Silence on massacre

Poutine a lâché la bête, Obama a refusé d’intervenir quand il en avait l’occasion, le boucher d’Ankara, l’homme qui a monté un coup d’état de toute pièce pour boucler son pays sous le poing de sa dictature de mafieux et d’islamistes, Erdogan la crevure, a jeté ses cannibales sur les kurdes de Syrie. Le vieux rêve de sang de cette Turquie décidément si portée sur le génocide, en finir avec le « problème kurde » comme elle l’a fait des arméniens, vient d’être livré en buffet froid au meurtrier d’Ankara.  Vous vous souvenez hein les kurdes… toutes ces jolies femmes qu’on nous vendait mettant la déculotté aux cinglés de Daesh, les mêmes auprès des qu’elle le pimpant BHL aimait s’embraser au mieux de sa suffisance et de son narcissisme. Cet occident si exemplaire, si propret, qui se gonflait de l’exemple kurde contre le monstre du désert. Cet occident de média et de réseaux sociaux, de bavardages médiocres, d’indignation de slip, fond de cabinet des opinions tièdes, pendant que dehors, dans le monde réel on tue en prenant son pied. Pendant que dans le monde réel, un autre occident, des hommes et des femmes j’imagine, ni barbouze ni Rambo, vont se battre au côté de ces mêmes kurdes contre lesquels nous venons donner la permission de tuer au même qui trafiquait du pétrole avec Daesh. L’islamiste acceptable des salons pourpres de l’occident frelaté, de notre petit commis de banque, qui s’est empressé de frotter ses chaleurs de marchand à la cuisse du tyran, entre tyran n’est-ce pas, on s’excite un peu. Le brûlant violeur turc et ses Allah Akbar d’infâme et le comptable poisson froid du petit technocrate franchouillard que des imbéciles ont élu, béats de télé, obèses de propagande d’état qu’ils sont. Depuis samedi l’opération cyniquement appelé « Rameaux d’Olivier » s’est déchainé sur le kurdistan syrien. Belles images de chars gravissant des collines dans les médias, militaires en progression, lointaine canonnade, ouh que la guerre est esthétique. Ah non pardon ici on n’en parle pas, à peine. Les zozos de l’assemblée jouent à qui pisse le plus loin attendu qu’on ne leur demande de toute manière pas leur avis, juste leur soumission. Bidule a pas fait exprès de tuer sa femme et de la cramer, et CNN dramatise sur le viol des stars. Silence on massacre.

Cela fait des décennies que la Turquie veut la peau des kurdes, et ils ne sont pas les seuls, les kurdes doivent mourir et surtout ne jamais obtenir leur indépendance. Les kurdes n’existent qu’à l’heure dite des indignations stratégiques d’un occident de marchand de chair humaine. Comme les hmongs, les karènes, les harkis avant eux, après s’être battu contre notre ennemi commun, ils sont lâchés aux mains des assassins. Et comme après la libération du Vietnam, de la Birmanie, de l’Algérie, c’est la curée, au sens propre. La jeune femme qui illustre cet article s’appelait Barin Kobané, les alliés des turcs l’ont prise vivante, torturé, mutilé, tué, violé, battue, les seins découpés au son d’Allah Akbar… juste après avoir reçu le blanc seing de l’enfant de pute de l’Elysée, la France a recommandé à la Turquie de la retenue. Enfants éviscérés, brûlés vifs, femmes violées et dépecées…. Et le quai d’Orsay parle la retenue. Le boucher d’Ankara qualifie les kurdes de « croute de terreur », les combattants de l’YPG et les guerrières de l’YPJ dont faisait partie cette jeune femme sont les alliés objectifs du PKK que les turcs combattent depuis trente ans, il est hors de question qu’ils puissent réunir les enclaves kurdes, d’ailleurs apparemment c’est simple le dictateur nie l’existence même des kurdes, leur droit, leur terre, leur culture. Et on comprend bien pourquoi vu que c’est l’Islam imbécile et tyrannique que défend le boucher. La société kurde est une société du partage et de l’égalité homme femme, et si l’Islam sunnite y est bien majoritaire, il y a également des kurdes chrétiens, animistes, zorozastrien, juifs, yizédines… Vous savez ces fameux yizédines que Daesh a massacrés sous les yeux sidérés de l’occident repus. Non, vous ne voyez pas ? C’est vrai qu’au terme de tous les génocides dont se rendent directement ou indirectement responsable nos gouvernements on perd un peu le fil. Pas de panique Erdogan va vous rafraichir la mémoire. C’est que cette saloperie a bien compris le chantage à l’immigration clandestine qu’il pouvait mener contre l’Europe des coffres forts. Les employés du CAC40 qui gouvernent, ici, à Bruxelles, Londres ou Bonn ont également bien compris la bombe électorale que représente cette immigration massive qu’ils ont eux-mêmes provoqué avec leur inconséquence et leurs projets mégalomanes et le vieux salopard qui tyrannise la Turquie et aujourd’hui la Syrie en joue d’autant qu’il connait par cœur la médiocrité et le faible pouvoir de ces pseudos dirigeants. Silence on massacre.

En occident voyez-vous on est occupé ailleurs. A filmer des bites qui court sur fond de témoignage de harcèlement, à balancer son porc mais puisqu’il est présumé coupable à l’applaudir à tout rompre à l’assemblée. Bref à défendre l’honneur de la Femme en Péril en s’appuyant sur une hystérie collective d’obsédé moins du cul que de la frustration sexuelle tout en continuant sur le même son de flûte. Barin n’aura droit à aucune dénonciation ou alors à peine des quelques voix par laquelle l’atroce vidéo de son massacre est passé. Les fous ont été lâchés sur la Syrie depuis longtemps mais le psychopathe d’Ankara ne compte pas s’en arrêter là. Il veut repousser « la croute » jusqu’aux frontières irakiennes. Car la partie du Kurdistan qui se trouve sur le territoire turc depuis que l’occident en a décidé ainsi en 1919 et dont l’autonomie est rejetée depuis la conférence de Lausanne en 1923, n’appartient simplement pas aux kurdes dans l’esprit très limités de l’imitateur islamiste de l’Atatürk. Et depuis trente ans c’est ainsi. Hier la Guerre Froide faisait les beaux jours de l’alliance turco-américaine contre les communistes du PKK, aujourd’hui le soutien de Washington face aux forces kurdes a considérablement refroidi les relations entre les deux pays et le turc promet de massacrer jusqu’aux derniers la force de sécurisation de la coalition, 30.000 hommes, composés pour moitié de kurde de l’YPG, qualifié par Ankara « d’armée de terroriste » et qui se trouve dans les zones nettoyées et empêche le retour des djihadistes. Une tension qui arrange bien les affaires de Poutine, on s’en doute, pendant que les caméras du monde entier filment la constipation d’Ivana la cocue internationale. Silence on massacre.

 

Vous savez quoi ? J’ai hâte que toute cette société s’effondre. Au revoir madame, reposez vous bien.

 

 

 

 

 

 

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L’Amérique ce fake news

En préambule et avant que l’on me fasse un procès en anti américanisme primaire j’aimerais éclaircir deux choses, d’une je suis un enfant des années soixante, élevé dans le mythe d’une Amérique triomphante. Mon héros enfant s’appelait John Wayne et pas une seconde durant toute la Guerre Froide je n’ai remis en question le conte de fée imposé par la Pax Americana sur la moitié du monde. De deux je me suis rendu sur place il y a une trentaine d’année, j’ai baigné comme nous tous dans la culture américaine et peut-être plus que nous tous puisque ma cinéphilie m’a entrainé à voir quantité de films américains, à en constater l’évolution funeste, à en admirer certain de ses plus grands auteurs. Mais aussi mes goûts littéraire qui ont longtemps été presque exclusivement américains. Comme tout le monde je suis fasciné par l’Amérique, ses paysages, sa folie, et même son histoire parce qu’elle n’est fabriqué que de violence et la violence fait de bonnes histoires. Les américains plus encore que n’importe qui l’ont compris depuis longtemps.

