais une toph à l’imbécile qui m’a sucré ma perm, faute de l’attendrir ça lui fera un souvenir.

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Emmanuel Macron ou le pouvoir absolu

Notre roitelet nationale, l’homme qui un jour déclarait être socialiste, un autre trouver du charme à la monarchie et encore un autre affirmait qu’il n’était pas socialiste (c’est un fait il est juste opportuniste) a décidé de se lancer dans la chasse aux fake news. Littéralement des fausses nouvelles ou des nouvelles fabriquées de sorte que les gens les prennent pour vrai. Si j’étais amateur de conspiration je dirais que c’est la seconde phase du plan du Council on Foreign Relation et des Young Leaders. Après la déception, terme d’espionnage qui signifie tromper l’adversaire en lui fournissant de fausses et de vraies informations de sorte qu’il ne puisse plus les distinguer, on nous propose la Vérité Officielle sous forme de « lutte » avec moyen d’état à la clef et naturellement quelques fermetures de site quand ça sera nécessaire. Egalité et Réconciliation, le site du mythomane Alain Soral a du souci à se faire et notre roitelet réussira peut-être là où le pathétique Valls s’est vautré. On a les brebis sacrificielles qu’on mérite n’est-ce pas. La démarche n’est pas en soit bien nouvelle en France. Depuis le 11 septembre par exemple, il est commun dans les médias de se moquer ou d’accuser toute personne remettant en question la vérité officielle et pourtant discutée par le renseignement lui-même.  Or comme le fait justement remarquer Frédéric Lordo, discuter de la vérité c’est être en délicatesse avec elle. Et d’ailleurs la vérité c’est quoi exactement ? C’est une question philosophique, pas une affaire politique. En politique il n’y a pas de vérité il n’y a que des faits réels ou inventés qu’on arrange en fonction de ses besoins et ça a un nom : la propagande. En histoire non plus il n’y a pas de vérité, il n’y a que des recherches de vérités et comme en réalité la vérité n’est qu’une affaire d’interprétation la recherche n’est jamais finie. Par exemple, l’incident du Tonkin. Officiellement c’est une provocation nord vietnamienne à l’encontre des Etats-Unis. Pour les conspirationnistes c’est un false flag, un incident créée de toute pièce pour provoquer la guerre, un peu comme l’anthrax à l’ONU quoi… Pour les historiens ce n’est qu’un incident parmi tout ceux qu’avaient déjà provoqué les américains dans le golfe. Et je n’aborde même pas la question de la vérité du point de vue strictement neurologique parce que là on est mal et on peut en rester au Cogito, je pense donc je suis, qui sera à peu près la seule vérité plus ou moins tangible que voudra bien nous accorder la neurologie. Même s’il est vrai qu’à une époque de réalité virtuelle et de réalité augmentée, d’Oculus et de lentilles connectées, où les zombies ne mangent plus de cerveaux sauf le leur en passant leur existence devant des écrans, il était bien temps de s’inquiéter de distinguer le vrai du faux. Or un régime qui commence à vouloir distinguer la vérité officielle en prétendant lutter contre le mensonge on connait déjà ça, ça s’appelle l’Union Soviétique, le Cambodge de Pol Pot, le IIIème Reich ou la Chine moderne. Des régimes où on va en prison si on ne dit pas exactement comme le parti l’entend. Heureusement les français sont déjà soumis, personne n’ira en prison, on se contentera de râler mollement en faisant des vannes vaseuses sur twitter. Soit politiquement en gros ce qu’a fait Ruffin avec son maillot de foot

