La nuit du chien 11.

Ils arrivèrent en fin de matinée, et quand il les vit, Parker manqua d’éclater de rire. Un obèse avec une grosse moustache, une serviette en cuir de veau à la main, et deux costauds, costume noir et visage de tueur. Un vrai tableau de série télé. Le gros était à peine sorti de sa limousine qu’il suait déjà comme un cochon à la broche. Il se présenta, Maitre Oscar Ramirez, avocat à la cour de Mexico D.F, carte de visite et plaque professionnelle à l’appui, représentant légal de Monsieur Vargas do Blanco que le shérif avait arrêté sur une méprise, bien entendu. Après quoi il mit deux bonnes minutes pour s’incruster sur le siège que le shérif lui proposa.

–       C’est curieux, je n’ai pas ce nom sur le permis qu’il m’a présenté, fit remarquer ce derniers, les deux pieds sur son bureau.

La matinée avait été détendue. Il s’était levé un peu plus tard que d’habitude, avait petit déjeuner au Road Runner. Gruau d’avoine, œufs au plat et café noir. En avait profité pour questionner la serveuse sur ce qui s’était passé la veille mais personne n’avait rien vu. Quand à Corey il avait été déjà remplacé par un petit mexicain que le chef était en train de pourrir quand il se posa au comptoir. Après quoi il était allé se rafraichir chez monsieur Alvarez. Où il en avait appris un peu plus sur l’étranger. Un canadien, genre routard et qui lisait des livres. Il n’y avait pas trente six endroits où un étranger pouvait loger ici. Il irait à la Ferme quand il en aurait terminé avec ceux là.

–       C’est parfaitement normal, pour des raisons de sécurité señor Vargas est obligé de voyager sous une fausse identité qui…

Il ouvrit sa serviette tout en continuant à parler, en sorti deux feuillets retenue par un trombone rose, qu’il transmit au gars de droite.

–       … lui a été délivré par mon gouvernement, comme le prouvent ces papiers.

Parker jeta un coup d’œil au document que lui tendit le costaud. Cela aurait été presque impressionnant si la corruption n’avait pas été endémique de l’autre côté de la frontière. Le document était estampillé du Ministère de l’Intérieur et signé de la main du commandant des opérations spéciales de la police mexicaine. Ca situait la profondeur de la corruption. Ecrit en anglais, et expliquant la qualité de témoin prioritaire de son prévenu. En gros s’en prendre à lui c’était friser l’incident diplomatique et personne n’avait besoin de ça en ce moment. Parker repensa à ce que lui avait dit le juge, laissé tomber. Et bien ils étaient en train de lui en donner une excellente raison. Mais d’abord il voulait vérifier ses mails. Il avait envoyé les empruntes à Alpine, et savait parfaitement qu’il aurait sa réponse dans les vingt-quatre heures, l’annoncer comme il l’avait fait au mexicain était juste manière de voir comment il réagirait. D’une certaine manière il ne l’avait pas déçu. Mais le message ne venait pas du APD, ou plutôt il était en copie attaché d’un message de la police d’état. Ordre d’arrêter sur le champ Enrique Vargas do Blanco, sans plus de précision sinon qu’il devait être entendu par les US Marschall.

–       Ah… je pense que nous allons avoir un problème maître…

Il retourna l’écran vers les trois hommes.

–       C’est une méprise, mon client est un témoin protégé, nous avons des accords avec votre gouvernement à ce sujet.

–       C’est possible mais moi j’ai des ordres.

Les yeux de l’avocat papillonnèrent de surprise.

–       Shérif, vous savez ce que vous risquez si cette histoire remonte jusqu’à mon gouvernement ?

–       Non, mais je sais ce qui risque de se passer avec le mien si le votre commence à l’emmerder pour un témoin de police, même prioritaire.

Les yeux cessèrent de papillonner.

–       Sans compter le risque que vous avez prit, ajouta l’avocat l’air de rien.

–       Quel risque ?

–       Mon client est recherché par les cartels figurez-vous, vous pensez que seule notre police est corrompue ?