La violence fait de bonnes histoires parce qu’elle engage des passions, une geste, une cause, bonne ou mauvaise. Elle bouleverse, renverse et bâtit aussi. L’Amérique a bâti son histoire sur cette violence. Il y a eu d’abord la guerre d’indépendance, puis la guerre de sécession et tout du long, sporadique ou en continue, les guerres indiennes. Puis la guerre contre les espagnols à Cuba, la guerre au Mexique, aux Philippines, dans les Caraïbes, en Chine, etc… bientôt deux cent cinquante ans d’existence et guère plus de vingt ans de paix, et encore…. L’Amérique a un casque sur la tête et elle ne le quitte même pas pour dormir. Et tous les américains sont élevés, dressés, avec pour seul horizon cet imaginaire guerrier. Regardez comme Hollywood glorifie la guerre, comment les médias magnifient les militaires, le drapeau et leurs « sacrifices » comment les guerriers, soldats, espions et tueurs sont constamment représenté dans la culture pop américaine. Pourquoi imaginer qu’une organisation comme Daesh plus particulièrement maligne que tout le monde dans sa propagande ? Puisqu’ils ont adapté et copié la propagande américaine à leur cause avec force spectaculaire. Force violence, explosion, musique ronflante, message simple promettant toujours des absolus. Je ne m’intéresse pas à la propagande de Daesh mais j’ai baigné dans celle américaine, et combien de fois j’ai pu entendre que l’Amérique défendait la liberté dans le monde, la démocratie, la justice ou que Dieu était avec elle ? Et cette propagande et tellement rentré dans les mœurs du monde et dans l’ADN des américains eux-mêmes qu’ils le répètent sans le moindre recul, sans le moindre doute qui au Pentagone, à la Maison Blanche, à la CIA et bien entendu dans les médias, américains ou européens. Car nous avons pris le pli de la colporter, particulièrement en France où l’intransigeance d’un De Gaulle n’a connu d’équivalence que la compromission de ses successeurs. Et tout le monde, en Europe, en Amérique même, et maintenant dans le monde a pour ambition de devenir cet américain des publicités et des films, cet américain qui n’existe pas d’un pays qui n’est en réalité bâtit que sur du vent, de l’esbroufe, un mensonge.

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Le rêve américain ou l’opium des consommateurs.

Le terme a été inventé en 1931 par l’écrivain et historien James Tuslow Adams et définissait l’accès aux libertés fondamentales et à l’ascension sociale par le mérite. L’Amérique éternelle terre d’opportunités infatigables offrira gloire et fortune à tous ceux qui mettront les mains dans le cambouis. Promis juré. Le culte protestant du travail et du mérite, de la sueur et du droit que doit conférer la richesse. Car si j’ai de l’argent c’est que j’ai réussi et si j’ai réussi c’est donc que Dieu est avec moi, que je suis un exemple à suivre. Et qu’importe au fond les moyens. L’Amérique admire à égalité ses voyous et ses génies, et transforme tous ses bandits en légende, de Billy The Kid à Henry Ford. Et elle en est à croire tellement à sa propre mystification qu’elle en vient à confondre un personnage de télé réalité avec un homme d’état, qui s’appuiera tout au long de sa campagne sur l’affection que les américains portent aux voyous, aux démagogues, aux caractères violents. Donald Trump ne communique pas, il balance des punch lines plus ou moins médiocres et qui révèlent essentiellement son infantilisme. Mais l’essentiel c’est qu’il marque les esprits. Cinq ans d’outrances et de menaces ? A voir puisqu’il n’est là après tout que pour la galerie d’un état profond qui a totalement perverti ce droit au bonheur légitimé par la constitution de 1776 pour en faire ce fameux rêve américain, un songe creux dont personne ne semble réaliser qu’un rêve, par définition, c’est dans la tête et seulement dans la tête.

C’est au fond Sigmund Freud et ses découvertes qui a empoisonné ce droit au bonheur pour le transformer en en droit du consommateur. Ou du moins son neveu Edward Bernays, publiciste austro-américain et rien de moins que père de la propagande moderne. En s’appuyant sur les recherches de son oncle il fera fumer les femmes, renversera des gouvernements, fera élire des présidents, adopter des politiques et à vrai dire bouleversera totalement la société américaine à son insu. Le père de l’ingénierie du consentement, l’inspirateur de Goebbels qui le citera au cours d’une interview. Au reste si on compare la mise en scène d’un rassemblement nazi et d’un rassemblement militaire américain, il n’y a guère de différence que dans les salut et les drapeaux, et je parle ici non pas seulement d’image mais même d’idéologie. L’Allemagne d’Hitler défendait le Lebensraum, l’espace vital, celle de Théodore Roosevelt défendra le Destin Manifeste. Mais peut-être est-ce les racines allemandes de nombreux américains puisque ce concept de lebenstraum est antérieur à l’Allemagne d’Hitler. Les nazi exaltaient la jeunesse, la force, le déterminisme, l’Amérique a exactement les mêmes valeurs Et quand Hitler enivrait les foules de ses discours de haine il n’y mélangeait pas moins le même cocktail de menaces et d’exaltation, d’appel à la liberté, à la force et au courage et du droit des allemands à gouverner le monde, qu’un président américain moyen en exercice. Bien entendu le motif de haine n’est plus le juif puisque le juif par la grâce d’Hitler est devenu un intouchable un saint, dans la fiction américaine. Il a été communiste, il est musulman, il menace ou menaçait la liberté et la sécurité du monde et pour votre bien nous allons dépenser 657 milliards de budget militaire dont une bonne part aujourd’hui au-dessus de vos têtes, invisible, inconnu et foutrement dangereux, on y compte bien.

Pour autant c’est bien la monstruosité du régime nazi qui a fait paniquer les dirigeants américains, de la Maison Blanche à Goldman Sach. Paniquer devant l’irrationalité des foules qu’il faudrait désormais veiller à canaliser, discipliner, en un mot contrôler, par la marchandise, reliant la dites marchandise à des valeurs « positives » l’expression du moi comme forme de bonheur, seule liberté, j’ai donc je suis, je suis donc j’ai droit, et pour avoir il faut que je travaille et me conforme. Et pourquoi pas me conformer puisque je peux acheter ce que je veux, puisqu’il y a du travail si on retrousse les manches, puisqu’après tout, tout le monde le fait. C’est l’Amérique des années 50, la même qui depuis 1865 fait comme si les noirs n’existaient pas que l’Amérique était uniformément blanche, et peut-être la même au fond aujourd’hui si on regarde ce qui s’est produit à Charlottesville, Compton, Watts, Baltimore, dans les années 60, à la Nouvelle Orléans pendant Katrina, dans toute l’Amérique après Rodney King. Ces noirs indociles, incompréhensibles, qui n’obéissent pas à l’injonction implicite du rêve américain ou le droit au bonheur devient un devoir exclusivement circonscrit à certaines valeurs impulsives comme se reproduire, fonder une famille, avoir de l’argent, manger, manger à satiété et au-delà… où implicitement on ne parle plus jamais de citoyen mais de consommateur. Et où donc forcément une population composant 40% des prisons américaines, où l’espérance de vie est dans certain quartier moitié moins importante que dans un quartier blanc, où le crack, introduit sciemment par une administration dévoyée, a ravagé une génération au complet de l’ouest à l’est, ne peut se sentir concerné. Ni même par l’existence supposé de ce rêve, ni par son accès. Obama me direz-vous ? De la poudre aux yeux pour les bobos.

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Le mensonge du melting pot.

La première et seul fois où j’ai débarqué à Chicago, je logeais chez des amis à mes parents, blancs tout comme moi. Leur rue était bien délimitée, d’un côté des maisons coquettes occupées par des blancs, de l’autre des  maisons moisies occupées par des noirs, c’était dans les années 80. Les Wasp n’ont jamais supportés, par principe, tout ceux arrivé après eux. Comme le raconte Gang of New York et tout le récit de la formation des mafias et autres gangs d’Amérique, la même histoire se répète. Celle d’une vague de migrants contre une autre, précipitées par le puritanisme et le rejet des premiers arrivants qui après avoir massacré les premiers occupants comptaient bien garder leur royaume rien que pour eux. Les italiens furent également les nègres de l’Amérique, tout comme les chinois, les irlandais, les juifs d’Europe de l’est. Et à chaque fois l’Amérique Wasp réagit à cette nouvelle vague d’arrivant par la répression et la violence. Les premières lois sur la prohibition de l’opium, en 1887 à San Francisco visait la communauté chinoise. Allemand et japonais furent systématiquement interné pendant les deux secondes guerres mondiales, et le maccarthysme, cette usine à fantasme inventés par Hoover, visait notamment les étrangers. Les étrangers et globalement tous ceux que John Edgard le travelo considérait comme déviant, juif, noir, homosexuel… Mais les noirs ont ajouté à ce supplément d’âme pour des protestants qui est la culpabilité. En rompant les chaines de l’esclavage l’Amérique Wasp ne pouvait faire face à ces millions d’individus importés, maltraités, battus, castrés, pendus, vendus comme du mobilier pour bâtir cet empire naissant. Alors elle les a ignorés, et quand les noirs se sont soulevés elle a tué ses leaders. Aujourd’hui l’Amérique Wasp leur a accordé Barack Obama, les droits civiques, des montagnes d’or pour capter l’industrie du divertissement de Sammy Davis Junior en passant par Tupac, Will Smith ou Prince. Et l’espérance de vie d’un noir est pourtant 7% inférieure à celle d’un blanc en 2018 tandis que 50% des jeunes noirs pensent qu’ils ne dépasseront pas 35 ans. C’est la fabrique à consentement, le rêve américain. Celui qui consiste à faire croire et se faire croire que les choses ont changé dans les têtes parce que qu’Obama a eu le prix Nobel.

