Planck ! 51

Assis dans sa caverne près de Pin Noueux, Berthier observait l’espace se refléter à la surface de l’eau, l’air intrigué. Il ne connaissait rien au cosmos et à ses usages, les programmes télés à ce sujet n’avaient jamais capté son attention et l’attitude qu’il avait adoptée depuis qu’une directive des actionnaires de la D-Mart avait scellé le sort de sa planète et l’avait expédié vers un sort incertain dans les confins l’avait soigneusement dispensé de toute interrogation à ce sujet. Tout ce qu’il avait tiré de son expérience c’était que visiblement rien n’était comme on l’avait toujours pensé sur terre, soumis aux lois strictes de la physique, mais bien à celles bien plus rationnelles -selon lui- des intérêts particuliers de divers conglomérats qui, invisibles à la perception humaine, faisaient et défaisaient l’univers. Il avait d’ailleurs été lui-même très impressionné par cette puissance, et s’était senti presque à l’égal d’un Dieu quand on lui avait proposé un poste de Super Cadre. Sentiment que partagent tôt ou tard tous ceux qui se retrouvent un jour au sommet d’une pyramide hiérarchique et explique sans doute pourquoi ils ont autant de facilité à ordonner qu’on dégraisse et qu’on délocalise quand l’humeur des actionnaires l’exige. La hiérarchie a cette vertu qu’elle délite la responsabilité sur tout un ensemble d’individus au lieu de la concentrer sur les épaules d’un seul homme. Et quoiqu’il arrive, en cas d’échec, loi de la gravité et vertu hiérarchique oblige, c’est toujours vers le bas que tombent les ennuis tandis qu’en haut les dirigeants s’envolent golden parachute à l’appui. C’est ce que les hommes politiques du monde entier appellent avoir le sens des réalités économiques.

Mais quand même. Ce qu’il voyait se dérouler à la surface du point d’eau semblait ne correspondre à rien du peu qu’il savait, du peu qu’il avait déjà observé. Comme si l’espace ondoyait, comme si le vide et les planètes étranges qui le peuplaient prenaient une texture, devenaient matière. D’ailleurs il blanchissait. Or à ce qu’il en savait l’espace c’était noir et ça devait le rester. Berthier sentait que quelque chose était entrain de se passer, quelque chose de sérieux.

–       HAUT LES MAINS ! PLUS UN GESTE !

La voix, amplifiée par une batterie d’émetteurs électroniques, fit sursauter Berthier qui faillit en tomber dans l’eau et le laissa quelques instants assez surpris pour qu’il se demande s’il n’entendait pas des voix. Puis une vingtaine de petits projecteurs à faisceaux se braquèrent sur lui dévoilant deux unités de Serpatis à l’air féroce. Sur le moment, Berthier qui avait déjà eu à faire à la mauvaise humeur d’un ambassadeur Serpati mais ne l’avait pas réellement pris au sérieux eut un petit rire nerveux. C’était comme d’être encerclé par une cohorte de soldats trop petits pour ses doigts et à peu près aussi dangereux que des Playmobils. Sur le moment donc le commercial n’eut pas vraiment de réaction et se demanda brièvement et non sans malice comment ces tout petits trucs comptaient faire exécuter leurs ordres à un être qui faisait plus de dix fois leur taille. Il ne lui vint pas à l’idée qu’à Lilipute le géant n’est jamais celui que l’on croit et rien non plus lui suggéra que D-Mart Armement ne fournissait pas les militaires de l’univers entier dans l’espoir de faire ricaner leurs ennemis. Mais surtout, il ne comprit jamais que ce petit rire nerveux et vaguement suffisant était précisément ce qui exaspérait le plus les Serpatis chez les humains, équivalent à une déclaration de guerre. Le temps de battre des paupières et d’entendre le mot « FEU ! » son cerveau et toutes les fonctions qui y étaient reliés étaient soudain soumis à la volonté inébranlable de vingt minuscules soldats très énervés. Pendant ce temps là, à la surface de l’œil, le cosmos continuait sa lente métamorphose, prenant peu à peu l’aspect d’un vaste, très vaste, parc à jouet.

