Planck ! 28

Dans les basses couches de NewRose, là où régnait l’ignorance crasse des vraies réalités économiques, des enjeux de la globalisation, là où on ne faisait même pas mine de s’intéresser aux cours de la Loterie Solaire, se contentant de pleurer misère et de réclamer que ça tombe tout chaud tout cuit des mains d’une société pas assez libérale et trop indulgente, on attendait.

Comme allaient bientôt l’apprendre les trois hommes, pauvre c’est un métier. Un métier dont la première vertu, l’axe central repose tout entier sur la capacité d’attente. Attendre que la pièce tombe, attendre que votre demande soit examinée, attendre que les papiers soient tous réunis, attendre que le rideau de fer là-bas s’ouvre derrière une interminable queue d’individus. Principalement des humains et des robots déclassés et pour la plupart assez crasseux pour devoir être passés tout entier à la machine à laver. Au comble de cette misère, il y avait Montcorget qui non seulement se rendait compte jusqu’où il était tombé, mais qui plus est avait l’impression de porter sur ses épaules un minaret entièrement dévoué à une seule voie ou voix, c’est selon : Lubna, sa prophétesse de l’amour.  Ce comble de misère était si palpable que tous les autres le regardaient mal à l’aise quand le rideau de fer s’ouvrit avec un bourdonnement doux. Derrière : une vitre blindée caractérisée par un banal micro et trois rats qui s’agitaient. En fait ce n’était pas exactement des rats, ni complètement trois individus indépendants. Ça avait des têtes de chien du désert sur des corps de rat debout, avec de longues pattes de marsupial, criant d’une petite voix aiguë et se passant les papiers qu’on leur tendait avec une frénésie de souris sous acide.

–          C’est ça les sœurs de Maüs ? couina Berthier.

–          Non ça c’est Yotrikko le mec de l’accueil.

–          Le mec ? Mais y sont trois.

–          Trois cerveaux, trois individus à part entière, et un seul en même temps. Ils se réunissent par affinités génétiques, parfois ils sont quatre, parfois six, c’est un drak, c’est comme ça que s’appelle cette race dans le coin.

Un par un les indigents se présentèrent, certains avaient des papiers, d’autres tentaient d’argumenter. Dans le bocal on s’agitait de plus belle, répondant à trois questions en même temps, parlant de la pluie et du beau temps tout en soumettant les documents à l’analyse d’authenticité. Ceux qui étaient renvoyés, repartaient en renâclant à peine, la force de l’habitude, les autres étaient absorbés par une lourdes porte blindée. Là un robot vous fourrait un café bouillant dans la main et on était prié de la fermer et d’attendre. Pour ceux dont la misère n’avait pas anéanti tout intérêt pour le monde, il y avait des journaux économiques gratuits ( ! ! !) avec des sujets comme : trouver un emploi, devenir manager d’un magasin de fast food ou d’une supérette en banlieue, connaître les domaines où les formations allaient de l’avant, des conseils sur comment aller à la rencontre des entrepreneurs, etc…

–          Qu’est-ce tu veux Athem ? demanda l’un des draks, disons Yo.

–          Qui c’est ceux-là ? demanda un autre drak, disons Kko, terminant sa phrase par la bouche de Tri.

–          Euh… c’est des cousins à moi… ils ont besoin de euh…

–          C’est quoi leur revenu ? coupa Yotrikko en chœur avec lui-même.

–          Z’en n’ont pas, justement.

Un des drak appuya son museau contre la vitre et les observa, un autre courut hors de son bureau, un troisième demanda :

–          C’est la première fois qu’ils viennent ici ?

–          Euh… oui.

–          Alors faut qu’ils remplissent ce papier, déclara le second en revenant avec une liasse de documents, tandis que le troisième ajoutait : Suivant ! en se grattant l’oreille –immédiatement repris par les trois autres – puis en appuyant sur le bouton qui leur libéra l’entrée.

Un peu étourdis, ils allèrent s’asseoir en essayant de ne pas se brûler avec leur gobelet et attendirent. Combien de temps ? Le temps qu’il faut aurait dit une sœur, et puis quand on ne fait rien, on a rien à faire, le temps ne compte pas n’est-ce pas. Bref le temps d’attraper des esquarres et des hémorroïdes.

–          Alors Athem, qui tu nous amènes cette fois ?

Sœur Wally était tout ce qu’il y a de plus humaine, dans les apparences, mais ils comprirent vite qu’elle n’était pas de la même planète qu’eux, à tous points de vue.