Ce rêve, comme tous les rêves, se tisse de légendes. Tout est transformé, magnifié, de tout il faut tirer une gloire, de rien il ne faut prendre de leçon, il ne faut comprendre, accepter, voir, comme ces camés, ces alcooliques qui refusent d’admettre leur addiction ; Comme des enfants effrayés par le noir et qui s’inventent un ami imaginaire. Pour l’Amérique ce sera Ronald Reagan, Donald et Mickey, Walt Disney, William Randolph Hearst ou Bonnie and Clyde. Et quand les choses finissent par la dépasser que sa volonté de diriger le monde rejoint son incompétence à le faire, elle se fabrique des supers ennemis, la drogue, les noirs, le communisme, Ben Laden, l’Islam, le terrorisme. Des supers ennemis pour des combats perdus d’avance parce qu’on ne l’emporte jamais sur les chimères. Des catalyseurs en réalité sur lequel l’Amérique marchande compte pour conserver son pouvoir. Car après tout comme le dit l’écrivain noir américain James Baldwin, blanc ça n’existe pas, blanc c’est seulement le symbole du pouvoir. Il n’y a pas de pouvoir blanc pour le redneck de l’Alabama, il n’y a en réalité que Wall Street.

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La fabrique à mensonge.

Tout le monde connait cette statue, en réalité immonde de gigantisme pompier, elle termine le film de Stone, JFK, celle d’Abraham Lincoln, avec sa barbe de pasteur méthodiste qui regarde droit vers le Monument Washington, ses mains gigantesques posées sur ses cuisses comme un bon père invitant les petits sur ses genoux. Cette statue comme le mythe entourant tant la guerre de sécession que la personne de Lincoln a fait croire à une Amérique abolitionniste contre une Amérique raciste, une Amérique du progrès, celle qui a voté Obama dans l’imaginaire européen et français contre une Amérique attardée et forcément d’extrême-droite du sud blanc. Le fameux redneck dont le monde entier se moque grâce à la vision complaisante et méprisante qu’en donne la bourgeoisie américaine. Celle du sud rural, de la Bible Belt, la majorité mugissante des mall et des show d’Oprah Winfrey, de la malbouffe et du patriotisme primitif, de Trump. Mythe qui a d’autant rejailli sur Lincoln lui-même qu’il a été assassiné lui conférant l’indispensable aura des martyrs. Oubliant dans la foulée que Lincoln n’était initialement pas pour l’abolition de l’esclavage, que le gros des troupes qui se battait dans le sud ne le faisait certainement pas pour le maintien de l’esclavage vu que la plus part étaient à la limite eux-mêmes de l’esclavage, paysans pauvres qui craignaient pour leurs emplois, leur existence même au rebus de la société de l’époque. Et qu’enfin la politique d’une acre et une mule pour tous les noirs qui se rangeraient au côté de l’Union n’avait en réalité que pour but de priver le sud de main d’œuvre gratuite et de pousser à la révolte cette main d’œuvre. Une tactique de déstabilisation plus qu’une mesure humaniste. Mais bien entendu il en est ainsi de tous les pays. La France perdure sur ce mythe du « pays des droits de l’homme » en dépit de la guerre d’Algérie et d’Indochine, de l’empire coloniale, du massacre des vendéens, de la France Afrique, ou de la collaboration. Sauf qu’aucun pays n’a entièrement bâti sa légende sur une suite ininterrompue de mensonge, à l’exception de l’Amérique.

Quelques exemples. Toute la carrière de Hoover va démarrer et s’enrichir en mythe dès les années 20/30 tant avec la mort de bandit célèbre comme John Dillinger ou Bonnie and Clyde ou l’arrestation du parrain de Chicago Al Capone. Alors que le FBI n’a jamais eu aucun rapport avec ces morts ou l’arrestation de Capone, que Hoover refusa personnellement la candidature d’Eliott Ness, que les seuls qui n’agirent jamais contre la mafia furent des juristes et des policiers indépendants du FBI, qu’il faudra attendre Bobby Kennedy pour que le FBI enquête enfin sur une Cosa Nostra dont Hoover nia l’existence jusqu’à la réunion d’Appalaches en 57. Edison passe pour être l’inventeur de l’électricité et Westinghouse de l’air conditionnée alors que l’un et l’autre doivent leur fortune à un inventeur fou et polonais, Nicolas Tesla, qui ne tira jamais le moindre bénéfice véritable de ses pas moins 300 inventions. Sorte de Léonard de Vinci autiste de la technologie, l’art en moins, Tesla est devenu au fil du temps le mythe des geeks et des conspirationnistes qui lui prêtent la paternité de projet grandiose et mégalomane comme le projet Haarp ou ce laser ultra puissant que construit l’armée et qui aurait la capacité de détruite un satellite depuis la terre. John Wayne a bâti la totalité de sa carrière sur le patriotisme, l’héroïsme américain, la patrie des braves, la gloire de la politique américaine d’Alamo aux Bérets Verts. Tellement symbolique, incarnant tellement bien cette figure masculine et paternelle, sorte de Monument Valley à lui seul que Staline tenta de le faire assassiner pas moins de trois fois. Alors que Wayne a soigneusement évité de s’engager dans les forces armées en 41 pour ne pas handicaper sa carrière, ce que lui reprochera toujours John Ford. Et ainsi d’incarner toutes les figures héroïques laissées vacantes par ses collègues masculins partis distraire les troupes ou se battre, au point de devenir la figure de référence. Comme Reagan est devenue une référence en incarnant l’American Way of Life dans les publicités General Electric. Ce paternaliste connard qui faisait la morale aux « indiens » et que l’Amérique a dispensé de grandir. Comme elle-même s’est dispensé de le faire. Wayne mourra symboliquement dans le Dernier des Géants et dans True Grit en héros vieillissant et insoumis, joyeusement alcoolique comme il sied à tout bon mâle américain. Il n’aura jamais de compte à rendre aux « indiens » du massacre de Sand Creek ou de Wounded Knee, ni aux deux millions de morts vietnamiens ni aux mexicains qui crèvent dans les maquiladoras à la frontière de l’Alena et des Etats-Unis, d’Alamo, Texas. Cette même bataille présentée par Wayne comme formule ultime de la bravoure américaine, alors qu’Alamo, historiquement, est surtout le témoignage de leur rapine, d’une colonie implantée de force en territoire mexicain et chassée par la force avant que cette portion du Mexique ne devienne Texas.