Assemblée de papier et opposition de pacotille

J’aime beaucoup François Ruffin, notamment parce qu’il est resté humain. Il y a chez lui un mélange de naïveté et de volonté inébranlable qui retient de l’enfance. C’est unique en politique, tellement que j’ai même du mal à le voir comme un député français. Non pas qu’il ne remplit pas son rôle, il se distingue même dans l’exercice mais qu’il ne colle à aucun des critères habituellement empruntés par les parlementaires. Il n’est pas dans l’image et pourtant il s’en sert là où ils prétendent ne jamais l’être alors qu’ils ne sont que ça, figures, symboles, images mais très certainement pas représentants du peuple. Récemment Ruffin s’est présenté à l’assemblée avec le maillot d’une petite équipe de foot local. Sa démarche s’inscrivait dans la logique d’un projet de loi proposé par un de ses collègues de « l’opposition » qui comptait taxer les transferts dans les grosses équipes afin d’aider les petits clubs que Ruffin se faisait fort de représenter comme c’est son rôle. Sa démarche pour spectaculaire fut-elle, lui a valu un blâme assorti d’une amende de la part du conseil de discipline de monsieur le proviseur François de Rugy. Or si bien entendu la France des plus de soixante ans s’est ému de la démarche du député de la France Insoumise, à l’assemblée l’émotion ne tenait en réalité qu’à une seule chose : l’apparat, la représentation figurée. Et un député de lui reprocher non pas la démarche ou le projet de loi avec lequel lui-même était d’accord mais de retirer le peu de prestige qui leur reste, le seul pouvoir qu’ils ont en réalité, le pouvoir du verni. Car Ruffin le souligne, il ne reste plus que ça à l’assemblée, se disputer sur des affaires vestimentaires, avec ou sans cravate, avec ou sans maillot, devant un gouvernement qui dirige à coup d’ordonnances. En réalité Emmanuel Macron a débarrassé l’assemblée du moindre pouvoir, poussant la logique monarchique de la Vème jusque dans ses retranchements. Le tout pour une politique que l’on nous vend comme novatrice alors qu’économiquement, elle ne fait 1) que suivre la ligne ordonnée non pas par Bruxelles mais Bonn 2) répéter ce que depuis 30 ans on applique sans le moindre succès même d’estime. Qu’en terme sociale c’est une régression complète qui nous ramène aux heures sombres de l’histoire et non pas celle de Vichy mais celle des années 1900, et ce pour la bonne et simple raison qu’après avoir fait disparaitre le paysan, le capitalisme compte se débarrasser de vous, des gens qui travaillent, tous, avec revenu universel à la clef pour vous faire passer la pilule. Il ne restera plus après ça qu’à mettre en place un système de citoyen à point comme c’est en cours en Chine, où les moins méritants seront peu à peu exclus, le tout à base de réseau sociaux et de like. De jeux et de challenge Le IVème Reich qui, je ne cesse de le répéter, est actuellement en marche devant vos yeux passifs.

Enfin sur le mode répressif nous sommes désormais dans la délation institutionnalisée, mieux, ordonnée, aux associations, aux hôpitaux psychiatriques, toujours plus de sécuritaire, d’expulsion, pour une insécurité essentiellement imaginaire qu’on veillera toute fois à garder dans l’esprit de chacun comme une réalité mécanique. Et tant pis si on se tue vingt fois moins aujourd’hui que dans les années 80 par exemple. Aujourd’hui dans les faits un ministre de l’intérieur a le pouvoir d’assigner à résidence qui bon lui semblera, autant qu’un préfet peut décider de limiter la circulation des personnes pour une zone dites à risque, comme c’est indiqué en toute lettre dans le projet de loi 2017 sur le renforcement de la sécurité intérieure. Ajoutons à ça les policiers municipaux armés, alors qu’ils s’entrainent généralement peu au tir, et même dans l’Oise, une milice de chasseur comme supplétif à la gendarmerie ! Ce n’est plus la tentation du pouvoir absolu, c’est le pouvoir absolu. Et face à ça, dans ce pays qui ne cesse de vanter la démocratie, qui prétend critiquer les systèmes à parti unique, ou mieux qui accuse un Poutine d’être un dictateur au fait qu’il passe quatre heures avec un collège de journalistes internationaux pour expliquer sa politique, notre roitelet se fait sucer devant des millions de spectateurs par un animateur aux ordres. Et j’insiste, on parle bien d’animateur de soirée et en aucun cas de journaliste. En réalité avec le hold-up réalisé par en Marche en récupérant des girouettes de tous les bords, il n’y a plus qu’une opposition sans pouvoir, sans représentativité suffisamment « rassurante » pour l’électeur lambda, sans même le moindre impact et d’autant moins quand un parti comme le FN en vient à approuver les mesures d’un gouvernement en matière d’immigration. Un comble quand même quand pendant un mois on nous a refait le coup du « moi ou le fascisme. » alors que le fascisme c’est Emmanuel Macron. Mais un fascisme consensuel, propre, un fascisme fils de bonne famille, acceptable. Et comme dans tous les régimes fascistes ce sont les valeurs de jeunesse, d’énergie, d’innovation permanente, voir les qualités extra humaine qui sont mis en avant par les médias avec une débauche totalement inédite de flagornerie hystérique.

