Emmanuel Macron ou le pouvoir absolu

Notre roitelet nationale, l’homme qui un jour déclarait être socialiste, un autre trouver du charme à la monarchie et encore un autre affirmait qu’il n’était pas socialiste (c’est un fait il est juste opportuniste) a décidé de se lancer dans la chasse aux fake news. Littéralement des fausses nouvelles ou des nouvelles fabriquées de sorte que les gens les prennent pour vrai. Si j’étais amateur de conspiration je dirais que c’est la seconde phase du plan du Council on Foreign Relation et des Young Leaders. Après la déception, terme d’espionnage qui signifie tromper l’adversaire en lui fournissant de fausses et de vraies informations de sorte qu’il ne puisse plus les distinguer, on nous propose la Vérité Officielle sous forme de « lutte » avec moyen d’état à la clef et naturellement quelques fermetures de site quand ça sera nécessaire. Egalité et Réconciliation, le site du mythomane Alain Soral a du souci à se faire et notre roitelet réussira peut-être là où le pathétique Valls s’est vautré. On a les brebis sacrificielles qu’on mérite n’est-ce pas. La démarche n’est pas en soit bien nouvelle en France. Depuis le 11 septembre par exemple, il est commun dans les médias de se moquer ou d’accuser toute personne remettant en question la vérité officielle et pourtant discutée par le renseignement lui-même.  Or comme le fait justement remarquer Frédéric Lordo, discuter de la vérité c’est être en délicatesse avec elle. Et d’ailleurs la vérité c’est quoi exactement ? C’est une question philosophique, pas une affaire politique. En politique il n’y a pas de vérité il n’y a que des faits réels ou inventés qu’on arrange en fonction de ses besoins et ça a un nom : la propagande. En histoire non plus il n’y a pas de vérité, il n’y a que des recherches de vérités et comme en réalité la vérité n’est qu’une affaire d’interprétation la recherche n’est jamais finie. Par exemple, l’incident du Tonkin. Officiellement c’est une provocation nord vietnamienne à l’encontre des Etats-Unis. Pour les conspirationnistes c’est un false flag, un incident créée de toute pièce pour provoquer la guerre, un peu comme l’anthrax à l’ONU quoi… Pour les historiens ce n’est qu’un incident parmi tout ceux qu’avaient déjà provoqué les américains dans le golfe. Et je n’aborde même pas la question de la vérité du point de vue strictement neurologique parce que là on est mal et on peut en rester au Cogito, je pense donc je suis, qui sera à peu près la seule vérité plus ou moins tangible que voudra bien nous accorder la neurologie. Même s’il est vrai qu’à une époque de réalité virtuelle et de réalité augmentée, d’Oculus et de lentilles connectées, où les zombies ne mangent plus de cerveaux sauf le leur en passant leur existence devant des écrans, il était bien temps de s’inquiéter de distinguer le vrai du faux. Or un régime qui commence à vouloir distinguer la vérité officielle en prétendant lutter contre le mensonge on connait déjà ça, ça s’appelle l’Union Soviétique, le Cambodge de Pol Pot, le IIIème Reich ou la Chine moderne. Des régimes où on va en prison si on ne dit pas exactement comme le parti l’entend. Heureusement les français sont déjà soumis, personne n’ira en prison, on se contentera de râler mollement en faisant des vannes vaseuses sur twitter. Soit politiquement en gros ce qu’a fait Ruffin avec son maillot de foot

Assemblée de papier et opposition de pacotille

J’aime beaucoup François Ruffin, notamment parce qu’il est resté humain. Il y a chez lui un mélange de naïveté et de volonté inébranlable qui retient de l’enfance. C’est unique en politique, tellement que j’ai même du mal à le voir comme un député français. Non pas qu’il ne remplit pas son rôle, il se distingue même dans l’exercice mais qu’il ne colle à aucun des critères habituellement empruntés par les parlementaires. Il n’est pas dans l’image et pourtant il s’en sert là où ils prétendent ne jamais l’être alors qu’ils ne sont que ça, figures, symboles, images mais très certainement pas représentants du peuple. Récemment Ruffin s’est présenté à l’assemblée avec le maillot d’une petite équipe de foot local. Sa démarche s’inscrivait dans la logique d’un projet de loi proposé par un de ses collègues de « l’opposition » qui comptait taxer les transferts dans les grosses équipes afin d’aider les petits clubs que Ruffin se faisait fort de représenter comme c’est son rôle. Sa démarche pour spectaculaire fut-elle, lui a valu un blâme assorti d’une amende de la part du conseil de discipline de monsieur le proviseur François de Rugy. Or si bien entendu la France des plus de soixante ans s’est ému de la démarche du député de la France Insoumise, à l’assemblée l’émotion ne tenait en réalité qu’à une seule chose : l’apparat, la représentation figurée. Et un député de lui reprocher non pas la démarche ou le projet de loi avec lequel lui-même était d’accord mais de retirer le peu de prestige qui leur reste, le seul pouvoir qu’ils ont en réalité, le pouvoir du verni. Car Ruffin le souligne, il ne reste plus que ça à l’assemblée, se disputer sur des affaires vestimentaires, avec ou sans cravate, avec ou sans maillot, devant un gouvernement qui dirige à coup d’ordonnances. En réalité Emmanuel Macron a débarrassé l’assemblée du moindre pouvoir, poussant la logique monarchique de la Vème jusque dans ses retranchements. Le tout pour une politique que l’on nous vend comme novatrice alors qu’économiquement, elle ne fait 1) que suivre la ligne ordonnée non pas par Bruxelles mais Bonn 2) répéter ce que depuis 30 ans on applique sans le moindre succès même d’estime. Qu’en terme sociale c’est une régression complète qui nous ramène aux heures sombres de l’histoire et non pas celle de Vichy mais celle des années 1900, et ce pour la bonne et simple raison qu’après avoir fait disparaitre le paysan, le capitalisme compte se débarrasser de vous, des gens qui travaillent, tous, avec revenu universel à la clef pour vous faire passer la pilule. Il ne restera plus après ça qu’à mettre en place un système de citoyen à point comme c’est en cours en Chine, où les moins méritants seront peu à peu exclus, le tout à base de réseau sociaux et de like. De jeux et de challenge Le IVème Reich qui, je ne cesse de le répéter, est actuellement en marche devant vos yeux passifs.

