Police, les nouveaux barbares ?

Je n’éprouve aucune détestation particulière vis-à-vis de la police, je suis blanc et bien né. J’ai déjà eu à faire à eux en tant que consommateur de cannabis, mais donc je suis blanc et bien né, c’est-à-dire pas dans un quartier, ils ne m’ont jamais posé plus de problème que ça. J’ai discuté avec des policiers, en service ou non, ils m’ont fait l’effet de personnes diligentes, dévoués à leur métier, un sale et beau métier en même temps. Beau car il faut une certaine dose de courage et d’abnégation pour embrasser une carrière dans la police. Avec plus de cinquante morts par suicide en 2019 et quinze nouveaux depuis le début de l’année on ne peut pas exactement parler d’un métier facile d’autant que pour une bonne part de la population vous êtes avant tout l’ennemi, l’empêcheur de tourner en rond, la matraque la gazeuse et l’éborgneur.  Sale métier également parce que tout bien considéré c’est eux, avec les pompiers, qui ramassent toute la misère du monde. A eux les faits divers, les suicidés sous la rame du métro, la misère au quotidien, la perversion parfois. A eux ce que la société refuse d’admettre, que l’homme peut être un chien pour son semblable, que nous vivons sous l’empire de l’égotisme et de la médiocrité, de la bêtise et parfois également de la violence. Or la violence au quotidien laisse des traces et les policiers, par essence la côtoie beaucoup. Si on ajoute à ça la pression hiérarchique, la course au chiffre, la « batonnite » comme l’appelle les flics, l’incompétence des instances dirigeantes qui n’ont souvent strictement aucune expérience du terrain, on obtient un cocktail explosif qui, sans l’excuser, explique sans doute pourquoi autant de policier se radicalisent dans leurs actes et leurs propos. Délires racistes, violences verbales et physiques, délit de faciès, etc, ce que tous les amis basanés que j’ai pu avoir ont subit un jour par la faute de flics sous pression.

Placé en HDT plus souvent qu’à mon tour par la police elle-même suite à un épisode maniaque, je n’ai jamais subit non plus de clé d’étranglement, supporté les insultes de quelque pandore sous tension et pourtant j’étais parfois sérieusement agité, assez sérieusement pour qu’une fois ils durent se mettre à cinq pour me maitriser. Pas de Taser, pas de matraque, à peine si je me suis déjà fait engueuler par un flic excédé par mon comportement. Mais j’augure volontiers que ça n’aurait pas été aussi facile si j’avais eu un taux de mélanine plus haut, si j’étais né d’origine pas contrôlé, bref si j’avais eu le profil type du délinquant dans l’imaginaire étroit des policiers les plus obtus. Car il y a bien une constante de ce point de vue-là. Pas tant que je crois les policiers plus racistes que la moyenne qu’ils prennent un plis qui consiste pour l’essentiel à assimiler couleur, quartier populaire et délinquance dans un même ensemble, sans prendre le temps de faire la distinction, sous pression permanente qu’ils sont. Pourtant n’en déplaise aux locuteurs de l’antiracisme et des Droits de l’Homme, nous ne vivons pas aux Etats Unis où un noir a 21 fois plus de chance de subir la violence policière, où la moitié des condamnés à tort sont des afro-américains, où 40% de la population carcérale est noir et 39% latino. L’Amérique n’a pas encore digéré la ségrégation, le racisme y est prégnant et puisque par définition la police sert avant tout l’ordre bourgeois, où qu’il soit et que ça plaise ou non aux flics eux même c’est un fait, ce sont les pauvres qui subissent avant tout le joug de la matraque. Or c’est bien aux Etats-Unis où la majorité de la population noire vit sous le seuil de pauvreté. En France la majorité de la population carcérale, 60%, a entre 16 et 19 ans et est issus d’un quartier populaire. On n’en saura pas plus puisque les statistiques ethniques sont interdites par la déontologie républicaine pourtant on comprend bien que les premiers visés par la justice sont jeunes et pauvres, l’ordre bourgeois ici n’a pas exactement les mêmes prérogatives que de l’autre côté de l’Atlantique. Nous sommes dans un vieux pays de vieux c’est donc en priorité la jeunesse qui est visé par la vindicte de sa police.

Reste que sous l’influence de la tyrannie macroniste, la violence policière s’est également déchainé sur d’autres pauvres, les Gilets Jaunes cette fois, résultat cinq mains arrachées, des dizaines d’éborgnés, des passants tabassés avec fracture du crâne parfois, du gaz en veux-tu en voilà. La violence de ce pouvoir-là ne connait aucun frein sinon celui imposé par le verni démocratique. Si on ajoute à ça l’incompétence complète du ministre de l’intérieur, sorte d’ivrogne irresponsable plus intéressé par se faire bien voir que par gérer correctement la police, une Inspection Générale des Services dévoyée, plus occupée à couvrir les policiers qu’à rétablir une justice elle-même aux ordres strict du pouvoir –et ce bien avant l’arrivée du petit roi- et un préfet Lallemand à l’image de ses patrons, narcissique et violent. On obtient une combinaison explosive où la police est de plus en plus critiquée par la population, ses méthodes discutées, son racisme supposé stigmatisé.

L’un dans l’autre la mort atroce d’un George Floyd assassiné par un flic déjà signalé 17 fois pour ses accès de violence ne pouvait trouver qu’un écho favorable ici-même considérant les affaires Traoré et Chouviat, deux victimes des méthodes et de la violence des policiers pour deux affaires pourtant, au départ, diamétralement différentes. Cédric Chouviat est un simple livreur soit disant arrêté pour avoir téléphoné sur son scooter. Selon la police le ton monte rapidement, résultat une clé d’étranglement et un plaquage ventral qui lui seront fatale après avoir crié sept fois qu’il étouffait. Le légiste, apparemment pressé de couvrir la police parlera de malaise cardiaque plutôt que de mort par asphyxie. Ce que conteste non seulement la famille mais les enregistrements de l’altercation. Dans l’affaire Traoré, Adama est un suspect en fuite, ce n’est pas lui qui intéresse initialement les gendarmes c’est pourtant lui qui en mourra après avoir supporté près de deux cent cinquante kilos sur son thorax suite à un plaquage ventral particulièrement vigoureux. La justice en plein déni, refuse d’entendre certain témoin clef, sucre le rapport fait par les pompiers, nie l’asphyxie au profit du bien pratique malaise cardiaque, refuse les contre-expertises réclamées par la famille. Une opacité complète visant à nouveau à couvrir les exactions de flic sans limite ni déontologie.

