Planck ! 18

La girafe ne parlait pas, elle se contentait de vous regarder de ses yeux doux et étranges, et puis elle vous souriait. Oui, elle souriait. Ce n’était pas tant l’expression que l’empathie, la girafe était d’accord. Une fille d’accord. Ou un garçon. Après tout pour faire la girafe il faut bien le girafe. Ou bien celles6ci avaient-elles trouvé un autre moyen, dans l’espace personne ne vous entend copuler non plus. Une girafe de l’espace ? Non, ce n’était pas possible… une vache, un dauphin, une girafe – un caniche, un gnou et un éléphant rose, un ! – et quoi encore, le zoo des étoiles ? C’était sans doute un genre de cousin, un truc qui avait la même forme, parce qu’aux dernières nouvelles les girafes ne se servaient pas de leurs machins sur la tête pour causer avec leurs potes. Ou bien était-ce la première fois qu’il avait l’impression de les entendre ? C’était bizarre ça, comme sensation. Parce que ça tenait plus du senti et que de l’auditif justement. Et que ce qu’il entendait, qu’il était à peu près le seul, croyait-il, à entendre, remuait dans le fond de sa tête sans passer par ses oreilles, inaudible mais présent, à peine un murmure qu’il décelait quelque part. Les girafes riaient entre elles, il en était à peu près sûr maintenant. Un rire cristallin de fée. Mais qu’est-ce que c’était que ça ? Les fameux Régulateurs ?

–          Non c’est une girafe, répondit platement X911.

–          Euh… une girafe, girafe ? souffla Berthier.

–          Tout ce qu’il y a de plus girafe, confirma la fontaine.

Berthier n’en revenait pas, personne d’ailleurs.

–          Comme…

–          Comme chez vous ? Comme sur terre ? Oui.

–          Ah… mais en cuir, fit remarquer Moncorget, choqué.

–          Oui, oui… c’est comme ça, des coquettes, vous trouvez pas qu’on dirait Barbarella avec leurs cuissardes ?

–          Qui ? fit Berthier.

–          Ça les gène pas qu’on parle d’elles comme ça ? glissa Lubna.

–          Non… pensez, elles ont l’habitude des zoos…

–          Mais à quoi elles servent ? questionna Superbe en levant la tête vers une des géantes qui tournaient tranquillement autour d’eux.

–          Des anges gardiens, répondit X911.

–          Des gardes du corps ? demanda Jean-René.

–          Non, elles sont pacifiques, c’est une règle pour elles. Les Régulateurs ont tout ce qu’il faut. Non elles viennent comme ça, sans qu’on leur demande. En fait on ne sait même pas d’où elles viennent vraiment.

–          Bah d’la terre, fit Berthier.

–          Non, sur terre aussi, elles débarquaient quand ça leur plaisaient, quelques-unes se sont installées même… mais je ne crois pas que vous ne les ayez jamais vues en combinaison moulante. Ni entendu. Vous les entendez bien, non ?

–          Oui.

Montcorget fut le premier à répondre, à sa grande surprise. Quoi ? T’entends des girafes parler maintenant !? fit une voix au fond de lui-même, mais il ne l’écouta pas. Pour une fois.

–          Qu’est-ce qu’elles disent ? interrogea la fontaine à eau.

–          Je ne sais pas, hésita le comptable, j’entends des rires…

Hein ? s’écria à nouveau la voix. Il ajouta :

–          j’entends « Superbe »…

–          Oh elles connaissent mon nom ! s’exclama Superbe. Comment elles font ?

X911 se mit à glouglouter mollement. Au même moment, une des girafes pencha son long cou vers la jeune femme, plongeant ses vastes yeux noirs dans ses petits yeux bleus et sourit tout doucement.

–          L’UNIVERS EST UNE VASTE ET BELLE CHOSE MYSTERIEUSE, PETITE FILLE.

Tout le monde l’avait entendue, la voix avait raisonné dans le hall, tout le monde bouche bée, tous excepté X911 bien entendu, qui ajouta :

–          Elles adorent dire ça… mais je sais pas pourquoi elles appellent tout le monde « petite fille »…

–          Parce que elles, elles sont les Grandes Filles, répondit sagement Lubna.

–          Même les mâles ? questionna X911 surpris.

–          Même les mâles, confirma la jeune femme.

X911 n’en dit rien, mais sur le moment il fut très impressionné. Les girafes s’écartaient devant le petit groupe, ils poursuivirent à travers l’astroport, jusqu’au poste de douane.

