Déchéance d’une nation

Quand je vivais à Paris j’avais un voisin, un vieux marocain et sa femme. Il m’invitait à boire le café, avait gardé un double de mes clefs en cas où j’aurais oublié ou perdu les miennes, et de temps à autre on causait de la pluie et du beau temps. Des relations de bon voisinage en somme. Aujourd’hui mes voisins sont français on se croise parfois et il m’est même arrivé de leur demander un service. Mais jamais ils ne m’inviteront à boire un café, ne me disent jamais bonjour quand on se croise dans la rue, ils se méfient. Ils n’ont aucune raison de le faire, mais c’est comme ça, c’est dans leur nature, leur culture, l’autre est louche quoiqu’il arrive. Ce n’est pas la première fois que je fais ce constat. J’ai fait la manche en Angleterre, j’ai été nourri, on m’a donné de l’argent (environs 60 livres) et des cigarettes. Ici ne serait-ce que demander l’heure est une galère. Les français sont un peuple méfiant, conservateur, absolument plus curieux de l’autre, orgueilleux au-delà du raisonnable, et qui, quand on leur explique que leur pays va mal vous répondent que si vous n’êtes pas content vous n’avez qu’à vivre ailleurs. Soit, c’est les plus gênés qui s’en vont et je me ferais un plaisir de leur être gré dès que mes moyens ou une occasion me le permettront.Comprenez bien j’étouffe dans votre pays. Je dis bien votre pays parce que par ma naissance je peux demander la double nationalité, et j’ai hâte de la demander. Hâte de m’offrir un choix que les français n’auront bientôt plus, celui de la liberté.

 

J’ai 51 ans et j’ai vu comment ce pays a évolué. Il n’a pas toujours été comme ça. Je me souviens d’un pays où la politesse « vieille France » était purement exquise, où les gens, pour autant qu’ils voyageaient peu, étaient curieux des autres, où la culture bouillonnait assez pour réunir des millions de spectateurs devant Apostrophe, les émissions de Chancel, Droit de Réponse ou Téléchat, etc et rameuter le banc et l’arrière banc de sa société incivile à travers HaraKiri, puis Charlie avant qu’il vire réactionnaire de gauche et enfin martyr bien commode de la droite réac. J’ai vu aussi un pays qui avait du mal avec son immigration qui tant qu’elle se tenait tranquille et silencieuse, ne l’observait pas, l’ignorait. Puis il y a eu la Marche des Beurs, que Mitterrand s’est empressé de manipuler pour en faire SOS Racisme, tout en veillant à faire grossir la voix de l’extrême droite à seul fin de court-circuiter les gêneurs. C’était les années 80 et dès cette époque là les français ont voulu devenir des américains ordinaires.   C’est dans ces mêmes années que nos médias sont passés entre les mains des holdings, que les premières lois hygiénistes contre le tabac, l’alcool, sont apparues, qu’on a commencé à se dresser les uns contre les autres pour un mot, une idée, parce qu’elle n’était plus « politiquement correcte » et que les tensions entre les communautés ont commencé. Dans les mêmes années 80 que l’on tressait des lauriers à Djian, pâle imitateur de la littérature américaine moderne. Et dans la décennie suivante ce phénomène a littéralement explosé. Pire, il a atteint l’état lui-même. Qu’on les apprécie ou non De Gaulle, Pompidou, Giscard et Mitterrand étaient d’authentiques hommes d’état. Beaucoup plus intéressés par laisser leur nom dans l’histoire de leur nation que par la seule perspective de gagner une élection. Une main dans notre poche, on peut même y inclure Chirac là dedans, ne serait-ce que par son refus de participer à une guerre criminelle fomentée par des voyous. Et puis nos hommes d’état sont devenus des hommes politiques. Des intérêts de leur nation ils sont passés aux intérêts de leur minuscule carrière. Ils ont gouverné à coups de slogan et pour le compte exclusif de leurs donateurs de campagne, le Medef, le CAC40. Des gestionnaires naviguant à vue à coups de sondages. Des gestionnaires totalement déconnectés du monde réel, vivant en cercle fermé, repliés sur eux-mêmes et s’arrogeant privilèges sur privilèges comme au meilleur temps de la monarchie. Une caste. Un entre soit de politiques, d’artistes d’intellectuels, de journalistesde leurs amis qui jouent depuis 40 ans aux chaises musicales dans un pays où le cumule des mandats concerne aussi bien politiques que vedettes. Et les français ont laissé faire en étant intimement persuadés que c’était ça être moderne, mondialisé…

 

Selon les Cassandres zélotes et scabreux de ce pays la faute à 68. La génération 68 a pris le pouvoir et elle a renversé les vraies valeurs de la vraie France de souche. Ça doit pas être complètement faux et si vous voulez mon avis c’est pas plus mal. Cette génération a fait rentrer la France dans le monde, la modernisée, dépoussiérée, bref la vraie France de la vraie valeur de souche c’est pas plus vers 1950 qu’après ou pendant 68. La réalité c’est que ce pays s’est laissé séduire par les sirènes de la globalisation à l’américaine, libéralisme économique et démocratie arrangés main dans la main. Et pas seulement la génération 68, tous les français. Dans les années 80 on voulait tous devenir des américains ou des anglais avec les dents longues, greedis good, et dans les années 90 on a surfé sur la vague économique en causant éco-responsable et respect des communautés… Chacun la sienne, les tunisiens, les français, les musulmans, les chrétiens, les bobos, les marocains, les SDF, les quartiers, les sénégalais ou que sais-je. La si fameuse et si glorieuse civilisation catholique et française a tendu son cul à la civilisation anglo-saxonne et protestante et elle a aimé ça jusqu’au 11 Septembre.

