Macron, le nain-soleil

Phrases creuses, déclaration d’intention tonitruante mais sans conséquence, rappel perpétuelle des « valeurs de la République » comme s’ils doutaient qu’elles existent, Beaumarchais le disait déjà au XVIIIème siècle le politique se défini ainsi : « feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux (….) et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique » . Chirac, qui est un homme hautement cultivé à l’humour assassin, nous avait brassé quelques petites phrases déjà qui dans son cas relevait du cynisme le plus pur. Que ce soit l’abracadabradantesque de Rimbaud à propos de son supposé compte japonais (en réalité une entourloupe des RG) ou les promesses ne valent que pour ceux qui les écoutent qu’aurait pu déclarer un Voltaire et qui illustre bien la carrière du sus nommé Chirac. On sentait chez cet homme que De Gaulle appelait le Grand Con un art non seulement cultivé de la corruption mais surtout de la politique et du pouvoir qu’il a arraché avec les dents. Cet homme sait écrire, ça se sentait dans ses propos, on aurait juste aimé que l’histoire de ce pays retienne mieux son nom que les annales de la l’injustice française. Car rappelons à toute fin qu’en France il y a depuis le dit Beaumarchais, une justice de cour qui libère Christine Lagarde et Jérôme Cahuzac en dépit de leur culpabilité, et une justice pour les gueux qui elle ne montre pas le moindre égard pour nos écarts. Les prisons françaises sont pleines à ras bord et on n’y trouvera pas le moindre député.

C’est après Chirac que le niveau d’exigence a baissé. On a eu d’abord cocaïne avec l’inénarrable Sarkozy, son mauvais goût de parvenu, sa frime perpétuelle, son agressivité de petit garçon incompris. Puis Prozac, bien connu au défunt PS pour son humour et ses petites phrases meurtrières, Hollande le touriste de la République dont on ne retiendra rien sinon qu’il aime les escapades à scooter et les actrices, ce qui ne nous change guère des cocottes du XIXème. Enfin, sur un coup de bol, voilà que débarque un homme sans passé politique, un homme qui trouve que les élections c’est très surfait « être élu est un cursus d’un ancien temps » comme il dit et surtout sans passé sociale. Fils de médecin, né dans un milieu protégé qu’il n’a jamais quitté on sent chez cet homme passé par une éducation catholique un fort désir de monarchie frustré « la France est en deuil d’un roi » qui se traduit fort bien par sa gouvernance à coup d’ordonnance. Mais surtout un patent manque d’assurance dans ses propos qui traduisent eux parfaitement une immaturité de sale gosse de riche « Le kwassa kwassa pêche peu, il amène du comorien » ou la désormais fameuse « Dans les gares, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien ». Un langage qui traduit moins de l’ignorance que du mépris. Un mépris de classe très dans l’esprit de monsieur Thiers puisque c’est le même Macron qui déclarait « les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel ». Comme le suffrage universel a été instauré par des ratés de la révolution la boucle est au moins bouclée et démontre pour l’essentiel que Macron en dépit de ses longues études ne sait pas de quoi il parle, ou bien il le sait parfaitement et ici je vous renvoie à Beaumarchais. Car si l’enrichissement personnel traduisait le règne de Chirac, le mauvais goût et la violence verbale celle de Sarkozy, l’apathie celle de Hollande, c’est le mépris qui définit le mieux le règne actuel.

La jalousie une passion française, vraiment ?

Le mépris est souvent la traduction moins d’un dégoût que d’une peur, de l’ignorance. Le mépris de classe se fonde ainsi sur un certain nombre de croyance commune qu’on rencontre autant chez les prolos que chez les riches. Ainsi à propos des protestations contre la suppression de l’ISF, le seul impôt qui avait jusqu’ici un peu de sens en France, le nain-soleil analysait la question comme suit : « la passion triste de la France, la jalousie ». Mépris renouvelé sur le sujet de la « jalousie » cette sortie sur les premiers de cordées « Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont des talents, je veux qu’on les célèbre […] Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c’est toute la cordée qui dégringole ». Comme si talent et réussite allait forcément de pair et surtout comme si la jalousie était réellement une passion française. C’est un discours récurent dans les quartiers aisés, un fantasme même, tout le monde en veut après leur argent et les envies. Et comment les détromper quand par ailleurs les trois quart des français galèrent pour un salaire décent. Pas une seule seconde ceux pour qui la fortune est l’alpha et l’oméga d’une vie « réussie » il ne vient à l’esprit que vivre dans le XVIème ne constitue en rien une ambition. Qu’une maison avec piscine est certes bien agréable en été mais manger à sa faim tous les jours bien plus profitable. Pas une minute cette classe ne sait détacher le mot bonheur du mot riche. Si on est riche on est forcément heureux, donc jalousé. Affirmation inepte bien entendu, j’ai moi-même vécu dans un milieu aisé sans que jamais le mot bonheur puisse être attaché à ma famille. Mais l’intérêt de ce discours sur la jalousie c’est qu’en réalité il disqualifie par avance toute revendication pour plus de justice sociale. Et ainsi le roitelet de pouvoir déclarer « Certains au lieu de foutre le bordel feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent pas avoir des postes ». Des propos de vieux tenue par un homme dont l’immaturité apparait aussi régulièrement que son mépris, comme ici : « Je ne vais pas interdire Uber et. les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains ». Ainsi dans l’imaginaire sans expérience de ce fils de notable, les pauvres vendent forcément de la drogue pour s’en sortir sans quoi on peut leur proposer des boulots de chien. Pour autant si Sarkozy ne représentait au fond que lui-même, largement détaché des mœurs du monde dans lequel il a évolué, et Hollande à merveille la bourgeoisie du VIème, Macron est une bonne traduction de la bourgeoisie provinciale, confinée, méprisante et vivant dans une peur absurde et constante de la perte de leur privilège. Absurde parce que les français sont tout sauf des révolutionnaires. Au fond c’est même un peuple docile si on tient compte que la révolution n’a jamais été faite que par et pour des bourgeois et qu’ici le peuple a simplement été instrumentalisé. Les grèves me direz-vous, mais les grèves sont l’évidente manifestation de leur conservatisme, ne serait-ce par leur organisation. Par exemple au lieu d’attaquer l’actionnaire au portefeuille en faisant la grève des contrôles ou le billet gratuit, on préfère bloquer les trains avec pour conséquences de jouer le jeu d’un gouvernement qui sans ciller parlera volontiers de prise d’otage (je vous renvoie ici aux déclarations du caniche royal Castaner ou à n’importe quel membre de n’importe quel gouvernement depuis quarante ans). Au reste relever, comme je le fais ici, le florilège de phrases méprisantes ou sans queue ni tête dont nous a abreuvé Macron depuis le début de son règne, ne fait jamais que le jeu d’un pouvoir dont la finalité n’est rien de moins que de brader le pays tout entier au marché.

