L’effondrement qui vient.

Ca s’en va par bout, ça se craquèle comme un mur décrépis sur un lit de tremblement de terre, ça brûle à l’ouest, au nord, au sud à l’est, ça brûle partout ou ça s’inonde, des déluges bibliques, des barrages qui craquent, des cyclones formidables, des centrales qui déraillent sous les rugissant assauts d’un ouragan de moins en moins rare. Et même pas peur. Pire, indifférent. Ca discute, ça pinaille sur des rapports CIA qui depuis trente ans racontent la catastrophe en marche, ça se la racle sur les postes télévisuelles son incompétence ministérielle sous les applaudissements mous d’une populace abruti de sucre, de sel et de silicium. Ca court les commissions pour convaincre un marché zilliardaire de sauver ce sur quoi il est assis comme si l’argent se bouffait, se respirait, comme si une seconde planète attendait les dits zilliardaires du dit marché qui se crament au champagne et à la coke dans on ne sait quel bordel de luxe des Caïmans. Et la canaille politique qui se goberge auto-satisfaite de son pourrissement, prétendant aux solutions eux qui n’ont jamais l’ombre d’une idée qui ne soit sorti d’on ne sait quel think tank de cravateux à idées creuses. Mais pourquoi s’embarrasser puisque les veaux mugissent comme on leur dit, puisque les supermarchés sont pleins, puisqu’il y a des distractions. Pourquoi faudrait que ça change, on pond des mômes comme si on ne savait rien du permafrost qui se barre en noix et qu’on n’était pas surinformés, comme si le réchauffement était une affaire confidentielle ou que quelqu’un allait le régler d’un coup de baguette fabuleuse. Comme si… c’est ça l’homme il vit à crédit de lui-même et chaque fois qu’il se rapproche du bord de la falaise il fait comme si elle n’existait pas. On est plus qu’au bord, c’est la chute inexorable et c’est sans doute déjà trop tard pour le développement durable et toutes ces promesses d’avenir verdoyant. D’ailleurs pourquoi en serait-il autrement ? Ca fait quarante ans que le MIT a modélisé la catastrophe en cours et que personne n’écoute, et encore les paramètres n’incluaient pas ni les inégalités sociales ni les pays émergés comme la Chine.

An aerial view shows burnt houses and trees following a wildfire in the village of Mati

« Les inégalités sociales » comme s’il s’agissait de petits écarts de train de vie, de « pouvoir d’achat » alors qu’il s’agit au plus du pouvoir de perdre de l’argent au profit des zilliardaires qui nous assènent les fameuses inégalités par voie de média. Et pendant ce temps les bidonvilles poussent le long du périph à Paris. Moi je vole, un peu, juste ce qui me fait envie ou dont j’ai vraiment besoin et je m’en fout totalement. Cette société qui barre en couille et dort dessus ne m’intéresse pas, votre morale, vos lois ne m’intéressent pas, ils ne les respectent pas nous si, nous allons en prison eux pas. Je n’ai même pas envie de me pencher. Mais les gens si, les gens me fascinent. Tous les jours j’en croise avec des bouteilles d’eau par pack de six alors qu’ils chient dans de l’eau potable, c’est pas comme s’il n’y avait pas un continent de plastique en promenade dans le Pacifique, pas comme s’il n’y avait pas du plastique jusque dans nos estomacs. Pas comme si la sécheresse n’était pas en train de détruire les récoltes, toutes les récoltes, au nord, au  sud, à l’ouest, à l’est. Pas comme si cela n’avait jamais aucun rapport. Rien de rien. Les connections ne se font pas mais elles se feront le jour où on annoncera qu’il faut prévoir des vivres comme on l’a fait en Allemagne et en Suède. Ici Bulot nous explique, bouteille de glyphosphate en main, qu’il faut qu’on prenne nos responsabilités, et Macron bégaye devant sa piscine on ne sait quel bubulage pour faire oublier l’affaire Benalla. L’ancien régime, des hommes d’une autre époque qui gouvernent pour un siècle d’aveugles et de sourds volontaires et la petite ronde croit pouvoir se proroger, se répéter à elle-même que ça va durer, tout. Peu importe où d’ailleurs, Poutine rêve de l’Arctique qui fond, Trump nie le réchauffement planétaire, la Chine, l’Inde, le Brésil veulent pouvoir se développer comme bon leur semble quitte à tout ravager, et ça se tape sur le ventre, ça se goberge, ça vie sa petite vie sans lendemain, on verra bien dimanche hein, et puis après il y a lundi… nous sommes futiles, inconséquents, immatures, et globalement pas préparés à l’effondrement qui vient.

plastique

George Bush l’a déclaré, le mode de vie américain est non négociable. Le mode de vie le plus gourmand, drogué en énergie fossile, est non négociable, suicide pour tous, in god we trust. Pour la Chine les cinq poisons concerne tout ce qui menace le parti et l’unité du pays, attendu que l’un ne doit pas aller sans l’autre, pour le reste rien d’autre que l’expansion industrielle, économique, agricole dans une anarchie et une corruption endémique. Tout ça carburant sur le feu d’une dette gargantuesque, la crise qui vient sera pire que celle de 2008 ont déjà annoncé ceux qui avaient prédit cette dernière. Parce qu’on n’apprend rien, que ceux qui devraient avoir compris sont dans leur culture de l’égoïsme, du chacun sa merde, celle que nous ventent les programmes télé, la publicité, les magazines de la compétition universelle. La France start-up comme disent les imbéciles qui imaginent que les rouages du système ne vont pas sauter. Ils le feront d’eux-mêmes, il suffira d’un rien, d’un attentat bien placé, Greenpeace a bien réussi à s’introduire dans une centrale, d’une grève prolongée, la Macronie se porte de mieux en mieux de ce côté çi, d’un black out de quatre jours comme en Angleterre en 2000 quand 150 camionneurs ont paralysé le pays pendant une semaine. Nous avons si bien imbriqué notre société, si bien interconnectée ses rouages que nous nous sommes mis sous dépendance. Des supermarchés, des voies de communication, du nucléaire, du pétrole, et d’internet qui pourtant, on le sait va se noyer avec la montée des eaux. Des esclaves de nos non-choix. Après tout pourquoi renoncer à sa machine à laver puisque tout le monde en a ou en veut une. Pourquoi renoncer à sa belle voiture quand celle-ci, nous assure la publicité, nous aidera à conquérir le sexe opposé. Pourquoi cultiver des potagers en ville plutôt que de construire des immeubles où on logera à grand frais des classes moyennes harassés. Pourquoi penser utile quand tout nous invite comme des roseaux à nous pencher sur ces écrans, se contenter du futile et de l’ignorance de masse.