 

A partir de là, à partir de cette guerre globale contre le terrorisme dans laquelle nous nous sommes tous laissés prendre à la traine d’une Amérique dévoyée, tout nous est revenu en pleine face à commencer par l’haleine fétide des locuteurs communautaristes d’une France qu’on croyait périmée et dont on pourrait résumer le message en mot d’enfant par « immigrés caca ». Le message se précisant à mesure des années à « musulmans caca ». Mais pour le moins en réalité c’est la même chose puisque ce relent nous vient du discours du FN qui depuis sa création n’a pas digéré la perte de l’Algérie française et de l’empire idoine. Et le discours est devenu d’autant plus sophistiqué, brassant d’autant plus large que non seulement l’héritière veut le pouvoir mais qu’il est repris de la droite à la gauche, à la fois érodée sur leur propre terrain, le social et l’économie et encalamitéedans un discours globalisant à base de conflit des civilisations, de libéralisme économique et d’interventions militaire de plus en plus fréquentes. Ajouté à ça une énième crise financière et l’âme française se resserre comme un zizi à la baignade. Vous me direz que l’inflation du discours réactionnaire a commencé avant l’attentat, je vous répondrais certes, mais celui-ci lui a donné une formidable chambre d’écho. Et une chambre d’écho d’autant plus puissante que si hier (comme aujourd’hui dans une certaine mesure) l’antisémitisme, à savoir une construction mentale, était le crédo de l’extrême droite, la phobie de l’Islam, du monde musulman en général, et par extension des maghrébins, repose non plus sur un raisonnement biaisé et ou malade mais une peur qui a toute raison d’être. Une peur qui touche tout le monde et qui est en train de confiner à la panique pure et simple. Etat d’urgence, déchéance de la nationalité, « ennemi de la Nation » et non terroriste inscrit dans la constitution, loi sur le renseignement… Comme si la menace ne concernait que les vrais français de souche nés de vrais parents français, blonds avec les oreilles bien dégagées. Comme si les 130 morts étaient tous de bons français bien blancs pure souche….

 

Depuis ce fameux et funeste vendredi 13 les Cassandres de la droite réac de se frotter les mains, les bourreaux ont exactement le profil de leurs ennemis séculaires : la jeunesse et la jeunesse des quartiers. La racaille comme ils disent. Ils nous avaient averti, braillent-ils en se tapant sur le ventre, le réel messieurs mesdames, le réel, car ce sont des experts en réalité. Et pourtant… Et pourtant dans les années 90 un film intitulé la Haine nous prévenait déjà, l’important c’est pas la chute c’est l’atterrissage… et pan Bataclan. La droite réac a détesté, on présentait mal les policiers et bien les haineux des quartiers. Et pourtant de NTM à Assassin tous nous disaient, la génération qui arrive, les petits, est pire que la nôtre. Et pourtant Fadela Amara avant qu’elle ne vende sa culotte pour un siège, fondait Ni Pute Ni Soumise et pas pour des nèfles. Et pourtant il y a eu les émeutes des années 80, 90, 2005…. Les français ont dormi, unanimement, et après avoir freiné des quatre fers sur toute les mesures qui aurait pu améliorer la situation, la droite réac et son corolaire du FN de beugler que fallait les écouter que eux ils savent, qu’ils incarnent la France à eux tout seuls, la vraie, de souche, la réelle…

 

Les français ont dormi et continuent de dormir parce que les supermarchés sont encore pleins et qu’on peut y aller avec sa petite auto. Plus vraiment les Trente Glorieuses mais encore comme un goût. Votant toutes les x années pour un moule, une caste de carriéristes politiques, en espérant que l’autre fera mieux que les prédécesseurs alors qu’il est évident que de droite à gauche ils suivent tous exactement la même politique, la même feuille de route, celle de l’Europe marchande, celle du CAC40, tout en veillant à dorloter leur électorat à coups de mesures rarement mises en application ou bien à la faveur d’un lobby. A coup d’artifices sociaux comme le Mariage pour Tous, de grands discours sur le thème de la République Laïque et Indivisible… du royaume de France. A coups d’effets de manche populistes et de petites phrases. Ils ont voté pour des lessives interchangeables et immédiatement ils pensent avoir trouvé la solution à tous leurs maux en la personne d’une autre lessive, d’autres yakafokon, parfaitement assujettis à une caste dans laquelle ils sont nés, et prétendant comme toujours connaître le peuple mieux que tout le monde. Parce que ne nous leurrons pas, ce n’est pas parce que le FN embauche des pieds nickelés issus de la société civile qu’il fait œuvre sociale ou que sa tête n’appartient pas à exactement la même bourgeoisie que celle des Copé, Sarkozy, Hollande et sa courge impériale. Le même système, le même cénacle, la même éducation à peu de choses près, les mêmes écoles, rallyes, lieux de vacances. Je le sais d’autant que j’ai été élevé dans ce milieu et que je suis à peu de choses près de leur génération.

