Planck ! 32

Les Orcnos pouvaient prendre toutes les apparences ou presque, plus que des maîtres du camouflage des maîtres de la métamorphose physique. Leur réelle physionomie quant à elle était généralement trop ignoble pour ne pas rendre fou quiconque pouvait la distinguer. Mais sur Inferna, ils s’en fichaient de vous rendre fou, et il fallait des lunettes spéciales pour ne pas être vrillé par l’horreur absolue. Sans compter l’odeur de putréfaction et d’ossements entassés qui régnait dans l’atmosphère chargée d’ammoniac, de polonium 210, de nicotine et d’arsenic, de monoxyde de carbone et de cyanure d’hydrogène, comme une énorme bouffée de cigarette chaude qui vous obligeait à ajouter à ça un masque à oxygène. Tant et si bien que Giovanni Fabulous sembla passer la porte intergalactique casqué comme un cosmonaute, un cosmonaute ce jour là vêtu de son éternel gilet psychédélique et d’un costume jaune canari. Peut-être pas la meilleure tenue pour débarquer sur Orcnos mais dans la précipitation de son départ il n’avait rien trouvé de mieux. Une fois qu’il se fit connaître, on le conduisit au Duc Letho, Chambellan de l’Empereur. Il régnait dans son palais une odeur de viande en décomposition, et des hurlements de douleur parvenaient de l’extérieur. Ce que le Duc Letho appela «le doux chant des empalés » avant de l’entraîner voir le spectacle de douze mille espèces différentes lentement plantées sur des pales à dents. « L’Empereur aime se lever le matin en écoutant leur chant » ajouta t-il avec un sifflement froid. « Ça le rassure ». Puis il avait glissé sur son épaule ce qui eût pu avoir l’apparence d’une main si le Duc Letho n’avait pas mentalement forcé la protection de son casque, l’affligeant de la vision atroce d’une chose longue et morte, dégoulinante de chair suppurante et mouillée.

–          J’espère que ce marché dont vous venez nous entretenir est équitable. Je regretterais de devoir vous livrer au lever de sa Majesté…

–          Euh… bien entendu… affirma l’éléphant terrorisé avant d’exposer son problème.

A sa grande surprise le Duc accepta, à une seule condition, sa majesté voulait absolument rencontrer la nouvelle star du porno. Peu concerné par la sexualité humaine ou proto-humaine, Giovanni Fabulous ne voyait pas du tout de qui il s’agissait. Il promit de se renseigner. A quoi le Duc Letho répondit en forçant une nouvelle fois les protections électroniques de son casque, et là il le vit. C’était un tronc, un tronc dégoulinant d’un mélange de viande en putréfaction et de pus, doté d’yeux laiteux et d’une bouche noire, aux gencives hérissées de petites dents aiguisées.

–          Nous ne voulons pas que vous vous renseigniez Fabulousssssssssss…. Nous voulons que vous nous la présentiez.

La voix avait changé, cela lui fit comme si on lui tronçonnait le cerveau avec une scie à bois, c’était la voix d’un autre, la voix du Maître, l’Empereur. L’éléphant frissonna de dégoût et recula.

–          Bien, bien, comme sa majesté voudra…

Brusquement Giovanni Fabulous sortit son étrange montre à gousset d’une des poches de son non moins fabuleux gilet, mais le Duc qui, quand il ne forçait pas son casque, avait à travers les lunettes l’apparence d’un jeune fauve au teint noir, la lui arracha des mains.

–          Pas de ces tours là avec moi mon ami. Sa voix tremblait de rage. Mes hommes vont vous accompagner…. Et puis quand l’éléphant eut disparu derrière une escouade de géants en armure noir, il éclata de rire. Une horloge furfurienne Majesté ! L’univers est à nous !

Le rire de sa majesté lui parvint jusqu’à travers la cour et le chant des empalés.

