Macron, le nain-soleil

Phrases creuses, déclaration d’intention tonitruante mais sans conséquence, rappel perpétuelle des « valeurs de la République » comme s’ils doutaient qu’elles existent, Beaumarchais le disait déjà au XVIIIème siècle le politique se défini ainsi : « feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux (….) et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique » . Chirac, qui est un homme hautement cultivé à l’humour assassin, nous avait brassé quelques petites phrases déjà qui dans son cas relevait du cynisme le plus pur. Que ce soit l’abracadabradantesque de Rimbaud à propos de son supposé compte japonais (en réalité une entourloupe des RG) ou les promesses ne valent que pour ceux qui les écoutent qu’aurait pu déclarer un Voltaire et qui illustre bien la carrière du sus nommé Chirac. On sentait chez cet homme que De Gaulle appelait le Grand Con un art non seulement cultivé de la corruption mais surtout de la politique et du pouvoir qu’il a arraché avec les dents. Cet homme sait écrire, ça se sentait dans ses propos, on aurait juste aimé que l’histoire de ce pays retienne mieux son nom que les annales de la l’injustice française. Car rappelons à toute fin qu’en France il y a depuis le dit Beaumarchais, une justice de cour qui libère Christine Lagarde et Jérôme Cahuzac en dépit de leur culpabilité, et une justice pour les gueux qui elle ne montre pas le moindre égard pour nos écarts. Les prisons françaises sont pleines à ras bord et on n’y trouvera pas le moindre député.

C’est après Chirac que le niveau d’exigence a baissé. On a eu d’abord cocaïne avec l’inénarrable Sarkozy, son mauvais goût de parvenu, sa frime perpétuelle, son agressivité de petit garçon incompris. Puis Prozac, bien connu au défunt PS pour son humour et ses petites phrases meurtrières, Hollande le touriste de la République dont on ne retiendra rien sinon qu’il aime les escapades à scooter et les actrices, ce qui ne nous change guère des cocottes du XIXème. Enfin, sur un coup de bol, voilà que débarque un homme sans passé politique, un homme qui trouve que les élections c’est très surfait « être élu est un cursus d’un ancien temps » comme il dit et surtout sans passé sociale. Fils de médecin, né dans un milieu protégé qu’il n’a jamais quitté on sent chez cet homme passé par une éducation catholique un fort désir de monarchie frustré « la France est en deuil d’un roi » qui se traduit fort bien par sa gouvernance à coup d’ordonnance. Mais surtout un patent manque d’assurance dans ses propos qui traduisent eux parfaitement une immaturité de sale gosse de riche « Le kwassa kwassa pêche peu, il amène du comorien » ou la désormais fameuse « Dans les gares, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien ». Un langage qui traduit moins de l’ignorance que du mépris. Un mépris de classe très dans l’esprit de monsieur Thiers puisque c’est le même Macron qui déclarait « les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel ». Comme le suffrage universel a été instauré par des ratés de la révolution la boucle est au moins bouclée et démontre pour l’essentiel que Macron en dépit de ses longues études ne sait pas de quoi il parle, ou bien il le sait parfaitement et ici je vous renvoie à Beaumarchais. Car si l’enrichissement personnel traduisait le règne de Chirac, le mauvais goût et la violence verbale celle de Sarkozy, l’apathie celle de Hollande, c’est le mépris qui définit le mieux le règne actuel.

La jalousie une passion française, vraiment ?

Le mépris est souvent la traduction moins d’un dégoût que d’une peur, de l’ignorance. Le mépris de classe se fonde ainsi sur un certain nombre de croyance commune qu’on rencontre autant chez les prolos que chez les riches. Ainsi à propos des protestations contre la suppression de l’ISF, le seul impôt qui avait jusqu’ici un peu de sens en France, le nain-soleil analysait la question comme suit : « la passion triste de la France, la jalousie ». Mépris renouvelé sur le sujet de la « jalousie » cette sortie sur les premiers de cordées « Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont des talents, je veux qu’on les célèbre […] Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c’est toute la cordée qui dégringole ». Comme si talent et réussite allait forcément de pair et surtout comme si la jalousie était réellement une passion française. C’est un discours récurent dans les quartiers aisés, un fantasme même, tout le monde en veut après leur argent et les envies. Et comment les détromper quand par ailleurs les trois quart des français galèrent pour un salaire décent. Pas une seule seconde ceux pour qui la fortune est l’alpha et l’oméga d’une vie « réussie » il ne vient à l’esprit que vivre dans le XVIème ne constitue en rien une ambition. Qu’une maison avec piscine est certes bien agréable en été mais manger à sa faim tous les jours bien plus profitable. Pas une minute cette classe ne sait détacher le mot bonheur du mot riche. Si on est riche on est forcément heureux, donc jalousé. Affirmation inepte bien entendu, j’ai moi-même vécu dans un milieu aisé sans que jamais le mot bonheur puisse être attaché à ma famille. Mais l’intérêt de ce discours sur la jalousie c’est qu’en réalité il disqualifie par avance toute revendication pour plus de justice sociale. Et ainsi le roitelet de pouvoir déclarer « Certains au lieu de foutre le bordel feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent pas avoir des postes ». Des propos de vieux tenue par un homme dont l’immaturité apparait aussi régulièrement que son mépris, comme ici : « Je ne vais pas interdire Uber et. les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains ». Ainsi dans l’imaginaire sans expérience de ce fils de notable, les pauvres vendent forcément de la drogue pour s’en sortir sans quoi on peut leur proposer des boulots de chien. Pour autant si Sarkozy ne représentait au fond que lui-même, largement détaché des mœurs du monde dans lequel il a évolué, et Hollande à merveille la bourgeoisie du VIème, Macron est une bonne traduction de la bourgeoisie provinciale, confinée, méprisante et vivant dans une peur absurde et constante de la perte de leur privilège. Absurde parce que les français sont tout sauf des révolutionnaires. Au fond c’est même un peuple docile si on tient compte que la révolution n’a jamais été faite que par et pour des bourgeois et qu’ici le peuple a simplement été instrumentalisé. Les grèves me direz-vous, mais les grèves sont l’évidente manifestation de leur conservatisme, ne serait-ce par leur organisation. Par exemple au lieu d’attaquer l’actionnaire au portefeuille en faisant la grève des contrôles ou le billet gratuit, on préfère bloquer les trains avec pour conséquences de jouer le jeu d’un gouvernement qui sans ciller parlera volontiers de prise d’otage (je vous renvoie ici aux déclarations du caniche royal Castaner ou à n’importe quel membre de n’importe quel gouvernement depuis quarante ans). Au reste relever, comme je le fais ici, le florilège de phrases méprisantes ou sans queue ni tête dont nous a abreuvé Macron depuis le début de son règne, ne fait jamais que le jeu d’un pouvoir dont la finalité n’est rien de moins que de brader le pays tout entier au marché.

 

Parler ça occupe.

Car il faut bien en revenir à l’essence même de ce que nous dit Beaumarchais pour comprendre la démarche de ce pouvoir de province, ce Rastignac qui aime les vieilles. Petit homme sans épaule certes mais animal politique pour commencer dont tout le parcours jusqu’à la banque Rothschild nous dessine en réalité une ambition toute calculée d’arriver au pouvoir. Macron est un produit de la French-American fondation, les young leaders, et il est passé par l’Afrique avant la banque, c’est une fabrication et une fabrication dont les petites phrases comme toutes les petites phrases politiques, le small talk comme disent les anglais, ne sont là que pour faire parler comme on parlerait de la pluie et du beau temps. Ce qui compte c’est la rupture complète que lui et ses amis sont en train de faire subir à ce pays avec une violence politique inégalé sous la Vème. Hollande avait baissé son pantalon sur le sujet du secret des affaires mais après tout c’est surtout pour ça qu’il sera connu, qu’il savait parfaitement se déboutonner. Macron qui n’a pas beaucoup plus de caractère en réalité a trouvé la parade. S’appuyer sur des parvenus de la politique, le pseudo mouvement En Marche, et leur corruption pour enrégimenter la France à l’économie de marché à coup d’ordonnance. Hulot dans sa posture favorite de chef de rayon cosmétique a parfaitement tenu son rôle de vendeur de shampoing, du glyphosphate au projet « Montagne d’or » en Guyane, l’entourloupe du green washing a été parfaitement orchestrée. Colomb quittant la gestion de la bourgeoisie lyonnaise pour la poursuite du programme strict du FN, pardon du RN, coupant l’herbe sous le pied à tout le discours frontiste, jusqu’à la baisse de l’AME qui est depuis vingt ans la bête noire de tous les fachos de France et de Navarre. Sans compter les lois sécuritaires dont la dérive fascisante a été dénoncé par l’Europe (un comble !). Sans compter enfin les ordonnances visant à casser le code du travail et le modèle social français. Macron ne s’est jamais gêné de le dire : « Je n’aime pas ce terme de modèle social. » et « Je suis pour une société sans statut ». Et ce pour la simple raison qu’il a été placé à ce poste dans ce seul but, il est en somme à la France ce que Bolloré est à Canal Plus, un liquidateur.

