La France est jaune

A l’heure où j’écris Paris crame encore un peu sous la pluie. Un hôtel particulier pillé, des banques saccagées, des voitures de luxe retournées, plus de cent blessés et des forces de l’ordre à cours de gaz lacrymo, épuisées. Il est deux heures du matin et j’ai du mal à dormir. Ce gouvernement d’amateur totalement décalé de la réalité, ce président hors sol aux ordres des 1% qui ne trouve rien de plus que d’agiter ses poings mous et soyeux de banquier pour signifier sa désapprobation de jeune bourgeois. Ces manifestants protégeant la flamme du soldat inconnu pendant qu’autour d’eux on gaze en masse et avant même d’avoir vu le loup, ou cet autre gilet jaune sauvant un CRS du lynchage. Ce ministre de l’intérieur totalement dépassé, incapable de contenir la situation, d’autant incapable qu’il ne la comprend pas parce qu’il n’a pas voulu ou pu souscrire aux rapports alarmants de la DCRI. Quelque chose se fendille dans le joli plan voulu par les 1% et je me remets à espérer. Espérer de ce pays qui depuis quarante ans se fait rouler dans la farine par sa classe politique et par l’Europe marchande sans moufter, bouger plus qu’un cil. Se laissant diviser de tous les côtés, jeunes des quartiers populaires contre classe moyenne, femmes contre hommes, étudiants, personnel hospitalier, avocats contre les différents gouvernements et le reste de la France, syndicats contre syndicats. Tout ça pendant que les locuteurs du pouvoir d’Eric Zemmour à Jean Michel Apathie, en passant par Finkielkraut ou Levy, éditocrates de leur narcissisme, nous expliquent ce que nous devons penser sur un ton docte de professeur des écoles. Et continuent de le faire pendant qu’après la Réunion, on parle déjà de faire venir l’armée au secours des CRS, non sans avoir fait l’erreur magistrale de l’avoir insulté en début de mandat… Non je ne sais pas quoi penser non pas de ce qui se passe, cette insurrection ne cache pas ses intentions et seule la France d’en haut croit encore qu’il s’agit d’un mouvement qui va s’essouffler de lui-même (Noël approche voyons !). Mais de cet amateur qui prétend nous gouverner. Ce méprisant petit homme cintré dans son petit costume de technocrate au bras de sa vieille déboussolée qui pense encore tenir ce pays alors que pas un seul des mots qui soit jusqu’ici sorti de sa bouche n’a su apaiser la situation, bien au contraire. Sans parler du premier ministre, incapable de faire venir à sa table qui que ce soit de représentatif. Tout simplement parce qu’ils n’arrivent ni les uns ni les autres à comprendre qu’on ne veut même pas discuter avec eux, on veut qu’ils partent. Rien de plus. Qu’ils partent tous ! Dehors les clowns !

