Cocaïne II, la Puta y su Hijo

MP5K noir métal, lunette de tir infra, cagoule, moulée noir qui avance à pas de chatte. MP5K à l’épaule, réducteur de son, objectif à deux heures, rafales de trois, un court pet sifflant dans le noir anglais. Trois pas de côté, glisse derrière l’arbre, attends son poignard de combat derrière la cuisse qui s’enfonce d’une traite dans la gorge qui vient et ressort sans un bruit, du sang chaud sur ses mains gantées et renforcées. Un genou à terre, les bras qui virevolte passant d’une arme à l’autre, fusil d’assaut M4, lunette de tir réflexe et silencieux à nouveau, une longue rafale, deux gardes fauchés. Une balle siffle à ses oreilles et troue le mur de la villa comme un beurre mou. 50 BMG, 964 mètres secondes, Barret M82A1, derrière le mur une tête se défragmente dans un bruit d’os et de viande.

–       Muchissima gracias mi amor, glisse-t-elle dans son micro de col.

–       De nada, je suis là pour ça bébé, répond une voix dans l’écouteur.

Elle entre dans la zone critique. Deux caméras croisées, une porte d’entrée latérale, verre blindé, à découvert, lumières. Des spots comme au cinéma ! Elle dégaine le M4 et élimine une caméra après l’autre tandis qu’une nouvelle ogive BGM bousille les phares connards comme à l’entrainement. Une balle trois cibles. Ca fait PRSHHHHBLANG ! et puis la nuit à nouveau. Grenade contre la porte vitrée. Le phosphore crache sa flamme blanche, elle s’engouffre dans des odeurs de soufre et de chlore, fait feu avec le MP5, roule sur elle même et tue le gars derrière. Cocaïne a le pouls bas, la respiration douce, l’âme glacée, dans son élément. Elle pivote dans le couloir de droite sur les instruction de sa compère. Au-dessus de la villa un drone high tech, vision thermique, Black derrière son pad et son Barret, fixés de sorte que ses yeux n’aient qu’à osciller.

–       Cible à trois heures.

Cocaïne met un genou à terre et attend que le type rentre dans son champ de vision. Le pistolet-mitrailleur tressaute, charge creuse, une sur trois, la cervelle arrose le mur derrière lui.

–       Cible à midi, accroupis.

Elle fait feu au raz du sol à travers la porte devant elle, dégage muy rapido. Un couloir, un autre, R.A.S. Black en profite pour se déplacer, une, deux, une deux, petite foulée dans la campagne nocturne, trente kilos sur le dos, quinze pour son seul fusil. La première a été dressée dans l’armée de Don Carlos, mexicana, la seconde dans les Rangers, gringa, elles se sont rencontrées dans un bar à fille de Miami. Flash immédiat, par ici salope t’es à moi. Elle a fait sauté le chambranle, coup d’épaule, roulé-boulé, personne, elle se faufile entre les meubles de luxe, du high profile direct de Suisse comme les comptes bancaires des proprios de la villa. Madame le sénateur avait apprécié le boulot précédent, madame le sénateur en avait assez de certaines affaires, certains réseaux qu’on ne traitait pas pour des raisons politiques, mafieuses, CIA, NSA, mercenaires du Pentagone, que sais-je, madame le sénateur était catholique fondamentaliste, elle haïssait le porno, les gouines, les pédés, les camés et leurs pourvoyeurs, les nègres, mais par-dessus tout elle vomissait toute cette compromission, elle était en croisade et rien à foutre de la sexualité de sa tueuse, elle faisait le boulot, elle. Cocaïne entend du bruit dans la pièce à côté, le cliquetis d’un brelage, la porte s’ouvre dans un souffle brûlant dispersant ses éclats à travers la pièce, une grenade paralysante roule au sol, Elle se plaque au sol, yeux fermés, mains sur les oreilles, l’engin éclate, elle roule sur elle-même, devine une silhouette à travers le flash de lumière, ses oreilles vrillent du sifflement suraigüe de l’engin, des balles s’éparpillent autour d’elle, elle dégaine le Sig Sauer à sa ceinture et tir au jugé les yeux en larmes tout en continuant de rouler sur elle-même, c’est B. qui lui a apprit ça, Black, sa B. Qu’elle entend au loin faire tonner l’obusier. Madre dios ils sont combien là-dedans ? Les projectiles font gicler le parquet, la silhouette tombe touché au pied, elle a la rage, elle flingue jusqu’à la fin du chargeur, quinze cartouche, se redresse, salon vide à côté puis des morts, et soudain :

–       Derrière toi !

Le drone ne l’a pas vu à cause de la déflagration et de la chaleur, sa silhouette qui se détache de derrière un canapé,  C. a juste le temps de se prendre sa masse sur le dos, aplati net, il lui plaque la nuque au sol et commence à la frapper dans le dos de toute ses forces. Cocaïne encaisse, réplique par un coup de coude ajusté à la jugulaire, et parvient à se dégager, elle a à peine le temps de redresser, il s’enfonce les épaules dans son ventre plat et dur, la rejette contre un mur comme si elle ne pesait rien, le mur la choque ce qu’il faut, il la débarrasse de son poignard et de son pistolet juste à temps, il a la trentaine, de l’entrainement, il est féroce. Son poing s’enfonce dans le mur, d’un cheveu de sa tête, il la bloque de tout son corps, un genou se dérobe et le frappe plusieurs fois dans les flottante sans le faire broncher, il essaye de lui écraser la trachée et il s’y prend rudement bien, alors elle sort un autre cadeau de Black qui fait clic en s’ouvrant sous l’annulaire. Trois centimètres d’acier effilé repliés sur un anneau de laiton, son spécial anti gros lourd comme dit B. Elle lui sillonne la gueule jusqu’à l’œil, lui fend le globe oculaire, il recule en hurlant, une fontaine de sang qui lui coule sur la joue, elle le repousse, pied dans l’estomac et assure une rafale du MP qui lui déchire la poitrine. Elle saute par-dessus le cadavre, entend des gémissements, des cris, ça vient de loin mais elle a du mal à se repérer avec les coups de feu qui ont sonné à ses oreilles et la fumée dans la pièce, alors elle avance rapido et s’enfonce dans une pièce sombre.  Un sellier avec une porte au fond fermée. Mais elle sait où elle conduit et elle n’a pas envie de voir ça, alors elle s’arrête et reprend son souffle.

