la violence du désespoir

Ils ont cru à leur chance, ils l’espèrent toujours, ils partent en vacance ou en boite faire la fête avec leur maitresse, c’était fait, plié, les Gilets Jaunes ne mobilisaient plus rien, on allait pouvoir repartir comme en 40, ah non pas 40, En marche en 40 ça avait une autre couleur, faudrait surtout pas qu’on confonde. Alors comme en 2017, avec le super président qui parade avec ses « intellectuels » après avoir fait sauter le fusible préfet de Paris, lui qui prétendait dans l’affaire Benalla que ce n’était pas la présidence des fusibles justement, c’est ballot. Moralité Benalla est mieux protégé qu’un préfet, lui que Macron voulait justement comme préfet. C’est fou cet aveuglement. Cette cécité constante du pouvoir actuel quel que soit le sujet, l’affaire d’été s’est transformée en affaire d’état, la colère d’une poignée s’est transformée en raz de marée. Ils n’ont pas compris qu’ils avaient laissé s’ouvrir une boite de Pandore avec les Gilets Jaunes et que ce n’était pas quelques froncements de sourcils qui allaient y changer quoi que ce soit. Ni les gaz, ni les mains arrachées, les yeux crevés, ni les morts. Rien ne retient cette volonté qu’ils ne comprennent pas et qu’aucune de leurs foutues écoles ne leur a jamais appris à connaitre. Comment le pourraient-ils, pas un des conseillers, ministres ou président n’a jamais crevé de faim à la mi mois, à bouffer des pâtes à la margarine et à quémander du tabac dans la rue faute d’avoir des sous pour son cancer. Ni ressenti la rage et l’abnégation que cela force. Quant à la rue n’en parlons même pas, c’est tout au plus un lieu où les riens se regroupent devant les soupes populaires, et comme il y en a toujours eut, que le libéralisme thatchérien de Macron accepte les inégalités comme on accepte les dégâts collatéraux, ça risque pas de changer. Pas un, en dehors de la sphère stricte de leur communication, n’a jamais trainé dans un rade d’ouvriers à taper le carton ou picoler, n’a parlé à une caissière, n’a mis les mains dans le cambouis comme une infirmière dans une maison de vieux. Ils ont les mains blanches ces gens-là, lisses, des mains pour palper, serrer d’autres mains, et rien de plus. Alors qu’est-ce qu’ils peuvent comprendre capitonnés derrière leur morgue ? Hélas pas grand-chose, et hélas en face on s’obstine. Pire maintenant on casse sans complexe, on casse des symboles, on brûle un restau chic, des boutiques de marque, et le résident anone qu’on s’attaque là à la République. Propos d’acculé si j’ose dire, la République a bon dos mais elle n’a strictement rien à voir avec Hugo Boss. Ni surtout avec la Macronie et à son régime yaourt à la merde.

La République n’est pas une start-up, ce n’est pas non plus une entreprise et un peuple n’est pas une bande d’employés. La République c’est un projet commun, une cause qui est censé faire cohésion puisqu’elle concerne tout le monde cette chose publique. La République surtout c’est un machin fragile qu’il ne faut pas user de mots au risque de l’affadir aux yeux de tous.

