Crazy Kung Fu, crazy Chow

Il y a des films comme ça qu’on peut regarder deux cent fois sans se lasser, quand bien même on connaît par cœur chaque image, chaque plan, chaque référence, et elles sont nombreuses dans Crazy Kung Fu. Réalisateur du très fun Shaolin Soccer, qui l’a fait connaître au monde entier, Stephen Chow réalise ici à la fois un film nostalgique, magique au sens féerique du terme, et bourré de références cinématographiques. On pensera entre autres à Shining, dont Chow reprend un des plans à des fins de gags, mais aussi au cinéma de Chang Cheh (La rage du tigre, le justicier de Shanghai) classique d’entre les classique du cinéma de Hong Kong ou, bien entendu à Bruce Lee dont Chow est un immense fan (comme beaucoup il est venu au kung fu grâce au maître). En très gros, on pourrait dire que Chow est au cinéma de Hong Kong ce que Tarantino est à celui de Hollywood. Un cinéaste fou, n’hésitant jamais à mélanger les genres (films d’art martiaux purs, kung fu comedy, romances, films d’horreur, westerns et comédie musicale) ici avec une maîtrise rare des effets spéciaux (nombreux) et un sens du rythme et du découpage qui manque cruellement à notre cinéma bourgeois.

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Mais surtout Crazy Kung Fu intervient presque comme un film nostalgique où, sans le pleurer mais au contraire en lui donnant l’éclat du neuf, Stephen Chow ravive un cinéma comme Hong Kong en produisait à la chaine dans les années  70/80 le tout en lui donnant une puissance de folie assez rare. Alors que raconte le film ? Dans un Chine pré-révolution le gang des haches (authentique gang de Shanghai immortalisé par Chang Cheh dans le Justicier de Shanghai) fait la loi. Sing, voyou minable et homme de grand cœur en réalité, essaye de se faire passer pour un dangereux membre du fameux gang jusqu’à attirer sur lui et un petit quartier pauvre les foudres des gangsters. Or ledit quartier abrite en secret de grands maîtres de kung fu qui jusqu’ici s’étaient cachés pour ne pas attirer le malheur sur leur voisin. Une discrétion qu’ils devront bientôt abandonner pour s’engager dans une bataille homérique, magique et drôle à la fois, contre le fameux gang.

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Avec six décors mobiles et une pléthore d’effets spéciaux, Stephen Chow parvient à rendre à la fois drôle et poétique des scènes de combat qui ailleurs paraîtraient simplement exagérés. Et si tout l’est infiniment en effet on n’est pas près d’oublier l’usage du zhang (instrument traditionnel chinois)  entre les mains de tueurs experts, ni celui de la paume du Bouddha entre celle d’un maître qui s’ignore. Un film à voir même si on n’est pas un amateur du genre, rien que pour la poésie générale qui se dégage de ce film et son incroyable rythmique où chaque temps mort est employé pour ajouter un gag de plus à cette comédie folle, le tout multi référencé par un cinéma qui n’a jamais caché ses influences.

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