elevageintensif

L’autre jour sur ma page statistique de mon blog, un des termes de recherche était « porno bite coupé ». On cherchait un snuff on tombe sur ma page. Ca m’a laissé rêveur sur les priorités de celui qui était derrière cette recherche. La culture de l’égoïsme nous explique que demain se sera Mad Max, qu’il suffit de regarder ce qui s’est passé pendant Katrina ou à Saint Martin, en Haïti, un Black Friday comme un autre, pour s’imaginer des lendemains millénaristes. Quand je vois des recherches de ce genre ça me désespère et ça me laisse à penser que cette culture du chacun pour soi n’a pas tort. Les gens sont des chiens entre eux. Mais je sais bien que non. J’en ai fait l’expérience dans les hôpitaux psychiatriques, dans la rue, dans l’adversité les gens s’entre-aident, mais si tôt de retour dans cette société toxique alors chacun reprend son rôle, ses habitudes égoïstes, fermées. D’ailleurs les études le démontrent, l’éthologie l’étudie, j’ai pu moi-même le constater au Kenya, la loi de la jungle est en réalité celle de l’entre-aide. Les lionnes chassent ensemble, les zèbres conduisent les migrations des gnous, les éléphants élaguent les arbres et enterrent les morts, etc. Hélas nous sommes sous le joug des politiciens et surtout de ceux qui les commandent, les fossoyeurs de l’état de droit, le CAC 40 et consort, les assassins de notre planète et qui à Davos discutent résilience et non plus solution. Résilience de leur société productiviste bien entendu, comment se proroger en dépit des catastrophes en cours, sans rien changer, surtout. Nous sommes aussi sous le joug de nôtre paresse intellectuelle de téléspectateur satisfait, de notre paresse même physique à imaginer le monde sans vélo connecté et autre inutilité pour paranoïaque branché NSA et Wikileaks. Nous sommes gras de nos vies de rongeur à espérer que demain continuera de chanter, nous regardons la rue avec frayeur parce que notre société nous dit encore que c’est la fin, le cul de sac définitif, et moi pourtant j’en suis sorti. Lourd comme des ballons plein d’eau et qui flottons d’un écran à l’autre, d’une drogue à une autre, d’un alcool à une prière bercé par l’inconscient collectif de nos nations respectives. Les poussées migratoires de guerres que nous avons provoquées ou entretenues réveillent les instincts reptiliens des fascismes de toute l’Europe, la fièvre monte en Italie, en Allemagne, au Danemark, au Pays-Bas, le réveil nationale qu’ils appellent ça. Et aux Etats-Unis le racisme connu d’un imbécile dangereux réveille les camps de concentration pour enfants, exactement comme en France au demeurant depuis la loi Asile Immigration votée à l’unanimité par une cohorte de cafards humains, mains sur le cœur que c’est par altruisme. Finalement on ne peut peut-être que souhaiter un choc violent, un incident soudain qui remette tout en question avant que cette société de crevard finisse tous de nous crever, ce qui ne réglera pas le problème des centrales nucléaires ou des déchets si nos sociétés implosent. Or il y a plus de deux cents trente-cinq réacteurs allumés et quatre cent en construction dans le monde, cinquante-huit en activité en France. Sans compter la question des déchets bien entendu, puisque nous allons devenir la poubelle de l’Australie il ne serait pas inintéressant que les français se préoccupent de leur avenir dans ces conditions. Et surtout de l’avenir des enfants que nous faisons. Quel message allons nous leur laisser ces générations à venir, celle qui vont vivre après l’effondrement, désolé pour le bordel on vous laisse ranger ? Je ne suis pas parent et parfois je le regrette mais je me demande ce que peuvent raconter les parents qui ont conscience de ce qui se passe à leurs enfants. En parlent-ils simplement, les préparent-ils ? En sont-ils seulement capables ? Et sur quel mode ? Survivaliste ? Ecolo bisounours ? Ecolo concerné et informé ou essayent-ils juste de leur donner des valeurs d’entre-aide parce que c’est ce qui les sauvera au bout du compte ? Nous avons tous une manière de réagir face à l’adversité, personnellement j’oscille entre la débrouille et le laisser être mais si on me donnait le choix avant de tout voir partir en couille, je ferais trois fois le tour du monde pour me rattraper de tous ces voyages que je me contente d’imaginer aujourd’hui. En gros j’agirais en bon égoïste et ça ne me ferait ni chaud ni froid, comme des millions de personnes à l’instant même où j’écris ces lignes et qui ont conscience ou non de ce qui nous vivons dès aujourd’hui, un effondrement généralisé.

