La mort du travail, le travail jusqu’à la mort.

Je ne travaille plus depuis trois ans. Dans ma vie j’ai fait beaucoup de genre de travail. J’ai été standardiste à la sécu, gardien de nuit et chauffeur-livreur pour payer une partie de mes études. J’ai été graphiste papier, rédacteur-concepteur, scénariste de jeu vidéo, réceptionniste, serveur, animateur de minitel rose (si,si) formateur dans l’hygiène et le nettoyage, sondeur, et cuisinier. Je sais peindre, dessiner, écrire, faire la différence entre un filet de sole et un désosseur, fabriquer une duxelles ou un fond blanc, diriger des comédiens, former des gens, je sais ce que c’est qu’un montage, décrypter une image, fabriquer une affiche ou un logo et vendre une idée. J’apprends et je m’adapte vite. Et j’adore être submergé de boulot, charrette, la tête dans le guidon. Mais je ne travaille plus depuis trois ans.

 

Quand j’étais à la rue je travaillais pourtant, avec mon RSA et l’aide des Emmaüs je n’étais pas obligé mais je n’avais pas vocation à rester à l’hôtel au mois en crevant debout. Quand je logeais chez ce qui me tient lieu de mère, je travaillais également, « enquêteur » téléphonique, et j’ai même essayé de monter mon entreprise comme rédacteur. Et l’Urssaff m’a endetté de 5000 euros… à savoir ce que j’avais fait dans l’année…  Alors un jour j’en ai eu marre de téléphoner à des gens pour leur proposer des enquêtes marketing complètement connes et j’ai décidé de refaire des études. Oh pas grand-chose, un CAP de cuisine. Mais je me disais ce que tous les gars sans idée se disent à la sortie du lycée : on aura toujours besoin de cuisinier. C’était une idée à la con, j’aurais dû me méfier. Dès que je suis arrivé à l’école je suis tombé sur des cons. Des cons en cuisine, des cons parmi les élèves, des cons qui dirigeaient l’école de formation, un vrai rassemblement, un jumbory, venez nombreux plus on est de con plus on rit… Mais j’ai eu mon CAP et pendant deux ans je me suis fait engueuler par des gamins de vingt ans, mépriser par des chefs qui ne me connaissaient pas depuis une semaine, exploité de toute les manières qui soit. Un employeur a même poussé le vice, après m’avoir fait bosser comme un âne pendant un mois pour une misère, de me licencier… le lendemain de la signature de mon contrat. Et un autre, sur un salaire brut de 1400 euros… m’a accordé 975 euros, à raison de dix heures par jour, cinq jours par semaine durant un mois, et dans une ambiance de merde. En cuisine, les ambiances de merde on a l’air de trouver que ça aide pour débiter 100 couverts en deux heures… En effet, on aura toujours besoin de cuisinier… un s’en va, quinze attendent à la porte, plus jeunes, plus corvéables, prêt à se faire humilier par un chef hystérique parce qu’au bord du burn-out, qui fume son bédo dans la cuisine ou sniffe de la coke. C’est pas une image, c’est ce que j’ai vécu. Le flux tendu. Et croyez-moi je connais. Vous avez déjà travaillé en cuisine et en salle, fait la plonge avec une clavicule fêlée ? Moi si. Je ne le savais pas, j’avais mal, mais je serrais les dents. Vous avez déjà fait des découpes avec une main cassée ? Moi si. Je ne le savais pas, je venais de me paner dans les escaliers de la réserve, ma main enflait, j’avais mal, mais je tenais le coup parce que c’est mal de se plaindre en cuisine. Quand j’ai fini par m’installer un petit pot d’eau froide pour calmer ma main, le chef a daigné sortir de son mépris et m’a autorisé à aller à la pharmacie. Le lendemain je lui apprenais que main était pétée et j’apprenais que j’avais eu la clavicule fêlée… Il est tombé de son arbre, il croyait que je simulais. Simuler une main qui double de volume, un prodige, je suis un prodige….

 

Alors je ne travaille plus, je suis écœuré. Depuis 17 ans, depuis que je suis tombé malade je n’arrive pas à retrouver un boulot normal. Je vie donc de mon handicap, 800 euros plus APL, 1080 avec un loyer de 477 euros. En réalité je vis sur mon découvert. Je fais ce que je déteste le plus au monde, je vis de l’aide sociale. Je déteste l’aide sociale. Je déteste quémander à des fonctionnaires sans âme qui vont me réclamer 600 paperasses pour m’accorder une aumône. Parce qu’on sait jamais, je pourrais tricher… Sans compter que pour toucher l’AAH (Aide Adulte Handicapé) il faut non seulement remplir un dossier tous les deux ans mais pendant des mois on ne sait pas si on va ou non l’avoir. L’opacité la plus totale. Quand t’es bipolaire il y a des stress plus engageant… Remarque, je ne dois pas être si écoeuré que ça puisque l’année dernière je me suis dit que j’allais être Assistant de Vie Scolaire. J’adore les mômes et réciproquement, les gamins qui sont de travers ou qui ont des difficultés je connais bien et j’ai envie de donner de mon temps à des gens qui en ont besoin. Ah oui mais non, je suis con… l’employé du mois supprime les contrats aidés, et les AVS ne fonctionnent qu’avec des contrats aidés. Mais bon comme ça on va pouvoir se débarrasser de pleins d’associations gênantes, et le privé va pouvoir embaucher à bas prix. Après tout vous l’avez élu pour ça, pour qu’il obéisse au président de la république Pierre Gattaz non ? Non ? Alors pourquoi vous l’avez élu ? Pour faire barrage au FN ? Vous savez que les blagues les plus courtes sont souvent les meilleures ?

 

La nouvelle organisation scientifique du travail : le profit à tout prix.

L’OST, ou organisation  scientifique du travail a été élaborée durant la seconde révolution industrielle par un contremaitre du nom de Frederick Winslow Taylor qui se plaignait que ses ouvriers glandaient. L’OST ou taylorisme propose d’organiser de manière scientifique le travail, et plus exactement le travail à la chaine. Les gestes sont rationnalisés, le temps chronométré, l’aliénation précise au millimètre prêt. Le taylorisme donnera naissance au fordisme qui fera les beaux jours des usines du même nom, des fabricants du Messerschmitt, des usines d’armements, de l’agro-alimentaire et de Steve Job… Le taylorisme et le fordisme ont notamment trouvé des alliés à travers la technologie moderne, par exemple l’usage systématique du code barre. Comme ça ton produit passe deux fois plus vite à la caisse, la dame que tu ne regardes jamais n’a pas besoin de lire l’étiquette, t’attends plus et tu peux vite courir consommer un autre truc ailleurs. La dame elle par contre soulève du coup… une tonne par jour, tous les jours. Remarque, les grandes enseignes ont trouvé mieux : les robots, et hop plus besoin d’employer ces vieilleries qui râlent pour un oui ou pour un non, voir qui tombe enceinte et qu’on appel des êtres humains. En plus un robot ça ne réclame pas de salaire, et ça c’est encore mieux, on peut faire encore plus de pognon. Vous comprenez c’est la crise et la famille Mulliez veut s’acheter un nouveau château…

 

Je me moque mais ça n’a rien de drôle. Chaque année 500 personnes se donnent la mort en France en raison de leur travail. Les spécialistes pensent que ce chiffre est minoré notamment parce que personne n’ose parler. En fait c’est même pire que ça, entre les suicides et les accidents, il y a dans le monde 2,3 millions de personnes qui meurent de leur boulot chaque année, au point où l’Organisation Internationale du Travail en association avec l’OMS a tiré la sonnette d’alarme. Et en 2007 23 millions d’européens sont tombés malades à cause de leur travail. Mais heureusement en France, pour s’occuper des millions de salariés qui sont en détresse moral, blessés ou souffrant d’une maladie professionnelle nous pouvons compter sur 5524 médecins exactement, pas un de plus. Et un conseil, évitez de tomber malade en Picardie, ils sont 71… J’ai travaillé une fois dans un restaurant, six accidents du travail en un mois, pas un inspecteur, pas un médecin, rien… Et pourquoi ? Parce que c’était un restau à touriste qui proposait de débiter 160 couverts en une heure à six, entrée, plat, dessert pour les tours operators, pendant qu’on servait 80 à 100 couverts en terrasse. Nous avions un serveur comme ça qui a lui seul assurait 80 couverts. 80 personnes à servir et desservir en un temps record, son secret ? Le secret de tout le restaurant : l’alcoolisme. Alors les accidents s’enchainaient, et mieux, la direction encourageait cet alcoolisme. 10% des hommes gère leur stress au travail par l’alcool, les femmes préfèrent les psychotropes. Et puisque vous ne posez pas la question, le coût social de l’alcool en France est de… 120 milliards. Heureusement que c’est l’égal.

 

Le travail devient de plus en plus inhumain, les cadences de plus en plus infernales, et les investisseurs veulent du profit, toujours plus de profit. Alors on réduit les effectifs et on demande aux survivants d’assurer le boulot de quatre personnes. Méthode de management désormais valable dans le public comme dans le privé, comme le savent toutes les infirmières, aides-soignantes, tous les médecins, les flics, etc. Nos gouvernants ont cessé de gouverner pour devenir les super dirigeants de l’entreprise France. Et comme l’employé du mois n’a pas encore détruit le code du travail afin de facilité les licenciements et de rendre la mise en servage plus pratique, les tribunaux croulent sous les dossiers. Bah oui, c’est pas toujours simple de virer comme le souligne régulièrement le président de la République Pierre Gattaz. Faut inventer des raisons, harceler l’employé, l’accuser de vol, de ne pas travailler, etc… Heureusement, si en France nous avons un policier pour six cent habitants, nous pouvons nous enorgueillir d’avoir un inspecteur du travail pour… dix milles salariés. Tenez, vous savez combien ils sont pour s’occuper de l’ensemble du secteur de la Défense, un des pôles économique de notre pays, où sont installés des dizaines d’entreprises souvent colossales ? Pour s’occuper des milliers d’affaires de litige, en plus de surveiller les chantiers et le désamiantage ? Cinq.