Enfin sur le mode répressif nous sommes désormais dans la délation institutionnalisée, mieux, ordonnée, aux associations, aux hôpitaux psychiatriques, toujours plus de sécuritaire, d’expulsion, pour une insécurité essentiellement imaginaire qu’on veillera toute fois à garder dans l’esprit de chacun comme une réalité mécanique. Et tant pis si on se tue vingt fois moins aujourd’hui que dans les années 80 par exemple. Aujourd’hui dans les faits un ministre de l’intérieur a le pouvoir d’assigner à résidence qui bon lui semblera, autant qu’un préfet peut décider de limiter la circulation des personnes pour une zone dites à risque, comme c’est indiqué en toute lettre dans le projet de loi 2017 sur le renforcement de la sécurité intérieure. Ajoutons à ça les policiers municipaux armés, alors qu’ils s’entrainent généralement peu au tir, et même dans l’Oise, une milice de chasseur comme supplétif à la gendarmerie ! Ce n’est plus la tentation du pouvoir absolu, c’est le pouvoir absolu. Et face à ça, dans ce pays qui ne cesse de vanter la démocratie, qui prétend critiquer les systèmes à parti unique, ou mieux qui accuse un Poutine d’être un dictateur au fait qu’il passe quatre heures avec un collège de journalistes internationaux pour expliquer sa politique, notre roitelet se fait sucer devant des millions de spectateurs par un animateur aux ordres. Et j’insiste, on parle bien d’animateur de soirée et en aucun cas de journaliste. En réalité avec le hold-up réalisé par en Marche en récupérant des girouettes de tous les bords, il n’y a plus qu’une opposition sans pouvoir, sans représentativité suffisamment « rassurante » pour l’électeur lambda, sans même le moindre impact et d’autant moins quand un parti comme le FN en vient à approuver les mesures d’un gouvernement en matière d’immigration. Un comble quand même quand pendant un mois on nous a refait le coup du « moi ou le fascisme. » alors que le fascisme c’est Emmanuel Macron. Mais un fascisme consensuel, propre, un fascisme fils de bonne famille, acceptable. Et comme dans tous les régimes fascistes ce sont les valeurs de jeunesse, d’énergie, d’innovation permanente, voir les qualités extra humaine qui sont mis en avant par les médias avec une débauche totalement inédite de flagornerie hystérique.

Le Phare de la pensée des Grands Timonier Que le Monde Entier Nous Envie

Depuis presque cinquante ans que j’observe la vie politique française je n’avais jamais vu une telle orgie de superlatifs et de flatteries de la part d’une presse quasi nationalement aux mains d’un des amis du roitelet, à savoir notre deep state à nous, les milliardaires qui gouvernent en réalité ce pays. Ainsi Libération, à propos de la volonté de Narcisse 1er de lutter contre la pornographie, appelait l’intéressé « le père de la nation ». Dans l’émission Info Verité (ça s’invente pas) l’animateur prétendait que Macron signifiait en chinois Cheval qui dompte le dragon. Plus c’est gros plus ça passe comme le faisait remarquer Goebbels en son temps. Et quand un seul journal ose relever tous les travers de ce parti unique et dévoyé, le Canard Enchainé, une ministre de s’empresser d’accuser le Canard de toucher de l’argent de l’état… ce qui n’a jamais été le cas et tant pis si c’est répandre une fausse nouvelle à seul fin de nuire. Dans l’absolu c’est punissable par la loi, puisque il existe déjà une loi contre les « fake news » ça se plaide généralement en diffamation, sans quoi c’est juste un canular. D’ailleurs il est totalement hors de question que les médias sortent de leur rôle de brosse à reluire présidentielle. Et Catherine Nayl formatée TF1 d’être propulsée directrice de l’information à France Inter, tandis que Jean-Michel Apathie qui est au cirage de pompe ce que le rhum est au baba, vante cinq minutes avant l’allocution du roitelet son contenu novateur. Un festival de carpette, le Diner du Siècle comme si on y était… Et puisqu’il s’agit de museler et de censurer à l’image d’un Giscard dont Macron s’inspire notablement en terme d’image et de style, de s’en prendre à la télévision publique et indirectement à Elise Lucet, priée de revoir ses ambitions à la baisse coupe budgétaire oblige. On est en effet dans cette vieille méthode décrite par Chomsky et qui consiste à sucrer les budgets de sorte que le public se dise que le service fonctionne mal, qu’il trouve normal qu’on le supprime purement et simplement, ce qui arrivera tôt ou tard au groupe France Télévision comme à la santé, la sécurité sociale, la justice et tout ce qui globalement retient du domaine du contrat social. Bien entendu dans ce cadre de soumission joyeuse dans laquelle se complet ce pays, personne ne parle tyrannie. La tyrannie c’est ailleurs, en Arabie Saoudite, chez Poutine n’importe où mais pas ici le fameux « pays des droits de l’homme » selon l’expression consacrée et pour tout dire méchamment compassée. Au mieux on s’accrochera sur des mots, les expressions vieillottes de celui qu’on nous vend comme moderne, sur ses constantes démonstrations de mépris de classe qui contre tels ouvriers illettrés selon lui, donc inaudibles, qui envers les comoriens, ces petits salopiots qui viennent se noyer au large de Mayotte, qui contre tous ceux qui ne « réussissent » pas pour autant que ce mot ait un sens. Ces cibles sont choisi, qualifiés, si on est pas avec lui on est contre lui, un cynique, un rien, avec en fond toujours ce même vieux discours pourri sur la valeur travail.