On ne veut plus de vous, petits autocrates, qui volez dans les ministères les biens de la République. On ne veut plus de vous les professionnels de la politiques, monarchiques petits potentats, si accrochés à leurs divers mandats que lorsque les journalistes viennent vous voir dans vos circonscriptions il est de coutume de dire que l’on vient sur « vos terres ». Dégagez les experts autoproclamés des plateaux des grandes écoutes, les Barbier, Duhamel, Ferry et autre va-nu-pieds des petits salons calfeutrés, l’estomac bien capitonné de petits fours, le cerveau gras de votre suffisance. Barrez-vous les milliardaires qui nous avez vendu à coup de sondages bidons qui l’Europe marchande, qui le roitelet, qui la médiocrité télévisuelle qui les réformes toujours plus restrictives à votre seul bénéfice. Mais avant de partir qu’on ouvre grand les comptes de Bercy parce que c’est par là qu’il va falloir commencer si on veut savoir où est parti et où part tout cet argent que vous nous voler à chaque secondes. Pas question de brûler les archives cette fois, vous ne nous ferez pas deux fois le coup de l’incendie du Crédit Lyonnais. Cassez-vous les syndicalistes aux ordres, les préfets et sous- préfets, généraux de pension qui vivez à nos crochets depuis des lustres. Arrachez-vous les marchands d’armes qui obligez nos armées à survivre avec des bouts de ficelle à coup de rétro commissions pendant qu’on blinde nos ennemis en matériel de pointe et qu’ils répandent la guerre partout où bon leur semble. Foutez le camp les Sarkozy, Le Pen, Wauquiez, Balkany, etc… smala de gangsters, professionnels de l’élection qui se croient systématiquement au-dessus des lois et encore une fois vivent à nos crochets avec ou sans mandat. Oui tirez-vous tous ! Ce n’est pas vous qui faites tourner ce pays, ce n’est pas vous qui retenez les centrales de ne pas péter à force de laisser-aller ministérielle d’une classe politique corrompue à l’os. Ce n’est pas vous qui sauvez des vies, dans les hôpitaux, chez les pompiers, protégez les biens et les personnes le tout aux prix de suicide en chaine. Ce n’est pas vous qui encaissez les marchandises ni les rangez dans les hypermarchés marmoréens des Mulliez et compagnie, ce n’est pas vous qui produisez notre nourriture ni ne la transportez au fin fond d’une France que vous avez mis sous la dépendance de vos autoroutes que nous avons construit avec nos mains et notre argent pour qu’aujourd’hui vous nous les fassiez payer à la gabelle de vos seuls intérêts. Ce n’est pas vous qui construisez à la main et à la machine les prisons dans lesquelles vous enfermez en masse la jeunesse populaire, veillant un peu plus chaque année à restreindre nos libertés au prix d’une sécurité illusoire, 130 morts au Bataclan, et ça par contre c’est bien à vous qu’on le doit. A vous tous ceux du pouvoir et de ses collaborateurs. C’est bien à Bernard Henri Levy et à l’escroc Sarkozy qu’on doit une guerre en Libye. Il n’y aurait jamais eu d’Aquarius, ni de marché aux esclaves aujourd’hui sans ces deux voyous. C’est bien à la politique du même Sarkozy l’Atlantiste aveugle et à celle de Hollande l’adorateur des assassinats ciblés qu’on doit de voir le sang couler sur notre sol, c’est eux qui ont amené la guerre dans notre pays, eux les terroristes, sinon par acte du moins en (in)conscience. Eux qui nous imposé la peur américaine depuis le 11 septembre, envoyé nos soldats dans nos rues comme un vulgaire pays du tiers monde comme pour mieux instiller la peur permanente dans nos veines. Et il était où Vigipirate le 13 novembre 2015, en quoi le dispositif a montré une seconde son efficacité. Ca n’a pas empêché d’imposer depuis l’état d’urgence quasiment constitutionnellement en attendant que Daesh trouve une nouvelle fois une parade ou bien qu’on invente un nouvel attentat pour nous faire rendre le gilet… Et pourquoi pas ? Castaner n’a-t-il pas déjà brandi des menaces imaginaires en espérant que son story telling prenne ? Jusqu’où ce gouvernement de baltringue est-il capable d’aller pour conserver ce pouvoir illégitime qui est le sien. Car comment le qualifier autrement ce pouvoir face à une abstention massive lors des élections, face au rouleau compresseur médiatique qui un an durant s’est ingénié à nous vendre le roitelet comme une nouvelle lessive super moderne. Lui qui ne représente en réalité qu’un vieux monde corrompu. Toujours le même depuis 40 ans.