L’ennui là-dedans c’est que la même cécité occupe les Gilets Jaunes à leur façon. La même illusion sur le fait qu’ils vont gagner le match, la même obstination en dépit de tout, et les invariables même revendications depuis 18 semaines pendant que les médias, aussi aveugles que les autres, tous les autres, le nez sur la corde de leur donneur d’ordre, diluent le message au grès des images de casse et des discours superlatifs d’éditocrates à la médiocrités de plus en plus riante à mesure des semaines. Tout le monde est aveugle, les borgnes sont rois, et on s’aboie dessus sur les plateaux au point de l’écœurement. Les sondages ne valent rien alors ne parlons pas d’eux mais la fabrique à opinion tourne plein pot sur le Fouquet’s cramé alors qui sait ce que pensent les 67 millions de silencieux qui voient chaque semaines des centaines de milliers de gilets fluo défiler dans les rues. Et je dis bien des centaines de millier puisque selon le syndicat France Police-Policier en colère ça se chiffre à près de trois cent mille sur toute la France rien que pour le dernier acte. En attendant les foulards rouges ne font pas des masses recette. Alors oui qui sait de quel côté le cœur de la France balance, mais ce n’est c’est certainement pas du côté de la Macronie qui en plus d’ajouter à la morgue et au mépris a le toupet d’être incompétente à résoudre une crise qu’ils croient sans importance. Mais fort compétent à rouler dans la farine leurs opposants en revanche. Et de vendre, Engie, la Française des Jeux et les Aéroports de Paris dans le catimini d’une poignée de député, de libéraliser le prix du gaz, d’imposer des augmentations à la grande distribution soit disant pour soutenir l’agriculture, de prolonger l’autorisation d’usage de certain pesticides et pendant ce temps le prix du diesel remonte à la hausse lui qui avait initié la colère des Gilets Jaunes. La roue patine dans le vide et nous n’allons nulle part sinon vers plus de tension, plus de haine de part et d’autres et de moins en moins de pacifisme, les Blacks Blocs eux ne demandent que ça, le chaos est leur profit puisque c’est toute cette société libérale qu’ils veulent voir rasée. Or le danger pour le pouvoir c’est qu’il y ait finalement confluence d’intérêt, sommes les Gilets Jaunes et les Black Blocs ont un ennemi commun : l’oligarchie et c’est à ses symboles que l’acte 18 comme l’acte 3 se sont attaqué. Et pourquoi pas, c’est après l’acte 3 que notre bon roi a émietté un peu de baguette pour le pigeon citoyen. Pourquoi pas puisque Jupiter ne comprends que la confrontation, la violence des propos et des actes, puisque son mépris ne lui indique aucune nouvelle direction pour prendre le phénomène à bras le corps au lieu de tenter de le nier ou le minimiser comme il l’a fait jusqu’ici. Emmanuel Macron n’a pas compris que les Gilets Jaunes sont devenus un état dans l’état, une micro société avec ses mots d’ordre, ses ahous ! Ses lives fleuves sur Facebook durant lesquels les uns et les autres s’initient à la permaculture, à la politique ou à la stratégie de communication, avec ses AG, son réseau d’entre-aide, ses cagnottes, et pas juste ses lieux de rendez-vous du samedi. Une micro société comparé au 67 millions d’habitants de ce pays mais qui depuis 18 semaines donne le la de l’actualité française, en dépit de tout, même des attentats ou des hijabs Decathlon. A en désespérer un éditorialiste macaroné BFM. Mais le pire pour ce régime d’aveugles et de branquignols c’est qu’il n’y a pas que les Gilets Jaunes, les étudiants se mobilisent pour le climat, les profs veulent faire grève et dans la foulée chacun y va de sa revendication sentant bien que la Macronie est dos au mur. Elle peut brader la France ses réformes sont au point mort, Jupiter peut faire les gros yeux et virer un préfet, aucune interdiction, aucune loi n’arrêtera la vague de révolte qui agite ce pays de tous les côtés. Une révolte qui ne va que dans un seul sens, n’a qu’une seule cible, celui qui avait la morgue de demander à ce qu’on vienne le chercher. Car oui on cherche un responsable à tout ça et il est apparent que tout le monde l’a trouvé. La personnalité même du roitelet a cristallisé toutes les colères, il en est le confluant et il faut qu’il en prenne conscience avant qu’il ne soit trop tard.

Trop tard pour une réélection c’est sans doute déjà plié et le danger c’est bien que l’enjeu ne soit plus là. Un danger physique dont apparemment l’intéressé a conscience puisqu’il craint déjà de prendre une balle. A-t-il tort ? Non il en fait trop bien entendu car auquel cas il ne braverait pas le danger sur les pistes, il ne se pavanerait pas de réunion en réunion à faire le beau en bras de chemise s’il craignait vraiment la violence des Gilets Jaunes à son endroit. Il changerait d’attitude, jouerait profil bas et remettrait son titre en jeu. Mais Emmanuel Macron est beaucoup trop orgueilleux et narcissique pour se remettre de la sorte en question, et insuffisamment intelligent probablement comme ne cesse de le souligner Juan Branco. Sans compter l’aéropage de courtisan qui l’entoure probablement et lui soupirent leurs conseils usés.

Oui c’est un vieux monde usé que nous proposent en réalité la Macronie et ses contempteurs là où les jeunes de la marche pour le climat ou les gilets définissent le cri que pousse un présent qui ne se voit plus aucun avenir. Et les Black Blocs en sont le poing. Alors tant pis pour les vitrines, tant pis pour les dégâts collatéraux, ceux-là ne doivent pas plus être pris en compte que le libéralisme ne compte tous ceux qu’il laisse de côté. Pour autant la violence ne mène nulle part en réalité, si elle est nécessaire, elle doit être calculée, utilisée avec discernement et sinon abandonnée, car il suffira d’un rien, d’un flic qui tire sur la foule par exemple pour que ça dégénère totalement. C’est ici que la stratégie des Blacks Blocs doit être mesuré avant d’être assimilé à des terroristes, c’est ici que les Gilets Jaunes doivent bien mesurer de quel côté du manche ils feront sonner leur désespoir. Car il s’agira bien de la violence du désespoir qui naitra finalement de tout ça si jamais ce gouvernement d’imposteurs ne se réveille pas très vite et continue de s’obstiner dans la rigidité. Car le risque général ce n’est pas une balle pour ce pathétique gouvernement c’est une lente destruction de la société française dans son ensemble. Une libanisation avec toutes les conséquences qu’on imagine. Eric Drouet s’est fait vandaliser sa maison et sa voiture ce n’est pas forcément un signe à prendre à la légère d’autant que l’exemple vient d’en haut et qu’en haut justement c’est tout un substrat social qu’on n’hésite pas à vandaliser, mépriser, éborgner, gazer tout en légiférant sur le droit de manifester comme un vulgaire régime autoritaire.

Je l’ai écrit en 2016 et 2017, il y a en France tout ce qu’il faut en terme de lois pour qu’un régime bascule dans le tout autoritaire, ne doutons d’ailleurs pas que la Marine s’en servirait généreusement si d’aventure la colère ambiante finissait par lui donner le pouvoir. Mais en attendant Macron a besoin d’une illusion de démocratie pour que le monopole qu’exerce actuellement impunément l’oligarchie soit efficace. Il ne peut couper les ponts avec l’essence même de cette république sans risquer de révéler à tous la supercherie que représentent les limites de son pouvoir dans ce qu’il faut bien appeler une lobbyistocratie et qu’on appelle vulgairement l’Europe ou la Macronie, c’est selon. Mais c’est un peu la même chose au fond, une escroquerie de financier, un coup d’état d’oligarque visant à supprimer aux peuples leur souveraineté. Puisque l’état-nation doit se diluer tôt ou tard dans le délire européen selon les vœux de cette boursouflure libérale qui dirige en réalité le pays. Les éditocrates à écharpe rouge ou sans nous le répètent en boucle, sans l’Europe point de salut, sans l’Europe c’est la guerre comme brame BHL à qui veut l’entendre, et pourtant la guerre l’Europe l’a eu à ses portes en Serbie, en Crimée, Ukraine, Kosovo sans faire grand-chose d’autres que demander au grand frère Otan de nettoyer la merde à sa place. Pourtant l’ivrogne à la tête de l’Europe l’a dit, il ne peut y avoir de choix démocratique face aux traités européens. Alors quoi ? Où se trouve le salut quand cette même Europe nous enchaine à une dette colossale ? Quand nous ne sommes pas foutu de défendre nos intérêts géopolitiques seul ? Quand finalement cela revient à nous séparer de tous nos biens au profit exclusif du privé ? Où est le bénéfice réel pour les peuples là-dedans ? Comment même croire que des groupes d’influence comme le groupe Bildberger, au cœur même de la machine européenne, ont à l’esprit le bien des peuples alors qu’ils protègent ceux des 1% ? Avec cette même énergie naïve qui les anime depuis le début, certain Gilets Jaunes en viennent à demander le Frexit. Au vu de ce qui se passe au Royaume (dés)Uni on peut se demander si on en serait capable et surtout à quel prix. Et cela bien entendu dans l’hypothèse fort improbable que les Gilets Jaunes prennent finalement un pouvoir dont en réalité ils ne veulent pas. Du moins pas dans les termes de la Vème République. Car c’est bien l’originalité de ce mouvement, il ne veut pas faire la révolution, revenir au même point, remplacer une tyrannie par une autre comme en 1789, il veut une évolution du pouvoir actuel ce qui est un contre sens hélas considérant la rigidité narcissique du dit pouvoir. Aujourd’hui on en est au marqueur chimique sur les manifestants, la bave aux lèvres Yves Calvi réclame qu’on tire sur la foule et qu’on enferme dans des stades, le pouvoir perd peu à peu tout sens de la mesure tout en réaffirmant stupidement qu’il n’y aura aucune mise à plat fiscale, aucun RIC, que bref les Gilets Jaunes rêvent debout.

C’est bien le cas en effet, malheureusement. Rendez-vous sur une page Gilet Jaune et vous verrez à quel point les gens rêvent haut d’un pouvoir qu’ils n’ont en réalité que peu, qu’ils ne réalisent pas qu’en comparant la sécurité des Etats-Unis et de la France, les médias tentent de conditionner les spectateurs au fait que la police tire à balle réelle. Que c’est maintenant que ça va vraiment devenir dangereux d’aller manifester parce que le pouvoir refusera toujours de céder d’un pouce et préférera s’abimer dans la violence en rejetant la faute sur le camp d’en face plutôt que de plier. Ce que ne comprennent en réalité pas les Gilets Jaunes c’est le degré de compromission qu’il a fallu à Emmanuel Macron pour en arriver là où il est. Aujourd’hui il n’est pas juste président, il est l’obligé des oligarques qui l’ont fait élire, les fameux neuf milliardaires français qui détiennent 95% des médias et 80% des organes de sondage. C’est à eux qu’en réalité ont à faire les gilets, à eux et au Medef dans son ensemble qui depuis le début de la crise parle fort curieusement peu ou prou, sans doute pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu et réveiller les vieux démons syndicaux. Ce dont s’abstient brillamment Jupiter depuis la tour d’ivoire de sa morgue avec les conséquences qu’on connait.

Quoiqu’il en soit rien de bon ne peut ressortir de cette certitude réciproque d’avoir raison sur l’autre. Rien d’intelligent ne peut surgir de ce dialogue de sourd vers lequel nous conduit un amateur arrivé au pouvoir par la volonté de quelques-uns. Un pays ne se conduit pas à coup de menton et de petites phrases pétries de mépris. Ne se conduit pas non plus en laissant les médias virer hystérique ou à coup de marqueur chimique et de loi liberticide. Du moins pas une république démocratique comme la France. Mais peut-être que la Macronie est réellement nostalgique du En Marche du maréchal Pétain, qu’elle a décidé de faire des Gilets Jaunes ses nouveaux juifs –pas le moindre des paradoxes- auquel cas il faut s’attendre à ce que les prochains mois nous fasse flirter dangereusement avec la guerre civile tant craint. Espérons ne jamais en arriver là mais si jamais, il n’y aura qu’un seul responsable à aller chercher et il ne s’appelle ni Drouet, ni Nicolle, ni Ludosky.

Noyautage

Emmanuel Macron connait son abécédaire de stratégie politique sur le bout des doigts, et au bout de ses doigts aujourd’hui il marionettise la France en espérant que ça ne se voit pas trop. Pourtant le trait est grossier, et il s’articule en trois points, ouvrir un « un grand débat » national, disperser l’opinion Gilet Jaune en favorisant une liste aux européennes à travers deux de ses figures et enfin, contre tous les Eric Drouet et Maxime Nicolle présent et avenir créer une loi « anti casseur » de plus à rajouter à l’arsenal de lois répressives déjà fort copieux en France. Pour le grand débat national on sait déjà ce qu’il en est, c’est à la fois manière de faire campagne au frais des français pour ses listes européennes mais également de resserrer des liens avec un substrat politique qu’il ne connait en réalité pas du tout. Car à tout point de vue Emmanuel Macron est un hors sol. Il n’a jamais dû aller au charbon pour convaincre des administrés, il n’a jamais connu l’épreuve de l’élection avant la présidentielle, il a pantouflé dans une banque et un ministère, il est un pur produit du système, une machine bien huilée. Une machine bien huilée qui d’ailleurs ne se cache même pas de le dire, il n’aime pas la France, elle est ingérable, sa langue ne le charme plus, on aurait presque envie de se demander pourquoi il n’a pas fait comme tant d’autre s’exporter à l’étranger pour gagner plein de fric. Mais d’un autre côté il faut se souvenir que ses amis sont eux même hors sol, et pas plus Patrick Drahi, le réfugié suisse que Vincent Bolloré, le beauf proche des milieux catholiques conservateurs, n’aiment beaucoup les français dont ils ont une opinion peu reluisante. Il ne faut donc pas s’étonner qu’aujourd’hui nous avons, comme le faisait remarquer François Ruffin, une sorte de néo Adolf Thiers à la tête de l’état, la bourgeoisie en revient toujours à ses fondamentaux pour gouverner : la division et la répression.

Pour la division, il fallait donc resserrer avec une base qu’on avait jusqu’ici méprisé ouvertement, les maires. Avec au menu, pour commencer, une belle présentation avec les bouseux des petites villes, ceux censés être au contact notamment des Gilets Jaunes, et dans le rôle de l’homme providentiel, Macron dans un numéro très leader Maximo qui a fait les tralalas des médias qui n’en pouvaient plus de la performance, comme si la coke n’existait pas ou plus simplement qu’Emmanuel Macron n’était pas un habitué de ce genre de grand oral. Pour autant on l’a vu, dès le départ les questions, les réclamations furent sélectionnées, les maires triés sur le volet, bref une fois de plus un « grand débat » parfaitement noyauté par les préfets et les ministres comme un goulot d’étranglement sans possibilités de sortie. L’idée n’étant bien entendu absolument pas de débattre et surtout pas avec la population mais, encore une fois, de battre la campagne des soutiens pour les européennes, tout en donnant figure à la population française, et aux médias qu’on faisait à la fois quelque chose pour sortir de la crise des Gilets Jaunes et qu’on les écoutait « sans tabou ». Une question à ce propos, juste une… vous avez entendu parler d’une tournée dans les Dom-Tom pour le grand débat ou bien ce qui s’est passé à la Réunion a été éteint à coup de gendarme mobile et de mise en examen ? Bien au contraire, on est déjà passé à la phase deux du noyautage des maires, on déjeune avec le gratin, cette fois pas plus de soixante maires. Cette fois plus de leader Maximo relayé par les médias, on fait dans l’intime, d’autant qu’il s’agit donc je le rappel de resserrer des liens inexistants jusqu’ici avec cette fois les notables parmi les maires. Mais ça ne pouvait suffire puisque la cible de tout ce déballage stratégique qu’emploie Emmanuel Macron est avant tout moins de gagner les européennes que d’évincer une épine dans le pied, et une épine de taille : les Gilets Jaunes.

Et voici qu’entre en scène Ingrid Levavasseur, gilet jaune de la première heure, aide-soignante en colère, soutenu par Hayk Shahinyan, autre gilet jaune de la première heure et qui viennent à eux deux de commettre une prodigieuse erreur en présentant cette liste soutenue du reste par un macroniste de la première heure également. Puisque non seulement elle est antinomique avec les fondamentaux du mouvement, mais n’a aucune chance d’être entendu ni aux élections, ni dans l’hypothèse improbable qu’elle soit élue, elle sera minoritaire, sa voix ne pèsera strictement rien au parlement européen. De plus cette erreur va permettre de disperser les votes contre Macron et mathématiquement risque de le faire gagner. J’ignore par quel biais et donc qui finance cette campagne au demeurant exorbitante mais Macron a réussi ici un coup facile en s’appuyant sur le manque d’éducation politique de ses adversaires.

