Ma petite entreprise 4.

J’ai peut-être été un cancre à l’école mais c’est juste parce qu’on étudiait des trucs qui m’intéressait pas. Croyez moi quand je me passionne c’est du sérieux. Et là j’étais passionné à plus d’un titre. Et pour se documenter, suffit d’aller voir la madame Soleil de notre époque : Internet. Tout, du prix de la C. aux filières colombiennes et vénézuéliennes, en passant par les circuits de blanchiment, les méthodes des mules dans les aéroports, les souvenirs d’ancien trafiquant. Rien que Youtube c’est juste un énorme tuto pour devenir un bon petit trafiquant… ou un parano complet… Les gens aiment tellement les histoires de flic et de voyou que la télé pond du documentaire vérité toutes les minutes. C’est comme ça que j’ai trouvé ce qui me semblait la meilleure solution, une solution parfaite qui nous permettait de traverser une frontière sans trimballer la coke sur nous, une solution que j’avais déjà indirectement utilisé : les canassons. L’idée m’est venue d’un gangster anglais racontant ses souvenirs. Je me suis renseigné un peu plus et j’ai découvert que son tuyau involontaire était toujours valable. Les canassons de course ne passent pas le contrôle des douanes. Un jour à Paris, un autre à Londres ou Dubaï, ils ne restent jamais en place longtemps pendant la saison des grandes courses. Donc pas de contrôle, et les intestins d’un cheval ça peut avoir dans le cul jusqu’à 45 litres de merde. Une vraie valise. Le seul risque, et il était quand même de taille, c’est qu’une bonbonne lui pète à l’intérieur. Ca le crèverait. Mais bien emballé… Dans la vidéo, mon gangster précisait pas comment il avait fait ses paquets ni rien, juste la combine, alors j’ai fait mes calculs moi-même. Une bonbonne pesait en général dans les trente grammes, donc deux kilos ça faisait environs 67 bonbonnes à confectionner et à coller dans le cul du cheval qu’on aurait choisi. J’ai jamais fréquenté de cheval de trop près mais je me disais bien quand même que faudrait être au moins deux pour qu’il se laisse faire. Quand j’ai parlé de mon idée à Driss il a carrément éclaté de rire.

–       T’es sérieux frère ?

–       Tout ce qu’il y a de plus sérieux. C’est la meilleure solution, le voyage séparé.

–       Ouais mais dans le cul d’un cheval ? Tu vas faire comment ?

–       Bah tu vas m’aider.

Il m’a regardé comme si je venais d’insulter sa mère.

–       Pas question ! Pas question que je mette ma main dans le cul d’un cheval !

Toujours son problème avec les pédés je suppose, il avait le rapport anal délicat si j’ose dire mon Driss.

–       C’est pas grave, je m’en chargerais, juste tu t’occuperas qu’il se tienne tranquille.

–       Eh mais comment tu vas le savoir que c’est le bon cheval ?

–       Parce que les courses sont annoncées à l’avance gros. Suffit de se renseigner.

Il en revenait toujours pas, il me regardait avec son air mi figue mi raisin, on aurait dit son père quand il le voyait avec une fille.

–       Tu vas vraiment mettre ta main dans le cul d’un cheval ?

–       Bah quoi ?

–       T’es un malade.