J’ai 54 ans, je touche l’allocation adulte handicapé, soit 856 euros plus 250 euros d’APL, total 1100 euros auquel il faut déduire 485 euros de loyer, ce qui veut dire qu’en théorie je vis avec 600 euros par mois. J’ai de la chance je n’ai pas d’enfant, seulement deux chats. Hélas je vis dans une passoire thermique et je suis au tout électrique. En hiver ma note d’électricité monte parfois jusqu’à 60 euros mensuel, auquel on ajoutera 40 euros de mutuelle, et l’électricité n’a pas encore été augmentée comme le prévoit ce gouvernement de crevards. Je n’ai pas la télévision et je ne paye pas d’impôt sauf la TVA, je suis fumeur (du moins quand j’ai encore de l’argent) mais à nouveau ce n’est que partie remise puisque ce même gouvernement qui n’en a jamais assez prévoit bientôt de taxer les appareils multimédias, donc mon ordinateur qui est aujourd’hui ma seule source de loisir. Je ne suis pas parti en vacance depuis 1999, date de mon burn-out, j’ai été hospitalisé en psychiatrie dans des conditions souvent effroyables huit fois (je suis bipolaire) et en 20 ans j’ai réussi à me retrouver à la rue trois ans durant alors que j’avais la quarantaine. Depuis 1999 j’ai été successivement sondeur par téléphone, serveur, réceptionniste, j’ai passé un CAP de cuisine, et donc cuisinier trois ans durant avant d’en avoir marre de me faire exploiter pour un salaire à peine plus élevé que mon allocation. J’ai même tenté de monter mon entreprise avant de me faire littéralement racketter par l’URSSAF et le RSI. Tout ça pour dire que je comprends parfaitement les revendications des gilets jaunes et que je les partage d’autant que depuis des années je regarde ce pays se faire enfumer sans réagir, à mon grand désespoir. Un tel désespoir à dire vrai que peu à peu je me suis fermé à ce pays, et j’ai cessé de m’intéresser à ses revendications sachant qu’il s’était laissé, année après année, dépouiller non seulement de tous ses droits mais de tous ses moyens de lutte. Or s’il est parfaitement contreproductif de tout péter il est parfaitement sain et compréhensible de laisser aller sa colère et la colère est immense dans ce pays, plus encore que la dernière manifestation le laisse entendre. D’autant qu’il y a fort à parier que ce qui s’est passé hier ne soit réellement le fait des gilets mais sans doute de casseurs trop contents de profiter de la situation, dont parmi eux probablement des policiers en civil venus jouer les agents provocateurs, comme à chaque manif qui tourne mal. Oui la colère est immense et ce gouvernement fantoche tente de la fractionner en petits morceaux de ressentiments sans conséquence. Ils vont lourdement s’appuyer sur les derniers événements avec BFM TV et son orchestre de propagandistes d’état en soutien musicale. Mais moi tout ce que je souhaite c’est que ça ne change rien et qu’on vire cet amateur qui prétend nous gouverner. C’est à lui qu’on doit le feu ce samedi en réalité, à lui et à lui seul, à lui et à son mépris perpétuellement renouvelé. Comment par exemple en pleine crise on peut penser à faire des dépenses de décorations pour occuper l’ennui de la vieille qu’il a épousé. Comment peut-on ne pas rentrer d’urgence du G20 alors que depuis deux semaines ce pays vrombi de colère. Comment même peut-on laisser un novice comme Castaner occuper le poste qu’il occupe alors qu’il est évident que ce qui brille chez lui ce n’est pas son intelligence mais son opportunisme. Peut-être que ces réponses se trouvaient dans le coffre-fort de Benalla le mignon du roitelet, on ne le saura sans doute jamais puisque sur ce sujet comme des centaines d’autre ce qui caractérise la Macronie c’est l’injustice. La France est jaune Macron, prépare tes bagages.

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Gilet jaune, comme une odeur de pâté.

Qu’est-ce qu’on se régale en ce moment en France, du nanan ! En Marche dans la panique on dirait. Gérard Darmanin, chien servile à son maitre qui moutonne que pour 200 boules t’as même pas le vin et que c’est pas possible quand même. Faut dire qu’il a pas inventé le fil à couper l’eau tiède celui-là, comme son collègue le joueur de carte, Castaner le toto de l’Intérieur, selon eux, le jaune est brun, même que ça serait la Marine qui aurait fomenté le coup avec les Insoumis, d’ailleurs BHL, le grand spécialiste des révolutions arabes l’a dit, c’est rien que des irresponsables. Ah la belle salade que voilà ! On attend avec hâte l’analyse d’Attali à moins qu’il ne se prépare déjà à rejoindre New York, Londres ou Berlin, ces capitales du festif et de l’argent roi. Et BFM TV en flonflon qui se fait agresser de tous les côtés parce que notre Fox News à nous en rajoute des couches dans l’hystérie pro gouvernementale. Ah oui quel beau spectacle de les voir tous ces bouts de gras dodeliner de la gélatine à essayer d’éteindre l’incendie qui menace de tout côté. Analyser, décrypter, digérer et vomir leur mépris depuis leurs bulles parisiennes.

