Norme Française 1899

Cool dans son slip en soie, les couilles bien aise, la redingote drue, la flanelle gris souris avec de fines lignes un ton en dessous, les pompes vernies, craquantes, slurp ruisselant, la moustache puissante et pleine, l’œil vif et rond. Dégouline lavande et patchoulis, ce soir il reçoit. Il est pressé, un peu agité, la joue parme, la pupille étroite.

–         Le juif, oui… je comprends…nous venons d’en discuter justement.

–         Il ne faut point le juger, le capitaine a sûrement cru bien faire.

François-Marie-Benjamin de la Verge, pense-t-il en écoutant l’archevêque. De la Verge haha ! Il se retient de rire. Ça parle avec sa petite bouche fine de saint-sulpicien en faisant des bulles à chaque fin de phrase. Le sourire compassé, les mains fines et blanches mollusque, l’habit rouge sang, le napperon sur le crâne, ça dégouline aussi, ça fait slurp, ça luit dans le feutré. Ça l’agace, il en a ras le fion, il a envie de se faire débourrer par sa petite chienne, rien à branler gros de ton juif, ça fait une plombe qu’on en cause.

–         Qu’il soit juif n’a rien à voir si vous voulez mon avis, c’est un complot, un bouc émissaire.

Ça y est vas-y que l’autre roitelet y s’y met. Eh coco c’est marrant de venir sur ton caillou, on se la couille tranquille, mais dis donc faudrait pas croire que tu peux chier des chapeaux non plus. Moi y’a ma petite caille qui m’attend là, et tu me saoules le dard avec ton youpin ? Non mais oh, allo quoi !

–         Oui,nous vous l’accordons, mais nous ne pouvons pas non plus ignorer cette question, et quand bien même…

Il lève le doigt,il hausse le ton, il est à l’Assemblée.

–         …Et quand bien même nous devons tenir compte des faits.

–         Oui mais…

–         Cependant,nous entendons bien votre préoccupation et croyez bien qu’elle est nôtre…

–         Allons,nous n’en doutons pas ! S’empresse Albert qui connaît la ballade, mais il me semble important qu’une enquête approfondie soit menée au sein de l’armée même, qui l’accuse !? Il me semble évident que…

Oh mais ta gueule ! Il l’écoute plus, tu l’emmerdes, broute-boulons ! Moi je les ai durailles le mec, je viens d’avaler ma petite potion à la mouche machin, tu panes ou faut te faire un autre trou dans le boule pour que t’entendes mieux ? Je suis pré-ssé ! Il fronce, imperceptiblement. Merde à la fin c’est difficile à comprendre que ça fait une plombe qu’on est assis avec ces parfumés à se la raconter, alors que j’ai les burnes qui me grognent et mal au trou ? C’est-y pas croyable merde putain ça tournait pas comme ça dans le temps, c’est moi qui te le dis. Pas de pète-noix pour me dire mon boulot.  Le grouillot qui venait se la raconter employé du mois, m’sieur le directeur je pense que nous devrions, pense pas grouille-anus, va voir les ouvriers qui me niquent pas mes peaux, je veux du rendement bordel de merde.

–         Oui,nous vous l’accordons, nous avons soumis du reste la question au ministre approprié.

Au ministre approprié, mais qu’est-ce que je raconte moi ? L’archevêque vient à son secours.

–         Absolument,je pense comme vous du reste, une enquête mandée par le ministère de la Guerre aurait le plus grand effet.

Allez, allez il commence à me donner mal au crâne ces deux cadavres. Bouge de là Felix y’a ton cul qui t’attends. Il fait un signe discret à l’huissier qui s’approche.

–         Sa majesté vous attend monsieur, fait le page endoré, le pas mou et la cambrure fière.

–         Ah oui, c’est vrai… si vous voulez bien m’excusez, sa majesté Sisowath m’attend dans le salon bleu. Une affaire urgente à ce qu’il paraît.

–         Rien de grave j’espère.

–         Je l’ignore figurez-vous, mais il se pourrait bien que nous soyons bientôt confrontés à une révolte khmer.

–         Non ?

–         C’est ce qui se dit… messieurs.

Ah, ah, ah ce gros queutard de Siso, je suis sûr qu’il a flaché sur ma petite Marguerite, ma petite vache avec sa bouche de danseuse. Pourquoi qu’on parlerait du jaune sinon ? C’est un code ! Ah les fâcheux, ah les socialistes en peau de zob, qui lisent Zola et se prennent d’un coup pour des bêtes à concours,comprennent rien à la vie des fions là. Comme si j’avais que ça à foutre.

 