 

Parler ça occupe.

Car il faut bien en revenir à l’essence même de ce que nous dit Beaumarchais pour comprendre la démarche de ce pouvoir de province, ce Rastignac qui aime les vieilles. Petit homme sans épaule certes mais animal politique pour commencer dont tout le parcours jusqu’à la banque Rothschild nous dessine en réalité une ambition toute calculée d’arriver au pouvoir. Macron est un produit de la French-American fondation, les young leaders, et il est passé par l’Afrique avant la banque, c’est une fabrication et une fabrication dont les petites phrases comme toutes les petites phrases politiques, le small talk comme disent les anglais, ne sont là que pour faire parler comme on parlerait de la pluie et du beau temps. Ce qui compte c’est la rupture complète que lui et ses amis sont en train de faire subir à ce pays avec une violence politique inégalé sous la Vème. Hollande avait baissé son pantalon sur le sujet du secret des affaires mais après tout c’est surtout pour ça qu’il sera connu, qu’il savait parfaitement se déboutonner. Macron qui n’a pas beaucoup plus de caractère en réalité a trouvé la parade. S’appuyer sur des parvenus de la politique, le pseudo mouvement En Marche, et leur corruption pour enrégimenter la France à l’économie de marché à coup d’ordonnance. Hulot dans sa posture favorite de chef de rayon cosmétique a parfaitement tenu son rôle de vendeur de shampoing, du glyphosphate au projet « Montagne d’or » en Guyane, l’entourloupe du green washing a été parfaitement orchestrée. Colomb quittant la gestion de la bourgeoisie lyonnaise pour la poursuite du programme strict du FN, pardon du RN, coupant l’herbe sous le pied à tout le discours frontiste, jusqu’à la baisse de l’AME qui est depuis vingt ans la bête noire de tous les fachos de France et de Navarre. Sans compter les lois sécuritaires dont la dérive fascisante a été dénoncé par l’Europe (un comble !). Sans compter enfin les ordonnances visant à casser le code du travail et le modèle social français. Macron ne s’est jamais gêné de le dire : « Je n’aime pas ce terme de modèle social. » et « Je suis pour une société sans statut ». Et ce pour la simple raison qu’il a été placé à ce poste dans ce seul but, il est en somme à la France ce que Bolloré est à Canal Plus, un liquidateur.

 

La fin des temps

Ne croyez pas que le parallèle soit vain, il est au contraire tout à fait justifié en ceci : 1) le coup d’état de Bolloré au sein de Canal s’est fait notamment en pleine élection, exactement comme Macron a volé l’élection par un merveilleux concours de circonstance 2)Bolloré a utilisé les mêmes méthodes au sein de Canal que Macron en exerce sur la France, tout désorganiser, sous budgétiser les projets puis ensuite déclarer que ça ne marche pas et qu’il faut s’en débarrasser. La réforme hospitalière est aussi criante à ce sujet que la gabegie des Guignols, excepté que si Bolloré n’a pour ambition que de détruire ce qui lui déplait en faisant une plus-value dessus, Macron brade des pans entiers du service publics pendant que la France trinque. Le nombre de mort se multiplie dans les hôpitaux, en psychiatrie on atteint parfois les limites du tolérable, comme cet établissement obligé de faire dormir ses patients par terre, le bilan économique est catastrophique en dépit du fait que le CAC40 s’enrichi à en crever, quand à la question humanitaire avec les réfugiés on a la valeur républicaine à géométrie variable chez les Macron, sauf pour ce qui s’agit de la faïence mais ça, dans la Vème République Bananière de France c’est une constante depuis Pompidou. Macron ne se gêne toujours pas pour se positionner : « les britanniques ont eu de la chance d’avoir Margaret Thatcher ». Or quel a été le rôle de Thatcher auprès de l’hyper capitalisme, déréguler la finance, dynamiter les syndicats, vendre le pays, et sacrifier dans le lot toute l’Angleterre pauvre et notamment la misère écossaise. Résultat la finance est devenu complètement sauvage, la privatisation du rail anglais a été une catastrophe et n’a démontré peu ou prou aucun des résultats escomptés et l’Ecosse réclame aujourd’hui son indépendance au même titre que l’Irlande du Nord, beau bilan… Mais il faut bien retenir qu’en attendant nous vivons tous aujourd’hui dans le monde rêvé de Thatcher et Reagan. Un monde où la finance tient le crachoir au reste de la planète avec les conséquences que nous connaissons tous, chômage de masse, pollution endémique, destruction méthodique de l’état de droit. Or si dans les années 80 on était en droit de penser que Thatcher et Reagan intervenaient dans un contexte socioéconomique particulier, une époque de transition, voir même de basculement si l’on prend en compte la chute du Mur, en 2018 alors que le monde est aux mains de la finance, on peut se demander ce que cette rupture voulue et mise en œuvre aujourd’hui même, va signifier et signifie pour l’avenir. Qu’on le veuille ou non il faut aujourd’hui tenir compte du paradigme environnementale. Si le pouvoir iranien par exemple, pourrait très bien basculer en raison de la sécheresse et de la désertification qui sévit actuellement dans le pays, on peut se demander combien de temps tiendrait le nôtre si demain une de nos innombrables centrales nucléaires connaissaient une crise façon Tchernobyl ou Fukushima. De même la répartition de l’eau en France, bien privé s’il en est, pourrait parfaitement, avec le nouveau découpage régional, diviser le pays en deux, les régions au-dessus de la Loire, contre toutes les autres.