 

Et là j’entends déjà mugir le réac devant sa télé. En France on fout plus rien, on a trop de vacance, on fait tout le temps grève, on a plus le goût du travail, et comme disait Arnaud Mondebourg qui s’y connait vu qu’il n’a jamais rien ramé de sa vie à part serrer des pinces, il faut remettre la France au travail !… immédiatement suivi du fameux travailler plus pour gagner plus, parce que les semaines de 50 heures ça avait quand même son charme (ce que fait un routier en moyenne, rassurez vous). Evidemment si on dit que la France est 3ème en termes de productivité horaire derrière la Norvège et les Etats-Unis ça fait tout de suite moins feignasse. Mais faut pas le dire trop fort, c’est aussi Pierre Gattaz qui décide de ce qu’on doit dire ou non aux 20 heures. En attendant, les pays européens dépensent entre 4 à 5% de leur PIB sur la seule question de la santé au travail.

 

Le travail formaté pour gagner plus.

Le secteur industriel en France s’effondre lentement mais sûrement, non pas à cause de la conjoncture mais grâce aux commis du patronat pour lequel vous votez et qui se sont empressé de le brader en se faisant une fortune au passage. En revanche un secteur qui se porte bien partout dans le  monde c’est le secteur du service. Rien que le seul e-commerce à généré globalement la somme fabuleuse de 1915 milliards en 2016. Mais qui dit gros chiffre d’affaire dit également grosse concurrence. Une concurrence globale et qui touche tous les secteurs. Alors on rationnalise, et on rachète. Les holdings rachètent des sociétés à la chaine, réorganise la production pour la rendre encore plus efficace avec encore moins de monde, exigeant d’un employé qui faisait 350 pièces en une heure de passer à 1500, le transformant littéralement en robot en attendant de le licencier pour le remplacer par une vraie machine. On reproduit des usines et des boites à l’identique, on réclame un service identique, et où que vous soyez dans le monde, Starbuck aura strictement le même décor. Proposera les mêmes produits, servit avec le même sourire et les mêmes mots dit dans une autre langue à l’autre bout de la terre, ça s’appel une charte. On met le personnel sous pression permanente et surtout on veille à n’engager que des employés dociles, en état de fragilité sociale qui vous remercieront à genou d’avoir un CDI, vendront leur âme pour le conserver, et peu importe si le salaire leur laisse à peine de quoi vivre, ils ont l’impression que c’est à vie parce qu’il y a écrit « à durée indéterminé ». L’emploi à vie ça fait rêver, surtout dans un pays où il n’y a officiellement que 3 millions de chômeurs, et officieusement le double et où un chômeur sur quatre ne touche pas d’indemnité. Heureusement tout va changer puisque le CDI est en train de mourir de sa belle mort. On veut de la compétitivité, de la flexibilité. Et pour faire passer la pilule on a demandé au personnel pour lequel vous votez d’inventer un mot qui n’a aucun sens : la flexisécurité. En gros on vous propose de vous la mettre profond mais avec le sourire. Car le sourire c’est important.

 

Les sociétés de services et quelques autres font appel à d’autres sociétés de service pour connaitre la satisfaction de leurs clients. Elles font appel à des instituts, généralement délocalisé au Maghreb ou en Espagne parce que 8,50 euros de l’heure c’est encore trop payé. Ces instituts ont ce qu’on appel des call center. Tous les call center se ressemblent, qu’il s’agisse de votre abonnement Orange, de savoir si vous êtes très satisfait, plutôt satisfait ou pas du tout satisfait de telle marque, ou pour vous écouter gueuler parce que EDF a encore fait une connerie. Ces call center sont l’essence même de la nouvelle organisation scientifique du travail, et je peux en parler, j’ai été « enquêteur »  téléphonique pendant trois ans. Vous répétez inlassablement ce que vous lisez à l’écran, même si ça n’a strictement aucun sens et même si la personne fini par répondre par automatisme. Si vous tombez sur un bavard, généralement une personne âgée, vous tâchez d’écourter, et si on vous insulte, ce qui est fréquent, vous devez répondre aimablement. Des individus qui sont payés un euro de plus que vous, surveillent ce que vous dites, ce que vous faites et selon si la personne est dans le même lieux géographique que vous, elle vous engueulera directement dans le casque ou devant tout le monde, si possible en vous ramenant plus bas que terre. On les a choisi pour ça, comme vous avez été choisi en fonction de votre soumission. Chez Téléperformance, une des plus grosse boite de France dans le domaine, la méthode de management c’est la gueulante sept heures par jour. Dans un autre institut de sondage j’ai entendu un superviseur bramer « ne vous croyez pas plus intelligent que les questionnaires » traduire : lisez strictement ce que vous voyez à l’écran. Dans un autre encore, un superviseur de 20 ans m’a demandé de me tenir droit sur ma chaise pour répondre au téléphone, et ailleurs, on me surveillait par l’intermédiaire de mon micro même quand j’étais hors ligne…  Les sociétés font donc des centaines de ce genre de questionnaire par an, réparti sur un panel d’environs 1500 à 3000 personnes de 18 à 80 ans et de toute origine social et région. Si jamais les quotas par tranche d’âge ou profession ne sont pas remplit, ce qui arrive d’autant que par exemple les 18-25 ans détestent répondre à ce genre d’enquête, les responsables s’arrangent pour « ventiler » les chiffres, en français on dit bidouiller. On annonce généralement des temps d’enquête de dix minutes un quart d’heure, pour éviter de dire que ça va durer vingt minutes et plus si la personne vous raconte sa vie, ce qui est une constante. Toutes les questions se ressemblent, toutes les réponses également, et vous savez comme moi, si vous avez déjà répondu à une « enquête-qualité » qu’au bout de cinq minutes on décroche et on répond sans réfléchir en espérant terminer au plus vite le supplice. Et c’est à partir de ça que toutes ces marques vont choisir de mettre la pression sur leurs employés. Car elles en sont aussi persuadés que les politiques, les sondages, les statistiques, sont infaillibles. Et ce même si ça ne correspond à aucune réalité humaine, même si le « service qualité » du client-roi s’arrêtera en réalité aux dividendes, même si les critères déterminés par ces enquêtes sont humainement irréalisables. En culpabilisant un employé ou en le poussant au bord du suicide on peut faire de grandes choses.

 

La financiarisation du travail

Le monde du travail a changé notamment au courant des années 80 sous l’égide de Reagan et Thatcher, les charognards de la finance, et de fond de pension comme KKR et le milliardaire Henry Kraviz. L’objectif de ces fonds de pension est de racheter des boites, les optimiser et les revendre dans les quatre à cinq ans. Comme avec Adidas et notre mimile national, Tapie la gourmette. Pour se faire ces fonds de pension font des montages en LBO ou leverage buy out. En gros on met un peu de ses fonds propres et énormément d’emprunt dans un rapport de un pour cent. Six cent millions d’investissement propre et des milliards d’emprunt. Seulement il faut rembourser ces emprunts, et dans un temps record, et en plus il faut rendre l’entreprise encore plus bénéficiaire avant de la vendre, le tout en quatre à cinq ans. Et pour ça on pressurise au maximum les salariés et leurs patrons, sans une seule seconde tenir compte ni du capital humain ni même de la réalité concrète du terrain. Il faut faire de l’argent, énormément, très vite, et à tout prix, Henry Kraviz ne gagne après tout que 5400 dollars par secondes. On est plus dans le cadre du capitalisme à la papa où une entreprise mettait une décennie à acquérir une position leader sur le marché. On est dans le cadre d’un capitalisme financier qui n’hésitera sur aucun sacrifice, aucune destruction pour gagner encore plus d’argent que les montagnes d’argent qu’il gagne déjà. Et on appelle ça des « créateurs de richesse » et le président de la république Pierre Gattaz adore ça. La richesse. La création par contre ça coûte cher, raison pour laquelle tous les départements Recherche et Développement de l’industrie sont en très net recul, et pourquoi on préfère licencier en masse. D’ailleurs pourquoi s’emmerder ? Un monsieur comme Kraviz, avec ces rachats et ses reventes fait par an plus que Microsoft, Coca et Disney réuni ! Ne vous demandez pas pourquoi les ventes de Viagra explosent et la recherche contre le cancer stagne. Le cancer ça rapporte et le zizi aussi. C’est la seule chose qui compte : les bénéfices, toujours plus de bénéfices. Et si demain les trithérapies ne rapportent plus assez, le fond de pension balancera le labo aux orties et passera à autre chose sans le moindre scrupule. Mais je vous rassure, non seulement cette tendance va notamment s’accélérer avec les accords comme le CEITA mais le trading à haute fréquence la développe à la vitesse de la lumière. Des millions de titres échangés en une nano seconde de part le monde. La bourse de Paris ? Cette vieillerie ? Wall Street ? Cette antiquité ? Aujourd’hui les échanges se font à travers des serveurs informatiques, d’ailleurs la bourse de Paris se trouve désormais… dans la banlieue de Londres. D’autant que dans le courant des années soixante dix est apparu une nouvelle forme d’OST, après le taylorisme et le fordisme, vint le temps du toyotisme. Inspiré de ce qui se passait alors dans les usines Toyota, l’idée a été non plus d’organiser le travail dans une logique de haut vers le bas, par le poids de la hiérarchie mais de faire participer l’esclave à l’amélioration de son esclavage. Le rendre optimum en le faisant adhérer aux « valeurs » de l’entreprise, et ceci bien sûr en lui vendant l’idée qu’il participe lui-même à l’amélioration de ses conditions de travail. Un peu comme quand on vous dit que la France va financièrement mal et que vous trouviez logique, normal et nécessaire de perdre vos protections sociales au profit… du président de la république Pierre Gattaz. Et ainsi, dans une entreprise comme Fenwick, optimisée par le toyotisme et les exigences de la holding qui la possède (Kraviz, au hasard) les accidents du travail ont augmenté en 2009 de 25%. Heureusement l’employé de Pierre Gattaz va simplifier le code du travail pour le rendre encore moins contraignant pour les négriers. Et le sublime de tout ça c’est que si vous êtes le meilleur vendeur de la terre parce que vous avez des méthodes personnelles et pas du tout dans le manuel de l’entreprise, on vous enverra une bande de flagorneur qui soutirera tout votre mode de fonctionnement pour en faire un nouveau modèle de vente auquel tous les autres vendeurs seront soumis… jusqu’à ce qu’on vous licencie pour faute grave. C’est ça le toyotisme, produire plus avec moins d’effectifs et faire participer l’employé… à son futur licenciement. Un peu comme vous quand vous votez pour un commis de banque dont une des premières actions aura été de réduire les aides aux plus pauvres, le tout en vous vendant au choix la dette qui est très, très méchante où la compétitivité globale qui est très, très féroce…