On ferait mieux de relire Beaumarchais et on comprendrait que tout ça n’est rien que du bruit, du vent offert aux foules pour qu’elles en fassent polémiques et disputations stériles. Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage, répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets, intercepter des lettres, et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique, nous dit l’auteur du Mariage de Figaro ; Vous ne trouvez pas que c’est un portrait fidèle du falot personnage qui préside pour les milliardaires de ce pays ? Ne nous trompons pas, Emmanuel Macron est un animal politique de premier ordre, il a mené sa barque en douce, profité du délitement naturel des partis traditionnels, laissé Valls s’enfoncer dans son imitation de Sarkozy tandis que l’homme qui n’était jamais là, Normal 1er, disparaissait lentement dans le brouillard de son insignifiance. L’obstination stupide et suicidaire de Fillon ne pouvait que lui servir sachant qu’un pays aussi conservateur que la France n’accorderait jamais ni ses voix au vieux stalinien Mélenchon ni à celle de la grande bourgeoise du peuple, même en essayant de se prendre pour De Gaulle in vagina. La porte était entre ouverte, il a foncé et le voilà sur son trône, contant de lui, absolument persuadé de son destin. A tel point qu’il ne s’adresse plus aux français en homme politique classique, il ne parle plus de sa politique, vu qu’il n’en n’a jamais eu seulement une « vision », non il nous enjoint à Noël à oublier tous nos malheurs et ne jamais oublier que nous sommes « la nation française » puis pour ses vœux à nous demander ce que nous faisons pour le pays comme un Kennedy de pacotille. Ou plutôt comme un Louis XIV nain, lui qui veut remettre les chasses présidentielles en route et a fait dire par son caniche Hulot qu’on n’interdirait pas la chasse à courre dans notre monarchique pays. On pourrait presque en rire. Son narcissisme est tellement criant, son absolu certitude qu’il est « élu » au-dessus du lot et qu’il ne lui manque plus qu’une couronne pour en faire un être complet est si criant au détour de ses déclarations qu’on en viendrait presque à le plaindre d’être obligé par la feuille de route des Young Leaders, à savoir détruire ce qui reste de ce pays, au lieu de se faire couronner à Saint Denis. Si le futur qui se profile sous sa tyrannie ne se résumait pas finalement à cette interview qu’il a accordé à un des employés de son bailleur et patron, Bolloré, en la personne du sinistre Cyril Hanouna. Dix minutes de néant offert au milieu d’une émission où règnent la bêtise et la violence. Ou quand la France passe de démocratie à idiocratie. Comme dirait notre nain-soleil : saperlipopette que de galimatias en perspective !

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Apartheid français

Ce pays vit à deux vitesses, on le sait tous, et particulièrement depuis qu’un merdeux narcissique a volé démocratiquement le pouvoir au nom des gens de sa caste, respectant scrupuleusement l’esprit très XIXème du patronat français. Une justice à deux vitesses également. Une justice  des pauvres qui enferme à tour de bras (toutes les prisons françaises et les centres pour jeunes délinquants sont pleins à ras bord) dans un pays où on trouve légal et décent d’enfermer un gosse de treize ans. Et une justice des riches qui relaxe des délinquants jugés coupables, comme le sait si bien la très puissante et protégée Christine Lagarde. Au pays de l’abolition des privilèges ceux-ci ne se sont jamais si bien porté. Les français le savent, ils râlent, pleurnichent, en parlent… Ils sont très doués pour bavarder dans le vide et défiler sous des pancartes mais au fond ils s’en accommodent n’ayant visiblement jamais digéré d’avoir raccourci leur monarque. Ils sont en effet soumis au régime d’une constitution monarchique que s’était taillé sur mesure un homme qui se prenait pour Louis XIV, mais au moins il en avait la dimension puisqu’ils ont cessé d’avoir des chefs d’état à partir de Mitterrand. Pour les troquer par de médiocres affairistes plus préoccupés par leur enrichissement personnel et leur image dans la glace que par le destin de ce pays. Mais il faut reconnaitre que les français vivent dans une bulle.

Quand je dis les français, je parle des gens comme moi, bien que je ne le sois que sur papier. Des français blancs, nés dans une république qu’ils croient bienveillante, le plus souvent citadins, qui ne voient une vache que quand ils font l’effort de sortir de leurs murs et le plus souvent pour expliquer à l’autochtone que le coq ne doit pas chanter pendant leurs vacances. Ils vivent dans leurs villes séparés mentalement et physiquement d’une autre classe de citoyen, une sorte de sous prolétariat qui n’en n’est pas vraiment un mais qui est vécu et employé comme tel. Ces français-là, ce sous prolétariat fait la fortune de la police, le bonheur de la justice, et les réactionnaires leur doivent leur carrière. On pourrait en effet se demander où en serait Zemmour et De La Villiardière, le groupe Bouygues avec TF1, sans la jeunesse des quartiers. Sans compter tous les hommes politiques bien entendu qui ont prospéré sur « l’insécurité » en pointant d’abord du doigt les immigrés dans leur ensemble, la jeunesse des quartiers, puis les musulmans, le tout désormais assimilés à des terroristes potentiels ou avérés, le célèbre « ennemi de l’intérieur ».

