La nuit du chien 14.

Le petit avait raison, ça faisait trop longtemps qu’il était flic. Carson ne se faisait pas d’illusion à ce sujet, sa retraite allait être terrible et pas seulement du point de vue financier. Il était de ce genre d’homme qui ne sait se définir que par sa fonction, son uniforme. Son père avait été shérif de cette ville avant lui et son arrière-grand-père l’avait également été dans un bled paumé de l’ouest. Un truc qu’on a dans le sang même si les choses avaient bien changé. Du temps de son père les problèmes de frontière, on réglait ça à l’amiable et on sortait rarement son arme parce que la vie humaine avait une valeur. Parce que tuer ce n’était pas rien. Et même du temps du Far West, l’ouest sauvage ne l’était pas tant que ça, la plus part des villes interdisaient le port d’arme. Aujourd’hui la vie n’avait plus de valeurs pour personne. Deux connards prêt à jeter une grenade dans un restaurant parce qu’on ne libérait pas leur copain, bon Dieu de merde ! Comme dans une de ces saloperies de jeu vidéo. Tout ça à cause de Laredo, il en était sûr, Louise lui avait parlé de sa réaction, il aurait voulu le questionner mais il était introuvable. Il avait bu une demi bouteille, il était entre le gris et le saoul mais son cerveau de flic ne voulait pas lâcher. Il passait en revue les suspects, zigzagant jusqu’à chez lui en passant entre les maisons, quand il entendit les au secours. Lointain, avec un écho qui au lieu de l’amplifier semblait l’étouffer. Pendant quelques secondes Carson cru qu’il avait des hallucinations, il n’y avait personne alentours. Mais les cris insistaient, il chercha mieux, ne voyait toujours rien d’autant que les maisons alentours étaient plongées dans le noir. Pourtant la voix lui disait quelque chose. S’il n’avait eu cette âme de flic, sans doute aurait-il accusé sa bouteille, ou trouvé une excuse pour oublier. Au lieu de ça il tendit l’oreille et fini par comprendre que ça venait de sa gauche, du champ de maïs. Le silo se dessinait dans le noir, éclairé par les étoiles et la lune safran, Carson s’approcha, oui, les cris venait de là, il entendait même les coups maintenant. Il cria.

–       Attends  mon gars, je vais te sortir de là !

Il essaya d’abord la porte du bas mais il n’y avait même plus de poignet.

–       En haut ! Gueulait la voix, cette fois il su qui était-ce.

–       Bouges pas Jefferson j’arrive.

Une chose de le dire, une autre de le faire. Grimper une échelle étroite, dans le noir, dans son état, plus facile en théorie. Il manqua de se vautrer plusieurs fois, ratant un barreau ou butant dans un autre, avant de parvenir à la plateforme. Il se sentait vieux et con. Pas aussi con que Parker qui venait de les foutre dans une drôle de mouise, mais pas loin. Il avisa le bout de bois qui entravait l’ouverture et l’arracha avec un juron pour les imbéciles qui avait fait ça.  Et s’il n’était pas passé ? Qu’est-ce qui se serait passé le lendemain avec la chaleur ? Crétin. Il pestait intérieurement quand Corey passa la porte penaud et soulevant un épais remugle d’urine froide.

–       Pouah mon gars, t’es tombé dans le fumier ou quoi ? S’exclama le policier avec un mouvement de recul.

–       On m’a pissé dessus, marmonna Corey.

–       Ca je sens bien, et qui est-ce qui a fait ça ?

Corey ne répondit pas tenu par cette même logique qui retenait toute les victimes en otage.

–       Bon, c’est tes oignons après tout. Allez, va te changer, et prend une douche, t’en as sérieux besoin.

Carson commença à redescendre avec prudence mais Corey ne bougeait pas regardant le vide sous ses pieds, l’expression lasse.

–       Eh tu vas pas faire une connerie hein ?

Qui ça intéresserait de toute façon, pensa Corey, au lieu de quoi il répondit.

–       Je veux pas que mon père me voit comme ça.

Carson le regarda un instant l’air de comprendre avant de répondre.

–       Ah tu vas faire quoi alors ?

Le garçon haussa les épaules.

–       Je sais pas.

