Emmanuel Macron ou le pouvoir absolu

Notre roitelet nationale, l’homme qui un jour déclarait être socialiste, un autre trouver du charme à la monarchie et encore un autre affirmait qu’il n’était pas socialiste (c’est un fait il est juste opportuniste) a décidé de se lancer dans la chasse aux fake news. Littéralement des fausses nouvelles ou des nouvelles fabriquées de sorte que les gens les prennent pour vrai. Si j’étais amateur de conspiration je dirais que c’est la seconde phase du plan du Council on Foreign Relation et des Young Leaders. Après la déception, terme d’espionnage qui signifie tromper l’adversaire en lui fournissant de fausses et de vraies informations de sorte qu’il ne puisse plus les distinguer, on nous propose la Vérité Officielle sous forme de « lutte » avec moyen d’état à la clef et naturellement quelques fermetures de site quand ça sera nécessaire. Egalité et Réconciliation, le site du mythomane Alain Soral a du souci à se faire et notre roitelet réussira peut-être là où le pathétique Valls s’est vautré. On a les brebis sacrificielles qu’on mérite n’est-ce pas. La démarche n’est pas en soit bien nouvelle en France. Depuis le 11 septembre par exemple, il est commun dans les médias de se moquer ou d’accuser toute personne remettant en question la vérité officielle et pourtant discutée par le renseignement lui-même.  Or comme le fait justement remarquer Frédéric Lordo, discuter de la vérité c’est être en délicatesse avec elle. Et d’ailleurs la vérité c’est quoi exactement ? C’est une question philosophique, pas une affaire politique. En politique il n’y a pas de vérité il n’y a que des faits réels ou inventés qu’on arrange en fonction de ses besoins et ça a un nom : la propagande. En histoire non plus il n’y a pas de vérité, il n’y a que des recherches de vérités et comme en réalité la vérité n’est qu’une affaire d’interprétation la recherche n’est jamais finie. Par exemple, l’incident du Tonkin. Officiellement c’est une provocation nord vietnamienne à l’encontre des Etats-Unis. Pour les conspirationnistes c’est un false flag, un incident créée de toute pièce pour provoquer la guerre, un peu comme l’anthrax à l’ONU quoi… Pour les historiens ce n’est qu’un incident parmi tout ceux qu’avaient déjà provoqué les américains dans le golfe. Et je n’aborde même pas la question de la vérité du point de vue strictement neurologique parce que là on est mal et on peut en rester au Cogito, je pense donc je suis, qui sera à peu près la seule vérité plus ou moins tangible que voudra bien nous accorder la neurologie. Même s’il est vrai qu’à une époque de réalité virtuelle et de réalité augmentée, d’Oculus et de lentilles connectées, où les zombies ne mangent plus de cerveaux sauf le leur en passant leur existence devant des écrans, il était bien temps de s’inquiéter de distinguer le vrai du faux. Or un régime qui commence à vouloir distinguer la vérité officielle en prétendant lutter contre le mensonge on connait déjà ça, ça s’appelle l’Union Soviétique, le Cambodge de Pol Pot, le IIIème Reich ou la Chine moderne. Des régimes où on va en prison si on ne dit pas exactement comme le parti l’entend. Heureusement les français sont déjà soumis, personne n’ira en prison, on se contentera de râler mollement en faisant des vannes vaseuses sur twitter. Soit politiquement en gros ce qu’a fait Ruffin avec son maillot de foot

Assemblée de papier et opposition de pacotille

J’aime beaucoup François Ruffin, notamment parce qu’il est resté humain. Il y a chez lui un mélange de naïveté et de volonté inébranlable qui retient de l’enfance. C’est unique en politique, tellement que j’ai même du mal à le voir comme un député français. Non pas qu’il ne remplit pas son rôle, il se distingue même dans l’exercice mais qu’il ne colle à aucun des critères habituellement empruntés par les parlementaires. Il n’est pas dans l’image et pourtant il s’en sert là où ils prétendent ne jamais l’être alors qu’ils ne sont que ça, figures, symboles, images mais très certainement pas représentants du peuple. Récemment Ruffin s’est présenté à l’assemblée avec le maillot d’une petite équipe de foot local. Sa démarche s’inscrivait dans la logique d’un projet de loi proposé par un de ses collègues de « l’opposition » qui comptait taxer les transferts dans les grosses équipes afin d’aider les petits clubs que Ruffin se faisait fort de représenter comme c’est son rôle. Sa démarche pour spectaculaire fut-elle, lui a valu un blâme assorti d’une amende de la part du conseil de discipline de monsieur le proviseur François de Rugy. Or si bien entendu la France des plus de soixante ans s’est ému de la démarche du député de la France Insoumise, à l’assemblée l’émotion ne tenait en réalité qu’à une seule chose : l’apparat, la représentation figurée. Et un député de lui reprocher non pas la démarche ou le projet de loi avec lequel lui-même était d’accord mais de retirer le peu de prestige qui leur reste, le seul pouvoir qu’ils ont en réalité, le pouvoir du verni. Car Ruffin le souligne, il ne reste plus que ça à l’assemblée, se disputer sur des affaires vestimentaires, avec ou sans cravate, avec ou sans maillot, devant un gouvernement qui dirige à coup d’ordonnances. En réalité Emmanuel Macron a débarrassé l’assemblée du moindre pouvoir, poussant la logique monarchique de la Vème jusque dans ses retranchements. Le tout pour une politique que l’on nous vend comme novatrice alors qu’économiquement, elle ne fait 1) que suivre la ligne ordonnée non pas par Bruxelles mais Bonn 2) répéter ce que depuis 30 ans on applique sans le moindre succès même d’estime. Qu’en terme sociale c’est une régression complète qui nous ramène aux heures sombres de l’histoire et non pas celle de Vichy mais celle des années 1900, et ce pour la bonne et simple raison qu’après avoir fait disparaitre le paysan, le capitalisme compte se débarrasser de vous, des gens qui travaillent, tous, avec revenu universel à la clef pour vous faire passer la pilule. Il ne restera plus après ça qu’à mettre en place un système de citoyen à point comme c’est en cours en Chine, où les moins méritants seront peu à peu exclus, le tout à base de réseau sociaux et de like. De jeux et de challenge Le IVème Reich qui, je ne cesse de le répéter, est actuellement en marche devant vos yeux passifs.

Enfin sur le mode répressif nous sommes désormais dans la délation institutionnalisée, mieux, ordonnée, aux associations, aux hôpitaux psychiatriques, toujours plus de sécuritaire, d’expulsion, pour une insécurité essentiellement imaginaire qu’on veillera toute fois à garder dans l’esprit de chacun comme une réalité mécanique. Et tant pis si on se tue vingt fois moins aujourd’hui que dans les années 80 par exemple. Aujourd’hui dans les faits un ministre de l’intérieur a le pouvoir d’assigner à résidence qui bon lui semblera, autant qu’un préfet peut décider de limiter la circulation des personnes pour une zone dites à risque, comme c’est indiqué en toute lettre dans le projet de loi 2017 sur le renforcement de la sécurité intérieure. Ajoutons à ça les policiers municipaux armés, alors qu’ils s’entrainent généralement peu au tir, et même dans l’Oise, une milice de chasseur comme supplétif à la gendarmerie ! Ce n’est plus la tentation du pouvoir absolu, c’est le pouvoir absolu. Et face à ça, dans ce pays qui ne cesse de vanter la démocratie, qui prétend critiquer les systèmes à parti unique, ou mieux qui accuse un Poutine d’être un dictateur au fait qu’il passe quatre heures avec un collège de journalistes internationaux pour expliquer sa politique, notre roitelet se fait sucer devant des millions de spectateurs par un animateur aux ordres. Et j’insiste, on parle bien d’animateur de soirée et en aucun cas de journaliste. En réalité avec le hold-up réalisé par en Marche en récupérant des girouettes de tous les bords, il n’y a plus qu’une opposition sans pouvoir, sans représentativité suffisamment « rassurante » pour l’électeur lambda, sans même le moindre impact et d’autant moins quand un parti comme le FN en vient à approuver les mesures d’un gouvernement en matière d’immigration. Un comble quand même quand pendant un mois on nous a refait le coup du « moi ou le fascisme. » alors que le fascisme c’est Emmanuel Macron. Mais un fascisme consensuel, propre, un fascisme fils de bonne famille, acceptable. Et comme dans tous les régimes fascistes ce sont les valeurs de jeunesse, d’énergie, d’innovation permanente, voir les qualités extra humaine qui sont mis en avant par les médias avec une débauche totalement inédite de flagornerie hystérique.