 

Les réactionnaires adorent répéter que la valeur travail se perd. Qu’on méprise le travail. Ils n’ont pas tort, excepté que les réactionnaires ont la mémoire courte. A Rome, dans la Grèce antique le travail était réservé aux esclaves, puis plus tard aux serfs, et ensuite il y a eu le taylorisme, le fordisme et le toyotisme. Aucune de ces organisations ne plaçaient ou ne placent l’employé au centre de l’entreprise, son travail, son excellence ne compte pas, c’est sa rentabilité qui prime. Et ce même mépris se traduit dans la financiarisation de l’entreprise. Pourquoi avoir des salariés quand on peut faire de l’argent en se débarrassant des travailleurs ? Pourquoi s’emmerder avec un esclave quand on peut utiliser un robot ? Et en attendant on se sert de la conjoncture et du chômage pour prendre tout le monde en otage. Le but final ? Faire disparaitre totalement le travail, nous mettre sous dépendances financières avec un revenu minimum de sortes que nous ne soyons plus que des machines à consommer ce que les robots nous fabriquerons, le tout en permettant à une poigné d’individu de gagner 5 smic par seconde. Un bien bel avenir nous attend.

 

 

 

 

 

 

 

Le capitalisme, la loi des parasites

Marxiste ! Assassin ! Anarchiste ! Islamo-communiste ! Calmes-toi, déjà je ne suis pas ton thérapeute, ensuite je me doute qu’avec un titre comme ça tu vas commencer par sortir ta petite grille de lecture bien délimitée par des années d’endoctrinement idéologique. Personnellement les idéologies, toutes les idéologies, ne m’ont jamais passionné. J’ai certes une affection pour l’anarchie mais pour l’expérience anarchiste et non pas la théorie, j’ai jamais lu Marx mais j’ai vu l’expérience soviétique de mes yeux, et je suis parfaitement d’accord avec de Tocqueville quand il dit ceci : je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu’en matière de gouvernement la majorité d’un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs (…). Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu’on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu’on l’exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d’autres lois. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu’on l’a organisé aux États-Unis, ce n’est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible. Et personnellement je m’en arrêterais là parce que ça défini notre monde et le capitalisme dans son ensemble : le droit de tout faire parce qu’on est tous d’accord pour le faire, et c’est connu la majorité à toujours raison. La tyrannie du nombre.

 

C’est vrai après tout, dans l’Alabama des années cinquante ils étaient tous d’accord pour torturer, brûler vif et pendre le nègre. C’est donc qu’ils avaient raison.

 

C’est vrai quoi, on a tous voté pour machin qui nous a sucré notre liberté pour notre sécurité, c’est donc qu’on avait raison !

 

C’est vrai quoi on est tous d’accord pour avoir une voiture, plein d’argent, et des vacances avec un bon travail pas chiant, et tant pis si de consommer comme des porcs transforme notre monde en décharge, on doit quand même sûrement avoir raison, quelque part…

 

 

Dieu est mort, il faut que le commerce vive.

Dieu n’est pas mort avec Nietzches ou la Shoah, dieu est mort avec les Lumières. Dieu est mort avec Voltaire, Diderot, Hobbes, Newton, Dieu est mort avec l’Amérique, pas le moindre des paradoxes. Mais il n’allait déjà pas fort bien quand on l’a découverte, c’est-à-dire le jour de la naissance du capitalisme, le 13 octobre 1492 quand un marin génois s’est paumé dans les caraïbes en croyant avoir découvert l’Inde. Il n’était pas le premier à débarquer sur le continent, les vikings, les chinois et d’autres sans doute, mais aucun d’entres-eux n’était un marin génois ambitieux et endetté, qui avait promit mondes et merveilles à sa banque, la reine Isabelle, en échange de titre et de terre. L’enjeu était de taille. Et pas seulement au niveau des ambitions du marin. Constantinople avait été prise par les turcs emportant avec elle l’Empire Byzantin, la route des Indes et de la Chine était coupée, tout le socle commerciale qui s’était formé en Europe, à Venise, Florence, Gêne, Amsterdam, etc était en péril. Et de qui dépendaient monarchies et Eglise ? Rois, reines et pape ? Des banques, des usuriers, de ceux-là même dont le pouvoir reposait notamment sur le commerce avec l’est…

 

Et voilà que le marin et ses hommes débarquent sur une plage, accueilli par des autochtones qui leur offrent immédiatement des perroquets, du coton et d’autres verroteries. Pardon de la digression mais j’imagine le tableau… Qu’est-ce que ça vous ferait vous si soudain vous voyiez débarquer de trois gros bateaux l’air pas sympa, une horde de types pas du tout habillés pour la saison, mal rasés, crasseux, avec des semaines de mer dans les pattes, à demi affamés et armés ? Des perroquets et du coton me semble en effet l’option la plus pratique. Et quand le marin, à force de gesticulations et de mal entendue, vu que l’interprète sert à rien, réussi à brancher l’autochtone sur la question de l’or, qu’est-ce que celui-ci s’empresse de faire ? Vu comment le monsieur mal rasé et affamé insiste, bah de lui dire que ouh là oui y’a plein d’or par là, dans le sud, gardé par une tribu très méchante et cannibale qui arrête pas de nous emmerder.

 

Vous n’auriez pas fait la même chose vous ?

 

Le marin est reparti avec sa bande de clochard, a débarqué Cuba en se croyant au Japon, a découvert le tabac, et envoyé un de ses collègues dans les terres, chercher… le Grand Khan. Les cannibales ils les trouveront finalement en Dominique… et Ridley Scott attendra.

 

Et à partir de là la chasse a été ouverte.

 

Tout le monde a voulu venir pour l’or, les épices, les peaux, le grand cirque des marins-entrepreneurs, les conquistadores, comme on les appela. Des hommes qui avaient d’autant intérêt à piller et ravager tout sur leur passage qu’ils avaient une épée dans le dos, celle des banques et des prêteurs. Pas questions de revenir bredouille. Et puis Dieu était avec eux hein… enfin, l’Eglise qui trouva là un moyen formidable d’accroitre son pouvoir, et ses fonds. Mais il fallait aussi s’installer, construire des comptoirs, et donc qui dit construire, dit main d’œuvre. On commença par les locaux, mettre en esclavage les arawaks et tous les autres du continent. Jusqu’à la Controverse de Valladolid durant laquelle le dominicain Bartolomé De Las Casas et le théologien Juan Guinès de Sépulveda, à l’initiative de Charles Quin, débattirent sur la question suivante : les indiens ont-ils une âme ? Décidant que oui, on se rabattu sur l’Afrique de laquelle on importa les locaux qui eux heureusement étaient mi hommes mi bêtes. La traite négrière fit la fortune de l’Amérique et accessoirement des banques, des assurances, des compagnies maritimes comme la Compagnie des Indes ou la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales et donna à la ville de New York un essor qui l’a sorti de l’ornière dans laquelle elle végétait depuis Stuyvesant.  Les commerçants, les propriétaires terriens,  les banques, les prêteurs, les intermédiaires, les courtiers, avaient prit le pouvoir.

 

Et puis est arrivé le 18 octobre 1685. Révocation de l’Edit de Nantes, fin de la liberté de culte pour les protestants, début des persécutions. La suite on la connait, enfin surtout les natifs la connaissent. Une bande de fanatiques religieux débarquent sur la côte est, manque de crever de faim, les locaux leur apportent à manger parce qu’ils sont trop cons pour chasser la dinde qui les toise à vingt mètres, vu qu’ils se méfient de tout… Pour fêter ça les dingos appellent ce jour Thanksgiving, après quoi ils s’empressèrent de voler, tuer et piller leurs bienfaiteurs.

 

Oui le capitalisme est né à partir d’une foutue erreur de navigation. Il s’est théorisé avec les Lumières. Il s’est surdéveloppé avec la Révolution Industrielle, piétinant au passage et réinterprétant à la sauce de ses intérêts toutes les théories libérales de De Tocqueville à Adam Smith.

 

Et Dieu dans tout ça vous me direz ? Il a été remplacé par l’Objet.

 

La logique des termites.

 

Te fatigue pas je ne crois pas en Dieu. Je trouve la vie beaucoup plus cruelle, drôle, ironique, farceuse, multiple, et chatoyante que toute cette idée d’un barbu dans le ciel qui envoie en enfer ses enfants s’ils n’obéissent pas à ses lois, mais qui leur laisse le droit de le faire en appelant ça le libre-arbitre. Je ne crois ni en une force immanente et juste, la nature fait des conneries monumentales et s’en fout totalement, dixit les dinosaures. Ni en une justice du même acabit. Si je me souviens bien Staline est mort tout seul comme un con parce qu’on avait tellement peur de lui que personne n’était allé voir comment il allait. Après avoir fait tuer des millions de personnes, et mis en esclavage des millions d’autres dans les koulaks. Hitler à choisi sa mort, au contraire de mes arrières grands-parents. Et pendant ce temps à Charlottesville….