Honoré et Lubna s’étaient enfoncés avec prudence par le chemin que leur avait indiqué l’arbre jusqu’à parvenir à une petite alcôve couverte d’une mousse épaisse vaguement spongieuse mais parfaitement confortable où ils ne tardèrent pas à s’installer pour reprendre là où ils avaient été interrompus. Le comptable n’avait peut-être aucune expérience en la matière mais contrairement à la bicyclette il n’y avait pas besoin de savoir quoique ce soit pour rapidement retrouver l’alphabet particulier qui présidait le corps de Lubna et le sien propre. Des baisers ils étaient passés aux caresses qui elles-mêmes s’étaient faites plus précises. En harmonie l’un avec l’autre leurs mains s’égaraient sur le ventre du partenaire tandis que leur respiration se faisait plus saccadée, plus empressée. Quant à un moment la jeune femme murmura à l’oreille de son amant :

–       C’est quoi cette odeur ?

Occupé à dresser les mamelons de Lubna à faire les beaux de la pointe de sa langue, le comptable marmonna un « t’occupe pas » plein de bonheur. Il n’avait plus peur de ce qui était encore dans son pantalon et attendait fébrilement de ne plus y être. Ses mains, sa bouche, tous ses sens à vrai dire étaient penchés sur ce qu’il était en train d’accomplir et son esprit était plein d’une joie furieuse qui, si on avait pu l’illustrer aurait ressemblé à la frénésie d’un hamster tournant dans sa roue. C’était comme s’il comprenait enfin tout un pan du mystère de la vie, comme si se levait pour lui-même le voile de l’incompréhension qu’avaient toujours éveillé chez lui ses contemporains, qu’il saisissait enfin les enjeux qui présidaient une vie de curiosité et d’affirmation de soi. Comme si pour la première fois il touchait du doigt ce qui l’avait toujours séparé des autres et lui donnait le désir ardent non pas de paraître insignifiant en tout mais lumineux comme un sapin de Noël coiffé d’une boule disco sous des stroboscopes multicolores. Bref il était heureux.

–       Mais si je t’assure ! Tu sens pas ?

Honoré releva la tête, dévisagea Lubna, et pendant quelques instants se demanda si ce n’était pas vrai tout ce que l’on disait à propos des femmes et leur aptitude particulière à gâcher le bonheur masculin.

–       Non, quelle odeur ? commença t-il à dire avant de l’embrasser dans le cou millimètre par millimètre. Elle se dégagea.

–       Ça sent le cigare !

Frustré, Honoré jeta un nouveau coup d’œil à sa compagne, l’air soucieux.

–       Mais de quoi tu parles ?

–       Je te dis que ça sent le cigare !

Et comme pour appuyer son affirmation ils entendirent quelqu’un tousser. Lubna et Montcorget se tournèrent et regardèrent derrière eux. Ça venait du trou dans la cloison à mi-hauteur. Elle se sera contre lui.

–       Honoré va voir.

–       Quoi ?

–       Va voir, je veux pas qu’un sale voyeur nous dérange.

Il chercha dans son regard si elle était sérieuse. Elle l’était.

–       Allons, allons, personne ne vous a déranger, tenta t-il néanmoins de la rassurer.

Puis ils entendirent une voix portée par l’écho faire : « Mais absolument cher ami ! » les petits poils que le comptable avait sur la nuque se dressèrent d’eux-mêmes.

–       Impossible ! souffla t-il la voix soudain chargée de venin. Impossible ! répéta t-il en se tournant lentement vers le trou d’où s’échappaient toujours les effluves de cigare.

–       Qu’est-ce qu’il y a doudou ? Tu sais qui c’est ?

–       Im-poss-ible ! gronda de nouveau Honoré en se levant.

–       Doudou ?