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Même pas des élites, comme ils aimeraient qu’on les distingue, non juste des profiteurs, notre petite mafia à nous, toute cette clique de bourgeois des ors parisiens et même de province qui ont si délicieusement cultivé ce mépris depuis quarante ans. Mépris des jacqueries et des révoltes, mépris de la colère pour commencer qui depuis quarante piges couve et se cabre dans ce pays face à ce ramassis de pantouflards de l’ENA à Science Po. Mépris du petit bonhomme dans sa petite tuture harassé par son boulot et à qui nos pantouflards demandent toujours plus de blé parce que ça se mange et que c’était pas comme s’ils ne partaient pas avec nos meubles chaque fois qu’un de ces cons change de ministère. Mépris de l’agriculteur qui se suicide par paquet douze pendant que la FNSEA se goberge avec ses copains des lobbies. Mépris du boulanger, de l’épicier, du petit employé qui se tape tous les jours ces deux heures de bagnoles pour faire bouffer sa famille. Mépris du vieux à qui on dit maintenant que sa retraite est un privilège auquel il n’a plus vraiment droit, et tant pis s’il s’est cassé au travail de toute façon le roitelet l’a dit le travail n’est pas pénible, lui qui n’a jamais qu’attendu bien confortablement que ses amis le portent au pouvoir. Mépris de tous et de toutes qui chantaient à Paris et à tue-tête la Marseillaise à répétition comme pour se persuader, se réveiller qu’il y avait bien comme une odeur de révolution. Et c’est bien ça qui les fait paniquer là-haut, dans la stratosphère de leur importance, les 1,3 millions d’euros d’augmentation de la sécurité du roitelet c’est pas pour des nèfles. Paniqué par cette quasi non-violence, cette pression constante et partout, cette colère qui pour le moment évite comme la peste de détonner. Tellement paniqué qu’ils n’en ratent pas une pour remarquer tous les incidents qui se déroulent, 2 morts, 500 blessés et cette histoire de réfugiés livrés aux poulets comme pour mieux assoir la légende brune, le story telling qu’on essaye de nous fourrer par tous les trous du cathodique. Et pourquoi il en aurait été autrement ? Ce n’est pas la peur du Grand Remplacement qui les agite les gens, ce n’est même pas la terreur islamiste venu de je ne sais quelle zone de guerre, c’est leur reflet. Ce qu’ils voient dans toute cette misère qui essaye d’échapper à l’enfer c’est eux, comme ils flippent chaque fois qu’ils voient les SDF s’accumuler autour de la Gare du Nord ou ailleurs. Je sais, je l’ai été SDF, je voyais bien les regards, j’écoutais les chuchotis des petits cœurs flippés à l’idée de perdre leur boulot, leur vie et de se retrouver comme moi à zoner d’hôtel en hôtel, leur rejet. Et il m’en fallait de l’énergie pour les rassurer, qu’ils ne seraient jamais comme moi.

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Mais ça Darmanin et ses copains c’est pas leur sphère, le métro, les odeurs, s’ils l’ont jamais pris ils ont oublié, l’humanité, la vraie, ils connaissent plus et le bitume ils ont jamais connu. Dans leur monde on va pas chez Carrefour, on fait pas trente bornes pour trouver un hôpital, on panique pas parce qu’on va perdre son taf et que le chef de service vous fait les gros yeux en vous mettant la pression tous les jours un peu plus. Dans leur monde on mange au restaurant et le repas est gratis, on ne paye pas la CSG, on a des appartements de fonction et des double emplois, on cumule les mandats et on n’est jamais condamné quoi qu’on fasse, même violer si on veut, qu’est-ce qu’on s’en fout si le juge est un ami. « Ils veulent un responsable, qu’ils viennent me chercher. » braillait le roitelet un jour d’inconscience, à se demander si Benalla le faisait pas chanter avec du croquignolesque. Il se disait que personne n’allait le faire, que les gens n’ont pas la mémoire du mépris qu’on leur porte, que l’impunité voulu sous Chirac allait passer comme une lettre à la poste, comme le vol du référendum en 2005 par Sarkozy deux ans plus tard, comme la lente privation de nos libertés et de nos droits, tous nos droits voulu sous Monsieur Normal et amplifié par le roitelet ad nauséam. Et pourquoi pas ? Jusqu’ici c’est bien passé, jusqu’ici le gaulois s’est cabré et puis il est rentré chez lui après avoir vaguement fait reculer le bestiau, jusqu’ici…. L’important dans cette histoire, disait la Haine, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. Ce n’est pas ce qui ne se déroule, pas encore, mais qui va se dérouler dans les mois à venir, que le mouvement s’essouffle ou non, que la dinde et le sapin sacrifié par la société du consumérisme morbide auront effacé comme ressentiment. L’important c’est la suite, parce que le mouvement fait des vagues en Europe comme lors du Printemps Arabe, quelque chose de confus, de vague même, mais qui est un signe aussi voyant que ces affreux gilet fluo. Ca brille dans le noir comme un signal d’alerte, ça crame sur les routes, ça immobilise des accès. Plus rien acheter qu’ils disent les gilets, plus de pétrole pour personne et les péages gratos, c’est quand même formidable pour un mouvement soi-disant brun, toute cette prise de conscience que l’argent dort dans leur caisse que c’est à leur source qu’il faut les faucher, que la finance a moins peur d’une vitrine pétée que d’un serf qui ne remplit plus ses devoirs devant la caissière.