Louis XIV avait vocation de réforme et notamment de tenir sous son contrôle cette même classe dominante dont il se méfiait. Confondant à dessein sa personne avec la nation tout entière, le rayonnement de la cour et à travers elle de sa personne avait pour volonté d’être égal au rayonnement de la France sur le monde. En comparaison Macron n’a ici que l’égo surfait. En fait, je crois et je crains que si on veut comprendre le système de pensée des Bolloré, Macron et autre commis du capital il faut s’en référer à la crise migratoire. Peu à peu l’Europe s’enferme en camp retranché, armant son discours et ses frontières par l’intermédiaire de dictateur comme Erdogan. Ainsi, de la même manière peu à peu la classe dominante créer des murs infranchissables qu’il s’agisse d’éducation, d’agriculture ou d’économie, sachant parfaitement que non seulement il n’y en aura pas pour tout le monde mais surtout que le gâteau diminue d’autant que la population mondiale croit à la même vitesse qu’elle détruit son biotope. Bref que la classe dominante veut retrouver cette séparation, cette béance qui existait au XIXème entre les classes populaires et elle à seule fin de se succéder à elle-même dans un monde qui sombre lentement. J’aimerais me tromper mais à la différence du bon peuple les groupes comme le Bilderberg ou les youngs leaders font des plans sur trente ans, et dans trente ans….

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Emmanuel Macron ou le pouvoir absolu

Notre roitelet nationale, l’homme qui un jour déclarait être socialiste, un autre trouver du charme à la monarchie et encore un autre affirmait qu’il n’était pas socialiste (c’est un fait il est juste opportuniste) a décidé de se lancer dans la chasse aux fake news. Littéralement des fausses nouvelles ou des nouvelles fabriquées de sorte que les gens les prennent pour vrai. Si j’étais amateur de conspiration je dirais que c’est la seconde phase du plan du Council on Foreign Relation et des Young Leaders. Après la déception, terme d’espionnage qui signifie tromper l’adversaire en lui fournissant de fausses et de vraies informations de sorte qu’il ne puisse plus les distinguer, on nous propose la Vérité Officielle sous forme de « lutte » avec moyen d’état à la clef et naturellement quelques fermetures de site quand ça sera nécessaire. Egalité et Réconciliation, le site du mythomane Alain Soral a du souci à se faire et notre roitelet réussira peut-être là où le pathétique Valls s’est vautré. On a les brebis sacrificielles qu’on mérite n’est-ce pas. La démarche n’est pas en soit bien nouvelle en France. Depuis le 11 septembre par exemple, il est commun dans les médias de se moquer ou d’accuser toute personne remettant en question la vérité officielle et pourtant discutée par le renseignement lui-même.  Or comme le fait justement remarquer Frédéric Lordo, discuter de la vérité c’est être en délicatesse avec elle. Et d’ailleurs la vérité c’est quoi exactement ? C’est une question philosophique, pas une affaire politique. En politique il n’y a pas de vérité il n’y a que des faits réels ou inventés qu’on arrange en fonction de ses besoins et ça a un nom : la propagande. En histoire non plus il n’y a pas de vérité, il n’y a que des recherches de vérités et comme en réalité la vérité n’est qu’une affaire d’interprétation la recherche n’est jamais finie. Par exemple, l’incident du Tonkin. Officiellement c’est une provocation nord vietnamienne à l’encontre des Etats-Unis. Pour les conspirationnistes c’est un false flag, un incident créée de toute pièce pour provoquer la guerre, un peu comme l’anthrax à l’ONU quoi… Pour les historiens ce n’est qu’un incident parmi tout ceux qu’avaient déjà provoqué les américains dans le golfe. Et je n’aborde même pas la question de la vérité du point de vue strictement neurologique parce que là on est mal et on peut en rester au Cogito, je pense donc je suis, qui sera à peu près la seule vérité plus ou moins tangible que voudra bien nous accorder la neurologie. Même s’il est vrai qu’à une époque de réalité virtuelle et de réalité augmentée, d’Oculus et de lentilles connectées, où les zombies ne mangent plus de cerveaux sauf le leur en passant leur existence devant des écrans, il était bien temps de s’inquiéter de distinguer le vrai du faux. Or un régime qui commence à vouloir distinguer la vérité officielle en prétendant lutter contre le mensonge on connait déjà ça, ça s’appelle l’Union Soviétique, le Cambodge de Pol Pot, le IIIème Reich ou la Chine moderne. Des régimes où on va en prison si on ne dit pas exactement comme le parti l’entend. Heureusement les français sont déjà soumis, personne n’ira en prison, on se contentera de râler mollement en faisant des vannes vaseuses sur twitter. Soit politiquement en gros ce qu’a fait Ruffin avec son maillot de foot

