He never died

Il existe un genre en soit dans le cinéma, à la fois vaste et très étroit selon le point de vue de chacun, ce que l’on a coutume d’appeler les films cultes. Des films uniques en leur genre qui soit ont marqué l’histoire du cinéma de leur plus complète inventivité visuelle et narrative comme le Voyeur de Michael Powell ou la Nuit du Chasseur de Charles Laughton, soit dans leur démarche, leur style, leurs idées avec par exemple, le cinéma de Russ Meyer, les premiers films de John Waters, Vidéodrome, Hidden, Erasehead ou Brazil. Certain de ces films ont fait la réputation de leur réalisateur et leur ont ouvert les portes royales des grosses productions, comme Gilliam, Lynch ou Cronenberg, d’autres sont restés des pièces uniques que tout cinéphage se doit d’avoir vu une fois dans sa vie. Des films qui, s’ils n’ont pas tous la même valeur auprès des amateurs de cinéma et dont le titre de culte sera souvent disputé, n’en restent pas moins par définition inclassables. C’est assurément vers quoi tend He never died. Un objet à part pour un personnage pas moins.

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Jack est un drôle de type.  Il porte des cicatrices bizarres, des tatouages sur ses gros bras et a une humeur d’ours. Jack ne boit pas, ne fume pas, est végétarien et n’aime pas qu’on le dérange. Il a aussi une valise sous son lit pleine de vieux souvenirs et d’un million de dollars. Pour tous comme pour le spectateur Jack est un mystère qui s’épaissi à mesure qu’on avance dans l’intrigue. Jack ne fait rien de sa vie à part jouer au bingo dans une église, et se rendre dans son restaurant préféré où il plait bien à Cara la serveuse. Mais faire dévisser plus de deux mots à Jack semble du domaine de l’impossible. Il traficote aussi avec un étudiant en médecine, on ne sait quoi, et un jour ça lui attire des ennuis avec des petits voyous. Jack n’aime pas les ennuis.  Ni beaucoup le monde extérieur. Mais la vie en a décidé autrement. Un jour Jack apprend qu’il a une fille. Et les emmerdes avec les voyous s’amplifient. Alors Jack se fâche, Jack devient bizarre, il voit un homme avec un chapeau,  vraiment très, très bizarre et ce qui commençait comme un petit drame sociale, amusant et réaliste vire à la fois au conte horrifique à l’humour noir féroce, et à la réflexion philosophique. Qui est Jack ? Pourquoi est-il comme il est ? A-t-il vraiment mérité son sort et que peut-il devenir dans ces conditions, qui est le mystérieux homme au chapeau ?  Le film laisse certaine question sans réponse, à l’interrogation des spectateurs et de notre avis sur le sujet. Et quel est-il ? La vengeance, le sixième commandement, l’éternité, rien de moins.

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Filmé avec une économie de moyen et de forme et un style direct, He Never Died de Jason Krawczyk, dont c’est le premier film, déroule lentement sa narration pour prendre dans sa seconde moitié un ton de plus en plus barré. Tour à tour décalé, puis terrifiant, sauvage, et à la fois drôle et touchant le personnage de Jack est un homme simple mais mystérieux, tributaire d’un lourd et horrible secret et d’un sombre passé. Prisonnier de sa condition par ce qui peut légitimement se comprendre comme une injustice, ou une malédiction, c’est selon. Il n’est pas tout à fait de ce monde et il ne comprend même pas pourquoi, pourquoi il est devenu comme il est. Interprété par Henry Rollins, figure de la scène punk rock avec son groupe Black Flag, journaliste, écrivain, activiste et comédien de second rôle qu’on a pu voir dans Son of Anarchy en activiste raciste ou encore incarner un personnage de jeu vidéo dans Def Jam fight for NY un jeu de combat avec des rappeurs. Rollins parvient à occuper le personnage et le film de toute sa sobre et cubique présence. Avec un jeu minimaliste, des lignes de dialogues la plus part du temps épurées, et sa densité il parvient à faire de son personnage un être à la fois lunaire et inquiétant, sombre et humain, un monstre luttant contre sa nature.

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Servi par une bande originale blues rock, He Never Died est un de ces films indépendant, fabriqué avec quelque centaine de millier de dollars qui démontre qu’avec une idée originale, une approche décalée et un comédien solide on peut faire un film non conventionnel  pour ne pas dire inclassable comme pouvait l’être en leur temps des œuvres tel que Repo Man, The Basket Case, Elmer, ou encore les films de Kevin Smith comme Clerck, ou Red State. Bref assurément culte d’ici quelques années et dont aurait tort de se priver immédiatement. Bien entendu ne le cherchez pas en salle, je ne sais même pas s’il a été distribué en DVD, mais comme toujours on peut faire confiance à certain site de streaming pour dénicher quelques perles de ce genre.

 

 

 

 

 

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