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Mais le plus grave il n’est même pas là, le plus grave c’est qu’une partie du pays est également contre ce mouvement spontané dont la hausse du carburant n’est qu’une goutte d’eau dans la piscine et qu’à force de jouer sur les fractionnement on pourrait causer des affaires plus grave, une guerre civile par exemple. Ca sent le soufre en France, c’est pas pour rien que Collomb s’est retranché à Lyon, il l’a dit, les rapports sont alarmants, et puis on l’a fait taire, ses propos étouffé comme une péripétie de vieux blessé. Un détail, un détail que pourtant les flics voient bien, eux qui multiplient les arrêts maladie et les suicides… eux à qui on demande, n’en déplaise au roitelet de balancer des grenades détonantes sur la population, à Paris un gilet jaune a eu les mains arrachées (et Rémi Fraisse est mort). Eux surtout à qui on demande de ne pas intervenir en cas de coup dur comme si on essayait de décrédibiliser le mouvement. Mais le comble là-dedans c’est que les vendeurs de soupe se servent de l’écologie pour nous faire avaler leur mesure, alors qu’en Guyane le projet Montagne d’Or n’étouffe pas des masses les relents pseudo écolos d’un gouvernement de petits bourgeois arrivistes et à dire vrai totalement amateur. C’est pourtant une partie des gilets jaunes qui ont voté pour eux, faut bien, et les autres partis bien sûr puisque ce mouvement est indifférent de toute cette classe de gobergeurs qui roupillent à l’assemblée et fait semblant d’avoir encore du pouvoir face aux ordonnances de sa seigneurie. La preuve, les représentants du mouvement veulent la dissolution de l’assemblée nationale, qu’on vire tous ces foireux et qu’on vote pour ceux qui les représenteront réellement, sans peur de s’opposer au roitelet retranché dans son palais. Qui cesseront de les assommer de taxe pendant que le CAC 40 se fait du bide avec le CICE qui ne rapporte rien mais coûte 40 milliards à un pays endetté à raison de deux mille milliards et dont la fraude fiscale représente pas loin de 100 milliards, sans compter les près de 140 milliards de cotisation non payée par les mêmes entreprises du Medef.

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Mais non nous dit le toto de l’intérieur, tout ça c’est donc de la faute de « séditieux de l’ultra droite » comme si l’ultra droite en France ne représentait autre chose que le trou du cul dont elle est issue.  Mais j’avoue le terme « séditieux » j’avais pas entendu ça depuis… oh une époque où je n’étais même pas né et au fond il va bien à l’ensemble du mouvement. Parce que c’est bien ça, une sédition avec cette France qui se croit en haut alors qu’en réalité est à la ramasse complet de ce que ressent le populo. L’injustice qui lui est faite à longueur de jour, le mépris de classe, l’ignorance et l’arrogance avec laquelle le roitelet se comporte vis-à-vis des riens comme il disait lors d’une de ses nombreuses et irresponsables saillies, lui l’admirateur des milliardaires. Comme si on avait tous vocation à cumuler, comme si même on pouvait. Tout le monde n’est pas un sociopathe comme Arnaud ou Bolloré. Parce que ce ne sont rien d’autres que ces gens-là, des miséreux de l’esprit, des pervers du bénéfice, des obsessionnels de l’accumulation, des tarés du pouvoir et de l’argent. Ils n’ont plus besoin de rien mais ils en veulent encore plus. Pour faire la nique à leur contemporain, pas vous, pas moi, mais les autres zilliardaires de ce pays qui aujourd’hui bouillonne de ressentiment comme un lion de cirque qui en aurait trop pris plein la gueule. Trop de numéro de manège, trop de fausse promesse, trop de paresse à l’assemblée, trop de faveur, de privilège, il parait même que c’est pour ça qu’on a fait 1789, l’abolition des privilèges…. Mais ça c’était avant hein, avant que la bourgeoisie française ne s’empare de la question, avant que Thiers n’avance le suffrage universel comme meilleur moyen de faire taire la foule. Avant que De Gaulle, par soucis d’unité nationale, laisse revenir aux affaires tout un ramassis de bandits. Ramassis de bandits aujourd’hui remplacé par d’autres, sans compétence aucune, la bouche en cœur à lécher à tour de rôle la rondelle de sa majesté. Même Benalla l’a dit, là-haut c’est à qui sera dans les faveurs du nain soleil, Jupiter de foire, champion de la terre de pacotille. En attendant j’attends avec hâte la suite, j’ai déjà les popcorns, pour une fois que ça bouge vraiment dans ce pays, je sens que je vais me régaler. Et je vous laisse avec cette vidéo d’un flic courageux, si jamais t’es dans la police fait tourner.