Assemblée de papier et opposition de pacotille

J’aime beaucoup François Ruffin, notamment parce qu’il est resté humain. Il y a chez lui un mélange de naïveté et de volonté inébranlable qui retient de l’enfance. C’est unique en politique, tellement que j’ai même du mal à le voir comme un député français. Non pas qu’il ne remplit pas son rôle, il se distingue même dans l’exercice mais qu’il ne colle à aucun des critères habituellement empruntés par les parlementaires. Il n’est pas dans l’image et pourtant il s’en sert là où ils prétendent ne jamais l’être alors qu’ils ne sont que ça, figures, symboles, images mais très certainement pas représentants du peuple. Récemment Ruffin s’est présenté à l’assemblée avec le maillot d’une petite équipe de foot local. Sa démarche s’inscrivait dans la logique d’un projet de loi proposé par un de ses collègues de « l’opposition » qui comptait taxer les transferts dans les grosses équipes afin d’aider les petits clubs que Ruffin se faisait fort de représenter comme c’est son rôle. Sa démarche pour spectaculaire fut-elle, lui a valu un blâme assorti d’une amende de la part du conseil de discipline de monsieur le proviseur François de Rugy. Or si bien entendu la France des plus de soixante ans s’est ému de la démarche du député de la France Insoumise, à l’assemblée l’émotion ne tenait en réalité qu’à une seule chose : l’apparat, la représentation figurée. Et un député de lui reprocher non pas la démarche ou le projet de loi avec lequel lui-même était d’accord mais de retirer le peu de prestige qui leur reste, le seul pouvoir qu’ils ont en réalité, le pouvoir du verni. Car Ruffin le souligne, il ne reste plus que ça à l’assemblée, se disputer sur des affaires vestimentaires, avec ou sans cravate, avec ou sans maillot, devant un gouvernement qui dirige à coup d’ordonnances. En réalité Emmanuel Macron a débarrassé l’assemblée du moindre pouvoir, poussant la logique monarchique de la Vème jusque dans ses retranchements. Le tout pour une politique que l’on nous vend comme novatrice alors qu’économiquement, elle ne fait 1) que suivre la ligne ordonnée non pas par Bruxelles mais Bonn 2) répéter ce que depuis 30 ans on applique sans le moindre succès même d’estime. Qu’en terme sociale c’est une régression complète qui nous ramène aux heures sombres de l’histoire et non pas celle de Vichy mais celle des années 1900, et ce pour la bonne et simple raison qu’après avoir fait disparaitre le paysan, le capitalisme compte se débarrasser de vous, des gens qui travaillent, tous, avec revenu universel à la clef pour vous faire passer la pilule. Il ne restera plus après ça qu’à mettre en place un système de citoyen à point comme c’est en cours en Chine, où les moins méritants seront peu à peu exclus, le tout à base de réseau sociaux et de like. De jeux et de challenge Le IVème Reich qui, je ne cesse de le répéter, est actuellement en marche devant vos yeux passifs.

Enfin sur le mode répressif nous sommes désormais dans la délation institutionnalisée, mieux, ordonnée, aux associations, aux hôpitaux psychiatriques, toujours plus de sécuritaire, d’expulsion, pour une insécurité essentiellement imaginaire qu’on veillera toute fois à garder dans l’esprit de chacun comme une réalité mécanique. Et tant pis si on se tue vingt fois moins aujourd’hui que dans les années 80 par exemple. Aujourd’hui dans les faits un ministre de l’intérieur a le pouvoir d’assigner à résidence qui bon lui semblera, autant qu’un préfet peut décider de limiter la circulation des personnes pour une zone dites à risque, comme c’est indiqué en toute lettre dans le projet de loi 2017 sur le renforcement de la sécurité intérieure. Ajoutons à ça les policiers municipaux armés, alors qu’ils s’entrainent généralement peu au tir, et même dans l’Oise, une milice de chasseur comme supplétif à la gendarmerie ! Ce n’est plus la tentation du pouvoir absolu, c’est le pouvoir absolu. Et face à ça, dans ce pays qui ne cesse de vanter la démocratie, qui prétend critiquer les systèmes à parti unique, ou mieux qui accuse un Poutine d’être un dictateur au fait qu’il passe quatre heures avec un collège de journalistes internationaux pour expliquer sa politique, notre roitelet se fait sucer devant des millions de spectateurs par un animateur aux ordres. Et j’insiste, on parle bien d’animateur de soirée et en aucun cas de journaliste. En réalité avec le hold-up réalisé par en Marche en récupérant des girouettes de tous les bords, il n’y a plus qu’une opposition sans pouvoir, sans représentativité suffisamment « rassurante » pour l’électeur lambda, sans même le moindre impact et d’autant moins quand un parti comme le FN en vient à approuver les mesures d’un gouvernement en matière d’immigration. Un comble quand même quand pendant un mois on nous a refait le coup du « moi ou le fascisme. » alors que le fascisme c’est Emmanuel Macron. Mais un fascisme consensuel, propre, un fascisme fils de bonne famille, acceptable. Et comme dans tous les régimes fascistes ce sont les valeurs de jeunesse, d’énergie, d’innovation permanente, voir les qualités extra humaine qui sont mis en avant par les médias avec une débauche totalement inédite de flagornerie hystérique.