Ceci dit restait à 1)trouver le bon cheval, 2)confectionner les bonbonnes, 3)s’introduire dans les écuries 4)réussir à fourrer 67 bonbonnes dans le cul d’un cheval 5)récupérer les 67 bonbonnes au bon moment. C’est que ça chie sévère un équidé, pas question qu’il nous livre la marchandise durant le voyage. Donc ça aussi fallait prévoir, le constiper au départ et lui rendre ses intestins à l’arrivée. J’ai fait des recherches sur les chevaux, j’ai appris qu’ils étaient sujet à la colique et comment les prévenir mais aussi à la constipation et comment les déboucher, cette dernière partie n’allait pas enchanter Driss et elle demandait de la préparation et du matériel. Mais de toute façon tout allait en demander. Pour le cheval j’avais trois candidats, deux qui feraient des courses en Belgique et en Suisse avant d’être à Londres un peu avant le carnaval, un qui irait directement à Londres après Paris, mais celui-là comme il avait déjà remporté deux courses il serait à l’écurie dans la banlieue anglaise, deux semaines avant le prix qu’il devait courir. Et il avait un nom, j’y croyais tellement pas que je me suis dit que ça nous porterait bonheur, Khartoum, comme le cheval qui fini mal dans le Parrain. Les préservatifs pour les bonbonnes c’est la fausse bonne idée. C’est assez solide pour une chatte mais le cul d’un cheval c’est autre chose, son ventre travaille tout le temps rapport aux pattes arrière, alors le mieux c’était les ballons, plus résistants. Soixante sept ballons à remplir d’exactement trente grammes, quand t’as jamais fait ça, ça prend des plombes. Et puis dans la cave où on s’était installé c’était pas exactement le confort, tout petit, à peine de la lumière, mais qu’est-ce tu veux on pouvait pas faire ça au grand jour. Alors les dix premiers t’en fous plein à côté, les dix seconds tu t’énerve alors forcément tu déchires des ballons, au quarantième tu commences à avoir le coup de main et aussi t’es un peu défoncé parce qu’évidemment tu portes pas de masque comme les pros. Ca nous a prit une bonne heure rien que pour les remplir et les peser avec une balance à bijoutier et on est ressorti de là hilare comme un bobo à une rave.

 

Vigipirate, les militaires qui rôdent quatre par quatre, les caméras, la sécurité avec des flics partout, c’est pour les pauvres. A Longchamp tu les vois aux abords, tu les vois éventuellement dans les allées, mais passé ça, c’est comme dans le temps où le terrorisme n’était pas le prétexte pour tous nous fliquer. Un temps que j’ai jamais connu personnellement mais c’est bien agréable de se balader dans un endroit immense, en croisant toute sorte de gens, sans voir l’ombre d’un gun ou d’une caméra. Toute sorte de gens chics je précise, même les palefreniers sont sapés. Ca doit être la seule fringue que leur file l’émir mais crois moi elle est nickel la veste en molletonné du paki. J’avais fait un premier repérage tout seul, en faisant mine de me perdre, personne n’a fait attention à moi. Mais Driss avec son mètre quatre vingt-dix de sénégalitude, vu que j’avais croisé des paki mais pas un seul noir, ça allait être plus compliqué de passer discretos je me suis dit, et ça même été un motif de dispute entre nous.

–       Pourquoi que j’aurais les sapes du palefrenier et pas toi ?

–       Ah arrête, y’a que des blancs là dedans, ça passera mieux c’est tout.

–       Ah ouais et pourquoi ? Pourquoi ça serait pas le blanc le larbin cette fois et moi sapé seize.

–       Tu fais chier c’est pas moi qui ai décidé que c’était les paki les larbins, y’a pas un seul quebla là-dedans.

–       T’es peut-être pas passé le bon jour, et puis d’abord je vois pas pourquoi toi tu serais pas non plus en palefrenier, y’a pas de blanc dans ce boulot ?