 

Or les faits sont là, les français votent en réalité pour des individus qui, uniformément et quelque soit la couleur politique vivent dans un autre monde. Ils ne le font même pas exprès, c’est dans leur éducation, inscrit dans leur parcours. Ils se sont hissés soigneusement à l’abri des contraintes que connaissent leurs concitoyens, à l’abri de la société. La plupart n’ont même pas eu à gagner leur vie et n’ont même pas essayé. Et on ne devrait même plus se surprendre. Prenons un exemple au hasard, Madame la ministre du Nutella qui se vante sans vergogne de faire un excellent travail et même d’être indispensable, que déclare-t-elle quelques semaines après les attentats de Paris ? Que les français devraient arrêter de regarder le mauvais côté des choses qu’il y a plein de trucs qui vont bien en France. Pendant que les mêmes, toujours plus soumis à l’impôt regardent les évadés fiscaux multiplier leur fortune, que décident l’assemblée ? De voter une loi fiscale favorisant l’opacité dans ce domaine. Alors que le paysrejette par référendum une constitution, son sémillant nano président lui ressert tout chaud et sans lui demander son avis, c’est pour son bien. Tel député LR affirme que les lois anti tabac favorisent le djihadisme et Henri Guaino, diva outrée, de déclarer que les députés exercent dans des conditions épouvantables et qu’ils sont très mal payés… Et ne parlons pas des élucubrations des frontistes, entre l’invasion des djihadistes qui ne poussent pas dans le bocage et le Grand Remplacement on nage en plein fantasme paranoïaque. Un fantasme qui par ailleurs s’auto alimente de l’actualité. Bien entendu, et c’est la le pire peut-être, médias, intellectuels, auteurs, artistes, dans leur large majorité prennent le même pli, vivant et parlant d’un monde qui n‘existe que dans la lucarne de leur narcissisme. Zemmour se prend pour la France et vend des millions d’exemplaires en parlant d’un pays qui n’a jamais existé que dans la nostalgie de sa seule enfance. Yann Barthes est tout à fait certain de son impertinence. Finkielkraut radote sur l’incompatibilité de l’Islam avec la république, comme si ce même Islam était une génération spontanée, une nouveauté en France et qu’il fallait absolument s’en débarrasser. Le cinéma ne produit que des films ressemblant à ceux qui les réalisent, bourgeois, franco-français, complaisants. La littérature bégaye entre l’à peu près et le one man show multi tâches. Et ne parlons même pas des médias nationaux qui ‘hésitent plus à bidonner leurs reportages pour faire de l’audience.

 

Pour une raison qui m’échappe complètement non seulement les français semblent accepter sans hausser le ton toutes les mesures qu’on prend au nom de leur « sécurité » et de la « défense de la nation » mais ont l’air de croire qu’une lessive qui n’a jamais servi fera mieux que les lessives déjà utilisées. Si les américains votent la plupart du temps pour celui qui assure le mieux le show, confondant politique et entertainement, les français votent pour celui ou celle qui fait le plus sérieux, le plus monarque et leur idée d’un vote moderne, du renouveau en politique et d’aller chercher dans un remugle de fond de tiroir d’idées et de positions qui n’ont en réalité pas évoluées depuis les années 50, mieux, des idées et des concepts qui imaginent toujours la France au XXème siècle. Un petit exemple, une des obsessions du FN et de redonner à l’armée sa puissance et son prestige. Une des raisons invoquée parmi tous les périls qui menacent la France, le réarmement chinois… La France fantasmée des Le Pen et de leurs admirateurs compte-t-elle se mesurer à la première puissance économique et bientôt militaire du monde ? Pense-t-elle seulement qu’en allant faire les yeux doux à Poutine et en se faisant financer par lui elle aura une petite place à la table des grands ? Ah non c’est vrai, la France est déjà grande…. Historiquement membre du Conseil de Sécurité et France Afrique… Sauf que la France Afrique n’est plus que la prébende de Bolloré et de ses amis affairistes africains, que nous sommes plongés au milieu d’un système économique de captation qui n’hésite plus à déclencher une guerre, voir plusieurs, que le Moyen Orient et nos « amis » émirs sont en train de se déliter entre chaos et déficit économique. Et qu’en l’occurrence nos « amis » chinois ont un sens de la négociation guère plus accommodant que nos « partenaires » américains et qui se résume à « fait ce que je dis ou je t’écrase ».