Le Phare de la pensée des Grands Timonier Que le Monde Entier Nous Envie

Depuis presque cinquante ans que j’observe la vie politique française je n’avais jamais vu une telle orgie de superlatifs et de flatteries de la part d’une presse quasi nationalement aux mains d’un des amis du roitelet, à savoir notre deep state à nous, les milliardaires qui gouvernent en réalité ce pays. Ainsi Libération, à propos de la volonté de Narcisse 1er de lutter contre la pornographie, appelait l’intéressé « le père de la nation ». Dans l’émission Info Verité (ça s’invente pas) l’animateur prétendait que Macron signifiait en chinois Cheval qui dompte le dragon. Plus c’est gros plus ça passe comme le faisait remarquer Goebbels en son temps. Et quand un seul journal ose relever tous les travers de ce parti unique et dévoyé, le Canard Enchainé, une ministre de s’empresser d’accuser le Canard de toucher de l’argent de l’état… ce qui n’a jamais été le cas et tant pis si c’est répandre une fausse nouvelle à seul fin de nuire. Dans l’absolu c’est punissable par la loi, puisque il existe déjà une loi contre les « fake news » ça se plaide généralement en diffamation, sans quoi c’est juste un canular. D’ailleurs il est totalement hors de question que les médias sortent de leur rôle de brosse à reluire présidentielle. Et Catherine Nayl formatée TF1 d’être propulsée directrice de l’information à France Inter, tandis que Jean-Michel Apathie qui est au cirage de pompe ce que le rhum est au baba, vante cinq minutes avant l’allocution du roitelet son contenu novateur. Un festival de carpette, le Diner du Siècle comme si on y était… Et puisqu’il s’agit de museler et de censurer à l’image d’un Giscard dont Macron s’inspire notablement en terme d’image et de style, de s’en prendre à la télévision publique et indirectement à Elise Lucet, priée de revoir ses ambitions à la baisse coupe budgétaire oblige. On est en effet dans cette vieille méthode décrite par Chomsky et qui consiste à sucrer les budgets de sorte que le public se dise que le service fonctionne mal, qu’il trouve normal qu’on le supprime purement et simplement, ce qui arrivera tôt ou tard au groupe France Télévision comme à la santé, la sécurité sociale, la justice et tout ce qui globalement retient du domaine du contrat social. Bien entendu dans ce cadre de soumission joyeuse dans laquelle se complet ce pays, personne ne parle tyrannie. La tyrannie c’est ailleurs, en Arabie Saoudite, chez Poutine n’importe où mais pas ici le fameux « pays des droits de l’homme » selon l’expression consacrée et pour tout dire méchamment compassée. Au mieux on s’accrochera sur des mots, les expressions vieillottes de celui qu’on nous vend comme moderne, sur ses constantes démonstrations de mépris de classe qui contre tels ouvriers illettrés selon lui, donc inaudibles, qui envers les comoriens, ces petits salopiots qui viennent se noyer au large de Mayotte, qui contre tous ceux qui ne « réussissent » pas pour autant que ce mot ait un sens. Ces cibles sont choisi, qualifiés, si on est pas avec lui on est contre lui, un cynique, un rien, avec en fond toujours ce même vieux discours pourri sur la valeur travail.

On ferait mieux de relire Beaumarchais et on comprendrait que tout ça n’est rien que du bruit, du vent offert aux foules pour qu’elles en fassent polémiques et disputations stériles. Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage, répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets, intercepter des lettres, et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique, nous dit l’auteur du Mariage de Figaro ; Vous ne trouvez pas que c’est un portrait fidèle du falot personnage qui préside pour les milliardaires de ce pays ? Ne nous trompons pas, Emmanuel Macron est un animal politique de premier ordre, il a mené sa barque en douce, profité du délitement naturel des partis traditionnels, laissé Valls s’enfoncer dans son imitation de Sarkozy tandis que l’homme qui n’était jamais là, Normal 1er, disparaissait lentement dans le brouillard de son insignifiance. L’obstination stupide et suicidaire de Fillon ne pouvait que lui servir sachant qu’un pays aussi conservateur que la France n’accorderait jamais ni ses voix au vieux stalinien Mélenchon ni à celle de la grande bourgeoise du peuple, même en essayant de se prendre pour De Gaulle in vagina. La porte était entre ouverte, il a foncé et le voilà sur son trône, contant de lui, absolument persuadé de son destin. A tel point qu’il ne s’adresse plus aux français en homme politique classique, il ne parle plus de sa politique, vu qu’il n’en n’a jamais eu seulement une « vision », non il nous enjoint à Noël à oublier tous nos malheurs et ne jamais oublier que nous sommes « la nation française » puis pour ses vœux à nous demander ce que nous faisons pour le pays comme un Kennedy de pacotille. Ou plutôt comme un Louis XIV nain, lui qui veut remettre les chasses présidentielles en route et a fait dire par son caniche Hulot qu’on n’interdirait pas la chasse à courre dans notre monarchique pays. On pourrait presque en rire. Son narcissisme est tellement criant, son absolu certitude qu’il est « élu » au-dessus du lot et qu’il ne lui manque plus qu’une couronne pour en faire un être complet est si criant au détour de ses déclarations qu’on en viendrait presque à le plaindre d’être obligé par la feuille de route des Young Leaders, à savoir détruire ce qui reste de ce pays, au lieu de se faire couronner à Saint Denis. Si le futur qui se profile sous sa tyrannie ne se résumait pas finalement à cette interview qu’il a accordé à un des employés de son bailleur et patron, Bolloré, en la personne du sinistre Cyril Hanouna. Dix minutes de néant offert au milieu d’une émission où règnent la bêtise et la violence. Ou quand la France passe de démocratie à idiocratie. Comme dirait notre nain-soleil : saperlipopette que de galimatias en perspective !

