Le jaune est mis

Le jaune est mis, en route pour une quatrième tournée, Macron t’as pas aimé, t’as encore rien vu. Les étudiants, les ambulanciers, les camionneurs, les CRS parfois si on casse rien, le personnel de santé, tout le monde s’y met et jusqu’ici ça ressemble à une grande farce, un énorme pied de nez non seulement fait à tous les partis, du Rassemblement National à la France Insoumise en passant par En Marche, mais au gouvernant et à tous les plans pré établis ailleurs dans quelque think tank au nom exotique. Zemmour en perd son latin, les politiques se balancent la patate jaune ne sachant trop quoi en faire, surtout ne pas essayer de les récupérer ça les énerve. Et Emmanuel Todd compte les points en assassinant Macron à petit feu. Macron l’homme à abattre, un canard sans tête comme dit si cruellement le même Zemmour. Macron dont tout le monde veut la peau de Ruffin aux gilets jaunes. Et on se doute que dans sa propre formation, gouvernement, ça grince et pire encore chez les zilliardaires qui l’ont fait élire. Et pendant que les chiens de garde de l’oligarchie, les médias main stream, ânonnent avec un zèle comptable que le roitelet a été élu démocratiquement, les gilets répondent référendum d’initiative populaire, responsabilité collective des dirigeants, salaire, pouvoir d’achat, heure sup défiscalisées, retour de l’ISF, etc. Dans la précipitation de son incompétence, ce gouvernement de technocrates aux ordres, vient de lancer un os comme une mômerie jeté à des gens qu’on ne comprend pas et surtout qui font peur. Bouh le peuple est là ! Tenez le peuple, six mois de sursis et les jaunes raisonnables, s’il vous plait ne venez pas aux Champs la prochaine fois. S’il vous plait madame, s’il vous plait monsieur… C’est quelle couleurs ça « jaune raisonnable » Castaner ? Hein dit moi Edouard ? Vous avez vu comme notre premier ministre n’en mène pas large ? Bon Macron essaye de faire son numéro de dignité, droit dans ses bottes tout ça, mais le sinistre, ouh là ! Il n’arrêtait pas de se gratter les mains devant les CRS tout bien conscient que deux cent boules sur leur fiche de paye ça va pas suffire longtemps pour faire la viande à caillou et coup de pied dans la gueule. Surtout si l’on compte sur le fait des milliers d’heures sup impayés que l’état doit aux forces de l’ordre, et ce paradigme qui veut que CRS comme gilet viennent en réalité du même milieu populaire, du même milieu des classes moyennes en voie de paupérisation comme des agriculteurs, des banlieusards, la France des fin de mois difficile c’est-à-dire toute la France moins 1% et leur crème. Toujours les mêmes, la bourgeoisie française, bien assise, bien installée, toute persuadée qu’elle restera au service de ses maitres encore longtemps avec un mouvement pareil. Mais tout ça va durer jusqu’à quand ? Jusqu’à quand ça va rester farce ? Le troisième opus a donné des ailes au mouvement contrairement à ce qu’espérait le gouvernement en lâchant ses chiens, le lendemain les ambulanciers se pointaient comme des fleurs à l’heure des braves, l’air de rien, pimpon sous le Crillon. Bonjour amis riche ! Ici on crève, ici on rêve… Ici on brûle son outil de travail en guise d’abandon et de rage. Car c’est la rage qui couve. Trois semaines de fatigue sur les barrages, dans le froid, sous la pluie, la neige, que foutre on lâchera pas. Trois semaines à défiler en braillant la Marseillaise et à se faire gazer, mais on lâchera pas ! On lâchera plus. Et c’est ça qui terrorise le gouvernement en réalité, cette volonté de fer que donne la survie au quotidien. La faim, la peur de ne pas pouvoir assurer un avenir à ses enfants ou même à soi, l’avenir qui se barre en couille au fil des années, et ça s’entasse le long du périphérique un peu plus chaque année. Un peu plus épais la couche d’humanité grise couchée sous les tentes Ushuaia bleu piscine. Celle qu’on ne voit jamais, comme disait un gilet furieux, ça fait trente ans que les SDF dorment dans la rue et ces messieurs, tous ces messieurs depuis trente ans se sont contentés de ne strictement rien faire tout en promettant perpétuellement des lunes. Et je sais de quoi je parle, quand j’étais SDF pour me faire aider par la mairie je m’entrainais à pleurer à la demande, comme un acteur, fendiller le petit cœur froid de la fonctionnaire harassée, sans quoi pas d’aide. Et en fait les aides c’est les associations comme Emmaüs qui m’en donnèrent pour que je paye mon hôtel au mois. Ca et la flopée de petits boulots que propose le néo libéralisme à la française, école de l’esclavage. Ce Medef qu’aujourd’hui on entend plus moufeter, pas une oreille qui bouge dans l’expectative du samedi qui vient. Parce que le comble c’est que si Drahi et Bolloré nous filment sous la matraque ou ravageant l’Arc de Triomphe (ouh le pauvre plâtre !). Si les chiens de garde de l’oligarchie ne cessent de répéter qu’ils sont là pour « comprendre, décortiquer, analyser » (dans cet ordre, écoutez les bien sur C News et BFM la prochaine fois) trois mots pour un seul, trois mots pour : « au secours des pauvres sur mon plateau que faisons-nous ? ». Ce n’est pas seulement des ouvriers qu’on retrouve en bas à appeler Manu, à lui dire de descendre, mais également les petits patrons, ceux qui sont proprement racketté par l’Urssaf et le RSI, ceux qui regarderont le CICE prit dans leur poche pour le voir offrir au cercle des nantis du CAC 40, les vrais patrons du Medef, et la boucle est bouclée. Et pendant ce temps les CRS reçoivent de l’acide et autre joyeuseté tout ça pour 1800 euros par mois. Combien de taxe sur cette paie aussi ? Et où va tout cet argent qu’on ne leur paie pas alors qu’on est un pays censément riche ?