Clearcut logging

Oui nous sommes des millions à penser sans lendemain, parce que ça nous berce ou bien parce que nous avons toujours vécu ainsi. Je n’ai jamais vraiment fait de plan sur l’avenir et de toute manière la maladie et la rue m’ont fait sortir d’un circuit dans lequel je n’étais même pas vraiment autre chose qu’un électron libre. Mais je me suis toujours adapté très vite, et j’ai encore suffisamment d’énergie pour mon âge pour pouvoir voir venir. Combien sommes nous dans cette Europe nantis à être capable de nous adapter en cas de crise majeure ? Les lois de Darwin risquent bien de régler toute question au carré du sanglant. Alors combien vaudra la peau de nos sinistres, de nos importants, journalistes rémunérés au Diner du Siècle, star souteneur des politiques assassines, fraudeur en tout genre fabricants de crise économiques, famille béké de Guadeloupe et d’ailleurs, toute cette smala des ors et de l’ignorance organisée, calfeutrée, comme un incendie qui peu à peu ravage les consciences. Car heureusement le réveil est de plus en plus là, de plus en plus radical, intransigeant. Il est trop tard mais de partout se déclarent les initiatives. Low tech, high tech, lanceur d’alerte, associations, c’est dans l’urgence que naissent les plus fortes initiatives. On imagine des nouvelles techniques de tractions animales dans le cadre d’une agriculture sans pétrole, un système permettant de recycler les déchets radioactifs en diamant fonctionnant comme des batteries quasi perpétuelles. On réinvente l’agriculture traditionnelle, des jardins en terrasse incas au jardin créole. Et quand bien même nos gouvernants font comme si tout ça n’était qu’un effet de mode à traiter par le cosmétique, que la Macronie supprime l’aide à l’agriculture biologique, scientifiques et intellectuels, les véritables et pas la bande de philosoiffards qui défilent dans le poste pour se goberger de leur importance, s’activent de plus en plus fort sur la toile notre dernier espace de liberté avant engloutissement. Mais même cet espace comme tout le reste est menacé et cette fois pas par le seul effondrement de la planète mais par sa fragilité intrinsèque. Des centaines de milliers d’attaques chaque jour, et une décharge au-dessus de nos crânes qui menacent les satellites de l’économie mondialisée. Une économie qui dépend désormais complètement d’internet et génère à la nano seconde des milliards volatiles comme du kérosène.  Encore une fois il suffira d’un rien pour propager l’effet domino. Et ne vous faites pas d’illusion au même titre que vous bouffez Fukushima comme un japonais de base, intoxiqué par tout ce qui s’est déchargé dans l’océan pour le pire et le pire, vous n’en réchapperez pas, personne. Alors il faudra commencer à envisager le monde comme un pauvre même si votre compte en banque vous dit le contraire, apprendre à faire sans, à vous affranchir de la morale commune, de vos à priori sociaux et je suis certain que pour nombre la leçon sera salutaire tandis que pour d’autre elle sera douloureuse voir létale. Car il ne suffira pas d’être solidaire, il faudra être utile d’une façon ou d’une autre et en dehors des codes classiques d’une société capitaliste qui n’a de doute manière aucun avenir.

pesticide

Personnellement voir la fin de cette société du mensonge et de l’imposture me réjouit. Sans doute n’y ai-je jamais été très adapté, quand j’avais de l’argent je ne savais quoi en faire et ma dernière augmentation de salaire, il y a vingt ans, je la dois à l’agence qui m’avait recruté alors. Sans doute est-ce parce que je suis né dans l’argent et qu’il m’a donné tout ce qu’il avait à me donner dans les limites de l’ennui qu’il engendre. L’argent est une maladie qui rend fou de toute façon, qu’on en ait ou pas et je conchie une société qui ne s’intéresse qu’à des ambitions de milliardaire, une société de l’accumulation de bien, une société de l’objet comme un culte. Un attachement qui a fini par détruire notre environnement et pourrait bien nous faire disparaitre dans l’ensemble. Je ne suis pas ambitieux au sens commun, mes attachements ne sont pas matérialistes et mes espérances sans doute pas de ce monde, à ma manière je suis un grand rêveur mais j’ai les deux pieds de la débrouille solidement plantés dans le sol alors je ne m’en fait pas pour mon avenir dans les dix prochaines années, c’est après que ça va craindre, faut-il que je m’autorise au suicide en cas de crise majeure sachant que je n’ai pas envie de servir de viande à cannibale. Car c’est bien l’inconvénient, l’effondrement n’est pas pour dans vingt ans, il est là, maintenant, tout de suite et il est irréversible. Selon les médias de nos zilliardaires qui n’ont aucun intérêt à alerter l’opinion sur l’immédiateté de l’effondrement et son irréversibilité. Sur le fait qu’il aurait fallu commencer à s’inquiéter dès les années 70, tout se passe dans un futurs plus ou moins lointain, 2030, 2050, alors que dans le même temps on connait un boum sur les bunkers suréquipés dans les milieux zilliardaires justement. Et il ne faut pas être grand clerc pour savoir que le méthane que libère actuellement le permafrost va d’autant accélérer le réchauffement, que si le gulf stream devient paresseux, comme c’est actuellement le cas, la terre risque en même temps de connaitre des hivers de plus en plus rigoureux et de plus en plus longs. Pour le moment tout à l’air encore de tenir parce qu’on ne vit pas en Grèce où les incendies ont déjà fait près de cent morts et où la crise provoqué par les vautours du FMI a dévoré la société. Ni en Lybie ou en Syrie parce qu’on n’a pas sous le nez notre propre désastre mais rappelez-vous, il suffira d’une pichenette comme la crise financière en approche, comme la mauvaise récolte qui s’annonce dans l’Europe entière cette année, comme une centrale qui a besoin de six mois pour se refroidir et on en a déjà arrêté trois rien que cet été… La société française tient par des fils corrodés à la fois par quarante ans de corruption et des infrastructures en piteux état qu’il s’agisse de route, d’alimentation électrique, de voie fluviale ou ferroviaire, l’argent dort, s’engraisse, part à Saint Martin et ailleurs, 80 milliards par an en moyenne. Mais l’important dans cette histoire, n’est-ce pas, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. On ne juge pas un homme ou un peuple à ses paroles mais à ses actes. On ne le juge pas plus à l’aune de son passé, aussi glorieux soit-il il ne sauvera pas de la catastrophe. Mais à l’aune de son présent, et pour le moment on ne peut pas dire que ça soit fameux ici ou ailleurs. Alors peut-être que quand un rouage aura définitivement sauté entrainant ce qui se déroule déjà dans un cycle accéléré, que l’effet domino prendra pleinement son importance des personnalités et des énergies vont se révéler. C’est tout ce qu’on peut espérer autant pour la France que pour le monde mais avant ça je crains qu’il faille boire sérieusement la tasse.

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Affaire Benalla farces et attrapes.