Macron, le nain-soleil

Phrases creuses, déclaration d’intention tonitruante mais sans conséquence, rappel perpétuelle des « valeurs de la République » comme s’ils doutaient qu’elles existent, Beaumarchais le disait déjà au XVIIIème siècle le politique se défini ainsi : « feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux (….) et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique » . Chirac, qui est un homme hautement cultivé à l’humour assassin, nous avait brassé quelques petites phrases déjà qui dans son cas relevait du cynisme le plus pur. Que ce soit l’abracadabradantesque de Rimbaud à propos de son supposé compte japonais (en réalité une entourloupe des RG) ou les promesses ne valent que pour ceux qui les écoutent qu’aurait pu déclarer un Voltaire et qui illustre bien la carrière du sus nommé Chirac. On sentait chez cet homme que De Gaulle appelait le Grand Con un art non seulement cultivé de la corruption mais surtout de la politique et du pouvoir qu’il a arraché avec les dents. Cet homme sait écrire, ça se sentait dans ses propos, on aurait juste aimé que l’histoire de ce pays retienne mieux son nom que les annales de la l’injustice française. Car rappelons à toute fin qu’en France il y a depuis le dit Beaumarchais, une justice de cour qui libère Christine Lagarde et Jérôme Cahuzac en dépit de leur culpabilité, et une justice pour les gueux qui elle ne montre pas le moindre égard pour nos écarts. Les prisons françaises sont pleines à ras bord et on n’y trouvera pas le moindre député.

C’est après Chirac que le niveau d’exigence a baissé. On a eu d’abord cocaïne avec l’inénarrable Sarkozy, son mauvais goût de parvenu, sa frime perpétuelle, son agressivité de petit garçon incompris. Puis Prozac, bien connu au défunt PS pour son humour et ses petites phrases meurtrières, Hollande le touriste de la République dont on ne retiendra rien sinon qu’il aime les escapades à scooter et les actrices, ce qui ne nous change guère des cocottes du XIXème. Enfin, sur un coup de bol, voilà que débarque un homme sans passé politique, un homme qui trouve que les élections c’est très surfait « être élu est un cursus d’un ancien temps » comme il dit et surtout sans passé sociale. Fils de médecin, né dans un milieu protégé qu’il n’a jamais quitté on sent chez cet homme passé par une éducation catholique un fort désir de monarchie frustré « la France est en deuil d’un roi » qui se traduit fort bien par sa gouvernance à coup d’ordonnance. Mais surtout un patent manque d’assurance dans ses propos qui traduisent eux parfaitement une immaturité de sale gosse de riche « Le kwassa kwassa pêche peu, il amène du comorien » ou la désormais fameuse « Dans les gares, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien ». Un langage qui traduit moins de l’ignorance que du mépris. Un mépris de classe très dans l’esprit de monsieur Thiers puisque c’est le même Macron qui déclarait « les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel ». Comme le suffrage universel a été instauré par des ratés de la révolution la boucle est au moins bouclée et démontre pour l’essentiel que Macron en dépit de ses longues études ne sait pas de quoi il parle, ou bien il le sait parfaitement et ici je vous renvoie à Beaumarchais. Car si l’enrichissement personnel traduisait le règne de Chirac, le mauvais goût et la violence verbale celle de Sarkozy, l’apathie celle de Hollande, c’est le mépris qui définit le mieux le règne actuel.

La jalousie une passion française, vraiment ?