Où va l’argent ? C’est au fond la question que tout le monde se pose. Quel est le projet là-dedans ? 40 milliards viennent d’être accordé aux grosses entreprises, dont les principaux bénéficiaires, on le sait déjà, seront des Bernard Arnaud qui émarge aux Caïmans et des Mulliez qui se sont réfugiés en Belgique. 100 milliards d’évasion fiscale et malgré ça on supprime l’impôt sur les grandes fortunes, on instaure la flat tax et alors que les gilets commençaient à monter leur barrage, le roitelet flattait les traders londoniens en se caressant devant la glace qu’il est le Margaret Thatcher à la française. Un métier de pute disait Alain Minc, autre porté disparu des plateaux, parlant de l’ancien métier du roitelet, banquier. Un métier de pute que le roitelet n’a jamais envisagé autrement alors qu’il flattait l’instinct moqueur des autres pays à notre égard. Les gaulois réfractaires au changement…. Qu’ils viennent me chercher. Bah voilà, ils arrivent et ils sont de plus en plus énervés, c’est la fièvre que promettais un jour dans leur chanson les NTM sans imaginer qu’elle viendrait non pas des quartiers mais de tout le pays, et jusqu’à quand ça aussi ? Jusqu’à quand l’onde de choc va épargner l’embrasement général ? Parce que niveau injustice social, ils en ont gros eux aussi, d’ailleurs le collectif Justice pour Adama a déjà rejoint le mouvement. Et pendant ce temps, toujours à se policher devant sa glace, le roitelet joue les Mitterrand, mutique, essayant d’avoir l’air dignement courroucé chaque fois qu’il visite un lieu dégradé, ombre ridicule de lui-même, farce et attrape de Jupiter de foire, accroché au rebord de son destin de ses doigts fins de comptable. Ne voit-il pas la tempête venir, veut-il finir comme Kadhafi ? Le mouvement est pacifique depuis le départ, on le pousse à la violence, combien de temps encore ?

Nous sommes le début de mois et quand j’aurais payé ma passoire thermique il me restera exactement 46 euros pour vivre. Naturellement je prendrais sur mon découvert, j’ai l’habitude, ma banque aussi, et on s’entend plutôt bien. L’EDF est pour le moment aux abonnés absents, serait-ce une erreur ou les gilets jaunes encore, un coup en douce ? Je ne sais pas, je ne suis pas inquiet pour mon avenir, pour la première fois dans ce pays je le vois même en rose, en jaune, toute les couleurs de l’arc-en-ciel à vrai dire, même le bleu hématome s’il le faut parce que plus personne ne veut rien lâcher parce que nous sentons tous que c’est le moment ou jamais de libérer notre pays de la gabegie générale dans lequel tous depuis Mitterrand nous ont plongé, et ce à l’intérêt toujours plus dévorants et exclusifs de leurs amis des grands groupes, des lobbies, de la finance mondiale et de la bourgeoisie française, seuls véritables bénéficiaires du fameux ruissellement avec lequel on nous baratine depuis quarante ans. Cette même bourgeoisie qu’on entend aujourd’hui glapir dans le poste.  De Cohen à Zemmour, les éditocrates de l’oligarchie en rajoute des couches sur la violence et les menaces de mort lancé à l’encontre de quelque gilets jaunes ayant pris le melon. Et on surprend dans leur regard la panique de voir un mouvement totalement apolitique ne réclamant rien de plus au fond que plus de justice, que les trois mots aux frontispices de nos mairies et de nos préfectures ne soient plus seulement que des mots, Liberté, Egalité, Fraternité, mais des faits. Et comme je peux comprendre leur affolement, eux qui ont grassement profité au Diner du Siècle, eux qu’on entretenait dans leur vanité pour qu’il déroule docilement le tapis rouge au nouveau capital, celui qui se propose rien de moins que de racheter le monde et nous dans le lot. Mais pour Madame Schiappa, la cruche d’En Marche qui a abaissé le consentement sexuel à 13 ans, c’est la République qu’on attaque. Alors que c’est elle qui est célébré bien au contraire, elle qu’on réclame, la vraie république, la chose du peuple et pas celle de quelques profiteurs aux ordres ou pas. Cette république qu’on nous a volé depuis la nuit du 4 août à dire vraie mais avec laquelle on a fait contre mauvaise fortune bon coeur parce que l’histoire de ce pays est ainsi faite. Un pays de rebelles et auquel ce mouvement, violence ou pas, fait aujourd’hui honneur. Aujourd’hui pour la première fois de ma vie je suis fier d’être français.

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