La bêtise molle et la médiocrité des téléspectateurs moyens, friand public d’Eric Zemmour, le héraut d’une foule sans culture abruti de ses certitudes de réactionnaires aux petits pieds, clamera qu’ici nous avons à faire à un authentique délinquant, pire à une famille de délinquant (essentiellement de petits délits) et qu’il n’y a donc aucune raison de pleurer la mort d’Adama, ni celle de George Floyd qui après tout avait résisté à une arrestation après avoir été pris à vouloir utiliser un faux billet. La bête immonde se porte bien dans le ventre de la bêtise et la collaboration n’est jamais loin sous l’adage « si t’as rien à te reprocher pourquoi avoir peur de la police ? » Cette même connerie qui justifie les éborgnages à coup de LBD comme réponse à la violence supposé et monté en épingle par les médias mainstreams des Gilets Jaunes. Et tant pis si Steve Maia Caniço est mort noyé à cause de cette même police et de ses méthodes brutales. Tant pis si les infirmières ont été généreusement gazées et tabassées par la police macroniste, un petit applaudissement chaque soir à vingt heures et on oublie tout. Tant pis si les violences policières sont un fait depuis bien longtemps répertorié, aussi tangibles que la culture de l’impunité instauré par l’IGPN. Pour Alexandre Langlois du syndicat de police VIGI, le problème est pourtant bien au sein de l’institution elle-même. Et de reprocher à la police de ne pas respecter les consignes européennes en matière d’enquête interne, de pointer du doigt tant l’incompétence de notre ivrogne de ministre de l’intérieur que du directeur de la police nationale qui n’a strictement aucune expérience comme policier. De remarquer que les policiers ne sont pas assez formés, ont des centaines de millier d’heures supplémentaires impayées, que leur détresse n’est pas écouté par la hiérarchie autrement que sous la forme du sacro-saint numéro vert, panacée de l’ère macroniste. Et après tout il est vrai qu’il ne faut qu’un an pour être policier, donc armé, là où il en faut deux pour devenir coiffeuse, et trois pour une infirmière….

La mort de George Floyd a fait figure d’effet boule de neige sur les méthodes de la police française. Et notre très incompétents ministre de se précipiter pour interdire les prises d’étranglement lors de la formation et de dénoncer le racisme comme une généralité. Réaction immédiate du syndicat majoritaire et d’extrême droite Alliance, bouderie générale, jetage symbolique de menottes, bouh que c’est trop injuste on leur retire le droit d’étrangler et d’insulter. Il est vrai que de parler de « soupçon avéré » dans le cas d’injures racistes a non seulement le privilège de ne rien vouloir dire mais est suffisamment vague pour que le fameux soupçon s’invite n’importe où et à toute occasion. En revanche pour ce qui s’agit du plaquage ventral ou l’étranglement les forces de l’ordre pèchent par mauvaise foi ou incompétence crasse. J’ai assez étudié les arts martiaux dans ma vie pour savoir qu’il existe des centaines de façons pour maitriser un individu à main nue sans passer par la strangulation ou le plaquage ventral. Mais il est vrai également que plaquer au sol un individu et l’étrangler est un raccourci basique, facilement enseignable et demandant une maitrise minimum, ce qui colle avec la toute petite année d’enseignement pour devenir flic de rue. On pourrait également jeter un œil sur le recrutement lui-même. La Brigade Anti-Criminalité est notoirement maillée de petits délinquants qui, s’ils n’avaient pas fini sous l’uniforme ce serait tôt ou tard retrouvé entre quatre murs. Et cette voyoucratie en tenue civile de déchainer sa haine et sa violence sur les quartiers populaire, comme ce fut le cas pendant le confinement dans des banlieues sous tension.

L’un dans l’autre c’est une profonde réforme des méthodes et du recrutement, de la hiérarchie et de l’Inspection Générale de la Police Nationale également qu’il faudrait imposer à la police. Profonde réforme qui devrait aller de pair avec une réforme de la justice pour garantir à la fois son indépendance vis-à-vis de l’état mais également ses finances. Rappelons à ce sujet que nous avons l’un des systèmes judiciaire les plus sous financé d’Europe, équivalent au budget de la justice Moldave…Pour autant encore faudrait-il que les politiques ne se servent pas du ministère de l’intérieur comme ascenseur sociale, ni de la répression comme mode de communication. Le très corrompu Nicolas Sarkozy a supprimé la police de proximité au profit d’une police du chiffre et les RG au profit d’un barnum appelé DGSI. Politique poursuivi avec insolence par ses successeurs pour un résultat en réalité catastrophique où de plus en plus les populations ont coupé le lien avec les services de police et où l’arrivée des Gilets Jaunes est apparu comme un phénomène imprévisible là où toujours le même Alexandre Langlois affirme que l’existence continue des RG aurait permis de le prévoir. S’ajoute à ça la militarisation à outrance de la police, la reconnaissance faciale qu’on veut imposer comme une panacée au terrorisme et encore une fois l’incompétence de l’ivrogne Castaner. On obtient dès lors un mélange qui à terme pourrait coûter cher à la police nationale. Pour autant si l’ère du petit roi est l’expression directe de l’ordre bourgeois dans tout ce qu’il a de plus méprisant, arrogant, narcissique et surtout violent, il y a fort à craindre que cette réforme ne se fasse pas voir jamais. Résultat une défiance de plus en plus grande vis-à-vis des flics quelle que soit sa couleur de peau, voir une haine qui monte à force de meurtre et d’injustice.  Pendant ce temps-là un Balkany sorti de prison pour raison de santé fait le mariole pendant la fête de la musique sous les applaudissements mous d’une foule corrompue au clientélisme, l’ordre bourgeois a encore de beaux jours devant lui en France.