Le mépris est souvent la traduction moins d’un dégoût que d’une peur, de l’ignorance. Le mépris de classe se fonde ainsi sur un certain nombre de croyance commune qu’on rencontre autant chez les prolos que chez les riches. Ainsi à propos des protestations contre la suppression de l’ISF, le seul impôt qui avait jusqu’ici un peu de sens en France, le nain-soleil analysait la question comme suit : « la passion triste de la France, la jalousie ». Mépris renouvelé sur le sujet de la « jalousie » cette sortie sur les premiers de cordées « Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont des talents, je veux qu’on les célèbre […] Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c’est toute la cordée qui dégringole ». Comme si talent et réussite allait forcément de pair et surtout comme si la jalousie était réellement une passion française. C’est un discours récurent dans les quartiers aisés, un fantasme même, tout le monde en veut après leur argent et les envies. Et comment les détromper quand par ailleurs les trois quart des français galèrent pour un salaire décent. Pas une seule seconde ceux pour qui la fortune est l’alpha et l’oméga d’une vie « réussie » il ne vient à l’esprit que vivre dans le XVIème ne constitue en rien une ambition. Qu’une maison avec piscine est certes bien agréable en été mais manger à sa faim tous les jours bien plus profitable. Pas une minute cette classe ne sait détacher le mot bonheur du mot riche. Si on est riche on est forcément heureux, donc jalousé. Affirmation inepte bien entendu, j’ai moi-même vécu dans un milieu aisé sans que jamais le mot bonheur puisse être attaché à ma famille. Mais l’intérêt de ce discours sur la jalousie c’est qu’en réalité il disqualifie par avance toute revendication pour plus de justice sociale. Et ainsi le roitelet de pouvoir déclarer « Certains au lieu de foutre le bordel feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent pas avoir des postes ». Des propos de vieux tenue par un homme dont l’immaturité apparait aussi régulièrement que son mépris, comme ici : « Je ne vais pas interdire Uber et. les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains ». Ainsi dans l’imaginaire sans expérience de ce fils de notable, les pauvres vendent forcément de la drogue pour s’en sortir sans quoi on peut leur proposer des boulots de chien. Pour autant si Sarkozy ne représentait au fond que lui-même, largement détaché des mœurs du monde dans lequel il a évolué, et Hollande à merveille la bourgeoisie du VIème, Macron est une bonne traduction de la bourgeoisie provinciale, confinée, méprisante et vivant dans une peur absurde et constante de la perte de leur privilège. Absurde parce que les français sont tout sauf des révolutionnaires. Au fond c’est même un peuple docile si on tient compte que la révolution n’a jamais été faite que par et pour des bourgeois et qu’ici le peuple a simplement été instrumentalisé. Les grèves me direz-vous, mais les grèves sont l’évidente manifestation de leur conservatisme, ne serait-ce par leur organisation. Par exemple au lieu d’attaquer l’actionnaire au portefeuille en faisant la grève des contrôles ou le billet gratuit, on préfère bloquer les trains avec pour conséquences de jouer le jeu d’un gouvernement qui sans ciller parlera volontiers de prise d’otage (je vous renvoie ici aux déclarations du caniche royal Castaner ou à n’importe quel membre de n’importe quel gouvernement depuis quarante ans). Au reste relever, comme je le fais ici, le florilège de phrases méprisantes ou sans queue ni tête dont nous a abreuvé Macron depuis le début de son règne, ne fait jamais que le jeu d’un pouvoir dont la finalité n’est rien de moins que de brader le pays tout entier au marché.

 

Parler ça occupe.

Car il faut bien en revenir à l’essence même de ce que nous dit Beaumarchais pour comprendre la démarche de ce pouvoir de province, ce Rastignac qui aime les vieilles. Petit homme sans épaule certes mais animal politique pour commencer dont tout le parcours jusqu’à la banque Rothschild nous dessine en réalité une ambition toute calculée d’arriver au pouvoir. Macron est un produit de la French-American fondation, les young leaders, et il est passé par l’Afrique avant la banque, c’est une fabrication et une fabrication dont les petites phrases comme toutes les petites phrases politiques, le small talk comme disent les anglais, ne sont là que pour faire parler comme on parlerait de la pluie et du beau temps. Ce qui compte c’est la rupture complète que lui et ses amis sont en train de faire subir à ce pays avec une violence politique inégalé sous la Vème. Hollande avait baissé son pantalon sur le sujet du secret des affaires mais après tout c’est surtout pour ça qu’il sera connu, qu’il savait parfaitement se déboutonner. Macron qui n’a pas beaucoup plus de caractère en réalité a trouvé la parade. S’appuyer sur des parvenus de la politique, le pseudo mouvement En Marche, et leur corruption pour enrégimenter la France à l’économie de marché à coup d’ordonnance. Hulot dans sa posture favorite de chef de rayon cosmétique a parfaitement tenu son rôle de vendeur de shampoing, du glyphosphate au projet « Montagne d’or » en Guyane, l’entourloupe du green washing a été parfaitement orchestrée. Colomb quittant la gestion de la bourgeoisie lyonnaise pour la poursuite du programme strict du FN, pardon du RN, coupant l’herbe sous le pied à tout le discours frontiste, jusqu’à la baisse de l’AME qui est depuis vingt ans la bête noire de tous les fachos de France et de Navarre. Sans compter les lois sécuritaires dont la dérive fascisante a été dénoncé par l’Europe (un comble !). Sans compter enfin les ordonnances visant à casser le code du travail et le modèle social français. Macron ne s’est jamais gêné de le dire : « Je n’aime pas ce terme de modèle social. » et « Je suis pour une société sans statut ». Et ce pour la simple raison qu’il a été placé à ce poste dans ce seul but, il est en somme à la France ce que Bolloré est à Canal Plus, un liquidateur.