A quoi bon un corps si c’est pour passer son temps sur le réseau à causer avec des programmes et des machines ? s’était dit un jour Dieu. A quoi bon l’omniscience si l’on ne peut avoir la présence physique, un Dieu doit être capable de tout et commander partout n’est-ce pas, investir la Vie tout entière, sous toutes ses formes, puisqu’il est la Vie. Et même de mourir et de revivre s’il voulait. Il en avait l’intime conviction, il n’y aurait que comme ça que les espèces le reconnaîtraient comme l’Unique. C’est dans cet esprit que Dieu fit sa première sortie dans le monde sous les apparences d’un Bob. A quoi ça ressemble physiquement un Bob ? A un monsieur patate vêtu de noir, parce que ça amincit –c’est une fille sur le réseau, une sorcière, qui lui avait dit un jour – et un logo Venom, le méchant mythique de la série Spiderman parce que c’était un monsieur patate justement. Un monsieur patate au crâne raz, pointu, avec des oreilles rondes, potelées, en feuilles de choux, légèrement désorienté après tous ces jours passés sur le réseau. Si électrique lui-même, chauffé de l’intérieur que son simple passage commandait les éléments électroniques et mécaniques. Les distributeurs se mettaient à distribuer, les portes les plus fermées à s’ouvrir comme par enchantement et les robots, androïdes et autres bidules sur pattes mécanisées le sollicitaient avec les mêmes attentions qu’à un prince.

Bob vivait dans un petit village perché sur une comète habitable à qui il était venu à l’idée, durant le grand chambard chez les Régulateurs et contre toutes lois de la physique connues, de se laisser pousser une atmosphère. Et forcément sa popularité auprès des machines et son sillage de billets attira l’attention. Puis vint le moment où ceux dont il avait colonisé les rêves en se servant de leur cervelle au repos comme d’un moteur de calcul, le reconnurent. Et comme Dieu avait toujours prit soin de leur promettre mille merveilles dans ces mêmes rêves, son apparition pour ceux-là fut enchanteresse. Ses premiers Croyants. A ceux-là Dieu dit :

–          IL FAUT TOUT CHANGER.

Oui Dieu parlait comme ça dans leurs rêves, alors ils continuèrent à l’entendre comme suit. Et ensuite Dieu leur dit :

–          VOS FOIS VOUS DIVISENT.

Puis un commerçant imprudent s’aventura sur son perron, attiré par l’attroupement d’enthousiastes.

–          T’es qui toi ?

Et Dieu dit :

–          JE SUIS LE VRAI.

–          Le vrai quoi ?

–          JE SUIS L’UNIQUE.

–          L’unique quoi bordel ? !

Sur ce le commerçant fut lynché par les partisans de Dieu et sa boutique mise à sac, on ne jurait déjà pas dans une église, alors devant Dieu himself… Mais Dieu ne s’intéressait plus à ce qui passait autour de lui, attiré par la pulpeuse bouche de néon souple rouge qui interpellait les passants de l’autre côté de la rue. Un sex shop.

–          DES FILLES DE CHOIX ! VIVIAN INC. HOTGAME CORP. XENOPORN, LE VOYAGE DE LUBNA VERS NUMBAONE EN QUADRIMENSION ! LUBNA ET LES QUARANTE BONOBOSÓ LUBNA A LA PLAGEÓ LUBNA ET LE MONSTRE CORT! braillait la bouche en se colorant doucement en rose.

Un de ses partisans de la première heure courut derrière lui.

–          Fais-nous un miracle Dieu, fais-nous un miracle ! Fais disparaître cette horreur !

Peut-être Dieu l’aurait fait si la bouche ne l’avait pas attiré comme un aimant. Depuis combien de temps Dieu n’avait pas baisé réellement ? Même son très fond de gnou vengeur et furieux ne s’en souvenait plus. Dieu entra dans le magasin, il allait réaliser un miracle comme ceux qu’en rêvait chaque homme s’il avait été à sa place, mais pour son usage propre : Dieu allait faire ses courses.

C’était une boutique tout en mandrins, pines, gourdins, gros seins, vulves, chattes poilues, épilées, rasées, avatars de silicone, d’acier, d’os, de bois sculpté, multicolores, monochromes, arc-en-ciel, avec des dessins, réalistes, abstraits, qui vibraient ou pas, magazines et médias numériques divers, cagoules en cuir, fouets, anneaux à bite, une caverne d’Ali Baba de la détresse sexuelle, un paradis pour amoureux de sexe virtuel, un musée du joujou pour adulte consentant ou pas d’ailleurs, la boutique n’offrait aucune assurance de côté là. Puis, naturellement attiré par la projection tri dimensionnelle d’un extrait du Voyage de Lubna à NumbaoneÓ, Dieu tomba instantanément amoureux.

          Ils baisaient. Ils baisaient le matin, ils baisaient le soir, sous le feu des caméras nocturnes, sous les flashs crépitant des appareils électroniques, ils baisaient le jour, en public, ou dans la secrète alcôve de leur intimité. Ils baisaient dans les ascenseurs des palaces, ils niquaient sur les lits king size de leurs suites princières, ils s’emboîtaient dans les jardins, à la sauvette derrière des buissons, en douceur, planqués derrière des arbres exotiques, traqués par des paparazzi en érection. Ils s’envoyaient en l’air dans les escaliers tapissés de rouge des châteaux de riches admirateurs, dans les salons et les petits salons devant les yeux ravis de foules bipèdes amollis par les petits fours et le champagne facile. Ils se suçaient, se léchaient, se fourraient à toute leur sauce, se buvaient au plus infime suc, ils s’aimaient en chair et en nerfs, insatiable soif d’eux-mêmes. Le cul était devenu leur religion, sperme et cipryne leur eau bénite. Mais c’était tout.

A son propre désespoir Lubna s’apercevait à mesure des jours qui passaient, des nuits et des crépuscules, coup de rein après coup de rein qu’en dépit de son sperme dopé, des faramineux orgasmes qu’ils partageaient comme une chaîne de plaisir sans fin, qu’elle n’arrivait pas à l’aimer. Derrière sa bite, derrière son extraordinaire talent et sa carcasse fabriquée pour l’amour il n’y avait qu’un creux, ou presque. Rien qu’un acteur égocentrique, soucieux de son apparence, tyrannique avec les siens, excepté elle, la Belle, pour qui il avait les yeux de Chimène. Et plus il la regardait ainsi, plus elle rencontrait dans ce regard l’expression d’un veau. C’était cruel certes de le voir comme cela, mais elle n’y pouvait rien. Et peu à peu, ce qu’elle s’était fabriqué d’amour sur l’échafaudage de ses orgasmes s’étiola de lui-même alors qu’il ouvrait une énième bouteille de vin fin sur la terrasse de leur nouvelle villa. Véritable bulle financière à elle toute seule, instituée reine du sexe en à peine quelques semaines, la jeune femme s’était vue offrir par un riche admirateur ce que sa condition initiale de prostituée et vedette d’un reality show d’un pays ignoré du monde ne lui aurait jamais fait espérer, même en rêve. Un petit palais sur une île privée, au bord d’une mer transparente. Un petit palais d’où elle voyait déjà poindre les ailes grises de l’ennui à l’horizon de son existence immédiate. « Bruno je ne t’aime plus » ces mots ne cessaient de danser dans sa tête sans réussir à franchir les limites de ses lèvres de velours. Elle n’était pas encore parvenue à cet instant fatal où l’idée de lui briser le cœur ne serait plus qu’un détail de son existence, toujours attachée à ce cœur qu’elle était et parfaitement consciente que cela lui ferait presque aussi mal qu’à lui. Ou peut-être pas. Elle n’en savait rien après tout, elle se cherchait un prétexte comme on cherche une sortie de secours et tenait par-dessus tout, comme toujours lorsque l’amour s’étiole, à se protéger des contre feux d’une rupture. Est-ce que Bruno avait senti quoi que ce soit ? Pour le moment, trop occupé par le reflet de lui-même que lui renvoyait cette passion commune pour le sexe, il se contentait des illusions sur l’amour éternel, certain comme tous les amoureux de l’univers d’être enfin parvenu à la plénitude, au sommet de ce qu’il ne pourrait jamais connaître et qu’en conséquence ça ne pouvait être que pour toujours. Car c’est bien un point commun à toute forme de vie intelligente, même technologique, de se croire éternel quand l’amour avec l’apparence du grand A venait frôler le cœur du vivant. Bruno qui savait bien que tôt ou tard il était bon pour le rebut, dépassé par une nouvelle science quelconque, n’arrivait cependant pas, bercé par l’amour, à s’imaginer démonté dans un quelconque casse à androïde. Mais bien pour l’éternité, ou du moins jusqu’à leur fin commune, serrant dans ses bras sa bien aimée. Pourtant, alors qu’il lui tendait un nouveau verre de liqueur à bulles, elle avait essayé de lui faire connaître les prémisses de la froideur. Gelant ses tendresses, refroidissant son sourire et son regard quand il l’embrassa dans le cou en lui murmurant quelques mots sucrés. En vain. Il était fou d’amour et elle prit ça pour un défaut, la déclinaison de son égocentrisme. Sans s’en rendre compte, désormais, plus il lui manifesterait son amour, plus l’esprit de la jeune femme trouverait l’escapade tant attendue, et le pire vint quand un jour, tout à sa passion, il cessa pour autant de la faire jouir, que pour la première fois elle simula. Ce fut horrible pour elle, car en dépit de toute sa technologie, il ne s’aperçut de rien et pour ne pas trop le blesser elle dut se forcer dans cette voie sans issue. Heureusement la vie de star, et de star du porno qui plus est, offre forcément tôt ou tard les avantages de la fuite en avant. Tôt ou tard, un autre tournage, une autre promo, d’autres partenaires, vivants, mécanisés ou un peu des deux. Tôt ou tard une lettre déposée au coin du lit, un adieu, pour toujours celui-ci. Tôt ou tard un souvenir qui revient comme un espoir, un espoir désespéré car Honoré lui n’était ni célèbre ni attendu nulle part et dans l’immensité de l’univers… Tôt ou tard une femme qui pleure doucement dans sa loge et un manager surexcité qui débarque parce qu’ils sont en retard sur le plan de tournage.

