Schtroumphland 1

Quand on lui demandait ce qu’il faisait pour vivre, Monsieur Noir répondait qu’il était spécialisé dans les accidents, chargé de calculer les risques, trouver les failles, ce qui était parfaitement vrai, et conséquemment de les prévenir, ce qui était faux. Je travaille dans les assurances, résumait-il, ce qu’il aurait pu en effet faire, expert comme il était dans les accidents. Excepté que la spécialité de Monsieur Noir c’était de les provoquer et non de les prévenir. « Perdu passeport… téléphoner au… » Une annonce dans l’international Herald Tribune et il savait qu’il devait consulter une de ses boîtes mail. En général il recevait un dossier très complet sur son objectif, mais il devait invariablement le compléter par tout ce qu’il appelait le facteur h, selon une combinaison qui voulait que toutes données rattachées à un être humain devaient être relativisées par la réalité de son quotidien. Le facteur h déterminant la tangibilité des renseignements. En résumé le facteur h, était le résultat de ses propres observations, et il avait souvent remarqué que ce qui s’avérait vrai sur le papier devenait faux une fois dans la réalité, simplement parce que l’objectif avait changé ses habitudes ou qu’une contrainte quelconque l’obligeait à le faire. Le facteur h, comme facteur humain, était finalement, avait-il remarqué, tout ce qui séparait la théorie du réel, perpendiculairement variable à la qualité des renseignements. Plus ils étaient synthétiques et formels, plus le facteur h serait haut, c’était une constante, mais un dossier détaillé, avec des renseignements frais, ne faisait pas pour autant baisser le quotient de h, tout dépendait en réalité de l’observateur et de ses objectifs propres. Ceux qui constituaient ces dossiers n’avaient bien entendu pas la même optique que lui.

Il alluma le chalumeau et commença à chauffer le tour de l’ampoule.

 

Parfois Monsieur Noir répondait qu’il était artisan. Spécialisé dans les mécanismes de précision, et contenu de l’ensemble des compétences que requérait sa véritable spécialisation, c’était une vision bien modeste. Dans son domaine, même opéré à une échelle artisanale, Monsieur Noir, avec ses 15 ans d’expérience tenait plutôt lieu d’ingénieur. Aimait-il son métier ? Eh bien on ne fait pas la même chose pendant 15 ans s’en y prendre un minimum de plaisir. Mais ce plaisir, et il était unique, était l’exercice intellectuel auquel le soumettait chaque cas. L’acte en lui-même devenant l’aboutissement, le fruit de cette réflexion, il conservait quelque chose de pur, de parfait qui relativisait l’objectif et par conséquent le résultat final, la mort d’un être. Etait-il dépourvu pour autant de remord ? Après 15 ans il n’y pensait plus. En avait-il éprouvé ? Bien entendu. Et quand elle lui demanda s’il lui arrivait de rêver d’eux, il avoua que oui, parfois.

–       Je rêve de ceux que j’ai ratés, lui dit-il tout en dessoudant le culot de la lampe.

–       Tu en as raté beaucoup ? demanda-t-elle un peu surprise.

–       Aucun à dire vrai, mais par raté j’entends ceux que j’ai mal tués.

« Tuer » ça lui faisait drôle de ne plus utiliser un autre mot. Comme « faire », « opérer », « traiter ». Trois mois auparavant il utilisait encore le l’euphémisme universel des militaires et des forces de l’ordre en général, mais elle l’avait en quelque sorte écorné.

–       Mal tués ? Comme un toréador ?

Il n’avait jamais pensé à ça sous cet angle, et la comparaison lui déplaisait.

–       Je ne fais pas un show Yasmine.

Il décolla le culot et le déposa sur un reposoir en mousse.

 

Il rêvait parfois de ses mauvais morts comme il disait, comme on rêve d’injustices qu’on aurait commises. Je suis un mauvais bourreau s’accusait-il parfois, comme on s’accuse de toutes les absurdités quand un équilibre se rompt. Et c’était bien là le dilemme moral. Pas d’être un bourreau mais dans son cas de mal faire son boulot.

