Planck ! 37

Lubna boudait. Elle boudait avec cette science rare et exclusive aux plantes tropicales. Elle boudait comme si le mot bouder avait été inventé pour son usage propre et unique. Elle boudait et on aurait dit une statue dédiée à la bouderie. Un Bouddha ? Pas exactement, un Bouddha ne boude pas, il est serein, mystique. Si la bouderie de Lubna avait bien quelque chose de mystique, c’était une mystique lointaine et glacée, si lointaine et si froide qu’on lui en aurait presque donné des dimensions cosmiques, comme une lune, une étoile au fond du ciel, une planète oubliée dans le vide d’une galaxie déserte. Oui, voilà, la bouderie de Lubna n’était pas bouddhiste, elle était cosmique. Cosmique, dédaigneuse, égyptienne, le genre de bouderie à intimider même un Dieu. Et pourtant Dieu avait fait des efforts, par exemple il ne l’avait pas violée tout de suite. Il avait d’abord couverte d’or, mais la star qui avait déjà vu tant de strass n’avait que faire de ce qui brillait. Puis il l’avait nommée déesse des supers calculateurs, mais Lubna se fichait des chiffres. Il lui avait montré son pouvoir, réduisant une petite planète en cendre à l’aide d’astronefs sous contrôle, elle avait osé répondre que c’était plus facile de détruire que de créer. Alors il avait envoyé des croyants fonder une colonie à l’autre bout de l’univers et prêcher la bonne parole, elle avait ricané qu’il n’était rien de plus qu’un gourou à la mode. Il avait fini par la violer… à sa manière bizarre… Maintenant Dieu avait un peu honte, et pire, elle boudait. Un peu honte, Dieu était au-dessus de ça, il avait tous les droits puisqu’il était Dieu, mais quand même, ça manquait un peu de style cette affaire. Il l’aurait préférée soumise, heureuse de se soumettre même, mais non, elle ne croyait pas en lui. Elle croyait en autre chose, en quelqu’un d’autre, elle en parlait dans ses rêves, il n’avait pas encore réussi à comprendre qui ou quoi mais tôt ou tard il saurait. Pour le moment il laissait l’incrédulité le dominer. Une incroyante sous son toit ! ? Incidemment il sentait les limites de son pouvoir au contact de cette femme, cette insoumise. Incidemment il sentait qu’elle avait raison, détruire c’est plus facile que créer. Il fallait qu’il crée… non il fallait qu’il recrée ! Recrée tout. Voilà, recrée le cosmos à son image ! Incidemment et sans le savoir ses projets rejoignaient ceux d’êtres un milliard de fois millénaires plus vieux que lui et totalement étrangers à toute forme de libido. Et d’incidence en incidence, de domino en domino, ce qui n’était pas encore complètement un Dieu risquait de le devenir. Tout ça parce que Lubna boudait, comme quoi on peut vraiment pas compter sur les femmes.

–          Est-ce que notre Déesse désire un peu de vin de Xyrh ? glouglouta un droïde délicat, un plateau en argent gravitant devant lui, une carafe en cristal remplie d’un liquide vert-doré posée dessus.

Elle ne cilla même pas, le visage de trois quarts, tourné vers les étoiles suspendues derrière la vaste baie vitrée de l’appareil, comme une sculpture délicate, précieuse et froide.