Car c’est là toute l’habileté des américains, et c’est sans doute la première, leur art consommé du marketing, de transformer un échec, une disgrâce, une injustice américaine en conte de fée moral et magnifique. Combien de films américains pour pleurnicher sur le « terrible-traumatisme-de-la-guerre-du-Vietnam » comme si celle de Corée avait été une partie de plaisir pour ses vétérans. Combien de film en échange pour parler des millions de victimes vietnamiennes, cambodgiennes, laotiennes ? Et quand elle en parle c’est pour dénoncer les charniers de Pol Pot et glorifier l’indéfectible amitié entre un journaliste américain et son guide cambodgien. Le mythe colonial revisité. Comme si l’héroïsme d’un personnage de fiction ou de deux êtres d’exception pouvait racheter le fait que Pol Pot est le résultat objectif de la guerre du Vietnam et de la colonisation à l’américaine. Et ainsi il en est de toute les guerres modernes de l’Amérique hollywoodienne, la seule finalement que reconnait le public et fini par assimiler à des réalités historiques, comme le D Day, le débarquement en Normandie. Dans l’imaginaire français et européen c’est l’annonciation, le 6 juin 44, le jour où les braves sont venus bravement se faire massacrer pour nous sauver du joug nazi. Mythe qui a tellement perduré que l’Amérique elle-même le ressort à heure dite selon les besoin de son calendrier militaire. Et comme il n’y a rien de mieux qu’un film pour souligner les actes de bravoures, des années 50 à Spielberg et Eastwood, des kilomètres de pellicules sur ce seul sujet, tous soulignant la bravoure, l’héroïsme, le courage, qu’il fallait ou qu’il faut pour aller au feu, se battre pour une cause auquel on croit ou pour laquelle on est obligé. La Pax Americana ne se contente pas de faire la propagande de son pays, elle fait propagande d’un mode de pensée. Et dans ce marasme de virilité et d’honneur, de fantasme de courage, et de bravoure de fiction, un seul réalisateur ne parlera jamais de la guerre tant du point de vue de sa crasse qu’autrement que du seul « trauma » du soldat américain, Sam Peckinpah avec Croix de Fer. Dans la foulée donc, oublier les 50 millions de morts russes, Stalingrad, Moscou, Leningrad. Oublier la famine à l’est, oublier Staline qui du bout de son long fusil obligea son peuple à se battre jusqu’à la mort. Oublier que tactiquement juin 44 n’aurait jamais été possible sans l’ouverture d’un deuxième front et surtout la ténacité des seuls russes. Oublier surtout, et c’est le plus important, que Ford inspira Hitler, que IBM fourni les fiches perforées et les méthodes de calculs qui organisèrent les camps, que les pétroliers américains fournirent l’Allemagne nazi en carburant de substitution, et les financiers en fond sans qu’aucun ne soit jamais traduit à Nuremberg. Oublier que le cinéaste favori d’Hitler était Walt Disney et le maitre à penser de Goebbels un publicitaire américain qui fabriqua la psyché américaine de l’après-guerre. Oublier que Klaus Barbie fut exfiltré et protégé avec l’aide de la CIA comme Wernher Von Braun ancien SS et père du programme Appolo et du V2. Oublier que le débarquement en Sicile n’aurait jamais été possible sans les accords que l’armée avait pris avec Cosa Nostra aux Etats Unis à travers Lucky Luciano et que c’est sur cette même mafia que l’Amérique se reposa longtemps pour faire régner son ordre dans l’Italie de l’après-guerre. Oublier enfin que le père de JFK n’était pas seulement un ancien comptable de la mafia, mais également un partisan d’Hitler ce qui lui valut des ennuis avec Roosevelt, ou que Auschwitz ne fut pas bombardé, alors qu’on savait ce qui s’y passait parce que l’on estimait que l’objectif n’était pas prioritaire. Et ainsi à l’identique de toute leur guerre.

L’Irak implose, plus de neuf millions de morts rien qu’avec l’embargo ? L’Amérique oscarise American Sniper et en fait des tonnes sur les traumas de leurs vétérans que par ailleurs elle abandonne dans ses rues. La plus grande densité d’enfants handicapés au monde dans le seul Vietnam, 6 millions de tonnes de bombes balancées pendant dix ans, dont 300.000 sur la seule Plaine des Jarres au Laos, et de Stanley Kubrick à Oliver Stone une longue litanie de pleurnicheries sur la guerre ou la machine à tuer américaine.  Les cent mille morts des guerres des cartels, la surconsommation de drogue aux Etats-Unis, les centaines de milliers de morts de la guerre à la drogue et les millions de prisonniers, si possible noirs ou latinos, enfermés pour dix ans et deux grammes de coke ? Tous traduit en image pour soit souligner le caractère impitoyable des trafiquants soit vanter leur modèle de réussite comme parallèle au mythe du self made man si cher à l’Amérique. Car l’Amérique au fond est elle-même fascinée par les voyous, les rebelles ; c’est l’expression de l’envie, et tout en même temps du dégoût qu’incarne la non-conformité aux yeux du protestant. Nullement celle de l’esprit pionnier comme le colportent ses suiveurs. Du reste si on examine l’Amérique de ce seul point de vue, du pionnier, comme disait un chef natif, il s’agissait plutôt d’une bande de foutus pillards que de pionniers.

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La contamination du monde

 Cette mystification d’elle-même, l’Amérique ne s’est pas contenté de la prolonger auprès de tous ces alliés. Ce n’est ni par hasard que tous les GI avaient des paquets de cigarettes, du soda et des chewing-gums à offrir, se transformant le temps d’une libération en VRP de l’Amérique marchande. Ni pour le seule mythe d’une Amérique triomphante que toute la culture européenne est désormais teintée de culture américaine. Il fallait, pour l’état profond qui a fait l’Amérique, son rêve, sa chimère et s’est enrichi sur le dos du monde entier, pour les bankster de Wall Street, les successeurs des empires coloniaux français, allemands, anglais, les maitres de forge du XXème et XXIème siècle du capitalisme financier, établir des ponts idéologiques, des modes de pensées commun et notamment l’art consommé de la mystification, de la propagande, du fake news. Ce phénomène s’est amplifié en Europe avec les tenants de la nouvelle économie dans les années 90. Avec les révolutions oranges, roses, bleues, que sais je. Les chefs d’états ont assumé leur seul rôle de showman glamour, affichette pour dépliant de politique d’entreprise, représentant légale de la firme république, du consortium national, avec Tony Blair, Sarkozy, Berlusconi et aujourd’hui notre petit tyran local, Macron 1er. Et dans une même démarche qu’aux Etats Unis tous les états d’y aller de leur mystification nationale. Ici le pays des droits de l’homme donc mais également la France résistante, le martyr juif qui par un effet pervers devient le roman français par lequel ce pays se fait systématiquement plus philosémite qu’un rabbin sioniste Ashkénaze chaque fois qu’il se sent plus antisémite qu’un antidreyfusard.  Et enfin le patronat, l’entreprise, glorifié, défendue avec l’éternel antienne qu’ici on n’aime pas les riches, que les français sont jaloux de la réussite, alors que comme partout ailleurs on a d’yeux et d’oreilles que pour les célébrités d’où qu’elles viennent et quelques soit les raisons de leur célébrité, gros nichon et tête creuse ou talent pour pousser un ballon. Dans le même pays où on s’est empeigné pour des vers où des centaines de milliers de badauds pleurèrent à l’enterrement de Victor Hugo…

L’Amérique, disait Oscar Wilde, est ce pays qui est passé de la barbarie à la décadence sans avoir connu la civilisation. Je crois surtout que l’Amérique a toujours refusé de grandir, d’admettre, de se regarder en face et se dire que son projet, aussi formidable était-il reposait sur un fabuleux mensonge, que la terre sous les pieds des américains était à eux dès lors qu’ils y avaient installé leur cabane en rondin. Qu’il s’agissait d’une terre vierge et que tout y était possible. Le péché originel du mensonge américain se trouve là, et comme chacun de ses mensonges l’Amérique a tenté le glisser sous le tapis. En le magnifiant avec la fête de Thanksgiving, par la propagande véhiculé par le cinéma, qu’il soit réactionnaire ou progressiste, par surtout le massacre, la négation des cultures natives, leur globalisation (les « indiens ») et aujourd’hui la mise au ban de la société, comme l’Amérique met au ban tous ceux et celles qui ne se conforment à sa propre mystification, qu’il s’agisse des pauvres, des vétérans, et de tout étranger victime de sa politique et donc de facto susceptible de discuter non pas de la dites politique mais du goût du soda qu’essaye de faire avaler l’Amérique au monde entier. Qui peut décemment croire qu’une nation qui s’arme à hauteur de 657 milliards et arme le monde à 80% a autre chose que des intentions belliqueuses, la paranoïa redoutable et la gâchette facile ?

L’inconvénient majeur de cette mystification sur elle-même comme sur le monde s’est qu’elle s’est prorogé par la marchandise. L’Amérique s’est gavé de sucre, d’objet de confort, de fabrique d’inutile, de bouffe facile et pas cher, pour oublier le vide objectif qui berce l’existence d’un américain moyen et que traduit l’appétit gargantuesque des mêmes américains pour les drogues, de l’alcool aux métamphétamines. Que la marchandise comme cette sanctification protestante du travail et de la réussite financière, de la productivité et du productivisme, et qui rejoint l’élan confucéen de la Chine pour cette même réussite, ce même respect de la conformité, a totalement contaminé le monde et est en train de le conduire à sa perte, si ce n’est pas déjà trop tard. C’est la folie du crédit d’une Amérique consommatrice qui a déclenché la crise de 2008, c’est la philosophie du mérite qui pousse les étudiants américains à ouvrir des crédits faute de bourse et qui va prochainement nous faucher lors d’une nouvelle crise économique. C’est ce productivisme effréné, le pied à fond sur la pédale d’accélération qui envoie les ours polaire aux poubelles de l’histoire. Et la seule chose que retiennent désormais les états de la fonte polaire c’est qu’ils vont pouvoir encore plus jouer les termites et exploiter encore, dix, vingt, trente ans les dernières réserves d’un songe. Pas le nôtre, pas celui de monsieur tout le monde qui espère tout au plus manger à sa faim et sourire une fois dans sa journée, non le rêve de l’Amérique des années 50, comment elle voyait déjà le futur. A coup de conquête spatiale, de super technologie, de ville formidable. Il lui faut son rêve à cette Amérique là, absolument, envers et contre tout, et le monde doit le lui donner, sans quoi ça signifiera qu’elle s’est trompé de bout en bout, que tout ce qu’elle s’est raconté pendant trois cent ans n’était qu’un vaste mensonge. Et c’est insupportable. Alors tant pis si les métaux rares commencent à manquer, tant pis si les réserves de pétroles et d’eau commence à engager des guerres et des déplacements de population, que les terres arables se font de plus en plus rares, peu importe du moment que le monde, le présent et l’avenir se conforme au rêve américain.