Le Phare de la pensée des Grands Timonier Que le Monde Entier Nous Envie

Depuis presque cinquante ans que j’observe la vie politique française je n’avais jamais vu une telle orgie de superlatifs et de flatteries de la part d’une presse quasi nationalement aux mains d’un des amis du roitelet, à savoir notre deep state à nous, les milliardaires qui gouvernent en réalité ce pays. Ainsi Libération, à propos de la volonté de Narcisse 1er de lutter contre la pornographie, appelait l’intéressé « le père de la nation ». Dans l’émission Info Verité (ça s’invente pas) l’animateur prétendait que Macron signifiait en chinois Cheval qui dompte le dragon. Plus c’est gros plus ça passe comme le faisait remarquer Goebbels en son temps. Et quand un seul journal ose relever tous les travers de ce parti unique et dévoyé, le Canard Enchainé, une ministre de s’empresser d’accuser le Canard de toucher de l’argent de l’état… ce qui n’a jamais été le cas et tant pis si c’est répandre une fausse nouvelle à seul fin de nuire. Dans l’absolu c’est punissable par la loi, puisque il existe déjà une loi contre les « fake news » ça se plaide généralement en diffamation, sans quoi c’est juste un canular. D’ailleurs il est totalement hors de question que les médias sortent de leur rôle de brosse à reluire présidentielle. Et Catherine Nayl formatée TF1 d’être propulsée directrice de l’information à France Inter, tandis que Jean-Michel Apathie qui est au cirage de pompe ce que le rhum est au baba, vante cinq minutes avant l’allocution du roitelet son contenu novateur. Un festival de carpette, le Diner du Siècle comme si on y était… Et puisqu’il s’agit de museler et de censurer à l’image d’un Giscard dont Macron s’inspire notablement en terme d’image et de style, de s’en prendre à la télévision publique et indirectement à Elise Lucet, priée de revoir ses ambitions à la baisse coupe budgétaire oblige. On est en effet dans cette vieille méthode décrite par Chomsky et qui consiste à sucrer les budgets de sorte que le public se dise que le service fonctionne mal, qu’il trouve normal qu’on le supprime purement et simplement, ce qui arrivera tôt ou tard au groupe France Télévision comme à la santé, la sécurité sociale, la justice et tout ce qui globalement retient du domaine du contrat social. Bien entendu dans ce cadre de soumission joyeuse dans laquelle se complet ce pays, personne ne parle tyrannie. La tyrannie c’est ailleurs, en Arabie Saoudite, chez Poutine n’importe où mais pas ici le fameux « pays des droits de l’homme » selon l’expression consacrée et pour tout dire méchamment compassée. Au mieux on s’accrochera sur des mots, les expressions vieillottes de celui qu’on nous vend comme moderne, sur ses constantes démonstrations de mépris de classe qui contre tels ouvriers illettrés selon lui, donc inaudibles, qui envers les comoriens, ces petits salopiots qui viennent se noyer au large de Mayotte, qui contre tous ceux qui ne « réussissent » pas pour autant que ce mot ait un sens. Ces cibles sont choisi, qualifiés, si on est pas avec lui on est contre lui, un cynique, un rien, avec en fond toujours ce même vieux discours pourri sur la valeur travail.

On ferait mieux de relire Beaumarchais et on comprendrait que tout ça n’est rien que du bruit, du vent offert aux foules pour qu’elles en fassent polémiques et disputations stériles. Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage, répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets, intercepter des lettres, et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique, nous dit l’auteur du Mariage de Figaro ; Vous ne trouvez pas que c’est un portrait fidèle du falot personnage qui préside pour les milliardaires de ce pays ? Ne nous trompons pas, Emmanuel Macron est un animal politique de premier ordre, il a mené sa barque en douce, profité du délitement naturel des partis traditionnels, laissé Valls s’enfoncer dans son imitation de Sarkozy tandis que l’homme qui n’était jamais là, Normal 1er, disparaissait lentement dans le brouillard de son insignifiance. L’obstination stupide et suicidaire de Fillon ne pouvait que lui servir sachant qu’un pays aussi conservateur que la France n’accorderait jamais ni ses voix au vieux stalinien Mélenchon ni à celle de la grande bourgeoise du peuple, même en essayant de se prendre pour De Gaulle in vagina. La porte était entre ouverte, il a foncé et le voilà sur son trône, contant de lui, absolument persuadé de son destin. A tel point qu’il ne s’adresse plus aux français en homme politique classique, il ne parle plus de sa politique, vu qu’il n’en n’a jamais eu seulement une « vision », non il nous enjoint à Noël à oublier tous nos malheurs et ne jamais oublier que nous sommes « la nation française » puis pour ses vœux à nous demander ce que nous faisons pour le pays comme un Kennedy de pacotille. Ou plutôt comme un Louis XIV nain, lui qui veut remettre les chasses présidentielles en route et a fait dire par son caniche Hulot qu’on n’interdirait pas la chasse à courre dans notre monarchique pays. On pourrait presque en rire. Son narcissisme est tellement criant, son absolu certitude qu’il est « élu » au-dessus du lot et qu’il ne lui manque plus qu’une couronne pour en faire un être complet est si criant au détour de ses déclarations qu’on en viendrait presque à le plaindre d’être obligé par la feuille de route des Young Leaders, à savoir détruire ce qui reste de ce pays, au lieu de se faire couronner à Saint Denis. Si le futur qui se profile sous sa tyrannie ne se résumait pas finalement à cette interview qu’il a accordé à un des employés de son bailleur et patron, Bolloré, en la personne du sinistre Cyril Hanouna. Dix minutes de néant offert au milieu d’une émission où règnent la bêtise et la violence. Ou quand la France passe de démocratie à idiocratie. Comme dirait notre nain-soleil : saperlipopette que de galimatias en perspective !

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Théorie d’un complot ou coup d’état mode d’emploi 3ème partie.

N’oubliez pas qu’obtenir l’honneur d’al istishhad* (du martyr) est un devoir national sacré et une possibilité présente.

Saddam Hussein 1977.

 Deux situations peuvent se présenter. Soit le gouvernement loyaliste a déjà pris des mesures conservatoires contre l’insurrection (même en l’absence de pression) assorties de pouvoirs spéciaux et de lois spéciales. Dans ce cas le principal problème est d’agir sans fournir de publicité inutile à l’insurgé, ce qui est particulièrement important si la cause de l’insurgé est très populaire. Si les loyalistes ne se sont pas donné par avance les moyens nécessaires, lancer des attaques directes contre l’insurrection revient à ouvrir la boite de Pandore.

David Galula. Contre-insurrection : Théorie et pratique

De l’art de faire stationner judicieusement ses troupes dépend la plus grande partie des succès militaires.

Sun Tzu. L’art de la guerre

 

Ca force sur l’euphémisme mais les Etats-Unis semblent ne jamais rien retenir de leurs erreurs, et finalement pas beaucoup plus de leurs victoires. La pauvreté de l’éducation politique de sa population et de facto de ses forces armées. Le manichéisme simpliste de sa propagande qui fait adhérer sans mal le troufion à un discours d’évidence qui se révèle rapidement non seulement faux mais totalement perverti par la réalité du terrain. L’absence de formation autre que technique et strictement militaire de ses soldats de troupe. La prodigalité des moyens souvent disproportionnés ou inadaptés tant au terrain qu’aux conditions nécessaire pour maintenir un esprit combattif chez l’homme de corps. Sans compter la fabuleuse capacité des américains à se croire absolument partout en terrain conquis, chez eux, ambassadeur d’une culture forcément universelle et à laquelle on ne peut donc que se soumettre sans passer pour un sauvage ou un arriéré. Cet ensemble semble véhiculer dans le sillage de l’armée américaine un sentiment constant d’invasion, de rouleau compresseur à la fois militaire et culturel. La Pax Americana sent le Coca et le chewing-gum gum, a la couleur d’un blockbuster vendu en prime time, et laisse dans son sillage des montagnes de cadavres.

Au Vietnam, au départ, la situation devait rester sous contrôle. Les américains avaient choisi avec leur discernement coutumier un fervent catholique pour gouverner un pays à majorité bouddhiste. Parfaitement corrompu et dont l’épouse se moquait à la télévision, dans un français parfait, de ces bonzes qui ne s’immolaient pas correctement. Ils finiront par s’en débarrasser au profit d’une junte militaire, qui elle-même se fera jeter dehors par une autre. Il est difficile de faire régner l’ordre quand ceux que vous soutenez ne le respectent pas, qu’ils sont corrompus et ne connaissent que les lois de l’arbitraire. Votre propre cause semble soudain indéfendable et si en plus vous vous arrangez pour laisser à l’ennemi le choix de sa communication et assurez vous-même sa propagande par cet usage de l’arbitraire, vous vous retrouvez rapidement avec autant d’ennemis physiques que moraux. Vous n’êtes plus soutenu par votre propre population, alors qu’en revanche l’insurrection si. Essayant de gagner les cœurs et les esprits, selon l’expression consacrée, avec la balourdise et la brutalité d’un footballeur américain sous stéroïde. Déplaçant des populations sédentaires dans des lieux réservés pour mieux désherber au napalm et à la dioxine des fantômes et un paysage presque sacré dans la perception bouddhiste. Jouant à l’humanitaire d’une main et au boucher de l’autre, le tout en transformant Saïgon, comme plus tard Bagdad, en un vaste bordel à soldat, repère à bandit, espions de tout poil, assassins où pour tout dire l’ennemi est comme un poisson dans l’eau. Avec en surplus un intense trafique de drogue dont les premières victimes seront les GI’s eux mêmes. A vrai dire, c’est même une véritable armée de camés dont hérite l’Amérique à la fin de la guerre. En 74 92% des soldats ont le nez dans la bouteille, 69% tête du joint, 38% sont à l’opium, 34% se shootent, 25% préfèrent les amphétamines (fourni par l’armée) et 23% les barbituriques. Une armée de drogués seulement entamée de 58000 de ses membres, essentiellement des gamins, alors qu’en face c’est près de trois millions d’individus qui vont disparaitre durant le conflit et dans l’immédiate après-guerre. Le Vietnam n’a pas été une guerre ça été un génocide.