Elle est assise,bien droite, ronde, blanche grasse, avec de petits yeux noirs et des paupières peau de bite, bistre, matée, la pommette haute, le menton pointu, la bouche poupée esquissée de rouge chatte, duveteuse, avec de petites mains potelées et blanches, un corps en forme de violoncelle à courtes pattes. Elle a le cul qui froufroute sous l’organdi jaune, mamelu, le sein adolescent, les os comprimés dans les lacets, les surpiqûres le tissu élastique, foulée dans la soie, busc cuillère, buste rallongé. Porte des chaussures cardinales à talon sept centimètres qui debout lui arrachent des maux du dos. Ça poisse la crème, lilas et Houbigant, les fleurs séchées, suinte l’ambition provinciale, la médiocrité comptable, quelques éclaboussures de peau brûlée par la térébenthine du mari,une désolation invisible qu’elle voile sous des mitaines de dentelle rouge feu.Et quand il surgit, le pantalon aérodynamisé, le visage cerise, elle caquète,glousse, babille des petits mots infantiles d’amour pressé, d’une voix crécellede perruche nourrie, de concierge bien épousée. Ah là là il en peut plus roudoudou, il en peut plus l’Africain, comme elle l’appelle dans l’intime, le membreux à la couille pantelante qui aime lui fouetter le cul en braillant ma petite noireaude comme au bon temps de sa jeunesse, quand il faisait le beau sur son canasson des colonies africaines de l’Empire. Vas-y ramène ta vulve ma salope, vire moi ton corset, arrache le jaune, la dentelle, tout le froufrou que je tâte ma petite viande, ma crème, ma dégoulineuse, mon origine du monde,le Courbet que je te le poke du gland. Allez ma petite roulure, qu’est-ce tu fais, à genoux, c’est pressé, j’ai le slibard qui valdingue, viens profiter, y’a le fils du slip qui a envie de t’en cracher une dans le gosier, je garde le reste réserve, promis, je vais te basculer, te faire connaître le grand dahu, l’horizon indépassable, la colonie, tu vas voir après ça ton barbu il couinera comme une petite fille, viens là ma  salope, bouffe-moi le jonc, fais voir, fais ta bouche. Cinq sept, deux, deux, la voilà torse poil, l’aréole rose, le sein un peu flasque, avec les traces rougies sur les plis gras de sa peau de lait du corset et des lacets, à genoux,les yeux fermés, la bouche pleine du chibre aqueux de désir qui rappe contre sa langue chargée et molle, rose-jaune et bute contre sa glotte. Han, han,bukkake, gorge profonde, plein les noix, vas-y mon aspirateur à sperme, ma roulure, je vais t’en donner de la peinture à façade. Les vieilles noix dans leur peau flapie qui dansouillent contre le menton. Elle sent la sève, que ça monte, l’en peut plus biquet.

–         Eck…

–         Mon roudoudou ?

–         Errgllll…

–         Mon fricain ?

L’auguste est cramoisi, cerise foncée, le chibre qui s’arrache d’un coup et bascule avec le reste sur la liseuse en bois de rose, puis le tout qui craque, s’éparpille, le corps roule sur le divan, le crâne bute contre le dossier, il gémit, bave, argl encore un peu en se tirant sur le col qui saute avec un craquement. Et la petite Marguerite qui sait plus quoi, se met à beugler comme au marché,déboulant l’huissier, jaune d’un coup. L’huissier ressort, ils reviennent à plusieurs, des sels vite, qu’on appelle le médecin, sa majesté, sa seigneurie,monsieur l’Histoire qui rend sa postérité. Il y en n’aura pas beaucoup, le va-vite et repart, deux minutes douche comprise. Le bon mot viendra d’ailleurs,plus connu pour sa mort que pour son œuvre. Il a rejoint le néant, il a du se sentir chez lui, l’assassinera même le père Lavache. En attendant nous voilà bien merdouilles parce que voilà Madame, la régule, l’engin, qui a pas inventé l’eau tiède, tellement pas que même dans un concours de perdants elle gagnerait. Elle est pas loin, elle s’approche, on claironne dans tout le paladium,mais dans le velours, c’est de l’huissier d’ancien régime ça, ça pousse la Marguerite par la petite porte, pas le temps de se rhabiller la radasse, va chercher de la bite ailleurs, ici on mouise sérieux, et surtout ta gueule.Voilà la mariée, l’épouse illustrée, elle est blême, en larmes, elle se jette sur le calibre à peine reboutonné par les mains servantes. On a prévenu la Madeleine explique un nonce, l’illustre s’abîme, il suffoque encore un peu,bientôt le naufrage des poissons rouges. On va pas l’oublier celle-là. La régulière secoue la main, elle a du mal à parler, un prêtre immédiat, on n’a pas le temps des enluminures, faut pas qui parte en pécheur le sagouin, vite,vite. Ça tombe pile, un curaille qui passe, un garde qui l’attrape le chuchote,faut faire fissa, y’a du lourd dans le bleu, ça coince sévère. Jésus Marie Joseph il a toujours sa connaissance s’enquiert la bure, non qu’on lui dit,elle s’est arrachée par l’escalier de service, la farce est sauve, pour le moment. L’abbé hoquète, il la retient celle-là, il capte, mais ça ne le fait même pas rire, c’est pas le moment. Il entre, le chahut. Les huissiers qui pédalent, la régule qui morve avec des « hooou mon doux Felix » les cuirs et les portefeuilles du sérail, ceux qu’on pas encore rotés et qui sont là à traîner dans le doré soudain qui déboulent, allée et venue, messager,étouffer l’affaire plus que vite, mais ça va pas être possible, le pays rigaule d’avance. A peine un pas dehors et le Tout Paris est déjà au courant,les chansonniers sortent déjà la plume, ça va être fantastique, une régalade,le zizi mythologique, le décès français estampillé world wide, only ze frog darling, du cousu main, les parisiennes vont s’en reprendre un coup. Et alors la Marguerite, la Pompe Funèbre, c’est plus une bouche qu’elle a c’est un vagin légendaire, d’avance, un sourire, et hop le précoce flash les dessous de laine.Le roi Khmer qui en tronche en sandwich, vingt épouses au compteur est déjà sur le coup, le mari aura les bois de cerf et faudra qu’il dise adieu à son petit boulard intime. Il est pas de taille le peintreux. Bref, la vie quoi.

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