Le monde d’après

Un panache de fumée s’élevait encore de l’Elysée à demi calcinée dans l’aube laiteuse et évanescente d’un Paris qui se réveillait avec la gueule de bois.  Le pavé arraché était jonché de cadavres, des impacts de balles sur les murs haussmanniens, des barricades déglinguées, des secouristes de rue occupés à soigner les blessés qui gémissaient en écho dans les rues de la capitale, le monde d’après. Macron et sa femme étaient en fuite, on cherchait toujours Edouard Philippe. Dans la cour de Matignon, une longue file de prisonniers attendaient d’être tondu, Jean-Michel Apathie, Yves Calvi, Patrick Cohen, Michel Cymes, Roselyne Bachelot, Pascal Praud, Eric Zemmour… Le gars derrière la tondeuse était un ancien coiffeur-tatoueur branché dark rock et bondage japonais, il s’éclatait à leur faire des coupes improbables. Dans un coin Sibeth N’Diaye pleurait en tripotant la fraise rose qui lui avait taillé et qui flottait sur son crâne comme une enseigne, les gardiens, des flics passés du côté des insurgés, rigolaient bien. Sarkozy, Buzyn, Veran et Hollande n’avaient pas eu ce privilège. Ils attendaient tous ensemble à l’exception de Sarkozy, entassés dans une des cellules insalubres de la Santé, gardés par des voyous des quartiers armés jusqu’aux dents. L’ancien président et sa chanteuse de femme patientaient tous les deux à Roissy sous bonne garde, un vol qui devait bientôt les expulser du pays avec quelques-uns de leurs amis. Dans un coin un écran télé relatait les évènements de la journée dans le monde. La guerre civile qui avait également éclaté à New York et à Washington D.C et fait plusieurs dizaine de milliers de morts qui venaient s’ajouter à ceux de la pandémie qui avait précédé les événements. Poursuivi dans les rues de la capitale par une horde de féministe à la tête de laquelle se trouvait Melinda, Trump avait fini par être lynché et pendu par les couilles à un réverbère avec la totalité du staff de Fox News. La même chose ou presque était arrivé aux sièges de CNEWS et BFMTV, ravagés par les flammes, le personnel des journalistes diversement poursuivis dans les rues et mis en pièce.

  • Tu vois Carlitta on s’en sort plutôt bien, glissa l’ancien président à sa femme alors que la caméra filmait Ruth El Krieff courant dans les rues poursuivie par une horde de Gilets Jaunes à la veste éclaboussée de sang séché.
  • Vous deux, par ici, ordonna un grand costaud en s’approchant, un Famas en bandoulière, une veste camouflage volée sur le dos. Il portait un masque FFP2 avec dessiné dessus un crâne et deux tibias. Le couple obéit aussi tôt. Ils tiraient deux grosses valises Gucci avec eux, on les chargea à bord d’un jet privé.
  • Bonjour Monsieur le Président, fit le steward avec un sourire avenant.

C’était la première fois qu’on lui donnait du président depuis qu’on l’avait tiré de son sommeil l’avant-veille, il ne put s’empêcher de sourire.

  • Oh bonjour, où nous conduisez-vous ?
  • Je suis désolé Monsieur le Président je ne peux pas vous le dire.
  • Oh allons, nous sommes entre nous et à qui voulez-vous que je le raconte ? Insista Sarkozy en prenant son ton enjôleur de montreur de foire.
  • On avance et on ferme sa gueule ! Beugla le grand costaud derrière eux.

Le couple obéit et pénétra à l’intérieur, aussi tôt accueilli par la voix mélodieuse et mondaine d’Arielle Dombasle.

  • Bonjour chers amis !
  • Arielle !? tu es là ? Et toi aussi Bernard-Henri mais c’est merveilleux !

Bernard-Henri Levy releva son front haut et grave de penseur concerné du livre qu’il tenait entre ses mains. Il avait les cheveux tondus en une triple crête bleu blanc rouge. Ils lui avaient fait ça juste avant de prendre la direction de l’aéroport. Carla failli éclater de rire.

  • Comme c’est drôle non !? Fit Arielle avec son sourire parfait de vieille Barbie.
  • Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de drôle ! S’emporta le philosophe de salon.
  • Oh allons prenez les choses du bon côté, nous raserons tout ça à Marrakech !
  • A Marrakech ? Nous allons à Marrakech ? S’enquit Sarkozy.
  • Et bien où pourraient-ils nous envoyer d’autres ?
  • Bin je ne sais pas, dans un coin moins sympa…
  • Allumons la télévision nous verrons ce qui se dit sur nous, proposa le philosophe tout à fait certain que son enlèvement et sa tonte avait fait la une des magazines en continue.

Sauf qu’il n’y avait plus de chaine en continue, il y avait un canal unique avec Cyrill Hanouna en slip léopard au milieu d’un bain de boue avec de chaque côté du bain, Sibeth N’Diaye et sa fraise et Marlène Schiappas à qui le savant et facétieux coiffeur avait taillé un petit gilet jaune fluo sur l’arrière du crâne en guise de chevelure. Tout le reste avait été coupé ras. Les deux femmes portaient des bikinis rouges qui faisaient rebondir leurs formes replètes. Autour du bac de boue se tenait une foule hurlante derrière des grillages, ça huait, ça rigolait, ça faisait des commentaires salaces, la foule quoi, bête, avinée, et accessoirement heureuse. On avait renversé cette république de pourri, on allait tout reconstruire, tout, mais en attendant les divertissements avec les commentaires d’Hanouna en fond sonore. Obligé de s’égosiller et de trouver ça marrant. Il avait l’habitude mais là c’était des amies qu’on humiliait ainsi que lui et ça n’avait plus le même goût que lorsqu’il recouvrait ses animateurs de chocolat ou en remplissait le slip de nouilles.

  • Allez mais petites poulettes soyez pas darka comme ça, c’est marrant non ?

Une giclée de boue vola vers son visage.

  • Et celle-là tu la trouves marrante !? Hurla Sibeth
  • Eh mais oh l’autre il a rien fait ! Protesta Marlène.
  • Oh toi ta gueule ! On n’en serait pas là si vous m’aviez tous écouté !
  • Quoi ? T’écouter toi !? Mais t’as jamais dit que des conneries ma pauvre fille ! T’es même pas foutu de mettre un masque ! Railla l’ancienne Secrétaire d’Etat.

S’en fut trop pour l’ex porte-parole. Même ses enfants s’étaient moqué d’elle après cette dernière sortie, ça et toute la toile, des millions de personnes qui aujourd’hui la regardaient avec sa coupe ridicule foncer dans Marlène Schiappas.