Enfin il restait les irréductibles, ceux qui refusent de se faire acheter par les médias ou la politique, ceux qui justement, à mesure des semaines font leur propre éducation politique, la réinvente et ne s’en laisse pas compter, s’adressant à Emmanuel Macron comme à un égal, ce que redoute par-dessus tout l’intéressé. Car il ne peut pas descendre dans la cour des « petits » se serait reconnaitre l’impensable, qu’il est à leur niveau, pire qu’il n’est après tout rien de plus qu’un employé, le nôtre. Pour ceux-là, pour les Eric Drouet qui le menacent aujourd’hui d’une Nuit Jaune, son parlement aux ordres se dépêche de sortir une loi « anti casseur » qui va consister à mettre une bonne fois dans le même sac Gilets Jaunes et casseurs. Une loi qui se propose déjà d’interdire de manifester et de ficher les « éléments perturbateurs » c’est-à-dire ceux qu’on assimilera à des casseurs et tant pis si on tombe dans une nasse, tant pis si on se prend un tir de flashball dans la tronche alors qu’on faisait ses courses, la matraque est indifférente, n’en déplaise à Christophe Castaner et à ses caméras. Car les LBD seront désormais équipé de GoPro sans qu’on sache si la caméra sera bien branchée et qu’est-ce qui conviendra ou non à l’autorité de contrôler, on a vu ce qu’il en était avec le capitaine Andrieux, casseur de tête impuni et comme il se vantait lui-même, intouchable. Eric Drouet qui doit bientôt passer en jugement et Christophe Dettinger qui croupit déjà en prison ont toutes les chances d’être interdit de manifestation tôt ou tard (pour Dettinger ça risque même d’être plus grave) et d’être fiché et alors terminé les héros des Gilets Jaunes, leur porte-parole, il ne restera plus qu’à réduire les deux autres aux silence, favoriser la parole d’une Jacqueline Mouraud qui n’a jamais réclamé autre chose que la lumière sur elle, et à Ingrid Levavasseur pour lui faire croire à son combat, et le mouvement, faute de structure, espère-t-on en haut lieu s’éteindra de lui-même.

Emmanuel Macron est un joueur de go, ce jeu japonais qui consiste à encercler son adversaire jusqu’à ce qu’il ne puisse plus déplacer une pièce, et ici son adversaire est légion puisqu’il s’agit d’une portion significative de la population française, suivi d’une opinion trop favorable aux Gilets Jaunes pour que ça ne soit pas inquiétant pour son pouvoir et ceux de ses amis. Car c’est un mouvement dangereux. Pour la première fois depuis la Commune de Paris, depuis 1871, la France connait un mouvement populaire autonome, et cette fois non pas venu de l’intelligentsia étudiante comme en 68, non pas bercé d’illusion idéologique comme 68 encore une fois, mais plutôt comme la Fronde du XIVème siècle, venu des profondeurs d’une France qui veut non seulement pas mourir mais surtout se réinventer à l’aune du XXIème siècle. Une fronde qui rappelle à Emmanuel Macron ce mot de Montaigne : Sur le plus beau des trônes on n’est jamais assis que sur son cul. Pour autant il reste encore trois ans à ce résident pour verrouiller ce que ses amis lui ont demandé de verrouiller. Trois ans pour faire de la France un laboratoire libéral à la sauce thatchérienne, où la contestation sociale sera bouclée par la loi et la répression, trois ans d’orage et de violence car le régime de l’actuel résident est bien naturellement éminemment violent. Violent socialement pour commencer, violent par son mépris, mais également violent physiquement Il faudrait à ce sujet compter tous les blessés depuis la loi travail, émanation s’il en est du programme de laminage qu’a entreprit Emmanuel Macron contre le travail et les travailleurs au compte de ses soutiens financiers. Comment s’est systématiquement figuré sa réponse sur le terrain de la rue, quand le peuple manifeste, notre résident ne connait qu’une solution : la matraque. Trois ans c’est court, encore faudrait-il un nouveau mandat ce que Macron ne peut clairement pas espérer aujourd’hui, il joue donc en ce moment même une partie risquée où se joue son avenir politique et surtout le projet de ses amis. Ce projet morbide et mortifère qui consiste à faire plier la France sous le joug du capitalisme financier, défigurer son paysage à coup d’éoliennes faramineuses financées par des fonds de pension exotiques, vendre son patrimoine, traduire sa classe moyenne en procès d’inefficacité et la paupériser de toutes les façons qui soit, soumettre le peuple à la botte de ce capital dévorant qui fait qu’aujourd’hui 26 personnes sont plus riches que 3,5 milliards d’habitants réunis. Un capitalisme surtout qui ne veut pas mourir et que le mouvement des Gilets Jaunes espère botter jusqu’au sang. La partie est-elle déjà gagnée ? Macron a-t-il réussi son pari ? La fatigue s’installe après tout chez les Gilets Jaunes, le manque de direction politique au sens gestion de la cité, l’absence même d’éducation politique constituée, structurée (bien que cela change de jour en jour je dois l’admettre) pourrait très bien diluer la contestation faute d’avancée significative. Ou pas. Car n’en doutons pas, les Gilets Jaunes ne sont que la première vague d’un raz de marée qui pourrait nous engloutir tous.