On compare souvent la Pax Americana et la civilisation américaine à la paix romaine, à l’empire qui dirigea la moitié du monde quand l’Amérique n’en faisait pas encore partie. On a tort. La chute de l’empire romain n’entraina pas la chute du monde, j’ai bien peur que cela ne soit pas le cas quand le rêve américain implosera comme une bulle de savon.

 

Le IVème Reich ou le totalitarisme kawaï

« Toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu’il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l’idée. »

« Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues »

Adolf Hitler

Le réalisateur Sam Peckinpah était un impénitent macho gorgé de téquila d’herbe et de cocaïne qui adorait se barrer au Mexique vivre selon ses convenances, loin du puritanisme de la société américaine. Quand il réalisa Guet-Apens en 72 avec Steve Mc Queen ce fut la rencontre au sommet entre deux prototypes d’über mâles. Machos tendance misogyne, hommes à femmes, ancien militaires l’un comme l’autre, ayant l’un comme l’autre roulé leur bosse selon l’expression consacrée. Ce fut durant ce tournage, entre ces deux mâles à l’égo surdimensionné, qu’Ali Mac Graw, alors mariée au légendaire producteur Robert Evans, tomba folle amoureuse de Mc Queen.. Durant une scène Doc, le personnage joué par Mc Queen, réalise que sa femme l’a trahi et la bat. Ce sont des gifles, il est en colère, amoureux, déçu, elle fini par s’expliquer, il se calme, et Doc va régler ses comptes avec l’aide de sa compagne. Le film se conclue comme sur un mariage, ils sont vivants, riches, heureux et fous l’un de l’autre. C’est le film le plus positif de Peckinpah à ce jour, et c’est bien normal, il était lui-même amoureux.

Un an auparavant, Peckinpah réalisait avec Dustin Hoffman et Susan George, les Chiens de Paille. Film cruel et étouffant sur le thème de la bestialité contre la civilisation. Il est comme ça Sam, il aime les sujets qui fâchent. Le film relate l’arrivée d’un petit couple de progressiste, de bobos on dirait aujourd’hui, dans un coin de la cambrousse anglaise. Un professeur de mathématique et sa femme qui débarque en Cornouaille pour redécouvrir la vraie vie authentique, blabla, je vous passe le couplet, vous le connaissez déjà si vous suivez l’actualité bobo. Rapidement le petit couple et surtout le petit professeur se heurte à la franchise des gros de la campagne. C’est pas des fins et ils lorgnent sur madame. Tout du long, le petit professeur évite l’affrontement au nom du progrès et de la tolérance, laissant les brutes prendre le dessus sur sa vie, tandis que madame allume ces messieurs. Ca se termine dans un bain de sang sauvage à base de viol, de piège à ours et de fourche dans le bide. C’est Sam quoi.

En 1994 la machine à laver du nouvel Hollywood décida de produire un remake de Guet-Apen. Avec la bêêêêlle Kim Bassinger dans le rôle de madame et Alec Baldwin dans celui de Doc, faute sans doute d’avoir sous la main des visages moins lisses et des acteurs moins médiocres. Dans la version originale, une des premières choses que font Doc et sa femme à sa sortie de prison, c’est de picoler en trainant au lit, et il y a beaucoup d’alcool ! (Sam et Steve quoi…). Dans le remake, ils baisent passionnément dans une lumière de store à la Michael Bay. Quand Doc apprend qu’il a été trahi par sa femme, cette fois il ne la bat plus, ils se disputent très fort. Mais elle lui en met quand même une parce qu’il lui parle mal, c’est une femme de son, temps quoi, elle a lu Cosmo. Monsieur apprend à madame à tirer en veste et teeshirt Armani, ils sont beaux, leurs armes aussi. Les seuls acteurs valables du plateau avec une gueule et pas un savon à la place du visage, Michael Madsen, et James Wood, les seuls cowboys du set, jouent les méchants. Mieux, James Woods avec sa tronche de joueur d’échec cocaïnomane est une sorte de personnage démoniaque, parce que le diable est laid et le juste est beau. Je vous propose maintenant la lecture des deux affiches américaines dans leur version originale, et je vous laisse réfléchir, par rapport à ce que je vous ai dit précédemment, à la place qui est laissé à la femme de 1972, et celle de 1994. Et par ailleurs à la qualité graphique des deux affiches.

guet-apens1

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En 1994 il n’est plus possible qu’une femme se fasse battre par son mec, toutes les ligues de vertu du féminisme américain vous tomberaient dessus et comme il s’agit d’être « fédérateur » et non « clivant » d’être commercial, on inverse même un peu les rôles et on leur donne une égale importance sur l’affiche. Il n’est plus non plus possible que le héros soit réellement un voyou de longue date pas romantique pour un sou qui tombe sur plus salopard que lui. Il faut que le public adhère à des valeurs positives, voir chrétienne, et le méchant est donc forcément démoniaque. En revanche, l’ordre est rétabli sur l’affiche, l’homme porte le phallus de métal, la femme regarde admirative, elle est derrière, oh oui vas-y mon beau chevalier. Et en bas, une belle promesse : un couple à la bichromie harmonieuse il porte le beau costume du chevalier d’argent, elle la robe de la virginité et elle se coltine les sacs.

En 2011, le nouveau, nouveau Hollywood, celui d’une Amérique en guerre, se proposa de faire un remake des Chiens de Paille. Cette fois on n’irait pas voir ces putains de brits, trop cher et les cost killers vont nous tuer, on irait chez les bouseux de part chez nous. On irait dans le bled de la belle blonde ex cheerleader qui a fait rêvé tout le monde, et oui un jour elle a fauté avec qui il ne fallait pas. Ce pourquoi elle le paiera quand le mâle pécord voudra récupérer son bien. Mais heureusement le gentil mari, qui est beau lui aussi et porte une belle casquette, et grand, pas comme ce nain de Dustin, saura la sauver lors d’un terrible « home invasion » ce concept inventé pour la paranoïa américaine. Concept décliné au cinéma depuis un moment déjà, entre le voisin dont il faut se méfier à l’étranger qui veut violer vos femmes et égorger vos enfants. Si le film de Peckinpah proposait d’opposer le progressisme à la bestialité, la version de 2011 propose au contraire de relâcher sa bestialité. La bande annonce, objet commerciale d’entres-tous et fruit de longues études de marketing peaufinées aux Etats-Unis est tout à fait éloquente à ce sujet, cet été venez relâcher votre rage. Ou la bestialité vécue comme une valeur positive. Excusez ma sensiblerie, mais quand j’ai vu ça je n’ai pas pu m’empêcher de verser une petite larme. Je sais pas, un vieux fond de juif chez moi sans doute…

Le cinéma est une machine à projection et à émotion, ce que nous voyons c’est une projection de nous même et du monde qui nous entoure, par le prisme d’une sensibilité. C’est pourquoi les émotions qu’il peut nous faire ressentir nous conditionnent à un mode de pensée ou à un autre. Nous pouvons comprendre tel personnage parce qu’il traduit quelque chose en nous. Et dans cette interaction l’histoire, le personnage agit sur nous. Notre personnalité, notre manière de percevoir le monde, notre réalité. Plus forte et primaire seront les émotions, plus elles s’imprimeront en nous profondément. La douche dans Psychose par exemple. Qui n’a jamais flippé depuis derrière son rideau de douche ? Le cinéma, quelque soit le genre conditionne notre façon de nous habiller, notre sexualité, notre manière de nous tenir dans le monde. Ou tout du moins il a ce pouvoir, et encore une fois, plus l’émotion est immédiate et primaire, plus elle s’imprimera en nous. La peur, la colère, la joie, sont les ressorts les plus courant du cinéma commercial et populaire.