 

La fin des temps

Ne croyez pas que le parallèle soit vain, il est au contraire tout à fait justifié en ceci : 1) le coup d’état de Bolloré au sein de Canal s’est fait notamment en pleine élection, exactement comme Macron a volé l’élection par un merveilleux concours de circonstance 2)Bolloré a utilisé les mêmes méthodes au sein de Canal que Macron en exerce sur la France, tout désorganiser, sous budgétiser les projets puis ensuite déclarer que ça ne marche pas et qu’il faut s’en débarrasser. La réforme hospitalière est aussi criante à ce sujet que la gabegie des Guignols, excepté que si Bolloré n’a pour ambition que de détruire ce qui lui déplait en faisant une plus-value dessus, Macron brade des pans entiers du service publics pendant que la France trinque. Le nombre de mort se multiplie dans les hôpitaux, en psychiatrie on atteint parfois les limites du tolérable, comme cet établissement obligé de faire dormir ses patients par terre, le bilan économique est catastrophique en dépit du fait que le CAC40 s’enrichi à en crever, quand à la question humanitaire avec les réfugiés on a la valeur républicaine à géométrie variable chez les Macron, sauf pour ce qui s’agit de la faïence mais ça, dans la Vème République Bananière de France c’est une constante depuis Pompidou. Macron ne se gêne toujours pas pour se positionner : « les britanniques ont eu de la chance d’avoir Margaret Thatcher ». Or quel a été le rôle de Thatcher auprès de l’hyper capitalisme, déréguler la finance, dynamiter les syndicats, vendre le pays, et sacrifier dans le lot toute l’Angleterre pauvre et notamment la misère écossaise. Résultat la finance est devenu complètement sauvage, la privatisation du rail anglais a été une catastrophe et n’a démontré peu ou prou aucun des résultats escomptés et l’Ecosse réclame aujourd’hui son indépendance au même titre que l’Irlande du Nord, beau bilan… Mais il faut bien retenir qu’en attendant nous vivons tous aujourd’hui dans le monde rêvé de Thatcher et Reagan. Un monde où la finance tient le crachoir au reste de la planète avec les conséquences que nous connaissons tous, chômage de masse, pollution endémique, destruction méthodique de l’état de droit. Or si dans les années 80 on était en droit de penser que Thatcher et Reagan intervenaient dans un contexte socioéconomique particulier, une époque de transition, voir même de basculement si l’on prend en compte la chute du Mur, en 2018 alors que le monde est aux mains de la finance, on peut se demander ce que cette rupture voulue et mise en œuvre aujourd’hui même, va signifier et signifie pour l’avenir. Qu’on le veuille ou non il faut aujourd’hui tenir compte du paradigme environnementale. Si le pouvoir iranien par exemple, pourrait très bien basculer en raison de la sécheresse et de la désertification qui sévit actuellement dans le pays, on peut se demander combien de temps tiendrait le nôtre si demain une de nos innombrables centrales nucléaires connaissaient une crise façon Tchernobyl ou Fukushima. De même la répartition de l’eau en France, bien privé s’il en est, pourrait parfaitement, avec le nouveau découpage régional, diviser le pays en deux, les régions au-dessus de la Loire, contre toutes les autres.

Louis XIV avait vocation de réforme et notamment de tenir sous son contrôle cette même classe dominante dont il se méfiait. Confondant à dessein sa personne avec la nation tout entière, le rayonnement de la cour et à travers elle de sa personne avait pour volonté d’être égal au rayonnement de la France sur le monde. En comparaison Macron n’a ici que l’égo surfait. En fait, je crois et je crains que si on veut comprendre le système de pensée des Bolloré, Macron et autre commis du capital il faut s’en référer à la crise migratoire. Peu à peu l’Europe s’enferme en camp retranché, armant son discours et ses frontières par l’intermédiaire de dictateur comme Erdogan. Ainsi, de la même manière peu à peu la classe dominante créer des murs infranchissables qu’il s’agisse d’éducation, d’agriculture ou d’économie, sachant parfaitement que non seulement il n’y en aura pas pour tout le monde mais surtout que le gâteau diminue d’autant que la population mondiale croit à la même vitesse qu’elle détruit son biotope. Bref que la classe dominante veut retrouver cette séparation, cette béance qui existait au XIXème entre les classes populaires et elle à seule fin de se succéder à elle-même dans un monde qui sombre lentement. J’aimerais me tromper mais à la différence du bon peuple les groupes comme le Bilderberg ou les youngs leaders font des plans sur trente ans, et dans trente ans….