 

La fin des temps

Ne croyez pas que le parallèle soit vain, il est au contraire tout à fait justifié en ceci : 1) le coup d’état de Bolloré au sein de Canal s’est fait notamment en pleine élection, exactement comme Macron a volé l’élection par un merveilleux concours de circonstance 2)Bolloré a utilisé les mêmes méthodes au sein de Canal que Macron en exerce sur la France, tout désorganiser, sous budgétiser les projets puis ensuite déclarer que ça ne marche pas et qu’il faut s’en débarrasser. La réforme hospitalière est aussi criante à ce sujet que la gabegie des Guignols, excepté que si Bolloré n’a pour ambition que de détruire ce qui lui déplait en faisant une plus-value dessus, Macron brade des pans entiers du service publics pendant que la France trinque. Le nombre de mort se multiplie dans les hôpitaux, en psychiatrie on atteint parfois les limites du tolérable, comme cet établissement obligé de faire dormir ses patients par terre, le bilan économique est catastrophique en dépit du fait que le CAC40 s’enrichi à en crever, quand à la question humanitaire avec les réfugiés on a la valeur républicaine à géométrie variable chez les Macron, sauf pour ce qui s’agit de la faïence mais ça, dans la Vème République Bananière de France c’est une constante depuis Pompidou. Macron ne se gêne toujours pas pour se positionner : « les britanniques ont eu de la chance d’avoir Margaret Thatcher ». Or quel a été le rôle de Thatcher auprès de l’hyper capitalisme, déréguler la finance, dynamiter les syndicats, vendre le pays, et sacrifier dans le lot toute l’Angleterre pauvre et notamment la misère écossaise. Résultat la finance est devenu complètement sauvage, la privatisation du rail anglais a été une catastrophe et n’a démontré peu ou prou aucun des résultats escomptés et l’Ecosse réclame aujourd’hui son indépendance au même titre que l’Irlande du Nord, beau bilan… Mais il faut bien retenir qu’en attendant nous vivons tous aujourd’hui dans le monde rêvé de Thatcher et Reagan. Un monde où la finance tient le crachoir au reste de la planète avec les conséquences que nous connaissons tous, chômage de masse, pollution endémique, destruction méthodique de l’état de droit. Or si dans les années 80 on était en droit de penser que Thatcher et Reagan intervenaient dans un contexte socioéconomique particulier, une époque de transition, voir même de basculement si l’on prend en compte la chute du Mur, en 2018 alors que le monde est aux mains de la finance, on peut se demander ce que cette rupture voulue et mise en œuvre aujourd’hui même, va signifier et signifie pour l’avenir. Qu’on le veuille ou non il faut aujourd’hui tenir compte du paradigme environnementale. Si le pouvoir iranien par exemple, pourrait très bien basculer en raison de la sécheresse et de la désertification qui sévit actuellement dans le pays, on peut se demander combien de temps tiendrait le nôtre si demain une de nos innombrables centrales nucléaires connaissaient une crise façon Tchernobyl ou Fukushima. De même la répartition de l’eau en France, bien privé s’il en est, pourrait parfaitement, avec le nouveau découpage régional, diviser le pays en deux, les régions au-dessus de la Loire, contre toutes les autres.

Louis XIV avait vocation de réforme et notamment de tenir sous son contrôle cette même classe dominante dont il se méfiait. Confondant à dessein sa personne avec la nation tout entière, le rayonnement de la cour et à travers elle de sa personne avait pour volonté d’être égal au rayonnement de la France sur le monde. En comparaison Macron n’a ici que l’égo surfait. En fait, je crois et je crains que si on veut comprendre le système de pensée des Bolloré, Macron et autre commis du capital il faut s’en référer à la crise migratoire. Peu à peu l’Europe s’enferme en camp retranché, armant son discours et ses frontières par l’intermédiaire de dictateur comme Erdogan. Ainsi, de la même manière peu à peu la classe dominante créer des murs infranchissables qu’il s’agisse d’éducation, d’agriculture ou d’économie, sachant parfaitement que non seulement il n’y en aura pas pour tout le monde mais surtout que le gâteau diminue d’autant que la population mondiale croit à la même vitesse qu’elle détruit son biotope. Bref que la classe dominante veut retrouver cette séparation, cette béance qui existait au XIXème entre les classes populaires et elle à seule fin de se succéder à elle-même dans un monde qui sombre lentement. J’aimerais me tromper mais à la différence du bon peuple les groupes comme le Bilderberg ou les youngs leaders font des plans sur trente ans, et dans trente ans….

La position dominante ou le syndrome du mari violent.

Le monde est quadrillé de satellite de surveillance, de géo localisation, de communication, de satellite pour photographier des satellites, observer l’espace, voir même de satellites pouvant détruire d’autre satellites, et de déchets. Des millions d’écrous, de bouts de panneau solaire, de vis, de morceaux d’antenne, d’échantillon de fuselage, de segment de fusée, de rognure de moteur, de lambeau de polymère qui ne flottent pas autour de la terre comme des sacs plastique sur une mer passive. Non. Ils tournent autour de la terre tel des millions de projectiles lancés à vingt-deux milles kilomètres heure. Un anneau de merde en furie déjà si problématique que la NASA hésite sur les fusées. L’économie du monde entier au beau milieu d’un champ de mines mobiles, d’un stand de tir faramineux, d’une expérience balistique sans précédent. Et chaque fois qu’un de ces engins rencontre une avarie qu’il ne peut pas réparer, on envoie un nouveau robot qui après usage, ira à son tour rejoindre la décharge cosmique. Et comme ça depuis soixante ans, depuis très exactement le 4 octobre 1957. Depuis que l’Union Soviétique a officiellement ouvert le grand concours mondiale de mesure zizi, dit également conquête spatiale, avec le lancement du Spoutnik. Mais admettons-le, il est indéniable que sur la question du zizi mondiale nous ne sommes plus dans le concours mais les jeux olympiques. Missiles balistiques de plus en plus sophistiqués et de plus en plus puissants sans qu’on sache exactement quel intérêt il y a d’exposer sur la planète de quoi la faire sauter sept fois. Drones tueurs, bombardiers équipés pour trois guerres, plus tous les systèmes mis au point hier et aujourd’hui pour paralyser tout une partie du net et des réseaux satellite sans qui tout ce bazar détonant n’aurait pas plus d’utilité qu’un fer à repasser parfumé au semtex. Et ça ne fait que commencer si l’on tient compte de l’évolution technologique proposé par l’informatique, la génétique, la robotique et la nanotechnologie.

La position dominante. C’est le but ultime de toute stratégie militaire, acquérir la position dominante sur le terrain, car dans l’imaginaire borné des militaires c’est la position la plus haute qui déterminera à qui appartiendra la victoire. Et pour exemple l’on pourrait citer ici la cuvette de Dien Bien Phu mais à vrai dire, sans surprise, le premier à avoir acquis une position dominante telle que nous la concevons aujourd’hui, c’est Hitler avec le V2. Et en récupérant l’ancien SS Wernher Von Braun à leur compte, les américains ne s’y sont pas trompé, la domination ultime viendra d’abord du nucléaire puis de l’espace.  Bien entendu une convention a été ratifiée sur le sujet dans le courant des années soixante, tout le monde s’accordant sur le fait qu’on ne devait pas peupler l’espace d’arme de destruction massive. Pas sur le fait qu’on puisse éventuellement l’armer avec du matériel conventionnel. Sans surprise non plus, si tout le monde s’entend sur le fait qu’il faudrait rediscuter cette convention et interdire toute arme dans l’espace, seul les américains s’y opposent. Après tout, l’armement est une industrie plus que florissante aux Etats-Unis, 696 milliards de budget pour le seul Pentagone, et 80% du marché mondial de l’armement est américain. Ce qui statistiquement signifie donc que les Etats-Unis arment indifféremment les terroristes qu’ils prétendent combattre. Et fabrique des terroristes avec tous les civils qu’ils ont bombardés chirurgicalement en ratant leur cible. Soit 98,7% des drones avec une cible prioritaire.

