Le Macronistan ou la tyrannie des médiocres.

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« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparence d’une démocratie, une prison sans mur dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et aux divertissements les esclaves auraient l’amour de leur servitude » Adous Huxley, le Meilleur des Mondes. 1932.

La Macronie, mot désormais commun dans la bouche des médias mainstream, est un système rodé et corrompu au service de la machinerie présidentielle. Un système qui blanchi et protège un jeune voyou à l’ambition d’un Rastignac dans le plus grand des calmes, ou un ministre démissionnaire ou encore le monarque lui-même avec la complicité avouée d’un préfet. En ceci finalement le nouveau monde ne change en rien de l’ancien, sinon que le verni a sauté. On assume avec arrogance se ficher totalement des aspirations populaires, on avance le menton en avant vers un avenir qu’on espère radieux, sans réaliser semble-t-il que chaque pas nous rapproche un peu plus du gouffre. Le ministre de l’intérieur, en dépit de la quarantaine de morts au sein de la police, et en à peine un an, des milliers de blessés et des centaines d’arrestations arbitraires, de ses nombreuses gaffes et autres contre-vérités assénées avec la conviction d’un bonimenteur, est toujours en place. Au même titre qu’un Benalla malgré la quantité ahurissante de délits dont il s’est rendu coupable n’est toujours pas en prison. Mais ce dont peu de gens semblent se rendre compte c’est que la Macronie tend à faire disparaitre la France au profit d’un pays plus tout à fait imaginaire, le Macronistan. Le Macronistan, messieurs, dames, est une nation qui envisage de permettre la chasse à 26 espèces d’oiseaux protégés tout en promettant de livrer l’ONF aux appétits des vendeurs de bois rares. Signe des accords marchands internationaux dans l’espoir de soumettre l’agriculture française aux mâchoires d’acier du libéralisme le plus dur. Bazarde l’industrie française au profit des intérêts étrangers. Et vend, sans que la population ne bouge une oreille, ses frontières et ses aéroports au privé. En effet le référendum concernant ADP n’a pas encore décollé du million, passé aux oubliettes de l’actualité, soigneusement effacé des médias totalement dévoyés au pouvoir. Le Macronistan se débarrasse lentement mais sûrement de tout ce qui faisait la spécificité de la France, à commencer par son modèle social, considéré comme obsolète par les neuf milliardaires qui ont mis le monarque au pouvoir. Mais également son agriculture donc, et surtout son esprit frondeur, désormais considéré comme «séditieux » alors que strictement aucune réponse n’a été apporté à la crise des Gilets Jaunes, eux même n’ayant réussi qu’à diviser un peu plus le pays sans qu’aucune de leur légitime revendication ne soit jamais entendu. Et pendant ce temps au comptoir de la beaufferie, de RMC à LCI s’invitent des locuteurs approximatifs pour critiquer sans talent ceux qui s’opposent à l’abrutissement général voulue par le système macronien. Hystérie des climato septiques qui défilent dans le poste débitant leurs âneries, dégueulis de fond de cour à propos de la mort pas du tout accidentelle de Steve Maia Caniço ou celle de Zineb Redouane. Concours de stupidité au sujet des Gilets Jaunes, de la réforme des retraites ou de l’assurance chômage vécu comme un poids mort au lieu d’un droit légitime puisque cotisé. Mais au Macronistan plus rien n’est légitime s’il n’est pas adoubé par le pouvoir lui-même, c’est que ce pays est bien une tyrannie, de celle qu’Huxley décrivait dans le Meilleur des Mondes, soumise volontairement à l’esclavage mou de la distraction et de la consommation, où il est interdit de se révolter, de se poser des questions, de réclamer son dossier comme Jérôme Rodriguez en a fait les frais et ce malgré l’injonction de la justice, bref d’exister autrement que selon les codes imposés par le pouvoir. Le Macronistan a des ambitions chinoises sans en avoir les moyens. Et aujourd’hui, ridiculisé par sa propre violence, il en est à recevoir des leçons de choses bien apprises des nations autoritaires comme la Russie ou le très fascisant Bolsonaro. Car si la France avait encore son mot à dire en tant que patrie des droits de l’homme, le Macronistan est une nation sans consistance, sans passé ni avenir, une nation de banquier et tout le monde se fiche de l’avis de quelques milliardaires, bankster ou pas. D’ailleurs le Macronistan ne s’intéresse pas à la France que si elle peut servir le label « luxe » de LVMH, ses homards géants et sa vaisselle à cinq cent mille euros. Le mot France n’est plus qu’un terme de prestige à vendre aux étrangers venu s’acheter des portions de notre territoire. Finalement le Macronistan n’appelle qu’à une chose, un réveil nationaliste qui risque d’être cinglant d’autant que l’impopularité du monarque est telle que plus aucun sondage n’ose en former les contours, que pas un seul de ses déplacements ne se fait sans le concours massif des forces de l’ordre et que les députés de la majorité avancent désormais dans un climat de peur, surtout depuis qu’ils ont eu la malencontreuse idée de se mettre les agriculteurs à dos en signant le CETA.

1596 pages d’un accord que les députés de la majorité se sont empressés de voter sans en lire probablement une ligne. 1596 pages d’un traité qui part sa fonction va mathématiquement aggraver les émissions de gaz à effet de serre mais au-delà de ça, industrialiser le vivant au seul profit des multinationales, et ce sans principe de précaution, comme si l’épidémie de la vache folle n’avait jamais existé. Une industrie agricole qui ne se propose pas moins de faire du cannibalisme un moyen de croissance à coup de farine carnée, et de big pharma le futur de notre agriculture. Sans compter les tribunaux d’arbitrage, pourtant abandonné par les Etats-Unis et le Canada dans le cadre de l’ALENA mais réintroduit dans l’accord avec l’Union Européenne selon un mécanisme « crépusculaire » qui prévoit que ces tribunaux pourraient exister encore pendant vingt ans même si l’accord est dénoncé. Enfin le chapitre 19 qui prévoit des obligations dans la passation des marchés publics, principe de non-discrimination et de transparence qui poussera les acteurs publics à ne retenir que le prix comme seul critère, au détriment de la plus-value social et environnementale. Le CETA n’est pas seulement l’expression du cynisme le plus pur selon la définition de Wilde, qui connait le prix de toute chose et la valeur d’aucune c’est une autre tyrannie que nous a imposé la tyrannie macroniste puisque c’est désormais les euros députés seuls qui décideront des volets commerciaux des futurs et présents accords Le CETA c’est le nihilisme du libéralisme dans un monde multipolaire qui croit encore que l’histoire est finie sous prétexte que le communisme s’est effondré. Et cela ne fait que commencer puisque l’Union Européenne veut également signer le MERCOSUR, un autre monstre du nihilisme libéral qui, n’en doutons pas, achèvera définitivement notre agriculture au profit des seuls pays sud-américains. Avec comme conséquence corolaire de voir l’Amazonie dévorée par la déforestation au profit du soja de laboratoire et des bœufs aux hormones de croissance. Et pour seul défense, Gilles Legendre, imbécile frelaté de fond de slip, de nous expliquer que le CETA est écologique parce qu’un super tanker venant du Canada sera compensé par un autre venant d’Europe. Et peu importe si un tanker représente 7200 bêtes dont la moitié crève en mer, peu importe le bien-être animal, la qualité même de la viande pour les amateurs d’antibiotiques, ce qui compte n’est-ce pas au Macronistan c’est les bénéfices. Pas les vôtres, les leurs.

Et pourquoi se gêner, le prix de l’essence est revenu au même tarif qu’au début de la crise des Gilets Jaunes, et l’électricité a augmenté de plus de 7% en deux mois. Steve est mort noyé et l’IGPN a déjà tiré ses conclusions blanchissant d’office la police, les urgences de la France entière sont en grève depuis plus d’un mois dans le silence coupable et complice des médias, la croissance plafonne à 0,2% avec une dette qui s’est amplifiée de 15 milliards. Et Benalla est toujours libre de donner des interviews comme si cette brute sans cervelle avait quelque chose à dire. Le Meilleur des Mondes vous dis-je. Ou plus exactement une idiocratie savamment orchestrée par quelques montreurs d’ours aux poches pleines de pognon, avec à sa tête un monarque narcissique totalement déconnecté du réel, bercé aux inflexions du mépris de classe. Sans compter le ramassis de bras cassés qui forme la majorité. Comme Claire O Petit qui bat des records d’abstentionnisme à l’assemblée ou Corinne Vignon, députée LREM et « ambassadrice » du projet de réforme des retraites qui s’est ridiculisée au micro de LCI en tentant d’expliquer la dites réforme. A ce compte de médiocrité politique on peut sans mal juger de la médiocrité du monarque qui règne sans se fatiguer sur un troupeau de bêtes de somme plus abruties les unes que les autres. Et augurer également sans mal du boulevard que cette majorité est en train de concocter pour les Le Pen aux prochaines élections. Car il n’est en aucun cas certain que les neufs qui gouvernent en réalité ce pays à travers leurs petites marionnettes de papier, leur monarque de pacotille, les supportent encore comme une alternative à celle qui veut faire de ce pays un camp retranché contre le Grand Remplacement fantasmé des délires verbeux d’un Finkielkraut. On l’a vu aux dernières élections, la voix des Gilets Jaunes est allée en réaction majoritairement à cette famille de mafieux. Offrant à un imbécile certifié comme BHL le loisir de se rengorger de sa propre bêtise. Et ils ne furent pas les seuls puisque LREM est arrivée second à cette course sans victoire. La bourgeoisie et à forcerie la très haute bourgeoisie n’a aucune morale, elle s’accommodera sans mal de l’extrême droite puisque celle-ci ne s’est jamais proposé pour autre projet que de défendre les intérêts bourgeois tout en portant le masque du peuple. Alors le Macronistan deviendra le Lepenistan, une autre boursouflure de médiocrité aux accents racialistes et autoritaires, héritant de toute les difficultés créées par la gouvernance catastrophique de l’actuel monarque et nous irons droit vers une guerre civile de basse intensité. Adieu la France, je ne t’aimais pas beaucoup mais je te regretterais quand même un peu.

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