–          Qu’est-ce que c’est que ça ?

Ça, enfin ça qui venait de maugréer ça, était finalement beaucoup moins surprenant comme comité des douanes que ça, un chanteur de karaoké zombifié… Un flic basique, genre mexicain de western, avec lunettes à verre argenté, grosses lèvres lippues sur un clope jaunie, les épaules basses et larges, le genre à trimballer la commode et le piano. Mais quand, même, on avait un peu de mal à appeler ça autrement que ça. La chose, le truc, le machin énorme, tas de bidoche posé comme un pâté à la viande avec une bouche et des lèvres en forme de pneu. Où ils étaient ses bras ? La chose, le tas, portait un genre de combinaison un peu flottante qui ressemblait à du caoutchouc. Le bidule stridulait, enfin c’est ce qu’on percevait avec notre misérable appareil auditif, les lunettes fixés sur Jean-René qui s’y reflétait, autant dire que la déformation n’était pas à son avantage.

–          Qu’est-ce que c’est que ça ? répéta t-il en tournant cette fois son attention sur la fontaine.

–          Patrouille d’Investigation Galactique, unité 8, énonça calmement X911.

Il pointa un bras maigre et débile vers Jean-René.

–          Ça c’est pas kasher.

–          Orcnostie, c’est pas contagieux, assura X911

–          Orcnostie ? questionna le mort-vivant.

–          Votre état. On appelle ça une Orcnostie, souffla X911.

–          Pas le savoir, pas kasher, rentre pas.

–          Comme vous voulez. Il se tourna vers le zombie. Je suis désolé.

–          C’est quoi, c’est du racisme anti-malade ? s’énerva Jean-René.

A la grande surprise de tous, le mégot éteint se ralluma, rougeoyant et absorbé par des poumons gigantesques. Un flic de la taille d’une baleine, quand même pas commun, se dit Moncorget alors que l’autre recrachait la fumée par les coins de sa bouche.

–          C’est quoi ton nom mon petit gars ?

–          Jean-René, répondit bravement le zombie, sans réaliser qu’il comprenait soudain ce que signifiait ses stridulations. Et je suis pas votre p’tit gars.

–          Jean-René, je vais te défoncer si tu rentres pas à la maison, d’accord ?

–          Ah ouais ? Et vous allez faire quoi, je suis mort ! Et en plus je sens absolument rien !

–          Jean-René, Jean-René, s’interposa la fontaine, faites ce qu’il dit, nous devons rencontrer les Régulateurs, je vous en prie !

–          Ouais Jean-René, fout pas la merde quoi ! renchérit Ronga comme si elle était encore à l’Academy.

Le zombie prit une expression offensée. Enfin de son point de vue c’était une expression offensée, du leur c’était un steak qui se refermait. Un steak vert mauve.

–          Tu veux que je te dise, dit-il au flic avant d’obéir, t’es laid comme un cul.

Le flic trouva ça drôle, allez savoir pourquoi.

–          Comment ça se fait qu’on comprend ce qui dit ? demanda Berthier en s’éloignant vers la sortie, où ce qui en avait les apparences.

–          Air infusé.

–          Quoi ?

–          Un procédé unique, l’air est programmé pour comprendre et traduire les sons. C’est une exclue de votre copain Master D.

–          Ce n’est pas notre copain, répondit Ronga d’un ton cassant.

–          Mais ce type, c’est quoi, c’est Dieu ? D pour Dieu ?

–          D comme Dieu, Diable, Débile, Dément, Démiurge, Déontologie, Domination, Dominé, Définitif, Détendus, Dahomey, Dodo, Domaine, Dithyrambique, ah j’aime beaucoup celui-là, mais difficile à placer dans une conversation, Dadoo Ron Ron, Delta, Dichotomie, Direction, DOGON, Dring Dring !…

Lubna ne saurait sans doute jamais pourquoi elle avait fait ça, mais elle l’avait fait, un grand coup de latte dans les flancs de X911.

–          Qu’est-ce qui m’est arrivé ? demanda la victime en bouillonnant de confusion.

–          Vous vous êtes mis à déblatérer avec une drôle de voix.

–          Ah merde ! j’ai la vérole !

–          Un virus ? interrogea Berthier qui avait cru comprendre quelque chose.

–          Nan ! fit X911 contrarié. Sacré putain de restriction économique ! Ils m’ont refilé du publicitaire !

–          Du quoi ?

Mais il refusa de s’expliquer, partant en avant, légèrement penché, on pouvait dire qu’il avait l’air furieux.