Si mais je kiffais la tenue que j’avais en tête. Finalement on y est allé tous les deux sapés en palefrenier, personne n’a fait attention à nous, chez les riches c’est comme ça. Le racisme c’est comme la peur, c’est pour les pauvres. Karthoum courait pour le Grand Prix de Paris et resterait deux jours sur place avant d’aller se faire du gras dans la banlieue anglaise. Je m’étais renseigné auprès d’un palefrenier, et ça m’avait donné l’occasion d’approcher la bête. Bon Dieu qu’il était beau. Beau, énorme, avec une robe noire brillante unie, le ventre fauve, le cheval à Zorro. Un pur sang arabe m’a expliqué le palefrenier, l’aristocratie du canasson, j’aurais dû me méfier. On s’est pointé le lendemain du Grand Prix, Khartoum finalement avait terminé troisième, mais ça restait un bon rapport vu la côte du bestiau. On s’est pointé en fin d’après-midi et on a attendu que tout le monde se barre pour entrer dans son box. Pour l’amadouer j’avais amené des sucres, ça marche toujours il parait avec les canassons, mais déjà il ne nous connaissait pas, ensuite c’était une altesse royale, tout à fait conscient de son statut, c’est pas qu’il se la pétait, c’est que c’était le cheval alpha et il avait pas l’intention de nous le laisser l’ignorer. Le premier sucre, après l’avoir reniflé bruyamment et un examen minutieux du genre monsieur mange que ce qu’il y a de meilleurs, il me l’a morflé tellement vite que j’ai bien failli y laisser mes doigts. Puis il en a voulu un autre, alors il s’est retourné vers moi, coinçant Driss dans un coin. Je lui en ai bien filé un autre mais c’était pas un sucre après l’autre qu’il voulait lui, il voulait tout le sucre, et le pantalon avec si nécessaire ! Je’ me suis écarté, il s’est avancé, j’ai soudain compris ce qu’une fille pouvait ressentir avec un gros lourd. Le sentiment que tu ne peux rien faire et que si tu réagis mal ça va partir en sucette. J’ai fait « oooh » et « tout doux, oooh tout doux » comme si « oh » avait un pouvoir magique et universel sur les chevaux mais il en avait rien à faire, il a commencé à me renifler les couilles, puis à essayé d’attraper ma poche. Je sentais le moment où il allait me les arracher. Dans une tentative désespérée, j’ai attrapé ma poignée de sucre et je les ai jetés par-dessus son épaule, direction Driss. Le bestiau s’est retourné avec la vivacité d’un serpent minute, plongeant direct sur les bottes de Driss qui a fait un bond, comme s’il se faisait coincé par un violeur pédé. Vu qu’il était occupé à chercher son sucre dans la paille, j’ai dit à Driss de le distraire pendant que je m’occupais de le fourrer. J’avais acheté une paire de gant d’égoutier et un flacon d’huile de paraffine pour servir de lubrifiant et deux boites d’imodium que je m’étais fait prescrire en montant un bateau. J’ai versé un peu de liquide sur la première bonbonne et je lui ai vite fait poussé dans le cul, mais j’ai très vite capté deux problèmes majeurs, le premier c’est que le cheval était trop haut pour moi et que je rentrais tout juste la main, le second c’est qu’un aristocrate se fait pas fouiller le cul par des inconnues sans conséquences. Il a henni, outré, tenté de donner un coup de tête à Driss et balancé son sabot à cinq centimètres de ma tête, si vite et si fort que ça a fait le même bruit que dans les films de kung fu quand ils font un mouvement, un truc du genre « stomp ! » et la bonbonne est retombée avec un chapelet de crottes. Bon, j’osais encore rien dire à Driss et je me disais que devais bien y avoir un moyen de lui enfoncer plus profond, encore fallait-il qu’il se calme. Driss essayait de lui tenir l’encolure pendant que ce putain de canasson piétinait tout en tournant dans le box avec moi derrière, ma bonbonne et mon flacon d’huile de paraffine. A un moment, il s’est arrêté net et a fixé mon pote comme s’il tentait de l’identifier pour un retapissage avenir, genre m’sieur le poulet c’est lui qui me tenait pendant que son copain me violait. J’en ai profité pour lui en recoller une, en y allant cette fois de toutes mes forces. Et là il s’est passé un truc, je sais pas si arrive souvent au véto, mais je me suis bien enfoncé dans son cul jusqu’au coude que quand il a fait demi tour, il a serré les sphincters et voilà que je me retrouve les pieds à deux centimètres du sol, le bras coincé dans le cul d’un cheval pas contant mais alors pas contant du tout qui essaye de bouffer Driss tout en ruant et en hennissant de protestation. J’ai bien cru qu’il allait me déboiter l’épaule ce con. Finalement il s’est dressé sur ses pattes arrière, a poussé une espèce de bruit du genre je vais vous piler et d’un coup j’ai récupéré mon bras plein de merde. Je me suis vautré dans la paille et j’ai reçu sur la tête un nouveau chapelet de crotte, ainsi que la bonbonne. Driss s’est écarté à temps avant qu’il lui bouffer le sein droit, on s’est retrouvé acculé comme deux cons, la porte de sortie bloquée par le cul de ce putain de cheval qui était bien décidé à que plus personne ne lui mette quoique ce soit dans le fondement et qui nous matait avec l’œil rond du psychopathe. On flippait sévère, j’ai dit à Driss d’essayer d’aller à gauche pendant que je prenais à droite, le premier qui atteignait la porte filait et laissait le cheval filer avec lui. Mais qu’est-ce que tu crois ? Cet enfoiré m’avait à l’œil, il avait compris que l’enculeur c’était moi, alors dès que Driss a fait mine de vouloir le déborder, il a essayé de me chopper tout en donnant des ruades de ouf pour l’empêcher de s’enfuir. J’avais l’impression d’être le flic taré dans Pulp Fiction quand Ving Rhames lui promet de la lui faire moyen âge. Karthoum aussi allait nous la faire moyen âge et même si je voyais pas très bien ce que ça donnerait version équidé j’avais comme idée que ça serait douloureux et sale comme un tabassage en règle. Fallait qu’on trouve une solution, et vite. Vous me direz, pourquoi je me suis pas arrangé pour trouver des tranquillisants, un petit décontractant, je ne sais pas quoi. Parce que d’une je ne connais pas de médecin prêt à délivrer une ordonnance pour ce genre de cas de figure, ensuite parce que je supposais à juste titre que ce machin devait avoir des médocs en fonction de sa taille et de son poids et que je ne voulais ni le tuer, ni le rendre dingue en refilant n’importe quoi. Vous me direz que l’Imodium dans la mangeoire et la C. dans le cul c’était déjà bien, je vous répondrais que justement. Donc maintenant on était là comme des cons avec cet engin qui avait décidé de nous faire payer notre erreur, moi recouvert de merde, Driss suant comme un bœuf et surtout fixant un truc qu’on avait pas prévu, Karthoum était énervé et quand un cheval est énervé, parfois il bande. Je sais pas si tu vois la perspective, coincé dans un box avec un étalon en rut et furieux ? Qu’est-ce qu’il y a de plus dangereux comme perspective à part être pris en stop par Emile Louis ? Je vois pas.  Et puis soudain, le miracle ou presque. Le box s’ouvre sur un petit mec moustachu, chaussé de grandes bottes verte, et armé d’une fourche, avec un air de pas contant tu sais pas qui va prendre le premier. Le canasson a poussé un hennissement et a reculé vers nous. Apparemment le patron c’était lui, même Karthoum la ramenait moins, qu’est-ce que c’était que ce mec capable de foutre les foies à ce machin ?

–       Qui vous être !? Moi appeler police !

Il nous menaçait de sa fourche, Karthoum essayait de se faire petit, ce qui considérant la taille de l’engin et celle du box, consistait à nous écraser avec son maudit cul. On était mal.

–       Non m’sieur faites pas ça ! On remboursera tout promis ! J’ai couiné à la fois mort de trouille à cause de la perspective de voir les lardus débarquer et celle de mourir la tête dans un cul de cheval.

–       Vous voleurs de chevaux ? Hein !? Comment vous entrer !? Moi appeler police !

–       Non, non, pas voleur, pas voleur ! A juré Driss sur le même ton.

–       Si vous voleur ! Karthoum faqat bilitaf ! Il a aboyé.

Karthoum a secoué la tête plusieurs fois et a fait un pas de côté en tapant du sabot par terre. Et là t’es contant que le père de ton pote a obligé son fils à aller à l’école coranique et à apprendre l’arabe littéraire. Driss s’est mis à parler arabe très vite, je ne sais pas ce qu’il lui a dit mais la fourche a baissé d’un cran. Mais il voulait quand même pas en démordre.

–       Dehors ! Moi appeler police !

Et puis il a vu le ballon par terre que ce connard de cheval avait éclaté, la poudre dans la paille, les restes de plastoc.

–       Ca quoi être ? Ca être laxatif ? Vous tricheur ?

–       Hein ? j’ai fait, euh mais non, pas tricheur pas laxatif, médicament à moi !

Qu’est-ce qu’il m’avait prit de sortir ça moi ? Un médicament ? Dans une écurie, à neuf heures du soir !? Dans un putain de ballon ? J’ai senti le regard de Driss, j’avais pas besoin de savoir ce qu’il y avait dans ses yeux, je me sentais assez crétin comme ça. Même le petit palefrenier avec sa fourche il avait l’air d’être désolé pour moi.

–       Non ça laxatif ! Vous tricheurs ! Karthoum  yatarajae !

Le cheval a reculé vers nous, j’ai essayé de me sortir du piège mais ce con me montait sur le pied et me chiait carrément dessus. Alors j’ai avoué.

–       Non, non, ça drogue ! Drogue !

Et j’ai sorti trois des bonbonnes que j’avais dans ma veste pour lui montrer. Les yeux lui sont sortis de la tête, je croyais qu’il allait avoir un arrêt cardiaque. De toute façon qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? Il allait appeler les flics de toute façons mais avant il nous ferait piétiner à mort par sa putain d’usine à merde.

–       Drogue ? il s’est exclamé avant de se baisser et de mettre un doigt sur la poudre.

Il a gouté, recraché, poussé un petit cri en regardant Karthoum et puis nous a demandé dans son français paki pourquoi on était là exactement. Je remarquais au passage qu’il ne parlait plus police, alors j’ai tenté mon vatout, je lui ai balancé ma combine. C’est à ce moment là que s’est pointé un gardien. Oui, il y avait des rondiers, j’aurais dû m’en douter mais je ne le savais pas. Il a appelé, notre petit gars est sorti pendant un moment. Un moment où on est resté comme des cons avec l’autre furieux qui nous fixait avec un air de sociopathe en train d’élaborer un mode de mise à mort particulièrement tordu et douloureux. Et puis il est revenu avec un de ces sourires en barre et nous a déclaré tout de go :

–       Vous génie ! Vous génie, ça idée génie ! Moi prendre 60% !

Là tu réfléchis vite, tu consultes pas ton pote du regard, tu calcules tes chances de pas finir piétiné dans le crottin et tu dis :

–       30.

–       58.

–       35

–       55 pas moins, vous pas pouvoir faire ça sans moi.

On a fini par se mettre d’accord sur un 45%. Oui sans lui on y serait jamais parvenu, mais tout le reste ça serait à nous de nous le coltiner.

 

Après cette affaire Driss ne m’a plus adressé la parole pendant une semaine. Bah oui, finalement la taille ça compte…

 

J’ai dit à mes parents que je partais à Londres pour le carnaval. Avec l’argent des « courses » je pouvais. Driss a dit la même au sien, son père a fait la gueule mais comme sa manière de lui montrer de l’affection c’était de le calotter quand il avait fait une connerie, on peut dire qu’il était presque contant pour lui. Notre associé de fortune s’appelait Usman et c’était le soigneur attitré de Karthoum à qui, pour une raison qui semblait être un secret entre eux, il foutait une assez bonne trouille il faut le dire. Je sais pas pourquoi et j’ai jamais su parce qu’à part lui parler comme un sergent major à la parade, il était super doux et super gentil avec lui. Sauf pour le lavement, ça il a pas aimé Karthoum. Remarque je suis pas sur que j’aurais aimé non plus qu’on me colle une sonde anal et dix litres d’eau savonneuse dans le derche. Usman avait appris à le faire avec le véto, parce que le véto il n’était pas toujours disponible vu que l’émir à qui appartenait Karthoum en avait d’autres des chevaux et que des vétos il n’avait réussi qu’à s’en acheter deux. Pour les traitements aussi il lui avait montré, quoi faire s’il avait la colique par exemple, la méthode douce, qui consistait à le priver de bouffer et à le faire marcher pour que ça masse son ventre, et la méthode radical, avant une course par exemple parce qu’un canasson malade ça court pas. Pour le constiper il avait donc utilisé la seconde méthode, et pour éviter que les muscles de son ventre puissent travailler l’avait entravé pendant le voyage. Résultat à l’arrivée il commençait à montrer de sérieux signe de nervosité autant rapport aux douleurs qu’à son caractère de putain d’altesse royale. Heureusement que ça parle pas un canasson, je suis sûr qu’il aurait tout cafté à l’émir à la première occase… après nous avoir tous les trois piétinés à mort, bien entendu. Et c’est comme ça qu’on a réussi à passé nos premiers kilos de coke. Et fait connaissance avec Nono, notre agent à Londres.

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