Apartheid français

Ce pays vit à deux vitesses, on le sait tous, et particulièrement depuis qu’un merdeux narcissique a volé démocratiquement le pouvoir au nom des gens de sa caste, respectant scrupuleusement l’esprit très XIXème du patronat français. Une justice à deux vitesses également. Une justice  des pauvres qui enferme à tour de bras (toutes les prisons françaises et les centres pour jeunes délinquants sont pleins à ras bord) dans un pays où on trouve légal et décent d’enfermer un gosse de treize ans. Et une justice des riches qui relaxe des délinquants jugés coupables, comme le sait si bien la très puissante et protégée Christine Lagarde. Au pays de l’abolition des privilèges ceux-ci ne se sont jamais si bien porté. Les français le savent, ils râlent, pleurnichent, en parlent… Ils sont très doués pour bavarder dans le vide et défiler sous des pancartes mais au fond ils s’en accommodent n’ayant visiblement jamais digéré d’avoir raccourci leur monarque. Ils sont en effet soumis au régime d’une constitution monarchique que s’était taillé sur mesure un homme qui se prenait pour Louis XIV, mais au moins il en avait la dimension puisqu’ils ont cessé d’avoir des chefs d’état à partir de Mitterrand. Pour les troquer par de médiocres affairistes plus préoccupés par leur enrichissement personnel et leur image dans la glace que par le destin de ce pays. Mais il faut reconnaitre que les français vivent dans une bulle.

Quand je dis les français, je parle des gens comme moi, bien que je ne le sois que sur papier. Des français blancs, nés dans une république qu’ils croient bienveillante, le plus souvent citadins, qui ne voient une vache que quand ils font l’effort de sortir de leurs murs et le plus souvent pour expliquer à l’autochtone que le coq ne doit pas chanter pendant leurs vacances. Ils vivent dans leurs villes séparés mentalement et physiquement d’une autre classe de citoyen, une sorte de sous prolétariat qui n’en n’est pas vraiment un mais qui est vécu et employé comme tel. Ces français-là, ce sous prolétariat fait la fortune de la police, le bonheur de la justice, et les réactionnaires leur doivent leur carrière. On pourrait en effet se demander où en serait Zemmour et De La Villiardière, le groupe Bouygues avec TF1, sans la jeunesse des quartiers. Sans compter tous les hommes politiques bien entendu qui ont prospéré sur « l’insécurité » en pointant d’abord du doigt les immigrés dans leur ensemble, la jeunesse des quartiers, puis les musulmans, le tout désormais assimilés à des terroristes potentiels ou avérés, le célèbre « ennemi de l’intérieur ».

Je me faisais cette réflexion ce soir en me promenant dans mon quartier. Samedi soir à Lyon, une ville étudiante, c’est deux jeunesses qui ne se croisent quasiment jamais qui s’amuse. Une en terrasse dans les étages, saoule, qui parle fort et sans prudence, probablement occupée à fumer le shit que leur ont vendu la jeunesse d’en bas, exclu de leur jeu, de leur confort, de leur avenir, de leur pays. Ceux-là, la « fête » ils la font tous les soirs ou presque, dans la rue, et toujours aux mêmes endroits. Ils vendent la matière première des fêtes des étages au-dessus, s’achètent kebab et pizza, boissons gazeuses et parfois du whisky ou de la vodka de marque. Ils adorent les marques, en porter et dépenser des fortunes pour un blouson ou un jean, ils font donc également le bonheur des milliardaires qui tiennent ce pays en coupe réglée. C’est à peu près leur quotidien. Discuter avec les potes, fumer, vendre, se saouler, jouer au foot et draguer. Ils vont faire ça également dans la journée éventuellement mais pas dans mon quartier. Dans mon quartier ils s’envisagent encore plus ou moins un avenir, ils ont parfois le bac, des parents mais pas tous, et vivent, ou du moins essayent de vivre légalement des seuls jobs que l’autre France ne leur proposera jamais, intérimaire, généralement pour la manutention, déchargement des quais, les préparations en magasin ou en entreprise. Rien d’autres. Bien entendu certain ont des casiers et tous, absolument tous sont à la merci constante de la police qui ne manque jamais de leur rappeler qu’ils ne sont pas des citoyens à part entière, la preuve ils n’ont pas la même couleur de peau. Pas de misérabilisme ici, c’est un fait, ces français-là n’ont aucun avenir. Pas plus qu’en n’ont les gamins des zones rurales qui font très exactement la même chose qu’eux, galérer pour trouver un petit boulot et se défoncer le soir, tous les soirs. Une jeunesse qui s’ennuie, et, dans le cas de mes citadins, dont la seule perspective d’emploi stable est d’aller à Marseille, se faire embaucher à la journée comme dealer dans un quartier. Voilà leur avenir, voilà comment la France les envisage, manutentionnaire-vendeur de shit et rien d’autre. Ils achètent un 25 à 80 euros. Se font cent, deux cent euros de bénéfices, ils ne sont que distributeur, le plus gros de l’argent va au grossiste et au semi grossiste. A Marseille on leur fixe des objectifs, mille euros de défonce, mille euros de bénéfice et tu touches cinq cent, mille deux, pour une journée ou deux de travail. Bien entendu c’est à risque. Le monde de la délinquance est un monde où tout le monde essaye de baiser son prochain. On se fait avoir sur la quantité et nous voilà en dette, on peut se retrouver au milieu d’une fusillade, à Marseille c’est sans limite. Et si je le sais c’est parce que je les ai écouté en parler de la même manière qu’ils parleraient d’aller se faire embaucher sur un chantier ou dans un supermarché.