Ce qu’ils avaient d’abord pris pour une sortie de douane n’était en réalité… eh bien en réalité c’est un peu plus difficile à dire. C’était une porte. Oui, ça c’était sûr. Même une porte assez banale pour un film de science fiction, une porte de bureau à deux battants, tout ce qu’il y a de plus porte, comme aurait dit X911, avec un petit lapin bleu et un ourson rose collés dessus. Mais ils oublièrent très vite ce détail. Passée la porte le premier sentiment qu’on avait c’était d’être dans l’espace, aucune gravité, d’aucune sorte, même l’absence d’oxygène, même le cerveau et le cœur qui implosent étaient sans gravité. Ça n’existait tout simplement pas, ça n’existerait jamais, ça n’avait jamais existé, et tout le contraire en même temps. Ils étaient au bord du monde, où à peu près, à l’aube de tout, ou presque. Et comme d’habitude, ça ressemblait à une farce.

–          Où est-ce qu’on est ?

–          Quelque part près du cœur de l’univers je pense, répondit X911. Si tant est que l’univers ait du cœur.

–          Ici ?

Le cœur de l’univers ? c’était qui le décorateur ? Playmobil ? Pee wee Herman ? Le cœur de l’univers avait un énorme ciel bleu avec des petits nuages pour faire joli, des alignements de pavillons de couleur pastel, la pelouse bien tondue et bleue avait l’air en plastique, des chats baguenaudaient de ci de là, des chiens aussi, des chiots surtout. Et puis des trucs aussi, Dieu sait quoi, Montcorget avait renoncé à les qualifier. Mais ce n’était pas les Régulateurs, toujours pas. Les trucs avaient plus l’air d’être là pour amuser la galerie.

–          Bonjour, je peux vous aider ? demanda un nounours en s’approchant d’un pas décidé.

–          Nous voudrions voir les Régulateurs.

–          Ah oui, je sais pas bien où ils sont fourrés, ils m’ont couru après toute l’après-midi.

–          Désolé pour vous.

–          Ce n’est rien, vous êtes une Unité 8 n’est-ce pas ?

–          Oui, et vous C-SIX hein ?

–          Ouais c’est ça, approuva le nounours technologique. Qu’est-ce qui est arrivé aux 7 ?

–          Bazardé y’a trois jours. Tout le lot ! M’est avis que c’est un coup des Services de Rachats.

–          Ah, ces Manges Circuits ! cracha le nounours. Avec eux on pas le temps de se recycler.

–          Vous reste combien de millisiècles de service ?

–          Avec mes nouvelles batteries, encore une bonne dizaine, si je tiens jusque là. C’est que c’est remuant un môme de 5 ans. C’est le 89ème rembourrage que je me tape cette année.

–          Ouh mon pauvre, ça doit être douloureux.

–          Non pas tellement, je me suis fait fibrer des Invecta®

–          Ah oui, c’est bien ça, approuva X911, avant d’être coupé par Berthier.

–          Eh les R2D2 on les voit quand les grands manitous ?

–          Quand on les aura trouvés, et je ne m’appelle pas R2D2.

–          Ouais bin arrêtez de causer à votre copain, on y va, fit Moncorget en partant en avant vers le pays de Oui-Oui. Qu’est-ce que c’était que cet endroit ? et pourquoi il avait parlé d’enfant de cinq ans ? Il détestait les enfants !

–          Oh t’es rigolo toi, t’as p’us de cheveux !

Moncorget sursauta. Le mouflet le regardait fixement par-dessous la ligne de sa frange. Un rouquin, bien humain, c’est sûr, sauf cet œil qu’il avait au milieu du front.

–          Oui… euh va chercher tes parents gamin, dis leur qu’on veut les voir, fit nerveusement le comptable.

Impossible de faire autrement, on ne savait pas quel œil fixer et on finissait toujours pas celui au centre. Un œil posé droit, comme un losange, un petit vagin ouvert sur une planète remplie de schtroumphs et de barbe à papa, de cosmos et de purée au ketchup. Le gamin ne bougeait pas, il le poussa du bout des doigts, la mine un peu révulsée.

–          Allez, allez, tire toi p’tit, grommela t-il.

–          Eh t’es pas gentil toi, non ? Vas-t’en !

Le gamin lui balança un petit cube en plastique bleu à la tête.

–          Ah Vénérable ! fit la voix de X911 derrière eux.

X911 se dodelina jusquà lui, s’excusant pour Montcorget.

–          J’ai oublié de le prévenir.