Là-dessus il marquait un point mais quel choix lui restait-il ? On lui demandait de retenir le prévenu, l’ordre était sans nuance, et Parker n’était pas le genre d’homme à se dérober à ses responsabilités.

–       C’est possible, mais j’ai des ordres.

Les deux costauds échangèrent un regard. Celui de droite s’adressa au shérif.

–       Ce qu’essaye de vous dire Doctor Ramirez c’est que si…

–       Pardon, le coupa Parker, mais vous êtes qui exactement ?

–       Un collaborateur du cabinet de Doctor Ramirez.

–       Okay… et donc, qu’est-ce qu’essaye de me dire vote employeur qu’il ne peut dire lui-même ?

–       Que si un cartel décide d’envoyer une de leur brigade de la mort, vous n’êtes pas équipé pour protéger correctement mon client, reprit l’obèse à la volée.

Ils étaient carrément en train de le menacer. Mais on ne fait pas de menace quand on est en position de force.

–       Les murs de la prison du comté sont solides et je ne pense pas que la police d’état va tarder, votre client sera en sécurité très rapidement.

–       Vous n’avez pas l’air de bien comprendre… commença le « collaborateur ».

–       Oh mais si je comprends parfaitement, on me demande d’arrêter un suspect, et voilà son avocat et ses « collaborateurs » qui se pointent avec un papier officiel m’affirmant qu’il est un témoin prioritaire. Et comme ça n’a pas l’air de suffire, ils me menacent. C’est limpide, au contraire.

–       Allons señor, personne ne vous a menacé ! Nous vous avons mis en garde, précisa le « collaborateur » et contre des ennemis communs.

–       Lequel ?

–       Pardon ? Demanda l’avocat.

–       Vous m’avez donc mis en garde contre des représailles politiques et contre les cartels, d’où ma question, lequel des deux est notre ennemi commun selon vous.

Nouveau regard entendu entre les deux costauds. Un flic qui raisonne, qu’est-ce qu’il y avait de pire ?

–       Votre question est insultante ! Protesta maître Ramirez.

–       Je cherche simplement à éclaircir certain point, rétorqua le shérif sans s’émouvoir.

–       Ca n’explique pas le pourquoi de vos insinuations, je vous rappel qu’accuser sans preuve est un délit.

–       Mais je ne vous accuse de rien, je me pose des questions.

–       Et moi je me pose celle-ci señor, pourquoi avez-vous arrêté señor Vargas ? Intervint le costaud.

–       Parce qu’il se trouvait en compagnie d’un individu que je soupçonne fort de s’être livré au trafic de munition, qu’il a déclaré l’avoir connu en Irak, que c’est mon rôle et mon devoir de vérifier les identités de ceux que j’arrête.

–       C’est également votre devoir d’interdire au señor Vargas de passer son coup de fil ?

–       Non mais ça l’est de faire respecter la loi, et dans ce domaine les illégaux n’ont pas les mêmes droits que les américains. Et tant que l’identité n’a pas été confirmée…

L’avocat regarda son « collaborateur » qui lui rendit son regard.

–       Je vois, fit maitre Ramirez. En ce cas, si vous le permettez j’aimerais m’entretenir avec mon client.

–       Mais bien entendu…

Il mit trois autres minutes tout à fait passionnantes du point de vue de l’anthropologie et de Max Sennett à s’extraire de son siège. Puis haleta jusqu’à la cellule. Le shérif referma la porte de séparation sur lui et retourna à sa place. Les deux durs n’avaient pas bougé, ils échangèrent un souvenir de convenance avec le shérif qui retourna à son courrier électronique. Puis celui de gauche chuchota quelque chose à son voisin qui s’adressa à son tour à Parker.

–       Pardonnez moi shérif, mais la route a été longue où pourrions nous nous restaurer ?

–       Le Road Runnner, si Diégo est de bonne humeur ils servent peut-être encore le petit déjeuner à cette heure ci.

–       Muchas gracias señor pourriez vous indiquer au Doctor Ramirez où nous nous trouvons.

–       Je n’y manquerais pas.

Poli, mais les yeux sur sa lecture. Et visiblement le « collaborateur » n’avait pas l’habitude de ce genre de traitement.