 

Mais il faut bien reconnaitre quelque chose au dieu des trois églises, il porta une construction intellectuelle. Il porta un savoir, un mode de pensée, il réforma les esprits, la façon dont les puissants et les seigneurs de guerres commencèrent à voir le monde. Plus seulement en termes de pillage, de vols, bien au contraire. L’église disciplina des guerriers et en fit des chevaliers et des rois, une aristocratie portée par une foi, quelque chose de plus grand qu’eux et leurs petites querelles. Oui je sais, tu vas me dire les croisades tout ça, mais il ne faut pas confondre le pouvoir spirituel et le pouvoir terrestre. La foi et les intérêts économiques et militaires de chacun. L’Eglise en tant qu’état et l’Eglise en tant que guide spirituel. La Torah n’est pas seulement le récit d’un exode, c’est un mode de pensée, une base de réflexion, un trait d’union entre le spirituel et un peuple. L’Islam s’est construit sur la conquête et a rayonné par le savoir et la tolérance. Etc…

 

Mais il y a eu les Indulgences, cette rançon qu’on payait pour racheter son âme auprès de l’Eglise. Commerce de la médiocrité. Il y a eu les bûchés qu’on a allumé pour un rien. Les femmes qu’on jetait dans la rivière attachée à une chaise. Si elle se noyait, son âme était sauve, si elle flottait, fallait la brûler c’était une sorcière. Il y a eu la vulgarisation de la Bible qui a fait comprendre à plein de gens que ce qui était écrit n’était pas trop conforme avec ce qui se passait dans l’Eglise Catholique Romaine. Il y a eut le courant protestant et bien d’autres avant, et la violence s’est déchainé comme elle se déchaine aujourd’hui entre chiites et sunnites.

 

Le prêchi-prêcha du croyant moyen ça sera de vous dire que ça c’est parce que l’homme il est très, très méchant mais que Dieu il leur pardonne quand même. Bref que le dogme, l’église et son mode de pensée n’ont strictement rien à voir à ce qu’en font ses ouailles. Responsable mais pas coupable quoi. Les textes ont beau être d’une violence sans nom, les interdits et les anathèmes multiples, c’est les gens qui lisent qui comprennent mal. Et ceux qui ont élaboré la Bible après deux cent ans de bagarres intellectuelles et de coupe-gorges, Ceux qui ont une idée précise et délimité du monde parce qu’ils sont persuadés qu’un berger illettré et mystique a écrit un bouquin de 600 pages sur les lois d’Allah, après avoir piqué sa crise et péter les idoles dans ce qui tenait lieu d’église dans son village. Ils ont mal compris ou c’est juste qu’on a voulu poser des mots et des lois sur des ressentis sans les comprendre ni les accepter ?

 

Je suis plus prêt de toi que ta veine jugulaire, nous dit le Coran. Voilà, c’est ça la foi. Et on aurait dû s’en arrêter là. Mais non, l’homme est un animal intellectuel, ce qu’il ne comprend il faut qu’il se l’explique. Il parle tout seul ou avec d’autres, il élabore des théories. Et elles le portent. Cette idée de quelque chose plus grand qu’eux a porté les hommes. Elle leur a donné la grosse tête aussi. Jusqu’à ce que la science commence à relativiser notre nombril. La terre a cessé d’être plate et au centre de l’univers. Et peu à peu tout a cessé d’être sacré, à commencé par l’homme lui-même. Du moins dans la conception que l’occident judéo-chrétien se fait du monde. Cet occident conquérant qui s’est déployé comme jamais à partir de cette fameuse erreur de navigation. Qui a soumis la Chine en l’intoxiquant avec de l’opium, s’est imposé au Japon par la force de sa marine, a réduit des millions de personnes en esclavage à l’instar des arabes et des romains qui les avaient précédé. Et dès lors, ce dieu qui avait été une explication, une interprétation du monde, un guide, devint un prétexte pour tout se permettre. Un commerce comme un autre quoi.

 

Depuis l’homo modernus est un animal vide dans lequel on a glissé un objet. Chaque fois qu’il bouge l’objet lui rappel qu’il est vide. Alors il le remplit d’autres objets, à force de se bourrer il arrivera peut-être à étouffer le vide…

 

Et ce qu’il y a de formidables avec ce système capitaliste c’est que nous en avons tous profité ! Face à la montée du socialisme, de l’anarchie, du communisme, les tenants du capital ont bien été obligé de lâcher du leste. D’autant mieux, comme l’a compris Ford, que payer mieux ses ouvriers et leur donner une participation dans l’entreprise en fera non seulement des ouvriers concernés, mais des clients heureux. Ford qu’admirait tant Hitler et réciproquement. Point Godwin me direz-vous ? Pas vraiment non, le Fordisme, le taylorisme est une des sources d’inspirations de la machine industrielle nazi, jusqu’à la Shoah, Organisation Scientifique du Travail cela s’appelle et elle s’est élaborée lors de la seconde révolution industrielle. D’ailleurs Ford était ouvertement antisémite. Et puisque plus rien n’est sacré, tout est permis. Comme disait Césaire, au fond Hitler n’a fait qu’appliquer le colonialisme sur l’Europe. Les mêmes méthodes, le même asservissement, même les camps de concentration qui avaient été inaugurés par les allemands en Afrique. Hitler avait aussi son idée du sacré. Une idée totalement délirante de psychopathe sado-maso mais passons. Qui a pourtant perdurer jusqu’à Charlottesville et la famille Le Pen. La religion du sang, de la race, de la couleur de peau, du sol. La religion du Peuple-Nation, du Peuple des Seigneurs. Qui a d’autant perduré qu’il est présent dans les archaïsmes de l’Europe et d’à peu près tous les peuples de la terre. Barres toi c’est nous qu’on est le Peuple Elu.

 

Oui, nous en avons tous profité. Comme nous avons profité de nos guerres, de nos ennemis, du nazisme, du génocide indien, de l’esclavage, de la Shoah, de la Guerre Froide, de la Guerre de l’Opium. Les marchands, les commerçants, les usuriers, banques, propriétaires terriens ont envoyé la paysannerie grossir les villes et remplir les usines au point où aujourd’hui pratiquement plus aucun d’entres-nous n’est auto-suffisant alimentairement. Nous vivons dans des lieux qui appartiennent à d’autres et nous passons notre vie à courir après l’argent parce qu’un jour Adam Smith a décidé que l’économie du troc avait été l’économie de nos ancêtres. Ce qui n’a jamais été le cas nulle part sur terre. Dans les tribus primitives nécessité faisait loi. On partageait le produit de la chasse. Aujourd’hui on le vend pour s’acheter à manger… Et en effet il s’est produit ce que ne cessent de nous vanter les libéraux modernes, tout le monde en a profité, un peu. Tout le monde s’est enrichi, un peu. On a été en meilleur santé, vécu plus longtemps, etc, Merci saint Capitalisme de tes bien faits ruisselants !

 

Et on est tous devenus des rongeurs, des termites bouffant notre unique domicile, la terre. Sans le savoir ou en pleine conscience. Tous voulu notre voiture, notre ordinateur, notre Ipod, notre petite maison rien qu’à nous à crédit sur 20 ans. Tous. Et aujourd’hui ça se démultiplie parce que l’occident triomphant a imposé ce système de pensée à l’ensemble de la planète. Tout le monde veut connaitre son petit confort 2017 mais comme dans les années 70 chez nous. Et pourquoi pas ? Pourquoi on y aurait pas tous droit hein !? Il existe un site qui pourrait vous éclairer sur ce qu’implique ce droit : http://slaveryfootprint.org. Vous pouvez tester par rapport à ce que vous consommer le nombre d’esclaves dans le monde qui travaillent pour vous. Bon vu ce que je consomme avec le peu d’argent que je gagne, je suis très déçu mais j’ai zéro esclave qui travaille pour moi. C’est une affaire d’échelle bien entendu, en réalité il y a bien un gamin dans le sud Kivu qui s’est crevé la vie dans un trou pour que je puisse taper ce texte sur mon ordinateur. Six millions de morts en RDC depuis la fin de l’Opération Turquoise. Turquoise c’est plus joli qu’Abattoir à Ciel Ouvert. Ca fait printanier.

 

Oui, c’est ça qui est formidable avec le fameux ruissellement du capitalisme magique, il nous a rendu tous complices involontaires ou non. Et voilà la loi du nombre, voilà la théorie de l’offre et de la demande.

 

The pusher don’t care

 

C’est une des paroles d’une célèbre chanson de Steppenwolf, The Pusher. Un pusher en argot américain c’est le revendeur de drogue qui pousse à la consommation, celui qui appuie sur le piston de la seringue pour vous aider à vous shooter la première fois. La première dose est gratuite ! Comme pour nous autres, la première dose a été gratuite.  La machine industrielle s’est emballée. Notamment avec la Guerre de Sécession qui sera le premier conflit industriel de l’histoire, puis plus globalement avec les deux grandes guerres faisant des Etats-Unis une puissance économique sans précédent. De plus en plus de monde a eu accès à de plus en plus de confort au point où aujourd’hui on trouve dans une Twingo plus de technologie, de confort et de sécurité qu’en rencontrera jamais un soudanais ou un bengali moyen dans toute sa (courte) existence. Plus en plus de monde, donc plus en plus de demandes, et d’offres. C’est la logique claironné par le capitalisme, la loi de l’offre et de la demande. Le mantra sacré. Ce pourquoi du reste les trafiquants de drogue ne comprennent pas pourquoi on leur fait la chasse, eux aussi répondent à une demande. Une demande dont s’est du reste parfaitement accommodé l’Empire Britannique et Français quand on s’est proposé de forcer la Chine à s’ouvrir au commerce avec l’occident. Et si je fais l’analogie avec le revendeur, celui qui vous file la première dose gratuite, vous tape dans le dos et vous dit à la prochaine fois, c’est parce que c’est exactement comme ça que fonctionne le capitalisme moderne. Non il ne s’agit pas de la loi de l’offre et de la demande. Il s’agit de la demande créée, suscitée, provoquée, de la demande créée de toute pièce à partir d’une offre qui ne répond plus à aucun besoin réel mais à des nécessités strictement commerciales. Apple ne sort pas un appareil tous les deux ans pour répondre à un besoin technique ou pratique mais pour entretenir ses clients dans une dépendance technologique, et ses actions en haut de la liste. Et quand je parle de dépendance, combien d’entre vous cherchez encore votre chemin sur une carte IGN ? Combien d’entre-vous êtes même capable de la lire ?  Combien d’entre nous serait capable de tuer ou cultiver pour vivre ? Pas besoin, le groupe Carrefour vous propose son large choix de viande à un euro le kilo, pour pas que ce qui reste d’éleveurs et de cultivateurs ne se suicide tout de suite. La première dose est gratuite on vous dit ! Reagan, Thatcher, les fers du lance de ce capitalisme là, nous l’ont dit, enrichissez-vous, il y en aura pour tout le monde ! Du pétrole ? Pff à l’infini qu’on vous dit ! Et d’ailleurs pourquoi pas puisque tout le monde le fait…

