Pour cent balles t’as plus rien

« Tu sais ce n’est pas en gagnant douze mille euros que tu deviens millionnaire » avait en substance expliqué notre roitelet à un gamin qui lui parlait de son salaire. En effet, ni avec une aumône de cent euros. Et d’ailleurs ce n’est pas le but. Le but c’est de diviser un mouvement qui est déjà largement au-delà de ça. Cent euros qui de toute manière étaient déjà prévu par la prime d’activité et que le roitelet va probablement verser en avance en se servant sur les cotisations sociales. Ensuite il nous explique en substance que ceux qui le peuvent verserons une prime de fin d’année, au bon Noël des pauvres… « pour ceux qui le peuvent », et considérant le nombre de petits patrons qui sont dans le rouge, ça va d’autant pas faire des masses que ses amis du CAC 40 ne sont pas non plus connus pour leur générosité. D’ailleurs ils ont appelé Manu 1er, pas question de remettre l’ISF ou…. Ou quoi d’ailleurs ? Avec quoi l’oligarchie tient ce petit monsieur qui nous gouverne ? D’où vient donc cette énergie à défendre une taxe qui est non négociable pour les gilets jaunes ? Pourquoi vouloir absolument se priver de 4 milliards de revenus. Parce que les milliardaires s’exportent ? Mais ils s’exportent de toute façon par l’évasion fiscale contre laquelle on ne fait strictement rien. La CSG ne va pas augmenter pour les anciens, c’était après tout une revendication des gilets jaunes mais leurs retraites ne seront pas non plus indexées sur l’inflation, elles ne seront donc pas taxées mais à mesure du temps elles diminueront mathématiquement. Sans compter la taxe, une autre que nous promet le gouvernement, sur tous les appareils multimédias, smartphone y comprit, notre nouvelle redevance télé. Bref on va vite reprendre dans la poche de tous tout en faisant semblant de faire plaisir à chacun. Et on espère qu’avec ça les choses rentrent dans l’ordre…

Ce dirigeant n’a strictement rien compris. Il a laissé s’ouvrir la boite de Pandore et il compte la refermer avec des demi-mesures de technocrate tiède. Tenez chers amis, prenez les miettes, nous dit le roitelet en substance, et surtout ne regardez pas la baguette, ni le beurre que nous et nos amis nous mettons de côté en permanence. Nous sommes le 25ème pays le plus corrompus au monde, juste entre l’Arabie Saoudite et le Qatar… et à côté de ça le budget de la justice, qui a encore diminué cette année, est équivalent à celui de… la Moldavie.

J’ai été élu démocratiquement, nous soutient le roitelet, comme s’il en doutait, et les journalistes de propagande TV de répéter en boucle la même flûte, démocratiquement on vous dit. Alors que nous savons tous qu’il a été élu par défaut et sans qu’on compte les votes blancs, que cette élection est en réalité le coup d’état de l’oligarchie et que leurs médias s’en sont fait complice. Mais la réalité de ce rappel parle en creux d’un autre, celui-là réclamé par les gilets jaunes, le référendum d’initiative citoyenne qui nous permettrait à tous d’avoir un peu plus d’ascendant sur cette caste qui nous domine et à vrai dire nous conduit dans le mur tout en appuyant sur l’accélérateur. Parce que la finance ne se gave pas assez comme ça, parce que leur donneur d’ordre n’en n’ont jamais assez et que la dette, cette formidable dette qu’on a réussi à produire en se passant toujours un peu plus de service public (comment ? Le mystère reste entier donc). Cette dette qu’on nous sert comme un boulet perpétuel auquel nous sommes éternellement attaché puisque nous payons des intérêts auprès de banques et fonds de pension que nous avons-nous-même renfloué en 2008 dans un chaos perpétuel d’argent, un cercle vicieux, un puits sans fond. Cette dette qui est en réalité le prétexte idéal pour tenir toutes les démocraties en otage. Mais au fond, il faut le dire, tout ça tout le monde s’en fout. Ce que n’a pas compris Emmanuel Macron c’est qu’en laissant les choses s’éterniser de la boite de Pandore a surgit un vent de liberté, et est née une prise de conscience. Celle d’un peuple réalisant qu’il est peut-être plus uni que toutes les divisions voulues et exploitées par les politiques, les syndicats et les médias. Celles sur lesquelles il va falloir compter dans les semaines qui viennent. Car le pouvoir, tous les pouvoirs et ses représentants ne vont pas se laisser faire. Ils tremblent, et à raison. Ce n’est pas juste quelques hurluberlus en jaune qui se sont pointés depuis quatre semaines, ce n’est pas 170.000 personnes seulement qui se sont agités samedi dernier dans toute la France comme a essayé piteusement de nous le faire croire Castaner alors que ça flambait à Toulouse, Lyon, Bordeaux, Paris dont le périphérique était noir de monde. C’est un pays entier qui se soulève peu à peu et qui réclame des comptes à une caste dominante et qui compte bien le rester. Car en attendant tout doit continuer comme avant. En attendant, tout ravi du pourboire de cent euros ne vous occupez pas bon peuple de ces services de santé que nous détruisons, de cette sécurité que nous privatisons, de cette immigration que nous vous imposons à vos seuls frais tout en vous proposant de devenir un pays du tiers monde à votre tour. Car on va vendre, tout vendre pendant que vous vous amuserez avec vos cent euros, comme on a vendu Alstom, comme on vend votre patrimoine, comme on vendra votre sécurité sociale et votre modèle éponyme. Toutes ces vieilleries du Conseil National de la Résistance. Tout ce qui fait la spécificité de la France en dehors de son histoire, sa résistance justement au libéralisme cannibale. Oui tout va tourner comme avant, la Montagne d’Or, les boues rouges d’Areva, le glyphosate, les perturbateurs endocriniens, les milliardaires qui s’achètent les médias comme des bonbons, les politiciens qui s’arrogent des salaires de monarque, et ne sont jamais conduit en prison, la justice aux ordres qui enquille en ce moment les condamnations, fabriquant du futur prisonnier politique à la chaine. Car c’est bien ce qui pend au nez de ce gouvernement, une crise sociale et politique retentissante et d’une ampleur dont les récentes manifs ne sont qu’un avant-goût. La première convulsion mais loin d’être la dernière d’un pays qui depuis quarante ans se dit que ça va péter, un pays résiliant soit, mais gouverné aujourd’hui par la mauvaise personne. Un mauvais comédien entouré d’un aéropage d’ahuris de la plus belle eau. Mais un mauvais comédien avec une feuille de route, une feuille de route destinée à détruire l’état-nation, le fondre dans l’Union Européenne, faire disparaitre notre pays rien de moins avec en lieu et place la Macronie. Sorte de laboratoire ultra libérale pour les crises à venir où nous serons trait jusqu’au sang tandis que le pacte de Marrakech aura rendu le trafic d’être humain légale, pour une main d’œuvre basanée toujours plus corvéable, esclavage moderne et mise sous pression des populations locales comme un vaste troupeau soumis à l’impôt et au chômage-roi.

