La Révolution est une idée bourgeoise

J’aime bien l’esprit de droite, pour autant que cette classification ait le moindre sens pour moi. Il est cynique. Mais pas de ce cynisme facile que dénonçait Wilde celui qui connait le prix de tout mais la valeurs de rien. Non,un cynisme froid, critique et souvent amusé. Ce cynisme de l’école grec qui lui donna son nom. Réfléchit. Qui regarde le monde tel qu’il est et le commente sans excuse. A priori…

J’aime bien l’esprit de gauche, même si ça ne veut plus dire grand-chose sinon décrire un état général comme l’on diagnostique une maladie de l’âme. Il croit en l’homme. Bien entendu les gens de gauche sont extrêmement sélectif dans leur définition méritante de ce qu’est un homme et ce qui n’en est pas, ils adorent discriminer, expédier au goulag de la honte ou couper des têtes au sale ou au figuré, selon l’ambiance. Là où à droite on discrimine par réaction. Mais discutez avec un authentique individu de gauche de père, mère en fille et fils et vous découvrirez qu’ils croient désespérément en l’homme. Un vieux fond chrétien ? Sans doute, mais pas seulement. Parce que le mouvement de gauche, le vrai, pur jus, a peut-être été théorisé par d’inqualifiables mais néanmoins brillants bourgeois, il n’en a pas été moins repris, trituré, fais chose par ceux vers qui l’ode était destinée. C’est la classe moyenne et les ouvriers de Paris qui ont fabriqué la Commune, le vrai prolétariat en somme. Le monde du travail dans sa réalité et pas des théories toute faites d’une certaine classification bourgeoise.

La bourgeoisie c’est dans la tête messieurs dames, pour commencer. Et sa se termine dans le portefeuille. La bourgeoisie on la remarque dans les meilleurs palaces, car elle y fait toujours tâche. On la remarque également dans les propos. Point besoin ici d’entendre la locution, le ton –d’ailleurs c’est de la caricature que d’imaginer seulement le bourgeois en cul de poule, loden et Marie Chantal, il porte très bien le keffieh aussi. Il se lit et se voit. La bourgeoisie sent la suffisance, les à priori, la peur aussi. Les bonnes lectures toujours incomprise, desquelles le bourgeois retient essentiellement le vocabulaire mais jamais le sens. La bourgeoisie travaille bien entendu, mais le travail glisse sur elle comme le pet sur la toile. La bourgeoisie compte surtout. Comme dans la chanson de Brel. Ses origines marchandes sans doute. Et elle compte énormément la bourgeoisie. Elle décompte même. Le nombre de fois où on lui a prit de l’argent, bien sûr, mais aussi et surtout chaque insulte réelle ou fictionnée. Inspirée de l’actualité et/ou de son quotidien. Et puis les scandales, elle adore les scandales. Et plus généralement les scandales qui la confortent dans son jugement du monde. Elle collectionne les faits divers, les preuves à charge, l’accablement total, jusqu’à trainer dans les replis les plus crapoteux de l’actualité et de l’histoire pour épaissir le dossier. Et enfin à son tour de faire scandale, esclandre sur les sites, les journaux voué à sa cause… enfin. Car elle compte aussi toutes les fois ou d’autres bourgeois la « bâillonnent » selon elle. La presse tout entière bien entendu, sauf le Figaro, Rue 89 ou Agoravox, et encore… La réussite des uns déplait aux autres, et réciproquement, c’est le propre des médiocres.

Dans ce cadre, quand la bourgeoisie se pique de parler du monde du travail, son opinion est toujours arrêté non pas à ce qu’elle en sait, mais ce qu’elle en pense. Et chez le bourgeois c’est ce qu’il pense qui compte, pas ce qu’il vit. Pas ses rencontres, pas le monde qui l’entoure et avec lequel il interagie, non, ce que lui en pense. Le privilège du bourgeois, semble t-il, n’est donc pas l’argent, la position sociale, mais celui de penser. Ce pourquoi, sans doute, on imagine rarement, et le bourgeois moins que les autres, qu’on puisse être capable de réflexion, en faisant tourner une fraiseuse, ou quand on est un bourgeois qui fraise, qu’on puisse avoir la moindre idée du monde depuis les ors du XVIème arrondissement.