–          C’est des cousins à moi, ils sont de passage à NewRose, ils cherchent un ami à eux.

–          Des cousins de la Terre ?

–          Oui.

–          Athem fais attention, en ce moment les terriens sont très mal vus. Même toi tu devrais te méfier.

–          Pourquoi ?

–          Des terriens ont détourné un satellite près de Velda, c’est passé aux actualités avant-hier.

Derrière lui, les trois hommes échangèrent un regard lourd de sous-entendus, ils comprenaient maintenant pourquoi X911 avait voulu les envoyer au bagne. Mais qui avait pu faire une chose pareille ?

–          Ah bah je savais pas, merci en tout cas, j’éviterais de monter en ce cas… et pour eux ?

Elle leur jeta un coup d’œil soupçonneux.

–          Ils ont vraiment pas un sou ? C’est quoi votre métier à vous autres ?

–          Euh… intervint Athem. Ils n’en ont pas encore.

–          Mais sur Terre c’était quoi leur travail ? Hein ? Vous parlez notre langue ?

–          On sait pas comment mais oui on comprend très bien ce que vous dites, répondit Dumba un peu agacé. Moi j’étais garde du corps.

–          Et moi commercial.

–          Et vous monsieur ?

–          Euh… lui il était comptable.

Sœur Wally jeta un coup d’œil furieux à Berthier.

–          Qu’est-ce qu’il a ? Il a perdu sa langue ?

–          Il est amoureux, expliqua sagement Dumba, en ajoutant : de ma sœur.

Montcorget leva des yeux interloqués et presque reconnaissants sur celui-ci, comment avait-il deviné ?

–          Amoureux ? Mais c’est très bon pour le moral ça ! Et elle est où cette dame ?

–          On sait pas, elle a disparu avec les autres.

–          Les autres ? Quels autres ?

–          Des… euh… cousins… des autres… euh… elles ont été enlevées… euh…. s’enferra Berthier.

–          Un enlèvement ? Vous avez prévenu la P.I.G ?

–          Euh… c’est à dire que non, reprit Athem à la volée, sentant que cette conversation allait rapidement déraper. En fait on attendait de leur trouver de nouveaux vêtements.

–          Ah oui mais c’est que je ne peux pas leur donner des vêtements comme ça moi, il me faut des preuves ! Ils ont un métier, qui me dit qu’ils ne l’exercent pas ailleurs.

–          Allons voyons ! protesta Dumba, vous voyez bien qu’on vous ment pas, regardez l’état de nos affaires !

–          Et alors, c’est peut-être votre déguisement ! Pour faire couleur locale ! Si ça se trouve vous êtes venus faire du tourisme !

–          Ici ? s’exclama Berthier, vous rigolez !

–          Pas du tout ! On a vu des choses dans ce genre ailleurs vous savez. Suffit pas d’avoir l’air pauvre pour être pauvre, vous savez… par exemple je pourrais vous dire que c’est rare de rencontrer un pauvre amoureux. Déprimé, oui ça c’est normal, mais amoureux… c’est louche.

Les regards convergèrent vers Montcorget qui mit une seconde de trop à réaliser qu’on parlait de lui. Il leur rendit leur regard, même pas de mauvaise humeur.

–          Quoi ?

–          Et puis de toute façon Athem tu sais bien que je dois rendre des comptes moi, ajouta Sœur Willy en oubliant aussitôt l’homme qu’on oubliait plus vite que son ombre.

–          Quand même ce ne sont que des vêtements ! Encore ça serait de l’argent qu’on vous demanderait, je dirais pas, mais… protesta Berthier qui pour une raison qui n’appartenait qu’à lui se sentait soudain mu par un vent de révolte.

Sœur Willy le cloua du regard si profondément que sur l’instant il crut qu’elle lui avait percé le crâne.

–          Monsieur des vêtements ça se vend !

Ici on sentait que tout était dit, mais Berthier se claqua quand même les mains sur les cuisses.

–          C’est ridicule !

–          C’est la loi.

–          C’est pas juste !

Elle sourit avec l’assurance du fonctionnaire certain d’être sous la protection d’un état dont il édictait et appliquait les règles à la lettre.

–          Adressez-vous aux pouvoirs publics, écrivez au maire… moi personnellement je serais ravie !

–          Bah alors pourquoi vous le faites pas, fit soudain Honoré sur son habituel ton rogue.

–          Je crois que j’en fais déjà assez bien comme ça non… rétorqua t-elle en bombant le torse, la bouche pincée, puis ajoutant, soupçonneuse : Vous avez retrouvez votre langue ?