–       Ca va chérie ? S’inquiète Black.

–       Laisse-moi deux secondes.

–       Ok.

 

Un contrat juteux, réseau pédo, cinquante mille par tête, cent mille pour la Puta, autant pour su Hijo. Personne ne savait leurs vrais noms, mais les autres on avait une liste, une longue. Du très juteux financièrement. Calibré parfait pour les deux filles. Cocaïne travaillait le plus souvent en solo et Black assurait le back up si nécessaire, mais ici les choses étaient différentes… B fait sauter son Barret de son épaule et d’un coup de hanche balance son M4 devant elle, feu, rafale de suppression, elle rentre dans le champ de tir. Elle court, mitraille à droite et à gauche, bientôt plus personne à tuer. Enfin… Elles n’en peuvent plus l’une et l’autre de tout le mal qu’elles ont vu, de la folie des adultes. Elles n’en peuvent plus de libérer des gosses martyrisés, des enfants et des adolescents violé(e)s, des gamins tabassés, souillés, humiliés par des parents tarés, et des dingues du sexe. Des pervers comme elles n’en avaient jamais tué. Et pour tuer, tuer efficacement, comme une vraie chasseresse il faut apprendre à penser comme la proie. A être elle. Ce n’était pas un rêve de penser en pervers pédophile, non. Black  est une coriace mais elle se souvient d’une scène de snuff trouvé dans un placard particulièrement éprouvante, une gamine violée et brûlée vive ensuite par le Hijo. Un taré pur jus, elle rêve de se le faire avant C. elle a peur que Cocaïne pète un plomb si elle voit une fois de trop ce cirque. C’est malsain à force d’être dans leur peau, de les savoir, de les sentir quand ils deviennent gluant, rampant avec les mômes…

Cocaïne se relève, petit soldat, vérifie ses chargeurs, recharge le pistolet mitrailleur, tant pis pour le Sig, pas le temps, elle pose une charge aimantée en bas et haut de la porte, double bang. Un tir accueille l’ouverture, grenade. La Sauterelle, c’est comme ça que les serbes l’appelle, elle éclate une fois, saute à un mètre vingt environs et la charge principale disperse ses aiguilles de shrapnel dans le bide du mitrailleur le coupant en deux dans un bruit violent et sec comme une claque dans la gueule géante et feu. Brouillard de gris, le sang comme une pointe de cuivre sous la langue, la fumée de la cordite et son odeur de poudre grasse et noire, elle descend des escaliers, une autre porte, blindé également, deux autres charges, un sas, puis une simple porte à verrous multiple derrière. Elle entend des cris, des gémissements, elle sait ce qui se passe là-dedans. Ils tournent encore !? Ils se foutent de sa gueule ou quoi !? Elle ne prend même pas la peine de poser sa dernière charge, elle démastique les serrures avec son pistolet-mitrailleur, une rafale et un coup de pied, ça suffit. La porte vola, elle entra. Matériel électronique, ordi, et deux personnes masqués. Elle sait qui ils sont, elle a déjà vu ces deux cagoules, dans le snuff notamment. Et puis il y a le matelas, le vieux matelas tout pourri en dessous la gamine. Elle a quoi ? Treize ou cent vingt trois ? Elle grogne, gémit, elle a mal, peur, et ce connard qui est toujours sur elle à ahaner comme un porc. Et puis soudain elle sent la présence de l’arme pointé sur son crâne, la Puta la braque avec un gros revolver.

 

Bang ! Black entend le coup de feu, elle court, vole littéralement au-dessus des cadavres, dévale les escaliers, une gamine erre dans le sas avec une couverture sur le dos, elle connait ce genre de tête, elle n’en peut plus de les voir, elle l’écarte de son chemin puis soudain entend la voix de Cocaïne hurler :

–       Vous voyez ça bande de fils de pute !? Maintenant on a toutes vos connections, on va vous retrouver et on vous fera ça !

B. rentre et surprend sa compagne devant une des caméras agitant une tête. Par terre git une femme ordinaire d’une trentaine d’année, le bras tranché net à la hauteur du poignet, le crâne planté par la dague de C. D’un claquement Cocaïne coupe toute les communications puis jette la tête par-dessus son épaule.

– On peut savoir ce que tu fabriques ? Tu veux t’attaquer à la planète pédo tout entière ?

Cocaïne est de mauvaise humeur, sa cagoule est déchiré, elle s’est battu.

–       Ta gueule ! T’y crois ça cette salope d’enculé a essayé de me draguer !

–       Te draguer !?

–       Omar qu’il m’a dit qu’il s’appelait, l’a commencé par me parler turc et puis en français, voulait qu’on reprenne l’affaire ensemble, qu’il aimait mon style !

–       Je te jure, il y a de ces dingues. Et elle tu lui as demandé son nom ?

Cocaïne cracha.par terre.

–       Qu’est-ce qu’on s’en branle de cette salope !?

Elles sortirent avec la gamine toujours enveloppée. Dehors la nuit avait mit son manteau de froid, le parc était jonché de cadavres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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