–          Bah alors cocotte qu’est-ce qui se passe ?

Incapable d’expliquer la nature véritable de son désespoir la jeune femme se contenta d’expirer puis de renifler.

–          Oh la, la, la… s’exaspéra Cork avant de déployer devant elle le dessin d’un papillon sous forme de ligne d’hypracoke. Tiens prends ça ma chérie, ça va te remonter.

La jeune femme, qui depuis son premier voyage vers Numbaone, avait déjà mis le nez dedans, ne se fit pas prier. Elle aspira une aile, puis une autre, avant de se redresser, les pupilles en tête d’épingle, le sourire extatique et de déclarer d’une voix hachée :

–          Je veux baiser.

Baiser pour oublier, baiser pour occulter que d’une manière ou d’une autre c’est l’existence tout entière qui nous baise. Baiser pour se perdre.

Fan de la première heure, Monticello Corticori de Punjah était toujours là, comme un remugle qui ne veut pas qu’on l’oublie, disposé sur une mini-barge à suspension qui lui permettait de se déplacer plus rapidement que son habituel rythme de limace amorphe et bien entendu de jouer les voyeurs. Mais en réalité il attendait. Il patientait ce moment fruité où il aurait pour lui tout seul la Belle –Cork la lui avait promis en échange d’une certaine assurance-vie-. Son fantasme n’était pas de lui faire l’amour, ou même de la baiser. Son fantasme allait au-delà de ça, il voulait la posséder tout entier, l’absorber, en faire littéralement la chair de sa chair et accessoirement l’avoir enfin pour lui tout seul. Monticello Corticori de Punjah était comme ces stalkers qui veulent vivre la vie de l’autre, être l’autre tout entier, ne faire plus qu’un, et peu importe si le fait de la boulotter reviendrait à perdre une manne sans précédent et plusieurs millions d’assurance-vie. L’argent n’avait plus beaucoup de sens pour lui, il en gagnait chaque jour tellement que s’en était invraisemblable. Heureusement, d’une certaine manière, une lettre d’adieu était tombée des mains d’une autre vedette, heureusement le Bonoboss avait le cœur déchiré par l’amour et il débarqua sur le plateau en hurlant de chagrin alors que la jeune femme, cuisses offertes, son doux coquillage amoureusement ouvert recevait les hommages attentionnés et humide de Suce-Bien, qui ne négligeait d’autant pas de participer quelquefois aux scènes qu’elle-même était tombée sous le charme dévastateur de Lubna.