C’est d’ailleurs l’extraordinaire paradoxe de ce pays fort d’une classe dirigeante corrompue, sa prohibition sur les drogues, mis en place depuis 47 ans, ne fonctionne pas et n’a jamais fonctionné. 47 ans d’une loi d’exception qui n’a strictement servi à rien de plus qu’à trouver un prétexte pour enfermer la jeunesse de ce pays et plus particulièrement la jeunesse du sous prolétariat des villes et des champs. Et de ce point de vue-là, la justice française est en pleine forme puisqu’on arrête et on enferme en masse aussi bien petit dealer que consommateur, les chiffres de la justice le démontrent.  Le plus cocasse là-dedans étant que naturellement non seulement la France est la plus grosse consommatrice d’anxiolytique d’Europe mais également de cannabis, la drogue qui rend fou. Je ne vais pas, à l’instar de la classe politique, revenir sur ce serpent de mer français, je sais parfaitement que de ce point de vue, il n’y a plus que la classe politique et la bourgeoisie qui tient ce pays pour s’intéresser à la question de la prohibition. On fait donc à la française, en douce, tout le monde, flic y comprit, et on laisse la mafia corso marseillaise s’enrichir avec l’aval des gouvernements qui se succèdent. Plus personne n’est dupe en réalité. On habille le débats moral avec l’argument sanitaire, on agite la menace d’une maladie mentale rare (oui la schizophrénie est une pathologie rare) et on permet au roi du Maroc et à d’autres de toucher leur dime sur l’or vert du Rif et de se la dorer à Marbella. On permet dans la foulée que des produits frelatés, du shit « Harry Potter » comme disent mes dealers en rigolant, de tomber entre les mains des gamins avec les risques sanitaires et psychiatriques afférant. Je rappelle tout de même qu’aujourd’hui le premier pétard c’est à partir de 12 ans…

Mais revenons à cette sous classe de la société française. Donc pas la jeunesse protégée et blanche des villes mais celle qui subit l’apartheid à la française. Celui qu’on ne nomme pas, pire sur lequel des petits ambitieux comme Valls ont essayé de se faire du beurre. Lui aussi a dénoncé l’apartheid qui sévit dans ce pays, il essayait de se faire bien voir, la France blanche, celle qui a aboli les privilèges de l’aristocratie pour se les arroger, la bourgeoise, s’est emporté. L’apartheid ça n’existe pas en France, tout le monde a ses chances. Excepté pour trouver un appartement, un travail, poursuivre des études dans des conditions descentes, pour ne pas se faire harceler par la police, mais c’est interdit de le dire. C’est interdit parce que non seulement la France n’a jamais supporté la perte de son empire, ni plus que des gens pas de chez nous osent revendiquer leur droit dans un pays qu’ils ont construit et qu’ils enrichissent, clandestins y compris. Oui, même sans papier si on est embauché on cotise. Mais pour un Zemmour « on ne vit plus comme des français » c’est-à-dire comme dans les années 50 quand le bicot ne la ramenait pas. On est obligé de faire avec… et pour ces français là il est bien plus supportable de se faire rouler dans la farine continuellement par leur gouvernement que l’idée qu’un jeune des quartiers ait les mêmes droits qu’eux, ce qu’ils n’ont en réalité qu’en théorie. D’ailleurs c’est amusant de voir comment le racisme des réactionnaires se focalise sur cet apartheid là, mais pas une seconde sur celle qui touche les gamins des campagnes. Parce qu’en réalité ce pays a étendu son sectarisme autant aux gamins des quartiers qu’à ceux des champs au point où on ne parlera jamais d’eux.  Ce pays n’aime sa jeunesse que lorsqu’elle pense comme un vieux, veut devenir médecin ou avocat ou quand il s’agit de les enrôler dans une armée qui ne sait en réalité pas quoi faire d’eux. Car notre jouvenceau narcissique qui a des idées de vieux veut remettre le service militaire obligatoire, et 74% des français seraient d’accord, selon les sondages… A croire que ce pays adore les uniformes, avec un flic pour 265 habitants la France est bien le pays le plus fliqué d’Europe. Personnellement j’ai fait mon service, j’en parle , et à part se biturer, fumer du shit, ce qu’ils savent déjà parfaitement faire, et servir de petite main corvéable à souhait pour les professionnels je n’ai jamais vu l’intérêt de ce service. Mais la France puise ses idées dans les années 50 et 60, c’est la nostalgie d’un pays de vieux qui refuse d’évoluer.