Pardonnez cette longue introduction, elle n’a presque rien à voir avec ce qui va suivre. Mais pas tout à fait. Pendant des années j’a lu et commenté sur Causeur, un journal notablement de droite, tant les articles que les commentateurs, j’y retrouve en récurrence cette réflexion bourgeoise, suffisante, quand elle n’est tout simplement pas savamment haineuse. Fabriquée derrière des arguments chiffrés, comptables, parfois avide en faits divers sordides (et qui bien entendu m’opposera bientôt que de l’autre côté ce n’est guère mieux, ce que je concède volontiers, même sous une autre forme, sélectivement apitoyée et compassionnelle repenti, la bourgeoisie est la bourgeoisie). Au sujet des hordes subsahariennes qui envahissent nos faits divers, nos tours si jolies, et notre monde du travail. La preuve s’il en est, pour certain des moins fins, qu’on a rien à faire avec ces gens là, qu’on devrait tous les foutre dehors ma bonne dame, et tant pis pour leur gueule s’ils ne sont pas foutu de ne pas se faire voler par leur propre gouvernement et les nôtres.

J’avoue, mais pour certain c’est un constat qu’ils avaient déjà fait pour eux même dans la satisfaction de leur tête bien pleine, je suis inculte. Ma culture ressemble à un Trivial Poursuite, plein de chose sur rien, rien sur plein de chose. C’est pourquoi je serais bien en mal de citer Renan, de Tocqueville, Kant ou Marx, pour appuyer mon propos sans aller chercher sur le net. Je n’ai pas de statistique sous le coude et encore moins de savants articles pour m’appuyer dans mes convictions ou ce que je tiens ici comme un doigt tendu à la bêtise. Je n’ai même pas mon expérience, car l’expérience est subjective et non transmissible, j’ai mes rencontres. Et ici mes rencontres avec les fameux sans papiers, les fameuses entités subsaharienne qui, selon la mythologie bourgeoise affrontèrent les furies de la mer et l’injustice des marchants d’hommes pour venir s’échouer sur le monde injuste du capital, avec un K.

T.

Parlons de T. T est le prototype même, la caricature fondamentale du fantasme bourgeois de droite à propos des hordes subsaharienne. T. est zaïrois, il est arrivé en France dans les années 80 et comme c’est un flambeur, il s’est adonné au commerce de la drogue, du crack et de la coke. Pendant des années T. a paradé en Burlington et jean 501, faisant le beau dans les boites de nuit black de Paris et sa banlieue. Echappant parfois à la police, parfois à des traquenards entre dealers, parfois à la pointe du couteau. Et puis T. a rencontré une jeune franco marocaine, musulmane, sérieuse, avec hijab et tout le toutim, et ils ont eu deux enfants. Alors T. a abandonné son ancienne vie et il est devenu coiffeur dans un salon africain… où il s’ennuie un peu, sachant qu’il ne pourra pas faire grand-chose de plus ou de mieux, vu qu’il n’a pas de papier du tout (confisqué par la police) et que conséquemment il ne peut légalement épouser sa femme. Ah et il ne s’est pas convertit non plus, sa religion c’était le pétard et la bière jusqu’à peu.

B

Il y a aussi B. B est second de cuisine, malien, et musulman. Sa très jeune femme vit au bled avec sa mère. La moitié des 800 euros que son généreux patron lui alloue part là bas. Ses papiers ont été confisqués par le Préfet, sans raison. Pour le faire chier. La police le sait, elle connait l’histoire, depuis 3 ans B tente de récupérer ce permis qui l’autorise à vivre un an seulement sur le sol français. Le rêve de B. s’était de payer – à crédit, car le crédit fonctionne très bien dans ce cadre- 5000 euros pour faire passer sa femme en France. C’est elle qui l’en a dissuadé. Alors il veut économiser pour lui payer un taxi, qu’au bled elle puisse travailler. B a été serveur, commis, second, chef de partie, plongeur, il connait bien ce métier, ça fait dix ans qu’il est en France. Dix ans qu’il va et vient entre ici et le Mali et passe entre les mailles du filet. Jusqu’à ce qu’un Préfet décide que ça serait vachement rigolo de le mettre dans l’illégalité alors qu’il avait enfin un permis…

B et T sont les deux extrêmes de la pensée bourgeoise. Droite et gauche, et vis versa, car chacun verra midi à sa porte. Reste C.

C

C. travaille dans un Mc Do. Il nettoie. Rien d’autre. Et il ne vit pas dans un foyer Sonacotra, il vit dans un squat pas loin d’un foyer Sonacotra. Avec d’autres comme lui. Quoique C. ne soit pas exactement comme les autres. C. est né au Congo Brazzaville mais sa mère était Angolaise. Un jour la guerre civile l’a emporté à 17 ans. Il est devenu enfant-soldat. Tueur payé au kilo. Quand vous lui parlez, c’est le plus doux des agneaux. Mais on sent le poids. Et si vous lui parliez de ce qu’il a fait là-bas, comme je l’ai fait, alors vous verriez sous la tristesse de son regard, l’horreur. Cette horreur que ses victimes ont dû apercevoir à leur dernière heure dans ces mêmes yeux. C. cache la cicatrice que lui a fait une balle sous un bracelet en cuir. Je me demande ce qu’il pense du petit monde propret, pressé, besogneux et « à l’écoute de ses collaborateurs » qu’est Mc Do.

Bien entendu pas un seul n’est rentré sur le territoire légalement. Et pas forcément dans le cadre mythologique des damnés de la terre. T. est venu simplement par avion par exemple, visa touriste. B. est passé par l’Italie. C. je ne sais pas. T. travaille pour un compatriote, qui le paye en cash. B. travaille pour un français (qui sait parfaitement qu’il est illégal), qui l’a déclaré. Sur ses feuilles de salaire, comme sur les vôtres, la retraite, la CSG, l’Urssaf, toute la smala des racketeurs officiels. C. je ne sais pas. Mais puisqu’il travaille pour l’ami Ronny…

Nous sommes toujours autorisés à imaginer le pire de parts et d’autres. Que Ronny est le méchant exploiteur, et que l’ancien tueur est un gentil exploité, ou le contraire. Nous pouvons déplorer que l’accès au soin soit gratuit pour T. l’ancien dealer, comme pour B. le gentil cuisinier, alors que ni l’un ni l’autre ne sont, selon la loi, d’honnêtes citoyens. Déplorer cet état de fait alors que tant de gentils et honnêtes citoyens d’origine certifiée vivent leur tiers monde à domicile. Et partit de là, accuser le patronat, la mafia, les passeurs, la misère, les hordes subsaharienne, leurs gouvernements et/ou les nôtres. N’en reste pas moins que nous n’avons pas à faire ici à des faits divers, des statistiques, des analyses savantes, des chiffres, mais à des hommes. Et pardonnez la tautologie, qui chient, pissent, saignent, rient et pleurent comme n’importe quel bourgeois. De la matière, de la chair ce qui ne se rétrocède que d’une seule façon. Car il n’y a pas trente six solutions avec les hommes, qui soient-ils. Hitler l’avait semble t-il comprit, Milosevic, Pol Pot, Lénine, Mao, Robespierre, également. Quand on ne peut les faire plier à ses vœux et à ses théories, quand ils ne ressemblent pas à l’idée qu’on a des hommes, à notre pensée, si brillante soit-elle, il n’y a qu’une seule chose à faire : en sélectionner quelques uns, ceux qui sont conformes, et éliminer les autres. Tous les autres.

Alors un peu de courage les bourgeois, tous les bourgeois. Aux armes… etc.

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Le capitalisme est un crime contre l’humanité

Il y a peu au cours d’une conversation Facebook  au sujet de la condition misérable des taulards en France un monsieur me déclara au nom de la nécessité d’appliquer strictement la loi, je cite : « Les prisonniers doivent faire amende honorable, prendre conscience de leur erreur et purger leur peine ». Amen. On dirait le discours d’un curé du XIXème qui expliquerait les vertus du fouet dans le cadre des enfants désobéissants. Traduction les prisonniers doivent se soumettre au système qui les a conduits là, dire merci et réfléchir au sens moral que se donne la société française dans son hypocrisie la plus rampante.  Sarkozy, Lagarde, Juppé, Balkany, Tapie, DSK, etc ne vont pas en prison parce qu’ils ont volé l’argent des hôpitaux, des service de police, des pompiers, des services sociaux, des vieux à 400 euros de retraite loyer non déduit, de la sécurité sociale, de la CMU, du RSA, et tout le fric dont ils se gavent en trichant et mentant ou même parce qu’ils ont violé une femme de chambre ou une prostituée, mais toi tu y vas. Eh monsieur ! Personne ne va faire la morale et demander de réfléchir à leurs actes à quatre dans 9 m² à ces gars, et tant pis si par leur faute il va manquer 22.000 lits dans les hôpitaux et que des gens vont crever la gueule ouverte parce qu’on manque de personnel, parce que les flics ne peuvent arriver à temps vu qu’ils ont une seule voiture pour 30.000 habitants, et que 90 milliards disparaissent par an dans les paradis fiscaux mais toi si. Et mieux que ça tu dois réfléchir à tes fautes ! Tu dois demander pardon ! Tu dois montrer comment tu es un bon et docile citoyen qui se fait enculer tous les jours par le Medef et les hommes politiques en gardant le sourire ! Si tu veux récupérer ton droit à voter pour ce même petit système parfaitement corrompu. Et mieux encore tu dois faire amende honorable d’être né dans un quartier pourris avec des parents à peine lettrés dans une école manquant totalement de moyen où circule de la came dont les bénéfices vont directement dans les poches des banques. Tu dois t’excuser, te battre la coulpe, comprendre que toi tu n’as pas le droit de trouver ta solution, aussi minable et niquée soit-elle, que tu dois obéir ! Parce que c’est ça et seulement ça que propose la prison : l’obéissance servile et jamais discutée à un ordre établi qui décide que de massacrer des Libyens au nom de la démocratie est plus noble que de massacrer un vieux pour lui piquer ses économies. Que de bombarder des hôpitaux est plus justifié et productif que de dealer du shit ! Que d’escroquer une paire de riches bourgeois ou de petits bourgeois c’est pire que de voler une société tout entière ! Tu comprends gros ? C’est toi le problème, pas eux ! Et attention on veut en plus que tu en chies ! Et tu sais pourquoi ? Parce que c’est là conception judéo-chrétienne de la justice, il faut faire pénitence ! Rien de plus, le chemin de croix, l’opprobre, la crucifixion et en plus tu dois dire merci !…. Alors on va m’opposer que hein oh le laissé-faire c’est pas une solution viable mais de quel laisser-faire on parle quand tous les 5 ans on vote pour reproduire l’exact même système en espérant juste qu’on a trouvé le bon homme politique alors que la seule chose que fait un individu qui veut le pouvoir c’est au plus de formuler le bon discours selon la mode du moment ? Ou on va me sortir que les délinquants savent très bien jouer de l’excuse qu’ils sont victimes de la société pas beau. Ah oui donc si je comprends bien on leur refuse le droit à la mauvaise foi mais on l’autorise à l’ensemble d’une société qui explique c’est mal l’islamophobie mais super d’être laïc. Qui raconte qu’on va tuer au nom de la démocratie et qui justifie d’inviter un boucher à sa table au nom de la « réal politique » ? Vous savez ce que c’est la « réal politique » ? C’est la politique réelle, à savoir pas celle qu’on vend au gogo à toutes élections, mais celle des puissants et uniquement la leur. Le pauvre n’a pas droit à la mauvaise foi mais le puissant si ? Et du reste de quel délinquant on parle ? Les dealers de drogue ne disent pas qu’ils sont victimes du système ils profitent du système mis en place par les mêmes qui par ailleurs refuserons de mettre des banquiers en taule en dépit qu’ils ont blanchis l’argent des dealers. Les violeurs ne disent pas qu’ils sont victimes de la société, ils racontent que la salope l’a bien cherché et 20% des français sont d’accord avec cette idée qu’une femme qui dit non c’est oui. Femmes violées auxquelles du reste on ne reconnait qu’un statut de victime très relatif puisque quand les peines ne sont pas simplement ridicules on se pose d’abord la question de savoir si elles l’auraient pas un peu cherché des fois, si sa minijupe était pas trop courte de 5 cm et ses nichons trop tentant. Et pendant qu’on condamne le violeur la même société se repait d’images pornographiques où des malheureuses doivent s’enfiler 25 cm de viande turgescente au fond de la gorge pour satisfaire les pulsions dominatrice de mâles impuissants… Mais attention on n’appellera pas ça du viol puisque la dame se fait payer ! Et peu importe les conditions de travail de cette fille, peu importe qu’elle n’a pas forcément conscience de la violence qu’elle s’impose vu qu’elle a entre 18 et 21 ans considérant qu’une fois payer, on a tous les droits sur elle. D’ailleurs c’est tellement vrai que quand une prostituée parle de viol et de sodomie forcée, DSK s’en sort sans problème… bah ouais elle a été payé et bien, de quoi elle se plaint !? Tout ça ce n’est rien de plus que de l’hypocrisie d’un ordre bourgeois qui décide selon ses besoins ce qui est ou non admissible, si jamais un criminel ment comme un homme politique vous allez le condamner au fait « qu’il en profite pour baiser le système judiciaire » ? Plus ou moins que les Balkany ?

Alors on va me sortir que j’attends des fortunés qu’ils soient exemplaires en toute circonstance. Mais en réalité l’exemplarité inhumaine c’est pour les pauvres. Et bien entendu, parfaitement conditionné par un système on  vous explique que « la culture de l’excuse » (c’est pas une culture au fait, c’est une manie) est inadmissible quand il s’agit d’un pauvre mais admissible quand il s’agit d’un homme politique. « C’est pas de ma faute messieurs dames, c’est la crise » : bien. « C’est pas de ma faute messieurs dame c’est la société » : pas bien. Et dans cette logique binaire si on pointe ce parfait dénis de justice c’est qu’on n’aime pas les riches et qu’on veut la dictature du prolétariat. Bah non désolé je n’aime pas les individus dont le seul but dans la vie est l’accumulation surnuméraire de bien, la cooptation des pouvoirs et la prorogation de sa seule espèce, de sa seule classe au détriment de tous les autres. Surtout pas quand ces mêmes individus perpétuellement impunis prétendent à « nettoyer au karcher la racaille » à savoir le pauvre connard en bas de la tour qui avec son shit enrichi le paradis fiscal où le même ira planquer son blé parce qu’en dépit du fait qu’il ne paye pas 1% d’impôts grâce à « l’optimisation », un autre mot pour dire frauder légalement, il en paye déjà trop.  Ces gens qui réclament toujours plus d’efforts en bas de l’échelle mais qui refusent de contribuer autrement à la société qu’en imposant des lois qui ne font que proroger la criminalité ordinaire, comme la prohibition ou cette culture du viol et bien entendu leur offre le loisir de s’enrichir un peu plus. Mais est-ce que j’ai dit pour autant que je souhaitais qu’un prolo me dicte ma conduite et ce que je dois ou non faire de ma vie ? Le même qui par ailleurs réclamera la castration des pédo mais qui chouinera clairement si on propose la même chose pour les curés amateur d’enfant de choeur et les musulmans se croyant revenu au VIIème siècle ? Le même populo qui réclame la peine de mort pour les suicidaires du califat, qui haï le possédant tout en rêvant de toucher l’Euromillion ? Je ne veux aucun des deux ! Et surtout pas de lois merdeuses qui se reposent sur des jugements moraux hypocrites.

Alors j’entends déjà l’argument en béton : je crache sur tout le monde et ce simplement  parce que je ne me plie pas au pré à penser. Bah oui il parait que statistiquement on a plus de chance de se faire agresser par un gamin des quartiers qu’emmerder par la famille Mulliez. Ah bon ? Et depuis quand ce n’est pas du vol avec violence que de niquer la retraite d’un individu déjà en état de précarité et qui n’aura aucune chance de trouver du boulot à partir de 55 ans et ceci au seul fait qu’on veut la confier au fond de pension de ses amis ? C’est quoi d’autre que de l’agression physique que de devoir manger une fois tous les deux jours parce que Bernard Arnaud s’enrichit à en crever sur votre licenciement ? Et c’est quoi d’autre un plan de licenciement qui met sur le carreau 2500 salariés pauvres parce que pour vendre un costard à mille euros on préfère payer des ouvriers 30 euros plutôt que 100 et qu’on court de pays en pays pour trouver où on paye le moins l’esclave moderne sinon de la violence en réunion et du vol qualifiée ? Je ne sais pas pour vous mais depuis que je suis sur le marché du travail et que je suis en âge de payer des impôts j’ai statistiquement beaucoup plus subi la violence des possédants que celle du criminel de base. D’ailleurs c’est simple en 53 ans je me suis fait agresser dans la rue un totale de…. une fois… Alors que les licenciements je les ai collectionnés au fait que « c’est la crise » la manie de l’excuse étant ici tolérée mais pas quand le mec invoque son enfance misérable pour expliquer son larcin…. Et la culture du viol instaurée comme ressort commercial c’est une vue de l’esprit ? Elle est absolument partout ! A commencer dans l’industrie du sexe. Pourquoi vous croyez que 20% des français pensent qu’un non vaut un oui ? Les magazines féminins disent aux filles comment être une femme libre et indépendante tout en les cultivant dans cette idée qu’il faut absolument avoir des orgasmes et une vie sexuelle épanouie pour plaire aux mecs sinon c’est pas des femmes libérées. Que la beauté intérieur est plus importante et qu’à 40 ans on est encore sexe tout en mettant des gamines pré pubère de 40 kilos pour vendre des yaourts. Qui titre « je suis une petite vicieuse » comme cette couverture de magazine féminin que je n’oublierais jamais avec une adolescente en illustration. Culture du viol qui permet à DSK de s’en sortir allégro pendant qu’on soupçonnera la femme de chambre de vouloir se faire du blé sur son dos et qui incite les jeunes mâles à croire que sodomie et éjaculation faciale sont un standard obligatoire d’une sexualité épanouie. Vous me trouvez en colère ? Non sans blague ? Mais vous savez ce que c’est que la colère ? La démonstration de sa capacité à ressentir une émotion plutôt qu’à avaler les couleuvres d’une société puante d’hypocrisie dans une indifférence poli. Et si tant est qu’on ne se fait pas bouffer par elle, c’est elle qui fait qu’un jour les choses bougent, certainement pas la docile acceptation de faits établis par d’autres.

Et là de m’opposer que l’idée c’est de faire appliquer strictement la loi et que ça constitue une méthode pour que tout aille mieux. Mais de quelle idée on parle, de quelle méthode exactement ? il n’y a ni méthode ni idée ici, il n’y a que la réclamation de l’application de lois iniques au nom d’une justice édictée par des gens qui s’arrangent toujours pour y échapper. Bien sûr vous me direz que tous les pauvres ne sont pas des criminels en puissance, pas plus que les riches, que le déterminisme a ses limites. Mais qui a dit que les pauvres étaient des criminels en puissance ? Ce ne sont pas des criminels en puissance ils sont constamment criminalisés, vous êtes constamment criminalisé, je suis constamment criminalisé ! Pas Rotschild ou Bill Gates, eux c’est « les créateurs de richesses » et comme disait Dassault « la France d’en bas n’existerait pas sans la France d’en haut »… ah bon ? C’est donc monsieur Dassault qui monte ses avions ? Qui les dessine ? Qui les pense, les teste et risque sa vie pour bombarder au nom des intérêts… euh des holdings et des groupes industriels ? Qui paye 44 milliards pour des avions invendus ? Non c’est nous. Monsieur Dassault s’est contenté d’hériter et de proroger sa fortune avec l’appui de ses amis politiques en échange d’un poste dans le privé si leur carrière calanchait. Par contre oui tous les riches sont des criminels en puissance tous !!!! Ils cooptent biens, force de travail, dictent leur lois aux états, décident ce qui est bien ou mal, à qui et où on doit absolument faire la guerre. C’est pas vous ou moi qui faisons de l’armement la seconde entreprise la plus lucrative au monde derrière la prohibition sur les drogues, mais c’est clair que si vous ou moi on utilise des armes à des fins personnelles on ira en taule alors que si on les utilise à fin de servir les intérêts de Bill Gates ou de Lagardère on aura une médaille. Depuis quand ce n’est pas criminel de posséder 50% des richesses de la planète quand on représente 1% de sa population ? Depuis quand ce n’est pas criminel de toucher 300.000 euros par mois ou 250 fois un smic pendant qu’à cent mètres un SDF ne trouve même pas un abri où poser son cul cinq minutes parce qu’on a fait en sorte qu’on ne puisse plus s’assoir sur un banc d’abris-bus ? Depuis quand ce n’est pas criminel de faire le beau dans les médias avec sa généreuse fondation pour les indigents tout en veillant à payer zéro impôts quitte à foutre en l’air l’hôpital public qui pourrait soigner ce même pauvre gratuitement et sans l’aide du généreux milliardaire ? Depuis quand ce n’est pas criminel de faire du lobbying pour empêcher que les gens ne s’empoisonnent pas avec des cigarettes ? Depuis quand ce n’est pas criminel de bourrer des lycées d’amiante alors qu’on sait depuis 1890 que c’est nocif pour la santé !? D’interdire de fumer dans un lieu public alors que précisément l’isolant de ce même lieu est cancérigène ? Hein depuis quand ? Depuis qu’on a autorisé des gens à penser à notre place parce qu’ils étaient plus habiles à nous déposséder et c’est bien le problème. Ce n’est pas criminel de balancer de l’agent orange sur des populations civiles mais ça l’est si ces mêmes civiles décident de porter la guerre chez l’agresseur. Ce n’est pas criminel de jeter des gens à la rue au nom des bénéfices des actionnaires mais ça l’est de vouloir voler une banque. Ce n’est pas criminels de prohiber au nom de préjugé raciaux mais ça l’est de profiter de la dites prohibition, du moins jusqu’à ce qu’HSBC blanchisse votre fric mais hein, on va criminaliser le trafiquant mais jamais la banque qui bénéficie de son travail. C’est criminel d’arracher sa chemise à un PDG mais ça ne l’est pas d’arracher le pain des mains d’un mec qui a à peine les moyens de s’en acheter. C’est criminel de vouloir échapper à la misère et à la violence en allant vivre dans un pays riche, mais ça ne l’est pas de mettre à feu et à sang un pays pauvre. Le capitalisme est un crime contre l’humanité tout entière point barre !

Et j’entends déjà les soyeux propriétaires à crédit sur 30 ans couiner que j’ai qu’à en parler aux familles des victimes. Ah oui les victimes, les fameuses victimes, on se fout totalement de leur sort avant de claquer, mais après ouh la énorme, la petite vieille qui s’est fait défoncer pour ses économies n’existe qu’à partir du moment où elle devient martyr de la violence d’un pauvre. Les députés et Pierre Gattaz peuvent gentiment lui sucrer la moitié de sa retraite au point où elle n’aura droit qu’à finir sa vie dans un hospice malmenée par des infirmiers sous payés et à flux tendus, elle pourra agoniser pendant des jours dans la plus complète solitude d’une unité de soin palliatif désertée faute de personnel, mais si jamais un salaud la trucide avant pour lui piquer ses seules économies et pas celle de l’ensemble des économies des retraités, soudain on se rappelle de son existence et de celui de sa famille qui ne va plus la voir depuis des lustres. Les victimes…. quelle farce !  Et de là de m’expliquer que j’ai qu’à assumer mes choix et vivre comme l’anarchiste qu’ils m’imaginent être, que je verrais bien si c’est pas une utopie au sein de notre société. Mais la question n’est pas de savoir si c’est possible ou non de vivre en anarchiste au sein d’une société capitaliste, la question n’est absolument pas là, mais plutôt est-ce que le capitalisme survivrait dans une société anarchiste, une société qui respecterait les individus au lieu de leur demander toujours plus, de s’humilier pour avoir le droit de vivre décemment. Et la réponse c’est : no way José. Mais, mais… me répondra l’heureux propriétaire d’une carte de crédit, pourquoi on n’a jamais adopté ce système s’il était viable ? Comment on sait qu’un projet est ou non viable si on ne l’a jamais testé ? Les bourgeois de 1789 ont mis plus de deux siècles à se tâter pour savoir s’ils préféraient la monarchie, la république ou l’empire avant de trouver un point de compromis qui leur convienne. Et puis je vais vous répondre pourquoi, parce que ça fout la trouille et pas seulement au possédant ! Fini le culte de l’excuse justement, du c’est pas moi c’est l’autre, le riche, le pauvre, l’immigré, le musulman, les femmes, que sais je. Terminé de chouiner tous les cinq ans que machin n’a pas tenu ses promesses et bienvenue dans un monde d’adulte. C’est vrai quoi si on foire qui est-ce qu’on va pouvoir blâmer à part nous même ? Que voulez-vous la liberté c’est autrement plus anxiogène que la prison. Surtout quand on a pour ambition principale de rester planté devant sa télé en espérant que quelque part quelqu’un fasse son travail….