  • Aaaah enfin ! S’anima l’animateur avec un sourire forcé.
  • Dix dollars sur la grosse Schiappas.
  • Tenu

Dans un des salons dévastés de l’Elysée, le gouvernement provisoire regardait la télé. Il y avait Momo d’Aubervilliers, l’avocat Gilet Jaune François Boulot, Madame Lucette, montée de la Drôme avec son mari, le colonel de gendarmerie Michaud, Abdel et Kader, Boris, maitre-chien et son fidèle berger malinois Patrick, le penseur Frank Lepage, et surtout il y avait Machin. C’était Machin qui avait appelé à l’émeute généralisé, Machin qui sur les réseaux sociaux s’était attaqué au gouvernement, une punch line par minute reprise par tous les médias comme le bon sens populaire. Machin que personne n’avait jamais vu jusqu’à ce qu’il se laisse inviter par Jean-Jacques Bourdin dans son émission hebdomadaire. Bourdin en fut pour ses frais, à peine l’interview avait commencé que des intermittents du spectacle déboulaient sur le plateau et le prenaient en otage à la pointe de leurs fusils. Les armes avaient été fournies par un escadron de gendarmerie à demi décimé par le covid-19. Depuis la pandémie s’était ralentie, on n’avait pas encore trouvé de vaccin mais tout le monde était à la chloroquine. Machin avait voulu inviter Raoult, interviewé l’ex ministre de la Santé mais l’éminent professeur avait ronchonné qu’il n’avait pas de temps pour ces bêtises.

  • Ooooh ! S’exclama Machin alors que Shiappas venait de faire basculer N’Diaye dans la boue d’une savante prise de judo.
  • Dis donc elle assure la grosse.
  • Je t’avais dit elle a la niaque.

La grosse fraise plongea dans la boue et se releva comme un drapeau en berne gluante de boue rouge.

  • Je vais te niquer salope ! Hurla-t-elle avant de se jeter sur Schiappas qui la prit de plein fouet.

Les deux femmes roulèrent dans la gadoue sous les gueulantes joyeuses de la foule. Un sein s’échappa, un coup de poing parti, un autre, N’Diaye prit le dessus, mordant à pleine dent l’oreille de sa partenaire qui finalement la repoussa des deux pieds. N’Diaye cracha du sang et un bout de lobe. Les deux femmes étaient essoufflées, elles se jaugeaient attendant que la première tente quelque chose quand soudain deux tronçonneuses tombèrent au milieu de l’arène. . Un silence de mort enveloppa la foule, on passait aux choses sérieuse cette fois.

  • C’est quoi ces conneries ? Gronda Machin
  • C’est une idée des fonctionnaires qui travaillaient pour elles, expliqua l’avocat laconique.

Les moteurs des tronçonneuses étaient en train de démarrer quand Bernard-Henri ordonna qu’on coupe l’image.

  • Oh mais pourquoi !? Protesta Carla Bruni-Sarkozy. Ca commençait à devenir si drôle !
  • Si ce genre de spectacle vous amuse ma chère, je vous suggère les jeux du cirque ! Rétorqua Bernard-Henri Levy en retournant à sa lecture.
  • Oh allons BH même vous disiez que c’était deux parvenues, intervint Dombasle.
  • Ce n’est pas une raison pour accepter ce genre de chose !
  • Ah tient on décolle, fit remarquer Sarkozy.
  • Je me demande vraiment où ils nous emmènent, fit Carla en ouvrant distraitement une de ses valises pour sortir une splendide robe en mousseline verte de chez Dior. Tu crois que j’aurais encore l’occasion de la mettre ?
  • Ca m’étonnerait, grommela Sarkozy en se renfonçant dans son siège.
  • Allons Nicolas ne vous laissez pas aller aux mauvaises vibes, nous sommes en vie non !
  • Oui mais pour combien de temps !? glapit l’ancien président.

La triple crête du philosophe se redressa alors que le steward rentrait dans l’allée, poussant devant lui un chariot. Il y avait de tout, du champagne, du foie gras, du caviar, des œufs coqs tièdes saupoudrés de truffe.

  • Oh mais c’est fabuleux ! S’exclama Carla en se précipitant sur le champagne.
  • Attends !

Elle se retourna.

  • Bah quoi ?
  • Qui vous a demandé de nous servir ça ? Grogna Sarkozy.
  • Mais qu’est-ce qui te prends chéri ?
  • Machin monsieur le président.
  • Machin ? Et si c’était empoisonné ?
  • Oh allons Nicolas et ils nous feraient prendre l’avion exprès pour ça ?

L’argument se tenait mais Sarkozy se méfiait quand même.

  • Laisse le goûter d’abord ! Dit-il en désignant le steward du doigt.
  • Moi monsieur le Président ? Mais je n’ai pas le droit !
  • Alors nous n’y toucherons pas ! Menaça l’ex président

Le steward était ennuyé, il avait des ordres et ces ordres aussi curieux pouvaient-ils lui sembler c’était de leur servir cette collation.

  • Je vais voir avec mon chef de cabine

Quelques secondes plus tard il revenait avec une accorte jeune femme cintrée dans une tenue d’hôtesse qui minauda un sourire à faire grincer des dents les deux botoxées.

  • Un problème monsieur le Président ? Demanda-t-elle.

Sarkozy retrouva aussi tôt son ton d’enjôleur de foire, son épaule droite tressautant sous l’impeccable de l’alpaga.

  • Pourquoi on nous sert ça ?
  • C’est un cadeau d’adieu monsieur le Président. De la part de Machin en espérant, je cite, ne jamais revoir vos sales gueules.
  • Trop aimable, se crispa Sarkozy.
  • Tu vois chéri il espère ! Ca veut bien dire ce que ça veut dire !
  • Voulez-vous que nous trinquions tous ensemble ? Proposa la cheffe de cabine. Je serais tout à fait honoré d’être votre gouteur si vous le désirez.
  • Oh euh… mais non….
  • Allez, mais, si, bien sûr approuva Arielle Dombasle en s’approchant du chariot. Champagne for all and let’s be happy. Soyons joyeux ! Come on Nicolas…
  • Bon, bon….

La cheffe leur servit chacun une flute préalablement glacée, sortie d’un petit congélateur.

  • A quoi buvons nous ? Demanda la jeune femme.
  • Mais à la vie bien sûr ! S’écria Arielle, to life !

Ils trinquèrent à ça, à la vie, Carla se fendit même d’un petit lechaïm  avec BHL pour faire plus stylé. Et tant pis si elle n’était pas juive. A la vie donc. Après quoi ils dévalisèrent le chariot de ses victuailles sans remord.

  • Finalement il est plutôt sympa ce Machin, fit Arielle entre deux bouchées de caviar.
  • Sympa ? S’insurgea BHL Dois-je vous rappeler ce qu’ils ont fait subir à nos amis et à nous-même ?
  • Drahi, Bolloré, Niels, Lagardère, Dassault, Arnault, à Fresnes ! Rappela Sarkozy qui avait vu les images à la télé comme tout le monde.
  • Jacques et Jack lynchés ! S’insurgea BHL.
  • Alain Minc pareil !
  • Oui, oui, bon, bon, mais nous, nous sommes en vie non !?
  • Oh mais attendez, qu’est-ce que c’est que ça ? Demanda soudain Carla qui venait de découvrir un nouveau compartiment dans le chariot. Elle l’ouvrit et tomba sur une boite en argent. Mais qu’est-ce que c’est ?