 

Il se réveilla avec la bouche douloureuse mais la satisfaction d’avoir dormi comme un loir. Combien de semaines, de mois, ça ne lui était pas arrivé ? Il alla se regarder dans la glace, sa bouche était tuméfiée. Se passa de l’eau sur le visage et le torse. Des cicatrices sur tout le corps et le dos labouré, qu’il fit disparaitre sous un teeshirt noir avant de sortir. Il avait faim. Le routier en face de la superette ressemblait à s’y méprendre à tous les Diners d’Amérique du nord. Une bicoque allongée, ornée d’un néon, avec un comptoir à droite de l’entrée et un alignement de box à gauche aux banquettes en skaï rouge, face à face autour d’une table en plastique imitation bois. Il n’y avait pas grand monde. Un routier occupé avec son smartphone et une plâtrée d’œufs au plat et de haricots rouges arrosés de piment, deux gars assis au comptoir en train respectivement de lire le journal en sirotant un café et de finir une part de tarte, les yeux posés sur le cul de la serveuse en blouse rose. Il alla s’assoir au fond, près de l’entrée des cuisines et de la sortie de secours, remarqua que derrière ils étaient tous mexicains. Ca sentait le bacon frit et le gruau de maïs, la serveuse s’approcha. Une américaine, la trentaine fatiguée, avec vingt kilos de trop et les cheveux blond filasse noués en chignon. Son badge indiquait qu’elle s’appelait Ely. Il commanda un café noir, des œufs brouillés à la Chihuahua avec des galettes de pomme de terre. Au dessus du bar, à la place du traditionnel miroir on avait installé un non moins inévitable écran 16/9ème sur lequel s’étalaient les figures idéales de l’American Way of Life. Une journaliste métis mince comme un fil, aux traits dessinés et à la mâchoire de prédatrice, sourire en enseigne façon sport de combat. Son homologue ressemblait à un cyborg dans une série futuriste, visage lisse, yeux atones, costume impeccable, mains manucurées, bronzage scientifique et dentition au carré comme un mur de défense aérienne. Derrière eux, dans une lucarne, une correspondante d’on ne sait où répondait à leurs questions on ne sait où non plus, mais à en juger par le paysage derrière elle, il aurait parié pour le nord-ouest de l’état. Le téléviseur était en sourdine, il lisait sur les lèvres, une vieille habitude. Un surtitre apparu qui parlait de « home invasion » au Prairie Chapel Ranch. Le gars là-bas avait levé la tête de son journal et regardait.

–       Hey, voulez pas mettre plus fort.

–       … Oui Lee, nous avons appris la nouvelle ce matin mais l’affaire se serait déroulée en réalité en début de semaines. Une employée aurait été séquestrée et interrogée pendant une heure au ranch de la famille Bush. Selon les policiers que j’ai interrogés, il s’agissait d’un homme seul de type arabe ou mexicain qui lui aurait demandé où se trouvait George Bush Junior actuellement.

–       Tout à fait inquiétant.

–       Oui, la sécurité a été immédiatement renforcée autour de la famille Bush. Le FBI est déjà sur place.

Ses œufs brouillés devant lui, il demanda des galettes de maïs, et se mit à manger avec les mains, les morceaux de galette comme couvert. La serveuse le regarda un instant faire, surprise, avant de hausser les épaules et de poursuivre ailleurs. Les deux costauds entrèrent peu après. Costume noir, lunettes sombres, visages brutaux, boots western en peau de taureau  et stetson blanc. Dans le coin de l’œil alors qu’ils s’approchaient du box derrière lui, il aperçu le renflement qui flanquait leurs côtes, dénonçait des armes. Le goût des œufs le replongeait dans des souvenirs de campement par plus cinquante degré Celsius, la camaraderie, les rires velus des amis disparus, la tête qu’avait fait le colonel quand sa propre grand-mère lui avait apporté des magloubas. Tout ça lui semblait si loin aujourd’hui…. Dans le reflet métallique du porte carte devant lui il apercevait les deux nouveaux arrivants qui discutaient entres-eux quand la serveuse vint pour prendre leur commande. Son pouce se mis à trembler.