Dans les années soixante dix et quatre vingt, le cinéma pornographique, indépendamment de ses moyens de productions, réalisait des films scénarisés ou vaguement scénarisés. Les comédiens avaient pour la plus part des corps normaux, le silicone commençant à apparaitre chez les actrices américaines dans les années 80, pendant l’ère Reagan. L’une des vedettes de cette époque là et qui continuait de tourner il y a peu, s’appelle Ron Jeremy. Il est gros, laid, poilu et bien entendu il en a une épaisse. Quand aux très nombreuses stars et starlettes qui défilèrent pendant ces deux décennies, l’épilation maillot commença réellement à apparaitre toujours vers les années 80, avec partie génitale bien propre pour qu’on voit bien. Les filles suçaient comme votre copine quand vous aviez vingt ans, les positions étaient le plus souvent celles que vous avez pratiqué durant votre vie. Le basculement d’image à commencé à se faire lorsque le porno chic à envahi la mode dans les années 90. Les années de triomphe de la nouvelle économie. Sont apparus les « gonzo », films sans scénario donc qui ne contextualise plus le fantasme et le reporte uniquement sur l’acte sexuel, ou plus exactement sur le ou la partenaire. Le spectateur sans lien émotionnel pouvant le rattacher à sa propre expérience sexuelle se concentre sur la marchandise, De nos jours, absolument tous les acteurs sont bodybuildés et plus aucune actrice n’ira sur un set sans avoir fait régime et sport. La plus part sont entièrement épilés, voir huilés, et, puisque le tatouage et les piercings deviennent une sorte de marque déposée, témoignage de notre propre marketing, souvent tatoués, piercing dans la langue, le clitoris, le nombril… Quand aux scénarios… quand il y en a… je vais vous donner une idée de ce qu’on peut trouver aujourd’hui sur un site mainstream, Une saynète que j’ai hélas surpris un soir de désœuvrement : Un fils viole sa mère, l’étrangle, la tue, et jouit dedans.

Dans les années 70 et 80, la pornographie dépendait de la distribution en salle et des parties honteuses des vidéo stores. Aujourd’hui elle est à porté de tir de votre fils de quatre ans. Il ne s’agit pas de morale dans un cas ou de choix esthétique et commerciaux dans un autre, il s’agit d’éthique. Il s’agit de nous.

C’est rien que des menteurs et des voleurs !

« Politicien : cette sorte de gens dont l’unique et véritable conviction est l’absence de conviction, associée à une insolence importune et à un art éhonté du mensonge. »

« Le même sang appartient à un même empire. »

Adolf Hitler

Dans les années 60, les conférences de presse du général De Gaulle ressemblaient à des leçons d’histoires dispensées par un père à ses enfants. Il prenait tout le cadre, il était assis, et il parlait tranquillement. Ses successeurs modernisèrent le style. Pompidou et Chirac posaient clope au bec, Giscard faisait de l’accordéon, Le Pen faisait rire les enfants avec son béret rouge et son bandeau de pirate. Jusqu’à ce que débarque un monarque qui ne fumait pas, ne jouait d’aucun instrument de musique mais qui avait lu de long en large le Prince de Nicolas Machiavel. Oui, lui, l’homme au chapeau mou et à la rose, comme les tueurs dans les séries autrichiennes.

Durant toute l’ère gaullienne, à travers le Service d’Action Civique, la police privée du gaullisme, voyous et barbouzes marchèrent main dans la main, tissant des liens solides entre l’état gaullien, la mafia corse et le milieu marseillais. Le SAC menait une guerre contre l’OAS et les ennemis du gaullisme, une guerre économique également et France Afrique. Une guerre contre l’OAS qui dura près de deux ans, fit plus de deux milles morts et cinq milles blessés à raison de pratiquement un attentat par mois. C’est dire si comparativement à notre époque où le mot terrorisme est sur toutes les lèvres on fait en réalité petit joueur. Pour autant, jusqu’à ce jour, les méthodes choisies par De Gaulle, et qui s’inscrivait dans une réalité politique de l’époque, la proximité avec les voyous, comme aux Etats-Unis, sont toujours de l’ordre de la propagande stalinienne dans de nombreux esprits. Cet argument m’a été encore servit la semaine dernière. Les héritiers du gaullisme et de Jacques Foccard, Charles Pasqua et la bande à Chirac utilisèrent ces mêmes réseaux et ces mêmes méthodes. Jusqu’au massacre d’Auriol, jusqu’à ce que l’homme à la rose décide de dissoudre le SAC dans l’acide. Pour former sa propre petite cellule secrète… afin de savoir si Carole Bouquet portait une culotte…

Durant l’ère gaullienne, jusqu’à François Machiavel, le problème essentiel du pouvoir, et qui explique notamment l’aide des voyous, avait la faucille et le marteau qui se croisaient sur son drapeau sanglant, et son siège sous une bulle. Pour l’essentiel l’ennemi héréditaire faisait tout bien ce que lui disait Moscou, et ça emmerdait fondamentalement le « monde libre » entendre le monde où on pouvait commercer librement. Nicolas Mitterrand se pencha sur son téléviseur, et découvrit un gagnant, l’homme au bandeau de pirate et au chapeau rigolo. C’est que le Prince avait été obligé de signer un accord avec les prolos pour gagner les élections. Tout le monde attendait les chars, la droite et son financier de Washington étaient très remontés. Bref il était coincé entre le marteau et l’affut du canon. La poire et le fromage. Et soudain le chapeau rigolo. Il lui envoya quelques conseiller en image, on le rhabilla en fils de famille, on peaufina le discours en s’appuyant sur les chiffres du chômage comme à la belle époque. Vu que de toute façon l’extrême droite utilise systématiquement la même soupe. Et en rognant sur les parts de marché de la droite magouille de Jacques Chirac. Mais voilà que soudain, qu’est-ce qui se passe t-il ? Le sous-prolétariat du gaullisme, de la décolonisation et des Trente Glorieuses se réveille. Les crouilles, les melons, les nègres, les pas de chez nous qu’on a gentiment entassés dans des banlieues qu’on leur a fait construire, faut pas déconner, commencent à montrer des dents. 1983, une année d’émeutes et de meurtres racistes, cinq morts. Un peu plus tard c’est Mauroy qui face aux grèves stigmatise les grévistes en déclarant qu’il s’agit de travailleurs immigrés agités par des intégristes, on y est déjà. Et ça commence à bien faire. Le 15 octobre 1983 est organisée une première marche, et le mouvement va prendre de l’ampleur jusqu’en 84, jusqu’à ce que le Prince ait une nouvelle idée. Une idée qui allait non seulement pouvoir déstabiliser ce manque de tact chez les pas de chez nous, mais fractionner le mouvement ouvrier à l’intérieur même de l’appareil syndical, en s’appuyant sur le FN. Le Prince sait parfaitement que le drapeau rouge, comme tous les mouvements ouvriers tirent sa force des syndicats. Il sait que c’est là qu’il puise son énergie, et là qu’il peut agir sur les unités de production du « monde libre ». Et le mieux pour faire d’un mouvement social une péripétie, une aventure sans lendemain c’est de faire du festif. Le festif c’est bien, ça dénature totalement le sens, et tout le monde s’amuse. On a fait des jolis badges, le crouille est devenu « un pote » puis un beur, mais ça revient au même. On a organisé de beaux meetings qu’on a mit en musique, la fraternité universelle tout ça et on a inventé le concept de « l’antiracisme ».

Je vous l’ai déjà dit c’est important les mots. Le préfixe anti a deux sens selon son origine. Chez les grecs il signifie contre, ce qui nous donne « contre racisme », chez les latins, le préfixe est une variation de ante, avant « avant racisme ». Le contre racisme ou la préhistoire du racisme…. Et le contre racisme c’est exactement le contraire que d’être contre le racisme. C’est sur cette seule confusion sémantique qu’a pu prospérer un homme comme Eric Zemmour. Ce même Zemmour qui expliquait en 2015 qu’en réalité les ouvriers immigrés étaient devenus avec 68 les instruments de l’extrême-gauche. Ce qui expliquait selon lui les origines non pas sociales mais ethniques des terroristes de Charlie. Sa version semble différer de celle de Pierre Mauroy. Mais qu’importe la couleur du bouc émissaire, vert ou rouge, n’est-ce pas, il aura toujours celle du deuil et c’est tout ce qui compte. C’est sur cette même division que va prospérer à la fois le socialisme et le Front National. Sur cette confusion entre les contre racistes et les racistes. Entre cet outil des uns qui permet de jeter le discrédit sur absolument tous les problèmes que connait la classe ouvrière indifféremment de ses origines géographique tout en apparaissant comme le chevalier blanc des idées du bien. Et cet outil des autres qui permet de jeter le discrédit sur tous ceux qui défendraient une position humaniste, sociale et confraternelle et opposerait à la question religieuse une fin de non recevoir. Et depuis le racisme se porte à merveille.