–       Tu comprends, personne ne mérite spécialement de mourir… enfin certains plus que d’autres quand même mais….

–       Tu es pour la peine de mort ?

Il releva la tête vers elle et sourit.

–       T’en penses quoi ?

–       Moui… question stupide… pardon.

–       Y’a pas de mal. Mais je vais te répondre plus précisément. Pour la société je te répondrais que non, je ne suis pas pour. Mais moi tu vois je ne fais pas partie de la société, et il y a tout un tas de gens dehors qui ne méritent pas de mourir, personne ne mérite la mort, mais qui doivent absolument mourir parce que ces gens sont des pourritures inimaginables. Et c’est là où se pose mon dilemme, qui qu’il soit, il mérite que l’exécuteur soit à la hauteur de sa tâche. Or quand les choses ne se déroulent pas comme prévu, ou que j’inflige des souffrances inutiles, eh bien disons que j’ai mal fait mon boulot, et je m’en veux.

–       C’est tout ?

–       Bah oui, je suis un tueur Yasmine, on ne reproche pas au scorpion d’être mortel.

–       Je ne m’oppose pas à cette idée, répondit-elle dans son français précis de fille qui avait appris cette langue tout en l’admirant. Je pense simplement que tu peux être autre chose qu’un scorpion.

–       Heureusement pour nous deux, dit-il en souriant.

 

Emotionnellement, en 15 ans de métier, il avait appris à se blinder. En réalité il aurait pu se souvenir de chacune de ses victimes et éprouver une émotion même brève pour toutes, mais pour des raisons évidentes d’équilibre personnel il se l’interdisait. Cependant, jamais en 15 ans, il n’avait pour une raison ou une autre envisagé de quitter ce métier particulier, éprouvé réellement quoique ce soit dans son accomplissement. Peut-être parce que l’empathie était chez lui quelque chose d’éprouvant plus qu’interdit. D’aussi loin qu’il se souvenait il avait toujours été profondément individualiste, et donc fondamentalement solitaire, ne sachant jamais trop quoi faire des émotions des autres à son endroit, d’autant plus que les siennes l’indifférait. Et s’il n’avait par exemple jamais été amoureux c’est qu’il avait toujours traité cette émotion particulière pour ce qu’elle était en premier lieu, un leurre chimique facilitant la reproduction. Une façon sans doute froide d’envisager le sel de la vie, comme elle disait, mais jusqu’ici, personne ne l’avait suffisamment surpris pour le faire changer d’opinion. Jusqu’à leur rencontre.

Il prit le liquide vaisselle et en remplit l’ampoule au tiers.

 

Elle avait eu lieu à Fès, dans un hôtel. Monsieur Noir était là pour affaire, comme il disait, elle y attendait son futur mari, s’ennuyant à mourir devant un baratineur local, un français coopérant occupé à la draguer depuis deux minutes quand la grande silhouette de Monsieur Noir était apparue. Il avait un visage de vieux, la calvitie prononcé, les traits anguleux, les yeux noirs, il lui plut tout de suite. Elle avait les yeux noirs également, les lèvres pleines, le front haut et bombé, elle lui plut de suite également. Le français ne l’avait même pas remarqué. Posté derrière lui Monsieur Noir le fixait sans un mot. Elle le remarqua, sourit, mais le français prit ça pour lui. Alors, de sa voix la plus sépulcrale il lui demanda une cigarette. Le français sursauta en le remarquant enfin, elle lui tendit son paquet.

–       Je ne fume pas, dit-il tout en fixant le dragueur dans les yeux.

–       Oh… vous vous connaissez… bredouilla-t-il.

–       Oui, mentit Monsieur Noir.

–       Pardon… pardon, je vous laisse…

Mais cela n’avait pas réellement commencé comme ça en réalité, même si ça faisait un bon début, ça leur fit surtout l’occasion de discuter ensemble, et de rire comme des bossus. Le rire, la vérité ivre comme disait un écrivain, voilà où était tout le sel de la terre pour lui, et qu’avait-il de plus érotique que la complicité du rire entre un homme et une femme ? Mais puisqu’elle était fiancée…

 

Il reposa le flacon de savon et s’empara de la bouteille d’essence, procédant à la même opération, au tiers, auquel il ajouta la même quantité de chlorure de sodium. Elle l’observait, fascinée, assise derrière l’établi, son visage miel à demi éclairé par la lampe de travail.