La boite était pleine d’une poudre blanche et de pétards bien roulés

  • Vous ne croyez tout de même pas que c’est….
  • Bah voilà autre chose ! S’exclama Sarkozy.

Arielle Dombasle et son mari s’approchèrent l’œil brillant.

  • Et si c’était empoisonné ? Insista à nouveau Sarkozy.
  • Oh Nico tu nous embête avec tes histoires de poison, dit Carla en se mettant de la poudre blanche sur les gencives. Ouh c’est de la bonne !

Quelque part dans Paris Sibeth N’Diaye et Marlène Schiappas croisaient le fer, lame de tronçonneuse contre lame, des gerbes d’étincelles illuminant le bain de boue. Sibeth avait le dessous, le ventre entaillé. Quand Machin et le gouvernement provisoire tout entier entra.

  • Non mais ça va pas bande de connard ! Vous croyez qu’il y a pas assez eu de morts ! Arrêtez moi ça tout de suite !
  • C’est pas toi qui commande ! d’abord t’es même pas un vrai Gilet Jaune, protesta quelqu’un dans la foule.
  • J’en ai rien à branler de ton gilet jaune ! C’est pas avec des gilets qu’on va reconstruire ce pays c’est tous ensembles !
  • Tous ensembles ? Nous ont veut pas d’elles ! Qu’elles crèvent elles nous ont assez fait chier ! Protesta un autre, médecin urgentiste de son état.
  • Mais vous aviez piscine à la distribution de cerveau ou quoi ? Je veux pas d’elles non plus mais moi je veux pas les voir par petits bouts à quoi ça va nous servir !?
  • De toute façon pour ce qu’elles servaient avant remarque, fit Frank Lepage dans son coin.
  • Bin justement on n’a qu’à les mettre au turbin.
  • Oui mais quoi ?
  • On trouvera bien.

Dans l’avion l’ambiance s’était considérablement réchauffée depuis la découverte de la drogue. Carla avait sorti la guitare et chantonnait de sa voix aphone en partageant un joint avec Arielle, Nicolas et Bernard-Henri devisaient en s’essuyant le nez de la coke qu’ils venaient de priser avec ces dames.

  • Je dois reconnaitre que ce Machin est de la race des Rebatet et des Doriot, un dangereux réactionnaire mais il sait vivre.
  • J’avoue. Tu crois qu’Emmanuel va s’en sortir ?
  • Il est parti se réfugier en Allemagne comme De Gaulle en 68, chez son ami Cohn Bendit, il espère faire le même coup que le Général.
  • Retourner l’opinion en sa faveur et revenir ?
  • J’en ai peur.
  • Mais s’il revient il se fera lyncher !
  • J’en ai peur aussi mais tu sais comment est Brigitte une indécrottable optimiste, et puis ils sont parti avec une partie du staff des communicants qui conseillaient l’Elysée…
  • Les mêmes qui lui ont conseillé de poursuivre la réforme hospitalière après le déconfinement ?

La triple crête s’agita gravement.

  • Oui les mêmes…
  • Des génies…
  • Et c’est pourtant pas faute de lui parler mais il ne m’écoutait pas comme toi…
  • Et puis est arrivé Machin.
  • Balthus de Malepasse tu veux dire ?
  • C’est son vrai nom ?
  • D’après Médiapart oui, Plenel espérait que révéler ses origines nobles réduirait son influence mais venant d’un SDF forcément….
  • Un SDF avec une grande gueule qui a suffisamment fait de petits boulots et connu de galère pour pouvoir parler au nom de tous.
  • Un petit fasciste tu veux dire. Un petit fasciste qui ne tardera pas à dégager quand leur révolution dévorera ses enfants, toutes les révolutions le font.
  • Oui mais où serons-nous d’ici là ?
  • Ne t’inquiètes pas Nicolas, je connais très bien le roi du Maroc.
  • Mais moi aussi je connais très bien Mohamed VI mais qui te dis qu’on va au Maroc ?

Le philosophe montra le chariot.

  • Et bien ça ! Il nous envoie en exil c’est évident sinon nous serions à la Santé ou à Fresnes…. Surtout toi Nicolas si je puis me permettre.

L’épaule tressauta sous la veste en alpaga.

  • Qu’est-ce que ça veut dire ça, surtout moi ?
  • Bah quand même tu n’es pas blanc bleu tu as quelques affaires sur le dos…
  • Des racontars et des coups montés ! Se défendit l’ancien président.
  • Oh allons Nicolas, nous ne sommes plus devant les caméras !
  • Oui bon ça va pourquoi t’en n’as pas des affaires toi peut-être !? Et Botul ?

Le philosophe ne répondit rien, agitant ses trois crêtes comme s’il avait encore ses belles boucles de penseur.

  • Qu’est-ce qui se passe boys vous vous disputez ? Demanda Arielle alors que Carla, défoncée, accumulait les fausses notes.
  • Mais non, mais non, je rappelais juste à BH que nous avions tous les deux quelques casseroles aux fesses.
  • Oh la, la mais quel importance ! Tout ça ne compte plus maintenant ! Seule la postérité est juge Nicolas.
  • C’est pas de toi ça.
  • Non c’est de moi, confirma BHL.
  • La postérité tu parles ! Railla Carla qui en plus d’être défoncée était saoule. C’est des conneries de péteux de salon !
  • Carla ma chère vous devenez vulgaire, dit BHL avec hauteur.
  • Et alors ça te défrise le cul ? Tu t’es vu avec tes crêtes ? Elle où ta postérité là ? Celle de Bozo le clown ?
  • Carla ça suffit ! Intervint son mari.
  • Bah quoi, j’ai pas raison peut-être ?
  • Non et je ne te permets pas de te moquer de Bernard-Henri ce qui lui est arrivé est horrible !
  • Oh la, la une pauvre coupe de cheveux, ça repousse les cheveux !
  • Pas des implants à quatre mille euros le cheveu ! Explosa soudain le philosophe.
  • Quatre mille euros ! Mais vous êtes allé où ? S’exclama Carla en arrêtant de gratter sur sa guitare des mélodies sans queue ni tête.
  • Chez moi au Mexique, précisa Arielle.
  • Bin mon con !
  • J’y pense, dit BHL avec l’œil du soupçon pourquoi ça t’es pas arrivé à toi Nicolas ?
  • Arrivé quoi ?