–          Oui bin m’en fout, d’abord je vais l’dire ! grogna le gamin en foudroyant le comptable. T’es qui tous là, d’abord hein ?

–          Patrouille d’Investigation Galactique, Unité 8, je dois conduire ces messieurs dames sur Mitrillon.

–          Et alors hein ?

–          Alors il y a une guerre en cours sur Ova Galacticus, nous sommes obligés de faire un détour par chez vous.

–          La guerre c’est nous qui ont dit ! Obligé !

–          Pourquoi ?

–          Passqueuh !

–          Bien, je comprends Vénérable, serait-il possible que vous nous délivriez un droit de passage ?

–          Ouais, bin c’est pas moi qui s’occupe de ça j’te f’rais dire ! clama le gamin avant de s’enfuir.

–          Dites, c’est un Régulateur ça ? demanda Berthier quand il eut disparu.

–          On peut rien vous cacher, soupira la fontaine à eau.

–          C’est vraiment un gosse ?

–          Ça m’en a tout l’air…

–          Mais…

–          Vous avez déjà entendu parler des équations souples ? de la Mathématique des jouets ? Des Echelles de Clown ? le coupa X911 comme si ça coulait de source. Non ? Je m’en doutais… alors laissez tomber s’il vous plaît.

–          Mais c’est un humain !

–          La plupart oui et alors ?

–          Enfin presque… Montcorget montra le milieu de son front.

–          Non c’est un jouet ça. Un artifice holographique.

–          Ah… mais alors ce sont des humains !

–          Oui, il l’a déjà dit… s’impatienta le nounours en venant à la rescousse de la fontaine à eau.

–          Mais comment ça se fait ? On est pas censé être des animaux ?

–          Ah mais ce sont des animaux, c’est bien ça le problème ! De petits animaux méchants comme des teignes même, si vous voulez savoir.

–          Mais non, protesta Superbe, il était très mignon celui-là.

–          Oui ? Eh bien attendez de passer deux jours ici vous allez voir ce que c’est que la crèche de l’enfer.

Ça prit un peu plus de temps que ça….

 

L’université de Wiz n’avait pas bonne réputation. Ses élèves étaient tous des orphelins, tous des parias dispersés qu’on avait ramassés sous l’influence des Sociétés du Progrès, des bonnes œuvres des bonnes dames de la bonne société. Des enfants turbulents, violents même parfois, qui préféraient marcher un doigt dans le nez que marcher droit, des enfants sales qui déchiraient leur blaser de l’université, tâchaient leur cravate avec de la graisse fish and chips au curry atomique en révisant leurs cours de mathématique des jouets, d’équation souple, ou en tabassant quelqu’un en chemin. Mais pour autant ce n’était pas très important. L’université de Wiz formait l’élite des calculateurs, les Placés, comme on les appelait du fait que n’importe quel de ses élèves était assuré de trouver un poste important dans une compagnie, une fonction officielle, sitôt son diplôme obtenu. Mais bien entendu, il y avait toujours les déceptions, les Echappés de Wiz, comme ils aimaient s’appeler entre eux. Des rebelles à la belle formule pédagogique inventée par le docteur Timothy Arlington Wiz, éminent professeur de mécanique quantique, mathématicien de génie, exopsychologue et pédagogue révolutionnaire, grand bourgeois, dandy et pédophile. Mauvaise Haleine Assassin était l’un d’eux. Ses six mois à Wiz ne lui avait servi qu’à comprendre et adapter la Théorie de Réduction des Schémas à ses fantaisies meurtrières. Il était très doué pour la mise en scène, la gestion des espaces, le minutage. Il vous arrangeait toujours ça comme si ce n’était qu’un jeu. Il aurait terminé l’année, il y aurait rajouté de l’opéra, et peut-être qu’on appellerait maintenant le Mozart de la Mort, Gottlieb Mozart. Pour le reste c’était une buse.

Confiez-lui de l’or ou quelque chose de bien plus précieux que de l’or, et tout ce qu’il en retenait c’est que tôt ou tard il pourrait le revendre sur un marché quelconque d’un quelconque confin de l’univers. Mettez-lui dans les mains ce que la moitié des courtiers D’Aberdeen et de Norcar auraient rêvé de posséder en lieu et place de leur maîtresse ou de leur résidence secondaire à Soft Paradise, et il l’accrochait à son cou comme une vulgaire breloque. Pour Tabor c’était sans espoir, Mauvaise Haleine Assassin resterait toute sa vie un vulgaire pirate de l’espace sans plus d’ambition que de se biturer, massacrer ses semblables, se masturber devant des revues pornos, et se rouler dans son or.