Pauvre môme, il avait l’air d’un épouvantail avec la tête de quelqu’un qui avait pleuré à chaudes larmes.

–       Allez viens, je dois avoir des vêtements à ta taille, je te garanti pas qu’ils soient de ce siècle mais ça devrait le faire.

Corey hésita un instant avant de le suivre. Carson était très fier de sa fontaine. Rajoutée à cette maison familiale dont-il avait hérité après la mort de sa mère. Le saule avait été planté par son père le jour de sa naissance, ils vieillissaient ensemble comme des amis de longue date, mais le meilleur était à l’intérieur. Un véritable décor de western, mélange de tapis apache, et de meubles vieil ouest, avec même un lustre à l’ancienne et une selle d’époque en bois, cuir et cuivre. On aurait presque pu tourner une scène de film ici. Corey n’en revenait pas. Pas qu’il avait une nostalgie particulière pour ce temps là ou un truc pour les films qu’il reconnaissait un goût, une recherche d’authenticité. Jamais il n’aurait imaginé Carson en décorateur ou en collectionneur d’antiquité. Sur le linteau de la cheminée en pierre apparente, étaient alignés des photos en dessous une Winchester de 1871. Des photos de Carson en soldat mais d’il y a longtemps, ça non plus il ne savait pas.

–       Vous avez fait l’armée Monsieur Carson ?

–       Appel moi Jack, non c’est pas moi, c’est mon père, Corée on se ressemble hein ? C’est lui qui a tout fait ici, sacré boulot non ?

–       C’est sûr… il était décorateur ou quelque chose ?

–       Hein ? Nan, c’est lui qui a fait ces meubles. Il savait tout faire avec ses mains mon père. Le reste il l’a récupéré dans les vieilles fermes, les derniers saloons à fermer, même un bordel, du temps où il y avait encore un à Baker.

–       Un bordel par ici ?

–       Bah ouais, qu’est-ce que tu veux dans le temps les choses étaient pas aussi chiantes que maintenant. Aujourd’hui on interdit tout, on donne des noms de maladie mentale à tout. Viens c’est par ici.

Il le suivit à l’arrière de la maison dans ce qui tenait à la fois d’atelier et de débarras. Après avoir cherché dix minutes en pestant après la clef du cadenas, et la trouvant dans un tiroir à clou de l’établi, il ouvrit une cantine de l’armée ornée d’autocollant pour des groupes de punk rock. Il allait de surprises en surprises, réalisant qu’il ne connaissait pas du tout le policier qu’il avait toujours vu comme tout à chacun à Baker, un vieil emmerdeur vachard. La malle ouverte il en sorti des teeshirts et des jeans en l’invitant à faire son choix. Il craqua en tombant sur un teeshirt de Nirvana noir et jaune, le classique des classiques, daté de 92, soit seulement deux ans avant la mort du héros de tous les amateurs de rock nés dans les décennies suivantes.

–       Vous êtes un fan de Nirvana Monsieur Carson ?

–       Jack, je t’ai déjà dit, non pas moi, mon fils, toutes ces fringues sont à lui.

–       Oh…

Corey marqua une hésitation, ça aussi il l’ignorait, qu’il avait un fils.

–       Il est mort ?

–       Qui ça ? Mon fils ? J’en ai pas la moindre idée si tu veux tout savoir, c’est possible, répondit-il comme si on lui demandait de commenter l’actualité des températures de saison.

L’adolescent se renfrogna.

–       Vous savez pas si votre fils est mort ou vivant et vous donnez ses habits ?

Carson lui jeta un coup d’œil dubitatif.

–       D’abord je donne pas ces habits, je t’en prête à toi, ensuite non je ne sais pas s’il est vivant ou mort parce que je suis un père à la con et lui le plus borné et têtu des garçons que je connaisse, voilà.

–       Comment vous pouvez dire ça ? C’est votre fils ! Comment un père peut pas savoir si son fils est mort ou vivant ?

–       Pourquoi tu crois qu’il en sait plus sur moi ? C’est même pas moi qui l’ai élevé.

–       Pourquoi ?

–       Pourquoi quoi ?

–       Pourquoi vous l’avez fait alors ? Il avait pas à demandé à naitre !

–       Comme nous tous, lui fit remarquer Carson. Et pourtant on est là et on s’accroche alors que tout nous dit que la vie c’est de la merde, j’ai pas raison ?

Il aurait eu du mal à dire le contraire contenu des circonstances, mais quand même. Carson considéra son air renfrogné avant d’hocher la tête.

–       Mouais… ton père est aussi à la con que je l’ai été sauf que lui tu vis avec, c’est ça hein ?

L’adolescent ne répondit pas, piochant dans les vêtements avec un air maussade.

–       J’parie qu’il a déjà essayé de te parler mais qu’il disait tellement de la merde que t’as pas écouté.

Corey haussa les épaules.

–       Et même qu’il a voulu te faire le coup de on va se rapprocher en te proposant un piquenique ou une connerie de ce genre.

Cette fois il ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire.

–       Il voulait m’emmener à la chasse.

–       Et toi t’aimes pas ça.

–       Pourquoi tuer des bêtes que je n’ai même pas envie de manger ?

–       Bonne réponse, m’est avis qu’il y a quelque connard avec des fusils qui feraient mieux de penser comme toi…Eh, eh… on est vraiment tous pareil, tous des billes.

–       Pourquoi vous dites ça ?

–       Parce que j’ai fait la même avec le mien. Avec ma vieille on a divorcé deux ans après qu’il soit né. Elle vit à Phoenix aujourd’hui, c’est là-bas qu’il a grandi, je le voyais qu’un weekend sur deux quand cette folle oubliait pas ou qu’elle me faisait pas une crise.

–       Et vous l’avez emmené à la chasse lui aussi ?

–       Non je chasse pas, je pêche, mais ça reviens au même.

–       Et alors ?

–       Alors ça été une catastrophe, on s’est engueulé toute l’après-midi. Tu verras, la prochaine il va essayer de t’écrire.

–       Lui ? Ca m’étonnerait.

–       Moi pas, j’ai fait pareil.

–       Et alors ?

Il le regarda avec son air de vieux filou.

–       Alors je te fais l’effet d’un intello ?

–       Euh…

–       Ouais, voilà… j’ai été maladroit, confus, comme d‘hab’ quoi.

–       Et il a dit quelque chose ?

–       Ouais, il m’a répondu, par lettre, avec accusé de réception… ça disait en gros que son avocat avait prit une mesure d’éloignement contre moi, soi-disant que je le harcelais…

–       Oh.

Carson haussa les épaules.

–       C’est comme ça.

–       Et c’était vrai ?

–       De quoi ?

–       Que vous le harceliez ?

–       Ca faisait deux ans qu’on s’était pas vu…

Il sorti la bouteille de Bulleit de sa poche arrière, et dévissa le bouchon avec un petit pop.

–       Tiens ? Proposa-t-il

–       Je bois pas.

–       T’es pas américain ?

–       Si

–       Alors bois, ça  te feras du bien.

Corey obéit, fit une grimace en avalant et lui rendit la bouteille.

–       Bois encore ! Ordonna Carson. Les connards plus vite on les oublie, mieux c’est.

–       Ils seront toujours là demain, fit remarquer philosophiquement le jeune homme.

–       C’est sûr mais c’est pas une raison pour passer la soirée avec eux.

Il marquait un point. Corey allongea sa rasade avec la même grimace et lui rendit à nouveau la bouteille.

–       Vous auriez pas une bière plus tôt ?

–       Si, allez habille toi et retrouve moi dehors, y’a tout ce qu’il faut dans le frigo, sers toi.

Il choisi le teeshirt Nirvana et un jean à coupe droite noir puis alla le rejoindre avec une bière. Carson était en train de remplir une douille d’herbe. Corey n’en revenait pas.

–       Vous fumez ?

–       Bah quoi ? Gamin les indiens et les mexicains fumaient de l’herbe par ici le Texas n‘était même pas américain. Toutes ces interdictions c’est des conneries de lobbyistes.

Tout en discutant ils échangèrent la pipe. Il lui raconta son fils qui était cadre dans une grosse entreprise, sportif, jamais de cigarette, même rigolote, pas une goutte non plus, un carême.

–       Je sais qu’un père devrait pas dire ça de son fils mais c’est qu’un connard. Un connard de gagneur

–       Bah c’est bien s’il a réussi non ?

Carson lui jeta un coup d’œil de biais.

–       Tu t’habilles toujours en noir, tu portes son teeshirt Nirvana, t’écoutes Rammstein et tu me dis ça ?

–       Beuh comment vous savez que j’écoute Rammstein ?

–       Personne t’as jamais dit que ta musique on l’entendait de la rue des fois ?

Mais il y avait encore plus surprenant.

–       Vous connaissez Rammstein ?

–       Tu te souviens de Richmond mon premier adjoint avant Parker ?

–       Le facho ?

–       Ouais, lui-même, bin il adorait, combien de fois je lui ai dit d’arrêter de me saouler avec ça, il écoutait tout le temps en patrouille, les gens se plaignaient.

–       Je savais pas. Il est devenu quoi ? Il est parti en Iraq finalement ?

Il se souvenait d’un grand type aux cheveux taillés ras, l’uniforme toujours impeccable avec un pin’s Stars and Stripes sur le col. Carson avait fini par le virer le jour où il avait traité Jenny Goldstein, l’ancienne prof d’anglais du lycée, de sale juive.

–       D’après ce que je sais il a surtout été en taule. Il aurait un peu trop joué au cowboy… m’étonne pas c’était un dingue. J’aurais pu le garder remarque, elle a même pas porté plainte, mais avec lui moi j’avais droit à ça tous les jours. Il y en avait pour tout le monde, les nègres, les youpins, les mexicains. J’ai craqué.

Ils discutèrent une partie de la soirée. De son fils, de la vie, de son père, de tous ces manquements que commettaient les adultes en croyant bien faire, ou en oubliant simplement qu’ils l’étaient, adultes.

–       C’est comme ça, un jour t’as dix-sept piges et tu crois que t’es immortel, et puis d’un coup tu te réveilles, et tu réalises que t’en a dix ou vingt de plus et qu’en fait non t’es peut-être pas si immortel que ça. Mais comme on est con, on veut quand même y croire, croire que la vie va nous épargner nous plus que les autres. Que le plan, la petite ligne droite toute tracée qu’on s’est fait va bien se dérouler comme on le pense avec notre pauvre imagination. Et puis à quarante ans tu réalises que non, ça va pas se passer comme ça, que ça s’est jamais passé comme ça, et que tous les rêves que t’avais quand t’étais gosses, bin le sont resté. En général c’est le moment où les mecs font des conneries, divorce pour se mettre avec une petite dix ans plus jeune, s’achète une grosse bagnole de sport.

–       Mon père ça lui est jamais arrivé en tout cas, et puis votre fils il a réussi alors… rétorqua le jeune homme que ce constat dérangeait d’autant qu’il confirmait ce qu’il pressentait déjà de la vie et de son avenir.

–       Réussir ? Parce qu’il gagne du fric et se tape des mannequins moitié son âge ? C’est pas ça réussir gamin. Ca c’est juste faire ce que la société te dit de faire. C’est juste être un bon petit connard qui croit tout ce qu’on lui fait avaler, un con-sommateur.

Corey rigola, première fois depuis longtemps.

–       Nan, j’sais pas ce que tu veux faire dans ta vie gamin, mais laisse jamais le monde te dire à quoi rêver ni que c’est pas possible. C’est comme ça qu’on se fait baiser.

–       J’oublierais pas, promis l’adolescent.

–       Hein ? Mais si tu oublieras. On oublie toujours ce genre de conseil, et même quand on oublie pas, on fait des conneries quand même en croyant que c’est ça qu’on veut et rien d’autre.

–       Genre ?

–       Genre se marier avec la plus belle du lycée par exemple…

Incidemment il comprit que c’était ce qui lui était arrivé.

–       Vous étiez amoureux ?

–       Moi je sais pas mais ma bite ça c’est sûr.

Cette fois Corey éclata franchement de rire.

–       Moi je crois que mes parents ils ont jamais été amoureux, ils ont fait ça, se marier, parce que c’est ce qui se faisait, déclara finalement au bout du rire et d’une quinte de toux.

–       C’est possible, on se marie souvent pour de mauvaises raisons… en fait non, on se marie toujours pour de mauvaises raisons, parce que si on réfléchissait cinq minutes…

–       Vous êtes contre le mariage ?

–       Je suis pas contre, les gens font ce qu’ils veulent, mais comment on peut décider de passer toute sa vie avec quelqu’un qu’on connait depuis à peine un an, parfois juste quelque mois ?

–       Vous l’avez bien fait vous.

–       Justement.

 

Parker s’était toujours dit qu’il ne voulait pas répéter l’erreur de ses parents. Rester avec quelqu’un à qui on fini par en vouloir. Même à trente sept ans il avait encore cette idée romantique et un peu illusoire –il ne se faisait pas beaucoup d’illusion non plus- qu’il fallait trouver la bonne personne avant de se laisser passer la bague au doigt. Que l’amour ne rendait pas le mariage obligatoire mais que ce dernier le consacrait. Encore fallait-il être soi-même déjà cette bonne personne.

–       Comment tu vas toi ?

Il haussa les épaules.

–       Ca va, la nuit va être longue c’est tout.

Il avait renvoyé Fred chez lui pour la soirée et demandé à Flora de venir l’aidé le temps que les marshals arrivent, une affaire de deux jours. La jeune femme assurait la permanence avec Louise pendant que lui et Fred se relaieraient à la prison. Anna était venue le voir sur place avec des bières et des sandwichs. Elle portait cette blouse qu’il aimait tant et qui lui allait si bien, paysanne, bleu dur avec des petits cowboys vintages qui se mariait si bien avec son teint perpétuellement doré. Ils étaient au dehors, au pied de la rangée d’arbres qui fermait l’arrière de la prison et sa courette, à l’abri des regards des prisonniers.

–       C’est vrai qu’ils voulaient jeter une grenade ?

–       Ouais, en tout cas ils en avaient

–       J’ai peur Jim, qu’es-ce qui va arriver ensuite ?

–       Rien, les marshals seront là dans deux jours, ils emballeront tout ce petit monde avec eux et voilà.

–       Mais d’ici là ?

Il mordu dans son sandwich, passa la bouchée et demanda :

–       Ne t’inquiètes pas, j’ai pas arrêté un terroriste international non plus.

–       Mais s’ils envoient des tueurs ?

–       Qui ça ils ?

Elle rougit comme une enfant pris en faute de raisonnement.

–       Bah je sais pas, les copains de ces types.

Il leva les yeux sur elle, elle avait son expression de gamine inquiète, concernée au-delà du raisonnable ou comme les enfants quand ils veulent paraitre plus responsables que leurs ainés. Voilà une des raisons pour laquelle il n’avait pas donné suite à leur histoire. Il n’était pas celui qui lui fallait, celui qui saurait l’entourer, la protéger de sa perpétuelle anxiété. Même pas qu’il n’aurait pas eu la patience qu’il savait qu’il n’en aurait jamais le talent. Anna avait besoin d’un roc qu’il ne se sentait pas être. Lui aussi doutait, lui aussi était un inquiet à sa manière. Inquiet de la vie des autres, du bien être de ses concitoyens, et puis son métier l’exposait sinon au danger, à la violence, du moins à l’incertitude. Il ne se voyait pas devoir la rassurer chaque fois qu’il partait en patrouille ou se rendait sur les lieux d’un délit.

–       Et qu’est-ce que tu veux qu’ils fassent ? Prendre d’assaut la prison ? On n’est pas au cinéma Anna, on est en Amérique.

Elle ne semblait pas convaincue, mieux elle avait l’air de trouver sa réponse légère.

–       Et les grenades c’est du cinéma ? Demanda-t-elle un poil trop agressive pour qu’il n’associe pas ça à son caractère.

–       Ne t’inquiètes pas, je te dis, se contenta-t-il de répéter.

Elle secoua la tête.

–       L’ennui avec toi Parker c’est que tu crois tout savoir des autres alors que tu sais rien

–       Bah qu’est-ce qui te prends ?

Elle se leva, termina sa bière d’une traite et comme un mec froissa la canette. Première fois qu’il la voyait faire ça. C’était à force d’être avec Kid qu’elle avait prit ce truc ?

–       Rien, j’ai à faire, passes une bonne soirée Jim.

Il la regarda partir éberlué. Décidément il ne comprendrait jamais rien aux femmes.

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