Le philosophe par intérim montra sa coupe de punk à chien d’un geste mou et suffisant. Le visage de l’ex-président se décomposa.

  • Oh… euh eh bien je ne sais pas….
  • Mais si y sait ! Intervint Carla agacée, j’ai sucé.
  • Tu as quoi ? S’exclama Dombasle.
  • J’ai su…
  • Carla ça suffit ! Et maintenant arrête avec ce champagne.

Il attrapa la bouteille qu’elle buvait au goulot et la replaça dans le seau d’autorité.

  • Nico t’es pas grand mais question faux cul et chieur t’es un géant ! rétorqua-t-elle avant d’expliquer aux autres : J’ai sucé nos gardiens l’un après l’autre, huit bites !
  • Et ça lui évité le coiffeur !? S’exclama Dombasle.
  • Bah j’suce bien !
  • Si j’avais su….
  • Oh regardez la mer ! Fit soudain le philosophe en carton en regardant par le hublot.

Ils se précipitèrent tous les trois pour aller regarder.

  • C’est laquelle ? La Manche ou la Méditerranée vous croyez ? Demanda Sarkozy
  • Difficile à dire à cette distance, fit remarquer BHL.
  • Vous croyez qu’on peut voir des migrants se noyer d’ici ? gloussa Carla
  • Carla tu n’es pas drôle ! Tança son mari.
  • Oh la, la, et toi tu manques d’humour !
  • Il a raison, vos blagues sont de mauvais goût, jugea BHL. C’est un véritable drame humain vous savez.

Elle haussa les épaules.

  • Comment si tu en avais eu jamais quoi que ce soit à foutre.
  • Oh Carla, BH a toujours été très concerné par…. Commença par protester la femme du penseur.
  • Son petit nombril on sait.

Et sur ce elle s’accorda une nouvelle ligne.

  • Ah putain je pète la forme moi ! Vous voulez que je vous interprète quoi ? Demanda-t-elle en reprenant sa guitare.
  • Oh tu connais « Time are changing » de Bob Dylan ? Demanda Dombasle
  • Bien sûr !

Elle commença à jouer, chantant de sa voix aphone, bientôt reprise en chœur par sa consœur tandis que les deux hommes contemplaient les vagues qui défilaient sous les ailes de l’avion.

  • Tu crois qu’on sera bien accueilli où qu’on aille ?
  • Bien entendu, il n’y a pas de raison, je te rappelle que nous comptons encore dans le monde.
  • Tu crois ?

Sarkozy avait l’air d’en douter.

  • Bien sûr, assura avec confiance l’intellectuel au front haut. D’ailleurs je compte bien faire un appel dès que nous serons en territoire ami.
  • Un appel ?
  • Eh bien oui à la contre révolution ! A renverser ce Machin et ses acolytes, nous comptons encore de nombreux partisans là-bas tu sais.
  • Comme De Gaulle en Juin 40 ? Ironisa Sarkozy.

Mais l’ironie échappa complètement au philosophe.

  • C’est un bon exemple, accorda-t-il mais je préfère le J’accuse de Zola, car il est temps que nous dénoncions cette chienlit qui s’est emparé de la France.
  • Je te rappel que tu as déjà essayé, combien d’articles tu as écrit contre Machin et ses copains, quatre, six ?
  • Sept, reconnu piteusement le philosophe de salon mais cette fois ce sera différent, assura-t-il. Je connais mieux mon sujet et ce Machin sera beaucoup trop occupé dans les mois à venir pour me railler en publique.
  • Mouais, grommela l’ancien président pas convaincu.

Derrière le deux épouses massacraient allègrement la chanson de Bob Dylan, drogue aidant elles chantaient assez fort pour casser les oreilles à tout le monde, le philosophe arrêta de philosopher pour les apostropher.

  • Serait-il possible que vous mettiez en pause cinq minutes mesdames ?
  • Oh mais quel mauvais coucheur vous faites aujourd’hui, rétorqua sa femme avec un grand sourire froid.

Ce genre de sourire qu’elle lui faisait quand lui-même prenait trop de drogue dans l’intimité de son bureau, persuadé qu’il était que ça influençait son génie, ou quand il cherchait à la trousser sous l’influence de ces mêmes drogues. Mais cette fois il ne se laissa pas faire.

  • Ma chère de nous quatre je crois bien que je suis celui qui a le plus de raison d’être de mauvaise humeur, ne pensez-vous pas ?

Carla Bruni-Sarkozy leva les yeux au ciel.

  • Ca y est il recommence avec ses cheveux !
  • Carla….
  • Bah quoi c’est vrai il nous saoule à la fin !

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, d’un coup BHL fut debout et se précipitait sur elle, lui arrachait sa guitare des mains et fracassait par terre avec une ardeur que sa femme ne lui avait pas connu souvent.

  • MAIS IL EST DINGUE CE CON ! LA GUITARE QUE M’A OFFERTE MICK ! Hurla Carla s’emparant de la bouteille de champagne pour frapper le philosophe.

Heureusement son mari se jeta sur elle juste à temps, la bouteille vola pour exploser entre les sièges, éclaboussant tout le monde de champagne.

  • LÂCHE-MOI CONNARD ! JE VAIS LE BUTER !
  • Carla calme toi !

Il lui avait enserré les bras, appuyant de toutes ses forces, elle se débattait la bave aux lèvres, les yeux hors de la tête. Le philosophe avait prudemment reculé vers la cabine de pilotage, sa femme dans l’autre sens vers les toilettes. Derrière la porte de la cabine le steward voulu aller voir, sa cheffe lui fit signe de ne pas bouger.

  • On a reçu des ordres, on n’intervient pas quoi qu’il arrive.
  • Même s’ils cassent tout ?
  • Même s’ils cassent tout.

BHL avait levé les poings, prêt à en découdre.

  • Lâches-là Nicolas cette putain ne me fait pas peur.
  • Eh oh tu parles meilleur de ma femme le punk à chien !

Il lâcha sa femme qui partit comme un dard empoignant les couilles du philosophe avant qu’il n’ait esquissé une droite, il hurla alors qu’elle les serrait de toutes ses forces quand Arielle Dombasle s’en mêla en poussant un rugissement de lionne.

  • SALOPE LACHE BERNARD !

Elle se jeta sur sa proie toute griffe dehors, les deux roulèrent par terre, se labourant mutuellement le botox, Sarkozy tenta d’arracher Dombasle de la mêlé, provoquant aussi tôt l’hydre de BHL qui lui tomba dessus à bras raccourci. La bagarre dura jusqu’à ce que les écrans s’allument d’eux même, montrant des images d’eux en train de se battre.