Je me faisais cette réflexion ce soir en me promenant dans mon quartier. Samedi soir à Lyon, une ville étudiante, c’est deux jeunesses qui ne se croisent quasiment jamais qui s’amuse. Une en terrasse dans les étages, saoule, qui parle fort et sans prudence, probablement occupée à fumer le shit que leur ont vendu la jeunesse d’en bas, exclu de leur jeu, de leur confort, de leur avenir, de leur pays. Ceux-là, la « fête » ils la font tous les soirs ou presque, dans la rue, et toujours aux mêmes endroits. Ils vendent la matière première des fêtes des étages au-dessus, s’achètent kebab et pizza, boissons gazeuses et parfois du whisky ou de la vodka de marque. Ils adorent les marques, en porter et dépenser des fortunes pour un blouson ou un jean, ils font donc également le bonheur des milliardaires qui tiennent ce pays en coupe réglée. C’est à peu près leur quotidien. Discuter avec les potes, fumer, vendre, se saouler, jouer au foot et draguer. Ils vont faire ça également dans la journée éventuellement mais pas dans mon quartier. Dans mon quartier ils s’envisagent encore plus ou moins un avenir, ils ont parfois le bac, des parents mais pas tous, et vivent, ou du moins essayent de vivre légalement des seuls jobs que l’autre France ne leur proposera jamais, intérimaire, généralement pour la manutention, déchargement des quais, les préparations en magasin ou en entreprise. Rien d’autres. Bien entendu certain ont des casiers et tous, absolument tous sont à la merci constante de la police qui ne manque jamais de leur rappeler qu’ils ne sont pas des citoyens à part entière, la preuve ils n’ont pas la même couleur de peau. Pas de misérabilisme ici, c’est un fait, ces français-là n’ont aucun avenir. Pas plus qu’en n’ont les gamins des zones rurales qui font très exactement la même chose qu’eux, galérer pour trouver un petit boulot et se défoncer le soir, tous les soirs. Une jeunesse qui s’ennuie, et, dans le cas de mes citadins, dont la seule perspective d’emploi stable est d’aller à Marseille, se faire embaucher à la journée comme dealer dans un quartier. Voilà leur avenir, voilà comment la France les envisage, manutentionnaire-vendeur de shit et rien d’autre. Ils achètent un 25 à 80 euros. Se font cent, deux cent euros de bénéfices, ils ne sont que distributeur, le plus gros de l’argent va au grossiste et au semi grossiste. A Marseille on leur fixe des objectifs, mille euros de défonce, mille euros de bénéfice et tu touches cinq cent, mille deux, pour une journée ou deux de travail. Bien entendu c’est à risque. Le monde de la délinquance est un monde où tout le monde essaye de baiser son prochain. On se fait avoir sur la quantité et nous voilà en dette, on peut se retrouver au milieu d’une fusillade, à Marseille c’est sans limite. Et si je le sais c’est parce que je les ai écouté en parler de la même manière qu’ils parleraient d’aller se faire embaucher sur un chantier ou dans un supermarché.

C’est d’ailleurs l’extraordinaire paradoxe de ce pays fort d’une classe dirigeante corrompue, sa prohibition sur les drogues, mis en place depuis 47 ans, ne fonctionne pas et n’a jamais fonctionné. 47 ans d’une loi d’exception qui n’a strictement servi à rien de plus qu’à trouver un prétexte pour enfermer la jeunesse de ce pays et plus particulièrement la jeunesse du sous prolétariat des villes et des champs. Et de ce point de vue-là, la justice française est en pleine forme puisqu’on arrête et on enferme en masse aussi bien petit dealer que consommateur, les chiffres de la justice le démontrent.  Le plus cocasse là-dedans étant que naturellement non seulement la France est la plus grosse consommatrice d’anxiolytique d’Europe mais également de cannabis, la drogue qui rend fou. Je ne vais pas, à l’instar de la classe politique, revenir sur ce serpent de mer français, je sais parfaitement que de ce point de vue, il n’y a plus que la classe politique et la bourgeoisie qui tient ce pays pour s’intéresser à la question de la prohibition. On fait donc à la française, en douce, tout le monde, flic y comprit, et on laisse la mafia corso marseillaise s’enrichir avec l’aval des gouvernements qui se succèdent. Plus personne n’est dupe en réalité. On habille le débats moral avec l’argument sanitaire, on agite la menace d’une maladie mentale rare (oui la schizophrénie est une pathologie rare) et on permet au roi du Maroc et à d’autres de toucher leur dime sur l’or vert du Rif et de se la dorer à Marbella. On permet dans la foulée que des produits frelatés, du shit « Harry Potter » comme disent mes dealers en rigolant, de tomber entre les mains des gamins avec les risques sanitaires et psychiatriques afférant. Je rappelle tout de même qu’aujourd’hui le premier pétard c’est à partir de 12 ans…

Mais revenons à cette sous classe de la société française. Donc pas la jeunesse protégée et blanche des villes mais celle qui subit l’apartheid à la française. Celui qu’on ne nomme pas, pire sur lequel des petits ambitieux comme Valls ont essayé de se faire du beurre. Lui aussi a dénoncé l’apartheid qui sévit dans ce pays, il essayait de se faire bien voir, la France blanche, celle qui a aboli les privilèges de l’aristocratie pour se les arroger, la bourgeoise, s’est emporté. L’apartheid ça n’existe pas en France, tout le monde a ses chances. Excepté pour trouver un appartement, un travail, poursuivre des études dans des conditions descentes, pour ne pas se faire harceler par la police, mais c’est interdit de le dire. C’est interdit parce que non seulement la France n’a jamais supporté la perte de son empire, ni plus que des gens pas de chez nous osent revendiquer leur droit dans un pays qu’ils ont construit et qu’ils enrichissent, clandestins y compris. Oui, même sans papier si on est embauché on cotise. Mais pour un Zemmour « on ne vit plus comme des français » c’est-à-dire comme dans les années 50 quand le bicot ne la ramenait pas. On est obligé de faire avec… et pour ces français là il est bien plus supportable de se faire rouler dans la farine continuellement par leur gouvernement que l’idée qu’un jeune des quartiers ait les mêmes droits qu’eux, ce qu’ils n’ont en réalité qu’en théorie. D’ailleurs c’est amusant de voir comment le racisme des réactionnaires se focalise sur cet apartheid là, mais pas une seconde sur celle qui touche les gamins des campagnes. Parce qu’en réalité ce pays a étendu son sectarisme autant aux gamins des quartiers qu’à ceux des champs au point où on ne parlera jamais d’eux.  Ce pays n’aime sa jeunesse que lorsqu’elle pense comme un vieux, veut devenir médecin ou avocat ou quand il s’agit de les enrôler dans une armée qui ne sait en réalité pas quoi faire d’eux. Car notre jouvenceau narcissique qui a des idées de vieux veut remettre le service militaire obligatoire, et 74% des français seraient d’accord, selon les sondages… A croire que ce pays adore les uniformes, avec un flic pour 265 habitants la France est bien le pays le plus fliqué d’Europe. Personnellement j’ai fait mon service, j’en parle , et à part se biturer, fumer du shit, ce qu’ils savent déjà parfaitement faire, et servir de petite main corvéable à souhait pour les professionnels je n’ai jamais vu l’intérêt de ce service. Mais la France puise ses idées dans les années 50 et 60, c’est la nostalgie d’un pays de vieux qui refuse d’évoluer.