Qu’Emmanuel Macron et ses amis le veuillent ou non la situation de notre planète et la paupérisation économique forment une combinaison explosive. De l’ONU au FMI, toutes ces organisations supranationales qui par ailleurs s’y entendent pour asservir des nations entières, comme le savent bien les grecs ou les vénézuéliens, le répètent, en l’état les inégalités grandissantes ne peuvent qu’être préjudiciables à la démocratie telle que nous la connaissons. Certes nous vivons en oligarchie plus qu’en démocratie mais disons que le semblant de substrat démocratique qui subsiste vaillamment dans le cadre du contrat républicain volera bientôt en éclat quand la moitié de la France subira par exemple la sécheresse et que son ensemble sera asservi au pouvoir de la finance. Quand des milliers de réfugiés climatiques viendront chercher refuge qui au nord du pays qui sur ses frontières qu’ils soient du reste extérieurs au pays ou français car le danger est bien partout comme le savent déjà les agriculteurs sur qui par ailleurs la pression est constante. Macron est un homme d’une autre époque, il vit encore au XXème siècle et ses paris électoraux, sa volonté sans faille de réformer ce pays au capitalisme financier, ses joutes oratoires et sa stratégie trahissent tous une totale incompréhension de ce qui nous attend. Comme ses amis il vit dans une sorte d’immédiateté mielleuse, d’avenir sans passé, d’avenir sans avenir en réalité où lui et les siens, la classe bourgeoise comme ses maîtres pensent pouvoir se proroger ad vitam sans que la planète se rappel à eux. Cela pourrait s’assimiler à une forme de suicide français si en réalité toute la classe politique européenne classique, de l’extrême-droite de Savini en Italie en passant par les conservateurs britannique ou la sociale démocratie allemande, n’étaient pas tous en train de nous jeter dans le mur au nom soit de leur idéologie morbide soit des intérêts de leur soutien, soit des deux. Alors, comparativement la vague jaune que connait la France, son pacifisme forcené, n’en déplaise à Castaner, semblera un doux passé au regard de la violence de ce qui se passera dans nos rues et peut-être jusque dans nos lits. Ce sera le temps de la colère, elle sera immense et surtout elle interviendra bien trop tard pour faire changer les choses. Bref, n’en déplaise à Macron, et à tous ceux qui font les gros yeux devant les Gilets Jaunes mais ce mouvement est peut-être le dernier espoir pour ce pays de sortir de l’impasse dans lequel 40 ans de politique du copinage nous a plongé sans sombrer dans le chaos qui nous pend au nez.

Sédition.

La France vit un moment étrange et peut-être unique dans son histoire. Unique à plus d’un titre puisque le mouvement des Gilets Jaunes s’éveille à la politique en même temps qu’il évolue et peut-être se durcit. Maxime Nicole alias Fly Rider, une des figures du mouvement, nous a averti par live interposé, certain commence à penser sécession, et la référence ici est l’Ukraine qui je le rappel est dans une situation de guerre depuis plusieurs années déjà. Et la réponse de l’état et d’afficher une nouvelle fois son mépris. Mépris de la parole d’un peuple, mépris de la liberté de circuler, mépris de nos droits les plus élémentaires puisque sans motif aucun Eric Drouet est, à l’heure où j’écris ces lignes, une nouvelle fois en garde à vue pour avoir simplement voulu rendre hommage aux victimes de la répression macroniste. Nous sommes en train de verser dans l’état policier. Car avant même que les Gilets Jaunes n’apparaissent dans la scène médiatico-politique toute opposition au projet macroniste a été systématiquement réprimé à coup de matraque. Mais bien entendu derrière ce projet il faut entendre celui de l’oligarchie, de Bolloré à Drahi, du Diner du Siècle au Groupe Bieldberger et qui est de faire basculer la France dans la folie économique du capitalisme financier. Celui-là même qui est en train de détruire notre planète au même titre qu’il se propose de détruire l’état-nation. Car il est véritablement là le projet au-delà même de détruire l’état providence à la française et tous les acquis du CNR, il s’agit pour ces milliardaires qui ne seront jamais assez riches à leurs yeux, de dissoudre ce qu’ils se sont ingénié à corrompre pendant tant d’année. De se débarrasser enfin de ce poids qui pèse sur eux depuis bientôt trois siècles à savoir l’intervention de l’état dans leurs affaires. Et quand je dis trois siècles c’est bien parce que depuis trois siècles le patronat a toujours jugé que l’état n’avait pas à lui dire comment administrer ses affaires. Heureusement l’histoire du socialisme (j’entends le vrai pas celui de nos modernes caciques) de l’anarchie (les précurseurs) et du communisme a fait plier le patronat jusqu’en 36, une ère de violence qui a vu naitre le fascisme comme bras armé de l’oligarchie opposé à la vague socialo-communiste. Une ère qui a surtout permis à la classe ouvrière de partir en vacance, d’avoir des droits, hommes ou femmes et ce à la veille d’une catastrophe mondiale qui allait bientôt redistribuer les cartes dans le monde entier.