  • Mais c’est nous ! S’exclama soudain Carla, l’œil poché et le visage lacéré.

Soudain la face édenté de Machin apparu en surimpression, souriant, l’écharpe présidentiel autour de la tête comme un turban, la grande croix de la Légion d’Honneur au-dessus de l’œil tel un Jack Sparrow de prestige.

  • Salut les riens, les incapables, les séditieux, les haineux, ici le patron qui vous cause mais je vous rassure je ne serais pas le patron longtemps. Pas pour moi ces trucs là. On va quand même pas répéter les mêmes erreurs que ces cons n’est-ce pas. Ca fait déjà quatre siècles qu’ils nous enculent et quarante ans qu’on leur a donné les clefs du garde-manger. Ya basta comme on dit dans le sud. Les bourgeois vont trimer maintenant et à nous les dividendes. En attendant on traduira en justice ceux qui doivent l’être et pas question de peine de mort ou de découpage en rondelle, les conneries c’est terminé. Le Référendum d’Initiative Populaire sera mis en place dans les prochaines semaines pour vous permettre de voter pour vos représentants et vos lois et d’abolir une bonne fois pour toute cette foutue Vème République. Maintenant je m’adresse aux quatre tocards dans l’avion. Comme vous venez de le comprendre votre petite fête et tout le reste la France entière vient de la regarder. A ce propos merci pour les huit queues on a bien rigolé ici. Vous vous demandez sans doute pourquoi on vous relâche comme ça avec le buffet et tout, c’est une bonne question mais avant de vous dire pourquoi j’aimerais vous dire ce qu’on pense de vous, ce que JE pense de vous. Vous n’êtes pas important mais vous avez des ambitions de piranhas, vous nous avez volé, abusé, insulté et par-dessus le marché vous êtes responsables de centaine de morts et je ne parle pas que de la Libye bande d’enfoirés. Je pense notamment à mon pote Saïd condamné à une peine planché, quatre piges dont il s’est jamais remis, il s’est suicidé deux ans après sa sortie. Et c’est toi fils de pute de Sarkozy qui a mis en place ce système, toi qui nous a enculés sur le Traité de Lisbonne, hein Paul Bismuth, l’ami de Kadhafi…Et toi le philosophopouet de mes deux, bavard de salon, narcissique connard qui nous a chié sa pensée pendant des années, à poser en costard de ville en zone de guerre, Hemingway de pacotille, Malraux de ruelle mal famée, on va te ramener à ta vie de raté sous amphétamine. Ras de terre tu vas voir. La coupe c’était que le début. Quand à vous les radasses botoxées je vous parle même pas, je vous ignore, vous avez voulu être la reine du bal des salopes ? Vous allez être servit. Direction le turbin l’aphone et c’est pas huit bites cette fois, tu vas avoir les lèvres gercées ma poule, c’est moi qui te le dis. Bref il est grand temps que je vous annonce où on vous envoie en vacance. Désolé le punk à chien pour ton appel du 18 Juin ça va pas être possible… dans environs trente-cinq minutes vous serez au large des côtes libyenne où vous attend un comité d’accueil du cru.

Il sourit largement et avança la tête vers l’objectif :

  • Bon voyage…

Et l’image se coupa net.

Les trois aveugles marchaient à la queue leu leu. On leur avait arraché les globes oculaires, ils portaient des bandages sanglant sur les cavités de leurs yeux perdus. En tête se trouvait Christophe Castaner, le préfet Lallemand suivait, Nuñez terminait la marche. Ils passèrent devant un réverbère auquel était suspendu un cadavre. Les cheveux taillés avec science, en pompons comme les caniches, on aurait presque dit une Pompadour avec le visage violet, on l’avait pendu avec sa célèbre écharpe rouge. Castaner tenait une canne télescopique qu’il faisait aller et venir maladroitement devant lui, le manque d’habitude. Il heurta la porte du supermarché. Un grand noir avec un pull marqué sécurité en travers sa vaste poitrine s’approcha avec trois sacs de course. Il les fourra dans leurs mains.

  • Tenez c’est pour vous sac à merde maintenant caltez.  
  • Euh mais on vous… vous… doit combien ? Bégaya Didier Lallemand
  • Rien, en ce moment c’est gratuit pour les handicapés et les SDF, vous êtes les deux, alors…
  • Oh euh mer… merci… en… en… ce cas.
  • Dégagez !

Dans le supermarché une caissière bavardait avec sa voisine de rangée. Bavardait avec les clients, minaudait, en faisait des tonnes. Un tract électoral à la place du sourire. Soudain sa cheffe se pointa tout juste derrière elle, l’œil sévère sur l’écran de la caisse.

  • Madame Schiappas vous n’êtes pas là pour raconter votre vie. Veuillez cesser de jacasser je vous prie.

L’ex Secrétaire d’Etat fit le dos rond dans sa blouse rose.

  • Oui madame, oui.

Et ainsi alla la vie dans la nouvelle république française, comme promis Machin quitta le sommet de l’état pour aller vivre à la campagne, ceux qui devaient être jugé le furent et cette fois dûment enfermés, le Ministère de l’Economie, auto géré, fit la chasse au gros fraudeur et récupéra des milliards on finança avec les services publiques, l’agriculture, on nationalisa les entreprises du CAC 40, On quitta l’Europe et on s’organisa en communes, et bien entendu, puisqu’on était en France on s’engueula beaucoup, chacun y allant de sa revendication.. Y eu-t-il d’autres morts ? Certes, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs n’est-ce pas. L’exemple français, son exception fut à nouveau cité à l’honneur, dans le nouvelle Amérique, à Hong Kong et Beyrouth, en Afrique et donna des ailes à d’autres peuples avec plus ou moins de succès. Le covid-19 avait abattu le projet néo libérale pour des décennies, la révolte des français fini de l’achever.