 

Pourquoi pas puisque tout le monde achète le dernier album de machin c’est que ça doit être bien, et pourquoi pas puisque ma star préférée utilise Avon, ça doit être bien. Pourquoi pas voter pour lui puisque les sondages me disent que tout le monde va voter pour lui, ça doit être bien. La logique du nombre, du suffrage universel, pas seulement appliquée à la politique, non à tout, à l’art, à la mode, au mode de vie. On y revient, si tout le monde le fait c’est que c’est bien. Et on a appelé ça la démocratie. Le droit tout avoir parce que tout le monde l’avait donc forcément c’était bien. Pourquoi pensez-vous que les Etats-Unis et l’Europe ne cessent de faire la guerre au nom de la « Démocratie » ? Pour que plus de monde ait accès à tout ce qu’il veut. En terme commerciale on appel ça élargir sa clientèle. En terme militaire, une stratégie de conquête. Et si vous en doutez demandez aux irakiens.

 

Le capitalisme est né les deux pieds dans le sang, un fouet dans une main et une Bible dans l’autre. Il a survécu à lui-même et s’est prorogé par la guerre. A la fin de la Guerre Sécession les Etats-Unis étaient déjà une puissance qui comptait, et dès la fin du XIXème siècle ils se sont empressé de coloniser, par la guerre leurs environs immédiats et plus si affinités. Chaque guerre a été le motif d’un bond industriel. Et la guerre c’est bon pour les affaires quand on fabrique à la chaîne et produit en masse. Voilà ce que raconte le général Smedley Butler du US Marine Corp, à la fin de sa carrière : J’ai effectué 33 ans et 4 mois de service actif, et durant cette période, j’ai passé la plupart de mon temps en tant que gros bras pour le monde des affaires, pour Wall Street, et pour les banquiers. En bref, j’étais un racketteur, un gangster au service du capitalisme. J’ai aidé à sécuriser le Mexique, plus particulièrement la ville de Tampico, au profit des groupes pétroliers américains en 1914. J’ai aidé à faire de Haïti et de Cuba un endroit convenable pour que les hommes de la National City Bank puissent y faire des profits. J’ai aidé au viol d’une demi-douzaine de républiques d’Amérique centrale au bénéfice de Wall Street. J’ai aidé à purifier le Nicaragua au profit de la banque américaine Brown Brothers de 1902 à 1912. J’ai apporté la lumière en République dominicaine au profit des entreprises sucrières américaines en 1916. J’ai livré le Honduras aux entreprises fruitières américaines en 1903. En Chine, en 1927, j’ai aidé à ce que l’entreprise Standard Oil fasse ses affaires en paix. Quand je repense à tout ça, je pourrais donner à Al Capone quelques conseils. Le mieux qu’Al Capone pouvait faire, c’était de racketter trois quartiers. Moi, j’agissais sur trois continents.

 

Vous voyez ce que je veux dire ?

 

La farandole des parasites.

 

Laurent de Médicis était laid comme un pou, avait une voix nasillarde, orbitait dans une ville remplit de clan familiaux qui mourraient d’envie de s’entre-tuer, mais il avait autant d’argent que d’éducation et de goût. Il a révélé Michel-Ange, Léonard de Vinci, Botticelli et d’autres. Et tout le monde raffolait de le fréquenter, pas seulement pour son or. En gros il a accouché de la Renaissance. Aujourd’hui Laurent de Médicis s’appel François Pinaud, il ne révèle rien, n’accouche d’aucun renouveau artistique, philosophique et scientifique, il collectionne. Il s’exonère fiscalement en plaçant dans le marché de l’art, car l’art est devenu un marché comme un autre.  Et tout le monde veut le fréquenter autant pour son or que son pouvoir.

 

Un jour un espagnol au nom interminable, dit Picasso, s’installe à Paris sans un rond, il boit un coup avec un certain Max Jacob, rencontre un poète du nom de Guillaume Apollinaire, c’est avant la grande boucherie de 14 de laquelle le même Apollinaire finira par mourir. Modigliani n’est pas loin, Cézanne a déjà dit adieu à la perspective italienne et a jeté les premières bases du cubisme avec les Joueurs de Cartes. Pourquoi sont-ils à Paris à ce moment là, pourquoi passent-ils tous par là ? Parce que Paris c’est la ville où on fait la fête, où on peut encore se loger pour pas cher, où toute l’Europe se croise, alors qu’à Londres ont fait des affaires. Aujourd’hui Picasso, loge en banlieue parce que Paris c’est trop cher, monte un blog vu qu’il rame avec les galeries qui pensent cotation avant de penser art, correspond avec un gars qui a fanzine et qui s’appel Max Jacob, ils décident de s’auto produire pour vendre leur travail, montent une chaine de crow funding, payable par Paypal uniquement, font du buzz dans les magazines en ligne mais vu qu’il défile déjà des millions d’images et de poème sur la toile, tout le monde s’en carre… sauf, sauf si un gars décide de poser un plug anal vert sapin de sept mètres sur la place de la Concorde. Alors Picasso lâche l’affaire et laisse la place à Jeff Koonz.

Louis Ferdinand Céline envoi un manuscrit épais comme un bottin à un certain Gaston Gallimard, ils s’engueulent pendant toute la durée de la correction et même après. Le livre rate le Goncourt dont du reste personne ne se souvient. Il devient un monument littéraire sans passer à la télé. Il inspire des milliers d’écrivains et d’artistes en général jusqu’à aujourd’hui, sans répondre à un interview dans les Inrocks. Et pourtant on y dit des mots comme nègre, foutre et youtre. Son livre se vend partout dans le monde, Céline ronchonne parce qu’il ne touche rien. Les intermédiaires sont déjà là. Les agents, les éditeurs, les législateurs qui décident si oui ou non vos droits d’auteurs s’appliquent chez eux et à quel taux. Aujourd’hui Céline envoie son manuscrit à 15847 maisons d’éditions qui le refusent en raison de sa taille, ou de son style, ou parce que il y a Game of Thrones à la télé. Fini par se publier à compte d’auteur et quand il veut expédier son livre à l’étranger, la banque lui pique 20 boules pour les cartes bleues plus 25 sur les chèques, le tout pour un livre qu’il mit à dix-huit pour arriver à le vendre…

 

Avec le capitalisme et la bourgeoisie qui en est né, se sont créée toute sorte de métiers. Et toutes sortes de lois, de règles, de règlements, et de taxes diverses et variées ce qui n’est pas non plus le moindre des paradoxes quand on écoute les défenseurs de la « libre entreprise ». Sur un produit, sur le fruit d’un travail, quelque soit le travail, tout le monde veut sa part. Je décide de vendre des chouchous dans la rue il me faudra une patente commerciale, un numéro d’Urssaf ou d’auto-entrepreneur, une autorisation préfectorale, une conformité d’hygiène répondant à des normes décidées dans des bureaux où on a jamais vu de sa vie un vendeur de chouchou ni n’a la moindre idée de comment ça se fabrique. Sur la vente de mon chouchou l’état prendra sa part à hauteur de 20%, ça s’appelle la TVA, c’est légal. Et si jamais j’ai emprunté pour m’acheter le matériel, la banque prendra la sienne. Après quoi je devrais repayer l’état que j’ai fait ou non des bénéfices, c’est pas nos oignons, ça s’appelle les cotisations sociales ou patronales si je suis mon propre boss. Et si je ne le fais pas ça s’appelle un délit. Par contre les milliards d’arriérés de cotisations patronale du CAC40 ce n’est pas un délit c’est favoriser la compétitivité. D’ailleurs eux ils appellent ça des charges, parce que c’est lourd de payer l’hôpital à des pauvres. Et quand vous achetez votre paquet de café deux euros, vous ne payez ni le travail du gars qui a ramassé, vu que proportionnellement il n’est pas vraiment payé, ni celui qui a fait poussé, vu que c’est le même. Pas même les marins qui vont le transporter jusqu’à vos côtes, d’autant que l’automatisation se porte bien dans les transports maritimes, ou le chauffeur routier qui trime plus qu’il ne vit. Vous payez la longue chaine d’intermédiaire qui vous sépare de la plantation. Mieux, vous payez l’autre longue chaine d’intermédiaires qui ont fixé le court du café x au moment y. Vous payez une foultitude de gens, et pourtant le plus gros de ce que vous payez va dans la poche d’une poignée d’individus.

 

Vous me direz que ce que j’ai dit plus haut sur les chouchous est la preuve que l’état grève l’initiative et que Smith avait raison. Je vous répondrais que mis face à une holding qui me vend mon huile de friture, ma pâte, mon matériel à crédit, et le crédit qui va avec, peut produire vingt fois en une journée ce que je fabrique en deux semaines et sans que quasiment ça ne lui coûte un rond, je suis un peu le dos au mur. Surtout que si je fais les meilleurs chouchous du monde de la terre, qu’ils deviennent une marque, la holding me la rachètera et si je refuse de vendre cassera les prix pour me ruiner. Elle n’a rien à perdre, elle a déjà tout.