Au sein même des Gilets Jaunes on compare souvent la situation à celle de Mai 68, sorte d’alpha et d’oméga de la petite pensée commune quand on parle soulèvement. En effet Mai 68 ne discutait pas le capitalisme en tant que tel, ou s’il le discutait au sein de l’élite étudiante, la transformation ne s’opérait pas au sein de la classe ouvrière pour la simple raison que les uns théorisaient la condition ouvrière, et les autres la vivaient. Ici avec le mouvement des Gilets Jaunes c’est sans doute plus compliqué parce que faute d’éducation politique, le mouvement réclame à la fois sa part du gâteau tout en critiquant vertement l’oligarchie et tout le système pyramidale sur lequel repose la cinquième république et ses représentants. Pourtant à travers le Référendum d’Initiative Citoyenne c’est bien la Commune comme l’imaginaient les anarchistes du XIXème siècle que les Gilets Jaunes se proposent de réinventer. C’est d’ailleurs comme cela que s’organise peu à peu le mouvement puisque c’est sur ce mode de rébellion qu’il s’est spontanément constitué. Mais même au-delà de ça c’est moins le capitalisme qui est ici critiqué comme système que son mode de redistribution. Un mode un peu plus injuste à mesure des années où les 1% s’octroient toujours un peu plus, tandis que 99% de la population est appelé à se serrer la ceinture. En effet, n’en déplaise au Medef, l’abrogation de la Flat Tax et de l’Exit Tax, la redistribution du CICE au PME ainsi que le retour de l’ISF sont autant de revendication des Gilets Jaunes, au même titre que le R.I.C ou la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité ou encore l’indexation des salaires sur le coût de la vie. De ce capitalisme financier les Gilets Jaunes et avec eux 70% des français ne veulent pas et n’en voudront jamais n’en déplaise à Vincent Bolloré dont la vision des français et qu’ils ne désirent rien d’autre que du cul, du foot et de la bière, selon ses propres mots.

Le mépris renouvelé et exprimé une nouvelle fois lors de ses vœux d’Emmanuel Macron, n’est au fond que le reflet du mépris que nous inspirons à neuf milliardaires français et leur aéropage de suiveurs. De BHL a Jean-Michel Apathie, en passant par la rédaction de BFM ou Eric Zemmour qui désespère toujours de comprendre quelque chose à ce mouvement formidable, et qui jusqu’ici échappe à toutes les étiquettes en dépit du story telling renouvelé de la machine à propagande dispensé tant par le gouvernement que la presse française. Dans ce mépris s’exprime aujourd’hui la volonté tant de salir le mouvement en l’accusant d’acte anti sémite ou homophobe, et surtout de s’effilocher, pour reprendre une expression employé à loisir par les locuteurs de la Macronie (BFM, C News, LCI pour ne citer qu’eux) sous l’effet « salutaire » des annonces de notre tout petit président. Sous l’effet également de la violence renouvelée des forces de l’ordre pour une population pas habitué à affronter le joug de l’autorité de l’état. Ceux qui, en revanche, ont connu les manifestations étudiantes des années 80 ou les grèves de 95 comme moi avec un Juppé au sommet de son mépris de classe s’en souviennent et ne se font aucune illusion sur la nature des individus lancés à leur trousse. Ce sont des chiens. Ils aiment se battre, ils aiment aller au contact, ils en redemandent et ils sont dressés à ça et à rien d’autre. Bien entendu on ne peut pas mettre tous les hommes dans un même panier, ordre ou pas, la fatigue aidant, la peur également ils réagissent de façon animale, n’hésitant plus à tirer à répétition au flash ball dans la figure bien conscient que cela fera peur à une population peu habituée à la guérilla urbaine. C’est que ceux qui sont devenus les Gilets Jaunes avaient jusqu’ici accepté de se laisser endormir par la classe dirigeante et c’est pourquoi il est indispensable que le mouvement structure ses réponses face à la violence policière. Il est intolérable qu’il y ait eu plus de deux milles blessés à ce jour, intolérable que ce soulèvement populaire ait fait déjà dix morts, même si ces morts ne sont pas (encore ?) le fait des forces de l’ordre il appartient à celles-ci d’assurer la sécurité de tous les citoyens quel que soit du bord qu’il soit. Il faudra donc parler tactique de désencerclement, diversion, stratégie, étude du terrain, il faudra parler également de service de sécurité et non pas de milice comme en parlerons sans doute rapidement les médias mainstream, comme il y a actuellement les street doctor et les black blocks. Car n’en déplaise il n’est plus question de se laisser faire. Laisser faire Castaner qui avec une morgue et un cynisme inacceptable accuse les Gilets Jaunes d’avoir eux-mêmes provoqué les morts et les blessés. Laisser faire un Macron nous dégobiller à la figure son narcissisme et sa haine des pauvres. Laisser faire neuf milliardaires et leurs amis voler un pays tout entier pour leurs intérêts tout particulier. Laisser faire la violence policière à l’égard de mamie de 75 ans ou de mère de famille sans défense.

