Kilomètre zéro- Sauvetage

Saut en haute altitude, casque, masque, silence. Les corps qui se contrôlent et dansent avec les couches d’air, les parachutes qui se déploient comme des drapeaux à l’unisson. Silence. Ils sont quatre, même la nature ne les a pas remarqués, atterrissent comme des fleurs sur un bouquet de roseaux. Des ombres. Ils se débarrassent de leurs casques, masques, et enfilent leurs chapeaux de brousse. Ils se déplacent en harmonie avec leur biotope, en rythme et en quinconce. Rien ne les distingue du reste du monde, invisibles.

–          Raven to Crow over… Raven to Crow over…

Une heure de marche avant le lever du soleil, un kilomètre de jungle jusqu’à l’objectif, 40 kilos de munitions et d’armes.

–          Crow to Raven copy.

Là-haut dans le ciel on entendait le vrombissement électronique d’un drone. Donnée transmise en direct sur le pad du sniper, cible en mouvement distinguée dans un carré de pixels blancs.

Equipe A, équipe B, infiltration, extraction. Objectif, libération d’un otage. Ils n’étaient que quatre mais ils étaient légions, organisés, mandatés, payés par le gouvernement des Etats Unis. Joint Special Operation Command. Worlwide mon ami ! Comme disait le chef d’équipe Hawk, un américain sous contrat Dyn Corp depuis 10 ans.

–          Comment est le temps ?

–          Le temps est clair, plusieurs mouvements détectés dans la région depuis 0600, nos bateaux serons sur site dans 0300.

–          Bien reçu.

Hawk se lève et se tourne vers l’homme de tête, le sniper.

–          Alors ?

–          Quatre cibles droit devant

–          On les dégage.

Un kilomètre de jungle d’abord. L’otage était une mexicaine de trente deux ans travaillant pour la CIA et enlevée par les narcos vingt-quatre heures et trente-quatre minutes auparavant. Le JOSC regroupant toutes sortes d’unités d’élite pour ce genre d’opération, une équipe de chez Dyn Corp avait été désignée deux heures après son enlèvement, et briefée dans la soirée. Des mercenaires payés par le Pentagone.

–          L’agent Sanchez travaillait sur le cas de Felipe Rothstein, citoyen vénézuélien et chef du Cartel del Norte. Rothstein fait passer une partie de sa came par le Mali et la Guinée, ce qui en fait un possible associé d’Al Qaïda dans la région du Sahara.

Donc un ennemi désigné de l’Amérique et de la CIA, mais c’était un peu la même chose.

La jungle est bleue et mouillée. Les treillis pèsent, la peau est humide de transpiration. Ils connaissent, ils sont les meilleurs, des forêts Afghanes au désert irakien en passant par le Mexique, les favélas de Sao Paulo, ou la Thaïlande, le JOSC est partout, et s’il n’y est pas eux y ont été un jour. Hawk l’ex para, Brandon, SAS, Smithers, le sniper ex SEAL, et Murakami l’ancien du Bope. Le camp est à environ 400 mètres derrière un bras de fleuve. Un garde couvre un ponton, visage tatoué, HKMP5, pur jus trafiquante. Un peu plus loin, à dix heures ils aperçoivent l’entrée et un autre garde, le visage jaune, barbu, un AK47 en bandoulière. Quelque part derrière, dans une des cabanes on pouvait entendre une femme gémir de douleur.

 

La première fois qu’il l’avait violée elle avait essayé de lui parler, lui avait soutiré son prénom, engagé une espèce de dialogue en espérant qu’il n’introduirait pas cette bouteille dans son anus, ni qu’il ferait venir les gardes pour la violer à leur tour. Peine perdue. Puis il l’avait encore battue avant de l’électrocuter sur un lit sans matelas. Ça avait été le pire. Pire que la bouteille et de l’entendre se casser, pire que le sperme et le sang dans la bouche, pire même que le tournevis dont il s’était servi pour lui gratter les tibias. Elle avait vomi, pleuré, vomi encore sans plus rien pouvoir arracher à ses entrailles, le courant lui traversant le corps comme un immense clou incandescent, jusqu’à ce qu’elle sente l’odeur de ses cheveux brûlés, tout son corps cabré et tétanisé par le jus. Maintenant elle est assise, pantelante, elle supplie, les mains verrouillées sur une table, il actionne une perceuse, s’approche de ses doigts. Il s’appelle Jon, c’est tout ce qu’elle sait de lui et il aime son travail.