L’apartheid français est à l’image de sa mentalité, on n’en parle pas, on a interdiction d’en parler, elle n’existe nulle part dans le cadre de la loi et partout dans le cadre du quotidien. Il est interdit de dire que la jeunesse hors des villes n’a pas la moindre chance de trouver autre chose qu’un petit boulot, si elle en trouve, que rien n’est prévu pour eux, ni structure ni encadrement. Tandis qu’apeuré, ce même pays offrira des bibliothèques et des centres sportifs dans les quartiers en espérant que ça les endorme. Créant de fait une différenciation entre deux sous classes de la jeunesse. On ne s’étonne dès lors guère du succès de la ploutocratie Le Pen dans les zones rurales et auprès des jeunes. Diviser pour mieux régner sur un asile de vieux est le crédo de tout bon politicien français. Comme il est interdit de dire qu’en s’appelant Mohammed ou Ada on aura toutes les peines du monde à se faire embaucher, et aucune si on ajoute qu’on vient d’un quartier « à problème » et encore moins de pouvoir louer un logement ailleurs que dans le dit quartier. Et parfaitement illusoire de se dire qu’on passera la journée sans se faire contrôler au moins une fois si on a l’imprudence de trainer dans les quartiers des français blancs. La France continue de croire à sa mythologie de l’égalité pour tous, dans un même pays où les représentants de la nation, les députés, viennent quasiment tous de la classe dominante avec une majorité de quadra et plus, beaucoup plus, comme c’est le cas au sénat, notre asile de vieux de luxe à nous. C’est interdit parce que ce pays déteste se remettre en question. Déteste l’idée qu’il n’est plus qu’un reflet peu reluisant d’une gloire passée.

Se remettre en question ça serait en effet admettre le grand mensonge de la libération avec sa résistance de la dernière heure qu’on a voulu faire passer pour une résistance de la première. Avec son patronat unilatéralement collaborateur et son antisémitisme qui a permis l’arrivée au pouvoir d’un vieillard narcissique. Ca serait également admettre que  la décolonisation a été une trahison pour pas mal de français, ajouté au mépris le plus complet qu’on a accordé aux hmongs et aux harkis puisque bien entendu ils n’étaient pas de chez nous. Ca serait admettre que la France a soigneusement tenu éloigné son immigration loin de toute force politique, de toute représentativité, de toute forme d’assimilation, préférant agir avec elle comme elle l’avait fait dans ses colonies. Avec paternalisme, absolument certaine de sa supériorité, essayant de nier complètement leur identité, leur spécificité. L’empire réduit à son propre territoire colonisera donc ses banlieues avec la même démarche qu’il a colonisé l’Afrique ou le Vietnam. Et aujourd’hui, comprenant son échec le plus total dans le domaine, ce pays accuse ses colonisés de ne pas vouloir s’intégrer. Ce qui est très pratique pour les exclure un peu plus, vu que c’est de leur faute…et Daesh qui a parfaitement compris sur quel ressentiment jouer ici, l’a utilisé pour diviser un peu plus cette société d’apartheid. Un apartheid dirigé autant vers la jeunesse des classes populaires que vers son immigration.

L’ennui avec ce sectarisme sociétal qui refuse de dire son nom, cette hypocrisie complète dans laquelle vit la société française c’est qu’à terme ça produit ce qui s’est passé le 13 novembre 2015. Pendant que la classe dominante à travers ses locuteurs certifiés « moi j’viens d’la banlieue moi » mais très grassement payés, nient l’identité voir même l’existence (je pense ici aux gamins de la cambrousse) de toute une jeunesse, un fossé est en train de se creuser de plus en plus profondément au sein même de cette société vieille et nostalgique de son passée. Une jeunesse populaire qui sait qu’elle ne sera jamais acceptée par la caste, sera refoulée vers les classes moyennes à titre d’épouvantail, commence elle à cesser de vouloir à faire quoi que ce soit avec cette société. Et deux mondes passent l’un à côté de l’autre sans jamais se voir que dans le ressenti. Je parle avec les gamins de mon quartier mais il est clair que dans la tête de quelques porteurs de barbe je suis l’ennemi, « Jean-Pierre » le Françoy. Ils pensent comme des colonisés qui voudraient s’affranchir de l’autorité paternaliste que je suis censé représenter, parfaitement soumis comme on attend qu’ils demeurent, mais ça il n’y a qu’eux et la réaction qui refusent de l’admettre. L’ennui c’est que la France est truffée de responsables racistes et/ou réactionnaires, de Boutledja la passionaria salafiste des Indigènes de la République à Narcisse 1er Roi des Banquiers, en passant par Marine Le Pen. Ca blague sur les comoriens qui se noient au large de Mayotte, ça parle de zone de non droit sans y avoir jamais mis les pieds, ça accuse telle couleur de peau, telle origine national d’être la faute de tous ses malheurs. Ca organise des camps d’été « interdit au blanc » dans le plus grand des calmes, parce que finalement la France s’accommode parfaitement de ce racisme ambiant, ce pays n’a jamais été pour le mélange des cultures surtout qu’il estime la sienne supérieure en tout point. L’ennui, surtout, c’est que dans le climat délétère qu’est en train de créer le merdeux de l’Elysée cette faille dans la société française va s’agrandir un peu plus chaque jour, et qu’à terme ça s’appelle la guerre civile.