 

Oui, fiancée, à un bel homme qu’il rencontra le lendemain, alors qu’elle petit déjeunait dans le restaurant de l’hôtel.

–       Jérôme, Richard…

–       Enchanté.

–       Pareillement.

–       Eh bien je crois que je vais vous laisser…

–       Mais non restez donc… Yasmine vient justement de me parler de vous….

Beau ou pas, il lui était immédiatement apparu comme antipathique. De ce genre trop sûr de lui pour tout un tas de raisons injustifiées. Il n’était pas bête pourtant, mais il portait en lui une morgue trop grande pour lui.

–       Pas trop en bien j’espère…

–       Il paraît que vous avez beaucoup ri hier.

–       Oui, votre fiancée est terriblement drôle.

–       Je sais, c’est ce qui m’a séduit chez elle en premier, dit-il en la regardant d’un air plus conquérant que conquis. Sur le moment il la plaignit de ne pas voir le personnage comme il le voyait. Et puis il se dit qu’après tout c’était ses oignons.

–       Arrête de me charrier, dit-elle en souriant.

–       Vous vous êtes rencontrés comment ?

–       Justement… dans un supermarché, l’endroit le plus hilarant de la terre.

–       Je déteste les supermarchés, approuva Monsieur Noir, je trouve ces endroits effrayants.

–       Ça vous fait un autre point commun décidément, s’exclama Jérôme.

–       J’en ai peur, sourit Monsieur Noir, et vous Jérôme, votre opinion sur les supermarchés ?

–       Moins de temps j’y reste, mieux je me porte si c’est votre question, mais je ne les déteste pas, je crois que je m’en fous en fait.

Ça le fit rire. Il sentit qu’il lui en voulait de son assurance. Il l’emmena sur un autre sujet.

–       Yasmine ne m’a pas dit dans quoi vous travaillez.

–       Ah oui ? Je suis cadre chez Maroc Telecom.

–       Expat ?

–       Oui.

–       Tous les avantages sans les inconvénients ?

–       Financièrement ce n’est pas inintéressant je l’avoue, mais il y a la distance et l’éloignement, la France n’est pas loin mais elle me manque.

A ces mots elle eut un geste de protection typiquement féminin en lui prenant la main. Elle se mettait de son côté alors qu’il savait depuis la veille qu’elle adorait son pays et qu’elle ne le quitterait pour rien au monde. Il ne fit aucune remarque à ce sujet, demanda s’il comptait se marier ici ou là-bas.

–       Les deux, on se marie d’abord ici, et puis on régularise en France, en plus mes parents veulent qu’on aille à l’église… ajouta-t-il en prenant un ton d’ado rebelle qui était censé sous-entendre que l’idée ne venait que d’eux. Mais il le soupçonnait d’avoir lui-même insisté sur ce sujet.

–       Oh je vois, des parents qui ont encore de l’autorité sur leur fils dépassé trente ans, j’admire.

Impossible de savoir s’il plaisantait, faisait de l’ironie ou était sérieux, mais Yasmine ne put s’empêcher de pouffer, ce qui obligea son fiancé à garder bonne figure.

–       Arrêtez de me charrier, on voit que vous ne les connaissez pas.

–       Oh mais je ne vous charrie pas, je trouve ça charmant au contraire.

–       Vos parents sont dans le même genre ? demanda Yasmine.

–       Hélas je suis de l’assistance, je ne les ai jamais connus, avoua Monsieur Noir, ce qui était pour une fois strictement vrai. Même s’il n’aimait généralement pas donner des détails sur sa vie réelle, Yasmine par sa seule façon d’être et de le faire rire c’était donné sans qu’il le sache l’un comme l’autre, un passe vers lui.

–       Et si on vous invitait ? demanda soudain Jérôme.

–       Hein… oh non…. Je…

–       Mais si, mais si allez venez, Yasmine t’en penses quoi ?