Le Phare de la pensée des Grands Timonier Que le Monde Entier Nous Envie

Depuis presque cinquante ans que j’observe la vie politique française je n’avais jamais vu une telle orgie de superlatifs et de flatteries de la part d’une presse quasi nationalement aux mains d’un des amis du roitelet, à savoir notre deep state à nous, les milliardaires qui gouvernent en réalité ce pays. Ainsi Libération, à propos de la volonté de Narcisse 1er de lutter contre la pornographie, appelait l’intéressé « le père de la nation ». Dans l’émission Info Verité (ça s’invente pas) l’animateur prétendait que Macron signifiait en chinois Cheval qui dompte le dragon. Plus c’est gros plus ça passe comme le faisait remarquer Goebbels en son temps. Et quand un seul journal ose relever tous les travers de ce parti unique et dévoyé, le Canard Enchainé, une ministre de s’empresser d’accuser le Canard de toucher de l’argent de l’état… ce qui n’a jamais été le cas et tant pis si c’est répandre une fausse nouvelle à seul fin de nuire. Dans l’absolu c’est punissable par la loi, puisque il existe déjà une loi contre les « fake news » ça se plaide généralement en diffamation, sans quoi c’est juste un canular. D’ailleurs il est totalement hors de question que les médias sortent de leur rôle de brosse à reluire présidentielle. Et Catherine Nayl formatée TF1 d’être propulsée directrice de l’information à France Inter, tandis que Jean-Michel Apathie qui est au cirage de pompe ce que le rhum est au baba, vante cinq minutes avant l’allocution du roitelet son contenu novateur. Un festival de carpette, le Diner du Siècle comme si on y était… Et puisqu’il s’agit de museler et de censurer à l’image d’un Giscard dont Macron s’inspire notablement en terme d’image et de style, de s’en prendre à la télévision publique et indirectement à Elise Lucet, priée de revoir ses ambitions à la baisse coupe budgétaire oblige. On est en effet dans cette vieille méthode décrite par Chomsky et qui consiste à sucrer les budgets de sorte que le public se dise que le service fonctionne mal, qu’il trouve normal qu’on le supprime purement et simplement, ce qui arrivera tôt ou tard au groupe France Télévision comme à la santé, la sécurité sociale, la justice et tout ce qui globalement retient du domaine du contrat social. Bien entendu dans ce cadre de soumission joyeuse dans laquelle se complet ce pays, personne ne parle tyrannie. La tyrannie c’est ailleurs, en Arabie Saoudite, chez Poutine n’importe où mais pas ici le fameux « pays des droits de l’homme » selon l’expression consacrée et pour tout dire méchamment compassée. Au mieux on s’accrochera sur des mots, les expressions vieillottes de celui qu’on nous vend comme moderne, sur ses constantes démonstrations de mépris de classe qui contre tels ouvriers illettrés selon lui, donc inaudibles, qui envers les comoriens, ces petits salopiots qui viennent se noyer au large de Mayotte, qui contre tous ceux qui ne « réussissent » pas pour autant que ce mot ait un sens. Ces cibles sont choisi, qualifiés, si on est pas avec lui on est contre lui, un cynique, un rien, avec en fond toujours ce même vieux discours pourri sur la valeur travail.

On ferait mieux de relire Beaumarchais et on comprendrait que tout ça n’est rien que du bruit, du vent offert aux foules pour qu’elles en fassent polémiques et disputations stériles. Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage, répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets, intercepter des lettres, et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique, nous dit l’auteur du Mariage de Figaro ; Vous ne trouvez pas que c’est un portrait fidèle du falot personnage qui préside pour les milliardaires de ce pays ? Ne nous trompons pas, Emmanuel Macron est un animal politique de premier ordre, il a mené sa barque en douce, profité du délitement naturel des partis traditionnels, laissé Valls s’enfoncer dans son imitation de Sarkozy tandis que l’homme qui n’était jamais là, Normal 1er, disparaissait lentement dans le brouillard de son insignifiance. L’obstination stupide et suicidaire de Fillon ne pouvait que lui servir sachant qu’un pays aussi conservateur que la France n’accorderait jamais ni ses voix au vieux stalinien Mélenchon ni à celle de la grande bourgeoise du peuple, même en essayant de se prendre pour De Gaulle in vagina. La porte était entre ouverte, il a foncé et le voilà sur son trône, contant de lui, absolument persuadé de son destin. A tel point qu’il ne s’adresse plus aux français en homme politique classique, il ne parle plus de sa politique, vu qu’il n’en n’a jamais eu seulement une « vision », non il nous enjoint à Noël à oublier tous nos malheurs et ne jamais oublier que nous sommes « la nation française » puis pour ses vœux à nous demander ce que nous faisons pour le pays comme un Kennedy de pacotille. Ou plutôt comme un Louis XIV nain, lui qui veut remettre les chasses présidentielles en route et a fait dire par son caniche Hulot qu’on n’interdirait pas la chasse à courre dans notre monarchique pays. On pourrait presque en rire. Son narcissisme est tellement criant, son absolu certitude qu’il est « élu » au-dessus du lot et qu’il ne lui manque plus qu’une couronne pour en faire un être complet est si criant au détour de ses déclarations qu’on en viendrait presque à le plaindre d’être obligé par la feuille de route des Young Leaders, à savoir détruire ce qui reste de ce pays, au lieu de se faire couronner à Saint Denis. Si le futur qui se profile sous sa tyrannie ne se résumait pas finalement à cette interview qu’il a accordé à un des employés de son bailleur et patron, Bolloré, en la personne du sinistre Cyril Hanouna. Dix minutes de néant offert au milieu d’une émission où règnent la bêtise et la violence. Ou quand la France passe de démocratie à idiocratie. Comme dirait notre nain-soleil : saperlipopette que de galimatias en perspective !