L’apartheid français est à l’image de sa mentalité, on n’en parle pas, on a interdiction d’en parler, elle n’existe nulle part dans le cadre de la loi et partout dans le cadre du quotidien. Il est interdit de dire que la jeunesse hors des villes n’a pas la moindre chance de trouver autre chose qu’un petit boulot, si elle en trouve, que rien n’est prévu pour eux, ni structure ni encadrement. Tandis qu’apeuré, ce même pays offrira des bibliothèques et des centres sportifs dans les quartiers en espérant que ça les endorme. Créant de fait une différenciation entre deux sous classes de la jeunesse. On ne s’étonne dès lors guère du succès de la ploutocratie Le Pen dans les zones rurales et auprès des jeunes. Diviser pour mieux régner sur un asile de vieux est le crédo de tout bon politicien français. Comme il est interdit de dire qu’en s’appelant Mohammed ou Ada on aura toutes les peines du monde à se faire embaucher, et aucune si on ajoute qu’on vient d’un quartier « à problème » et encore moins de pouvoir louer un logement ailleurs que dans le dit quartier. Et parfaitement illusoire de se dire qu’on passera la journée sans se faire contrôler au moins une fois si on a l’imprudence de trainer dans les quartiers des français blancs. La France continue de croire à sa mythologie de l’égalité pour tous, dans un même pays où les représentants de la nation, les députés, viennent quasiment tous de la classe dominante avec une majorité de quadra et plus, beaucoup plus, comme c’est le cas au sénat, notre asile de vieux de luxe à nous. C’est interdit parce que ce pays déteste se remettre en question. Déteste l’idée qu’il n’est plus qu’un reflet peu reluisant d’une gloire passée.

Se remettre en question ça serait en effet admettre le grand mensonge de la libération avec sa résistance de la dernière heure qu’on a voulu faire passer pour une résistance de la première. Avec son patronat unilatéralement collaborateur et son antisémitisme qui a permis l’arrivée au pouvoir d’un vieillard narcissique. Ca serait également admettre que  la décolonisation a été une trahison pour pas mal de français, ajouté au mépris le plus complet qu’on a accordé aux hmongs et aux harkis puisque bien entendu ils n’étaient pas de chez nous. Ca serait admettre que la France a soigneusement tenu éloigné son immigration loin de toute force politique, de toute représentativité, de toute forme d’assimilation, préférant agir avec elle comme elle l’avait fait dans ses colonies. Avec paternalisme, absolument certaine de sa supériorité, essayant de nier complètement leur identité, leur spécificité. L’empire réduit à son propre territoire colonisera donc ses banlieues avec la même démarche qu’il a colonisé l’Afrique ou le Vietnam. Et aujourd’hui, comprenant son échec le plus total dans le domaine, ce pays accuse ses colonisés de ne pas vouloir s’intégrer. Ce qui est très pratique pour les exclure un peu plus, vu que c’est de leur faute…et Daesh qui a parfaitement compris sur quel ressentiment jouer ici, l’a utilisé pour diviser un peu plus cette société d’apartheid. Un apartheid dirigé autant vers la jeunesse des classes populaires que vers son immigration.

L’ennui avec ce sectarisme sociétal qui refuse de dire son nom, cette hypocrisie complète dans laquelle vit la société française c’est qu’à terme ça produit ce qui s’est passé le 13 novembre 2015. Pendant que la classe dominante à travers ses locuteurs certifiés « moi j’viens d’la banlieue moi » mais très grassement payés, nient l’identité voir même l’existence (je pense ici aux gamins de la cambrousse) de toute une jeunesse, un fossé est en train de se creuser de plus en plus profondément au sein même de cette société vieille et nostalgique de son passée. Une jeunesse populaire qui sait qu’elle ne sera jamais acceptée par la caste, sera refoulée vers les classes moyennes à titre d’épouvantail, commence elle à cesser de vouloir à faire quoi que ce soit avec cette société. Et deux mondes passent l’un à côté de l’autre sans jamais se voir que dans le ressenti. Je parle avec les gamins de mon quartier mais il est clair que dans la tête de quelques porteurs de barbe je suis l’ennemi, « Jean-Pierre » le Françoy. Ils pensent comme des colonisés qui voudraient s’affranchir de l’autorité paternaliste que je suis censé représenter, parfaitement soumis comme on attend qu’ils demeurent, mais ça il n’y a qu’eux et la réaction qui refusent de l’admettre. L’ennui c’est que la France est truffée de responsables racistes et/ou réactionnaires, de Boutledja la passionaria salafiste des Indigènes de la République à Narcisse 1er Roi des Banquiers, en passant par Marine Le Pen. Ca blague sur les comoriens qui se noient au large de Mayotte, ça parle de zone de non droit sans y avoir jamais mis les pieds, ça accuse telle couleur de peau, telle origine national d’être la faute de tous ses malheurs. Ca organise des camps d’été « interdit au blanc » dans le plus grand des calmes, parce que finalement la France s’accommode parfaitement de ce racisme ambiant, ce pays n’a jamais été pour le mélange des cultures surtout qu’il estime la sienne supérieure en tout point. L’ennui, surtout, c’est que dans le climat délétère qu’est en train de créer le merdeux de l’Elysée cette faille dans la société française va s’agrandir un peu plus chaque jour, et qu’à terme ça s’appelle la guerre civile.