–          POURQUOI ? LUBNA, POURQUOI ? JE T’AAAAIIIIMMME ! ! ! !

Poursuivi par sa bande, il fallut tout le personnel sur place pour le retenir, l’empêcher de ramper aux pieds de la jeune femme et la supplier d’une dernière petite baise, tout persuadé qu’il était de la ramener vers lui d’un coup de pine.

–          LUUUUBNAAAAA !

Mais l’on dut quand même interrompre le tournage. D’un geste princier la jeune femme fit signe qu’on le relâche et le prit dans ses bras comme l’on console un enfant qui vient de faire connaissance avec la douleur. Bruno interpréta ce geste de travers. Aussitôt caressant et dégoulinant de reconnaissance, il voulut l’enfourcher. Jusqu’ici il n’avait connu que des femmes soumises et même heureuses de se soumettre à ses charmes technologiques, cette fois il fit la douloureuse expérience que de nombreux de ses fans faisaient dans la vie courante, à savoir se prendre une veste, pire, un autobus. La jeune femme se débattu en hurlant :

–          Lâche-moi, lâche-moi tout de suite, c’est fini ! Tu entends FINI !

Mais l’androïde, abusant de sa force, ne voulait rien savoir. Il la plaqua par terre et tenta de l’introduire. Devant ce spectacle de viol, à la fois surexcité et furieux de voir sa vedette ainsi assaillie, Monticello Corticori de Punjah leur fonça dessus avec sa barge avant de se jeter avec un bruit lourd et mouillé sur le couple. Heureusement, Lubna était une femme physiquement forte et dynamisée par l’hypracocaïne, heureusement Monticello Corticori de Punjah aimait autant les mâles humains que leurs femelles, heureusement selon la tradition du missionnaire et du violeur pressé, monsieur était sur madame, et tandis que Bruno se débattait avec des cris de plus en plus affolés, elle parvint à s’arracher à l’énorme masse qui lui écrasait la poitrine. On entendit des craquements d’os, des gargouillis, des hurlements de plus en plus étouffés, trop occupé à digérer le Bonoboss, le monstre ne déroula même pas une de ses tentacules pour rattraper la jeune femme.

La scène s’était déroulée en direct devant des dizaines de micro caméras. Le silence stupéfait et horrifié qui s’en suivit autant sur le réseau et sur le plateau aurait suffit à intimider le vide lui-même. Puis Cort rota et Cork reprit ses esprits.

–          Mais qu’est-ce que… non mais… mais… t’es complètement cintré Cort !

Le monstre se contenta d’un borboryme avant qu’une de ses tentacules glisse lentement vers une des chevilles de la jeune femme.

–          Arrêtez-le ! Arrêtez-le ! hurla John-William Cork.

Or il n’y avait qu’un seul moyen de calmer les ardeurs du monstre, les refroidir. Tous les assistants se précipitèrent sur les bouteilles anti incendie disponibles et lui crachèrent dessus leur poudre glacée.

 

Digérée, la vedette du porno fut enterrée purement symboliquement mais la cérémonie pas moins retransmise comme un événement intergalactique. Quant à Monticello Corticori de Punjah il fut plus simplement arrêté et expédié dans une prison psychiatrique où l’on n’entendit plus jamais parler de lui. Quant à Lubna, elle fut invitée une nouvelle fois sur tous les talk-show pour parler du malheur qui la frappait. Bien entendu ce n’en était pas tout fait un, mais Lubna avait très combien compris où se trouvait sa place dans cette société du spectacle cru et elle se composa un rôle si bien mesuré que même les plus avertis des animateurs ne parvinrent pas à la dérider ou à la faire glisser sur une note de salace. Elle était digne comme une reine et cette dignité la rendait encore plus belle pour un de ses non moins éminents admirateurs, Dieu en personne.

 

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