Prison : joyeux Noël les pauvres !

Tous les ans, on ne va pas y couper, on nous rappelle que pendant que la famille Tartempion se régale de saumon fumé au mercure, les SDF crèvent dans la rue. Cet automne on a même eu droit à la version réac, « et nos SDF d’abord » quand une horde de trente mille réfugiés a envahi ce pays de soixante six millions d’habitants… Pas une seule fois on a une pensée pour les près de 70.000 prisonniers qui vont passer Noël au chaud, comme aiment à dire les amis des SDF, et qui vont en réalité les passer au milieu des ordures, des odeurs de merde, des rats, des puces, des cafards et des dépressifs. Noël à trois dans neuf mètres carrés dans la moyenne des cas, soit deux mètres carré de plus qu’une poule pondeuse dans un élevage intensif. Peut-être que Madame Lagarde y pensera en retournant à New York mais c’est pas sûr. Je vous propose donc de changer un peu la tradition et d’avoir une pensée pour eux.

 

Prison française, ça déborde.

Soyons juste la France n’est pas, contrairement à ce que l’on affirme ici le pire élève de l’Europe, les prisons belges et italiennes sont également dans le rouge sans compter les grecs ou les hongrois. Mais les politiques pénales ne sont également pas les mêmes et la densité de population non plus. Concrètement la France c’est une surpopulation carcérale moyenne de 117% dont 150% pour une quarantaine d’établissements, 200% pour Fresnes et 300% à Perpignan. Mais les statistiques ne disent pas grand-chose en réalité. A ce compte là le Lichtenstein est le plus mauvais élève d’Europe avec un taux de plus de 300% Or on doute que la criminalité au Lichtenstein soit endémique ou même que les conditions de détention soient les mêmes. D’ailleurs à ce compte toujours, si l’on se réfère à la seule question des places, la réponse facile et simple des politiques à ce jour est la réponse immobilière. Construire toujours plus de prison. Et pour cause, c’est devenue un business. En 87 le taux d’occupation moyen était de 160%, Albin Chalandon, Garde des Sceaux lança le Plan 13000 visant à augmenter le parc pénitencière de 13000 places et dans la foulée ouvrit le domaine au privé. Le même qui avait privatisé la gestion des autoroutes…. Résultat depuis 1990 le parc pénitencier a augmenté de 60%, la moitié est aux mains de trois groupes (Sodexo, Engie, Bouygue) et l’état devra verser pour treize contrats en PPP (Partenariat Public-Privé) un milliard et demi au secteur privé jusqu’en… 2040. Autant d’argent qui n’ira ni à la réinsertion, ni au recrutement du personnel, ni à l’aménagement des peines. Or plus les investissements en gestion déléguée augmentent plus les fonds pour une nouvelle politique carcérale diminuent. Mais reste qu’il n’y a pas seulement la question des places, il y a les conditions de vie. En février dernier deux détenus de la prison de Fresnes étaient admis à l’hôpital pour leptospirose, une maladie rare transmise par les rats. En fait la situation est telle que l’Observatoire International des Prisons a saisi le tribunal de Melun en raison de l’insalubrité qui y règne et dont se plaint également le personnel pénitencier. Action que l’OIP avait déjà menée aux Baumettes il y a cinq ans. Une situation qui est devenue commune en France puisque nous avons déjà été condamnés en 2013 par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour « traitement inhumain » en raison de l’insalubrité de la Maison d’Arrêt de Nancy fermée en 2009. Et on se souvient tous du scandale qu’avait suscité le film fait par les prisonniers à Fleury sur l’état de leur prison. Quoiqu’en France le scandale tenait plus dans le fait que les prisonniers aient des portables plutôt qu’ils vivent dans un dépotoir… Ca ne déborde pas seulement du côté des prisonniers mais également du côté des ordures.

 

Logique de la violence.

A la surpopulation et à l’insalubrité il faut également ajouter un manque criant de personnel que dénonce régulièrement les organisations syndicales. Manque de personnel et surpopulation qui conduisent obligatoirement à des situations comme un accès restreint aux médicaments, un défaut d’intervention dans les cas d’urgence (violence, automutilation, suicide, arrêt cardiaque, etc…) avec des conséquences souvent dramatiques. En 2007 dans la mal nommée prison Bonne Nouvelle à Rouen, un détenu tuait et dévorait les organes d’un de ses codétenus qu’il avait prit le temps…. de cuisiner. La victime était un petit délinquant légèrement retardé mentale, le tueur, reconnu coupable de ses actes en dépit du fait que son avocat avait de multiple fois signalé ses problèmes psychiatriques, a prit dix ans. Le troisième codétenu qui avait assisté à la scène impuissant s’est suicidé deux ans plus tard. Bref deux morts et un malade mental qui n’est clairement pas à sa place. Et ce n’est même pas un cas à part puisque dans la même prison un autre psychotique égorgeait purement et simplement sa psy. Or en 2006 une étude démontrait que 35 à 42% des détenus étaient considérés comme manifestement ou gravement malades psychiquement et que 80% de la population carcérale était atteint de troubles psychiques. Pour ceux qui s’inquiète encore du sort des SDF dans ce cadre, c’est 40% de la population des sans domicile qui souffre de troubles. Or non seulement il y a déficit de personnel médical spécialisé mais l’accès au soin est à la fois compliqué et stigmatisé par les prisonniers. Etre un « cachotenneur » en prison c’est l’assurance de passer pour un moins que rien. Et quand l’administration ne sait plus quoi faire elle expédie le détenu dans un hôpital qui s’empressera… de le mettre à l’isolement. C’est-à-dire le plus souvent, sanglé sur un lit et oublié jusqu’aux heures de repas. Car il y aurait également long à dire sur la régression que connait la psychiatrie française depuis 15 ans mais ce n’est pas le sujet. Le sujet est que dans cette logique de la violence la France détient un des records d’Europe du taux de suicide, 15,7 suicides pour 10.000 détenus pour la moitié moins ailleurs en 2012, soit environs une centaine de suicide par an. Et qu’à ça il faut ajouter 60 % de récidive. Sachant que les voleurs, les trafiquants de stupéfiants et les automobilistes constituent la majorité des récidivistes. 44% pour les seuls automobilistes, comme quoi à nouveau il faut faire attention avec les chiffres surtout si on tient compte du discours sécuritaire commun. Ajoutons enfin que l’usage du « mitard » comme mode de punition commun, la promiscuité, la faible quantité et de qualité des parloirs comme la libre circulation de presque toutes les drogues (l’alcool étant plus difficile d’accès) ne peuvent en aucun cas améliorer la situation psychique. Car si l’on est capable de chiffrer les suicides en prison on ne chiffre pas tous ceux qui interviennent dans les deux ans après la libération. Une dépression pas soignée ne se guéri pas instantanément au contact d’un papier de libérable.

 

Ecole de la misère

Pour commencer il y a en prison deux catégories de prisonniers, ceux qui ont de l’argent et les autres. Ceux qui ont de la famille, des économies ou qui peuvent travailler au sein de la prison et les indigents. Les uns pourront « cantiner » à savoir payer une fortune un paquet de gâteau vendu par la prison, les autres mangeront des patates à l’eau. En moyenne en prison tout coûte plus de 27% plus cher que dans un supermarché. Mais attention ça ne veut pas dire que parce que vous voulez travailler qu’on va vous y autoriser. C’est à la discrétion de la direction et ça peut donner des situations ubuesques comme à Toulouse où quatre délinquants sexuels se sont vu proposer de monter… des sex toys. Ainsi non seulement les places sont rares mais les prisonniers sont généreusement exploités. Sur une fiche de paie on peut lire pour 56 heures de travail effectué la somme astronomique de… 78 euros. En moyenne un détenus gagne 337 euros pour un temps complet, soit moins qu’un RSA. Sans contrat de travail, de droit au chômage, d’indemnité en cas d’arrêt maladie ou d’accident du travail et bien entendu sans pouvoir faire appel au droit du travail en cas de licenciement abusif. Quelque soit le motif et la nature de la peine, il est apparent qu’en France la punition prévue par la loi n’est pas seulement la privation de liberté mais la privation des droits les plus élémentaires. Dans cette logique on voudrait encourager les trafiques et une prison à deux vitesses on ne s’y prendrait pas mieux. S’inscrivant dans le fonctionnement racialiste qui est le sien, Eric Zemmour bramait il y a quelques années que c’était toujours les mêmes derrière les barreaux. Il a raison, ce sont toujours les mêmes, 63% de la population carcérale est sans emplois ou originaire d’un milieu ouvrier et 62% a entre 16 et 19 ans…. Et même si les statistiques ethniques sont interdites en France on sait quand même que seuls 17% des détenus sont étrangers. On le voit donc pour l’essentiel le profil type du délinquant français est un jeune pauvre, urbain puisque les agriculteurs ne représentent qu’un pourcent de cette population. Il est difficile d’obtenir des chiffres exacts qui soient exemptés d’idéologie sur la criminalité en France. On constate seulement qu’elle est en augmentation dans le domaine de la violence, notamment dans celui des homicides et de l’atteinte à l’autorité publique (+8%). Mais surtout que cette violence intervient dans une majorité des cas… au sein des familles les plus démunies. Si on ajoute l’évidente justice de classe qui autorise donc une madame Lagarde a être dispensée de peine et un SDF a faire deux mois pour avoir eu le toupet d’avoir faim, on peut effectivement faire ce constat, en France ce sont toujours les même qui vont en prison : les pauvres et les jeunes. Sachant que sur cette population 30% est en préventive, à savoir encore considéré comme innocent jusqu’au jour du procès (compter en moyenne trois mois et demi d’attente). Et ne comptez pas sur une maladie ou une fin de vie pour bénéficier d’une dispense de peine, celle accordée à Maurice Papon est l’exception qui confirme la règle, elles sont quasi inexistantes.

 

 Une cruelle réalité

La prison c’est une accumulation de petites brimades, valable pour tous. Qui est déjà allé à un parloir a pu constater que les gardiens s’adressent aux familles des détenus comme si elle s’était également rendue coupable de quelque chose. A Villepinte, notoirement connue pour sa sévérité, un ancien prisonnier me racontait que les gardiens arboraient fièrement leur pin’s du Front National. On peut y trouver sans peine du shit ou du Subutex mais les épices comme le café sont interdits par l’administration. On a peur que les détenus s’excitent… Dans l’acceptation de la logique populaire et populiste, non seulement ils l’ont mérité mais qui plus est on puni de moins en moins notamment « à cause de Taubira ». Durant toute la durée de son mandat et même après la Garde des Sceaux a été le cauchemar de la réaction et ceci au nom de ce que celle-ci appel le réel. Etant convenu par avance qu’on n’est pas assez sévère, qu’on met de moins en moins de monde en prison et que paf le chien, tel permissionnaire a violé et tué telle victime. Victime dont on ne parle bien entendu jamais. Pour ces amateurs de réalité disons que les faits sont un peu plus cruels. En fait on enferme plus, plus longtemps. Depuis 2005 la population carcérale a augmenté de 12% et la durée moyenne des peines est passée de 8,6 mois en 2006 à 11 mois en 2013. Ceci notamment grâce aux lois sur la récidive voulu par le mis en examen Nicolas Sarkozy. Le nombre de permissionnaire qui profitent de leur liberté pour filer ou commettre un délit est de seulement 0,5%. Quand aux dispositions de la loi Taubira, sur 122.805 peines prononcée en 2014, elles ne concernaient qu’un peu plus de… deux milles détenus, dont madame la député Sylvie Andrieux…. Quand à l’augmentation des places de prison non seulement on le voit ça ne change strictement rien ni aux nombres de condamnation ni à la surpopulation mais trois mois à peine après son ouverture, la prison de Corbas installait des matelas en cellule. Car oui c’est aussi une réalité de nos prisons, les moins chanceux peuvent dormir par terre. Et pour ceux qui s’attacheraient coûte que coûte à cette idée de punition et d’exemplarité, je rappellerais que ce régime a été également celui des accusés d’Outreau, et de quantité de mis en examen qui furent soit innocentés soit leur peine invalidée en non-lieu, ce qui ne les a pas empêché de passer des mois voir des années en préventive. En 2003, sur 47000 mis en examen, 4000 se sont soldés par des non-lieux. Mais en réalité on ne sait pas exactement le nombre de personne qui ont fini par être libéré en cours de procédure (ce qui est très fréquent) ou enfermé à tort. Sur le sujet de la révision des procès, la justice française n’est pas la championne. Seulement 33 affaires ont été révisées depuis 1989 et seulement six ont été reconnues comme des « erreurs judiciaires » depuis… 1945. Autant de vicissitude que ne connaitrons sans doute jamais les Balkany et qui n’a que très rarement effleuré les très nombreux hommes et femmes politiques condamnés en France. Au reste on parle de « carré VIP » à la Santé, sans qu’on sache très bien pourquoi un criminel de l’envergure du Général Noriega ou d’un terroriste comme Carlos ont droit à des cellules individuelles de onze mètres carrés, là où Yassine ou Kevin du 93 vont croupir dans une cellule surpeuplée et crasseuse pour possession de deux plaquettes de shit. Mais il est vrai que ni l’un ni l’autre ne peuvent se payer les services de feu Maitre Verges. Car c’est une autre constante de la justice. Si vous n’avez pas d’argent la loi vous désignera un avocat commis d’office. Encore faudra-t-il que celui-ci ne soit pas a)un débutant b)qu’il soit motivé par cette obligation qui lui ai faite c)qu’il soit compétent. Trois conditions qui ne coulent pas de source. Pour un certain nombre d’amende de transport je suis passé au tribunal. Dix minutes avant mon avocat commis d’office m’affirmait qu’il ne m’arriverait rien, dix minutes plus tard le tribunal se déclarait incompétent et me renvoyait en correctionnel. Et si je n’ai jamais été condamné c’est uniquement parce que la partie adverse (la SNCF) n’avait produit ni de procès verbal, ni même envoyé un avocat la représenter. Pour le même exact délit un SDF a pris quatre mois ferme…

 

La prison ne sert à rien

Pour les détenus récidivistes, s’il ne s’agit pas d’une « école du crime » selon l’expression consacrée ou d’un moyen de promotion au sein d’un milieu marginal, il s’agit surtout d’un cercle vicieux dont on ne se sort pas. Et plus le détenu est jeune, plus ses chances de récidive sont grandes. Et l’on parle ici du noyau dur de la récidive, à savoir les délits concernant le trafic de stupéfiant, le vol ou les violences volontaires. Si on aborde la récidive en termes de délit routier on obtient un taux de 70% sur 500.000 prisonniers. Peu importe les quatre lois concernant la récidive, peu importe l’aggravement des peines ou l’application des peines plancher, en l’état ça ne sert à rien du tout, ça ne résout rien. Pas plus que l’usage de la peine de mort n’a jamais freiné aucun criminel, la prison n’est un motif ni de dissuasion, ni de prévention, ni d’exemplarité. Pour les uns c’est un enfer dans lequel ils vont se faire écraser, pour les autres une occasion de retrouver les copains, et d’autre encore, les deux à la fois. Elle ne l’est d’autant pas si la réinsertion n’est pas préparée. Dans les cas des sorties sèches (sortie sans aménagement, soit 80% des cas), le taux de récidive est quasiment garanti, et plus le détenus est jeune donc… Or comme on l’a vu c’est bien les jeunes qui sont majoritairement enfermés en prison en France. Je me risquerais bien un parallèle avec les prisons américaines qui ont enfermé 40% de la population noire mais ça serait dire que ce pays vieillissant se défie de sa jeunesse et ça serait mal. La prison voulue comme un lieu où faire amende honorable est en réalité tout au mieux un endroit où parquer ses criminels pour un temps donné en espérant que ce temps ne profite pas plus au criminel qu’à la société. Au début des années 90 Farid Berrahma était un petit dealer de Marseille sans envergure, à sa mort en 2006 il était le « Rôtisseur » flamboyant trafiquant des quartiers nord et ex homme de main de Francis le Belge… Or pour qu’il y ait réinsertion, notamment pour trouver un emploi, les permissions et les aménagements de peine sont indispensables. Mais pas seulement, il faut également qu’il y ait possibilité de se former, s’éduquer et la volonté qui va avec. Or il ne va pas de soi quand on a tout juste 18 ans, qu’on a connu comme seul environnement la précarité et le chômage, ni d’aller à l’école pour s’en sortir, ni d’apprendre un métier. Et d’autant moins quand en terme d’exemplarité on apprend qu’un casier judiciaire vous interdit l’accès à plus de 300 professions… excepté celle de député… D’autant quand en terme d’exemplarité toujours on vous fait vivre dans un taudis surpeuplé en espérant que ça vous inspire autre chose que de la haine et de la révolte. 30% des détenus sortent sans un sou, sans emploi, et tient justement, SDF… Dans ces conditions la récidive devient parfois simplement une question de survie.

 

Quelle solution pour quelle prison ?

Globalement il existe deux modèles phares, américain ou scandinave. La logique américaine est bien entendu à l’initiative privée. La majorité du parc pénitencier est sous gestion privée avec des conséquences juridiques catastrophiques. Certains établissements ayant accepté des clauses d’occupation, l’état paiera des pénalités si les prisons sont remplies à moins de 100%. Le budget lobbying de cette industrie a augmenté de 138% avec pour double conséquence la création de nouvelle loi pour enfermer plus de monde, et une population carcérale de plus deux millions d’individus. Faisant des Etats-Unis le pays enfermant le plus ses citoyens, devant la Chine et la Russie, alors que dans le même temps, la criminalité a globalement diminué aux Etats-Unis. La logique des pénalités existe également en France, mais ici l’état paye des pénalités si le taux d’occupation dépasse 120%… En Scandinavie, au Danemark par exemple, la question est abordée autrement. Pour les peines inférieures à cinq ans et ceux qui ont déjà effectué un tiers de leur peine en milieu carcéral classique, il existe les prisons ouvertes. Dans un environnement sain c’est l’autonomie des détenus qui est visée. Ils se lèvent à sept heures et entre 8 et 15h ont obligation soit de travailler, soit de suivre des études. Après quoi ils peuvent aménager leurs temps librement, gèrent eux même leur vie domestique et peuvent recevoir leur famille au parloir le temps qu’il leur plait. Le weekend les enfants peuvent venir et séjourner avec eux dans l’unité familiale des prisons. Résultat un taux de récidive généralement bas dans les pays où les prisons ouvertes ont été installées. Dans le cas des vols et recels il est de 28% au Danemark, contre 43% en France. Cependant quand on site l’exemplarité scandinave il faut toujours mettre en perspective deux faits, la faible densité de la population et une économie qui se porte bien. Avec seulement 8,5% de chômeurs pour cinq millions de finlandais contre nos 10,5% pour soixante six millions d’habitants, c’est sûr que nos voisins du nord s’en sortent mieux. Reste qu’en tenant compte des préventives, des malades psy et des petites peines on a calculé que c’est un tiers de la population carcérale française qui devrait être réorienté vers des aménagements de peine. Chose qu’avait tenté Madame Taubira avec le succès auprès des réactionnaires que l’on connait… Mais il n’y a pas seulement l’aménagement des peines qui pourrait jouer, il y a également la modification de certaines lois. Je pense notamment à la consommation de stupéfiant. Sur la base de la très dispensable loi de 70, 14,1% des détenus sont enfermés pour infraction sur la législation des stupéfiants en 2013, dont la majorité pour simple usage (plus de 150.000 cas d’usager contre 17000 cas de deal). Or rien qu’en 2015, la France a consommé près de 284 tonnes de cannabis. 40% des jeunes de 17 ans déclarent avoir consommé une fois et 6,5% en fait un usage régulier. Et près de 14 millions de français déclarent être des usagers irréguliers.

Hélas dans un pays en crise, et particulièrement un pays conservateur comme la France, il est autrement plus populaire de faire un discours sécuritaire à vue courte qu’un discours réfléchi à vue longue. Ainsi un amendement vient d’être voté autorisant d’expulser de son logement un simple usager condamné, ainsi que sa famille au complet. Cet amendement qui concerne en théorie également les dealers ne pénalisera en réalité que les plus démunis puisque non seulement un criminel avisé ne possède rien en son nom propre, mais surtout il a les moyens. En résumé, en France, non seulement on fabrique des détenus mais également des SDF, on y revient…

Pour en savoir plus :https://www.youtube.com/watch?v=AtI_CQuBxlI

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