L’affaire Benalla, n’en déplaise, est un cas d’école qui nous en dit bien long non seulement sur le mode de gouvernance de l’usurpateur qui occupe actuellement l’Elysée mais sur ses souteneurs, les médias en général, tous aux mains des oligarques qui ont fait élire le dit usurpateur. Il en dit long également sur le pseudo mouvement En marche, ses godillots, ses militants, mais là disons que c’est plutôt le côté farce que ça met à jour. Ainsi le Monde, propriété de Mathieu Pigasse, révélait mi juillet qu’un petit gros du nom d’Alexandre Benalla, faisait le coup de poing le 1er Mai en tenue de flic place de la Contrescarpe. Le petit gros n’a aucune autorité pour cogner comme un CRS sous Macron, ce n’est même pas son job, puisqu’il est chargé de mission auprès du dit nain-soleil. En français cela s’appelle usurpation d’identité et normalement c’est à la justice de régler ça. Pas grave, une petite tape sur les mains, suspension de deux semaines, jamais effectué apparemment puisque on le voit partout pendant ces deux semaines au côté du monarque, même pendant la coupe du monde où le petit gros se permet de rouler des mécaniques auprès des flics chargé de la sécurité royale. Bien entendu ce sont des choses ordinaires à la portée de tout citoyen, usurpez l’identité d’un flic, tabassez des manifestants, la justice ne sera pas saisi vous serez puni au coin comme chacun sait. Peu importe, la Vème République n’en n’est plus à une injustice prêt. Mais c’est quoi exactement un chargé de mission ? C’est là que ça devient un petit peu flou avec le petit gros. Il a un port d’arme temporaire, possède des flingues, à une carte d’accès H à l’assemblée et…. Un passeport diplomatique dont on se demande quel pourrait être bien l’usage quand on est chargé de mission adjoint au cabinet de la présidence. Surtout que plus on creuse plus on découvre à ce petit gros décidément fantastique des supers pouvoirs insoupçonnés. Il est nommé lieutenant-colonel de gendarmerie de réserve à 26 ans (bon à toute fin je rappelle que Jean-François Placé est également lieutenant-colonel de réserve du 13ème RDP, régiment d’élite s’il en est, non on ne rigole pas), et ce alors qu’il n’a aucune compétence dans le domaine ni diplôme de droit comme il le prétend. La commission d’enquête parlementaire n’a pas le droit de l’entendre mais TF1, propriété du groupe Bouygue, le peut. Et mieux encore, dans le plus grand des calmes, il fait casser les scellés sur son appartement d’Issy les Moulineaux pour récupérer un coffre et des armes, et il n’est même pas poursuivi pour ce nouveau délit ! Le nain-soleil de son côté ne sait visiblement pas quoi dire, alors il fini par dire n’importe quoi, rouler des épaules et réclamer qu’on vienne le chercher comme un Sarkozy de base, sachant parfaitement qu’il ne peut être lui-même poursuivi. Voilà, c’est tout, il n’y a rien à voir, on vous dit mais je dois dire que moi je me régale avec la riposte d’En Marche.

 

La République en Marche les godillots de la farce.

Avec Christophe Castaner jamais à cours d’une idiotie à débiter, on apprend que Benalla, en plus de tout le reste était bagagiste pendant la coupe du monde. Pour le ministre de l’intérieur c’est la faute du préfet si le petit gros n’a pas été sanctionné et pour le préfet celle de l’Elysée, ce que confirme l’intéressé devant ses godillots. Mieux, alors qu’il le voit régulièrement, le ministre de l’intérieur décidément sénile, affirme ne pas connaitre le petit gros avec qui il parlait régulièrement pourtant. Pour Edouard Philippe et sa bande d’esclave, c’est une « dérive »….si s’en est une ça veut dire qu’il n’y a strictement aucun contrôle au sommet de l’état et c’est autrement plus grave, mais passons. Mais surtout, pour tous, et Benalla en premier, ceci est une histoire sans conséquence, personne ne s’y intéresse. Ce pourquoi Benalla fait le 20h de TF1 et se fend de deux colonnes dans le Monde, toujours propriété de Mathieu Pigasse. Ah et pour l’Echo, filiale de LVMH, c’est un coup des twittos russophiles qui ont monté cette affaire en épingle. Pour Attali à qui personne n’avait rien demandé, c’est « le triangle des fous », carrément, à savoir le terrible mélange, extrême gauche, extrême droite, et réseau sociaux. Pour BHL à qui on n’avait non plus rien demandé, c’est une attaque qui vise le monarque, car on peut toujours faire confiance à BHL pour défoncer les portes ouvertes. Sans oublier les suiveurs d’En Marche,  pour eux c’est carrément un complot de Mélenchon aidé du Front…. Euh du Rassemblement National (rire) la preuve c’est un militant de FI, membre au passage du groupe Justice pour Adama, qui a filmé le petit gros en train d’usurper une identité et tabasser du manifestant. Et la planète média, est aussi très mal avec cette affaire dont elle se serait sans doute bien passé également mais puisqu’elle est aux ordres des oligarques…. L’autre jour à C dans l’air, le journaliste de Libé était totalement incapable de prononcer le mot délit dans l’affaire Benalla alors que le simple fait de porter un brassard de police en constitue un. Et toujours dans la même émission on commentait la commission d’enquête fantoche comme si on assistait à un match de tennis, attendu qu’il allait falloir espérer beaucoup de celle organisée par le sénat. Attendu surtout que les journalistes sont les locuteurs de leurs maitres et qu’après le coup d’état du Medef que représente Macron, il faut assurer à la populace que leur République est toujours vaillante et que ce n’est pas Bernard Arnaud et Xavier Niels qui dirigent en réalité la France. Bref que tout va bien dans le meilleur des monde.

 

Le sommet de l’iceberg pour quel iceberg ?