Plus de six cent milliards de budget militaire, deux cent quarante et une années d’existence, deux cent vingt deux passées à faire la guerre. Le rêve américain sent le sang. Sans compter la violence inhérente à la société américaine elle-même, violence physique, raciale et sociale. On ne s’étonne plus de ce goût qu’ont les hommes politiques américains d’employer le mot guerre à toute les sauces. Guerre à la Drogue, à la Terreur, à la Pauvreté… Et pourtant il aura suffit d’une paire de cutters et de quatre avions pour changer le monde…. Et en faire le paradis du complexe militaro-industriel dans son ensemble. La Chine a fait récemment péter un de leur satellite depuis l’espace pour montrer que hein, oh, eux aussi ils pouvaient être cons et épaissir le champ de tir. Devant le faramineux budget militaire américain, les autres puissances regarnissent les magasins, et l’industrie de l’armement mondial se porte à merveille. Le seul secteur des Sociétés Militaires Privés, et qui est encore une fois dominé par les américains, est passé de cent milliards de budget en 2003 à plus de quatre cent cinq ans plus tard…

Les rois du cimetière

La position dominante. Elle est intéressante cette théorie si l’on prend un contre exemple, Massada. Massada était une garnison romaine perchée sur un plateau rocheux et prise par les Sicaires du parti Zélotes. Les Sicaires sont aux juifs ce que les Nizarites ou Hashashin sont aux musulmans. A savoir la source d’inspiration du modèle militaire de la terreur islamiste actuelle. Mourir ne les effraie pas du moment que cela sert leur cause, la mort est leur amie comme dirait un membre de Daesh aujourd’hui. Ils prennent donc cette garnison et s’y installent. Pendant sept mois, environs huit milles soldats romains firent le siège de cette forteresse. Quand enfin ils parvinrent à construire une rampe et à y accéder ce sont des cadavres qu’ils découvrirent. Ce n’était pas un suicide collectif comme le colporta à tort l’histoire, le suicide est interdit pour les juifs, ils se sont entre-tué jusqu’au dernier pour ne pas être soumis par les romains. Mieux, la seule chose que les romains découvrirent intact, le reste avait été brûlé et saccagé, c’était la réserve de grain. En guise de message, nous choisissons l’heure et le moyen de notre mort, nous mourrons libres. Vouloir détenir la position dominante au-dessus d’un cimetière c’est avoir des ambitions de charognard.

Mais qui sait…

Les méta milliardaires de ce monde se disputent également la position dominante sur l’échelle de Forbes. Les Bill Gates, Zuckerberg, Buffet, Soros, Pinaud, Arnaud, Bettencourt… etc. La position dominante sur le marché, la position dominante sur les esprits à coup de généreuse donation ma-main-sur-le-cœur, pendant que les usines d’esclaves continuent de tourner le temps que le héros ait assez fait fortune pour la donner. Tous nos généreux donateurs se sont enrichi en ne payant qu’un minimum d’impôts, en profitant d’un système boursier voyou, et en poussant les gouvernements à adopter des politiques toujours plus en faveurs de leurs seuls intérêts au détriment de toute casse sociale. Une casse sociale non plus vécue comme une fatalité, ou un mal nécessaire pour sauver une entreprise, mais comme un moyen de gagner un peu plus d’argent. Et voilà qu’on nous les revend presque repentant, œuvrant pour le bien de la planète média. Sur quoi espèrent-ils régner à la longue ceux-là ?

On est aujourd’hui le 16 août 20017, il fait beau, les français sont à la plage, oh on a eu un bel été, oh ma chérie comme t’es bronzée… encore un petit goût des années 60 qui dure depuis… les années 50. Et pendant ce temps, les Balkans, la Sibérie, l’Australie, le Canada, la côte ouest des Etats-Unis, tout le sud de l’Europe, de la Grèce à l’Andalousie, au Portugal et à la France, sont la proie d’incendies majeurs. Et depuis les années 80 ce phénomène s’intensifie à chaque sécheresse. C’est simple, depuis le 1er janvier jusqu’à aujourd’hui, 218 millions d’hectares de forêt son parti en fumée, c’est la moyenne. En moyenne c’est 350 millions qui brûlent chaque année, il semblerait que cette année nous allons dépasser les limites. Avec les déplacements de population que cela implique, les migrations animales, les espèces détruites, les victimes humaines, la pollution atmosphérique et les millions d’hectolitres d’eau qu’il faut pour les éteindre. Quand c’est simplement possible et qu’on ne laisse pas la forêt s’autodétruire jusqu’à ce qu’on puisse y cultiver des hectares de palmier à huile pour l’industrie…

Deux degrés. C’est tout ce qui nous sépare de la catastrophe. Que l’atmosphère de la terre se réchauffe de deux degrés ou plus. En réalité le seuil limite, où les choses sont encore à peu près sous contrôle serait de un degré cinq. Deux degrés c’est la barrière qu’il ne faut pas franchir. 97% des rapports scientifiques sont d’accord sur le problème. D’ailleurs la communauté scientifique n’en n’est plus à se tripoter sur le sujet elle en est à se poser cette seule question : à quel point on est baisé, un peu, beaucoup ou totalement.  Mais rassurons nous 40 fondations reçoivent un budget annuel de 900 millions de dollars pour contester cette réalité et faire douter le public. D’où vient l’argent ? Notamment du secteur pétrolier. Mais il n’est pas le seul que cette demande de baisse d’activité, cette urgence à trouver des solutions pour ralentir le réchauffement, n’arrange pas. Tout ce qui utilise de l’énergie fossile pour sa production est concerné. Enfin, faut pas non plus paniquer hein, la famille Mulliez propose des produits éco-responsables et il n’y a que 5% de chance pour que ce seuil des deux degrés… ne soit pas dépassé.

Alors sur quoi espèrent-ils tous régner ?

Par le jeu pseudo démocratique des grands électeurs, les américains n’ont pas élu celle qu’ils voulaient mais un bouffon qui n’a jamais eu la moindre responsabilité politique et qui a le développement affectif et intellectuel d’un gamin de 15 ans. Un bouffon qui rejette ce qu’affirme la communauté scientifique, veut sa guerre avec la Corée du Nord histoire de peser sur la Chine et la Russie, au risque de provoquer un conflit nucléaire. Et il ne cesse de fanfaronner ! En six mois de fonction en dépit du trilliard de la dette américaine, il aurait fait renouveler le parc nucléaire américain dans son ensemble, et a doté le Pentagone d’encore plus de moyens (54 milliards…). On va voir ce qu’on va voir, America is back again… comme si elle n’était jamais parti. De leur côté, par l’escroquerie du suffrage universel, les français sont dirigés par un commis de banque qui concrètement n’a même pas été élu par la majorité puisque 40% des électeurs ne sont même pas allé aux urnes et un peu moins de 50% n’a pas voté pour lui. En gros 80% des votants n’ont pas voté pour celui qui est censé les représenter. Mais cela ne l’empêchera pas de détruire le code du travail à coup d’ordonnance, réduire les APL de 5 euros, mettre fin au contrat aidé et donc mettre au chômage 70.000 personnes, appliquer la politique migratoire du Front National, et, entre autre baisser le budget d’une justice une des moins financée d’Europe. Le tout dans un pays où la corruption devient endémique et où l’implantation mafieuse dans la seule région PACA a la même densité… que dans le sud de l’Italie. Et c’est loin d’être la seule région de France touchée par les mafias. Mafias qui s’enrichissent d’autant que la solution trouvé par la France d’en haut au trafique de drogue c’est de mettre des amendes aux usagers… et d’enterrer en vitesse toute forme de loi anti corruption, appelée improprement « moralisation de la vie publique » pouvant toucher les élus. Mais bien sûr il n’y a pas que la justice, tous les secteurs sont touchés, de l’armée à la santé en passant par l’éducation. Vous comprenez si on veut dépenser pour les jeux olympiques et le CICE, il faut faire en sorte qu’une aide-soignante travaille 48h par semaine sans protection social.

Mais encore une fois ce n’est pas là la question, la question c’est qui détiendra la position dominante. Les milliardaires qui ont financé un bouffon infantile et un gamin narcissique ne les ont pas choisis pour leur qualité de gouvernant mais de complice. Les trois cent millions d’euros supprimés aux collectivités locales, et la suppression programmée des impôts locaux ne sont pas là pour alléger les charges des français, mais conduire les collectivités et les régions vers la voie des emprunts bancaires qui les ont déjà ruinées en 2008. Supprimer les emplois aidés n’est pas une mesure d’économie mais vise à ne pas faire concurrence au secteur privé qui pourra ainsi engager à des salaires minimum. « Taxer la rente immobilière de l’ISF » ne va d’autant pas changer grand-chose que le bien immobilier est un des actifs déjà les plus taxé. Mais épargner les biens mobiliers (placement financiers, meubles, liquidités) de ce même ISF et qui représente 49% de son assiette fiscale, c’est au contraire favoriser l’évasion du même nom. Et l’évasion fiscale, contre laquelle la France ne s’accorde que sur des mesures cosmétiques et sous-financées, c’est quand même, par an, 80 milliards d’euros en moyenne, avec une dette de plus de deux milles milliards…

Prenons Vincent Bolloré. Il a racheté le groupe Canal Plus et en un an sa catastrophique politique éditorial a fait perdre au groupe plus d’un demi-million d’abonnés. Quand il déclare à Challenge que Canal Plus est sauvable, le pense t-il réellement ? Ou cherche-t-il juste à gagner du temps en espérant démanteler ce groupe en tirant une plus-value sur son catalogue ? Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour comprendre que ça n’a jamais été le groupe Canal Plus le problème mais l’esprit, la culture de marque qui allait avec. Cet esprit qui faisait si mal à la réaction, ridiculisait l’ami de Bolloré, Sarkozy et faisait faire des cauchemars au Front National qui avait élevé le terme de « journaliste de Canal Plus » au rang d’anathème. Canal Plus c’était de la rebellitude en carton, de la révolte de salon, de l’ironie de bien née mais c’était déjà trop. On veut une opinion lisse en France, une opinion qui obéisse bien, qui se contente de s’endormir devant les Anges et place son épargne… que la banque pourra lui sucrer à son seul bénéfice si jamais elle est en faillite. Comme le prévoit les dispositions du « bail-in » voulu par l’Europe depuis 2016.

La position du mâle

Il y a dans cette logique de la « position dominante » quelque chose d’éminemment masculin, et l’attitude de tous ces puissants me fait immanquablement penser à cette autre réalité sociale de la violence conjugale. Quand une femme tue son mari violent c’est pour s’en débarrasser, quand un homme tue sa femme c’est pour la garder. Pour que personne ne l’ait après lui. Et c’est cette même logique d’impuissant qui prévaut qu’il s’agisse de domination de l’espace, de dominer le marché ou de soumettre la France à un libéralisme psychopathe. Peu importe le prix à payer, peu importe que le sud de l’Europe finisse par ressembler au Sahara (ce qui arrivera si nous atteignons les 4° c’est-à-dire non pas en 2050… mais d’ici 15 à 20 ans). Peu importe que la démocratie n’existe en réalité ni en France, ni nulle part, que la corruption soit institutionnalisée dans notre pays, que la moindre voie dissonante soit interdite d’antenne, que l’édition veille à ce qu’aucun écrivain ou penseur n’émerge, sinon quelques « autorisés » pour la galerie, marchande. Peu importe que Bolloré brade Canal, que nos hommes politiques bradent notre secteur industriel, que le racisme et la bêtise la plus décomplexée d’un Zemmour claironne ses opinions sur RTL et devienne une petite institution au sein de la planète média. Peu importe que l’on détruise tout, l’important c’est que l’autre ne l’ait pas. L’important ce n’est pas vous, moi, ce pays ou un autre, la démocratie, l’histoire, la culture, et encore moins l’avenir, l’important c’est que Vincent Bolloré et François Pinaud puisse rouler à fond dans leur voiture avec chauffeur tout en ordonnant la casse sociale de tel secteur à problème. L’important c’est que narcisse puisse passer ses vacances à Marseille sans être importuné par un journaliste (il a du reste fini en taule pour avoir osé prendre des photos du roi-soleil). L’important c’est que le bouffon puisse continuer de flatter son électorat raciste quitte à flirter avec la guerre civile dans son pays. L’important est que tel petit procureur médiatique puisse continuer de s’admirer dans le reflet de sa  médiocrité et s’en flatter. L’important c’est de conserver sa position dominante, quel qu’en soit les conséquences, et si la bête en meurt, et bien ça sera comme avec les maris violents, ça sera la faute de la bête qui a osé provoquer le mâle impuissant. N’est-ce pas en substance ce qu’a déclaré l’inqualifiable bouffon après les émeutes de Charlottesville ? Que les torts étaient partagés entre les néo nazis et leurs victimes ?

Qu’on le veuille ou non nous vivons sous le régime d’une société patriarcale qui a élevé cette question de la position dominante au rang de saint graal. Comme disait l’employé du mois « dans la vie il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien ». Il y a ceux qui ont de l’argent, une position sociale, un statut, et que l’on se doit de célébrer et d’admirer et les autres. Vous, moi, les anonymes qui galèrent pour à peu près tout, qu’on ne verra jamais dans les médias sinon sous la forme d’une silhouette myope ou d’un micro trottoir imbécile, nous ne sommes rien. Un détail dans le paysage, une statistique qu’on criminalisera à loisir en fonction des intérêts de « ceux qui réussissent ». Pour quelle autre raison croyez-vous que pas moins de 29 lois pénales ont été votées en 17 ans en France ? Que pas une seule ne concerne les délits financiers ou la corruption des élus ? Vingt-neuf lois pas appliquées m’expliqueront les réactionnaires qui regardent trop leur télé. Alors qu’on enferme plus et plus longtemps en France aujourd’hui, que 60% des condamnés ont entre 16 et 19 ans, et que les prisons pour mineurs sont pleines à ras bord. Que pensez-vous que cette réalité détermine sinon encore une fois assurer la position dominante d’une France nantis et cacochyme. Peu importe que l’Europe marchande sacrifie sa jeunesse, que le chômage des jeunes atteigne des taux records en Espagne, Grèce, Italie, France, et que l’on demande par ailleurs à des gens de travailler jusqu’à 67 ans alors que plus personne ne les embauchera dépassé 50. Peu importe du moment qu’on puisse se conformer au capitalisme le plus sauvage, décomplexé et destructeur. Tout en affirmant que grâce au vaudou (sans doute) et au « ruissellement » dégoulinant des plus gros portefeuilles, tout le monde pourra en profiter. Profiter d’un cimetière.

Ca toujours été comme ça

Nombre d’entre-vous doivent se dire que cela a toujours été ainsi, qu’il y a toujours eu des gros et des petits et qu’ils ont tout fait pour conserver leur pouvoir quitte à faire disparaitre des millions de leurs concitoyens. A ceux là je répondrais oui et non. Si la préservation de leur nom et de leur pouvoir était centrale au sein des familles aristocrates, le rayonnement de leur pays, sa construction sociale et politique, sa culture comptait d’autant qu’elle était le reflet de l’excellence de celui qui le gouvernait. Si le capitalisme s’est construit sur l’esclavage, l’usure, le pillage, et le vol des terres indigènes, il avait dans sa dimension colonialiste une notion encore « humaniste ». Dans son arrogance et sa prétention l’occident allait apporter la civilisation dans les contrées « sauvages ». Certes sa mission « civilisatrice » était plus un alibi qu’autre chose, et dans l’esprit de bien des colons elle était synonyme de mépris, meurtre, mutilation et mis en servage. Mais cette notion était assez ancrée pour qu’on se décide à construire des écoles, des hôpitaux, pour que certain y croit assez dur comme fer pour envoyer ceux qui abattrons le colonialisme dans les écoles de la république ou de l’empire anglais. Ho Chi Minh, Pol Pot, Patrice Lumumba, Gandhi,  Thomas Sankara sont tous des produits de ce colonialisme qu’ils finiront par combattre. Et passé la seconde guerre mondiale, si le même capitalisme s’est mis aux réformes sociales, si nous avons eu la sécurité sociale, le SMIC, le droit à l’avortement, etc, c’était dans le but unique de contrer le totalitarisme communiste. Dans la seule perspective de ne pas laisser aux seuls socialistes et communistes le domaine du social. Acheter la paix du même nom, et s’assurer qu’une large part de la population se soumette au mode de vie du « monde libre ». Mais depuis la chute du Mur tout a changé. Depuis le 9 novembre 1989 le capitalisme se complet dans ce qu’il considère comme la fin de l’histoire. Il a gagné et il n’a plus besoin du moindre alibi pour tout accaparer. Il a fait de l’économie un méta langage par lequel tout doit être absolument prit en compte. Un langage économique certes totalement dévoyé par rapport à ce qu’en disaient les théoriciens du libéralisme mais peu importe du moment que le public avale la couleuvre. Et pour se faire on utilisera des métaphores sans le moindre sens, comme celle du « ruissèlement », de « l’autorégulation » des marchés, des « créateurs de richesse », et surtout celle qui consiste à faire croire que si on se serre tous la ceinture et qu’on veille tous à notre bilan carbone, on s’en sortira. Les médias aux ordres s’ingénient à ramener l’économie d’un pays comme la France à l’échelle de monsieur tout le monde. Et c’est vrai que dans la tête de celui-ci ce n’est pas bien difficile de comprendre que s’il dépense moins il fera des économies, et tant pis si cette comparaison n’a pas le moindre sens. Tant pis si les banques s’enrichissent à en crever sur le taux d’intérêt de la dette. Peu importe que le revenu du CAC40 a en réalité connu une hausse de 25% alors que nous sommes censé être en pleine crise économique et sociale. Peu importe que grâce au trading à haute fréquence, en un mois d’échange, l’Europe va dégager un bénéfice de cent milliards d’euros. Ramené à des explications simplistes d’économie de bout de chandelle, le lambda se soumet aux restrictions budgétaires, laissant un corrompu comme Fillon pérorer sur la dette avec des aides-soignantes au bord du burn out, sans qu’il ne se fasse lyncher.

Le capitalisme tourne à vide. Sa seule motivation, son seul mantra, est de posséder une Rolex avant 50 ans sinon on a tout raté. Et après moi le déluge. L’état dépense 44 milliards pour compenser les erreurs industrielles commises par l’autre corrompu Serge Dassault, le laisse siéger au Sénat alors qu’il aurait acheté ses électeurs et a fraudé le fisc. Autorise un voyou comme Balkany à avoir une responsabilité politique alors que la justice a établie que chacune des responsabilités qu’il a endossées a été motif d’enrichissement personnel. Les députés s’assurent des retraites de monarques et des salaires de PDG pour entériner des lois favorisant la corruption et l’évasion fiscale, le tout en s’exonérant le plus possible de la moindre contribution. Et pas une seule seconde, une seule minute tout ce petit monde ne pense autrement qu’à court ou moyen terme et pour autre chose que leurs seuls intérêts. 40.000 étudiants se prostituent pour vivre et le même nombre ne trouve même pas de place en fac. Des petits vieux n’ont pas les moyens de se payer une aide ménagère alors qu’ils arrivent à peine à bouger, et des handicapés se retrouvent dans des situations identiques pour des raisons identiques, mais la députée Claire O’ Petit nous déclare sans rire qu’il faut arrêter de pleurnicher que si à 18 ans on a peur de perdre cinq euros on n’est pas arrivé. La même Clair O’Petit qui faisait la joie des Grandes Gueules en nous affligeant de ses propos réactionnaires et petit bourgeois. Et toujours la même qui après avoir pratiqué mille métiers s’est fait interdire de diriger toute entreprise pendant 5 ans… Le pseudo mouvement En Marche, qui n’est rien de plus que le Cheval de Troie du capital, se vante que ses « élus » viennent à majorité de la société civile. Certes, ce pourquoi ils votent systématiquement des lois qui pénalisent la dites société civile et privilégient toujours les mêmes.

Le syndrome de la femme battue

Et face à tout ça quelle est l’attitude de cette société civile ? En Europe, aux Etats-Unis, la passivité. Face à ce déversement de lois anti sociales, qu’il s’agisse du domaine économique, de la préservation de l’environnement, de la pollution alimentaire ou du secteur publique attaqué de toute part par un capitalisme affamé, nous restons comme paralysés. Nous sommes comme ces femmes battues. Sidérés par la violence physique et sociale qu’on nous impose. Espérant toujours que notre « partenaire » va changer si on se montre assez compliant. Et chaque fois qu’une crise se déclare, chaque fois que le « partenaire » trouve une raison pour cogner, supprimer telle protection sociale, réprimer dans le sang telle manif pacifique, invoquer l’immigration comme la base de tous les maux ou déclarer l’état d’urgence permanent et constitutionnel, nous nous disons que c’est de notre faute, encouragés par quelque laquais. On rediscute des congés payés ? De ce droit pour lequel nous nous sommes battus physiquement et socialement il y a 81 ans ? Christophe Barbier, le journaliste le mieux payés de France, 96 millions de gain pour la seule année 2017, nous invite à être plus souple, en ramenant à nouveau sur le tapis la métaphore du gentil foyer qui doit faire de gentilles économies….

La question reste à savoir vers quoi nous nous dirigeons avec cette passivité de femme battue. En viendront nous au jour où nous tuerons notre « partenaire » pour nous en débarrasser ? Et livrer le monde a un bain de sang ? Ou allons nous contenter de nous laisser abattre ? Ceux qui demeurent dans cette dynamique nous dirons qu’on peut le raisonner. Que l’on peut raisonner la voracité d’un Bernard Arnaud, que l’on peut influer sur la politique morbide du capitalisme, que l’on peut convaincre les industriels du secteur pétrolier de se mettre aux énergies renouvelables. Les femmes battues pensent de la même manière. Elles pensent ainsi jusqu’à en mourir, tuer leur partenaire… ou finir par le quitter. Si vous êtes dans cette dynamique, levez la tête vers le ciel, pensez à ce que je vous ai raconté en introduction avec cette notion : 50% du budget spatial mondiale est consacré à la seule militarisation de l’espace… Alors certes il nous reste toujours l’option Massada, nous entre-tuer jusqu’au dernier à seul fin de pas nous laisser dominer par quelques imbéciles nantis de leur phallus comme sceptre, mais je ne suis pas certain que ça soit pour cette raison que vous fondez une famille et espérez le meilleur pour vos enfants. Reste qu’en l’état et si nous continuons de nous comporter comme des femmes battues, vos enfants n’ont non seulement aucun avenir mais vous les promettez à une longue agonie.

 

Exception culturelle

Ça n’aura pas échappé à ceux qui me lisent j’écris en ce moment une série de nouvelles autour du trafic de stupéfiants. Tous les stupéfiants, sauf un, le légal, l’alcool. Cette idée de nouvelles m’est venue un jour de colère et de frustration. Après m’être à nouveau fait lourder d’une cuisine, pour aucune raison valable, je me suis dit que j’aurais plus intérêt à devenir dealer. J’ai déjà une clientèle possible, et pour l’achat, je n’ai qu’à me tourner vers un des innombrables dealers de mon quartier pépère. Pratiquement, sans trop de risque, en utilisant mon seul RSA, je pourrais arrondir mes fins de mois à raison de 500 à 1000 euros par mois. Pour atteindre 1000, il faudrait que je vende 50 barrettes, sachant qu’en théorie pour l’achat d’un 250 grammes je peux en tailler 125… Si ce trafic ne dépasse pas les frontières de mon immeuble, et si je sais gérer ma clientèle, il n’y a aucune chance que la police s’en mêle. Pas plus qu’elle ne se mêle de l’existence de tous les dealers de mon quartier. Les lyonnais que je connais ici et que je ne vois jamais ne décolleraient plus, et une quantité de filles me trouveraient d’un coup sexy au seul fait que je peux fournir. J’en profiterais pour acheter légalement des dérivés des ectas, livrables par la poste, et sans risque, puisque ces dérivés ne sont pas encore recensés sur le tableau de la mort des produits illégaux. A raison de 10 euros le cachet, je risque de rentabiliser vite fait (prix unitaire : 4,50 euros) surtout si je le fais passer pour un ecta pur… j’en commande 10, 45 euros, je les revends disons 20, bénéfice 155 euros sans bouger de chez moi. Ici pas de risque de me faire virer, et pas le moindre impôt, Urssaf, RSI sur le dos. Quand je dis que les dealers ont plus de latitude que le moindre entrepreneur en France, je sais de quoi je parle. Donc, fort de ce texte, je me documente sur le sujet, et j’avoue que plus j’en apprends, plus… c’est tentant.

Mais il est probable que je ne le ferais jamais. Depuis 35 ans que je fume je vis dans un camp d’internement qui s’appelle la France. La dernière fois que des flics m’ont pris avec un joint à la main, ils m’ont simplement expliqué que j’aurais dû faire ça chez moi, avant de repartir avec mon joint pour se le fumer.  Oui, chez moi, en me cachant, comme depuis 35 ans. Or en 35 ans, il n’aura échappé à personne que le trafic a littéralement explosé en France, et ceci malgré la loi la plus répressive de toute l’Europe. Mais il est vrai que je vis dans un pays exceptionnel, il est normal donc que nous soyons en toute chose l’exception. Ainsi l’article L670 interdit notamment  le prosélytisme en matière de drogue, toute drogue confondue, ainsi que la vente de tout produit relatif à sa consommation, papier, pipe, etc. C’est-à-dire tout ce qu’actuellement vous pouvez trouver dans n’importe quel magasin pour jeune, et dans la plupart des bureaux de tabac, vendu par la marque OCB. OCB a été revendu par le groupe Bolloré, auquel il appartenait, à un leader de la clope à rouler américain (et accessoirement, contrairement à ce que prétend la légende, n’a jamais financé le FN). Considérant les difficultés financières de notre exceptionnel pays, aucune chance qu’on essaye d’appliquer la loi à son niveau. Quant aux pipes à eau, zipsi, shilom et autres blender qu’on peut voir dans les vitrines, aucune chance non plus que les centaines de magasins qui en vendent en France se voient légalement fermer par la police. Car en réalité nous ne vivons pas dans un pays d’exception, mais de corruption, ça rime, mais c’est moins joli.

 

L’alcool, la drogue dure légale.

Ainsi l’article L670 a été voté par une petite dizaine de députés, il y a 40 ans, à une époque où le nombre de condamnation sur ce sujet n’atteignait même pas les 1000. Quarante ans plus tard, il y a 13,5 millions de français qui déclarent avoir fumé au moins une fois dans leur vie, dont 3,5 millions d’usagers courants, et là-dedans 45% des 15-35 ans. Un million et demi déclarant avoir pris de la coke, dont  500.000 seraient des consommateurs réguliers, et il y aurait entre 140 et 170.000 usagers réguliers d’héroïne. Le tout contre environ 44 millions de consommateurs d’alcool. Et c’est bien là où le bât blesse.  En France, en réalité la seule exception qui compte, c’est l’argent. L’argent pour nos députés s’entend. Ainsi la très influente  Association Nationale des Elus du Vin (ça s’invente pas) avait déjà réussi à alléger la loi Evin, et elle fait ardemment campagne pour nous faire croire que le vin est bon pour le coeur, qu’à raison de 3 verres par jour, on est même dans la pratique de santé parce qu’on lutte contre le cholestérol….Or d’une ce que ne disent jamais les études payées par les lobbies du vin, c’est qu’en réalité cette vertu dépend totalement de la provenance du vin, le blanc par exemple ne présente quasiment pas ces caractéristiques, pas plus que les vins jeunes. Et de deux, considérant le nombre de pesticides et de sulfates utilisés, rassurez-vous, votre cancer du pancréas ne se doublera pas d’un excès de cholestérol…  Mais ce qu’on ne dit surtout jamais en France, c’est que le coût social de l’alcool s’élève ici à 17,6 milliards d’euros… que l’indice addictogène de l’alcool est de 10 à 15% c’est-à-dire le même que le cannabis… et que la coke, contre 60% en ce qui concerne le tabac et l’héroïne. Qu’enfin, si on nous tanne chaque année avec les dangers du cannabis, relayé par une presse totalement aux ordres, on ne nous donne jamais l’avis des médecins concernant l’alcool, cette drogue que les neurobiologistes appellent « la drogue sale ». Et oui, car l’éthanol  s’insinue dans des dizaines de circuits du cerveau et interfère avec de nombreux systèmes chimiques cérébraux à la différence d’autres drogues comme la cocaïne ou les opiacées qui ne s’attaquent qu’à un seul système. Je cite un médecin, le docteur Loweinstein : « elle interfère avec de nombreux systèmes chimiques cérébraux. Pas seulement le système dopaminergique, mais aussi les systèmes sérotoninergiques (souvent impliqués dans les régulations de l’humeur et les processus dépressifs), GABAergiques, ou encore ceux du glutamate (qui jouent un rôle clé dans le contrôle de l’anxiété et des émotions). De plus, l’alcool agit directement sur les membranes de la plupart des cellules cérébrales. Cela explique, en partie, les grandes variations d’effets neuropsychiatriques de l’alcool d’un individu à l’autre, mais aussi l’étendue de ces méfaits sur les équilibres émotionnels, sentimentaux et relationnels ». Mais bon, n’oublions pas que selon je ne sais quel ministre de l’agriculture, l’alcool n’est tout simplement pas une drogue. D’ailleurs, ni le tabac qui est donc aussi addictif que l’héroïne, ni l’alcool ne sont sous le coup de la loi de 70, faut pas déconner non plus avec les lobbies et leurs amis députés.

 

L’argent, la véritable exception culturelle française.

Les français ont cette image bien arrêtée des Etats-Unis qu’il s’agit d’un pays où l’argent a le dernier mot, toujours. L’image rassurante que la valeur numéro un aux USA est le fric, et que les américains ne pensent tous qu’à ça. Ils sont l’inventeur du capitalisme paraît-il, et pire les chantres du fameux « ultra libéralisme » les salauds. Si on s’arrête sur le sujet unique de la drogue, par exemple, malheureusement il semblerait que la France soit beaucoup plus portée sur les bénéfices que nos cousins d’outre atlantique. Ainsi si l’opium fut finalement interdit en 1903 sur notre territoire, il fallut attendre 1947 pour qu’il cesse d’être légal en Indochine, il faut dire qu’il rapportait des montagnes d’argent. Tellement que suite à cette interdiction, la SDECE va utiliser l’opium pour financer sa guerre de contre insurrection en Indochine, jusqu’en 54… exactement comme le feront du reste les mêmes USA à partir de 63, dans le même contexte. Mais ce n’est pas là où nous sommes réellement exceptionnels donc. C’est dans le rapport très particulier que nos élus ont avec la loi et l’argent. Et ici le mieux ce n’est pas de faire le détail mais une liste, elle est édifiante. Vous la trouverez à la fin de ce texte. J’ai sélectionné dans ces listes copiées sur le net, uniquement les élus condamnés pour abus de confiance, prise illégale d’intérêts, fraudes diverses. J’ai, et la liste est déjà interminable, exclu les mises en examen qui n’ont abouti nulle part ainsi que les politiques condamnés, pour violence, proxénétisme, viol, pédophilie, non respect du droit du travail, diffamation… En tout, ça fait juste un peu moins de 80 députés ou sénateurs qui ont été condamnés, et parmi les figures de proue, comme Juppé, Balkany, Pasqua, Mauroy ou Emmanuelli, pas un seul n’a fait ne serait-ce qu’une minute de prison, et tous ont gardé leur statut très privilégié de député, ex ministre et/ou sénateur.

 

La France, le pays des privilèges légitimés

Récemment une minuscule poignée de députés avides de se faire bien voir pas l’électorat ont demandé l’abolition de leurs privilèges… réponse de la majorité de leurs collègues, le mépris, il n’y a simplement pas de privilèges… pour autant… un ministre au chômage touchera pendant six mois jusqu’à 12000 euros, c’est-à-dire le maximum en terme de plafond d’allocation chômage, là où un cadre bénéficiant d’un salaire de 10000 euros ne touchera que la moitié en indemnité. La retraite d’un député s’élève à 1553 euros, s’il n’a fait qu’un mandat, et jusqu’à 6192 (le plafond) selon le nombre de mandat (au pays des cumulards…). D’ailleurs qu’on se rassure, même battu aux élections un député peut toucher pendant 6 mois environ 5400 euros (c’est-à-dire ce qu’il toucherait s’il était encore à l’assemblée). Somme dégressive, certes, qui 4 ans plus tard ne représentera que 20% de ces 5400, soit : 1080 euros… Et s’il trouve un boulot moins bien payé, le pauvre, on pourra lui accorder le différentiel… Et rappelons que la retraite commence pour eux à 60 ans. Il faut ajouter que si la retraite d’un salarié représente 2,4% de sa paye, les députés eux ne cotisent qu’à hauteur de 0,5%…on ajoutera à ce pactole, 7100 euros brut d’indemnités mensuelles, 6412 euros d’indemnités représentatives de frais de mandat, plus une ligne de crédit de 9138 euros pour rémunérer ses collaborateurs (14000 pour le président de l’assemblée) plus la gratuité des transports en 1er classe, le remboursement intégral des frais téléphoniques et d’internet. Auquel on devra toutefois ajouter jusqu’à 2757 euros, imputables aux autres éventuels mandats que nos cumulards pourraient avoir. Bien entendu on ne comptera pas en plus, les voitures et les appartements de fonction, les voyages gratuits (enfin pour eux, pas gratuits pour les administrés) le personnel de maison, les repas à l’œil… etc. On comprend mieux pourquoi l’ex ministre, sénateur, député européen, « hors système » Mélenchon ne veut pas voyager avec la plèbe en classe éco. Moralité en France, si tu veux gagner ta vie correctement deux solutions : député ou dealer. Sachant bien entendu que l’un n’empêche pas l’autre.

 

La révolution selon les français : voter pour le FN

Fort du nombre de scandales financiers, de l’état déplorable des finances, et de la complète inaction de nos hommes politiques autre que dans le cosmétique, les français, peuple de droite avec le cœur à gauche, menacent régulièrement leurs privilégiés de voter pour les très méchants fascistes des rentiers Jean-Marie et Marine Le Pen. Ça fait peur, hou ! Ça m’a toujours semblé bizarre comme réaction. Depuis l’ère Mitterrand, le FN passe pour le grand méchant loup, et à chaque élection les privilégiés de nous bramer, c’est moi ou la dictature. Visiblement un jeu qui amuse beaucoup les électeurs puisqu’ils menacent régulièrement leur député de préférer ladite dictature. En plus ils sont racistes dis donc, trop la honte… mais la question que je me pose toujours c’est concrètement pourquoi ils voteraient exactement. Parce que soyons clairs, politiquement parlant, le FN est un fourre-tout de frustrés. Vous avez les monarchistes, les identitaires, les Maurrassiens, les nationalistes, les néo nazis, les chrétiens ultra, tout ça dans un même groupe. Les identitaires et les néo nazis sont généralement paganistes, les maurrassiens et les monarchistes haïssent la république, les ultra cathos également. Sans compter les amis du régime syrien (le chargé de com de Marine Le Pen) les danseuses du grand mytho Serge Aouib dit Badskin dont l’heure de gloire n’a jamais eu lieu que dans sa tête, et dont la seule condamnation fut pour trafic d’anabolisants, lui qui se vante tellement d’avoir mis les Halles en coupe réglée dans les années 80. Exploit qu’apparemment tous ceux qui s’affrontaient là-bas dans les mêmes années ignorent totalement. Là-dessus on ajoutera que la droite nationale, comme elle s’intitule elle-même, de Rivarol au Crapouillot en passant par Minute, récuse totalement le discours de la très rouée Marine Le Pen qu’ils méprisent autant pour ses amitiés que pour son discours, mélange de socialisme allégé, et de droite classique. Pour le coup Marine retourne aux fondamentaux du parti, à savoir le poujadisme, puisque c’est en quittant le parti de Poujade que Le Pen père fonda son parti. Passant en 40 ans du borgne à béret rouge et bandeau de pirate gonflant la poitrine dans les meetings, au gendre idéal, cheveux teints et œil de verre, costume sur mesure. Donc pour qui ils voteront ? En réalité personne. Ils voteront comme toujours pour un discours, du bavardage entonné cette fois avec des gros bras. Il faut dire que le parti de la tête haute et des mains propres, cumule (parti, représentant politique et membre) un total de 51 condamnations dont 5 pour meurtres, et pour le seul Jean Marie Le Pen, 24 condamnations… En gros, par esprit de révolte contre des corrompus, les français menacent de voter… pour des repris de justice… ça semble logique finalement, plutôt que d’élire des criminels sans casier, voter pour des criminels avec casier…

 

La culture, l’autre exception financière.

Reste un domaine où nous sommes censés exceller, et même être une figure de proue, un phare pour le monde, notre culture. Elle est riche, certes, mais à l’heure actuelle elle est surtout riche en euros et totalement cooptée par une poignée de privilégiés. Prenons l’exemple du cinéma. Toutes les productions peuvent bénéficier d’une aide de l’état qu’on appelle l’avance sur recette délivrée par la CNC. Il ne s’agit rien de plus que du dumping pour faire face à la très pugnace concurrence américaine. Dumping que d’ailleurs dénonce l’immensément riche Hollywood qui déteste perdre le moindre centime. Il ne vient bien entendu pas à l’idée ni des producteurs, ni du ministère de la culture qu’avant de pleurer il faudrait avoir des idées et fabriquer des films qui puissent dépasser le seul territoire français. Or cette année pas une seule des grosses productions françaises n’a fait le plus petit bénéfice, et sans la CNC et la télévision, il est probable que les maisons Gaumont et UGC boiraient la tasse comme est en train de la boire Besson qui lui se sauve uniquement avec ses films d’action cheaps qui sont les seuls à se vendre à l’international (et pour cause, Besson utilise des vedettes d’outre atlantique). Pour autant depuis 20 ans ce sont les mêmes acteurs, réalisateurs, scénaristes et producteurs que nous voyons se pavaner, la plupart totalement inconnus hors de France, et pourtant tous extrêmement bien payés en dépit de leurs insuccès chroniques. On se souvient de la polémique sur le salaire de Depardieu (qui lui tourne à l’international) modéré par certains producteurs qui dénoncent justement ce système, qui veulent que sans CNC et sans rachat par les télés, eh bien le cinéma français, en l’état, serait mort. Même chose pour la littérature. Pendant que Grasset et Gallimard s’arrogent chacun leur tour les prix littéraires, il y a environ une cinquantaine d’auteurs en France qui vivotent grâce à leur plume et seulement une dizaine qui gagnent très bien leur vie, en cumulant généralement à l’instar des politiques, émissions télé, métiers d’éditeur, de scénariste ou directeur de collection, et le tout en vendant des livres médiocres que la presse relaiera absolument partout au même titre que la grande distribution. Dans ce lot d’écrivains, pas un seul ne sort des classes populaires bien entendu, et aucun, au contraire des écrivains américains, n’a jamais fait grand-chose de sa vie. Oui je sais Beigbéder à été pubard dans la même et unique agence pendant 10 ans… et Nothomb fut vaguement traductrice il y a fort longtemps, avant de recevoir un prix pour un livre à l’écriture scolaire. Que reste-t-il ? La Sacem ? La Sacem est la plus magnifique machine à voler le travail des artistes. Un contrat Sacem ça court sur dix ans, et pendant 70 ans elle pourra percevoir des droits sur ta musique, sachant qu’en plus, en signant avec la Sacem on lui cède la totalité de ses droits de gestion sur sa musique. Concrètement si pour une raison ou une autre la Sacem décide de faire interdire ta musique, ici ou ailleurs, elle le peut ! Et pas question de faire ce que tu veux de ta musique, décider de la laisser diffuser par un pote par exemple, elle appartient désormais à la Sacem et ce pour une période complète de 10 ans. Ajoutons que si vous possédez un établissement où vous voulez diffuser de la musique, il faudra également payer la Sacem et ce même si l’artiste ne vit pas en France, ne paye pas d’impôts en France, n’est même pas français et qu’il n’a jamais entendu parler de la Sacem. Pareil pour la SACD qui contre une cinquantaine d’euros protègera, tout manuscrit pendant… 4 ans. Au-delà, si tu ne renouvelles pas ta cotisation, ton manuscrit tombe dans le domaine public…

Quant aux médias dans leur ensemble… la réalité c’est que les médias français sont cooptés par une cinquantaine de journalistes et d’experts auto proclamés, qui passent sur l’ensemble des chaînes radio et télé (toute propriété soit de Bolloré, Bouygues, Serge Dassault ou Lagardère) pour relayer le discours officiel contre de très, très juteux salaires (salaires + « ménage » au compte des très grosses entreprises). Discours de leurs amis d’enfance et relations, puisque seulement 10% des élèves des écoles de journalisme viennent des classes populaires… Face à ça, régulièrement, le statut des intermittents du spectacle est remis en cause, ici traité comme des privilégiés… Or tout le monde sait parfaitement dans ce milieu que par exemple un simple cadreur (affilié à la fameuse caisse donc) pourra sur un plateau remplir 3 postes différents, pour deux ou trois jours de boulot, et qu’il ne sera pas question pour lui de protester qu’il n’est pas payé pour monter le décor sans quoi au revoir et merci. Et que dire des centaines de milliers de pigistes et d’auteurs divers qui remplissent les colonnes de nos journaux, signées par d’autres, et écrivent les livres de plus célèbres qu’eux qui en échangent passeront pour des hommes de lettres (PPDA par exemple, mais il est loin d’être le seul)

 

A ce genre de constat les francais ont toujours ce même réflexe, ce même discours : c’est pas mieux ailleurs. Hélas je suis au regret… que ce soit au Royaume Uni ou en Allemagne, ou encore dans les pays du nord, un député ou un ministre pris la main dans le sac à bonbons, n’est pas forcément condamné, mais démissionne forcément. Le Portugal, l’Espagne, les Pays-Bas, l’Italie ont dépénalisé l’usage du cannabis et même au Portugal de toutes les drogues, et dans un certain nombre de pays c’est parfaitement légal et normal de consommer. Même au Mexique qui a signé comme nous la convention de 61, et qui est en proie à une guerre des narco trafiquants, on peut en posséder jusqu’à 5 grammes… Aux Etats-Unis, un film qui fait un four n’a pas de CNC ni de télé derrière pour racheter ses pertes, ça peut même mettre fin à la carrière d’un acteur, d’un réalisateur ou d’un producteur qu’il soit connu et célébré et puissant, ou non. Les plus grands auteurs américains, à quelques exceptions près ont tous un deuxième métier, et surtout ont généralement bossé toute leur vie et n’ont jamais ou rarement été couverts de prix, ce qui ne les empêche pas d’être lus dans le monde entier (une dizaine d’auteurs en France sont traduits…)

 

Bref, en gros, la fameuse révolution française n’a abouti… qu’à très exactement les mêmes problèmes qu’avant. Les bourgeois ont pris la place des aristocrates, ils se sont distribués le pouvoir, et 224 ans plus tard strictement rien n’a bougé. Ah si, un truc, Diderot a plusieurs lycées à son nom, et s’il était encore de ce monde, il passerait 700 fois par an à la télé. Toucherait 50.000 euros pour une émission hebdomadaire, un million en avance sur recette pour écrire un ouvrage de 130 pages qui surtout ne ressemblerait pas à Jacques le fataliste, sans quoi l’éditeur lui expliquerait sans doute qu’on ne comprend rien et qu’il n’y a aucune scène de cul. Je ne sais pas si c’est vraiment mieux ailleurs, mais ça va quand même être difficile de trouver pire, Corée du Nord, Chine et républiques bananières exceptées.

 

Liste des élus condamnés en France.

 

Alain Carignon (UMP) 1999, condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins.
Alain Ferrand (UMP) 2006, condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale.

Alain Juppé (UMP) 2007, condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêts.

Bruno Sandras (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.
Charles Pasqua (UMP) 2009 à 2010, condamné pour trafic d’influence, pour favoritisme, pour faux, financement illégal de campagne et abus de confiance. Il est cité dans l’affaire de recel d’abus de biens sociaux pour l’association France Afrique Orient. Il également mentionné dans l’affaire du financement occulte du ministère de l’Intérieur et de l’Union des groupements d’achats publics.
Claude Polony (UMP) 2001-2009, reconnu coupable de prise illégale d’intérêts, favoritisme et détournements de fonds.
Daniel Simonpieri (FN puis UMP), condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif. Il avait déjà été condamné pour harcèlement moral.

Denis Jacquat (UMP) 2011, condamné pour abus de confiance et infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales.

Didier Schuller (RPR-UMP) 1994, il s’enfuit aux Bahamas après la révélation d’une tentative de déstabilisation du juge Éric Halphen puis il continue sa cavale en Dominique Républicaine où il bénéficie d’une protection diplomatique, avant de revenir en France.> 2005, condamné pour financement illégal de sa campagne.> 2007, condamné pour avoir fait financer de façon occulte des activités politiques.

Dominique Paillé (UMP) 2004, condamné pour abus de confiance.

Gaston Flosse (UMP) 2011, alias monsieur 10%, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Gérard Larrat (UMP) 2011, condamné pour constitution de partie civile abusive ou dilatoire dans le but de nuire à son adversaire socialiste.> 2011, mis en examen pour complicité d’atteinte à la sincérité du scrutin, complicité de faux administratif et usage et complicité de manœuvre frauduleuse tendant à l’exercice irrégulier du vote par procuration, son élection a été annulée.
Gilles Forray (UMP) 2006, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.
Guy Drut (UMP) 2005, condamné pour avoir bénéficié d’un emploi fictif.
Henry Chabert (UMP) 2002, condamné pour recel d’abus de biens sociaux.

Jacques Masdeu-Arus (UMP) 2006 à 2009, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Jean Reynaud (UMP) 2004, condamné pour prise illégale d’intérêts. 2006, condamné pour harcèlement moral et dégradation des conditions de travail.
Jean Tiberi (UMP) 2009, condamné pour occupation illégale des locaux de sa permanence et fraude aux électeurs.

Jean-Louis Garnier (UMP) 2011, condamné pour coups et blessures.

Jean-Louis Masson (UMP) 1997, condamné pour avoir financé la campagne d’un concurrent afin d’affaiblir sa rivale à droite.

Jean-Paul Alduy (UMP) 2008, son élection est annulée pour fraude.

Jean-Paul Fournier (UMP) 2009 à 2010, condamné pour prise illégale d’intérêts.

Joëlle Ferrand (UMP) 2010, condamnée pour prise illégale d’intérêts et malversations.

Laurence Spicher-Bernier (UMP) 2010 à 2011, condamnée pour exercice illégal de la profession d’avocat et escroquerie.
Lucette Michaux-Chevry (UMP) 2002, condamnée pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics.
Manuel Aeschlimann (UMP) 2009, condamné pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public.
Marie-Jeanne Bozzi (UMP) 2002, condamnée pour proxénétisme aggravé, association de malfaiteurs et dissimulation de travail clandestin.> 2007, condamnée pour soustraction au paiement de l’impôt, omission de déclaration et fraude fiscale.> 2009, mise en examen pour association de malfaiteurs en vue de la commission d’un homicide en bande organisée.
Michel Buillard (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.
Patrick Balkany (UMP) 2003, condamné pour injure publique et pour diffamation. 1999, condamné pour avoir rémunéré aux frais du contribuable trois personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s’occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny.
Philippe Brun (UMP) 2011, condamné pour fraudes et multiples abus de biens sociaux. Pierre Bédier (UMP) 2009, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.
Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) 2004, condamné pour blanchiment d’argent.> 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

René Vestri (UMP) 2009, condamné pour travail dissimulé.> 2010, mis en examen pour blanchiment à titre habituel et en bande organisée, trafic d’influence et association de malfaiteurs.
Richard Cazenave (UMP) 1999, condamné pour abus de biens sociaux.> 2004, condamné pour recel et complicité d’abus de biens sociaux.

Serge Dassault (UMP) 1998, condamné pour corruption. 2010, condamné pour procédure abusive.> 2009, condamné pour avoir acheté des voix lors des municipales.
Thérèse Aillaud (UMP) 2002, condamnée pour détournement de fonds publics.

Vincent Toni (UMP) 2008 et 2011, condamné pour corruption passive.

Xavier Dugoin (UMP) 1997, condamné pour trafic d’alcool, salaires fictifs et corruption.> 1999 à 2000, condamné pour abus de confiance, détournement de fonds publics, falsification de documents administratifs et prise illégale d’intérêts.

Alain Gouriou (PS) : reconnu coupable d’abus de confiance mais dispensé de peine en 2008.

Bernard Granié (PS): condamné en 2011 pour corruption. Peine confirmée par la Cour de cassation en mars 2013.

Bernard Tapie (Divers Gauche): condamné en 1996 pour corruption et subordination de témoin.

Charles Josselin (PS): reconnu coupable d’abus de confiance mais dispensé de peine en 2008.

Christian Bourquin (affilié PS): condamné en 2012 pour délit de favoritisme.

Christian Cuvilliez (PCF): condamné en 2000 puis confirmé en 2004 pour détournement de fonds publics et recel et une seconde fois en 2001 pour diffamation.

Claude Hoarau (PCR): condamné en 1ère instance à 1 an d’inéligibilité et 4 mois de prison avec sursis pour complicité de prise illégale d’intérêts et achat de voix. Le condamné a fait appel: jugement rendu en décembre 2012.

Claude Pradille (PS): condamné en 1995 pour corruption.

Claudie Lebreton (PS) : reconnu coupable de prise illégal d’intérêts mais dispensé de peine en 2008.

Élie Hoarau (PCR):, condamné en 2000 à un an d’emprisonnement avec sursis et de cinquante mille francs d’amende ainsi qu’à l’interdiction du droit de vote et à la privation du droit d’éligibilité pour une durée de trois ans suite à une affaire de fraude électorale.

Elie Pigmal (PS): condamné en 2012 pour délit de favoritisme.

François Bernardini (ex/de nouveau? PS): condamné en 2001 pour ingérence, détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux.

François Xavier Bordeaux (PS): condamné en 2011 pour abus de faiblesse

Gilbert Annette (PS): condamné en 1996 à 200 000 francs d’amende, cinq ans de privation de ses droits civiques et trente mois de prison dont douze avec sursis pour corruption dans des procédures de marchés publics à la ville de Saint-Denis.

Harlem Desir (PS): condamné en 1998 pour recel d’abus de confiance.

Henri Emmanuelli (PS): condamné en 1997 pour trafic d’influence

Jeanine Ecochard (PS): condamnée en 1998 dans l’affaire Urba (financement occulte du PS).

Jean-Christophe Cambadélis (PS) : condamné en 2006 pour l’affaire de la MNEF.

Jean-Christophe Mitterrand: condamné en 2009 pour recel d’abus de bien sociaux.

Jean-Marc Ayrault (PS): condamné en 1997 pour délit de favoritisme.

Jean-Michel Baylet (PRG): condamné en 2003 pour abus de biens sociaux.

Jean-Paul Huchon (PS): condamné en 2007 pour prise illégale d’intérêts et en 2011 par le Conseil d’Etat.

Jean-Pierre Destrade (PS): condamné en 2005 pour escroquerie et trafic d’influence.

Jean-Pierre Kucheida (PS): Condamné le 21 mai 2013 à 30 000 € d’amende dans une affaire d’abus de biens sociaux.

Jérôme Cahuzac (PS) : Condamné sans peine ni inscription au casier judiciaire en 2007 pour avoir employé, entre juillet 2003 et novembre 2004, une femme de ménage philippine, sans papiers,  rémunérée en liquide pour 40h mensuelles à 250€/mois.

Joël Marion (PCF) condamné en décembre 2012 à 1 500 € d’amende pour prise illégale d’intérêts.

Khadija Aram (ex PS): condamnée en 2011 pour trafic d’influence et abus de confiance.

Laurence Pommier (PCF?) : condamnée en décembre 2012 à 1 500 € d’amende pour prise illégale d’intérêts.

Lionel Colling (LO) : condamné en 2006 pour avoir employé ses proches parents au sein des services de la mairie.

Line Cohen Solal (PS): condamnée en 2011 dans la même affaire que celle touchant Pierre Mauroy.

Maurice Gironcel (PCR): condamné en 2008 à 1 an de prison et 1 an d’inéligibilité pour détournement de fonds.

Melba Ngalouo-Bocquet (PCF) : condamnée en octobre 2012 pour fraudes.

Michel Laignel (PS): Condamné en 2006 pour faux, usage de faux, délit de favoritisme, prise illégale d’intérêts, et détournement de fonds.

Michel Pezet (PS): condamné en 1998 pour recel de fonds utilisés [pour un financement politique] en dehors de tout enrichissement personnel.

Mohamed Abdi (PS): Condamné en 2007 pour escroquerie.

Olivier Spithakis (???) : condamné en 2005 dans l’affaire de la MNEF

Philippe Sanmarco (PS): condamné en 1997 pour complicité de trafic d’influence dans l’affaire du financement occulte du PS, l’Affaire Urba.

Pierre Mauroy (PS): condamné en 2011 pour emploi fictif.

René Teulade (PS): condamné en juin 2011 pour abus de confiance.

Richard Laude : condamné en 2005 après avoir confié une mission à une société dont il était le gérant.

Robert Gaïa (PS): condamné en 2002 pour favoritisme.

Sylvie Adam (PCF?) : condamnée en décembre 2012 à 1 500 € d’amende pour prise illégale d’intérêts.

Sylvie Andrieux (apparentée PS): condamnée à 3 ans de prison dont 2 avec sursis, 100 000 € d’amende et 5 ans d’inéligibilité le 22 mai 2013 dans une affaire de détournement de fonds publics. Elle a fait appel de cette décision.