Dieu avait quitté son astéroïde, trop étroit pour recevoir tous ses nouveaux adorateurs qui affluaient chaque jour un peu plus, l’écouter, et le prier. Un richissime commerçant lui avait proposé de lui offrir l’hospitalité d’une planète tout entière pour lui seul, mais Dieu n’acceptait pas l’hospitalité, il était l’hospitalité. Alors Dieu avait trouvé refuge auprès de ceux qui l’avaient reconnu en premier : les machines. Ainsi Dieu voyageait dans un astronef entièrement automatisé qu’il avait converti à la Vraie Foi. Mais Lubna la boudeuse n’était d’autant pas impressionnée que le navire de Cort était à peu près aussi vaste et pas moins sophistiqué, que sa vie récente l’avait habituée au luxe outrageux et surtout que ce soit disant Dieu ne l’avait même pas fait jouir. Or si c’était un Dieu, ce genre de prouesse n’aurait dû être qu’une formalité. Voilà où s’arrêtaient les convictions de la jeune femme concernant la présumé divinité, à son propre cul. On pourrait cela trouver limité mais au moins cette vision bornée avait-elle le mérite d’être plus rationnelle que celle proposé par ses adorateurs qui consistait à croire en lui simplement parce qu’il leur était apparu dans leur rêve sous la forme d’un halo lumineux avec une grosse voix. Après tout ce que Lubna avait découvert de la réalité virtuelle, il en fallait plus pour l’impressionner. Sans compter qu’au quotidien, ce Dieu ci ressemblait aux adolescents qui la vénéraient elle-même, ce qu’au fond, tant pratiquement que métaphysiquement il était bien, mais ça elle s’en fichait, elle boudait.

Dans un coin de l’appareil Dieu l’observait à la dérobée. Il lui avait déchiré sa robe de soirée, elle n’avait même pas fait l’effort de se couvrir. Du coup, même ses seins semblaient bouder. Dieu aurait voulu à l’obliger à un peu plus de pudeur mais il sentait que c’était inutile, on ne partait pas à l’assaut d’une bouderie pareille, on ne forçait pas une princesse, même Dieu, il s’en était aperçu trop tard. Dieu détourna le regard et s’enfonça dans une coursive de l’appareil, discuter avec le super calculateur de bord, elle demeura seule dans le silence sépulcral de sa bouderie.

Si on avait un jour affirmé à François Berthier qu’il avait brièvement –mais pour lui des millions d’années s’il avait vécu sur le même plan que les Anciens- occupé l’esprit d’une entité submillénaire, eh bien… eh bien Berthier n’en aurait strictement rien pensé. C’est un peu comme avec l’argent. Passé certaines sommes le lambda n’arrivait plus à réfléchir à rien et était prêt à admettre tout. Surtout quand finalement cette pensée et cet être qu’il ignorait finissait par se manifester sous la forme d’une mirobolante proposition, du genre qu’aucun flemmard d’entreprise de l’univers, même parfaitement déresponsabilisé et peu enclin à le devenir ne pouvait refuser. Pas moins que le poste de Giovanni Fabulous lui-même. Car la découverte d’une place libre au soleil, d’un gigantesque gâteau fourré à la crème du succès n’attendant rien de plus que d’être possédé tout entier, et surtout sans le moindre effort sinon celui de présenter bien et trouver les mots les plus onctueux et les plus compliants ne pouvait qu’être une découverte susceptible de faire saliver Berthier, déjà incidemment fasciné par la puissance de la D-Mart que pourtant avec son avocat et il se proposait encore de plumer, deux chapitres auparavant, jusqu’à ce que la fameuse offre ne le fasse changer d’avis.

–          Quoi ? Comment ? Mais je ne comprends pas, protesta celui-ci quand il lui annonça la chose. Je croyais que votre planète comptait par-dessus tout !

–          Ce qui compte par-dessus tout, c’est mon bonheur ! répondit-il avec emphase.

–          Et qu’est-ce que je vais dire à Krome moi ? Parce que si vous pensez qu’il va laisser passer ça…. Vous vous rendez compte des risques que nous avons pris pour vous ! ?

–          Pour moi, pour moi, c’est vite dit, c’est vos 30% qui vous intéressaient pas le sauvetage de la planète !

Mais quand même, Berthier était en train de réfléchir au loup-garou de l’espace qui attendait encore là haut, dans l’orbite de Mitrillon. Il fallait se débarrasser de ce problème. Quelques chapitres auparavant il aurait probablement pensé qu’il valait mieux ne rien faire, qu’il s’en irait de lui-même de son paysage, poussé par le tumulte des événements, quelques chapitres auparavant Berthier se contentait d’être tranquillement lâche, aujourd’hui il était un lâche avec des moyens et débarrassé de Montcorget le peine à jouir. Forcément il ne pensait plus pareil. Il regarda le martien d’un air bizarre.