Pour Pépone Moralez, c’était également sans espoir, Assassin serait toujours ce type qui lui hurlerait dessus en lui crachant ses postillons et son haleine de poubelle à la gueule. Si seulement, pour cette fois, il avait bien voulu reculer de quelques millimètres le canon du pistolet qu’il lui avait fourré dans l’oreille…

–          Qu’est-ce tu me racontes face de cul ? Tu veux me faire croire que t’as vu aucun appareil de la P.I.G dans ton secteur, ils sont en route pour Mitrillon ! Sont obligés de passer par ici !

Pépone Moralez tenait un petit établissement de ravitaillement, accroché aux reliefs d’une très vieille lune qu’une ancienne guerre avait déchiquetée en petits bouts épars, s’étalant sur une couronne de poussière de huit kilomètres. Il sirotait tranquillement un de ses propres cocktails au milieu du rade enfumé où les équipages de passage pouvaient venir oublier leur soucis en attendant que les robots aient fini de remplir les soutes de leurs appareils et réparer leurs avaries, quand il avait senti un objet lourd et tiède s’introduire dans un de ses conduits auditifs – le 5ème sur la gauche en partant du bas, pour être tout à fait précis – et une voix désagréable lui vriller les tympans, ce qui, compte tenu du nombre impressionnant de tympans lui faisait comme un orchestre de malades mentaux à qui on aurait malencontreusement distribué des cymbales.

–          Mais je te juuure Général ! La route est coupée entre ici et Ova Galacticus, la guerre !

Le minuscule caniche flottait dans une bulle ionique suspendue au cou du Général, le tout s’agitait au rythme de ses hurlements.

–          La guerre est finie depuis dix jours fils de porc !

–          Ils ont pris un autre chemin ! !

–          Par où ! Par où fils de con !?

Pépone Moralez lui aurait bien répondu qu’on était tous des fils et des filles de con, si on allait par là, enfin surtout les humains, mais il pensa qu’il le prendrait mal.

–          Mais qu’est-ce j’en sais ! Parais qu’les Régulateurs ont ouvert une route !… Dis tu pourrais pas me retirer ce truc de l’oreille ?

–          Qu’est-ce que c’est ces conneries !?

Tabor tapota gentiment sur son épaule, Mauvaise Haleine Assassin se retourna, il affichait une grimace bizarre, on aurait dit qu’il avait l’intention de tremper ses cornflakes dans du sang.

–          Si, ils ont rouvert pour D-Mart, Starway 52, 27 et 66.

La grimace commençait à prendre son indépendance, elle cherchait les cornflakes et visiblement elle était pas contente.

–          Okay, on y va.

Tabor le regarda interdit. De quoi ça a l’air un mille-pattes de 500 kilos avec un air interdit ? Eh bien je vous laisse ici à votre imagination

–          On y va ? On y va où ? Tu veux pas attaquer une des routes des Régulateurs quand même ?

–          Eh pourquoi pas ? Je les emmerde ces merdeux !

–          Mais…

–          Quoi enculé ?

–          Les routes… on va avoir les Mercenaires Universels Réunis Totalement Révolutionnaires et Economiques sur le dos.

–          Une bande de caves, balança le Général, allez viens on y va enculé !

« Le M.E.U.R.T.R.E© est un art » c’est ainsi que le visiteur était accueilli lorsqu’il passait les portes de l’une des énormes usines de guerre volantes qui veillaient à l’intérêt particulier des compagnies. Et ce n’était pas vraiment usurpé quand il s’agissait des Mercenaires. Pas tant qu’ils avaient fait du meurtre un art véritable, qu’ils étaient eux-mêmes une incarnation de cet art. Infatigables, impitoyables, sadiques limite fou furieux, intelligents et recyclables. Une seule usine pouvait en débiter 300, et les recycler en 2h. Même si au bout du troisième recyclage, l’usine était vide et devait se ravitailler en pièce détachées, n’empêche, il y en avait quatre qui tournaient dans ce secteur là, et franchement ce n’était pas bien le genre d’emmerde qu’on avait envie de se coltiner. Surtout quand on savait qu’au poste de commande des usines il y avait toujours un autre de ces élèves de Wiz. Et ceux là, au prix où on les payait, ils y étaient sûrement pas restés que 6 mois… Tabor suivit son patron résigné en priant Frida S’tair, la grande déesse des mille-pattes zeltakien

 

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