Un génocide avorté à la fois en raison d’erreur de stratégie militaire mais également de stratégie de communication. Une guerre motivée par la crainte de voir le sud-est asiatique tomber aux mains du communisme, et qui pourtant va s’ingénier à le propager à coup de bombardements massifs et de politiciens fantoches, fort d’un déploiement militaire sans précédent et de sept millions de tonnes de bombes balancées sur un pays moitié moins grand que la France. Le tout contre trois millions durant la totalité de la Seconde Guerre Mondiale, du Japon à l’Europe. Sept millions d’objets détonants qui n’ont pas forcément détonés et qui rouillent aujourd’hui au fond des rizières, sans compter la pollution à l’Agent Orange. Actuellement le Vietnam est le pays qui connait le plus haut taux d’enfants handicapés au monde, avec un total de 6,7 millions d’handicapés pour une population de près de 90 millions d’habitants (je vous rassure, en France, c’est 12 millions). Sans compter le génocide qui suivra au Cambodge dans le sillage de la déconfiture américaine et qui fera 3 millions de morts supplémentaires en ajoutant les 350.000 de la guerre civile laotienne, un peu plus de six millions de morts. Et pourtant vous avez remarqué, au cinéma c’est toujours l’Amérique qui pleurniche sur son trauma guerrier et le cambodgien qui rejette la faute sur Pol Pot.

La guerre qui va commencer en Afghanistan n’obéit pas à un objectif stratégique, c’est une guerre de vengeance, entamé contre un homme que tout le monde accuse avec un naturel déconcertant. Alors qu’il ne revendiquera jamais formellement l’attentat, et qu’il fut mis en cause par son instigateur après plus d’une centaine de séance de « water boarding » ce qu’en français nous appelons plus simplement le supplice de la baignoire. Car c’est bien connu la torture ça marche, surtout s’il s’agit de vous faire avouer ce que l’on a envie d’entendre. D’ailleurs dans un premier temps, le nom de l’opération emprunte à la série B « Justice sans Limite ». on dirait un film de Seagal… avant de sombrer dans le théâtrale avec « Liberté Immuable. ». En revanche durant treize ans de conflit les afghans ne verront ni justice ni liberté mais bien une violence sans limite, pour un résultat également immuable depuis que les anglais tentèrent de les mettre au pas à la bataille de Gandamak. Les afghans ayant ceci de commun avec les vietnamiens de foutre systématiquement dehors les envahisseurs. Les vietnamiens feront décamper chinois, cambodgien, français et américains et mettront fin eux-mêmes au régime de Pol Pot. L’Afghanistan mettra à l’amende trois des plus grands empires de la sphère occidentale, et quand ils n’ont plus personne sur qui tirer, ils se tapent dessus entre eux. Un comble on ne sait toujours pas aujourd’hui le nombre de victimes civiles lors de l’invasion. Ce que l’on sait en revanche c’est que si les talibans avaient mit un sérieux frein à la production d’opium, elle repartira de plus belle à partir de l’invasion. Aujourd’hui le pays fourni 90% de l’héroïne dans le monde… Au point où le ministre de l’agriculture réclama un temps de rentrer dans le cercle fermé des pays producteurs d’opium légal comme l’Inde ou la Turquie, recevant un refus poli mais ferme des américains, il ne s’agirait pas non plus de retirer le pain de la bouche de la mafia turc… Reste que cette invasion attirera les bouderies de Wolfowitz qui trouve qu’il n’y a rien à bombarder d’intéressant dans les montagnes, il salive déjà au sujet du point Godwin des conspirationnistes et de l’administration américaine, Saddam Hussein le nouveau Docteur No de la propagande US.

En ce qui concerne l’Irak, l’opération « liberté irakienne » ne s’embarrasse pas de signifier ses intentions réelles. Pendant qu’une équipe du service média du Pentagone réunit une petite foule autour du déboulonnage d’une statue choisie au hasard, l’armée fonce sur le ministère du pétrole et les zones d’exploitation. Alors que Bagdad est l’objet de pillage de presque tous les sites officiels dans l’anarchie la plus complète, il devient presque instantanément impossible de s’approcher du ministère du pétrole sans lever les mains bien haut en l’air et si possible en gueulant qu’on adore le Texas (le Texas est un des plus gros pourvoyeurs en homme de l’armée). Le site est ultra protégé comme le sera bientôt toute la zone verte. Il est d’ailleurs « amusant » de remarquer, si on a le cynisme facile, que non seulement les américains vont installer leur base de commandement et s’y retrancher, précisément là ou Hussein avait regroupé physiquement le pouvoir. Mais qu’en plus un des hauts lieux du régime tortionnaire du même Hussein, va devenir le haut lieu du régime tortionnaire de l’Oncle Sam en Irak : Abu Ghraib. Un diable chasse l’autre, et Hussein a averti les américains, la victoire est très loin d’être acquise, la vraie guerre va débuter après la fin officielle des hostilités. De toute manière l’invasion n’a pas du tout été conçue dans un autre but que de virer Saddam Hussein et s’emparer de son trésor de guerre au plus vite du coup d’état qui a lieu à Washington. La question de l’occupation, de l’organisation du pays après la guerre, n’a pas été une seule seconde abordée. Quand aux marines ils n’ont tout simplement pas été formés au travail de police ou de sécurisation, au contraire de leurs homologues anglais qui vont s’y coller. Résultat, à peine un mois après la petite parade de Bush en tenue de pilote, les prédictions d’Hussein se réalisent. Mieux, le 19 août 2003, 3 mois après la ronflante déclaration américaine, Abu Moussab al Zarqaoui dit « l’Homme vert » en raison de ses nombreux tatouages (il a un passé de voyou) fait sauter l’immeuble de l’ONU à Bagdad, tuant 22 personnes. Comme de toute manière tout le monde, à commencé par Bush, s’est essuyé les pieds sur les Nations Unies, ça reste dans le ton. Dix jours plus tard c’est une mosquée chiite qu’il fait sauter, avec un meilleur score, près de cent morts. Enfin en 2006, quelque mois après que l’Amérique toute fière ait pendu un homme de 69 ans pour avoir trop bien collaboré avec elle, Daesh se forme et une nouvelle bombe provoque la première guerre civile irakienne. A vrai dire, à certain moment durant ce conflit qui aura finalement duré huit ans et qui a abouti à la destruction de l’Irak, on atteint des scores de 25 morts par jour !

 

Canaris de l’Empereur et Caesarea

 

Il ne faut s’attacher avec outrance ni à des armes ni à des outils. Excès, insuffisance sont pareil. Inutile d’imiter les autres. Possédez des armes et des outils qui sont à votre portée.

Myamoto Musachi. Le Traité des Cinq Roues

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs

Robespierre.

Canaris de l’Empereur : Loc (Vx) – A cause de leur culotte de daim jaune, surnom collectif donné sous l’Empire aux gendarmes d’élite chargés de combattre les conspirateurs. On les appelait aussi les Immortels.

Bruno Fuligni, le livre des espions.

Caesarea : N.pr. – En référence à la ville de Césarée en Palestine, nom de code d’une unité d’élite du Mossad israélien, chargée d’éliminer physiquement les terroristes pro-palestiniens.

Bruno Fuligni, le livre des espions.

 

Si David Petraeus, l’ancien patron de l’Afghanistan et de l’Irak américaine, préface la nouvelle édition du livre de David Galula, Contre Insurrection : Théorie et Pratique, le moins que l’on puisse dire c’est que les méthodes que l’Amérique va en retenir ne porteront pas leur fruit. Que ce soit en terme tactique, stratégique ou théorique. Car si le Vietnam aurait dû alerter les forces américaines sur la nécessité de ne pas disperser son armement au quatre vent, munitions en particulier, la leçon ne sera retenu absolument nulle part. Cela va être vite le règne de ce que les américains appellent IED, Improvise Electronic Device. L’ajout de l’électronique en plus, c’est une variante de ce que les GI’s au Vietnam appelleront les « booby trap » plus vulgairement appelé chez nous « piège à con ». Bref des engins détonant improvisés, reliant généralement un portable et des obus non détonné ou tout ce qui peut faire un gros boum. En Europe en revanche, où il est moins compliqué de se procurer un AK47 neuf que des explosifs, le stratège de Daesh, le concepteur de cette organisation, l’ex colonel des renseignements irakiens Samir Abd Muhammad al-Khlifawi dit Haji Lakr, va recommander l’usage de toutes les armes potentielles mis à la disposition des civiles européens et dans le monde, camion, couteau et tout autre moyen de propager la mort. Le terrorisme étant l’arme des pauvres par excellence, cette méthodologie, accompagnée d’une propagande soignée, va venir porter la violence vers tous ceux engagés auprès des américains. Avec des résultats sociétaux extraordinaires.

Car il faut bien saisir que la base de la stratégie de Daesh en Europe ou aux Etats-Unis est de diviser les populations civiles, en se servant des musulmans comme bouc émissaire désigné. Ce ressenti, ajouté au choix d’une stratégie de communication par et pour la violence en technicolor et musique, permettra d’accentuer le ressenti des musulmans eux même et d’exalter la jeunesse dans son ensemble. Les occidentaux ayant depuis longtemps délaissé l’éducation de leurs enfants au profit des experts, des profs et des écrans, la propagation de la propagande se fera sans mal. Car il faut bien comprendre que Daesh n’est pas une organisation terroriste mais une organisation militaire très structurée comme le montre ce schéma issu de Daesh lui-même, de la structure de son service de renseignement.

daesh

Le terrorisme n’est qu’un moyen tactique et stratégique pour parvenir à ses fins. Dans ce cadre, sur le terrain, la Charia ne sera pas seulement utilisé comme moyen de coercition mais également de chantage. Selon les consignes de Lakr, les espions chargés de surveiller un village doivent également repérer toute activité contraire à la loi islamique afin de s’en servir comme levier. Et ici pas question de les éliminer, au contraire, mais de se servir des plus intelligents, notamment comme juge dans le cadre de la Charia. Il faut bien saisir que le stratège de Daesh n’est pas et n’a jamais été un islamiste mais un nationaliste. Il ne croit pas aux convictions religieuses fanatisées mais il sait qu’on peut s’en servir, et c’est ainsi qu’Abu Bakr El Baghadi sera choisi par un groupe d’officier du renseignement irakien, afin de donner une image de légitimité au groupe. Ainsi en s’attaquant à l’Irak, les Etats-Unis ont ouvert une boite de Pandore inédite, celle dont ont souffert les irakiens pendant tout le règne de terreur d’Hussein : les services de renseignement irakiens.

Face à ça, en Irak, les américains vont s’appuyer sur la minorité chiite pour contrer l’influence sunnite d’Al Qaïda et de Daesh. Et pour ça vont s’assurer de mettre en place les méthodes employé en Amérique Centrale au plus fort de l’ère Reagan. Et voici que, recommandé par Rumsfeld, entre en scène un vétéran de la sale guerre au Salvador, lui-même impliqué dans le scandale de l’Iran Gate, l’ex colonel James Steele. Les néo conservateurs, je le répète, ne cachent pas leurs intentions. Passé dans le privé à titre de conseillé militaire, il va activement souffler ses bonnes idées aux paramilitaires chiites, le Special Police Commando, également surnommé… la Brigade des Loups. A toute fin je rappel qu’au Salvador, la méthodologie se concentrait sur deux points : torture et exécution sommaire. Mais il ne sera pas le seul sur lequel va s’appuyer les forces de la coalition et le gouvernement US. A Abu Ghraib, le personnel mis en cause dans le scandale des prisonniers torturés n’appartient en réalité pas à l’armée, mais à une des innombrables organisations militaires privées qui vont se partager ce phénoménal pactole. C’est simple, si en 2003 le bénéfices des SMP grimpe à 100 milliards de dollars, six ans plus tard il est de plus de 400 milliards de dollars (je vous renvois ici à mon article sur les SMP : Contractor, les prolos de la guerre ) Le tout sous la férule d’une des plus vastes organisations en matière d’opération spéciale, fondée après l’échec d’Eagle Claw, le Joint Special Operation Command. Une force qui va se composer des Delta Force, de l’ISA, du 24ème escadron tactique de l’Air Force, du 75ème Régiment de Reconnaissance des Rangers et du Seal équipe 6. Tout ceci bien entendu, en se reposant sur une autre machinerie dénoncée depuis par Snowden : le NSA et plus pratiquement la surveillance globale.

Or si à mesure du temps la guerre va faire moins de morts parmi les militaires que parmi les civiles, la Guerre contre le Terrorisme ayant fait 6717 morts officiels contre les 750.000 de la guerre de sécession, c’est bien à un carnage gigantesque auquel nous assistons depuis le début des hostilités contre l’Irak et l’Afghanistan dans les années 90. Rien que pour les seuls musulmans c’est près de quatre millions de morts, et je parle ici d’estimations basses. On a calculé en effet que la guerre en Afghanistan va faire au minimum plus de 200.000 morts. En fait on estime que le seul programme de Guerre au Terrorisme aurait fait à lui seul, toutes confessions confondues, entre 1,5 et 2 millions de morts. Rien que dans la seule Irak, les sanctions prises contre le régime de Saddam, aurait fait selon les estimations non contestées de l’ONU, près de 1,9 millions de morts… dont la moitié était des enfants. Et si on ajoute tout ceux qui sont morts en Afghanistan (rappelons également à toute fin que dans les années 90 les talibans seront financés et armés… par les Etats-Unis), les chiffres les plus élevés depuis que l’Amérique néo conservatrice a décidé de s’en prendre au monde à travers l’Irak et à l’Afghanistan, annonce un bilan se situant entre 6 et 8 millions de morts. Hitler, petit joueur. Dans ce cadre, déclarer que « les musulmans nous détestent passque on est lib’ nous et qu’on boit du pinard et on mange du porc » me semble pour le moins léger.

 

Débriefing

 

La nécessité ne connait pas de loi

Saint Augustin

Un genre très spécialisé de dépendance est la conséquence de technologie moderne, et on le trouve en dehors de la sphère néo-coloniale. C’est la lourde hypothèque qui grève l’indépendance politique d’un pays, quand il achète à l’étranger des armes modernes… Quand des pays se trouvent dans une telle dépendance matérielle et directe, il faut que les organisateurs d’un coup d’état intègrent dans leurs plans une nouvelle politique étrangère, à mettre en œuvre dès la prise de pouvoir. Si le coup d’état est politiquement inspiré par des adversaires du grand « allié », il y a de fortes chances pour qu’il échoue à moins qu’il ne parvienne à cacher cette tendance.

Edward N. Luttwak, Coup d’état mode d’emploi.

Le contrôle de toutes les informations du centre politique du pays visé sera notre meilleure arme pour assoir notre autorité après la réussite du coup d’état. Par conséquent, la prise des principaux moyens de communication avec les masses populaire sera pour nous une tâche d’une extrême importance.

Coup d’état mode d’emplois.

La révolution est au bout du fusil.

Mao

 

Le mouvement néo conservateur (néo dans le sens nouveau) est. Issu de la gauche progressiste à la fin des années 60. Ou plus précisément de l’évolution politique d’un ancien trotskyste, Irving Kristol, dont le mode de raisonnement se fonde à la fois sur son éducation politique, et sur son expérience militaire durant la Seconde Guerre. Comme il le dira lui-même, il y a été « agressé par la réalité » comme d’autre le seront bien plus tard, rejoignant de facto un mode de pensée parallèle, avec l’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne, et ici je pense notamment à Bernard Henri Levy ou André Glucksman. Deux « intellectuels » comme on dit en France très largement soutenus par le mouvement de réforme culturel initié par les Etats-Unis sur l’Europe et notamment par la CIA (non, je ne sous-entend pas que BHL est un agent de la CIA, ni même qu’il sait qui ont été ses soutiens financiers en dehors de son très riche papa).  Avec sa logique trotskyste Kristol est contre l’aide sociale qui ne pousse pas les pauvres à la lutte et rejette le mouvement contestataire qui s’inscrit selon lui dans une logique nihiliste défendue par les premiers anarchistes. Par ailleurs devenu farouche anticommuniste, comme de nombreux trotskystes et anarchistes au demeurant, il reproche leur mollesse au démocrate, exactement comme le fera lui-même Reagan. Sa rupture complète avec la gauche va s’exercer à partir de Lyndon Johnson.

Il est vrai que l’Amérique de Roosevelt n’a rien à voir avec celle dont va hériter Johnson. L’Amérique de Roosevelt jusque dans l’immédiate après guerre croit encore à son idéal de liberté défendu par son extraordinaire constitution. C’est elle qui va dans un premier temps armer Ho Chi Minh et les Viet Minh contre la France. D’ailleurs dans un premier temps, Ho Chi Minh se revendique moins du communisme que du nationalisme. Il cite la déclaration d’indépendance et la Révolution française et déclare que ses forces sont américano vietnamienne. Tout va changer avec l’arrivée d’un petit homme sans envergure, élevé dans l’ombre de sa mère, poussé au pouvoir par des bandits, Harry Truman. Le même Truman qui va user et abuser de l’arme atomique pour soi disant pousser les japonais à la réédition, alors que les japonais ont déjà commencé des pourparlers dans ce sens. La réalité est plus cruelle. Truman a besoin de démontrer qu’il n’est pas le petit homme sans envergure qu’il est en réalité et surtout il doit en remontrer à l’ogre rouge, le terrifiant Staline. Le concours de bite est lancé et il va durer…. Jusqu’à aujourd’hui. A partir de 84 le discours de Krystol se durci quand à la défense d’Israël, prônant une alliance qui va s’avérer funeste pour le reste du monde entre juifs et évangélique, entre le sionisme chrétien et la droite évangéliste. Mais il est vrai qu’un partie discours néo conservateur ne se serait jamais construit sans ce qu’Hitler a fait subir à l’Europe et plus particulièrement aux juifs. Cette position politique va considérablement pousser la droite israélienne vers une certaine radicalisation du discours. Un discours qui va encore se muscler avec l’immigration massive des juifs d’Europe de l’est jusqu’au meurtre d’Yitzhak Rabin, et même au-delà. Mais également grever sérieusement la paix au Moyen Orient d’autant que les intérêts pétroliers rentrent en jeu.

Le néo conservatisme américain va se propager et influencer toute la politique américaine de Reagan à Obama, et même aujourd’hui Trump. Car, en dépit des analyses de certain universitaire français qui aimeraient qu’on trouve une certaine grâce au nationalisme de façade de Donald Trump. En dépit même que nombre de républicain ont critiqué la position du président des Etats-Unis qu’il a, comme à son habitude, résumé par un slogan « no more globalism, only americanism », et qui ne pouvait que séduire la droite réactionnaire de notre pays et du sien. Il faut bien garder en tête que le maître à penser de Trump, Steve Bannon, récemment éjecté pour des affaires d’égo et suite aux émeutes de Charlottesville, défend un discours plus extrémiste que les néo conservateurs mais qui n’en reste pas moins attaché à cette même droite évangélique, à cette même impératif à défendre Israël et l’occident contre le nouvel hydre, le nouveau marxisme de l’occident, l’Islam et le monde musulman en général. Le plus inquiétant demeurant dans les fantasmes d’Apocalypse de Bannon qui lui ne cache pas dans ses films sa vision millénariste et simpliste du monde, appelant précisément à un affrontement entre les nouvelles forces antagonistes, exactement comme les fanatiques du camp adverse en appellent au djihad. Et quand on observe l’espèce de folie collective à base de prière, de fake news, et de tweets farfelus qui s’est emparé de la Maison Blanche depuis l’investiture de Trump, au regard de la politique américaine en Asie, en Ukraine ou en Syrie, on a le droit d’être fortement inquiet pour l’avenir.

L’historique des lois d’exception face au terrorisme dans la sphère occidentale et « démocratique » ne date pas d’hier. Face à l’IRA, Thatcher appliqua un régime draconien à l’Irlande du Nord, notamment en s’appuyant sur l’aile très, très à droite du révérend extrémiste Ian Paisley et les terroristes de l’UVF. Et surtout en rejetant le statut de prisonniers politiques à des hommes qui n’étaient rien de plus, ni n’avaient jamais commis comme d’autre faute que d’être soutenu politiquement par l’IRA et le Sean Feinn. Et qu’on laissa mourir de faim. Un même régime d’exception qu’on retrouvera en Allemagne face à la Fraction Armée Rouge. Ou en France durant la guerre d’Algérie mais également contre les usagers de drogue jusqu’à aujourd’hui, ce qui est paradoxale pour un pays qui a été (et est sans doute encore) si actif dans le domaine du trafic Cependant, jamais jusqu’ici ces mesures n’avaient été prise de façon permanente, subornant non seulement les lois, violant les droits les plus élémentaire des individus, mais se moquant jusqu’à la constitution. Or ce projet aux Etats-Unis n’est pas nouveau, il était dans les espérances de la droite américaine dès Kennedy, et il manqua de se réaliser sous Nixon. Après tout qu’était-ce donc que l’Opération Chaos, sinon les prémisses de cette surveillance globale qui fait fantasmer les agences de renseignement, et surtout les gouvernements. Car la situation est également critique pour nos gouvernements, et ils en ont parfaitement conscience. Les Printemps Arabes ont prit tout le monde par surprise, à commencer par les dictatures sanguinaires qui règnent sur les émirats.

Cependant ce projet aujourd’hui s’appuie sur une nouvelle idéologie, celle du conflit des civilisations, comme au bon vieux temps des croisades. Une croisade cette fois globale qui ne peut que rejoindre les fantasmes conjoint des djihadistes et de l’extrême droite occidentale. Le même rêve de sang avec au bout du compte l’espoir absurde en la venue d’un sauveur magique mettant tout le monde d’accord. Mahdi ou Christ, peu importe. Or quand les fous commencent à diriger le mode de pensée du monde, ce qui suit n’encourage pas à investir dans un autre avenir que celui de la sécurité et de l’armement. Et c’était bien l’intention du gouvernement Bush et de ces suiveurs, Obama y comprit. Car derrière eux c’est bien ce que les américains appellent le deep state, qui pousse. Un état profond qui ne se compose pas seulement de la CIA, des agences de sécurités américaines en général ou du Pentagone, mais de la sphère très influente des méta holdings comme KKR, Carlyle Group, KBR, Halliburton, ou encore Cerberus Capital Management qui a racheté DynCorp. Cerberus dont le directeur fut un des conseillers économique de Trump durant la campagne… Un changement de politique étrangère organisé à partir d’un attentat utile, opportun, et connu à l’avance, qui a permit et permet de détricoter un peu plus les Etats-Unis mais également l’Europe des idées inspirées des Lumières, et laminer totalement le discours traditionnellement universaliste de la gauche, où qu’elle soit, pour n’en faire qu’un succédané, un substitut, laissant encore durer un vague espoir, puisque l’espoir est si utile à endormir les foules.

Espérer ce n’est pas agir, juste un souffle d’inspiration mais guère beaucoup plus. Espérer c’est attendre.

Et pendant que nous attendons, stupéfaits spectateurs d’un monde que l’on veut voir mourir, l’exception, la surveillance et la militarisation s’imposent partout mettant les pays en interdépendance complète. Nous irons désormais chercher nos fusils en Allemagne, nous compterons sur l’OTAN pour subvenir à nos insuffisances, nous laisserons gentiment pourrir le paquebot Dassault dans la corruption de son dirigeant, jusqu’au jour où on nous annoncera que l’armée n’a plus les moyens de se payer des avions français. Ce qu’elle n’a d’ailleurs déjà plus, puisque nous ne pouvons même pas entretenir ceux que la gabegie commerciale du groupe Dassault et la complaisance de l’état nous a fait acheter. Et puisque l’Amérique dirigeante ne sait pas faire autrement, bien entendu cet assaut idéologique et militaire s’accompagne d’un volet économique. Les médias cooptés depuis Mitterrand nous bombardent du discours de la guerre des civilisations, alors qu’il n’y a que pour l’essentiel en terme réel de guerre qu’un conflit entre agences de renseignement au travers d’armées de mercenaires et de groupes armées autonomes ou non. Le tout plus ou moins subornées par des armées régulières. Bref que nous sommes en réalité en rien concerné par cette guerre idéologique qu’on veut nous mettre dans le crâne quelque soit notre confession ou notre système de pensée. Passant au sable et dans la foulée l’assaut économique que nous subissons à travers les accords transatlantique que nous a vendu le très consensuel directeur de marketing à la tête du Canada, le joli et si tolérant Justin Trudeau. Les médias nous tabassent avec des mots tiroirs comme « mondialisation » « compétitivité » « baisse des charges », tandis que notre narcissique « chef » d’état s’en revient de Las Vegas avec sa feuille de route. Et la boucle est bouclée. Et elle va d’autant se resserrer que la technologie de la surveillance se développe, aussi bien que les entreprises militaires privées, ajouter à cela des pénuries qui vont de plus en plus se faire sentir, et dans absolument tous les domaines, ne nous leurrons pas.

D’où qu’ils partent, le seul sursaut ne peut venir que d’une repolitisation de ce que les marxistes appellent les masses. Mais également une réappropriation de nos langues, de nos mots. Ecoutez s’exprimer un badaud des années 50 sur la politique intérieure de son pays et comparez le à aujourd’hui, tant sur le vocabulaire que l’opinion et vous verrez la marge qui nous sépare, la décadence tant du verbe que du discours. Il va falloir tôt ou tard choisir de notre avenir, et avant que la boucle se referme complètement.

 

Nota Bene : pour les amateurs de super complot si vous cherchez des complicités possibles avec Al Qaïda pour l’organisation de l’attentat, et sans aller chercher midi à quatorze heures. En 1979, en Iran, il faut retenir deux choses pendant la prise d’otage. D’une elle était le fait des Gardiens de la Révolution à qui on ne pouvait rien dire et l’administration iranienne, en particulier le ministère des Affaires Etrangères étaient  en réalité scandalisé par cette action. Ce pourquoi Argo est une affabulation d’Hollywood, les iraniens savaient parfaitement qu’il y avait des américains à l’ambassade Canadien, vu que l’ambassadeur des Etats-Unis lui-même l’avait confié à ses homologues iraniens. La seconde c’est qu’il a bien eu une opération de sauvetage réussi et beaucoup plus musclée. L’instigateur était Newt Gringrich, un des papes du néocon, qui se fit aider d’un mercenaire ex-béret vert au Vietnam et de son équipe pour libérer des membres de son entreprise. L’affaire a été relatée dans un livre dont Clint Eastwood devait faire l’adaptation. Aujourd’hui il y a des myriades d’équipes de ce genre, mais si j’étais vous je m’intéresserais de près à Intelligence Support Activity qui fait parti du JOSC. Il faut toujours se défier d’une organisation qui change cinquante fois de nom…

Le grand carnaval ou le bonheur des ogres.

Pour la première fois peut-être depuis l’instauration du suffrage universel, et certainement depuis le début de la 5ème République, la France est présidée par un homme qui n’a pas été élu par la majorité mais par une poignée de français.  En additionnant les vote blancs, les abstentions, et ceux qui ont préféré Le Pen, Emmanuel Macron, le nain-soleil, a été élu par 44% des français et encore moins si on fait la somme des deux tours. Pour la première fois depuis le début de la 5ème, non seulement ce vote a été purement et simplement volé par une comptabilité scélérate mais qui plus est les lois ne sont dans les faits pas respectées. Et absolument aucun responsable politique de Le Pen à Mélenchon pour relever l’escroquerie et demander une mesure de destitution.

Pour la destitution ça va être un peu compliqué parce que la loi de 2007 stipule qu’il peut-être destitué s’il manque à ses devoirs. Ce qui en soit est libre de toute interprétation selon le contexte. Par exemple, dans une entreprise, un cadre payé douze mille euros et qui se tire en vacance à peine trois mois après être rentré en fonction, manque clairement à ses devoirs. Pas au sommet de l’état, visiblement. Pour ce qui s’agit de relever l’escroquerie, considérant le peu d’électeurs avec 24,5% d’abstention et 11% de votes blancs on peut comprendre que ces deux caciques de l’opposition autorisée par le patronat ne soient pas chaud patate à l’idée de remettre en question un système qui les a portés de justesse. Et pareil pour les législatives. Apparemment la vieille soupe ne fait plus recettes. Quelque soit l’ingrédient magique que le patronat mettra dedans d’ailleurs. Nationalisme pseudo gaullien avec de vrais bouts de fascisme dedans pour faire très, très peur, à l’instant Macron. Ou marxisme pouet à la sauce éco-responsable et économie participative avec de vrai bout de diva 2.0 dedans, celui qui fait les gros yeux aux journalistes stagiaires, pour faire rire à l’instant Gattaz.

Remarquez ça donne un spectacle assez croquignolet en ce moment au Palais Brongnart. Je peux vous en parler moi mes muppets quand j’étais gamin c’était l’assemblée le mercredi. Bah ça a beaucoup changé hein. Aujourd’hui on a les cravates contre les sans cravates, c’est comme les sans culottes mais en plus poli. Les sans cravates râlent que c’est trop injuste qu’on retire cinq euros d’APL ou de supprimer les emplois aidés, les cravates disent, ah oui mais c’est comme ça, et la loi passe. Quelques cravates et sans cravates disent qu’il faudrait obliger les élus à avoir un casier judiciaire vierge, comme par exemple un agent technique dans une mairie, les autres cravates, unanimes se lèvent et font oui mais non ça serait anticonstitutionnel. Oh c’est pas du jeux répondent les sans cravates et quelques cravates, c’est toujours vous qui gagnez ! Bon d’accord, rétorquent les autres alors on va dire que si y disent nègre ou youpin bin y seront puni, même pas droit de venir. Pff même pas peur, répond Marine, et dans les tribunes, la Licra ouéééé bravo, vive la France ! C’est historique ! Tralala pouet ! Bien fait Marine, bien faaaait euh !

Vous n’avez pas un tout petit peu l’impression qu’on se fout de votre gueule ouvertement ? Pas les cravates et les sans cravates, enfin presque pas tous, non je parle de messieurs Bolloré, Pinaud, Lafarge, Lagardère, Niel, Arnaud, et notre président de la république bien aimé, Pierre Gattaz ?

Pour 12000 euros t’as plus rien.

Selon la garde des sceaux et tout plein d’expert, la loi confiance, comme les couches du même nom apparemment, présentait de fort risque d’inconstitutionnalité. Soit. Mais quand elle parle de « fort risque » elle parle de quoi exactement ? C’est important les mots, la façon dont on les présente à un public gogo. Admettons qu’ils aient voté la loi, pouf le conseil constitutionnel l’examine et fait ah non c’est pas bon, faut refaire. Et alors ? C’est ça le risque ? Qu’une loi soit retoquée par le conseil, comme par exemple la loi sur le logement que voulait faire passer Duflot et qui est ressortie remodelée et inoffensive à son second passage. ? Moi qui imaginais un genre d’explosion hollywoodienne, ou une épidémie biblique, c’est plutôt nul comme « fort risque. ». et sinon, je voulais savoir, niveau constitution justement, elle a été apportée par Moïse et gravée dans le marbre par le doigt divin ?  Ah oui mais non, la constitution de De Gaulle elle est magique. Elle donne au chef de l’état un pouvoir et une représentation de monarque, et ça monarque, ça lui plait bien l’employé du mois. Avec Maman ils ont même décidé sans rien demander à personne qu’elle ferait genre reine mais moderne quoi tu vois, first lady genre. Je ne sais pas pour vous mais quand j’entends le terme « Première Dame » je me demande, pourquoi il y en a d’autre ? Il tient un harem ? Première dame par rapport à qui exactement ? Par rapports aux autres dames du pays ? Pourquoi parce que c’est le fait du roi ? Qu’il va la baiser en premier et les autres doivent suivre la file ? Aaaah non je sais, parce qu’elle va aller serrer des louches dans des cocktails pour dame riches et généreuses pendant que leurs maris sont occupés à déposséder un peu plus leurs chers pauvres. Les pauvres, les malades, les affamés, les réfugiés sont à ces épouses là ce que les chiots sont à vos enfants. Et tous les ans on déplore autant de chiens abandonnés que de nouveaux affamés, de nouveaux pauvres, de nouvelles victimes du trafique humain. Et à propos de ce nouveau statut, cette charte de « transparence » qu’a émit l’Elysée pour Maman, vous avez entendu les cravates et les sans cravates mugir à l’assemblée ? Un vent de révolte a parcouru cette royale « démocratie » ? Non tu comprends c’est l’été tout ça… On verra pour les grèves à la rentrée, mais pas à Noël hein, on reçoit les Durand et y’aura dinde.

 Oui, elle est bien pratique cette constitution et ce principe du suffrage universel. Elle permet à des condamnés multirécidivistes comme Dassault ou Balkany de continuer de voter des lois scélérates en s’enrichissant. Elle autorise le CAC40 a faire élire son employé, après que leurs autres employés, les médias, aient orchestré la plus formidable campagne électorale en faveur du dit employé depuis Nicolas Sarkozy. Elle protège financièrement tout ce beau monde qui, en cas de coup dur, pourra non seulement toucher une rente à vie mais trouver un emploi dans la finance en cas de pépin. François Fillon, par exemple, un homme de conviction comme chacun sait, avait un certain talent pour la levée de fond mais guère pour ce qui s’agit de maquiller ses comptes. Ce pourquoi il va travailler bientôt pour une filiale de la Société Générale.  La Société Générale, pour maquiller les comptes, on le sait depuis les Panamas Paper aussi bien que Kerviel, c’est des as. Sarkozy aussi s’est fait une raison à son narcissisme, il parle également de bosser pour la finance et faire « plein de pognon » comme il aime le dire avec sa poésie coutumière. Narcisse 1er lui ronchonne un peu, à un gamin qui lui parlait de son salaire il répondait que c’était pas avec douze mille malheureux euros qu’il fallait compter s’enrichir. C’est vrai quoi, trois mois de salaire à 12000 euros pour partir en vacance à Marseille c’est nul. Les gens ne se rendent pas compte du prix de la bouillabaisse au caviar.

La France ou la corruption institutionnalisée

Le budget de la justice française est égal à celui de la Moldavie. Vous me direz comme on n’arrête que des voleurs de poule ça reste dans le ton. 60% des détenus sont des jeunes issus des couches populaires et ayant entre 16 et 19 ans. Et pour compenser sans doute on a créé 29 lois pénales depuis 2000, en durcissant les sanctions et la durée des peines. En revanche, le scandale du Médiator déclaré en 2010 ne sera jugé, peut-être qu’en 2018 ou 2019. On attend que tout le monde soit morts La prison de Fresnes est insalubre et surpeuplée à 200% de ses capacités, le Conseil d’Etat a refusé de faire quoi que ce soit. En revanche l’affaire Françoise Nicolas dont votre télé ne vous a jamais parlé, déclarée en 2009 et qui implique un détournement de fond avec l’aide de l’ambassade de France au Bénin et du Quai d’Orsay, menace de mort, et tentative de meurtre sur la personne de mademoiselle Nicolas n’a toujours pas été jugée en 2017. Où en sont les affaires Fillon et Sarkozy ? Je l’ignore comme vous, dans les limbes de l’oubli, des procédures baillons et des recours dilatoires à répétition. Les procédures baillons, vous savez comme dans l’affaire Kerviel quand ils lui ont réclamé quatre milliards de dommage. Ou dans l’affaire Clearstream quand la partie adverse réclamait 300 millions à Denis Robert.

Le CSA puni C8 de publicité pendant trois semaines en raison du sketch homophobe de son pitre vedette, Bolloré réclame 13 millions au CSA, trois semaines de bénéfices perdus selon lui. Il n’en a pas besoin bien entendu mais il est comme ça Vincent, il aime montrer qu’il en a une grosse et que c’est lui le chef. Il peut, lui comme toutes les holdings précités ou impliqués dans les scandales financiers qui émaillent régulièrement ce pays depuis des lustres, sont couverts par trois choses : une montagne d’argent, des armées d’avocats et un code de procédure pénale  épais comme un bottin et qui s’épaissit chaque année. En revanche, comme le fait remarquer le magistrat Eric Alt personne n’envisage de le simplifier, au contraire du code du travail. Pas plus qu’on ne parle de simplifier la fiscalité et les procédures judiciaires idoines.. D’ailleurs le parlement a voté contre la levée du verrou de Bercy, réclamé (pour une fois) par le Sénat. Touche pas au grisbi salope ! C’est nous qui disons qui on doit poursuivre en justice. Tiens, à propos de procédure, elle en est où Marine avec le Parlement Européen ? Les élections sont passées ça y est ils sont réconciliés ou bien Marine fait de l’obstruction ? Ou bien peut-être qu’on manque d’huissier, de juge disponible pour les affaires financières… Tu sais en Moldavie….

Il existe une autre institution, en dehors de l’état et du CAC40 qui peut compter sur la justice française pour la protéger, la grande criminalité. Si la marmaille des petits dealers continue d’être enfermé par wagon entier par une police du chiffre, le trafique de drogue se porte fort bien, et les mafias également merci. Au Havre les affaires de cocaïne se multiplient au rythme du trafic, à Grenoble les magistrats tirent la sonnette d’alarme. L’ex patron des stups, François Thierry a été mis en examen pour avoir protégé et aidé à s’enrichir son tonton, un très gros trafiquant de marocain. L’implantation mafieuse est forte en Ile de France, dans la Loire Atlantique, en Isère, Rhône Alpe, Alsace et équivalente à celle du sud de l’Italie où sévissent quatre mafias, dans la région PACA. Et tiens dis donc c’est justement dans cette région que Maman et son prodige sont allés se reposer après la terrible épreuve des discours vaseux et des serrages de mains. Bon, ne soyons pas mauvaise langue, le fait qu’un journaliste ait fait de la garde à vue, son appareil fouillé, parce qu’il avait osé photographier le couple royal n’a rien à voir. Que deux ministres d’état louent pour leur vacance une villa appartenant à un ancien trafiquant de drogue non plus. C’est le hasard, la faute à pas de bol, tu comprends en cette saison en Corse c’est super dur de louer une villa avec piscine. Et puis Marseille c’est si charmant, Maman adore ! C’est génial ! Comment ça je porte des accusations calomnieuses ? Comment ça l’état français ne fricote pas avec les voyous, jamais, parce que c’est pas républicain. Et si on parlait d’Etienne Léandri, de Charles Pasqua, d’Elf et du réseau corso-africain ? Ah ils sont tous morts, c’est le passé ! Même Elf a été racheté par Total… Bon plus prêt de nous, les beaux costumes au beau François offert par maitre Bourgi. Pour situer, Robert Bourgi c’est la nouvelle courroie de transmission de la France Afrique après Foccard et Pasqua. Une courroie qui les relie aux parrains du sud de la Corse. Mafia corse qui au demeurant contrôle la plus grande part du trafique de stupéfiant en France. Une vieille tradition française qui remonte à l’avant-guerre, les parrains corses et la drogue. Une vieille amitié avec les politiques également. Heureusement les saisies sont spectaculaires, la consommation également. Comme le fait remarquer Fabrice Rizzoli membre d’Anticor et de CrimHALT, auteur du Petit Dictionnaire Énervé de la Mafia on préfère faire des grosses saisies simplement parce qu’on manque de greffier et que ça fait des jolis photos. Comparution immédiate, instruction courte, pas d’écoute tout ça, et puis d’abord pour écouter quoi ? On a attendu 2004 en France pour admettre l’implantation mafieuse, et encore du bout des lèvres. Les témoins ? Les repenti ? Institué en 2000 le programme de protection des témoins marche sur une jambe. La jeune femme qui avait balancé Abdelhamid Abaaoud s’est retrouvée sans protection, son identité révélée. Grâce à sa loi sur les biens mal acquis, l’Italie prend six milliards par an à la mafia. Une loi sur les biens mal acquis ? Au pays de Patrick Balkany et de sa villa Pamplemousse ? Au pays de Serge Dassault, des costumes à cinquante milles boules et des frais de maquillages à 26.000 euros ? Vous êtes fous ? Et le château que notre bon président de la république Pierre Gattaz vient de s’offrir pour 11 millions d’euros, vous y pensez !? Bande d’ingrats ! La France d’en bas n’existerait pas sans celle d’en haut, si, c’est monsieur Dassault qui l’a dit. Tiens à ce propos de cette note de maquillage de 26.000 euros. Pourquoi les gens trouvent ça trop cher ? Personne n’a jamais entendu parlé du terme fausse facture dans ce pays ? Double comptabilité ? Non ? Pourtant c’est un vocabulaire que Jacques Chirac, Alain Juppé, François Fillon, Nicolas Sarkozy, Edouard Balladur, etc… nous ont bien apprit..

Mais enfin rassurons nous, pour en revenir au seul trafique de drogue, le vieux monsieur de l’Intérieur a une super idée. Faire comme si la loi de 2015 sur les amendes envers les usagers avait été votée cette année à son initiative. Comme ça c’est pratique d’une main on enferme les enfants de pauvre et de l’autre on racket leur client. Et hop, pas d’émeutes, pas de brasier de 2005, ils sont tous déjà au trou.. d’ailleurs le porte-parole de notre firmament indépassable, Christophe Castaner, l’a dit : « Rien ne menace la liberté si cela permet de lutter efficacement contre le terrorisme ». Kim Jong Il n’aurait pas dit mieux. George Orwell par contre doit hurler dans sa tombe.

La guerre des classes est engagée et les patrons sont en train de la gagner.

Du début du siècle aux années soixante, la guerre des classes a été engagé à l’initiative des ouvriers et de quelques intellectuels bourgeois et ouvriers. Cette guerre des classes, cette lutte sociale a accordé un salaire en propre aux femmes, leur droit de vote, les congés payés, la sécu, la semaine de quarante heures, la fin du travail des enfants, etc…Ce que l’on appelle aujourd’hui avec mépris mâtiné de condescendance le « gauchisme » a porté absolument tous les progrès sociaux de nos sociétés moderne. Entendant que l’on englobe dans le gauchisme absolument tout et n’importe quoi du féminisme au Che 2.0 l’hologramme marxiste, en passant par le Jurassik Park de la rue Solférino. Sans tenir compte ni que le socialisme est passé de la cause populaire à la cause bancaire en un siècle, que le féminisme  a d’abord été porté par des dames fort chrétiennes et qu’il a d’autant embrassé d’autres causes que les femmes sont une force économique et sociale de notre pays. Que l’anarchie a été abattue autant par le communisme que le fascisme et les forces du capital. Que le communisme est devenu une expérience intéressante pour qui aime les hôpitaux psychiatriques. Bref… On occulte surtout que depuis les années 50 à aujourd’hui, lentement, scientifiquement, posément le patronat s’est ingénié à vider de tout contenu la lutte sociale, de tout pouvoir. On oublie surtout que la guerre des classes est aujourd’hui engagée par les milliardaires de ce monde et qu’ils ont en train de la gagner.

De quoi s’est fabriquée cette lutte sociale, de quoi s’est-elle nourri ? De sang et de martyr, certes. D’essais et de manifestes politiques également.. Mais avant tout des écrits de Zola, Dickens, d’un rejet de l’académisme bourgeois chez les impressionnistes, de la démocratisation du beau pour le Bauhaus. Elle s’est nourri du théâtre de Brecht, des Raisins de la Colère, du cinéma de Pasolini, de Camus, Sartre, de la Nouvelle Vague. Bref d’une culture, d’une pensée artistique et culturelle subversive qui témoignait, militait, inséminait la société avec une pensée humaniste et sociale au lieu d’être exclusivement tourné vers la libre entreprise et le marché. Cette réalité n’a pas du tout échappé à la CIA dans les années 50 et 60, pas plus qu’elle n’a échappé aux tenants de l’économie de marché. En Allemagne, Italie, France, dans toute l’Europe de l’ouest les Etats-Unis ont exercé un travail de sape sur les intellectuels, cinéastes, peintres, écrivains de sensibilité de gauche. Favorisant bien entendu les défenseurs de la libre entreprise. On a défendu un certain art abstrait qui ne disait plus rien, on a encensé les reproductions de Warhol, et l’art contemporain est né. Un art de la transgression et non plus de la subversion. Un art dont on pouvait décider la valeur immédiatement sans créer de la richesse. Un art consommable. Et aujourd’hui un Velasquez vaut moins cher qu’un placard plein de flacons rempli par un quelconque génie élu du marché.de l’art. François Pinaud est contant, il peut jouer à Laurent de Médicis et les Aventures de l’Abattement Fiscal.

Observez notre paysage culturel actuel, vous n’avez pas l’impression qu’il y a quelque chose qui manque ? BHL, le chevalier blanc de ce programme américain de détricotage culturel, traite le Monde Diplomatique de rouge-brun parce qu’ils ont osé faire un dossier à charge sur lui. Immédiatement soutenu par Philippe Val, qui était Charlie mais depuis tu comprends Carla est une amie. Eric Zemmour se prend pour la France et se rengorge de sa plus complète bêtise en nous assommant de sa violence verbale raciste et misogyne. Alain Soral et Dieudonné se tirent les cheveux pour savoir qui va dire le plus souvent « youtre » dans une seule phrase. Michel Onfray parle de Michel Onfray, tout comme Finkielkraut, Emmanuel Todd et tous ces messieurs qui adorent poser devant des bibliothèques chargées pour bien montrer que eux ils pensent. Le cinéma français continue de faire des fours remboursés par TF1 et l’avance sur recette à coup de comédie vachement marrante dans un camping on dirait et y’aurait plein de beauf ridicules. Le théâtre est en train de mourir, François Rollin a décidé d’arrêter au lieu de bosser à perte et les intermittents du spectacle sont priés de présenter leur papier à la soupe populaire, pas de resquilleur ! la Chambre des Arts et Métiers déplore la pénurie grandissante d’artisan d’art. Et question musicale ? Le rap de consommation courante ? Bouba le rebelle de Boulogne Billancourt ? Shab frère je suis un tueur mon daron c’est un baveux ! Ou bien la bande des quadras aphasiques, les amants à Carla ? De toute façon ça sert à rien la culture, l’employé du mois préfère poser avec un maillot de foot que de s’emmerder devant Picasso. T’as vu récemment un président en exercice occupé dans un musée, recevoir un grand poète, distinguer un peintre, un chorégraphe ? Et le dernier Goncourt, tu te souviens de quoi il parlait ? Une nounou tue les marmots qu’elle a en garde. Je suis absolument certain que Céline aurait trouvé ça passionnant et que Camus aurait fumé une cigarette à la lecture de ce drame engagé….

Deuxième axe du mouvement social les partis politiques. Là c’était facile, par la grâce du suffrage universel les partis ont besoin d’argent pour leur campagne. Beaucoup. Et plus le discours s’est vidé, plus la lutte sociale a laissé place au « care », comme disait Martine Aubry, plus les candidats ont été lancés comme des lessives, et les campagnes ont coûté de plus en plus cher. Des budgets cinématographiques. Sans compter que les candidats sont recrutés exclusivement dans le même cercle social, avec le même cursus. Macron a fait Science Po et l’ENA pourtant quand on l’écoute parler on regretterait presque qu’il ne soit pas footballeur.

Troisième axe l’idéologie elle-même. Certes l’effondrement de l’Union Soviétique a largement aidé au démantèlement de la gauche. Mais l’invention du Front National également. On ne cesse de nous répéter que Mitterrand s’est servit de Le Pen pour diviser la droite. Pourquoi seulement la droite ? Les communistes ont perdu leur base populaire au profit du FN et ce qui reste du PS s’est mis a entonné le discours identitaire à coup de « les Roms n’ont pas vocation à rester en France » ; Au reste plus un seul de nos intellos autorisés ne parlent de lutte des classes, ils ont la bouche pleine d’islamophobie, de guerre des civilisations, de communautarisme divers et variés, de bavardage sur le voile et de Grand Remplacement.

Quatrième et dernier canal des mouvements sociaux, leur bras armé si j’ose dire, les syndicats. Pour contrer l’influence communiste et socialiste les américains, encore eux, créèrent et financèrent le syndicat Force Ouvrière. La CFTC, l’ami des patrons, tel que nous la connaissons, a été créée après la scission de 64, lorsque Delors et ces copains fondèrent la CFDT, décidèrent de se rapprocher de la question de la lutte des classes, et de déconfessionnalisé leur mouvement. Afin notamment d’emmerder les communistes de la CGT. Le syndicat Sud est une déclinaison de FO. Bref avec le temps, à force de jouer les uns contre les autres, d’assurer des rentes à des délégués syndicaux, d’empêcher la création de syndicat dans les entreprises, de diviser et subdiviser les intérêts de chacun, le patronat est parvenu à rendre impuissant les dits syndicats en France. Oh oui, bien entendu, on adore parler des grèves ici, qu’on la fait tout le temps, et même qu’on prend en otage les usagers tout ça. Bon d’accord on fait moins grève que le Danemark et Chypre, mais ça compte pas. 80 jours de grève sur 1000 salariés sur les dix dernières années, c’est dire si c’est grave. Alors que l’Allemagne seulement 16 jours ! Les Allemands c’est des gens biens, c’est des gens sérieux, ils devraient revenir. .Et qu’est-ce que ces grèves ont changé ? Absolument rien. La loi de cette pauvre victime d’El Kohmri, dit « la cible idéale » ? Manu la Terreur a sorti son joker, et fuck la lutte des classes.

Je trouve ça curieux quand même cette lutte sociale qui répète les mêmes recettes sans résultat. Quand une entreprise créait de la richesse, quand son avenir dépendait de sa production et de sa qualité, les ouvriers en grève c’était gênant. Ford en grève c’était de l’argent perdu, beaucoup mais aujourd’hui ? Aujourd’hui Mital délocalise et il vous emmerde. Aujourd’hui  Bolloré rachète votre entreprise, vire tout le monde et la revend plus cher au bout de deux ans. Qu’est-ce qu’ils peuvent bien en avoir à foutre à la SNCF que les cheminots ne travaillent pas puisqu’ils veulent justement démanteler et privatiser ? Et qu’en plus c’est les cheminots qui payent la grève de leur poche !? Puisque à coup de rachat en LBO une holding se fera plus d’argent que Disney, Coca et Microsoft réuni avec leur production, pourquoi il n’est jamais venu à l’idée des syndicats de faire, par exemple, la grève des contrôleurs, ou la gratuité des transports. Taper directement aux portefeuilles des actionnaires. L’argument de la prise d’otage en prendrait un coup non ? Et si par exemple un syndicat , composé de magistrats, d’intellectuels et de citoyens décidait de faire la grève de l’impôt tant que l’affaire Servier n’est pas jugée, les responsables condamnés et les victimes indemnisées, ça aurait une autre gueule question désobéissance civile que de se pointer à l’Assemblée sans cravate.non ?

Et si vous remplissiez les petites cases de votre imagination pour vous demander comment conserver vos congés payés et vos droits les plus élémentaires. Vous savez, les congés payés que l’on parle de supprimer avec les RTT. ? Pour éviter que Vincent choisissent pour vous ce que vous devez voir ou non à la télé. Pour qu’Eric Zemmour ferme de temps à autre sa gueule au profit d’un véritable intellectuel, un historien, un auteur, un magistrat, un poète, quelqu’un qui vous nourrisse d’autre chose que de haine et de mépris. Et si on se demandait cinq minutes si livrer une société tout entière aux lois du marché et à la voracité du CAC40 n’était pas assimilable à de la haute trahison, on pourrait virer Maman et son petit homme sans lui refaire la coupe de cheveux. Et si ce pays grandissait un peu ?

Etat de la justice en France

Affaire Françoise Nicolas

Programme culturel de la CIA

Carte de l’implantation mafieuse en France et en Europe