Salaud de pauvre

L’incurie totale de ceux qui nous gouvernent ou ont la prétention de le faire se fait jour un peu plus chaque semaine. Toujours pas de masque pour les soignants, de cloche, de surblouse, de gants, de respirateur, et déjà un collectif de plaintes en cours contre ce même gouvernement de riches pour les riches. Pas plus de masque pour la police ou plutôt si, parce que ce gouvernement tremble en réalité de peur, piqués aux postiers car en attendant que les masques arrivent de Chine, on déshabille Paul pour habiller Pierre. Et pourtant déjà 625 policiers confinés dont deux morts et le bilan risque de s’alourdir de jour en jour comme il s’alourdit en France minutes après minutes. Car la pandémie va très vite. Très, très vite. Tellement vite qu’à peine j’aurais terminé cet article qu’on pourra déjà multiplier les chiffres par deux. 17.620 personnes hospitalisés samedi 28 mars, soit mille de plus que la veille  Dont plus de 4000 en réanimation avec déjà 2314 morts officiels soit plus de trois cent en tout juste 24h. Et nous n’avons même pas atteint le pic de contamination. Pendant que l’Italie compte déjà 10.000 morts en à peine un mois de confinement. Et maintenant la grande distribution, qui au passage se gave comme jamais, connait sa première martyre. Elle s’appelait Aïcha, elle avait 52 ans, caissière et mère de famille. Le supermarché où elle travaillait refuse de contrôler le flux des clients, de proposer masque et gants à son personnel, et menace de licenciement tous ceux et celles qui voudront exercer leur légitime droit de retrait. Ça se passe chez Carrefour la prochaine fois que vous irez faire vos courses là-bas pensez-y, c’est la même sur tout le territoire Nous n’oublierons pas… Du moins j’ose l’espérer. Ce qui n’empêche pas notre gouvernement d’inutiles de prolonger leur temps de travail de 60 heures par semaine, ainsi que dans les domaines des transports, de la logistique, de l’énergie, et des télécoms et ce alors qu’aucune mesure sanitaire n’a été prise en direction des services publiques. Les éboueurs travaillent sans protections, à l’instar de leurs collègues de la poste, de l’énergie, du BTP, etc, bref tous ceux qui font actuellement tourner le pays en dépit de tout, eux les véritables premiers de cordées. Mieux que ça, tandis que les routiers assurent l’approvisionnement, on a fermé douche et restaurant pendant que Vinci continue de se gaver sur leur dos, péages payants, pas même un service de restauration, rien, crève sale pauvre c’est pour le bien des actionnaires.

Oui crève sale pauvre qui est actuellement à la rue ou en prison. Avec une surpopulation carcérale de 140% en moyenne et des conditions d’hygiène déjà lamentable en temps normale, des gardiens en sous-effectif et désormais eux même exposés sans plus de protection à la pandémie. Avec près de deux cent mille SDF en France métropolitaine, sans compter tous les illégaux qui sont entassés dans des foyers sans aucun droit sur le seul territoire métropolitain –je ne compte pas Mayotte, la Réunion, les caraïbes, la Guyane, grand oubliés de cette pandémie- C’est des milliers de personnes qui sont désormais exposés à la maladie sans jamais pouvoir s’en prévaloir selon les sacro saintes règles du confinement. Des milliers de personne qui risquent de crever sans que les amateurs qui nous gouvernent se fendent d’autres choses que de mesurettes. 5000 détenus libérés, 2000 places d’hébergements promises –et on sait ce qu’il en est des promesses avec les politiques- les réfugiés de Calais placés en confinement probablement dans des dortoirs où on les entassera comme s’entassent déjà les milliers de réfugiés dans des mouroirs, des dortoirs d’Ile de France et d’ailleurs, c’est un bilan explosif qui risque d’atteindre la France, peut-être pire que l’Italie puisque ce pays est aux mains de la bourgeoisie et que la bourgeoisie ne se soucie que d’une chose, elle-même. Bilan qui va également s’alourdir en Ehpad où on continue de travailler sans protection. Et on parle ici d’un risque potentiel de près de cent mille morts…

Le bateau coule et notre gouvernement demande aux autres d’écoper avec une petite cuillère percée. Mais attention le collégien pour qui des imbéciles ont voté se paye de mot en abusant d’un vocabulaire guerrier traitant de héros des gens qui n’ont jamais eu comme vocation qu’à faire leur travail correctement et qu’on envoie aujourd’hui au feu sans arme. Un gouvernement qui à chaque discours creux rappelle qu’il ne faut pas diviser ce pays, qu’au contraire il faut faire corps derrière le banquier. Une solidarité bien entendu réservés aux riens. Pendant ce temps, le CAC 40 touche toujours le CICE, Pinaud, Arnault, Niels, Bolloré, Lagardère et consorts ne payent plus l’ISF et la Flat tax permet aux actionnaires de piller l’état au grand bénéfice des paradis fiscaux. Et pendant ce temps des mesures de plus en plus liberticides sont mis en application. Casse du code du travail pour une durée indéfinie, Orange qui envisage de nous géocaliser dans la plus complète illégalité mais avec l’accord tacite de la CNIL et les chiens de garde du capital, les flics, de se déchainer sur les petits des Ulis, de Marseille et d’ailleurs pour la plus grande jouissance des voyous de la BAC. Les quartiers justement où faire respecter le confinement n’était pas le 18 mars une priorité selon le Ministère de l’Intérieur, une consigne qui cache une réalité bien française, celle qui veut qu’on a perdu le contact avec les dits quartiers depuis que la police de proximité a été paralysée par le voyou Sarkozy. Et c’est tout une économie souterraine qui est en train de s’effondrer avec les points de deal qui disparaissent faute de client mais également de go fast. Et les zones de non-droit  de se multiplier sans que le gouvernement soit capable de faire autre chose que de supplier des influenceurs d’en appeler au respect des règles de confinement. Or cette économie fait vivre des dizaines de milliers de famille, que ça plaise ou non aux tenants de la prohibition. Et dans des départements comme la Seine Saint Denis où le taux de chômage atteint les 17,8% contre 11% pour la moyenne nationale c’est une économie non négligeable qui risque de s’ajouter aux autres difficultés, appauvrissant les plus pauvres comme c’est déjà le cas dans le sud de l’Italie. Si l’on tient compte du tsunami économique qui déferle en ce moment même sur le marché mondial, faisant passer le taux de chômage américain de 4 à 30% en quelques semaines, la situation dans les banlieues françaises risque de devenir volatile comme un cocktail Molotov. Mais que foutre n’est-ce pas pour notre gouvernement, les pauvres des banlieues n’ont jamais compté qu’au rang des problèmes dont on pouvait abuser pour mieux diviser le peuple et aujourd’hui ils ne sont même plus une priorité, ils peuvent crever en masse, comme en prison, dans les rues, les ehpad, le milieux hospitalier, les caissières de supermarchés…. Du moment que Monsieur Bolloré peut continuer de faire des bénéfices le reste compte peu voir pas du tout. Et tout ça parce que depuis De Gaulle nous avons été gouverné par des délinquants en col blanc, des incompétents et qu’à ce seul sujet nous touchons aujourd’hui au sublime.

L’important dans cette histoire ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage.