FPS

Ciel gris-bleu, la clarté d’hiver caresse les murs de brique noire des entrepôts qui dominent le port. Leurs reflets massifs se dessinent sur la surface de l’eau, tout est calme, silencieux, quelques oiseaux dans le ciel magnifient le paysage. Je passe la porte du toit, j’avance jusqu’à l’échelle de secours, silencieux. Je suis un assassin, je suis un pro, je n’ai qu’un objectif, et tout ce qui se mettra en travers de mon chemin disparaitra. Je monte, il doit faire froid mais je l’ignore, je suis concentré, je suis centré, je sais ce qui m’attend, je connais ça, cette sensation, l’adrénaline qui court comme un shoot.

 

Putain ! T’es encore en train de jouer à ce jeu vidéo ! Tu passes combien de temps là-dessus putain !? Eh ! Y’a une vie dehors tu sais !?

 

Une sentinelle, fusil d’assaut M4, lunette de tir, deux chargeurs en quinconce scotchés avec du gaffer, il regarde devant lui en piétinant sur place. Un peu de buée s’échappe de sa bouche. Je choisi la strangulation, pas de sang, pas de trace. Le lacet d’acier se referme sur sa gorge en même temps que je l’attire derrière la cheminée d’aération. Mais la strangulation n’est qu’un moyen pour le distraire, en toute fin, mis au sol, je lui brise la nuque d’un coup sec. Puis je tire son cadavre jusqu’en bas et le cache derrière les escaliers. Je remonte, prends le M4 et son matériel d’écoute, autour de moi le silence règne toujours.

 

Y’a vraiment un truc qui tourne pas rond dans ton crâne hein ! C’est ça ton ambition dans la vie ? Jouer à des jeux vidéo toute la journée ? Hein ! Qu’est-ce tu fous bordel ! Ouais, t’as raison, les jeux vidéo ça abime le cerveau, j’ai lu ça l’autre jour dans un mag. Ca rend les gens violent à ce qui parait, quand tu joues trop de fois tu sais plus ce qui est vrai ou pas.

 

Une sentinelle à une heure qui fait les cent pas. Bonnet marin, blouson de cuir, jeans, tennis, AR15. Il porte la main à son oreille. Je connais ça, je suis déjà passé par là, c’est minuté et chronique comme une horloge, garde un, deux, trois, c’est mon tour, une voix dans l’oreillette que j’ai piqué à l’autre. Numéro quatre ? Check. Je porte mes lunettes vers les bâtiments en face, j’aperçois le fusil du sniper qu’un pinceau de lumière éclaire chichement dans l’entrebâillement d’une lucarne. C’est bon, l’autre est rentré à l’intérieur, je braque le fusil vers la fenêtre du quatrième étage, là où la sentinelle fait les cent pas. Un peu à droite j’aperçois le reflet d’une tête. Dans ma visée c’est un type assis devant un écran. Je respire doucement et j’appuie sur la détente. Le verre éclate, sa tête s’ouvre et se referme, c’est délicieux.

 

Non mais je te jure ! C’est quoi ces mecs de nos jours qui se fantasme en train de jouer à la guerre sur des écrans à la con !? Hein !? Génération de zombie ! Ouais, t’as trop raison z’ont plus rien dans le crâne ces mecs ! Et tu les as vu tous dans la rue en train de mater leurs écrans !? Pareil ! Ouais tu l’as dit pareil ! Eh machin ! Réveil tu sors quand de ton délire ?

 

La sentinelle se retourne, je tire, une balle, pleine tête, et de deux ! je pivote, sans visée, tir d’instinct, le sniper, trois cartouches l’une sur l’autre, je me baisse, pas de réponse, c’est bon. J’ai éliminé le gars à la surveillance des caméras et deux sentinelles, la voie est libre pour cette partie du bâtiment. Je maitrise, je n’ai pas peur, je n‘improvise pas, je suis un pro et je suis bien renseigné. Je redescends, passe une porte, une autre, entre dans un couloir éclairé par une veilleuse jaune, le coin habituel des traquenards. Ca rate pas, il sort de nulle part, un pistolet-mitrailleur Skorpio suspendu à son holster d’épaule. Brrraaa ! Je l’abats d’une rafale en pleine poitrine, purée de sang et de viande qui gicle sur le mur et la veilleuse, c’est bon, c’est cool, je passe.