 

Et c’est pareil pour absolument tous les produits du capitalisme. Même le shit ! Une barrette de deux à trois grammes de haschich est vendue dans la rue vingt euros. Sur cet argent, la moitié paye le transport, la sécurité, la récolte et la culture, la fabrication, les autorités solvables. Le reste emprunte le circuit bancaire pour blanchiment. Et sur lequel le dit circuit prendra une commission de manière parfaitement illégal… mais quand on s’appelle HSBC, illégal c’est un mot pour les pauvres.

 

La bourgeoisie née du capitalisme a fait de ses employés, des artistes, de ses ouvriers, agriculteurs et artisans, des clients. Des clients que le capitalisme s’est ingénié à exploiter de la naissance à la mort comme d’une matière première. Et le procédé s’accélère puisque peu à peu nous devenons des marques, des individualités à vendre sur notre page Facebook… L’offre dépassant rapidement la demande, la publicité est intervenu pour attiser cette demande, la démultiplier, parce que tout le monde a besoin de onze sortes de yaourt différents bien entendu. Et comme ça coûte cher, que ça ne suffit pas, que Bernard Arnaud ne vend pas assez de sac à main en peau de crocodile écorché, on veille à uniformiser les goûts, aseptiser l’offre, la rendre non plus accessible pour tous mais rendre tout le monde accessible à l’offre. Coca Cola dépense des milliards en budget publicitaire, monopolise des sources d’eau potables dans des régions où on en manque. Créer une dépendance au sucre et des problèmes d’obésité et il n’existe pas un coin sur la planète où n’en trouve pas. « Joshua Tree » de U2 passe une fois toutes les six secondes sur les radios européennes depuis sa sortie dans les années 90, l’album s’est vendu des millions de fois, donc totalement par hasard, et Bono peut faire le mariole au sujet de la faim dans le monde et les petits indiens d’Amazonie… ah non ça c’est Sting… Un exemple criant ? Comparez le cinéma américains des années 60/70 et celui actuel. Comparez un Hollywood ruiné, des studios au bord de la tombe qui décident de faire le pari fou de faire confiance à des  artistes.  Et le Hollywood d’aujourd’hui des banques et des consorsiums, des agents et des publicistes, des distributeurs, des éditeurs, de la foultitude de nouveaux intermédiaires qui produisent à la chaine… des films de super héros. La médiocrité marchande. Réduire tout à une transaction, une marchandise, une valeur décidée moins par un marché que quelques possédants. Quelques possédants et leur aréopages, leur cour,  leur armée idéologique, celle qui défendra ce droit à posséder à tout posséder, et accessoirement à tout se permettre au nom de la liberté d’entreprendre, la bourgeoisie.

 

Et nous voilà donc tous dans ce même bain, tous maillons d’une vaste chaine de bénéfices. De bénéfices et de productions. La première bouchée est gratuite. Mais comme on dit en anglais, free lunch doesn’t exist. On rase pas gratis. Et nous sommes en train de nous en rendre compte. En regardant les ours polaire flotter comme des cons sur un morceau de glace. En puisant de plus en plus profond et de plus en plus loin dans l’océan. En se menaçant du pire à la frontière sino-indienne parce que les barrages les chinois ça va bien ! En étant obligé d’aller piquer l’eau des piscines pour éteindre la pinède, en penchant son nez au-dessus de la rivière et en sentant l’essence ou le chlore…En prenant un bol de gaz à Shanghai ou Pékin. Mais quand même ça suffit pas, le capitalisme en veut plus, et encore plus. Il veut des accords commerciaux transcontinentaux, il veut que chaque petit chinois soit « libre » de s’acheter sa paire de Nike. Il veut que les européens soient « libre » de manger du poulet au chlore et rouler grâce au gaz de schiste. Il veut que ses actionnaires touchent leurs 7% et soit « libres » de licencier pour ça une région au complet. Libre de faire ce qu’il veut, quand il veut, où il veut. Et le plus possible, parce que l’argent ça se mange.

 

Et tout ça à cause d’une foutue erreur de navigation…

La position dominante ou le syndrome du mari violent.

Le monde est quadrillé de satellite de surveillance, de géo localisation, de communication, de satellite pour photographier des satellites, observer l’espace, voir même de satellites pouvant détruire d’autre satellites, et de déchets. Des millions d’écrous, de bouts de panneau solaire, de vis, de morceaux d’antenne, d’échantillon de fuselage, de segment de fusée, de rognure de moteur, de lambeau de polymère qui ne flottent pas autour de la terre comme des sacs plastique sur une mer passive. Non. Ils tournent autour de la terre tel des millions de projectiles lancés à vingt-deux milles kilomètres heure. Un anneau de merde en furie déjà si problématique que la NASA hésite sur les fusées. L’économie du monde entier au beau milieu d’un champ de mines mobiles, d’un stand de tir faramineux, d’une expérience balistique sans précédent. Et chaque fois qu’un de ces engins rencontre une avarie qu’il ne peut pas réparer, on envoie un nouveau robot qui après usage, ira à son tour rejoindre la décharge cosmique. Et comme ça depuis soixante ans, depuis très exactement le 4 octobre 1957. Depuis que l’Union Soviétique a officiellement ouvert le grand concours mondiale de mesure zizi, dit également conquête spatiale, avec le lancement du Spoutnik. Mais admettons-le, il est indéniable que sur la question du zizi mondiale nous ne sommes plus dans le concours mais les jeux olympiques. Missiles balistiques de plus en plus sophistiqués et de plus en plus puissants sans qu’on sache exactement quel intérêt il y a d’exposer sur la planète de quoi la faire sauter sept fois. Drones tueurs, bombardiers équipés pour trois guerres, plus tous les systèmes mis au point hier et aujourd’hui pour paralyser tout une partie du net et des réseaux satellite sans qui tout ce bazar détonant n’aurait pas plus d’utilité qu’un fer à repasser parfumé au semtex. Et ça ne fait que commencer si l’on tient compte de l’évolution technologique proposé par l’informatique, la génétique, la robotique et la nanotechnologie.

La position dominante. C’est le but ultime de toute stratégie militaire, acquérir la position dominante sur le terrain, car dans l’imaginaire borné des militaires c’est la position la plus haute qui déterminera à qui appartiendra la victoire. Et pour exemple l’on pourrait citer ici la cuvette de Dien Bien Phu mais à vrai dire, sans surprise, le premier à avoir acquis une position dominante telle que nous la concevons aujourd’hui, c’est Hitler avec le V2. Et en récupérant l’ancien SS Wernher Von Braun à leur compte, les américains ne s’y sont pas trompé, la domination ultime viendra d’abord du nucléaire puis de l’espace.  Bien entendu une convention a été ratifiée sur le sujet dans le courant des années soixante, tout le monde s’accordant sur le fait qu’on ne devait pas peupler l’espace d’arme de destruction massive. Pas sur le fait qu’on puisse éventuellement l’armer avec du matériel conventionnel. Sans surprise non plus, si tout le monde s’entend sur le fait qu’il faudrait rediscuter cette convention et interdire toute arme dans l’espace, seul les américains s’y opposent. Après tout, l’armement est une industrie plus que florissante aux Etats-Unis, 696 milliards de budget pour le seul Pentagone, et 80% du marché mondial de l’armement est américain. Ce qui statistiquement signifie donc que les Etats-Unis arment indifféremment les terroristes qu’ils prétendent combattre. Et fabrique des terroristes avec tous les civils qu’ils ont bombardés chirurgicalement en ratant leur cible. Soit 98,7% des drones avec une cible prioritaire.

Plus de six cent milliards de budget militaire, deux cent quarante et une années d’existence, deux cent vingt deux passées à faire la guerre. Le rêve américain sent le sang. Sans compter la violence inhérente à la société américaine elle-même, violence physique, raciale et sociale. On ne s’étonne plus de ce goût qu’ont les hommes politiques américains d’employer le mot guerre à toute les sauces. Guerre à la Drogue, à la Terreur, à la Pauvreté… Et pourtant il aura suffit d’une paire de cutters et de quatre avions pour changer le monde…. Et en faire le paradis du complexe militaro-industriel dans son ensemble. La Chine a fait récemment péter un de leur satellite depuis l’espace pour montrer que hein, oh, eux aussi ils pouvaient être cons et épaissir le champ de tir. Devant le faramineux budget militaire américain, les autres puissances regarnissent les magasins, et l’industrie de l’armement mondial se porte à merveille. Le seul secteur des Sociétés Militaires Privés, et qui est encore une fois dominé par les américains, est passé de cent milliards de budget en 2003 à plus de quatre cent cinq ans plus tard…

Les rois du cimetière

La position dominante. Elle est intéressante cette théorie si l’on prend un contre exemple, Massada. Massada était une garnison romaine perchée sur un plateau rocheux et prise par les Sicaires du parti Zélotes. Les Sicaires sont aux juifs ce que les Nizarites ou Hashashin sont aux musulmans. A savoir la source d’inspiration du modèle militaire de la terreur islamiste actuelle. Mourir ne les effraie pas du moment que cela sert leur cause, la mort est leur amie comme dirait un membre de Daesh aujourd’hui. Ils prennent donc cette garnison et s’y installent. Pendant sept mois, environs huit milles soldats romains firent le siège de cette forteresse. Quand enfin ils parvinrent à construire une rampe et à y accéder ce sont des cadavres qu’ils découvrirent. Ce n’était pas un suicide collectif comme le colporta à tort l’histoire, le suicide est interdit pour les juifs, ils se sont entre-tué jusqu’au dernier pour ne pas être soumis par les romains. Mieux, la seule chose que les romains découvrirent intact, le reste avait été brûlé et saccagé, c’était la réserve de grain. En guise de message, nous choisissons l’heure et le moyen de notre mort, nous mourrons libres. Vouloir détenir la position dominante au-dessus d’un cimetière c’est avoir des ambitions de charognard.