 

Bienvenue en Macronie

Mercredi 4 octobre 2017. Nous y sommes, la démocratie a vécue en France. Le lapsus révélateur de l’ONU, identique dans la bouche de l’usurpateur comme de son ministre de l’intérieur ; signe qu’il ne s’agissait en aucun d’un lapsus mais d’un test, la fin de l’état de droit en France est en discussion. https://www.laquadrature.net/fr/pjlmechant-verbatim-20170926-27. Mais en réalité le terme discussion est parfaitement abusif, tous le monde est d’accord, tout parti confondu, la France doit se soumettre à la dictature macroniste. Nous étions sous le régime d’une monarchie constitutionnelle sous l’effet de la Vème, la monarchie vire au totalitarisme, à la monarchie absolue. Et ici aucun droit divin, tout au moins pour tous ceux qui n’assimileraient pas encore le CAC40 à la nouvelle idole auquel la France doit de soumettre à n’importe quel prix. Comme le faisait remarquer Wolfgang Schlaübe, ministre des finances allemand et soutien ouvert du jeune dictateur, la France doit être réformée de force. Sous aucun prétexte les français ne doivent avoir le choix, le macronisme est en marche et sa feuille de route oscille entre George Orwell et Aldous Huxley, 1984 et le Meilleur des Mondes. La seule différence c’est que cette fois il ne s’agit plus de fiction. La casse du code du travail, l’autorisation de la mise sur le marché du bébé à la carte, la fin des emplois aidés, la réduction des APL, les 300 millions en moins aux collectivités locales, la fin de l’état de droit, la baisse de 130 millions du budget d’une des justices les plus pauvres d’Europe, l’augmentation de celui de la police de 7%. Tout y est. Et la casse du pays, la mise à sac de la société civile doit continuer coûte que coûte. Alstom vendu sur des pots-de-vin, la télévision publique mis au régime sec en attendant de pouvoir la supprimer totalement et surtout en supprimer tous les éléments subversifs. Comme Elise Lucet, dont l’émission va devoir revoir ses ambitions, moins de révélation et plus de fun, de « tendance » autrement dit de pub déguisée. L’ordre vient de la direction. France Inter chargé de faire de la propagande auprès des jeunes pour leur inculquer la soumission au nouveau code du camp de travail. http://www.acrimed.org/France-Info-eduque-les-enfants-sur-la-reforme-du, et surtout à bien distinguer un manifestant terroriste d’un brave gardien de l’ordre. « : ils jettent des pierres, des sortes de… de bombes sur les policiers, les policiers bah ils répliquent avec des gaz lacrymogènes, hein, les gaz lacrymogènes ça pique très fort les yeux et la gorge, il y a souvent des blessés. Mais ça ne concerne que très peu de gens hein, au total, par rapport à tous les manifestants.  » nous y explique le propagandiste de Radio Paris…

 

La haine du pauvre

« Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. » Voilà finalement à quoi se résume la pensée du jeune tyran. Immature, narcissique, aussi présentable qu’un dépliant bancaire sans Photoshop et surtout parfaitement aux ordres de l’oligarchie qui lui a donné comme mission de saigner à blanc la société civile française. Une vue pas même courte, il est absolument persuadé d’être le chef. Une conception binaire du monde et de la société en générale qui est sans aucun doute d’autant renforcé qu’il n’y a pas la moindre opposition dans ce pays. La France Insoumise fait de la figuration à l’assemblée, quand elle ne donne pas la main à la dictature en marche dans le cadre de la fin de l’état de droit. Pas une seule des mesures de coercition prise à l’encontre des français n’a été retoquée. Mieux que ça, prétextant une anti constitutionnalité de façade, la dictature en marche s’est assuré la complicité des corrompus en rejetant la loi confiance. Il est non seulement permis de légiférer avec un casier judiciaire chargé mais mieux encore, l’assemblée rejette un amendement permettant de condamner des entreprises comme Lafarge, accusé de complicité avec Daech. Le CAC40 a le droit de financer nos bourreaux, en revanche l’état se donne le droit de nous priver de nos libertés hors de tout contrôle juridique. Les HLM voient leur budget sabré, le jeune dictateur veut diviser le nombre des communes par dix, et réduire encore celui des régions afin de mieux concentrer le camp et soumettre le goulag à la seule loi des banques et des entreprises privées. Et que font les syndicats face à ça ? Quand ils ne sont pas plus simplement corrompus par le nouvel ordre, ils font des caprices d’un autre temps, se désolidarisant de la France Insoumise. La gauche la plus ridicule de l’histoire des mouvements sociaux dans le monde. Du cosmétique et des vieux cabris d’un autre temps qui s’agitent pour la galerie et ne servent strictement à rien. Une opposition de farce et attrape, où même le fascisme lepeniste, la droite raciale de Ménard et Eric Ciotti, est dépassé par les mesures dictatoriales qu’installent le jeune führer et sa bande de voyou. C’est encore plus beau que si Marine avait été au pouvoir. Un homme vient en aide à des réfugiés, il prend quatre mois avec sursis. Un retraité gifle une députée  aux ordres de l’usurpateur il prend un mois ferme. Et tout ça déroulé sur le ton de la modernité, des « réformes nécessaire à l’économie française »… ah non pardon, pas des réformes, des transformations. Car le caudillo de la Nouvelle France ne pensent même pas que ce pays est réformable, il faut plus simplement le faire disparaitre, le transformer en autre chose, la Macronie, le nouveau laboratoire à ciel ouvert du fascisme libéral. Et comme toujours, inlassablement, les français, manifestent…  A Nantes le 21, la BAC tabasse, puis c’est à Valenciennes dans le cadre du démembrement d’Alstom, avec la police montée, carrément, comme les grèves du début du XXème siècle, les sabres en moins, jusqu’à quand ?. A quand les tirs à vue ? Ou encore à Montreuil où des parents d’élèves se feront tabasser pour avoir osé demander la fermeture d’une usine polluante. Ca appartient à Airbus, pas touche. D’ailleurs l’Europe a bien fait comprendre son point de vue en Espagne à travers la réaction de Madrid aux ordres, la Catalogne on l’emmerde, la Catalogne doit obéir, tout comme la France au nouvel ordre mondial. Un ordre globalitaire avec l’Eurasia, Estasia et l’Océania sous leur formulation commercialo-militaires, Ceta, Alena, accords transpacifiques, etc…. Car bien entendu, en s’appuyant sur la même argumentation que le roman 1984, de la guerre permanente contre le terrorisme, commerce et sécurité, commerce et totalitarisme sécuritaire ne font plus qu’un. Et voilà que désormais, au cœur de l’Europe s’installe un nouveau régime totalitaire sous les yeux éternellement passif de ce pays de mou de veau qu’est la France. Cette paralysie faciale qui accepte tout, prend tout, entre sidération et terreur. Car bien entendu pas la moindre mesure de rétention que prend Vichy 2.0 ne saurait arrêter un malade mental à qui il suffira de prononcer la formule magique « allah akbbar » pour être absous de tout désordre mental, pour ne plus appartenir à la communauté des fous mais celle sainte pour les médias, Daech et la Macronie de terroriste. Sauf s’il est blanc, et à la bonne idée de ne pas s’excuser d’être dingue, comme à Las Vegas. Un massacre que le petit dictateur qualifiera de « violence contemporaine », comme on parlerait d’art du même nom. Et peu importe que cette violence là n’a strictement rien de contemporaine aux Etats-Unis ou ailleurs, l’important c’est d’imprimer dans les esprits cette idée de peur, de terreur permanente. Ce principe de mort inéluctable, imparable, auquel chacun doit se préparer… car il n’y en aura pas pour tout le monde.