Arrive Vincent Crase, un autre cowboy réserviste de gendarmerie, surpris armé, carrément en train de faire le coup de poing avec son copain Benalla Et tous deux étaient employés d’En Marche, armé avec des armes du parti ! Mieux Benalla qui n’a aucune compétence réelle dans le domaine, devait réorganiser la sécurité royale ! Pourquoi faire ? Qu’est-ce qu’on craint au sommet de l’état ? Mitterrand avait ses gendarmes pour protéger sa fille et savoir si Carole Bouquet portait une petite culotte. Pasqua avait le SAC chargé de protéger De Gaulle et les magouilles de la France Afrique, de Foccard et lutter contre l’OAS. Que craint notre monarque ? Et pourquoi une telle énergie, quoi que confuse et inexpérimentée, de la République en Marche à nier les faits et protéger Benalla ? Que sait-il de si honteux qu’on ne veut l’entendre que sous l’angle du storyteller en gendre de bonne famille ? Pourquoi la justice aux ordres ne le poursuit pas pour obtenir le coffre qu’il a fait retirer de chez lui ? Qu’est-ce qu’il y avait dans ce coffre à part les armes (un fusil à pompe et deux pistolets). Dissimulation de preuve et rupture de scellé et tout va bien ? Comment on fait ensuite pour expliquer à jeune délinquant qu’il doit obéir aux lois ? Quelles lois finalement ? Celle du roi et de sa cour et la loi pour la populace, évidemment. Mais ce qui me semble intéressant ça serait de savoir ce que ça cache du côté des oligarques puisque c’est eux qui dirigent le pays. Pendant que tout le monde regardait Benalla, la loi sur le secret des affaires a été approuvée par le conseil constitutionnel, bref les lanceurs d’alerte sont mal. Mais le Medef n’avait pas besoin d’un petit gros violent pour faire passer cette loi que Hollande n’avait, comme toujours, pas réussi à faire passer. Depuis que Macron est là, tout passe, casse du code du travail, casse de la santé, de l’école, de la sécurité sociale désormais appelé protection sociale en attendant de ne plus l’appeler du tout et bientôt de l’assurance chômage, et de la retraite. Alors pourquoi ennuyer son poulain de la sorte ? Et pourquoi maintenant alors que Macron tentait son vatout avec la réforme constitutionnelle qui prévoyait de réduire l’assemblée à une chambre d’enregistrement. Peut-être parce qu’au fond Macron et toute sa bande de bras cassés sont plus fragiles que son narcissisme lui laisse croire. D’une part il a été mal élu, élu par défaut on pourrait dire et ce n’est pas sa médiocrité comme ministre sous Hollande qui l’a fait remarquer mais bien l’état profond à travers sa presse, ses médias. Le même qui a descendu Fillon et fait sortir les affaires sur Le Pen et son gang de voyou. D’autre part non seulement il est à la limite de la légitimité pour de nombreux français mais la grogne sociale dure, voir même elle s’amplifie en dépit de ce qu’essayent de nous faire croire les mêmes médias. Or le Medef veut ses réformes à coup de pompe et si l’opposition fini par se cristalliser autour de cette fameuse réforme constitutionnelle, sans être majoritaire elle pourrait devenir d’autant une épine dans le pied que le « nouveau monde » ressemble méchamment à l’ancien en plus amateur. Ou alors est-ce Pinaud et Bolloré qui veulent dégonfler la tête du monarque avant que ça devienne stratosphérique, c’est également possible.

 

Le fascisme libéral ne passera pas l’hiver

On n’ose imaginer si la même chose  était arrivée sous le mandat d’une Le Pen. Toute la cours et l’arrière cours de la vieille gauche soixante huitarde et consort serait parti dans des brames de cerfs criant au Chili de Pinochet. Et si jamais la justice avait décidé de laisser passer une dissimulation de preuve, ce n’était plus la CGT police qui se portait parti civile mais tous les syndicats de police, Alliance y comprit. Bref comme disait Audiard, ça aurait fait un bon sujet de pendule. Mais comme ça se passe sous l’or de Jupiter, jeune cravaté de banque bien décidé à servir ceux qui l’ont faire élire ça passe. La loi Asile immigration qui prévoit l’allongement de la rétention administrative à trois mois y compris pour les familles accompagnées d’enfant mineur a dû faire se rouler de plaisir Marine Le Pen. Et que dire de la possibilité pour la préfecture de passer outre les avis médicaux dans le cas de procédure de régularisation pour raison de santé ? Les médias pointent du doigt le fasciste Savini, ou le dingo qui menace le monde à coup de tweet mais en quoi cette loi se différencie des mesures américaines ou de la politique anti immigration proposé par le programme de Le Pen ? En rien voir c’est pire puisqu’on va avoir le droit de laisser librement crever des gens qui cherchent juste à sauver leur peau. Tous les vieux mythes autour de la république française s’effondrent, le modèle sociale se fait détruire bout par bout, c’est la rupture réclamé par le Medef et peu à peu un nouvel ordre règne en France. Pas de chemise brune mais des CRS et des militaires partout. Pas de jeunesse fasciste, mais des Benalla et des Crase faisant le coup de poing avec l’assentiment de leurs supérieurs. Pas d’opposants torturés et/ou fusillés c’est inutile mais des manifs réprimées dans une violence de plus en plus banalisée. Heureusement les supermarchés sont pleins, monsieur Durand peut se rendre en vacance avec sa voiture à crédit sur dix ans et en plus c’est la canicule ! Comme en 2016 et en 2017.  C’est le fascisme libéral, l’aboutissement de cette guerre des classes que les super riches sont en train de gagner, la France devait tomber, on a valorisé la jeunesse et le dynamisme d’un jeune arriviste, comme on le fait dans les régimes fascistes, mis en avant le côté « nouveau monde » alors qu’il n’y a rien de nouveau ici sauf la formule qu’emploie désormais le fascisme, sous le masque du libéralisme. Pourtant quelque chose devrait alerter ces supers riches, le fascisme, libérale ou pas, ne peut s’installer dans la durée que si tout le monde mange à sa faim, a accès à l’eau et ne doit pas lutter pour sa survie. Or le climat depuis trois été devrait nous alerter, l’hiver arrive, l’hiver de la civilisation industrielle. Partout sur la planète des températures extrêmes, partout des rapports alarmistes qui sur la pollution en Chine, qui sur la destruction des forêts primaires, des pôles, du ralentissement du gulf stream… Partout. Cette année nous avons consommé en un an plus que la planète ne peut renouveler dans une même année, en fait il nous faudrait une fois et demie une planète supplémentaire pour survivre encore ainsi et hausse des températures oblige le gâteau planétaire diminue de plus en plus. Tout, des métaux rares au pétrole en passant évidemment par l’eau et les terres arables. Les super riches font comme si cela ne se passait pas en vrai mais nous heureusement on a Nicolas Hulot le green washer en chef. Monsieur tout le monde pense juste qu’il a chaud, on s’invective sur Benalla ou sur l’immigration que dis-je l’invasion migratoire, bref que tout cela est bien futile, mais attention tout de même à la farce que nous réserve la nature, pas sûr que tout le monde trouve ça à son goût. En attendant qu’est-ce qu’on rigole en Macronie !