En s’appuyant à la fois sur le phénomène du chômage comme du mouvement des contre racistes, le FN pu diviser le monde ouvrier, rejetant les uns contre les autres. Le patronat se chargea du reste. En discréditant les syndicats par une nouvelle appellation « les partenaires sociaux », en enrichissant des délégués syndicaux triés sur le volet. En prétendant que ceux qu’on ne pouvait pas acheter l’étaient, soit par l’ennemi héréditaire, soit par la magouille financière. Jusqu’à l’aubaine de 1989. Je me souviens très bien ce que m’avait dit le parrain de mon frère quelques semaines auparavant, « tu vas voir que ce con va faire sauter le mur ». Sur le moment je n’ai pas compris pourquoi il traitait Gorbatchev de con. Je voyais ça avec mes yeux de garçon intoxiqué au monde libre versus l’Empire du Mal. Maintenant je comprends mieux.

Indifféremment, immigrés ou pas les ouvriers on été jeté dehors des usines  Et terminé la complainte puisque le champ du sémantique était désormais entièrement occupé par la « question de l’immigration ». Qu’est-ce qu’on va pouvoir bien faire de tous ces pas de chez nous bon dieu !? Ils sont pas de chez nous merde ! Et depuis trois générations parfois même. Tient, d’ailleurs, maintenant il y en a même qui brandissent leur drapeau de plus chez eux. C’est la preuve qu’ils ne se sont jamais intégrés ! Le drame, le drame, mais ce n’est pas de leur faute, les pauvres. Ils sont les outils instrumentalisés des patrons, comme la nouvelle base du FN. Non, le vrai fautif, c’est la ré-pu-bli-que…. De Weimar.

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que le Prince n’a pas manqué de conviction a faire imploser le mouvement ouvrier et à répandre le discours raciste dans celui de toute la classe politique. A réduire la République à une imposture festive durant le bicentenaire de la Révolution Mais bon, après tout, il a été à bonne école. Il a travaillé pour Pétain.

Enfin il y a eu la martingale absolu, le cadeau du ciel de tous les amateurs de ratonnades, de conflit religieux, de religions, de nostalgie moyenâgeuse sur fond de croisade back again : le 11 septembre. L’archaïsme occidental et musulman  retrouva un regain de jeunesse, et qui s’amplifia au-delà du raisonnable avec l’élimination de Saddam Hussein, le verrou de Bagdad. La suite, vous la connaissez, vous la vivez tous les jours, et au cas où vous l’oublieriez il y a la machine à laver la pensée : la télévision.

Relativisme restreint et relativisme générale

« Le succès est le seul juge ici bas de ce qui est bon et mauvais. »

« Jugez-moi, c’est vous que vous jugerez ».

Adolf Hitler.

A partir des années 90, les figures politiques ont également changé d’image. A leur tour elles sont devenues festives. Berlusconi, Blair ont lancé le mouvement, aidés par leurs bailleurs de l’économie mondialisée. Sarkozy a suivi dans le même esprit, mêlant habilement roquet de quartier et carnassier des affaires agitant sa belle montre. Parce qu’à cinquante ans c’est normal d’avoir une belle montre, sinon c’est foutu, tu vas avoir un AVC et pouf tu pourras même plus bander ! Même le Front National est devenu festif. Marine a viré son daron et ses blagues vaseuses sur les juifs et les arabes vu que même les Grosses Têtes avaient arrêté, c’était plus festif. Elle est rentrée dans le format autorisé du partage des tâches de la belle famille des ténors de la politique. Les tâches ménagères. Les petites gens et leurs problèmes de nuisances avec les blattes, les pas de chez nous. La parité a été respecté, commencez pas à râler. Aux Etats-Unis où les festivités étaient engagées depuis déjà un bon moment, et après deux mandats du reich furher Rumsfeld,  on dénicha un beau noir mais pas trop, un métis comme dans les séries télés pour figurer à la Maison Blanche. Et pour bien marquer comment c’était trop formidable comme progrès, on lui décerna le Prix Nobel de la Paix pour sa belle couleur de peau.  Ce qui au passage permis de jeter définitivement le discrédit sur ce prix qui avait eut le toupet durant trente ans de récompenser des poètes et des hommes politiques de gauche. A nouveau la parité était respectée.

Ce qui est festif est superficiel, et le superficiel, par définition on peut s’en passer.

Et soudain Trump, soudain Macron, soudain un hologramme ! Oh le communisme ! Soudain on ne fait même plus semblant. Le paysage politique ressemble à un village de Potemkine. Du carton-pâte et rien derrière, et tout le monde le sait. On s’en fout, le pouvoir est à nous. La seule chose qui compte c’est la réussite non ? La réussite, le succès, la célébrité, les stars, les vedettes, les gens célèbres, les gens puissants. Ceux qu’on pourra aisément désigner comme l’élite même s’ils ne correspondent strictement à aucune définition d’une élite. Ou alors l’élite de la médiocrité peut-être. Et dans ce jeu merveilleux, le plus ravissant, c’est que l’argument du choix librement consenti ne peut même pas être dénié. Vous avez bien tous tapé trois pour que Mounir soit éjecté non ? Vous achetez bien tous à manger dans nos supermarchés non ? Vous avez bien accordé une majorité à Emmanuel Macron n’est-ce pas ? L’homme qui ne veut pas réformer mais transformer la France. D’ailleurs il pense même que la France n’est pas réformable. Et ça a fait rire des imbéciles. Réformer c’est prendre quelque chose et appliquer des modifications de sorte de l’améliorer. Ca signifie qu’il pense qu’il est impossible d’améliorer ce pays, impossible de le faire aller plus loin. Non il faut en faire autre chose, il faut le transformer, en gros il faut le faire disparaitre. Ca tombe merveilleusement bien quand même parce que c’est exactement le même projet que Daesh. Il y a de ces hasards quand même…

Un français nouveau, pour un nouveau « projet ».

Un projet sans impureté droit de l’hommiste, sans lutte des classes, donc sans histoire, sans passé. D’ailleurs il ne s’est pas gêné pour le dire, il n’y a pas de culture française. Et c’est bien normal qu’il le dise puisque un pays se définie non pas par ses frontières ou l’homogénéité colorimétrique de sa population mais par sa langue, donc son système de pensée, donc par voie de conséquence sa culture. Et à ce propos peu importe que vous disiez shab la go frère ou regarde mon brave cette jeune damoiselle, tant que vous mettez un verbe, un sujet et un complément vous êtes déjà dans le français et sa raison, n’en déplaise.

Si pour les américains tout passe par le prisme du fantasme du self made man et du show, et je dis fantasme parce qu’aucun homme ne se fait tout seul, en France nous sommes atteint d’une maladie grave, la Condorcite. La maladie du diplôme et des grandes écoles. Comme le bas imite le haut, si vous voulez vous en convaincre, surprenez toutes les fois où sur un réseau social un interlocuteur va s’appuyer sur sa connaissance académique, son statut de prof ou de professionnel pour vous asséner la Sainte Parole, la sienne. En haut, le diplôme sanctifie implicitement l’excellence du dirigeant comme du locuteur de vérité. Locuteur de vérité que nous avons dans l’acceptation de cette maladie appelé « les intellectuels » une terminologie qui n’existe nulle par ailleurs. Ce qui permet d’immédiatement les distinguer du commun, eux « ils pensent ». L’intérêt de ce label et de la sanctification du diplôme, qui sera systématiquement appuyé par un livre-somme, une sorte de bible de la pensée du penseur, socle de son église, est que quoi qu’il dira aura l’allure de la réflexion. Et donc, dans le système de valeur de la pensée française, celle de la vérité. Ainsi on peut imposer non pas un débat entre des avis divergeant, mais un débat opposant une vérité l’une contre l’autre. Chacun la sienne pour une meilleur stérilisation du cerveau, une pensée unique. Car un débat par définition n’est pas un dialogue de sourd.

Eric Zemmour et BHL sont l’un et l’autre parfait pour illustrer les deux citations de Mein Kampf que j’ai mis en exergue.