 

Camp retranché

Personnellement je commence à en avoir assez de me répéter inlassablement. Le 18 juin, de l’année dernière déjà j’expliquais qu’on s’acheminait lentement vers un régime totalitaire. Et il ne faut pas s’y tromper. Hollande n’était là que pour préparer le terrain à Macron. Permettre au jeune dictateur de banque de parachever le travail ordonné par le Council on Foreign Relation et les Young Learders. Et à en croire Aaron Russo, rapportant les propos de David Rockfeller, dans ce jeu nous ne sommes rien de plus que des serfs, des esclaves. Ou pour reprendre les expressions du tyranno, des feignants, des cyniques, des riens. Le 10 février de cette année redite. Je pointe du doigt le fait que tout l’arsenal juridique est déjà là, et que la classe politique n’a que comme seul objectif de préserver ses privilèges de classe. Et comme prévu, le filet juridique se resserre. Restriction des libertés, restrictions des droits des travailleurs, restrictions sur le dos des plus pauvres. Cadeau fiscale, mieux qu’un cadeau, on favorise l’évasion du même nom en ne s’attaquant plus aux biens mobiliers de l’ISF. Ce n’est plus une présidence, c’est un hold-up doublé d’une prise d’otage. Et cette fois ce n’est pas les grévistes qui « prennent en otage », c’est notre gouvernement. Cette assemblée fantoche et ce monarque au pouvoir absolu. Les grévistes, les manifestants, rien de plus que de la figuration, l’amuse-gueule des matraqueurs et des médias, dix secondes d’images à perte pour documenter la propagande du CAC40.

 

Alors oui, je fatigue.  Et en même temps je sais pertinemment que l’écrire ne change rien. Orwell n’aura finalement pas dénoncé le totalitarisme dans son ensemble, il en aura écrit le mode d’emploi. Et je sais surtout que je ne suis pas le seul à le dire, à le penser, à le dénoncer, en vain. Le rouleau compresseur médiatique, l’abrutissement des masses par le canal de la consommation et des discours creux. Des discours qui en disent pourtant plus long qu’ils y paraissent. Notre Néo Pétain, notre Pétainot, militant pour une armée européenne, dans le contexte, ne milite pour rien d’autre qu’un gouvernement mondial. Une armée européenne d’états uniformisés, sans frontière, sans peuple, sans autre culture que celle dispensée par la propagande commerciale, un immense camp de plus de 300 millions d’individus, pardon, de consommateurs, captifs. Et au dessus de ça, régnant, les Lafarge, Bouygues, Bolloré, Dassault, Lagardère, la smala des associés de Daech, des trafiquants de drogue de la corne ouest de l’Afrique, de la politique génocidaire de l’Otan, ou de la Ripoublique de France Afrique, en Syrie, au Rwanda, en Irak, etc…Moyen-Orient et continent Africain livrés à la guerre, aux exactions de toute sortes, à une épidémie de choléra dévastatrice au Yemen, grâce au client favoris de Serge Dassault, les Emirats. Le tout dans le plus grand des calmes, la plus complète soumission d’un peuple aujourd’hui disparu, dispersé, inutile. Mais qui va continuer de chouiner sur les « arabo-musulmans » chaque fois qu’un malade mental se sentira besoin de se dédouaner de ses névroses en invoquant Dieu. Daech s’en fout tellement de prendre à sa charge tous les événements violents de cette planète qu’ils revendiquent même des actes qui n’ont rien à voir avec eux. Un vrai franchisé du meurtre gratuit.