Soleil vert

Tout le monde se souvient de ce film avec Charlton Heston, où aidé d’Edward G. Robinson, il découvre la réalité atroce qui se cache derrière les nouvelles tablettes nutritives en vogue. Ce film a tellement marqué les esprits qu’aujourd’hui chaque fois qu’on évoque les effets de la malbouffe, comme ces granulés que le gouvernement brésilien se proposait de donner à ses indigents, on compare notre situation à celle décrite par le film. Une société qui s’auto-cannibalise une fois qu’elle a tout ravagé. Ca revient comme une forme de gimmick sur les réseaux sociaux, présentez le dernier steak de synthèse proposé par l’industrie et dans le commentaire quelqu’un lâchera l’immanquable « Soleil Vert ». Ca nous rassure les épithètes, ça nous évite surtout de nous responsabiliser. Car finalement c’est assez simple, aucune entreprise actuelle ne se lance dans la conception d’un produit sans une très sérieuse étude de marché, donc si on fabrique de la merde dites-vous que c’est uniquement parce que vous êtes disposé à en manger. Mais finalement dans tout ça tout le monde a un peu oublié qu’avant d’être un film, Soleil Vert est un roman de Harry Harrison qui situait lui la catastrophe vers 1999. Or la trame du roman n’a rien à voir avec celle du film, et pour cause. Pas de révélation extraordinaire, pas de « green soylent » cannibale, pas de complots c’est largement pire que ça. Le roman en réalité suit le quotidien d’un flic qui enquête sur un petit crime crapuleux au milieu d’une fournaise surpeuplée et affamée : New York. Une fournaise où demeurent naturellement quelques privilégiés qui monopolisent le peu de ressources qui reste, pendant que la population mondiale continue d’augmenter inexorablement. C’est du reste l’obsession du vieil ami du héros, l’augmentation de la population mondiale, point de vue qu’Harrison oppose à la petite amie qui rêve encore en couleur d’avoir des enfants et une petite vie installée. Soleil Vert est en réalité un roman extrêmement noir qui nous entraine dans le monde de bientôt voir de maintenant, où tous continuent de fonctionner dans un aveuglement comptable pendant que dans une canicule infernale on manque d’absolument tout, vêtement, nourriture, eau. La population augmente, les gouvernements refusant de mettre en place une politique de restriction des naissances, les principaux intéressés continuant de se comporter comme des enfants avec des droits et aucun devoir ni envers eux, ni envers le monde qui nous entoure. En réalité ce que nous montre ce roman écrit en 1966 c’est qu’en dépit de l’effondrement du monde, rien ne change, strictement rien, ni avant, ni après, ni pendant. Une vision sombre, voir totalement nihiliste de notre avenir et du comportement humain en général à ce sujet, un aveuglement complet de l’humanité qui ne cesse au fil des pages de se trouver de nouvelles raisons d’espérer à un avenir meilleur alors que tout démontre qu’en fait d’avenir il n’y a rien de plus qu’une longue agonie au soleil.

« Le nihilisme vert, le meilleur atout du capital »

La phrase en titre m’a encore été servi il y a peu par un réactionnaire très attachés, comme tous ceux de son espèce, a m’assortir cette affirmation d’épithètes d’un autre temps sur les « gauchistes » car tout ce qui ne permet pas à un réactionnaire de rester circonscrit à ses schémas de pensée limités est forcément qualifié de « gauchiste ». Et je dois admettre que si on écoute le discours moyen de l’écolo même de la dernière minute, le tableau est en effet catastrophique, voir complètement anxiogène, et qu’il est nettement plus rassurant de se dire que la solution est là, ou ici, qu’avec un petit effort de chacun et des réformes politiques on peut sauver le monde. On peut également se dire et se rassurer que ces réformes n’ont pas lieu à cause des « gauchistes ». Ou au contraire opposer que le monde est aux mains du libéralisme le plus aveugle et que les seuls complices idéologiques à chercher à la propagation de ce libéralisme catastrophique est le consommateur lui-même. On peut également croire ce que nous disent les responsables politiques réunis à la COP21, imaginer que les fameux accords de Paris sont un pas formidables en dépit de l’opposition du bouffon infantile qui menace la paix dans le monde à coup de tweet. On peut oublier, c’est notre droit, que par ailleurs les mêmes états à la vertu toujours renouvelés signent des accords commerciaux transcontinentaux qui sont en réalité en termes d’environnement rien de moins qu’un suicide collectif. Oui on peut tout ça. Le toit a déjà été emporté, le premier étage est en train de brûler, il ne nous restera bientôt plus qu’un placard enfumé pour nous chamailler au sujet de qui est responsable de l’incendie ou sur la meilleure méthode pour l’arrêter avec un mouchoir et un verre d’eau, mais la maison brûle quand même, et l’incendie s’accélère.