Ainsi pour le premier, au cours d’une émission télé où il venait faire promotion de la pierre de son église à lui « Le Suicide Français » il opposa à Mazarine Pingeot qui essayait de l’entrainer sur la pente glissante du racisme versus le camp du bien, qu’il vendait plus de livre qu’elle. Un argument comptable parfaitement puérile et qui évacuait totalement le débat du racisme dans la pensée d’Eric Zemmour au profit de celui autrement plus convainquant du succès, de sa célébrité. C’est le principe de l’objection stérilisante. Objection stérilisante qu’il utilise à loisir en réduisant toute pensée contraire à la sienne, à une pensée soixante huitarde, consumériste, bobo. De la même manière, fort de ses réseaux, Bernard Henri Levy soignera son image d’Hemingway des salons chics, en se faisant photographier dans son beau costume d’homme du monde au côté « des combattants de la liberté » du moment. Consultant des cartes avec des airs de général qui veut comprendre, visitant des pièces vides avec des trous dans les murs, parce que la guerre c’est ça, on fait des trous dans les murs c’est terrible. Et en bon bétonneur de la pensée, sorte de Bouygue de la philosophie pouet, il distribuera des procès en antisémitisme et en fascisme rouge a tous ses opposants. N’oublions pas en effet que cette mascarade a prospéré sur l’Archipel du Goulag de Soljenitsyne et qu’il fut à l’épuration culturelle de la pensée française ce que Zemmour est lui-même à son abêtissement.

Ainsi tout le monde devient antisémite ou son contraire selon l’église à laquelle on se réfère, raciste ou « antiraciste »… c’est l’axiome du pervers narcissique par définition : Jugez moi c’est vous que vous jugerez. L’accusateur devient l’accusé dans un jeu de chaise musicale ou finalement être antisémite ne veut plus strictement rien dire, ni raciste, puisque dans ce grand manège tournant on l’est tous forcément à un moment ou à un autre. Et le bas, peut, à l’égal du haut, fractionner votre discours pour le juger à son aune, et celle de son « expertise »

 

Blitzkriek.

« De quoi vivrait l’Eglise si ce n’est du péché de ses fidèles »

« Une alliance dont les buts n’englobent pas aussi la perspective d’une guerre est dénuée de sens et de valeur. »

Adolf Hitler

La violence a toujours fait de bonnes histoires. Ce pourquoi le grand roman américain fonctionne si bien sur nos esprits. Ce pourquoi nous croyons tous à cette fiction qui s’appelle Etats-Unis d’Amérique. Une fiction qui s’est battit sur la foi d’une constitution improbable, et sur le projet d’un système commercial propagé par le moyen de la guerre. Les héros emblématiques de cette fiction sont à son image, qu’ils soient prince ou gueux, de Billy the Kid à Edison, de Lincoln à Kennedy. La légende prévaut sur le réel, le mode d’ascension repose sur la captation et le vol par les moyens de la violence et de la duplicité. Billy the kid était un gamin des rues de New York prit dans une guerre entre grands propriétaires de l’ouest. Edison bâtit sa réputation en cooptant les découvertes de Nicolas Tesla pour 18 dollars par semaine, découvertes que Westinghouse pourra généraliser en l’augmentant d’un peu plus de cent dollars. Tesla laissera plus de trois cent brevets derrière lui, que sa famille mit prêt de trente ans à récupérer. Quand à Billy il devint un hors la loi de légende et la guerre de Chisum disparu plus ou moins des mémoires. Lincoln défendait un projet d’union commercial et industriel préservé entre un nord mécanisé et un sud dépendant de la rente négrière. Il demeura dans l’imaginaire collectif le père d’un projet qu’il ne porta jamais réellement, l’abolition de l’esclavage et contre lequel il était même au départ opposé. Kennedy était fils d’une lignée de l’aristocratie américaine qui avait bâtit sa fortune sur la prohibition. Il remporta les élections notamment sur son allure glamour et l’aide de la mafia de Chicago. Il entra dans la légende par la voie royale du martyr comme son frère Bobby. Demeura dans l’imaginaire collectif le porteur du grand projet du mouvement des droits civiques. Peu importe si dans les faits non seulement les Kennedy n’en voulaient pas vraiment, et qu’au contraire c’est Lyndon Johnson qui en accéléra d’autant le processus, qu’il partageait et comprenait les idées qu’il sous tendait.

Quand au peuple américain lui-même, faute d’être portée par une ambition autre que commerciale, il se regroupa autour de la nouvelle Eglise, celle de la marchandise et de la consommation. Le cinéma d’Hollywood se chargeant de valeurs universalistes sans aucune attache avec la société qu’il était censé dépeindre, et véhicula dans le monde entier les valeurs positive du capitalisme. Allant à donner à la mafia elle-même, le versent voyou de ce capitalisme là, une figure noble. Et c’est sur ces mêmes valeurs fictionnelles, celle du Rêve Américain, qu’il se prorogea jusqu’à aujourd’hui. Personne ne semblant retenir qu’un rêve est par définition une fiction de notre esprit.

 Au cours des années soixante, l’Amérique marchande comprenant que son système de valeurs conservateurs ne portait pas en lui les germes de l’adhésion consumériste des baby boomer, s’appuya brièvement sur la créativité qui se dégageait de cette jeunesse là pour promouvoir son mode de vie, ou plus exactement le mode de vie qu’elle comptait faire adopter au monde entier. Les studios ruinés se tournèrent vers une poignée de jeune turc, le rock’n roll musique de proscrit par excellence devint le porteur d’une culture fabriqué par la marchandise et la marque déposée de la conformité. Et sitôt l’ère Reagan, ce même cinéma abandonna la créativité pour ne se concentrer plus que sur un seul thème, le mythe du surhomme. Avec cette phrase de Nietzche inlassablement répété et décliné d’un film à l’autre, de Rambo à John Mc Lane : ce qui ne me détruit pas me rend plus fort. En sus de cette vérité intangible : l’Amérique a toujours raison, même quand elle a tort. Le projet ce cristallisant autour d’un totalitarisme contre un autre, celui de la propriété contre le collectivisme, il adapta naturellement les codes d’une autre forme de totalitarisme. Aujourd’hui le même mythe fédérateur ne s’embarrasse même plus de la métaphore historique (Rambo) ou sociale (Mac Lane) il s’agit bien de super héros dans toute l’acceptation d’une nouvelle race d’élus, porté par une technologie militaire supérieure (Iron Man, les Avengers). Une race d’élu qui ne se contente plus de sauver l’Amérique comme figuration de la terre, mais la terre comme figuration du projet américain dans son ensemble.

Tandis que sur le plan politique, chaque alliance était soumise au chantage d’une collaboration militaire et idéologique face à l’ennemi héréditaire, par exemple le plan Marschal. Chaque conflit intervenant comme motif d’une nouvelle conquête commerciale. On vend des armes à nos alliés, avec lequel ils détruisent des infrastructures et des modèles économiques qui s’opposent à l’extension de la zone commerciale. Après quoi les entreprises américaines s’empressent de proposer ses services pour reconstruire ce qu’elle a contribué à détruire. Ainsi les industriels américains favorisèrent la machine de guerre nazi dont ils récupérèrent les brevets à la fin et après la guerre. Obtenant d’un régime absolu et totalitaire, des moyens et des structures militaires également absolus et totalitaires, comme le Japon en fit la douloureuse expérience. Ainsi que toute l’Amérique du sud et centrale. Et en à peine deux siècles, la fiction américaine rattrapa et dépassa de deux coudées la « vieille Europe » qu’elle s’empressa de débarrasser de toute les valeurs qui l’avait porté depuis les Lumières. Un comble.

Et pour conclure je vous citerais à nouveau Hitler : « La seule réalisation impérissable du travail et de l’énergie humaine, c’est l’art. » Ce pourquoi désormais l’art ne se valorise non plus sur son message culturel mais sur sa seule valeur marchande.

Bienvenue en Suisse !

Ne craignez rien personne ne numérotera votre avant-bras, un code barre suffit amplement. Un code qui permet de vous suivre à la trace de vos habitudes de consommation, et si par malheur on vous perdait dans les méandres du grand fourre-tout commercial, il reste votre portable pour vous localiser et Facebook ou Twitter pour vous identifier. Personne ne vous stigmatisera tant que vous répondrez aux normes des valeurs implicitement portées par la marchandise, en gros si vous êtes solvable. Et si d’aventure vous cessez de l’être, si vous vous trouvez sur le chemin de la race des seigneurs ou de leurs bombes, vous cesserez d’appartenir au genre humain pour être défini soit par une action, migrer, soit par un état stigmatisant votre situation, assisté. Et de toute manière par une statistique

Adolf Hitler disait des suisses qu’il n’y avait aucune nécessité à les fourrer dans des camps de concentration, ils s’y trouvaient déjà. Donc, bienvenue dans la Nouvelle Suisse du IVème Reich.