 

A peu près tous les établissements public de Baker possédaient une télévision à l’exception de chez Barry, les ivrognes ayant un peu trop tendance à y fracasser ce qui leur tombait sous la main. Il y en avait un par exemple installé chez le barbier, minuscule, dans un coin du plafond, que monsieur Alvarez n’allumait que pour les informations du midi ou à la demande si le client était un bon. Monsieur Alvarez, à l’instar de ce président pour lequel il avait voté en dépit de ses origines mexicaines, se méfiait des médias mainstream qu’il trouvait anti américains. Depuis que sa fille lui avait montré comment internet marchait tout un nouvel univers s’était ouvert à lui. Et le monde s’était doté d’un nouvel expert en toute chose. Mais aujourd’hui, la vérité sortait de la bouche de l’appareil électroménager comme les tables de la loi des mains de Moïse. Ce jour, un événement sans précédant venait de frapper le Texas, l’Amérique, mieux, le monde, un terroriste s’était introduit chez les Bush. Fred Bayonne non plus n’en revenait pas, ça allait être l’affaire de la semaine sinon du mois, supplantant largement celle du crâne, instantanément oublié dès lors que les enfants chéris de l’état étaient en cause.

–       Ouh la, la ça va faire du bruit cette histoire ! s’écriait-il pendant que monsieur Alvarez se tenait derrière lui, le rasoir électrique en l’air scandalisé, stupéfait, inquiet même.

–       Vous vous rendez compte ? Et s’ils avaient été là ?

–       Bah quand même, ils ont des gardes du corps et puis les Services Secrets, comme tous les ex présidents.

–       Oui mais si un homme seul peut s’approcher aussi facilement… alors qui sait…

–       Oui qui sait… c’est sûr. Ca fait froid dans l’dos non ?

–       Pour sûr.

A la superette l’écran était derrière les caisses, en permanence branché sur Fox News, une demi douzaine de clients étaient occupés à suivre l’affaire, la caissière regardait à peine ce qu’elle faisait, dans la queue les gens commentaient.

–       Qu’est-ce qui se passe ? S’enquit Corey, des magazines de bédé dans les mains.

Diégo lui avait donné les vingt dollars qu’il lui devait en râlant et il était reparti soulagé comme si on venait de lui ôter le poids d’une montagne du dos. Au moins il l’avait payé et il n’aurait pas ce soir la corvée de s’enfiler des assiettes à la seconde. Une partie des vingt venait de partir en bédé, avec le reste il irait voir Laro et passerait la soirée à lire et à dessiner, un super programme en perspective même s’il était encore triste de la veille, de découvrir que Kate n’avait pas hésiter à partir sans lui. Le client devant lui, lui expliqua, le jeune homme ne pu s’empêcher de sourire. Il détestait à égal Bush ou Trump, le premier ayant en plus la casquette criminel de guerre que l’autre ne tarderait pas à avoir, il en était certain. Ses achats payés il se planta avec les autres devant le téléviseur. Fox semblait vouloir faire de cette histoire un événement national. Bien fait pour ces salauds. Il espérait bien que le type ne soit jamais prit, mieux, qu’il parvienne à ses fins, quel qu’elles soient. Il sorti juste à temps pour voir un type traverser une des vitres du Road Runner. Parker était en train de raccompagner l’avocat quand l’incident se produisit, il reconnu immédiatement un des « collaborateurs » qui roulait dans la poussière.

–       Qu’est-ce que…

–       Shérif venez vite ! Venez vite ! il va l’tuer !

Carméla était sorti par les arrières et lui faisait des grands signes en direction de la salle. Parker couru sans faire attention au gars étendu pour le compte. Il déboula à l’intérieur, l’autre « collaborateur », celui qui avait parlé, se tenait là devant l’étranger, armé d’un couteau à cran d’arrêt. Le shérif dégaina son arme et lui donna l’ordre de le lâcher immédiatement, mais sans doute pas d’une manière assez persuasive pour qu’il ne tente une estocade, en vain. En un clin d’œil l’étranger le désarmait et le frappait si fort qu’il alla rouler à son tour au sol.