–       Mais euh… je… euh oui pourquoi pas… mais euh Richard vous n’êtes peut-être pas libre…

–       Quand ?

Elle lui indiqua une date, il était libre mais ils se connaissaient à peine, il ne pouvait pas accepter. Elle insista, et sur le moment même elle n’aurait su trop dire pourquoi. Il céda sans trop de mal, et lui savait déjà parfaitement pourquoi. Ça ne l’inquiétait pas plus que ça mais il trouvait ça troublant.

 

Il s’empara d’un pistolet à colle et enduisit l’extrémité de l’ampoule avant de remettre le culot en place, les filaments directement plongés dans le liquide mordoré. Il ne suffirait que d’une étincelle. Cette fois il ne s’agissait plus de faire passer ça pour un accident mais de marquer les esprits. La foudre gouverne tout, disait Héraclite.

 

Il fut convenu qu’il serait du mariage français, ils se séparèrent là-dessus et leur coordonnées mutuelles. Yasmine et Monsieur Noir retournèrent à leurs occupations respectives, à Fès quelqu’un mourut peu à peu après d’un arrêt cardiaque.

Plus tard, leur relation reprit par le biais des SMS, et tous ces moyens épistolaires qu’on avait trouvé pour communiquer à distance. Il trouvait ça drôle et curieux à la fois comme il lui écrivit un jour. Plus personne n’écrit de lettre mais on ne s’est jamais autant écrit, plus personne ne lit mais tout le monde écrit. Et on est à une époque où on croyait qu’on allait se téléporter et que les voitures voleraient… Sa vision du monde était un mélange d’ironie et de désenchantement, son humour allait avec.

 

–       Tu sais c’est nouveau pour moi ça, lui expliquait-il tout en vérifiant que le culot tenait bien. La plupart du temps j’ignore si je tue des gentils ou des méchants et pour tout te dire je m’en fiche.

–       Tuer des innocents…

–       Oui, tu comprends… mais ou tout le monde est innocent ou personne ne l’est.

–       On l’est tous jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que l’innocence comme la culpabilité ne sont que des notions relatives à une certaine perception du monde.

–       Nous sommes parfaitement d’accord.

–       Comme toujours, remarqua-t-elle en souriant.

Ils s’embrassèrent par-dessus l’ampoule.

 

Leur correspondance se poursuivit jusqu’au mariage, deux mois plus tard. L’occasion pour Monsieur Noir de faire connaissance avec ce que Yasmine allait avoir pour beaux-parents, et accessoirement de la plaindre. La famille de Jérôme était un modèle de bourgeoisie de province, de point de vue étroit assené sur le terme de la certitude, de politesses exagérées et d’enthousiasmes surjoués à base de « génial », « magnifique » « super cool » pour les plus bohèmes d’entre eux. La bourgeoisie bordelaise pour le coup mais elles se ressemblaient toutes de son point de vue. Et comme de juste, invité ou non, personne ne fit même semblant de s’intéresser à lui. Ce qui lui allait en fait parfaitement. Professionnellement habitué à faire profil bas, il était naturellement discret et c’était une des choses qu’elle appréciait chez lui. Sa nature discrète pour ne pas dire pudique.

 

Il se déshabilla et enfila dans l’ordre une robe bleue et une perruque auburn. Il jeta un coup d’œil dans la glace, c’était sinistre. Il prit un peu de fond de teint sur la tablette devant lui et s’en appliqua une couche.

–       J’aurais pu m’en charger tu sais, dit-elle en le regardant dans le miroir.

–       Je ne préfère pas. C’est mon métier tu comprends ?

–       Et pas le mien c’est ça ?

–       C’est une chose de me regarder fabriquer un piège, s’en est une autre de le poser, laisse-moi faire.

Tout en se maquillant il entrait dans la peau de son personnage. Disons une femme de ménage d’âge mûr, grande, la quarantaine environ, avec une bouche fine et rentrée à peine marquée d’un trait de rouge. Le genre célibataire sans enfant, âme esseulée cherche mari, vous me tiendrez compagnie, je vous garderais auprès de moi comme un chat castré. Il lui racontait à mesure qu’il se maquillait, elle rit, on s’y croyait presque. C’était aussi fascinant qu’inquiétant.

–       Où est-ce que tu as appris à te transformer comme ça ?

–       Quinze ans de métier, expliqua-t-il modestement.

Quinze ans de métier et un naturel observateur. Instinctivement Monsieur Noir remarquait tout, et se souvenait. Les détails, le diable était dans les détails disait-on, mais s’il y était alors dieu aussi.

 

Le mariage n’avait pas été très amusant pour lui. La morgue de ses hôtes, Yasmine accaparée, il passa une longue journée à faire semblant de se distraire mais au moins il mangea bien des plats de traiteur chic tout en se prêtant aux rituels de la conversation. Chez ces gens-là elle tournait souvent autour d’une seule chose, la position sociale, et le meilleur moyen de la définir était encore de parler de son métier. La table où il avait été installé était pleine de commerciaux et d’avocats, pénal contre affaire, sa nature d’expert en assurance ne le rendait pas particulièrement intéressant mais on était poli.

–       Allez dites-nous quel cas de fraude vous rencontrez le plus souvent ?

Ils voulaient être distraits comme un bouffon doit distraire son roi, leur position sociale étant définie par le cadre professionnel, un expert en assurance n’était rien par rapport à un expert financier ou un gros avocat pénaliste. Alors au moins on espérait que cela fusse distrayant. Monsieur Noir n’arrivait même pas à leur en vouloir. Comment en vouloir à de petites âmes étriquées d’être ce qu’elles sont, on ne reproche pas à un scorpion d’être mortel…

–       En général ou en particulier ?

–       Les deux.

–       Oh eh bien je dirais que la fraude la plus courante c’est la fraude automobile, les fausses déclarations d’accidents par exemple. Mais dans mon cas je dirais l’incendie volontaire.

–       Oh, et comme ça vous êtes capable de déterminer si oui ou non l’incendie était volontaire ou non ? Comment faites-vous ? lança son interlocuteur en se rejetant en arrière.

Le frère cadet de Jérôme. Un arrogant jeune homme dont le sentiment illusoire de supériorité était dû à un poste de cadre dans une grosse compagnie européenne.

–       Eh bien ça serait long à expliquer, tout dépend de l’incendie en lui-même en fait, il y a plusieurs manières de mettre le feu à un endroit, dit-il en pensant à toutes les méthodes qu’il avait déjà lui-même utilisées ou mises au point.

–       Vous les connaissez toutes ?

–       Ce sont souvent les mêmes qui reviennent mais on en apprend tous les jours.

–       Mais alors, c’est vous le super pyromane en fait ! s’exclama le second frère du mari en déclenchant les rires de toute la table.

Monsieur Noir rit lui aussi, même s’il savait que c’était en réalité une manière de se moquer de lui et de son « petit » métier.

–       Vous savez quoi ? Un jour c’est ce que je me suis dit, avec ce que je sais, si j’avais voulu, j’aurais pu faire fortune en escroquant les assurances. Mais je me suis rappelé que pratiquement tout le monde se fait prendre.

–       Pratiquement, vous l’avez dit, ça signifie que certains réussissent… c’est comme au loto finalement 100% des gagnants ont tenté leur chance, Ah, ah, ah, ah !

Les autres rirent avec lui.

–       Et 100 % des perdants également… Bien sûr je ne suis pas parfait, mais globalement vous savez l’assureur gagne toujours.

–       Ah ! Ah ! Je n’en doute pas, comme au casino quoi.

–       Exactement comme au casino.

Il se rendait parfaitement compte qu’il était le jouet d’une petite farce, ce garçon se fichait un peu de lui, mais qu’importe encore une fois, après tout à ses yeux il ne s’agissait que d’enfants.

 

Il réajusta sa perruque, ajouta une once de fard à paupières, se regarda satisfait, il une autre… Elle le regarda prendre son sac et son manteau, déjà dans la peau de son personnage, comme si ses gestes s’étaient féminisés, c’était fascinant et effrayant en même temps.

–       A plus tard.

–       Reviens vite.

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