–          Ouais elle était dans ma poche, d’autres questions ?

La panique envahit les yeux d’Athem.

–          Excusez-le ma sœur, il ne sait plus où il en est, puis ajouta pour recentrer le débat, s’il vous plaît, il faut nous aider.

La sœur fouilla dans ses petits yeux bruns la trace du mensonge.

–          Dis moi Athem, ce ne serait pas des touristes que tu promènes dans la DeadZone des fois…

–          Non !

Elle releva la tête vers le trio.

–          Et vous, vous ne seriez pas de ces cadres qui viennent ici pour profiter du système et s’amuser aux dépends de la misère !

Le ton était si accusateur que l’usage du subjonctif était visiblement purement décoratif dans sa bouche.

–          Mais non on vous dit ! Vous êtes parano à la fin ! brailla Berthier

–          Para quoi ? s’empourpra Sœur Willy.

Et sans doute cela aurait pu très mal tourner si une autre sœur ne s’était pas pointée pour lui demander son aide.

–          Dites moi Sœur Willy on cherche avec Sœur Marge le formulaire 217-B pour la libération par dispense d’obligation des protections d’hiver pour les familles de plus de sept enfants, vous ne sauriez pas dans quel fichier Sœur Guillaume l’aurait inscrit ?

–          Mais pourquoi vous avez besoin du formulaire 217-B pour la libération par dispense d’obligation des protections d’hiver pour les familles de plus de sept enfants ? Pour la libération par dispense d’obligation des protections d’hiver pour les familles de plus de sept enfants on n’est plus obligé de remplir le formulaire 217-B, c’est beaucoup plus simple ! Il suffit de passer par la Caisse Nationale d’Aide à la Petite Enfance, leur rendre compte et de remplir le formulaire A-307 qu’on envoie au Ministère des Familles qui transmet au GAG.

–          Non ! ? Mais alors ça veut dire que la libération par dispense d’obligation des protections d’hiver pour les familles de plus de sept enfants est traitée directement par le GAG, c’est impossible !

–          Mais non, le GAG dispense les frais de transition de la CNAPF qui reporte sur le Ministère, mais à condition qu’il reçoive le formulaire dans les 48h, c’est pour ça qu’on rend compte au CNAPF d’abord.

–          Ah… je comprends mieux.

« T’as de la chance » pensa Montcorget dans son fortin intérieur. Tout assailli qu’il était des épines de rose de l’amour, le dragon n’y continuait pas moins de grogner sur un tas qu’il présumait d’or.

–          Viens nous montrer, je crois que Sœur Marge va avoir besoin de ton aide pour comprendre.

–          Vous voulez bien m’excuser deux minutes ? demanda t-elle à ses interlocuteurs avec le ton d’un chef d’entreprise, c’est à dire sans soucier une seconde qu’ils l’excusent ou pas. D’ailleurs elle était déjà partie.

Athem se retourna vers ses compagnons.

–          L’un de vous sait pleurer ?

–          Quoi ?

–          L’un de vous sait pleurer ?

Les trois hommes échangèrent un coup d’œil entendu qui se termina sur Montcorget.

–          Qu’est-ce qu’il y a encore ?

–          Vous savez pleurer ? questionna Dumba.

–          Moi ? Non.

–          Vous êtes triste pourtant, vous pourriez faire un effort.

–          Pourquoi faire ! ?

–          Bah pour apitoyer cette bonne femme ! s’exclama Berthier.

Dumba et Berthier semblaient avoir compris quelque chose qui échappait totalement au comptable.

–          Quoi ? s’empourpra Honoré Montcorget, vous voulez que je pleure pour faire plaisir à cette grosse vache ! Vous plaisantez ! ?

–          Je pourrais vous dire des choses tristes sur Lubna si ça peut vous aider, proposa Dumba pour l’amadouer. Ce qui lui valut en retour un regard noir à désespérer un optimiste.

–          Et vous, vous savez pleurer ? demanda Berthier à Athem.

–          Non, avoua Athem avec une certaine honte. J’ai pas cette force.

–          Eh c’est pas une force, c’est une faiblesse de pleurer.

–          Non, savoir pleurer c’est une prouesse, ne pas en avoir honte c’est une force, déclara doctement en retour le zorzorien.

–          Pourtant vous devriez savoir pleurer vous qui vivez dans la rue, continua Berthier sans en démordre.

–          Pourquoi vous viviez où vous avant pour ne pas savoir pleurer ?

–          Mais je sais pleurer ! Mais quand je suis triste ! Pas à la commande !