A Lyon nous étions tout au plus deux cents gilets jaunes et tous ne portaient pas le gilet, dont moi. Ce que j’ai pu voir c’est une foule désorganisée, qui ne savait pas exactement où elle voulait aller et quoi faire, effrayée à l’idée de devoir affronter une armée de CRS et de gendarme, une réponse policière totalement disproportionnée par rapport à la dangerosité effective des manifestants et leur nombre. J’ai beaucoup marché, j’ai eu le sentiment d’avoir fait tout ça pour rien, on a été un peu gazé, ils avaient peur qu’on s’en prenne à des commerce alors que depuis le début il était évident que personne à l’exception d’un seul et unique dans cette foule avait envie de casser du flic ou de casser tout court. Si le but était de faire se promener la police, nous avons accompli notre mission, si c’était celui de se faire voir et de réclamer le R.I.C alors, pour rester poli, je dirais que nous frisions dangereusement avec le ridicule. Pas assez nombreux, pas assez agressif dans notre volonté d’aller où nous voulions, et, il faut dire ce qui est, pas assez violent quand bien même il ne s’agit pas de frapper mais de marquer les esprits. Murer une préfecture ça fait des images et ça marque des esprits, crier bêtement devant un commissariat dont les lourdes grilles avait été fermé comme si on était des émeutiers, et ce encadrés de flics casqués comme à la guerre c’était du dernier des ridicules. Mais c’est sans doute dû à cette ville très bourgeoise et naturellement frileuse. Le lyonnais n’est pas fort dans le lien social, il vit renfermé et les quartiers pourtant nombreux autour de Lyon n’ont pas encore rejoint le mouvement. Jusqu’à quand ? Et que faudrait-il pour que les banlieues viennent également rejoindre les Gilets Jaunes ? Car après tout ils partagent une même précarité, une même absence de conscience politique élaborée et surtout une même envie de changement. La jonction ne s’est pas encore opéré mais peu à peu elle fait son chemin selon les témoignages des uns et des autres, alors ce n’est pas un petit problème qu’Emmanuel Macron et sa machine répressive aura sur son agenda mais un gros.

Finalement ce dont témoigne ce dispositif lyonnais comme ce soir l’arrestation d’Eric Drouet c’est l’implacable terreur qu’exerce le mouvement sur Emmanuel Macron et ses amis, une terreur qui risque de se concrétiser un peu plus si on en croit les prédictions de Maxime Nicole. Mais au-delà de ça on remarque avec quel amateurisme et quelle légèreté le gouvernement traite ce qui est bien plus qu’une crise comme aimerait le croire la Macronie mais un phénomène unique sans doute dans l’histoire de ce pays. Narcisse s‘est pris les pieds dans le tapis de son arrogance et il ne sait plus comment s’en défaire. Mauvais comédien à l’excès, trop jeune politiquement, immature, mené par le bout du nez par ses amis, Emmanuel Macron ne sait simplement pas comment réagir et son équipe de bras cassé non plus. Ce ne serait pas grave si on n’était pas à l’aube d’une crise financière majeure, si la France tout entière n’était pas à un tournant de son histoire, car qu’on le veuille ou non, peu importe la petite flûte que pourra chantonner à l’oreille des français à propos d’une radicalisation supposée du mouvement (il a toujours été radical) les Gilets Jaunes s’organisent, se structurent, deviennent peu à peu un mini état dans l’état et comme tel sont déjà rentré dans l’Histoire. Est-ce que cette aventure sera plus sanglante qu’elle ne l’est déjà ? Tout repose désormais sur les épaules d’un président hors sol et d’une oligarchie séditieuse bien décidé à se séparer du peuple faute d’accepter un partage plus juste puisque bien entendu la France a déjà vécu son putsch il y a dix-huit mois au terme d’une élection de pacotille pour une grimace de démocratie. Une mascarade qui aujourd’hui montre son véritable visage, celui d’une dictature en demi-teinte face à un mouvement à la popularité toujours renouvelée et ce en dépit de l’énergie que déploie l’armée bavarde des experts et des éditocrates à le salir et l’amoindrir. En attendant je pense à Monsieur Drouet et à sa famille qui risque la prison pour avoir voulu déposer des bougies, et j’espère de tout cœur qu’il va sortir blanchi de cette mésaventure. Son arrestation ne fait que souffler sur des braises déjà bien chaudes, j’espère que ce gouvernement séditieux en a bien conscience parce que sinon il a du souci à se faire pour son avenir. Car non Monsieur Macron l’oligarchie ne sera pas toujours derrière vous pour vous soutenir, surtout pas si la vague jaune menace jusqu’à son intégrité physique. Déjà que Benalla sape totalement l’autorité du gouvernement ça serait ballot d’être lâché par ceux qui vous ont fait élire…