Doudou s’était dirigé à grands pas vers le trou, il s’était accroché au rebord et hissé à l’intérieur et maintenant était en train de disparaître en continuant de gronder : « impossible ». Après un instant d’hésitation la jeune femme décida de le suivre. C’était un long tunnel, à peine assez haut pour les laisser passer mais qui s’agrandissait vers la fin. Un long tunnel humide encombré de morceaux de bois ou qui en avaient l’apparence, elle vit Honoré en attraper un au passage tout en grommelant : « impossible. » Elle ne l’avait jamais vu aussi en colère, il faut dire qu’avec tout ça elle n’avait pas non plus beaucoup profité de sa présence, puis soudain, alors qu’ils entraient dans une partie plus haute du tunnel, il s’arrêta brusquement et contempla ses pieds.

–       Non.

–       Quoi ?

–       Regarde.

Elle s’approcha de son amant et vit ce qui l’avait aussi soudainement paralysé, de la moquette. Lubna voulait bien convenir que pour un endroit pareil ce n’était pas commun. Au loin ils entendirent la voix faire :

–       Mais figurez-vous que j’en ai parlé à la dernière réunion, mais personne ne veut m’écouter !

C’était une moquette bouclée et rase de cette couleur que les décorateurs appellent «beige saumon » pour parler d’un rose virant au blanc sale, le genre de prototype qu’on trouvait dans n’importe quelle entreprise affectionnant les plantes vertes en plastique, les hôtesses d’accueil en uniforme et les organigrammes quatre couleurs. Quelque chose de fonctionnel, propre et qui essayait d’égayer le décor, de lui donner un petit côté branché, une moquette qui vous faisait un clin d’œil en braillant comme un enfant : « on dirait qu’on est dans une super entreprise américaine, et que dehors c’est Miami ! » Accessoirement ça lui rappelait des mauvais souvenirs, des souvenirs où Lubna n’existait pas et où la vérité sortait de la seule bouche de sa lucarne – enfin pas exactement mais c’était en tout cas la seule vérité à laquelle il avait voulu se fier.- et, il fallait bien l’admettre, des souvenirs qui lui rappelait l’époque où il n’avait jamais été Règle en Fer le faux pirate, n’avait jamais connu les bas fonds de NewRose la ville suspendue, n’avait jamais été poursuivi par un Dieu fou ni jeté en prison avec des chiens cannibales. N’avait jamais été au Zorzor pour rencontrer le plus atypique des dictateurs.

–       Il a mis de la moquette… ? fit-il d’une voix sourde, ses phalanges blanchissant autour du bâton.

–       Qui ça « il » mon doudou ? demanda t-elle alors qu’il s’éloignait vers ce qui avait tout l’apparence d’un escalier moquetté.

Tout en haut il y avait une porte. En plaqué, imitation acajou ; avec une plaque en cuivre qui disait : Directeur Général. La porte était entre-ouverte.

–       Absolument cher ami, quand cette affaire sera terminée il faut que nous déjeunions ensemble au Printamnia !

Pendant une fraction de seconde il se prit à hésiter, il se revit dans sa peau d’homme invisible, toujours ponctuel, discret, qui frappait aux portes avant d’entrer, disait éventuellement s’il vous plaît et parfois merci, et s’effaçait devant les autres quand l’ascenseur arrivait, surtout s’effaçait. Où était passé ce type là ? Invisible.

Il ouvrit la porte à la volée.

–       VOUS ! ? hurla t-il en brandissant son bâton, Lubna derrière lui, entièrement nue, les yeux ronds.

Monsieur le Directeur Général, ex directeur du Département Commercial de l’entreprise où il avait travaillé la moitié de sa vie, Michel pour ses subalternes, celui là même qui leur avait confié le projet Z3000, posa doucement ce qui avait l’apparence d’un téléphone à côté d’un verre à cocktail plein d’un liquide bleu, et sourit.

–       Ah vous voilà cher ami ! s’exclama t-il sur le ton de l’homme pour qui cher veut dire coûteux et ami relation à cultiver. Si vous me permettez, vous avez mis le temps.

–       C’est qui doudou ? souffla t-elle dans son oreille.

Mais son oreille était fermée, en une fraction de seconde il était redevenu l’homme à peu près aussi ouvert d’esprit qu’une palourde qu’il avait toujours été. Mais cette fois, en plus, cet homme là était en colère, très.

–       Mis l’temps, tu vas voir si j ‘ai mis l’temps ! gronda le comptable en s’avançant, agitant son bâton ainsi qu’avait dû le faire un jour ses lointains ancêtres face au mammouth.

Monsieur le directeur général garda quelques secondes son sourire de directeur général, quelque chose entre l’enseigne lumineuse pour cabinet dentaire pour la partie porcelaine et de l’affiche de Bienvenue dans un quelconque club de vacances pour cadre dynamique pour la question chaleur et sincérité ; puis ce dernier lui donna sa démission sans préavis et à la place apparut le genre de grimace que ses ancêtres lointains avaient dû faire quand le mammouth les avait chargés.

Le morceau de bois, et qui s’avéra au grand effroi du directeur général, un fémur tout ce qu’il y avait de plus humain, s’abattit avec force sur la splendide table en carbone et verre dessinée dans le plus pur style maîtres du monde. Le petit bidule électronique qui lui avait servi à appeler et le verre à cocktail explosèrent en mille morceaux, des feuilles s’envolèrent, un machin avec des boules en acier censé reproduire un semblant de mouvement perpétuel se dispersa au petit bonheur, le carbone et le verre tremblèrent, l’os se fissura.

–       MIS L’TEMPS ! ?

Puis quelque chose, une pensée, qui n’avait pas réussi à rattraper le troupeau de pensées homicides qui s’étaient rués jusqu’à la partie supérieure du cerveau d’Honoré se heurta précipitamment à toute les autres avant de lever le doigt en sautillant hystérique. Mis l’temps ? Comment ça «miss l’temps ? ». Il pâlit de rage.

–       Vous nous attendiez ? dit-il d’une voix qui avait l’air de vouloir l’éplucher avec un couteau à patate.

–       Euh…

La grimace de panique était en train de négocier avec le sourire de Directeur Général, lui promettant golden parachute et tout le toutim tandis que celle-ci rétorquait que les types armés de tibia humain vous laissaient en général très brièvement profiter du parachute. Le tout donnait une mimique de carnaval où des yeux roulant dans leurs orbites comme des rongeurs sous amphétamine jouaient un grand rôle. Dans le cerveau de l’ex directeur commercial quelque chose se réveilla. Un vieux système de sécurité. Celui qui animait les réponses toutes faites face aux questions compliquées et indiscrètes d’un actionnaire dans une assemblée générale. Le même qui l’avait déjà réveillé au milieu d’une réunion ennuyeuse pour répondre d’une voix convaincue que le plan commercial Z3000 lui paraissait très bien pensé monsieur le Vice Directeur Général. Bref, ce système qui avait fait de lui l’homme qu’il était aujourd’hui.

–       Mais je croyais que vous étiez au courant !

La phrase parfaite ça. Laisser l’autre mariner dans son jus, lui faire peser le poids de la hiérarchie, des notes de services, de la grande entreprise participative. Pour un peu il l’aurait appelé par son prénom s’il s’en était souvenu. Sauf que…

–       Au courant de quoi ?

Mais à ce stade de la conversation, l’esprit sécurisé du Directeur Général avait laissé son attention dériver sur autre chose. Quelque chose de euh… comment dire… On l’avait prévenu mais là quand même…

–       Et là je suppose que c’est… euh… ‘chantez mademoi…

Pas assez de salive dans sa bouche pour articuler, pas assez sang dans le crâne non plus. Il s’était enfui dans la zone située sous le bureau, les coutures allaient craquer.

–       Au courant de quoi ? répéta Montcorget dont la voix maintenant évoquait une scie circulaire.

Le Directeur Général lui jeta des yeux hagards, derrière c’était le bordel. Fonctions libidinales et système de survie s’entre choquaient comme des trisomiques dans un stand d’auto tamponneuses.

–       J’avais pourtant donné des ordres, répondit-il d’une voix faible.

–       Des ordres ? Des ordres à qui ? Pourquoi ?

Monsieur le Directeur Général fit aller sa glotte en espérant y trouver un peu de salive puis évita du regard le triangle sombre qui l’observait innocemment derrière le comptable.

–       Euh… euh… eh bien franchement je croyais que vous étiez au courant… glapit-il en appuyant sur une touche tactile de son bureau.

–       Mais c’est qui ce type doudou ! ? fit la jeune femme en posant une main ferme et fuselée sur l’épaule de Montcorget.

–       C’est l’ancien directeur commercial de la SAGEC !

Les yeux du comptable étaient en train de forer le crâne de l’intéressé.

–       De la quoi ?

–       Monsieur ? fit une voix électronique derrière eux.

C’était un cube orange, suspendu dans l’air, rien d’autre, un cube aux reflets chromés.

–       Que s’est-il passé ! J’avais donné des ordres ! s’excita le Directeur Général.

–       Eh bien c’est une affaire de causalité Monsieur. Il est impossible d’intervenir dans le Grand Plan sans le modifier, si nous avions prévenu les principaux intéressés nous risquions de compromettre le Grand plan, voyez-vous. Bien entendu c’est un plan qui s’étend sur des millénaires, mais justement, la moindre modification pourrait altérer le tissu du réel à la longue.

Les yeux du Directeur Général indiquaient que le cerveau avait pris le large et qu’il était en train de pêcher quelque part très loin où personne ne pourrait le déranger. Le regard de Montcorget était en train de le rattraper à grands coups de rame.

–       De quoi il parle ? fit la jeune femme.

Ici le Directeur Général retrouva ce qu’on pourrait appeler un semblant de dignité. De celle qui lui rappelait où il se situait sur la pyramide de l’autorité. Et peu importe si on s’adressait à un machin électronique, après tout on ne lui avait pas donné le nom de «secrétaire particulier » pour rien. Très particulier même.

–       Oui j’aimerais bien le savoir mon vieux ! De quoi vous parlez ! ?

Le «secrétaire particulier » marqua une courte pose, le temps que son cerveau tout petit mais extrêmement sophistiqué saisisse toute la profondeur de la mauvaise fois humaine et puisse répondre avec la froide et naïve logique d’un ordinateur serviable.

–       Et bien le plan que vous avez approuvé, monsieur.

Le système de sécurité du Directeur Général hulula dans son tout son cerveau. Il avait les yeux posés sur le tibia humain. Ahuuu ! Ahuuu ! Alarmen ! Alarmen ! Pourquoi son cerveau pensait-il toujours en allemand dans ces moments là ? se demanda t-il à part lui-même.

–       Ah oui, bien sûr… mais l’idée n’est pas de moi n’est-ce pas.

–       Non, concéda le cube.

Le Directeur Général releva la tête, soulagé, vers le comptable froncé.

–       Je suis désolé mon vieux, sincèrement, je croyais qu’on pourrait vous prévenir, j’avais donné des ordres.

–       Me prévenir de quoi ? Bordel de nom de Dieu de foutre à merde d’évier de cuisine !

La voix du «secrétaire particulier » se glissa derrière lui tranquille.

–       Eh bien du Grand Plan.

Le tibia traça une courbe violente, et rata sa cible.

–       Doudou arrête maintenant ! fit Lubna d’une voix autoritaire, je veux que tu m’expliques !

–       Et moi je veux qu’il  m’explique ! tonna le comptable en braquant le Directeur Général avec son os.

Le Directeur Général ouvrit la bouche plusieurs fois. On aurait dit un thon rouge devant un pêcheur japonais. Heureusement il devait y avoir un Dieu pour les Directeur Général sinon comment expliquer que le parachute, doré ou pas, s’ouvrait toujours pour les mêmes, comment expliquer aussi la voix amplifiée par des capteurs qui se mit à aboyer derrière eux.

–       HAUT LES MAINS ! PLUS UN GESTE !

 

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