Mais qui sait…

Les méta milliardaires de ce monde se disputent également la position dominante sur l’échelle de Forbes. Les Bill Gates, Zuckerberg, Buffet, Soros, Pinaud, Arnaud, Bettencourt… etc. La position dominante sur le marché, la position dominante sur les esprits à coup de généreuse donation ma-main-sur-le-cœur, pendant que les usines d’esclaves continuent de tourner le temps que le héros ait assez fait fortune pour la donner. Tous nos généreux donateurs se sont enrichi en ne payant qu’un minimum d’impôts, en profitant d’un système boursier voyou, et en poussant les gouvernements à adopter des politiques toujours plus en faveurs de leurs seuls intérêts au détriment de toute casse sociale. Une casse sociale non plus vécue comme une fatalité, ou un mal nécessaire pour sauver une entreprise, mais comme un moyen de gagner un peu plus d’argent. Et voilà qu’on nous les revend presque repentant, œuvrant pour le bien de la planète média. Sur quoi espèrent-ils régner à la longue ceux-là ?

On est aujourd’hui le 16 août 20017, il fait beau, les français sont à la plage, oh on a eu un bel été, oh ma chérie comme t’es bronzée… encore un petit goût des années 60 qui dure depuis… les années 50. Et pendant ce temps, les Balkans, la Sibérie, l’Australie, le Canada, la côte ouest des Etats-Unis, tout le sud de l’Europe, de la Grèce à l’Andalousie, au Portugal et à la France, sont la proie d’incendies majeurs. Et depuis les années 80 ce phénomène s’intensifie à chaque sécheresse. C’est simple, depuis le 1er janvier jusqu’à aujourd’hui, 218 millions d’hectares de forêt son parti en fumée, c’est la moyenne. En moyenne c’est 350 millions qui brûlent chaque année, il semblerait que cette année nous allons dépasser les limites. Avec les déplacements de population que cela implique, les migrations animales, les espèces détruites, les victimes humaines, la pollution atmosphérique et les millions d’hectolitres d’eau qu’il faut pour les éteindre. Quand c’est simplement possible et qu’on ne laisse pas la forêt s’autodétruire jusqu’à ce qu’on puisse y cultiver des hectares de palmier à huile pour l’industrie…

Deux degrés. C’est tout ce qui nous sépare de la catastrophe. Que l’atmosphère de la terre se réchauffe de deux degrés ou plus. En réalité le seuil limite, où les choses sont encore à peu près sous contrôle serait de un degré cinq. Deux degrés c’est la barrière qu’il ne faut pas franchir. 97% des rapports scientifiques sont d’accord sur le problème. D’ailleurs la communauté scientifique n’en n’est plus à se tripoter sur le sujet elle en est à se poser cette seule question : à quel point on est baisé, un peu, beaucoup ou totalement.  Mais rassurons nous 40 fondations reçoivent un budget annuel de 900 millions de dollars pour contester cette réalité et faire douter le public. D’où vient l’argent ? Notamment du secteur pétrolier. Mais il n’est pas le seul que cette demande de baisse d’activité, cette urgence à trouver des solutions pour ralentir le réchauffement, n’arrange pas. Tout ce qui utilise de l’énergie fossile pour sa production est concerné. Enfin, faut pas non plus paniquer hein, la famille Mulliez propose des produits éco-responsables et il n’y a que 5% de chance pour que ce seuil des deux degrés… ne soit pas dépassé.

Alors sur quoi espèrent-ils tous régner ?

Par le jeu pseudo démocratique des grands électeurs, les américains n’ont pas élu celle qu’ils voulaient mais un bouffon qui n’a jamais eu la moindre responsabilité politique et qui a le développement affectif et intellectuel d’un gamin de 15 ans. Un bouffon qui rejette ce qu’affirme la communauté scientifique, veut sa guerre avec la Corée du Nord histoire de peser sur la Chine et la Russie, au risque de provoquer un conflit nucléaire. Et il ne cesse de fanfaronner ! En six mois de fonction en dépit du trilliard de la dette américaine, il aurait fait renouveler le parc nucléaire américain dans son ensemble, et a doté le Pentagone d’encore plus de moyens (54 milliards…). On va voir ce qu’on va voir, America is back again… comme si elle n’était jamais parti. De leur côté, par l’escroquerie du suffrage universel, les français sont dirigés par un commis de banque qui concrètement n’a même pas été élu par la majorité puisque 40% des électeurs ne sont même pas allé aux urnes et un peu moins de 50% n’a pas voté pour lui. En gros 80% des votants n’ont pas voté pour celui qui est censé les représenter. Mais cela ne l’empêchera pas de détruire le code du travail à coup d’ordonnance, réduire les APL de 5 euros, mettre fin au contrat aidé et donc mettre au chômage 70.000 personnes, appliquer la politique migratoire du Front National, et, entre autre baisser le budget d’une justice une des moins financée d’Europe. Le tout dans un pays où la corruption devient endémique et où l’implantation mafieuse dans la seule région PACA a la même densité… que dans le sud de l’Italie. Et c’est loin d’être la seule région de France touchée par les mafias. Mafias qui s’enrichissent d’autant que la solution trouvé par la France d’en haut au trafique de drogue c’est de mettre des amendes aux usagers… et d’enterrer en vitesse toute forme de loi anti corruption, appelée improprement « moralisation de la vie publique » pouvant toucher les élus. Mais bien sûr il n’y a pas que la justice, tous les secteurs sont touchés, de l’armée à la santé en passant par l’éducation. Vous comprenez si on veut dépenser pour les jeux olympiques et le CICE, il faut faire en sorte qu’une aide-soignante travaille 48h par semaine sans protection social.

Mais encore une fois ce n’est pas là la question, la question c’est qui détiendra la position dominante. Les milliardaires qui ont financé un bouffon infantile et un gamin narcissique ne les ont pas choisis pour leur qualité de gouvernant mais de complice. Les trois cent millions d’euros supprimés aux collectivités locales, et la suppression programmée des impôts locaux ne sont pas là pour alléger les charges des français, mais conduire les collectivités et les régions vers la voie des emprunts bancaires qui les ont déjà ruinées en 2008. Supprimer les emplois aidés n’est pas une mesure d’économie mais vise à ne pas faire concurrence au secteur privé qui pourra ainsi engager à des salaires minimum. « Taxer la rente immobilière de l’ISF » ne va d’autant pas changer grand-chose que le bien immobilier est un des actifs déjà les plus taxé. Mais épargner les biens mobiliers (placement financiers, meubles, liquidités) de ce même ISF et qui représente 49% de son assiette fiscale, c’est au contraire favoriser l’évasion du même nom. Et l’évasion fiscale, contre laquelle la France ne s’accorde que sur des mesures cosmétiques et sous-financées, c’est quand même, par an, 80 milliards d’euros en moyenne, avec une dette de plus de deux milles milliards…

Prenons Vincent Bolloré. Il a racheté le groupe Canal Plus et en un an sa catastrophique politique éditorial a fait perdre au groupe plus d’un demi-million d’abonnés. Quand il déclare à Challenge que Canal Plus est sauvable, le pense t-il réellement ? Ou cherche-t-il juste à gagner du temps en espérant démanteler ce groupe en tirant une plus-value sur son catalogue ? Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour comprendre que ça n’a jamais été le groupe Canal Plus le problème mais l’esprit, la culture de marque qui allait avec. Cet esprit qui faisait si mal à la réaction, ridiculisait l’ami de Bolloré, Sarkozy et faisait faire des cauchemars au Front National qui avait élevé le terme de « journaliste de Canal Plus » au rang d’anathème. Canal Plus c’était de la rebellitude en carton, de la révolte de salon, de l’ironie de bien née mais c’était déjà trop. On veut une opinion lisse en France, une opinion qui obéisse bien, qui se contente de s’endormir devant les Anges et place son épargne… que la banque pourra lui sucrer à son seul bénéfice si jamais elle est en faillite. Comme le prévoit les dispositions du « bail-in » voulu par l’Europe depuis 2016.

La position du mâle

Il y a dans cette logique de la « position dominante » quelque chose d’éminemment masculin, et l’attitude de tous ces puissants me fait immanquablement penser à cette autre réalité sociale de la violence conjugale. Quand une femme tue son mari violent c’est pour s’en débarrasser, quand un homme tue sa femme c’est pour la garder. Pour que personne ne l’ait après lui. Et c’est cette même logique d’impuissant qui prévaut qu’il s’agisse de domination de l’espace, de dominer le marché ou de soumettre la France à un libéralisme psychopathe. Peu importe le prix à payer, peu importe que le sud de l’Europe finisse par ressembler au Sahara (ce qui arrivera si nous atteignons les 4° c’est-à-dire non pas en 2050… mais d’ici 15 à 20 ans). Peu importe que la démocratie n’existe en réalité ni en France, ni nulle part, que la corruption soit institutionnalisée dans notre pays, que la moindre voie dissonante soit interdite d’antenne, que l’édition veille à ce qu’aucun écrivain ou penseur n’émerge, sinon quelques « autorisés » pour la galerie, marchande. Peu importe que Bolloré brade Canal, que nos hommes politiques bradent notre secteur industriel, que le racisme et la bêtise la plus décomplexée d’un Zemmour claironne ses opinions sur RTL et devienne une petite institution au sein de la planète média. Peu importe que l’on détruise tout, l’important c’est que l’autre ne l’ait pas. L’important ce n’est pas vous, moi, ce pays ou un autre, la démocratie, l’histoire, la culture, et encore moins l’avenir, l’important c’est que Vincent Bolloré et François Pinaud puisse rouler à fond dans leur voiture avec chauffeur tout en ordonnant la casse sociale de tel secteur à problème. L’important c’est que narcisse puisse passer ses vacances à Marseille sans être importuné par un journaliste (il a du reste fini en taule pour avoir osé prendre des photos du roi-soleil). L’important c’est que le bouffon puisse continuer de flatter son électorat raciste quitte à flirter avec la guerre civile dans son pays. L’important est que tel petit procureur médiatique puisse continuer de s’admirer dans le reflet de sa  médiocrité et s’en flatter. L’important c’est de conserver sa position dominante, quel qu’en soit les conséquences, et si la bête en meurt, et bien ça sera comme avec les maris violents, ça sera la faute de la bête qui a osé provoquer le mâle impuissant. N’est-ce pas en substance ce qu’a déclaré l’inqualifiable bouffon après les émeutes de Charlottesville ? Que les torts étaient partagés entre les néo nazis et leurs victimes ?