–          Bah moi non plus malheureusement.

–          Pourquoi ?

–          Comment ça pourquoi ?

–          Pourquoi malheureusement ? Parce que c’est mieux pour faire la manche ?

–          D’abord ça aide pas, ça fait fuir, ensuite parce que ça soulage de pleurer, voilà pourquoi, vous n’avez jamais essayé de vous soulager en pleurant un bon coup ?

–          Hon, hon, moi je tire un bon coup pour me soulager, rétorqua Berthier qui, tout fiérot de sa blague, donna un coup de coude à Montcorget.

Il se passa alors une chose stupéfiante pour un Moncorget – du moins ce Montcorget là, Gabin quand à lui c’est moins sûr-  une chose tellement stupéfiante à vrai dire que sa main, sur le chemin du retour se demandait encore comment elle avait fait pour lui calotter l’arrière du crâne comme à un gosse mal élevé.

–          Non mais ça va pas ! Il est dingue !

–          La ferme imbécile !

–          Qu’est-ce qui se passe ? demanda Sœur Willy en retournant dans le bureau d’un pas tellement autoritaire qu’on aurait pu lui ajouter cuivres et oriflammes sans que ça se remarque.

–          Il m’a tapé ! couina Berthier en montrant le coupable.

Elle fusilla le comptable du regard, comme la maîtresse fusille le cancre.

–          Vous, vous commencez à me chauffer les oreilles !

Pendant quelques secondes il ne se passa strictement rien, tout le monde semblait attendre la nouvelle réaction de Montcorget. La vedette allait-elle cogner ou bien grogner ? Puis il secoua doucement la tête, avant de déclarer d’une voix un peu tremblante.

–          Excusez-moi… excusez-moi, je ne sais pas ce qui m’a pris… je ne sais plus où j’en suis… vous comprenez, la femme que j’aime est Dieu sait où… je ne connais personne ici à part… ce monsieur… ooooh pardonnez-moi !

Et il tomba à genoux, poing serré comme un homme qui se rend, en pleurant.

–          Allons relevez-vous monsieur ! Relevez-vous ! se précipita Sœur Willy soudain tout sucre.

Quinze minutes plus tard ils repartaient rhabillés de neuf, même Athem, et admiratifs.

–          Comment vous avez fait ? s’intéressa l’ex garde du corps

–          Je me suis rappelé d’une conversation que j’ai eue avec votre dictateur, à propos de la haine.

–          La haine ?

–          Il voulait que je signe ce fichu contrat qui nous a mis dedans, mais j’arrivais pas à le haïr suffisamment pour ça, alors il m’a proposé de me montrer quelque chose que je pourrais vraiment haïr.

–          Et c’était quoi ? demanda l’algérien.

–          Des chanteurs à la con, répondit négligemment le comptable.

–          Et où est le rapport ? questionna Dumba.

–          Pour m’aider à pleurer j’ai pensé à tout ce que je détestais chez cette bonne femme, je me suis dit que c’était le seul moyen pour qu’on sorte de là. Tout ce que ces incapables avec leur compassion rémunérée, espèce d’hypocrites encensés parce qu’ils s’occupent des pauvres alors que c’est de leur pauvre petit cul qu’ils s’occupent en s’imaginant comme des bons samaritains tout plein de charité. Et en plus avec elle c’était pas difficile, vous l’avez vue vieille bique accrochée à ses vêtements comme si on lui demandait son propre slip !

–          N’empêche la baffe elle était pas nécessaire, déclara Berthier.

–          La ferme Berthier, ou la prochaine fois c’est moi qui t’en mets une.

Berthier leva des yeux étonnés vers ceux de Dumba, le temps de les détourner bien vite, tellement vite qu’ils reprirent leur place dans le désordre.

Mouloud, selon Athem, passait la plupart de ses journées à la terrasse d’un café ou d’un autre, le reste du temps il se « débrouillait » sur la côte, vivant de petit business.

–          La côte ?

–          Il y a une mer intérieure à l’ouest de la ville.

–          En suspension ?

–          Oui… prodigieux, vous verriez ça. Mais j’y vais rarement, trop de flics. Moi je me contente des cartes postales que m’envoie Mouloud.