–       Main sur la tête, à genoux, immédiatement ! Aboya Parker.

L’étranger lui adressa un regard long et douloureux avant d’obéir.

–       C’est pas lui qui a commencé shérif, expliqua Ely en sortant des cuisines.

–       Ouais shérif, c’est pas lui, renchérit un client. C’est l’autre qui a fait du scandale !

L’arme toujours braquée sur l’étranger, il demanda à la serveuse de lui raconter.

–       L’autre, çui qu’est passé par la fenêtre, il a commencé à gueuler soit disant que c’était froid, et ensuite y m’a traité de tous les noms.

–       Ouais ! Parfaitement ! Approuva le client.

–       Diégo c’est quoi cette histoire ?

Le chef s’était mêlé aux clients, il se mit à déblatérer en espagnol comme à chaque fois que les émotions le débordaient. L’espagnol de Parker était tout juste suffisant pour la frontière, il lui dit de se calmer et de parler en anglais. Il s’avéra qu’il n’avait rien vu et qu’il était plus furieux par ce qui s’était passé, et qu’est-ce qu’allait en dire monsieur Hughsum, qu’il fallait enfermer ce type, etc…

–       Shérif cet homme nous a attaqués, je ne faisais que me défendre ! s’écria le costaud par terre.

–       Vous fermez là, relever vous, mains sur la tête !

–       Je proteste shérif !

–       La ferme !

Une fois fouillé et dûment débarrassé de son arme, il le poussa dehors avec l’autre au bout du canon de son revolver. Fred, rameuté par les cris était penché sur le second mexicain tout juste en train de se tortiller hors du coma comme un nouveau né douloureux. Le shérif lui ordonna de le désarmer et de lui passer les menottes. Quand l’avocat s’emmêla.

–       C’est une violation des droits de mes associés, vous l’avez entendu, ils ont été victimes d’une agression !

–       Pour le moment ils sont surtout coupable de désordre sur la voie public et voie de fait, et j’espère qu’ils ont des permis pour ces armes.

–       Bien entendu ! Vous n’êtes pas en train de me dire que vous les arrêtez également ?

–       Si c’est exactement ce que je suis en train de faire.

–       Shérif vous réalisez la gravité de la situation ?

–       Je suis pas sûr, grommela l’étranger avec son drôle d’accent.

–       Vous on vous a rien demandé ! S’écria l’avocat en retournant vers lui la masse gélatineuse de son visage moustachu

–       Vous devriez jeter un coup d’œil dans le coffre, conseilla l’étranger sans faire attention au regard que lui jetait l’obèse.

–       Et pourquoi je ferais ça ?

–       Parce que celui qui est par terre parlait de jeter une grenade là-dedans avant de partir.

Ce n’était pas tous les jours qu’on assistait à un pareil raffut en ville. Une petite foule de badauds s’était groupés au carrefour, et comme on était samedi et que c’était l’heure de l’office, du point de vue de l’ordre et la sécurité, la déclaration ne pouvait pas tomber plus mal. Ils étaient tous là, Monsieur Potovski et sa famille, Reese et la sienne, Alvarez sorti de sa boutique, madame et leur fille, qui ne rataient jamais une occasion d’aller prier, le couple Ferguson, apprêtés comme s’ils comptaient se marier une seconde fois. Le murmure  de la rumeur n’échappa pas à Parker qui maudit intérieurement l’étranger.

–       Ouvrez ce coffre, ordonna-t-il au mexicain encore debout.

–       C’est une propriété privée.

–       Vous préférez qu’on aille chercher un pied de biche ?

–       Comme vous voulez mais ce type délire.

Le coffre de la limousine était vide, il souleva le tapis de sol et la trappe qui abritait la roue de secours, toujours rien.

–       Voyez je vous l’avais dit.

–       La ferme, rétorqua le shérif en s’apprêtant à refermer le tout.

Lui vint une idée. Il délogea la roue de son habitacle. Trois grenades défensives se tenaient l’une contre l’autre.

–       Rien hein ? Les mains derrière le dos !

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