Notre souveraineté ressemble à la banquise qui s’en va par gros bout à mesure des mois et ils vendent notre pays au plus offrant. Cela fait quarante ans que ça dure mais le roitelet a décidé d’accélérer cette mort annoncée et pour se faire il va rouler sur les riens, les illettrés, les alcooliques. Pas une mesure concernant les chômeurs, les travailleurs précaires ou les handicapés, je vais continuer de vivre avec mes 1100 euros en économisant sur absolument tout sauf sur mon loyer et bientôt mon ordinateur. Or moi je ne demande même pas le pouvoir d’achat, je déteste ce mot, j’en ai rien à foutre d’acheter, j’achète pour répondre à un besoin pas parce que je peux le faire. Je demande juste de pouvoir vivre. Pas me poser systématiquement la question du prix devant une gondole, pouvoir me payer de temps à autre des vacances, être libre de sortir sans me dire que ça va me couter un bras, pouvoir me soigner. Tenez je ne peux même pas aller chez le dentiste ou changer de lunette sans me dire qu’il faudrait que je prenne un crédit pour remplacer mes dents cassées ou changer de verre. J’ai pris une mutuelle récemment, j’ai appris que les mutuelles vont augmenter… Ca n’en fini jamais et je ne suis ni salarié, hélas, ni petit patron, ni souffrant d’handicap physique, ni encore trop vieux pour avoir droit à une ridicule retraite de survie. Et puis il n’y a pas que ça que j’aimerais, j’aimerais pouvoir être fier de mon pays, fier de ses institutions, de sa justice, de ses progrès sociaux, de son exemplarité, et de ce côté-là c’est la cata, la cata complète. Je ne suis pas nationaliste pour un rond, je ne tire aucune gloire de vivre ici ou ailleurs, au reste je suis à moitié anglais et ça compte cette moitié là pour moi. Mais d’un autre côté ça me mine de voir un pays avec une telle histoire, une telle richesse et un tel potentiel se faire rouler dans la merde par une caste et ce depuis la nuit du 4 août. Cette caste dont Macron est le produit génétiquement pur, la bourgeoisie française comme un rempart à l’oligarchie. La bourgeoisie française qu’incarnent si bien les partis de droite comme de gauche comme les médias avec leurs caciques interchangeables et leur discours lénifiants  qui aujourd’hui aboient en cœur après Macron dans l’espoir d’en avaler un bout, tout en se mettant la plèbe jaune dans la poche au passage. Plèbe à qui on ne cesse de répéter que c’est dangereux de descendre dans la rue on casse des vitrines et des plâtres, ça amène des êtres malfaisants. Cette curiosité quand même de se scandaliser, demander systématiquement aux gilets jaunes et à leurs suiveurs de se désolidariser des « casseurs » comme si les casseurs en question n’étaient jamais apparu qu’avec ce mouvement, comme si c’était une surprise, comme si même les gilets étaient devenus jaunes uniquement par goût de tout péter. Qui a interdit les masques et gazé massivement samedi dernier ? Qui commet des arrestations arbitraires comme celle de Julien Coupat dont le seul tort n’a jamais été que de vouloir se rendre à cet événement, qui a la brillante idée de filmer des gamins comme au Chili des années noires sachant le tôlé que cela va provoquer ? Qui tire à bout portant au flash-ball dans la tronche des lycéens ? Qui fait arrêter trois mille personnes en agitant des menaces imaginaires ? Le gouvernement. Un gouvernement maladroit, immature, méprisant et pour tout dire méprisable qui une fois encore démontre qu’il se fout totalement de ce peuple dont il ne sait rien sinon des statistiques et des graphiques, une Powerpoint-cratie qu’on entend diriger en faisant de mauvaise comédie aux heures de grandes écoutes.

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