 

Oh mais putain t’as vu ça ? il nous entends pas ou quoi !? Eh t’as entendu !? Lâche ce jouet bordel ! Ouais, mec t’es en train de te foutre en l’air là, lâche ça !

 

Entrepôt ouest, quatre hommes, deux à l’étage, deux en bas qui patrouillent entre les containers, caméra porte nord et est, tir croisé, angle large. Je me glisse entre deux containers, sort mon poignard de survie en acier noir anti reflet et j’attends le gibier. Son ombre le précède, je me faufile dans son angle mort et je le frappe à la gorge. La lame entre facilement, tranche la jugulaire et perce la trachée, ressort en gerbant un flot de sang avec un gargouillis de marais. Il s’amolli par terre, je le traine dans l’ombre. Le second ne me voit pas plus venir, tassé dans l’obscurité derrière des barils de plastique bleu, produit toxique, étiquette orange. Je lui enfonce la lame à la base du crâne, il n‘a pas le temps de prendre conscience qu’il meurt, tombe sur moi et à nouveau je l’entraine à l’abri des regards. Là-haut les autres vont et viennent.

 

Com-plè-te-ment à la masse ce gamin ! Encéphalogramme plat ! Eh oh le tueur de pixel ! A quoi ça te sert de passer tes journées là-dessus tu veux me dire !? C’est quoi l‘intérêt ? Tu crois que c’est ça qui va te nourrir ou quoi !? Ouais zombie, c’est ça le mec, il est plus avec nous.

 

Je suis un pro, je suis bien renseigné, mes sources vérifiées, je connais la marque des caméras et conséquemment leur périmètre de portée, leur capacité avec cette lumière en demi teinte. A un pas du trait de clarté couché sur le sol en béton, je braque mon fusil en direction de la sentinelle à neuf heures.  Rafale de trois. Une en haut de la cuisse, fémorale, une dans l’abdomen, intestins, une autre dans la poitrine, poumon. Le choc le couche au sol, le second garde s’agite, trop tard. Sa tête apparait dans ma lunette, un coup de chance, le doigt s’écrase sur la détente. Blam ! Grosse tâche sur le mur derrière lui.

 

Blam ! Bang ! Piiiiooouuu ! Putain de merde ! T’as vu ça ? Tou-te la journée ! Et c’est quoi le but du jeu tu veux me dire ? Hein c’est quoi ? Tuer le plus grand nombre de gus ? C’est ça ? Whâ c’est super enrichissant ça ! C’est un jeu d’infiltration. Hein ? Un jeu d’infiltration, c’est un jeu d’infiltration. Ah ça y est tu parles maintenant ? Et alors ça change quoi ? Faut réfléchir. Faut réfléchir !? Oh putain t’as vachement l’air de réfléchir depuis tout à l’heure ! Hein t’en penses quoi ? Oh, oh, oh ! Oh ouais t’as trop raison, un zombie qui réfléchi, ouh, ouh, ouh !

 

Le reste est facile, je suis chaud. Je prend l’escalier de secours et grimpe sur la plateforme sans me faire voir des caméras, une porte, une salle remplit de carton, une autre porte, mais au moment où je tourne la poignée j’entends des voix. Deux, peut-être trois. J’ai le pouls qui grimpe, une mince goutte de sueur qui rigole le long de ma tempe, si je rate ce coup là, cette étape, c’est foutu. Si je relâche la poignée ils vont le voir, si je bouge ils vont l’entendre. La main dessus, j’attrape en douceur mon arme d’appuis, 45 USCOM avec silencieux intégré et visée laser. Je ne peux pas me permettre de faire du bruit à ce niveau, pas le luxe d’une fusillade non plus, peu importe le nombre il faut que ça soit rapide et en silence. Je respire un coup. Ca fait longtemps que je fais ça. Chaque fibre de mon corps est entrainé à l’exercice, mes nerfs sont des capteurs sensibles, mes gestes coulés dans l’instinct, l’expression de mon intention et de ma personnalité.

 

Putain mais merde ! La ferme ! Vous allez me faire tout foirer ! Si je passe pas ce niveau faut tout que je recommence ! Oh le pauvre chéri ! Non mais comme si ça vie en dépendait putain ! T’as vu ça ? Ah, ah, ah, ouais, complètement siphon l’gars !

 

La porte s’ouvre en large, je fais feu d’une main, ambidextre. Le point rouge se pose sur une gorge, une poitrine, un front. Ils sont quatre. Les étuis de cartouche fumant rebondissent sur les murs avec des tintements de verre. L’ogive arrache un morceau du cou du premier qui arrose de sang son voisin avant de s’effondrer. La seconde fait une tâche sombre sur la chemise du dit voisin qui tombe en arrière avec un cri étranglé. La troisième un trou bien net au milieu du crâne du gars juste derrière, mais le dernier s’esquive, il prend sur la droite, le couloir des monte-charges, tête basse, tout en faisant basculer la bandoulière de son arme. Une fraction de seconde et sa tête n’est déjà plus dans mon angle de tir, je baisse le canon, le point lumineux de la visée glisse sur ses jambes, feu. Il s’effondre, pousse un cri, j’avance de deux pas et l’achève. Le silencieux aboi deux fois, ça ne fait pas le bruit de pet de souris qu’on entend dans les films. Plutôt un pot d’échappement au loin, un gros livre qui tombe. S’il y en a d’autres dans le secteur ils ne vont pas tarder. J’avise les monte-charges et flingue les commandes des deux premiers. Lève la grille du troisième et me colle dans le fond tandis qu’il monte. Je porte une cotte de combat noire, gilet pare-balle, bottes de saut renforcée, brelage avec deux chargeurs supplémentaire et deux grenades étourdissantes, visage barbouillé nuit, gants en Gortex noir extra moulant, pager glissé dans une pochette au cas où je serais perdu. Je suis équipé pro, ce qui se fait de mieux, je connais mes outils et mes atouts. J’ai commencé tôt. A cet âge où la mort est encore une chose esthétique. Et comme tout ceux de ma génération j’ai été bercé par les exploits de quelque guerrier de cinéma, fasciné et prenant pour mon compte la virilité et les affirmations d’étoiles mâles. Je voulais être comme elles et je ne craignais pas l’épreuve. Je savais ce que cela pouvait coûter, du moins je le croyais. Du pain béni pour mes instructeurs.

 

Regarde-le ! Non mais regarde-le ! Je parie qu’il se fait son cinéma ! Alors t’es qui ? c’est qui ton personnage ? Super Rambo ? Hein ? Jason Bourne mes couilles ? James Bond le super tralala des chattes !? Oh ta gueule ! Ah, ah, ah ! Il aime pas ça trop tu lui dis la vérité ! Trop c’est ça ! comme un gosse ! ouais, un putain de gamin ! Eh connard ! t’as vingt-deux piges ! Tu te sors quand la tête du nuage !?

 

Putain ils ne vont pas me lâcher ! Je me dis en les entendant radoter derrière moi. J’ai abattu les deux qui gardaient l’entrée du monte-charge. Une balle chacun. Je suis à cent cinquante mètres de mon objectif, ce n’est pas le moment de flancher, de me déconcentrer. A partir d’ici je ne sais pas ce qui m’attend, mes renseignements ont des limites et ceux qui m’emploient ne fournissent pas de drone de surveillance, de vue satellite, de hacker surdoué capable d’arracher en deux commandes clavier l’ensemble des infrastructures électriques du quartier. Je suis seul avec mon talent et mon instinct. Et ces deux là qui parlent derrière moi. Je les entends à peine et d’ailleurs je me fous de ce qu’ils racontent mais ils me gênent. J’ai repéré une caméra probablement à infrarouge, si je la descends maintenant ça peut déclencher l’alerte et je ne préférais pas. A partir d’ici, à moins d’y être contraint, je veux éviter l’affrontement. Quand on ignore les forces en présence on se manifeste le moins possible. Le moindre faux pas peut-être fatal. Mais je maitrise, il y a toujours une solution, sans quoi il n’y a pas de problème. Et maitriser pour le moment c’est attendre. Pas bouger. Attendre que leurs voix s’éloignent, attendre de me retrouver avec moi-même. Les nerfs à fleur de peau, les muscles souples et chauds, fauve, en alerte, patient, coulé par terre le long d’un tas de gravas, quasi en pleine lumière, immobile comme une nature morte. Au-dessus de moi, par un jeu de persiennes un ciel délavé balaye la pièce, les voix se rapprochent.

 

Oh tu m’entends !? Non y m’entends plus ! Ca y est il re perché ! Eh oh je t’ai dit d’arrêter de jouer ! Bordel tu vas écouter oui ou merde !? Tu parles il est parti l’mec ! T’as raison ! Eh gros ! Ecoute c’qu’on t’dit c’est pour ton bien ! Mais putain qu’est-ce que ça peut vous foutre !? Je vous emmerde moi quand vous matez la télé !? Qu’est-ce que tu compares la télé à ces conneries !? A la télé y’a les infos ! Y’a le monde ! Le vrai ! Pas celui de tes jeux de commando mes couilles ! Le vrai… ha ! Tu parles !

 

Ouf ! Je suis passé ! Pas de soucis. Pendant une seconde ou deux  je me suis dit que c’était foutu, que j’allais y passer mais la mécanique a repris le dessus. La peur, le doute, sont des choses naturelles et utiles, preuve de conscience. Elles peuvent être paralysantes si on se laisse submerger ou un combustible à son courage si on a été bien formé. Et puis il y a l’expérience qui joue bien entendu. Les stratégies déjà employés, expérimentés. J’abats le boitier d’alarme et file ventre à terre. Combien de temps avant que quelqu’un s’aperçoit qu’il est hors d’usage ? Et la caméra ? Je l’ignore. Combien sont-ils à partir d’ici, je l’ignore aussi. Tout ce que je sais c’est où se trouve mon objectif, son identité, son visage est imprimé dans ma tête. Anton Vilosky, fils de Leonid Sergeivitch Vilosky parrain de la bravta Souliapovskaïa de Saint Petersbourg. Mais en réalité son identité, son âge, qui il est, innocent ou coupable, ça ne m’intéresse pas, La raison pour laquelle on le veut mort je l’ignore également et je m’en fiche. Je suis payé, c’est tout ce qui m’importe, et cher, c’est tout ce qui compte. Lui n’est qu’un objectif, une cible, le but de ma venue et il disparaitra de ma tête au moment même où je repartirais. Ce n’est pas le premier mort qu’on fait qu’on retient le plus, le mieux, le pire. Ni le second, ou le troisième. Ce n’est pas forcément à ce moment là que la mort vous atteint. Soit parce que vous n’avez pas le temps d’y penser, soit que l’adversaire est assez loin pour n’apparaitre que comme une pantomime, soit que vous êtes si débordant d’adrénaline, de colère, de volonté d’en finir que vous ne voyez même pas la figure de l’homme dont vous poignarder le visage. C’est la mort de l’autre qui vous atteint surtout Du collègue, du pote, de la connaissance, du frère d’arme, de la mascotte de la compagnie. L’affect. Par n’importe quelle brèche il se faufile. Et on ne peut pas, on ne doit pas se murer. Sans affect, empathie, l’instinct marche sur une patte. Alors on fait avec, on apprend. La vie est courte mec, autant la prendre à la coule non ? Même sur le terrain ? Surtout sur le terrain mec, surtout sur le terrain. Mais il y a un moment où on se dit que ce n’est plus la question, les proches au combat meurent et on y peut rien. Ils meurent par inadvertance, inattention, parce que quelqu’un n’a pas fait son travail, ou qu’un autre a prit la grosse tête. Victimes de tir amis, comme ils disent pour rire ou bien jetés, sous équipés, au milieu d’un traquenard parce que les imbéciles aussi font la guerre. Que dire ? A ce moment précis on bascule et on se demande si le jeu en valait la peine. L’armée m’a envoyé partout, engagez vous qu’ils disaient, et vous verrez du pays, et c’est vrai. J’ai tué des gens de toute les nationalités et officiellement toujours pour d’excellentes raisons. J’ai baisé des putes de tous les coins du monde. Vu des choses incroyables et d’autres abominables, des paysages fabuleux, et suis allé à la rencontre de l’autochtone. Mais questions tour operator c’est moyen. Il y a moins risqué et considérablement mieux payé. C’est pour ça que je suis parti, j’en avais marre de faire le fusil pour le Big Business, les cravates du gouvernement, et les abrutis quatre étoiles.

 

Non mais regarde le en train de se faire son cinéma lui… Il est pas vrai Trump peut-être ? Et Poutine il est pas vrai !? Hein ! Et dans le monde t’as vu ce qui se passe !? Les guerres, tout ça ! La Syrie, c’est pas vrai tout ça !? Ah tu m’emmerdes, tu comprends rien. Comment ça je comprends rien monsieur super ninja-pixel ? Explique vas-y ça m’intéresse. Mouais, ouais…. Attends deux minutes que j’passe là et je t’explique… Non mais je le crois pas ! T’as vu ça ? Je t’ais dit d’arrêter de jouer PUTAIN !

 

J’entends des éclats de voix, un long couloir devant moi qui bifurque sur la droite, les derniers cinquante mètres. A gauche j’aperçois par une fenêtre un toit plat et goudronné. Une nuée s’éloigne vers la mer, à peine si je perçois le cri des mouettes, les moteurs des chalutiers au départ. J’adore ce genre d’ambiance. C’est beau, c’est mystérieux, c’est presque aussi parfait qu’un bon film de super assassin. Oui c’est puéril, mais quoi ? je vais me mettre à réfléchir peut-être ? C’est pas le moment de penser, je suis pas là pour ;;; PUTAIN ! Mais qu’est-ce qu’ils foutent là ces deux là !? Ils avancent vers moi sur le toit, M4 et fusil à pompe Remington spécial police. Discutent. Si je bouge je suis foutu, si je ne bouge pas je suis foutu. Vite ! Un, deux ! Deux, deux, trois !. Les balles explosent la fenêtre, la première et le faisceau du laser suit, cinq fois. Deux dans la poitrine, une dans la tête, Mozambique ! Le premier touche terre avant le second. Le second porte un gilet et la tête nue. Qui gicle merveilleusement. Un bruit sur ma droite, je fais volte-face, un gamin d’une vingtaine d’année en survêtement tricolore, tennis noire, tête pouponne et rose, un AK47 entre les mains. Je le regarde dans les yeux, il est sidéré, stupéfait, il n’a pas l’entrainement ou l’expérience, il a peur peut-être, j’aime ça. Stump, stump, stump ! Les ogives de 11,43 millimètres à tête creuse lui défoncent la poitrine et crachent ses poumons sur le mur, la violence du choc le repousse comme un pantin sans fil. Il s’écrase comme une merde, les yeux ouverts qui me regardent dans le vide, la langue sorti, violette, sanglante. Ouais, c’est bon ! je suis une machine à tuer et j’aime ça ! Ouais je suis le meilleur et j’aime ça ! Je les nique tous ces enculés !

 

Oh mais ça va ! Qu’est-ce que ça peut te foutre putain ! Tu vois pas que c’est pas le moment ! Attends merde ! Non ! ca suffit ! Eh mais lâche ça ! Oh, oh, les gars, vous battez pas calmez vous !

 

La porte s’ouvre à la volée, la serrure qui valse avec un morceau du chambranle. Le bruit lourd d’une grenade neutralisante qui roule à l’intérieur. Eclair de tungstène, elle éclate avec un bruit sec en hurlant un son suraigu Trois individus à l’intérieur, deux à dix heures, un à midi, assis sur un canapé, une télécommande dans les mains et un casque sur la tête. II me regarde hypnotisé, terrorisé, je ne sais pas  Sa tête me dit quelque chose, je crois que c’est le jeune frère de ma cible, je crois que j’ai vu sa photo dans le dossier. Je l’abat d’une balle qui lui emporte la moitié gauche du crâne. Puis je passe à son frère et au garde du corps. Trois pour l’un, deux pour le second, je change de chargeur. J’ajoute une balle dans la tête des deux derniers pour le compte, lève les yeux sur l’écran inondé de sang, d’esquilles d’os collés et de grumeaux de matière grise. Le canon d’un HK MP5 prolongé d’un réducteur de son et pointé vers un paysage de rêve. Un peu plus loin des silhouettes cagoulés et armés. Je crois reconnaitre la baie de Rio au loin, le ciel est parfaitement bleu, la végétation luxuriante. Je souris, engagez-vous qu’ils disaient, vous verrez du pays…

 

 

 

 

 

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