Qu’on le veuille ou non nous vivons sous le régime d’une société patriarcale qui a élevé cette question de la position dominante au rang de saint graal. Comme disait l’employé du mois « dans la vie il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien ». Il y a ceux qui ont de l’argent, une position sociale, un statut, et que l’on se doit de célébrer et d’admirer et les autres. Vous, moi, les anonymes qui galèrent pour à peu près tout, qu’on ne verra jamais dans les médias sinon sous la forme d’une silhouette myope ou d’un micro trottoir imbécile, nous ne sommes rien. Un détail dans le paysage, une statistique qu’on criminalisera à loisir en fonction des intérêts de « ceux qui réussissent ». Pour quelle autre raison croyez-vous que pas moins de 29 lois pénales ont été votées en 17 ans en France ? Que pas une seule ne concerne les délits financiers ou la corruption des élus ? Vingt-neuf lois pas appliquées m’expliqueront les réactionnaires qui regardent trop leur télé. Alors qu’on enferme plus et plus longtemps en France aujourd’hui, que 60% des condamnés ont entre 16 et 19 ans, et que les prisons pour mineurs sont pleines à ras bord. Que pensez-vous que cette réalité détermine sinon encore une fois assurer la position dominante d’une France nantis et cacochyme. Peu importe que l’Europe marchande sacrifie sa jeunesse, que le chômage des jeunes atteigne des taux records en Espagne, Grèce, Italie, France, et que l’on demande par ailleurs à des gens de travailler jusqu’à 67 ans alors que plus personne ne les embauchera dépassé 50. Peu importe du moment qu’on puisse se conformer au capitalisme le plus sauvage, décomplexé et destructeur. Tout en affirmant que grâce au vaudou (sans doute) et au « ruissellement » dégoulinant des plus gros portefeuilles, tout le monde pourra en profiter. Profiter d’un cimetière.

Ca toujours été comme ça

Nombre d’entre-vous doivent se dire que cela a toujours été ainsi, qu’il y a toujours eu des gros et des petits et qu’ils ont tout fait pour conserver leur pouvoir quitte à faire disparaitre des millions de leurs concitoyens. A ceux là je répondrais oui et non. Si la préservation de leur nom et de leur pouvoir était centrale au sein des familles aristocrates, le rayonnement de leur pays, sa construction sociale et politique, sa culture comptait d’autant qu’elle était le reflet de l’excellence de celui qui le gouvernait. Si le capitalisme s’est construit sur l’esclavage, l’usure, le pillage, et le vol des terres indigènes, il avait dans sa dimension colonialiste une notion encore « humaniste ». Dans son arrogance et sa prétention l’occident allait apporter la civilisation dans les contrées « sauvages ». Certes sa mission « civilisatrice » était plus un alibi qu’autre chose, et dans l’esprit de bien des colons elle était synonyme de mépris, meurtre, mutilation et mis en servage. Mais cette notion était assez ancrée pour qu’on se décide à construire des écoles, des hôpitaux, pour que certain y croit assez dur comme fer pour envoyer ceux qui abattrons le colonialisme dans les écoles de la république ou de l’empire anglais. Ho Chi Minh, Pol Pot, Patrice Lumumba, Gandhi,  Thomas Sankara sont tous des produits de ce colonialisme qu’ils finiront par combattre. Et passé la seconde guerre mondiale, si le même capitalisme s’est mis aux réformes sociales, si nous avons eu la sécurité sociale, le SMIC, le droit à l’avortement, etc, c’était dans le but unique de contrer le totalitarisme communiste. Dans la seule perspective de ne pas laisser aux seuls socialistes et communistes le domaine du social. Acheter la paix du même nom, et s’assurer qu’une large part de la population se soumette au mode de vie du « monde libre ». Mais depuis la chute du Mur tout a changé. Depuis le 9 novembre 1989 le capitalisme se complet dans ce qu’il considère comme la fin de l’histoire. Il a gagné et il n’a plus besoin du moindre alibi pour tout accaparer. Il a fait de l’économie un méta langage par lequel tout doit être absolument prit en compte. Un langage économique certes totalement dévoyé par rapport à ce qu’en disaient les théoriciens du libéralisme mais peu importe du moment que le public avale la couleuvre. Et pour se faire on utilisera des métaphores sans le moindre sens, comme celle du « ruissèlement », de « l’autorégulation » des marchés, des « créateurs de richesse », et surtout celle qui consiste à faire croire que si on se serre tous la ceinture et qu’on veille tous à notre bilan carbone, on s’en sortira. Les médias aux ordres s’ingénient à ramener l’économie d’un pays comme la France à l’échelle de monsieur tout le monde. Et c’est vrai que dans la tête de celui-ci ce n’est pas bien difficile de comprendre que s’il dépense moins il fera des économies, et tant pis si cette comparaison n’a pas le moindre sens. Tant pis si les banques s’enrichissent à en crever sur le taux d’intérêt de la dette. Peu importe que le revenu du CAC40 a en réalité connu une hausse de 25% alors que nous sommes censé être en pleine crise économique et sociale. Peu importe que grâce au trading à haute fréquence, en un mois d’échange, l’Europe va dégager un bénéfice de cent milliards d’euros. Ramené à des explications simplistes d’économie de bout de chandelle, le lambda se soumet aux restrictions budgétaires, laissant un corrompu comme Fillon pérorer sur la dette avec des aides-soignantes au bord du burn out, sans qu’il ne se fasse lyncher.

Le capitalisme tourne à vide. Sa seule motivation, son seul mantra, est de posséder une Rolex avant 50 ans sinon on a tout raté. Et après moi le déluge. L’état dépense 44 milliards pour compenser les erreurs industrielles commises par l’autre corrompu Serge Dassault, le laisse siéger au Sénat alors qu’il aurait acheté ses électeurs et a fraudé le fisc. Autorise un voyou comme Balkany à avoir une responsabilité politique alors que la justice a établie que chacune des responsabilités qu’il a endossées a été motif d’enrichissement personnel. Les députés s’assurent des retraites de monarques et des salaires de PDG pour entériner des lois favorisant la corruption et l’évasion fiscale, le tout en s’exonérant le plus possible de la moindre contribution. Et pas une seule seconde, une seule minute tout ce petit monde ne pense autrement qu’à court ou moyen terme et pour autre chose que leurs seuls intérêts. 40.000 étudiants se prostituent pour vivre et le même nombre ne trouve même pas de place en fac. Des petits vieux n’ont pas les moyens de se payer une aide ménagère alors qu’ils arrivent à peine à bouger, et des handicapés se retrouvent dans des situations identiques pour des raisons identiques, mais la députée Claire O’ Petit nous déclare sans rire qu’il faut arrêter de pleurnicher que si à 18 ans on a peur de perdre cinq euros on n’est pas arrivé. La même Clair O’Petit qui faisait la joie des Grandes Gueules en nous affligeant de ses propos réactionnaires et petit bourgeois. Et toujours la même qui après avoir pratiqué mille métiers s’est fait interdire de diriger toute entreprise pendant 5 ans… Le pseudo mouvement En Marche, qui n’est rien de plus que le Cheval de Troie du capital, se vante que ses « élus » viennent à majorité de la société civile. Certes, ce pourquoi ils votent systématiquement des lois qui pénalisent la dites société civile et privilégient toujours les mêmes.

Le syndrome de la femme battue

Et face à tout ça quelle est l’attitude de cette société civile ? En Europe, aux Etats-Unis, la passivité. Face à ce déversement de lois anti sociales, qu’il s’agisse du domaine économique, de la préservation de l’environnement, de la pollution alimentaire ou du secteur publique attaqué de toute part par un capitalisme affamé, nous restons comme paralysés. Nous sommes comme ces femmes battues. Sidérés par la violence physique et sociale qu’on nous impose. Espérant toujours que notre « partenaire » va changer si on se montre assez compliant. Et chaque fois qu’une crise se déclare, chaque fois que le « partenaire » trouve une raison pour cogner, supprimer telle protection sociale, réprimer dans le sang telle manif pacifique, invoquer l’immigration comme la base de tous les maux ou déclarer l’état d’urgence permanent et constitutionnel, nous nous disons que c’est de notre faute, encouragés par quelque laquais. On rediscute des congés payés ? De ce droit pour lequel nous nous sommes battus physiquement et socialement il y a 81 ans ? Christophe Barbier, le journaliste le mieux payés de France, 96 millions de gain pour la seule année 2017, nous invite à être plus souple, en ramenant à nouveau sur le tapis la métaphore du gentil foyer qui doit faire de gentilles économies….

La question reste à savoir vers quoi nous nous dirigeons avec cette passivité de femme battue. En viendront nous au jour où nous tuerons notre « partenaire » pour nous en débarrasser ? Et livrer le monde a un bain de sang ? Ou allons nous contenter de nous laisser abattre ? Ceux qui demeurent dans cette dynamique nous dirons qu’on peut le raisonner. Que l’on peut raisonner la voracité d’un Bernard Arnaud, que l’on peut influer sur la politique morbide du capitalisme, que l’on peut convaincre les industriels du secteur pétrolier de se mettre aux énergies renouvelables. Les femmes battues pensent de la même manière. Elles pensent ainsi jusqu’à en mourir, tuer leur partenaire… ou finir par le quitter. Si vous êtes dans cette dynamique, levez la tête vers le ciel, pensez à ce que je vous ai raconté en introduction avec cette notion : 50% du budget spatial mondiale est consacré à la seule militarisation de l’espace… Alors certes il nous reste toujours l’option Massada, nous entre-tuer jusqu’au dernier à seul fin de pas nous laisser dominer par quelques imbéciles nantis de leur phallus comme sceptre, mais je ne suis pas certain que ça soit pour cette raison que vous fondez une famille et espérez le meilleur pour vos enfants. Reste qu’en l’état et si nous continuons de nous comporter comme des femmes battues, vos enfants n’ont non seulement aucun avenir mais vous les promettez à une longue agonie.