 

Un jour je discutais avec un biterrois, un habitant de Bézier, des mesures de leur sémillant maire, fichage des administrés par appartenance religieuse, création d’une milice, réarmement de la police municipale, hommage aux héros de l’Algérie Française… Et de lui de me répondre que tout ça ne les concernait pas, qu’ils appelaient leur maire « Bobby » et que de toute façon ils avaient la tête dans le guidon à cause de l’endettement de la commune suite à l’incompétence des prédécesseurs. Et je crois que c’est bien ça le drame de ce pays, il manque totalement de maturité. Quand les lois sur le renseignement furent votées, à peine si ça chouina, manifestations faméliques au milieu de l’indifférence et bavardages creux dans le poste. La prolongation de l’état d’urgence ? Approuvée massivement, déchéance de la nationalité pour les suicidaires du califat ? Super idée, les sondages sont formels et infaillibles. D’ailleurs ils vont bientôt gouverner le temps d’antenne des politiques qu’un projet de loi propose de réformer « éthiquement ». Bientôt ce ne sera plus la seule représentation de chaque parti, mais la représentation par intention de vote. Pour être sûr que seuls les trois gros partis puissent tenir le crachoir en toute quiétude.Et quand le petit gros mal fagoté leur a braillé que son ennemi c’était la finance ils l’ont cru juste parce qu’ils n’en pouvaient plus de l’obsession du nano président pour l’argent. Les français sont immatures et ont la tête dans le guidon d’une économie et d’une société qui pensent-ils se délite sous leur pied. Calais est rempli de réfugiés, les rues de Paris et d’ailleurs de SDF et de roms, les quartiers nord de Marseille comme bien d’autres quartiers de France… et de Corse… sont une jungle où l’autorité de l’état n’a plus court et pendant ce temps les familles les plus riches de France voient leur capital augmenter de 25%…

 

Les stratèges de Daesh ont été formés au cuir des redoutables services de renseignements de Saddam Hussein. Ils n’agissent pas au hasard, jamais. De Merah aux attentats de Paris, l’expression de leur violence se repose sur un même état des lieux que l’extrême droite. Une jeunesse apatride et nihiliste issue de quartiers défavorisés. Leurs cibles symbolisent tout ce que déteste égalitairement l’extrême droite, les bobos, le sionisme, les juifs, la frivolité, et les musulmans « intégrés », la « sociale démocratie». Et leur stratégie militaire, leur méthode, obéit à la fois à la porosité de la société française en matière de trafic d’armes et de délinquance, à sa schizophrénie vis-à-vis de l’Islam, et l’art et la manière de frapper l’imagination. Leur but est moins d’imposer la terreur que la guerre. D’accélérer la déchéance d’un pays qu’ils considèrent à juste titre comme le ventre mou de l’Europe. Et qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas, cette stratégie ne peut qu’arranger et favoriser l’extrême droite. Du reste, il suffit d’écouter leurs locuteurs périphériques, Zemmour, Levy, Finkielkraut ou Soral pour s’en convaincre, ils nous l’avaient dit que ça allait arriver, qu’il fallait arrêter de faire de l’angélisme et blablabla. Dans ce pays on peut apparemment faire carrière rien qu’en braillant qu’on est les premiers à avoir vu les cadavres dans la rivière. Et dans ce cadre on pourrait même être tenté de se dire que ce glorieux pays va être battu à son propre jeu par un ramassis de voyous et de tortionnaires fanatisés. Et si vous pensez qu’au cœur de l’extrême droite ne se trouve pas exactement le même genre d’individus, repensez encore. Très finement Arte a reprogrammé récemment l’un des chefs d’œuvre de Lang, M le maudit. Remplacez le psychopathe pédophile par des psychopathes entrainés à la guerre et aux combines et vous avez au sein de la population exactement le même processus que nous vivons actuellement. Or rappelons, ce n’est pas le maudit que dénonçait ici Lang mais la montée du nazisme, la fascisation de la société. Est-ce que je pense que le FN est composé des nazis en herbe ? Ben sûr que non. Leur cœur va d’ailleurs plutôt du côté de Pétain que d’Hitler. Mais il va de toute façon vers ce qu’on appel pudiquement des « régimes forts ». C’est-à-dire dans le contexte actuel, non pas drapeaux et oriflammes au son des bottes, mais des régimes tel que la Chine et la Russie, sans pour autant en avoir et d’aucune manière les moyens. Sur ce constat, la succession d’échecs prévisibles à la politique illusoire du FN trouvera tout naturellement son explication, son issue, dans l’immigration, les musulmans, la délinquance ordinaire, et pourquoi pas le manque de patriotisme des chômeurs….

 

Pourtant la Pompadour du ministère de l’écologie des lobbies n’a pas complètement tort, la France va encore plutôt bien. En dépit de l’état d’urgence et de la fatigue qui s’accumulentles fonctionnaires chargés de ces questions n’ont pas encore viré Tcheka. Le morale est assez bon pour que les gens soient motivés « à faire quelque chose » même s’ils ne savent pas exactement quoi. Nous sommes à la pointe dans certains domaines industriels, comme l’informatique, notre économie se tient la tête hors de l’eau cahincaha en dépit de l’incompétence et de la corruption de la classe dirigeante. Et malgré la somme ahurissante de taxes et d’insuffisances émanant du RSI, et autres comités Théodule, spécialités franco-françaises, on continue d’entreprendre, d’y croire, de vouloir se réaliser à travers un projet. Et comme je disais plus haut, les supermarchés sont pleins et la cohésion sociale encore assez forte pour que mon quartier socialement mixte soit paisible, n’en déplaise à nos Cassandre de la guerre civile en devenir. La France va plutôt bien parce que son histoire, sa civilisation, sa culture, est solide. Et qu’en dépit de ce qu’on veut bien nous dire, les gens ont un cerveau et des projets. Pour toutes ces raisons, et quelques autres, il est possible que la stratégie de délitement de Daesh soit un échec, que l’espoir que fonde le FN sur ce délitement pour être appelé au secours soit remisé à des fantasmes. Que l’immaturité politique de ce pays d’un bout à l’autre de la chaîne alimentaire finisse par se heurter à la reprise en main de la société civile. Mais en l’état ce pays se laisse lentement prendre, lentement enfermé dans un carcan de mesures répressives, de différenciation entre ses citoyens, et quand il n’entend plus se laisser faire, il se retourne, comme en Corse, contre l’ennemi désigné. Ce n’est plus l’absence de l’autorité de l’état qui pose problème, ce n’est plus la précarité sociale, ce n’est pas 40 ans de gabegie politique ni le morcellement d’une société, c’est les musulmans, unanimement.

 

L’important dans cette histoire ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage…

 

 

 

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Charlie est mort, rions un peu…

Il y a quelques jours je parlais de tous les fourbisseurs d’islamophobie en tout genre, amateurs de stigmatisation, phraseurs du Grand Remplacement, cette théorie directement issue des élucubrations des suprématistes américains rendue à la sauce littéraire des pseudos intellectuels français. Toute cette fange, de Nicolas Sarkozy à Alain Finkielkraut en passant par l’inénarrable spécialiste du « réel » Zemmour, le Soral du riche, qui nous expliquent à longueur d’année que l’islam est le problème, et que le problème et d’ordre civilisationnel.  Que l’islamisme est uniquement une question fabriquée à l’aune des échecs du monde arabo-musulman, comme si la politique de l’Otan n’y était pour rien, comme si la politique occidentale depuis ces quarante dernières années n’avait pas sa part de responsabilité dans la montée de cette forme d’extrémisme. Bref comme s’il fallait absolument dédouaner l’occident de toute ses errances à contrario d’une repentance insane et mal venue et sans doute un peu trop systématique pour être tout à fait honnête. Je disais en gros qu’en tuant la rédaction de Charlie Hebdo, on nous laissait veuf avec ces fabricants de haine qui allaient pouvoir s’en donner à cœur joie, soutenus par tous ceux qui accusent ceux qui ne pensent pas comme eux d’être des « bisounours » ignorant du fameux « réel » dont ils sont évidemment les gardiens. Mais j’avoue j’ai péché par réaction devant l’unanime hypocrisie de ces locuteurs qui hier se disaient contre l’hebdomadaire et aujourd’hui brament à qui veut les entendre que oh là là Charlie c’était trop sympa. Zemmour pour commencer, zélateur de ses propres théories qui ventre à terre en a profité pour nous rappeler à quel point il est le Cassandre que l’Apollon de Mai 68 ne veut pas écouter. Que voulez-vous, cette pensée binaire m’insupporte. Cette pseudo réflexion de réactionnaire de droite qui consiste à rejeter toute forme de responsabilité sur le camp opposé et se targue au nom de cela de connaître, elle, le fameux réel, m’a toujours semblé d’une inqualifiable malhonnêteté intellectuelle. Pourtant, au regard de ce que je peux lire et entendre ces derniers jours, je me demande si dans ce pays hémiplégique où il faut choisir si l’on est de droite ou de gauche, ils n’auraient pas partiellement raison.

Pour Edwy Plenel par exemple, l’explication de ce massacre ne passe que par un seul prisme, le rejet médiatisé de l’Islam par toute cette frange d’hommes politiques et d’intellectuels auto-proclamés. Et toute une partie de la classe politique avec lui de vouloir faire la chasse à tous ceux qui oseront dire qu’ils ne sont pas Charlie.  L’inqualifiable Tariq Rammadan, très récemment, d’accuser Charlie, dans sa prochaine édition, de vouloir faire de l’argent sur le dos du saint prophète. Accusation déjà faite à demi-mot par le groupuscule raciste les Indigènes de la République au moment des caricatures en 2011 qui qualifiait la rédaction du journal « d’élite blanche » l’accusant d’islamophobie, comme si la fameuse religion était la seule et unique cible des trublions. En gros si les trois paumés ont massacré 17 personnes dont une jeune flic que tout le monde a oublié (elle n’était ni musulmane, ni juive, ni dessinatrice de Charlie, juste antillaise…) ce n’est que pour une seule raison tangible, la fameuse phobie médiatisée et relayée qu’il est visiblement très mauvais d’avoir. Ça, et admettons-le du bout des lèvres, comme l’a fait remarquer Luc Besson dans une lettre récente, à une déshérence de la jeunesse des banlieues. En gros tout le monde se déresponsabilise et rejette la faute sur l’autre.

Pour autant, les quatre victimes de l’hypermarché n’ont pas été massacrées parce qu’elles avaient insulté le prophète mais parce que leur présence dans ce lieu les avait assimilé à des juifs (et oui gros, moi j’aime bien manger casher ou hallal parfois ça ne fait pas de moi un juif ou un musulman). Pour autant la jeune flic n’a pas été tuée parce qu’elle était soupçonnée de judaïsme ou d’insulte mais plus simplement parce que son tueur voulait répandre la terreur et la confusion…. Et peut-être aussi parce qu’elle portait simplement un uniforme qu’il avait appris à haïr. Pour autant avant de devenir des tueurs endoctrinés, ces trois pauvres types n’étaient rien de plus que des délinquants de droit commun, dignes représentants d’une jeunesse paumée comme il en existe des milliers et pas seulement dans les fameuses banlieues. Marine Le Pen dans une de ces nombreuses fumeuses déclarations nous expliquait que les djihadistes ne poussaient pas dans les bocages normands, jusqu’à ce qu’on identifie quelques bourreaux de Daesh purement franco-français, issus du fameux bocage et convertis à cet Islam que l’on qualifie de radical. Pour autant si aujourd’hui entre 3000 et 5000 européens sont partis faire le djihad, on ne peut pas simplement expliquer ça par la seule réalité de banlieues pourries, de la politique issue de 68, ou par l’islamophobie. Car ce sont là des explications exclusivement franco-française et disons le nombriliste. De la simplification à l’usage d’un camp ou d’un autre, favorisant surtout l’égo de leur locuteur. Si 68 a sans doute mis au pilori certaines valeurs solides et ouvert la voie à une certaine bourgeoisie de gauche, il n’en a pas été néanmoins vecteur de formidables avancées. Pas d’abolition de la peine de mort, de droit à l’avortement, de légalisation de l’homosexualité sans 68. Si les banlieues sont aujourd’hui si mal en point il s’agit d’une politique mise en route conjointement et alternativement par des politiques de droite comme de gauche, et une économie au nom abusif de libérale dévorante que l’on retrouve à des degrés différents dans toute l’Europe, tout comme d’un replis communautaire généralisé. Et si la fameuse phobie a vu le jour, on ne peut pas décemment dire qu’elle est née d’un sentiment fabriqué de toute pièce par un christianisme dévoyé comme ce fut le cas avec l’antisémitisme. On ne peut pas simplement demander aux gens de ne pas avoir peur et de ne pas être en colère quand des milliers d’individus meurent, musulmans y compris (surtout même) sous les assauts bien réels des radicaux de cette religion. Les racines de ce mal ne sont pas une génération spontanée ni le seul fait d’une certaine révolution culturelle vieille de 46 ans.

Le déni est une des choses les plus simples à faire. Une des plus rapide, et apparemment sans conséquence. La repentance à  l’extrême en s’appuyant par exemple exclusivement sur la colonisation, ou la politique occidentale au Proche et au Moyen Orient en fait partie. Certes Daesh est, comme le faisait justement remarquer Villepin, une des conséquences de la politique occidentale dans cette partie du monde. Mais Daesh, dans son extrémisme ne s’appuie pas sur une lecture fantasmée des sourates ou des hadits, mais bien sur une lecture stricto sensu des fameux textes. La seule accusation de fanatisme est trop facile, car cela dénie à ses milliers de combattants la capacité de réflexion et d’étude de leur foi. Et il s’agit bien là d’un problème qui concerne l’islam, et non pas un Islam supposé radical et politique (car l’Islam est politique), mais d’un Islam qui évolue au ralenti et est maigrement discuté, jamais ou quasi réformé et dominé majoritairement par les écoles sunnites et chiites. Qui plus est le progressisme relativement récent dans l’Islam s’est construit en partie avec le modernisme occidental, aujourd’hui rejeté. Et ce rejet, ce rejet des valeurs occidentales, ne s’est pas non plus fabriqué ni seulement au sein de l’Islam, ni seulement au seul fait de la fameuse repentance appelant à nous remettre en question à toute occasion et vouloir se faire pardonner pour des martyrs dont les générations actuelles ne sont pas responsables. C’est un rejet fondamental d’un occident qui a largement perdu sa raison d’être le jour où le Mur s’est effondré (vous savez le fameux « monde libre »). C’est une perte de sens et de repères où il n’y a plus qu’une idéologie, celle du consumérisme à outrance, une schizophrénie généralisée et accélérée par la déliquescence économique et une technologie qui ne semble vouloir offrir que plus de confort, plus de distraction, disons le plus d’hédonisme. C’est enfin, un systématisme des intellectuels auto proclamés de la sphère exclusivement médiatiques (de Youtube aux médias mainstream) à n’expliquer le monde qu’à coups de slogans, d’interprétations égotiques de la société, bref à ne surtout pas inviter à la réflexion mais à la réaction. C’est une responsabilité commune, qu’elle vienne de l’absence de réforme réelle dans l’Islam lui-même ou d’une incapacité de l’occident à se réinventer. Et tant que nous en resterons là, il continuera d’y avoir des massacres, des appels aux meurtres et à la vengeance (des deux bords, n’oublions pas la cinquantaine d’actes islamophobes qui ont eu lieu récemment) et des pseudos savants médiatiques veillant avant tout à vendre leur petite épicerie.

Je concluais dans ce même texte écrit il y a quelques jours que Charlie était bien mort car il ne nous laissait aujourd’hui plus qu’avec les haineux, spécialistes en « réel ». J’admets en fait qu’il nous laisse également avec leur pendant, les spécialistes en déni pour qui l’islamophobie est une maladie inventée par et pour des salauds et le dérèglement des banlieues le seul résultat de la politique dites libérales pas d’une perte de sens de l’occident en elle-même qui aboutit entre autres au communautarisme. Petite guéguerre franco-française qui refuse en réalité de voir que le problème est global. Tellement global qu’en dépit de la réaction unanime en occident de solidarité vis-à-vis de Charlie Hebdo le New York Times ne veut pas publier la prochaine une de Charlie au fait qu’il ne voulait pas heurter la sensibilité de certains de leurs lecteurs (entendre pas perdre bêtement des parts de marché, ne nous faisons, hélas, à ce sujet aucune illusion). Alors que nous reste-t-il ? Et bien il nous reste le fonds de commerce de l’hebdomadaire, le rire. Pas l’ironie consensuelle, forme de cynisme moderne, dont l’essentiel revient à mettre sur un même plan tout et n’importe quoi, mais le rire, l’irrévérence, la farce  qui dérange tant les religions qu’il est expressément recommandé dans les hadiths de rire avec discernement Le rire que Bergson définissait comme une fonction sociale qui a comme projet, entre autre, de repenser à la fois notre nature antisociale et faire vaciller notre vanité. Alors rions de tous ces imbéciles pétris de leurs propres certitudes, rions de ces massacres, aussi difficile cela soit, rions de cette belle unanimité hypocrite, rions aussi de ces supposés farceurs comme le bounty Dieudonné dont l’essence même est de faire parler de lui et rien d’autre. Rions de la toute fraiche et sacro-sainte liberté de la presse qu’on récusait à Charlie il y a à peine trois ans. Rions car comme disait l’écrivain polonais Stanislaw Jerzy Lec, « le rire c’est la vérité ivre », rions et comme le font dire aujourd’hui les dessinateurs à feu Cabu, surtout ne nous laissons pas abattre.

Charlie est mort que la haine vive !

On ne le dira jamais assez, les morts, surtout en martyr, sont tous des héros. Bon, en 2011 ce n’était pas des héros, pour certains c’était même des sales cons de provocateurs qui se la racontaient parce que oh là là on avait incendié leurs locaux. N’allaient-ils pas trop loin ? La liberté de la presse a ses limites non ? Même le journal Libé, aujourd’hui chantre de la liberté insoumise c’était posé la question. Et que dire des organes de la droite contente d’elle, Causeur par exemple, ce blog qui passe son temps à instiller son islamophobie maladive, eux aussi Charlie quand même c’était des sales cons. Mais après tout c’était de bonne guerre, Charlie représentait et représente tout ce que leur héros, Zemmour, haï avec toute sa savante rhétorique, la gauche, les bobos…. Etc. D’ailleurs en parlant de Zemmour, il n’a pas pu s’en empêcher, ventre à terre même, de dénoncer une nouvelle fois la naïveté des victimes à se croire à l’abri, à  refuser le « réel ». C’est qu’il est expert en réel Zemmour, comme ses amis de Causeur, comme tous ceux de la droite qui répètent à l’envie l’incompatibilité évidente de l’Islam avec la République. C’est ça le réel voyons, et rêver à haute voix de déportation, c’est aussi le réel… avec un peu d’imagination. Zemmour ne l’a-t-il pas dit ? L’histoire est étonnante… Himmler aussi remarque, sacrée performance, en voilà un qui a fait un pied de nez à l’histoire, heureusement que le Maréchal était là pour calmer ses ardeurs… puisque c’est Zemmour qui le dit c’est incontestable (tout ce qu’il dit l’est, c’est un principe). Tenez, un autre expert en réel, Sarkozy, ne nous a-t-il pas récemment expliqué que Rachida Dati, avec ces origines bougnoulesques ça avait du sens de la mettre à la justice ? C’est vrai quoi, les experts en réel l’on dit, Zemmour en premier (c’est le penseur en réel du XXIème siècle, c’est évident et incontestable) il n’y a que ça en prison, des bougnoules, d’où le délit de faciès bien naturel chez les pandores. Alors quoi, la déportation n’est-ce pas la meilleure solution ? En tout cas Zemmour en a rêvé, c’est qu’il doit avoir raison. Mais bon, allons c’est mal de régler ses comptes maintenant, ne nous disputons pas et allons tous, avec Marine, défiler à République. Oui Marine, celle qui nous expliquait doctement que les djihadistes ne poussaient pas dans le bocage normand. Mais si vous savez, Marine, la républicaine devant l’éternel dont l’ami, Robert Menard expliquait récemment lui aussi que l’Islam était la cause de tous les maux de la terre. Et maintenant, maintenant que les cadavres sont encore tièdes, tous de se tenir la main pour vibrer fièrement au son du nouveau clairon, je suis Charlie… Même Poutine dis donc, qui comme on le sait tous est un ami de la liberté de la presse. Bon lui c’est différent, quand un journaliste met le nez dans ses affaires, il le fait tuer, et même pas par des djihadistes, on va pas s’encombrer… Ah la belle régalade que voilà.

Oui, les morts ont toujours raison, enfin disons qu’ils donnent une occasion en or à tous les islamophobes de ce bon vieux petit pays sans âme de se taper sur le ventre en expliquant à qui veut les entendre que Charlie Hebdo ah là là, c’était de drôle de drôle et qu’on les a toujours adoré. Le bal des faux culs quoi. Et puis hein, la preuve qu’ils ont raison, les experts en réel, les trois paumés se réclamaient de l’Islam radical… un pléonasme selon les experts. Fi donc de la déliquescence des banlieues (vu que c’est de leur faute aux arabos-muslmans), peu importe si la Seine Saint Denis connait des taux de chômage à 30% pour un des départements les plus jeune de France. Peu importe que ce pays n’offre plus comme perspective à sa jeunesse que d’envier Nabilla en enquillant les saillies d’Hanouna et Naguy. Peu importe également qu’on entende à longueur de temps Zemmour ou Filkenkraut sur les écrans nous raconter doctement à quel point l’islam c’est le mal absolu, l’anti thèse de la république. Après tout les Echo ne l’ont-ils pas récemment déclaré, on ne doit pas discuter la liberté de Zemmour puisqu’on ne conteste pas (plus) celle de Charlie Hebdo. Un peu comme si on défendait la liberté de la presse de Robert Brasillach au nom du pluralisme quoi. Et puis hein le pensum du trublion bâillonné (oui car n’oublions pas Zemmour est bâillonné) s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires. Un tel succès ne peut être que celui de la raison, du savoir, de l’incontestable vérité…  Cette violence permanente, répétée, ce rejet télévisé, médiatisé, relayé ne peut pas avoir plus de conséquence voyons ! D’ailleurs c’est simple c’est des fanatiques qui ont tué Charb et ses camarades. C’est pratique comme mot « fanatique » ça explique tout, on n’a pas besoin de se justifier, ils ont été « endoctrinés » et puis voilà. Le reste ? Mais le reste mon bon monsieur c’est les experts qui nous expliquent le réel… eux ils savent, alors que les fanatiques par définition ne savent pas, ils ont juste l’esprit retourné par la culture arabo-musulmane incompatible avec la république… c’est évident, incontestable. Tenez Renaud Camus, il l’a dénoncé le grand Remplacement, comme il l’appelle, les blancs chrétiens remplacés massivement par les hordes barbares subsahariennes et islamistes qui font plus d’enfants. Ça aussi c’est mathématique, incontestable, et lui aussi pourquoi on l’interdirait de parler ? Il en a tout autant le droit que Charb et ses amis….

Tout le monde le répète, les terroristes ont perdu parce que Charlie paraîtra mercredi à un million d’exemplaires. Parce que tout le monde y va de son abonnement à vie…. Charlie qui il y a peu était en train de s’effondrer, des dizaines de balles et ça repart… mais non, Charlie est mort laissant juste la place aux haineux de tout bord de s’acheter une conscience à peu de frais. En les tuant les paumés savaient exactement ce qu’ils faisaient (du moins leurs commanditaires) ils éliminent les modérés, les inoffensifs ricaneurs, tout ceux qui les prenaient pour des rigolos et nous laissent avec les Zemmour, Camus, Le Pen, Menard, Filkenkraut, Sarkozy, Levy, Soral, Dieudonné, qui vont pouvoir s’en redonner à cœur joie pour diffuser leur haine, leurs amis en somme, les pyromanes de la république…. Les deux faces d’un même extrémisme, l’AK47 d’un côté, les petits fours et les salons de l’autre. Mais attention, comme disent nos amis de droite, il ne faut pas faire d’amalgame, ils n’en font pas eux d’ailleurs…. C’est évident et incontestable.