 

Il y a peu de temps, suivant une amie sur un réseau social russe, je réalisais le violent contraste avec celui du célèbre puceau bleu, Mark « j’ai un problème sexuel » Zuckerberg. Le petit fasciste qui vous réclame vos papiers pour récupérer votre compte, qui censure une photo d’Hitler avec des oreilles de lapin mais autorise escrocs, adorateurs du nazisme ou de Daech à dépoiler leur haine de l’autre, à plumer leur voisin. Aucune censure d’ordre sexuel sur VK, les escrocs signalés virés instantanément, des images de Poutine interdite par la justice russe, autorisés sur le site. VK, le réseau social de la dictature de Poutine respire à l’air libre. Et je finis par me dire qu’en dépit de la tyrannie objective de l’autocrate russe, en dépit de ses vœux de Grande Russie, de son soutien à la sanguinaire tyrannie d’un Kadirov ou d’un Assad que ce n’est pas pire que celle qui s’installe dans ce pays. Un pays bien plus petit, remplit de flics, cintré de lois pénales, et de privation de liberté, et last but not least couramment au service d’un discours racialiste à base de choc des civilisations inventé de toute pièce par le terrorisme américain. Quand je vois également de qu’elle façon dont la Chine tente de modérer avec la Russie à nouveau les appétits destructeurs face à la folie nord coréenne de l’autre tyran Trump, le cinglé de Dieu, bouffon de télé, plus préoccupé de tournois de golf et d’hymne national que de la simple sécurité de ses citoyens. Bouffon narcissique qui sur ce seul point et bien d’autre se retrouve à égalité avec notre mini Duce. Je me dit qu’entre deux maux le pire n’est sans doute pas celui qu’on désigne. Alors on argumentera sûrement que comparativement, les méthodes sont moins brutales, que la dictature soft, à l’étouffade c’est mieux que le franc coup de trique, excepté que 337 catalans ont découvert, front ouvert et nez cassé que l’un n’empêchait pas l’autre. Bien au contraire, il suffira de traiter la répression de Madrid comme l’ont fait les médias nationaux, sans jamais s’y arrêter, sans jamais relayé d’autre discours que celui du pouvoir central, à savoir celui émanant du Parlement Européen, celui qui est en train de tordre le bras à ce pays pour lui faire définitivement boire la tasse du libéralisme global. Où la dictature c’est la démocratie, la paix c’est la guerre permanente, la liberté c’est l’asservissement. Bref pour la première fois de ma vie, moi le gamin de la Guerre Froide, du Baby Boom, tout juste majeur sous Mitterrand, je fini par trouver plus de charme à l’autre côté du monde. Ce côté toujours présenté comme tyran et qui par ses dimensions, sa poésie, sa richesse, sa taille fini par être plus séduisant à mes yeux que la médiocrité européenne, occidentale dans son ensemble. La tristesse de tout ça c’est que finalement c’est choisir Charybde au lieu de Scylla , un monstre pour un autre, mais quel importance si sous la dimension de l’un un minimum de ma liberté est préservée ? Je suppose qu’ils n’en voient pas des masses des caméras de surveillance et des militaires en arme dans les confins sibériens, dans les plaines du Yunnan, dans le Delta du Mékong, alors que moi j’en vois tous les jours. Mais au fond je rêve d’ile lointaine, attendre les ouragans qu’on en finisse et dans l’intervalle ne plus obéir à aucune de leurs lois.

 

Actuellement je lis un livre sur la piraterie au XVIIIème siècle « Pirate de tous les pays » de Marcus Rediker. Témoins d’une réalité sociale de l’époque, les pirates étaient tous d’anciens forçats de la mer, tous soumis au régime meurtrier des navires marchands qui tout autant qu’ils pillaient rendaient volontiers justice pour ou contre leurs anciens maitres selon leur attitude en mer. Avaient créée une société réellement démocratique où le chef ne l’était qu’à l’heure de la bataille, où tous avaient leur mot à dire et où l’on préférait prendre des volontaires que d’enrôler de force. Une conception de la justice chez les hors la loi qu’on ne retrouvera jamais plus, sinon dans les légendes chinoises du roman Au Bord de l’Eau, de Robin des Bois, et d’autres récits mythifiés des protos mafias du XVIème et XIXème siècle. Immanquablement je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec les anecdotes que me racontent les gamins de mon quartier. Tous prolos, avec des études, parfois un bac, et un cerveau. Tous se démerdant de petit boulot et de taille de 25 grammes à la sauvette, et qui me dépannent de dix euros parce que moi faut que j’attende le 6 pour avoir le droit de vivre dans ce pays. Les récits de débrouille, de contact avec les uns et les autres, de réussite, car il y en a plus qu’on ne le croit même si ça ne passe pas forcément sous la fourche caudines d’une loi réservée aux seuls pauvres. D’une justice qui ne sait plus que la prison, sauf si le cinglé est susceptible de commettre un meurtre au nom de son dieu de cramé. Tout est finalement qu’une question d’adaptation et de discrétion dans cette France de l’hypocrisie généralisée. Savoir se faufiler et prendre l’argent dans les bonnes poches. A l’image des Bolloré et Dassault, à l’image de « ceux qui réussissent ». Une délinquance en demi teinte pour ne pas déranger une police de la régulation du trafique de drogue, une police du racket et de la batonnite. Et rapportant suffisamment pour amadouer Bercy, acheter éventuellement un maire, un conseillé général, un député. Chacun ayant sans nul doute son tarif, je ne serais pas surpris qu’un jour émerge un document confidentiel relatant les barèmes selon le degré hiérarchique du législatif à l’exécutif en passant par la justice.  Et face à ça je fini par me dire que cette semi délinquance est le seul salut qui reste, le seul espoir de liberté, le seul moyen de se rendre justice à soi et aux siens. Et mort aux vaches !