–          Et si je versais une compensation…

–          Vous n’avez pas d’argent !

–          On m’a proposé un poste important, avoua Berthier.

Le martien coucha hostilement les oreilles, sa queue fouetta, une souris qui se prendrait pour un chat.

–          Ah je comprends mieux, siffla t-il.

Berthier n’avait pas l’habitude des confrontations en générale. Son rapport aux autres s’était toujours basé sur la fuite et particulièrement quand on abordait le domaine des conversations entre adultes. De toute façon jusqu’ici Berthier n’avait jamais eu d’avis sur rien se contentant d’avaler tout ce qu’on lui présentait avec la fraîcheur d’un boy scout lâché en pays Zoulou. Alors il n’insista pas sur la question de la compensation, le ton du martien l’avait découragé, il n’était pas de taille. Au lieu de ça il se mit en colère.

–          Ecoutez ça suffit vos insinuations ! J’ai parfaitement le droit de saisir les opportunités qui se présentent ! Et si ça se trouve avec celle-là, j’aurais même pas besoin de faire un procès.

Mais le martien ne voulait pas en démordre.

–          Je ne laisserais pas un opportuniste me priver d’une affaire pareille, Krome non plus d’ailleurs.

Berthier comprit le sens de la menace et qu’elle était sans issue. Mais heureusement donc, du moins pour lui, il était rentré dans la catégorie des lâches avec des moyens, et avec un sens aiguë de l’adaptation pour un homme qui, quelques jours auparavant, n’était qu’un petit commercial d’une entreprise qui n’existait plus, il fit comme tous ses semblables : il se déchargea du problème auprès d’un subalterne. Il ignorait le rôle exact de ce dernier, vertu des chefs et il ne comprenait pas ce que recouvrait le terme « secrétaire particulier » quand on ressemblait à un Rubik’s Cube chromé. Il avait vaguement saisi qu’on en attribuait un à tous les nouveaux supercadres de la compagnie et avait découvert ravi qu’on pouvait lui donner n’importe quel ordre, faire le café ou piloter le jet que lui avait attribué la D-Mart, il s’exécutait. Jusqu’où allaient ses compétences ? savait-il qu’en plus de tout ça son « secrétaire particulier » était un tueur à gage ? Non mais sa tranquille lâcheté l’espérait sans doute. Et elle fut exaucée.

La chaleur était écrasante et le vent sec. Le camp sentait la crasse, l’huile frite et la maladie, des écrans géants dégueulaient au-dessus de leur tête des torrents de spots de publicité entre deux jeux, deux émissions de sport. Des enfants squelettiques erraient ça et là dans les tas d’ordures qui s’amoncelaient le long des murs d’enceinte par delà lesquels on apercevait des miradors automatiques lourdement armés. Ils avaient été débarqués comme de vulgaires sacs poubelle, triés dès l’entrée comme Kobé l’avait prédit. Ils ne s’étaient plus jamais revus depuis. Le camp était composé de baraques en toile et aluminium, souvent effondrées, souvent rafistolées avec les moyens du bord. Des fosses à ciel ouvert faisaient office de sanitaire qu’on recouvrait de sable toutes les semaines, si bien que depuis que le camp existait il était impossible de ne pas trouver sous son pied une merde ou un autre genre de déjection que ces machins là pouvaient produire. Il n’y avait pas seulement là que des humains, mais une chose les unissait tous en dehors de la crasse et de la malnutrition : l’univers ne voulait pas d’eux. L’univers ou la société qui la dominait, Honoré avait des doutes sur la question. Il en eut encore plus quand il vit le visage de Moïse Wonga parmi les invités d’un talk-show.

–          Brice de Faberger, votre dernier ouvrage vient d’être primé par l’Académie Universelle, une consécration ?

Brice de Faberger, le voisin de Wonga, avait un front hydrocéphale, un menton en galoche invraisemblable, une longue mèche romantique qui lui tombait sur les yeux. Il avait les yeux cernés du noceur qui aimerait faire croire qu’il écrit jusque tard dans la nuit, à la recherche de la phrase ultime, des cernes blanchâtres d’hypracoke sur les ailes rougies de son nez, les joues mangées par une barbe qui disait de son propriétaire qu’il aimait donner aux autres l’image d’un écrivain à la fois futile et grave. Le reste était à peu prêt humain.

–          Une reconnaissance peut-être, la consécration pour un écrivain ce n’est pas de recevoir des prix mais d’être lu, répondit-il sentencieusement.

–          A propos de votre livre Nouvelles Sous Méthamphétamine on parle d’une œuvre générationnelle, vous voyez comme l’auteur d’une génération ?

Brice de Faberger releva sa mèche.

–          Je préfère me voir en simple artisan…

Montcorget se désintéressa de l’écran, on avait les mêmes à la maison, jusqu’à ce que l’animateur n’en vienne au réceptionniste.

–          Moïse Wonga vous êtes un phénomène à vous tout seul, dernier survivant de la terre, brièvement terroriste, évadé de Walla-Walla dans la Constellation de Magellan où vous êtes toujours recherché, vous voilà aujourd’hui auteur d’un ouvrage déjà controversé : « Welcome Palace Hôtel, essai pour une société plus juste ». Une première question : qu’est-ce que ça fait d’être le dernier des terriens ?

–          Je ne suis pas le dernier, à ma connaissance nous sommes encore quatre, mais pour répondre à votre question je dirais que cela m’oblige à des responsabilités historiques vis à vis de la Terre, « Welcome Palace Hôtel, essai pour une société plus juste » est à la fois un livre théorique où je démontre, à travers mon parcours personnel qu’une autre société est possible et un devoir de mémoire.

Tout comme Berthier, Wonga avait rapidement prit le pli, Montcorget se désintéressa de la suite et s’enfonça entre les tentes le cœur lourd. Il pensait à sa belle qui avait disparu sans laisser de trace. Galactic Bad News en avait encore parlé hier, et le Ministre de l’Intérieur avait même promis une récompense. Ce qu’avait dénoncé avec véhémence le camp adverse comme preuve évidente de la démagogie du dit ministre. Tout ce qu’il savait c’est qu’aujourd’hui plus que jamais il n’avait aucune chance de la retrouver, qu’un fou l’avait enlevé et que lui allait bientôt disparaître dans une nouvelle prison. Deux enfants passèrent en courant comme des dératés, poursuivis par une paire d’adultes qui bientôt les rattrapèrent et se mirent à les battre jusqu’au sang. Le comptable s’esquiva sans se retourner, ce genre de scène était quotidienne dans le camp, des gens qui se tapaient dessus, quand ils ne s’entre-tuaient pas. Et puis de toute façon même sur terre il aurait fait un détour. Il tomba nez à nez avec colosse borgne et deux acolytes non humains dont on aurait dit la version dégueulée du contenu de l’estomac d’un irradié. Montcorget tenta de les éviter. Depuis qu’il était ici c’est ce qu’il était devenu, un prince de l’évitement, et jusque là ça lui avait réussi. Il recula de deux pas et se heurta à un autre colosse dont une partie du visage était emprisonné par l’électronique. Montcorget ouvrit une bouche ébahie devant l’appareillage étrange qui cliquetait le long du cou et du crâne de l’individu avant qu’il ne l’empoigne par le col et ne le jette par terre.

–          Eh toi l’humain ! grogna le borgne. Mes potes ont faim.

–          Euh… o… oui… euh, balbutia Montcorget en tentant de se relever, mais un coup sourd dans les côtes l’en empêcha.

Il roula de nouveau par terre surpris par la souffrance qui irradiait ses flancs. Jusqu’ici, en dépit de tout ce qui lui était arrivé, la souffrance n’avait pas vraiment fait partie de son paysage, ou alors la souffrance morale d’être séparé de l’être cher qui est une forme de supplice, l’auteur en convient, mais souvent délicieux et dans son cas un supplice qui agissait comme un moteur. Jusqu’ici, en dehors de cette passion inassouvie, l’univers tout entier ne lui était jamais apparu que comme une farce trop énorme pour y receler une véritable douleur physique, jusqu’ici il avait, en dépit même de ses propres convictions, vécu protégé et sans le savoir par cette même farce. Et même ce camp, finalement lui était apparu comme une farce, tant tout cela ressemblait à une version difforme de ce qui se passait dans sa lucarne. Jusqu’ici, le talent particulier d’Honoré Montcorget pour se faire oublier de tout et de tous l’avait laissé à la place qu’il avait toujours chérie, celle de spectateur. Mais le comptable avait violé sa propre loi en courant après Lubna, d’une exception il devenait une généralité. Or comme il avait toujours ignoré ces questions de papillons japonais et de leur influence sur les cataclysmes tropicaux, il ignorait qu’on ne violait jamais une loi, surtout la sienne propre, sans conséquence, que tôt ou tard la farce cessait et les masques tombaient.  Oui une surprise presque aussi concrète que la douleur et d’autant paniquante qu’elle était motivé par un genre de faim qu’il ignorait mais dont il se doutait. Cela ne faisait pas longtemps qu’il était dans ce camp mais il avait vu des choses… 78542 espèces donc et visiblement les autorités universelles se fichaient éperdument d’enfermer ensemble des prédateurs avec leur victime potentielle. Soudain il n’était plus seulement spectateur, il comprenait. Il sentit qu’on le soulevait par le col, et son vieux costume craqua, une voix grogna.

–          Moi la viande humaine j’l’aime un peu tapée…

Honoré vola dans les airs, s’écrasant rapidement le nez contre le sol en plastique sableux et dur du camp, il tenta de ramper, il avait perdu ses lunettes, d’une forte traction sur sa jambe droite ses bourreaux l’attirèrent vers eux. Honoré poussa un petit cri de douleur et de peur. Le type avec le machin électronique tomba sur lui, lourd comme un sac de béton puis il le retourna et sourit. Ce n’était pas un sourire chaleureux, mais c’était un sourire joyeux, comme un sourire de soulagement. Comme si ce qu’il allait lui faire allait lui procurer une forme de paix, comme si la violence avait un enjeu différent pour lui. Son poids lui écrasait le thorax, un genou coinçait son poignet droit et son autre bras s’agitaient comme autonome, tapant sur une masse immobile et aussi insensible que le plastique sous lui. Montcorget essaya de se mettre en colère.

–          Mais lâchez-moi espèce de… de…

Le premier coup de poing lui donna l’impression que sa bouche éclatait. Une douleur soudaine et massive qui irradia jusqu’à la racine de son nez. Puis il sentit le goût salé de son propre sang se mêler à la salive, de toutes ses forces il tenta de se libérer, la panique dans les veines. Non ce n’était pas possible, ça ne pouvait pas arriver, pas lui ! Le type le gifla, sa main claquant douloureusement son oreille. Sonné, il se mit à supplier.

–          S’il vous plaît… arr… arrêtez… au sec… AU SECOURS !

Mais personne ne viendrait à son aide, et il le savait, il avait déjà vu ce genre de scène, et lui-même n’était pas intervenu, surtout pas lui. Il ne le regrettait pas plus maintenant qu’avant, il savait que c’était sans issue. Les types et leurs copains le regardaient se débattre comme un insecte épinglé, silencieux, attentifs, puis l’autre recommença à le frapper, lentement, méthodiquement. Les dominos tombaient; la plaisanterie était terminée, le masque de la farce montrait son autre visage.

 

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