L’un de ces cafés s’appelait le… euh… eh bien il avait un nom imprononçable et une graphie itou et ses habitués portaient toutes les couleurs d’une mégalopole comme NewRose, bigarrés. Au milieu de toutes ces formes, toutes ces tentacules, antennes, mandibules, bras, pinces, mains, ventouses, de toutes ces tronches impossibles, celle de Mouloud semblait rassurante, même pour un comptable revêche à l’étrange, même si pour commencer Mouloud était orange et vert pomme. Une sorte de longue poire orange, dans une combinaison plastifiée vert pomme, avec deux yeux globuleux de batracien au sommet du crâne, des lèvres en forme de ventouse et des bras si long qu’ils traînaient par terre ; très pratique pour se gratter les pieds. Ce qu’il faisait quand Athem les présenta, observé de loin par un serveur gras avec de petits yeux méfiants et bleus céruléens à qui on ne la faisait visiblement pas non plus…

–          Vous êtes terriens ? Ouh là c’est chaud ça !

Mouloud avait une petite voix nasillarde qui débitait tout un tas de consonnes et de voyelles dans un ordre qui n’appartenait qu’à lui et que pourtant ils comprenaient, ce qui ne lassait pas d’intriguer les trois hommes qui ne se souvenaient pas n’avoir jamais été disposés pour les langues étrangères et encore moins extra-terrestres.

–          Rien que de prononcer ce mot ça m’fout la chair de poule. Tiens, voyez ?

En effet ses bras et son visage s’étaient couverts de petites éruptions cutanées.

–          Alors vous allez pas nous aider, gémit Dumba.

–          Tut, tut, tut, j’ai pas dit ça, j’ai dit c’est chaud, c’est tout. Et votre Giovanni Fabulous, il est terrien aussi ?

–          Non c’est un éléphant.

–          C’est quoi ça un éléphant ?

Athem traduit en imitant une trompe.

–          Ah un mommoth.

–          Mommoth ?

–          C’est le nom qu’on leur donne par chez nous en tout cas. Bon, écoutez parce que vous êtes des amis d’Athem et que vous lui avez trouvé autre chose que ces sacs poubelles, je veux bien vous aider mais va falloir m’en dire plus.

–          Qu’est-ce que vous voulez qu’on vous dise ? On vous a déjà tout raconté ! s’exclama Montcorget.

–          Je sais pas, c’est quoi ses habitudes, qu’est-ce qu’il fait pour se distraire ?

–          Mais qu’est-ce que vous voulez qu’on en sache on n’est pas des intimes non plus !

–          Euh… je crois que… s’hasarda Berthier. Je crois que ces copains nous ont dit qu’il avait des Elfes®

Mouloud poussa un genre de bruit de trompette.

–          Eh parlez pas de ça ici !

–          Bah quoi ?

–          C’est interdit, il paraît que ça rend fou,  ou alors votre copain est très, très riche… du genre riche à rendre sourd, aveugle et muet si vous voyez ce que je veux dire… se mit-il à chuchoter.

 

 

–          Non pas très bien mais c’est quoi exactement des elfes ? Comme dans le Seigneur des Anneaux ?

–          Le quoi ? Et puis j’ai jamais dit des elfes, j’ai dit des Elfes® nuance.

–          Oui mais qu’est-ce que c’est ? insista à son tour Dumba.

–          Venez, je connais un gars qui en vend, vous verrez.

–          Je croyais que c’était interdit, maugréa Montcorget en les suivant.

–          A NewRose, si on y met le prix, rien est interdit…

Ils firent leurs adieux à Athem puis ils grimpèrent par un ascenseur –qui leur extorqua 20 crédits- jusqu’à une passerelle roulante – qui leur en extorqua 10 de plus- avant d’arriver à un parking vertical.

–          Dites, c’est obligé ce machin-là… ? couina Berthier en regardant l’aérojet quatre places de Mouloud et dont on ne comptait ni les plaies, ni les bosses, comme la plupart des véhicules alentours.

–          Eh c’est pas la porte à côté EdenPark.

–          Où ?

–          Là où est mon gars.

Les trois hommes entrèrent dans la bulle de titane et de plastique avec l’appréhension légitime du chrétien dans l’arène. Tout ça pour une foutue horloge à laquelle ils ne comprenaient rien !

–          Vous pourriez m’expliquer un truc, demanda Dumba histoire de détourner sa propre attention des moteurs qui vrombissaient.

–          Tout ce que vous voulez.

–          Comment ça se fait qu’on comprend tout ce que vous dites ?

–          C’est à cause de la Traductrine Tout le monde s’en injecte ici, alors entre ceux qui pètent et ceux qui transpirent, ça pollue l’air.

–          De la Traductrine ? Kesako ?

Mais la réponse se perdit dans le hurlement soudain des turbines et des hommes, l’engin plongeant comme une balle dans la circulation déchaînée.

 

 

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