Ecocide

Il y a quatre ans de ça, un été, une abeille s’est introduite chez moi et a piqué ma chatte qui s’est retrouvé avec une chique fameuse et qui ne comprenait pas pourquoi je riais. Les animaux ne se plaignent pas de leurs douleurs, je ne sais même pas si elle s’est rendu compte de ce qui se passait sur son museau, mais toujours est-il que c’est la dernière abeille que j’ai vu depuis. Quand je vivais à Paris, été comme hiver, le paysage le plus commun en dehors des pigeons c’était les moineaux qui s’ébattaient dans la poussière, n’avaient peur de rien même pas d’aller piquer des miettes de votre sandwich sous votre nez. Quand je me rends dans le square à côté de chez moi aujourd’hui, c’est rare que j’aperçois encore des oiseaux, et c’est bien normal ils sont morts. En Angleterre c’est 50% de la population des moineaux domestiques qui a disparu et en France 11%. On a du mal avec ce mot en occident « mort ». Nous avons tellement évacué la question, nous y sommes si peu physiquement confronté, nous avons tellement glamourisé la mort et la violence à travers le cinéma que quand on parle de 6ème extinction de masse, quand on souligne que 52% des animaux sauvages sont morts on préfère utiliser le mot  « disparus » et d’ajouter que par contre la population de panda a augmenté. La Chine utilisant les pandas comme moyen de communication politique leur préservation n’a rien de surprenante. Oui « disparus » comme s’il s’agissait d’un tour de magie avec aucun responsable ni coupable. Comme si les deux tiers des espèces vertébrés qui vont mourir d’ici 2020, d’ici 3 ans, n’avaient pas supporté l’inéluctabilité de la croissance qui doit continuer coute que coute et avaient décidé de s’évaporer dans un nuage de fumée. Et je pense que si on en entassait devant l’assemblée nationale la montagne de cadavres d’animaux morts que cela représente, et ce sans y ajouter les millions qu’on tue chaque année pour notre alimentation et surtout le seul bénéfice de l’industrie agro-alimentaire, la seule chose que retiendrait le monde c’est le scandale sanitaire, la violence de la provocation et éventuellement de gueuler sur des réseaux sociaux qu’il faut faire quelque chose. Bref l’animal le plus dangereux et le plus stupide de la planète s’en remet à la fatalité pour discuter de son avenir. Les abeilles disparaissent ? Pas grave on les remplacera par des drones pollinisateurs. Ce qu’on trouve dans nos assiettes est de plus en plus pollué, c’est pas grave on va manger des légumes achetés en circuit court. Le pétrole pollue tout et contribue au réchauffement planétaire, c’est pas grave on va fabriquer des millions de panneaux solaires et d’éoliennes qui n’ont d’écolo que le nom pour pouvoir continuer de faire tourner les millions d’appareils électroniques que nous produisons et jetons chaque jour. Car tout doit continuer comme avant, comme dans les années 50, 60, 70, 80… il suffit juste d’affiner nos besoins, segmenter les datas, et hop voilà la « croissance verte » ce formidable oxymore que nous a inventé le capitalisme cette idéologie de mort.

Aliénation globale

J’ai toujours rêvé d’avoir des enfants et en inconsolable romantique je me dis toujours qu’un jour, en dépit de mon âge, ça pourrait me tomber dessus. Je sais déjà que je ferais un excellent père mais je ne suis pas certain que la femme avec qui je les aurais serait disposée à ce qu’ils ne se rendent dans aucune école de la République pour apprendre à en faire de bon consommateur avec l’espoir d’un plan de carrière en CDI. Qu’au lieu de ça ils apprennent des boulots manuels, à être autonome alimentairement donc apprendre à cultiver, à chasser et dépecer (autant de chose que je serais également moi-même obligé d’apprendre, je précise), à être solidaire également et en toute circonstance, indépendamment de ses moyens, et surtout apprennent à faire sans au lieu d’avec. Apprennent à se rationner en eau, en viande, en plaisir divers et donc apprennent également d’autres formes de loisir que l’hébétude devant un écran de contrôle. Je crains que dans notre société  de babillement, une telle éducation soit comprise comme une contrainte briseuse d’enfance alors qu’à mes yeux c’est aujourd’hui la seule éducation valable si l’on souhaite à ses enfants un avenir pas trop mal commode, si simplement on les aime. Je sais également que dans l’esprit de biens de mes concitoyens c’est juste de la paranoïa, une forme de survivalisme, un truc d’américain fou quoi. Mais de toute manière, je l’ai déjà dit, je me sens de moins en moins concerné par votre société, vos petites agitations sans importance, vos débats politiques sans fin, les épithètes que vous vous lancez à la figure pour ranger telle personne dans un camp idéologique, vos chamailleries sur l’immigration ou la gouvernance du nouveau roi de France. Je vis au milieu d’une société malade, narcissique, qui n’a de cesse de regretter son passé, bref une société qui a le nez collé sur l’index qui lui montre la lune, j’en suis conscient et plus ça va moins je suis effaré par l’ignorance dans laquelle vous vous maintenez coûte que coûte de peur de lever la tête du guidon et de réaliser que le mur est à vingt mètres et que les freins sont cassés. D’ailleurs pourquoi le feriez-vous ? Les constats alarmistes se multiplient mais tout ça est généralement assorti de date lointaine 2050 et du conditionnel « on pourrait voir les espèces disparaitre ». Or il n’y aura plus de terre arable sur terre dans exactement 13 ans et des millions d’hectares sont déjà appelé à mourir.  Or la Californie brule depuis le mois de juillet et donc 52% des espèces animales du globe sont mortes. Non, ce qui compte c’est qu’un chanteur alcoolique est parti et que ça permette à un escrosophe de nous faire part de son sectarisme qui sera repris en boucle absolument partout. Ce qui compte c’est que le nouveau roi de France a fait de l’agitation indignée à propos de l’environnement tout en se proposant de continuer exactement comme avant sous le label « Nicolas Hulot approved-le logo est vert donc on peut avoir confiance » sous le label du green washing. Et quand un cinéaste filme l’image insoutenable d’un ours polaire crevant de faim, efflanqué comme s’il venait de sortir d’un camp, la planète média reprend la vidéo en boucle, tout le monde pleurniche et passe à autre chose, c’est bientôt Noël. Le camp lui reste ouvert et pour le moment ce sont les ours blancs, la faune aquatique, et les oiseaux marins les premières victimes. En fait cette vidéo m’a fait penser à une autre, cette petite fille victime d’une catastrophe naturelle, coincée dans la boue, accrochée à un bout de bois, les yeux noyés par la terreur et que le monde entier a regardé crever lentement entre la poire et le fromage. Tout en se scandalisant que de telles images soient disponibles. Je me suis obligé à regarder cet ours, à ne pas l’oublier, jamais et j’ai allumé un bâton d’encens pour lui. C’est parfaitement dérisoire, parfaitement pathétique mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour exorciser moins ma peine que ma rage et mon mépris pour mes semblables.

Suicide collectif

Dans le film Soleil Vert il y a deux moments qui m’ont irrémédiablement marqué. Quand Charlton Heston découvre un dérisoire pot de confiture et s’en régale comme un assoiffé qui n’aurait pas vu d’eau depuis une semaine. Et quand Sol, va volontairement mourir en regardant des paysages passés sur fond de Pastorale. Depuis je ne cesse d’associer la Pastorale à ce moment, et à la beauté de la nature qu’il filme. Beethoven voulait décrire le printemps musicalement c’est donc un printemps magnifiques que j’ai dans la tête chaque fois que j’écoute cette musique découverte à l’occasion de ce film. J’ai 53 ans en 2017, je n’avais pourtant jamais envisagé que si j’atteins ou dépasse les 70 ans je vais un jour me trouver exactement dans la situation que Heston pour la confiture et Robinson pour l’inconsolable mort programmée, que j’allais probablement vieillir entre Soleil Vert le film et Soleil Vert le livre.  Et que pendant que je vieillirais sur un caillou désolant, les autres naufragés continueront de se lancer des épithètes idéologiques à la tête et d’imaginer qu’ils ont encore un avenir. Je ne me fais aucune illusion à ce sujet, il me suffit de me balader dans mon quartier ou un réseau asocial pour observer l’inconscience générale. Et on ne peut même pas parler d’ignorance puisqu’on ne cesse de nous le répéter, l’environnement se dégrade à vue d’œil. Non c’est une aliénation volontaire, conscientisée et systématiquement renouvelée chaque fois que vous allumez votre poste. Ou peut-être est-ce que c’est même pire peut-être que vous êtes vous-même tellement empoté que vous n’avez pas été foutu d’élever vos gosses à savoir faire des choses élémentaires comme cuire des œufs, ou faire renouveler sa carte de crédit. Ce n’est pas des exemples prit au hasard, l’autre jour un gamin de mon quartier, 19 ans, petit dealer intérimaire de son état, m’avouait que quand il voulait des œufs il demandait à sa petite sœur. Et je viens de perdre 20 minutes à la poste parce que non seulement le gamin devant moi voulait faire changer sa carte de crédit sans justificatif de domicile et juste avec une carte d’identité à la mauvaise adresse, et voyant que la dame faisait juste son travail en le ramenant dans le monde réel, d’aller pleurnicher auprès de papa qui s’est mis à pourrir l’employée au nom de son lombric de fils.

Oui c’est sans doute pire. Depuis 17 ans, depuis que je suis tombé malade, je vis dans la précarité. J’ai appris à faire beaucoup sans et en fait même si ce n’est ni volontaire ni agréable, même si je ne suis pas parti en vacance depuis 16 ans, même si je ne participe à aucune de vos réjouissances ritualisées, Noël, Jour de l’an, vacance d’été, Pâques, que sais-je, je suis contant de connaitre ça, moi je suis prêt à ce qui va suivre. Ca n’a pas toujours été le cas. Quand je me suis retrouvé à la rue la première fois j’étais terrorisé à l’idée de sombrer, et pourtant j’ai survécu et aujourd’hui je n’y suis plus. J’ai découvert que j’avais infiniment plus de ressources que je ne le croyais, voir que tous ceux qui au cours de ma vie ont voulu me faire mon éducation. En fait en ce moment je me sens comme quelqu’un qui aurait vu deux fois la Seconde Guerre Mondiale, assisté deux fois au procès de Nuremberg et qui à la veille de la vivre une troisième entendrait des gens dire « plus jamais ça ».  L’autre jour, fait rarissime j’ai voulu regarder la télé, n’importe quoi comme fond sonore pendant que je cuisinais. Je me retrouvais devant une émission de consommation, infomerciale déguisé en reportage sur les « fous de Noël » où un animateur expliquait que c’était de plus en plus tendance de dépenser des fortunes pour décorer cette pitoyable fête. Et de nous faire part de deux aliénés, l’une visiblement nantis qui se proposait de s’offrir un conifère de deux mètres le temps de cette farce, car après tout les arbres sont des objets jetables, et un autre, simple employé, qui chaque année dépense des montagnes d’argent pour illuminer sa baraque d’un festival son et lumière, comme aux Etats-Unis où ce gâchis formidable d’énergie et d’argent est également une tradition. Comme toutes ces émissions celle-ci n’avait qu’un but, mettre dans la tête des gens  l’achat indispensable de décoration pas moins indispensable à un événement sacré (chaque année de terribles disputes pour savoir si crèche ou pas en raison de la loi de 1905) tout en mettant en lumière des comportements déviants à seul fin que le consommateur puisse se dire « ah non moi je ne suis pas comme ça, je n’achèterais que cinq guirlandes au lieu de dix ». Mais ce que j’ai retenu c’est que pas une seule seconde quelqu’un se scandalise qu’on coupe des arbres dans le seul but de les voir crever dans son salon sous des tonnes de saloperies à base d’énergie fossile. Et que comme chaque année mon quartier va se retrouver avec des arbres morts sur le trottoir. Parce que c’est censé être la fête des enfants, qu’il faut enchanter nos petits, les faire rêver comme il sied au temps de l’enfance. Après tout c’est pas tous les jours qu’un enfant occidental peut manger à sa faim, traverser une rue sans être bombardé, avoir de l’eau potable ou chier dans cette même eau. C’est pas tous les jours qu’ils peuvent s’acheter 50 jeux vidéo ou poupée Star War ou passer 8h devant un écran. Il est normal donc que Noël leur soit consacré, important de respecter des traditions idiotes au sujet de superstitions pas moins absurdes car après tout c’est le moment magique que toute la société de consommation attend, l’orgie généralisée, autorisée, mieux, institutionnalisée. Au fait est-ce que quelqu’un s’est amusé à calculer le bilan carbone d’un Noël moyen en occident ?

Allez, puisque c’est la saison je vais vous faire un cadeau, je vous prévient c’est très long, très déprimant et si vous n’êtes pas convaincu par la catastrophe en cours vous ne le lirez simplement pas, mais ça me semble plus utile de lire ça que la dernière recette tendance pour la dinde « écoresponsable », bonne lecture : https://partage-le.com/2017/12/8414/