Le hurlement déchire la jungle, les spécialistes se regardent, il est temps de conclure.

–          Raven à Crow nous entrons en action

–          Vous entrez en action bien reçu.

Brandon et Murakami passent devant et se glissent dans l’eau comme des crocodiles à l’affut. Le premier garde ne sent même pas la balle lui exploser le crâne. Son corps part à la renverse comme un arbre, tombant en souplesse sur les mains que lui tend l’ex du Bope et qui l’accompagne sous la surface. Le fusil du sniper se cabre à nouveau, second garde. Une balle dans la poitrine, le cœur qui éclate. Brandon avance sur indication, on déblaye le chemin devant eux. Un garde grimpe dans un mirador, il a vingt ans à tout casser, il ne sortira plus du mirador, il s’effondre, sa gourde tombe.

–          Attends chef, en voilà un autre, indique Hawk alors que l’autre est déjà dans la visée du sniper.

Le temps d’un soupir. Brandon et le brésilien au nom japonais coupent le grillage qui marquent le camp. Ils ne sont pas seuls. Le drone au-dessus de leur tête leur indique tous les mouvements ennemis sur un rayon de 25 kilomètres. Sans compter la couverture assurée par le sniper et Hawk. Ils se faufilent vers les baraquements, pénètrent à l’intérieur. Ça sent le bois humide et la transpiration, le sang et la peur. Soudain une rafale de gros calibre éclate. Les balles traversent les murs de placo, les deux spécialistes ont de la chance, ils tombent accroupis et répliquent dans la direction des tirs. Deux types surgissent de l’arrière du baraquement et sont fauchés par le sniper. Un autre arrive en approche, sa tête éclate sous l’impulsion d’une balle de 7,62 mm Otan. A l’intérieur c’est la confusion. Le tireur invisible hurle des insultes tout en rafalant les murs à l’aveugle. Murakami finit par le repérer et lui glisser une rafale en entrant dans la pièce où il se cache.

–          All clear ! aboie-t-il tout en continuant à progresser. Ils pénètrent dans la pièce principale, Jon se jette sur Brandon avec sa perceuse allumée, la mèche manque de lui rentrer dans la tempe. Brandon repousse son adversaire, le coince avec son bras, et de l’autre main sort le 9 mm qu’il a la ceinture. BLAM !

–          Clear ! All clear ! Objective secure !

La victime est couchée sur son lit électrique, les mains et les pieds troués, le visage tuméfié, l’entrejambe en sang. Brandon est écœuré, il se penche sur elle et lui pose quelques questions, des questions personnelles et faciles. Le nom de jeune fille de sa mère, son lieu de naissance, elle répond. Malgré tout ce qu’on lui a fait subir elle répond, elle est consciente et comprend plus ou moins qui sont ces types au visage barbouillé de vert et de noir.

–          Chef, faut se bouger, deux véhicules en approche rapide, sortez par la porte arrière et prenez le véhicule sur votre droite.

Une heure plus tôt, 20 kilomètres en amont du fleuve, deux bateaux à fond plat ont été débarqués avec une équipe au complet de mercenaires du JOSC. Uniquement des contrats Dyn Corp et Academi, du jetable si nécessaire. Les bateaux et leur équipage sont déposés au milieu du fleuve avec tous leurs hommes, les mitrailleuses lourdes et les Gatling mis en position de combat, on balance un nouveau drone. C’est un modèle léger en cellulose, il suffit de le lancer comme on lancerait un avion en papier, on le dirige avec un pad. Il s’envole en vrombissant comme un coléoptère contrarié et commence à transmettre. Deux véhicules en approche, plus trois autres à l’opposé. Brandon soulève la victime entre ses épaules et ils sortent au petit trot. C’est le brésilien qui conduit. Sitôt qu’ils ont démarré, Hawk et le sniper lèvent le camp et prennent en courant la direction du premier point d’extraction prévu.  Tout ça a été vu auparavant à la base à l’aide des cartes mais surtout des données transmises par le premier drone. La machine de guerre est huilée à l’huile fine. Leur souffle aussi est fin, ils courent avec science, ils maitrisent leurs muscles, leur cœur, chaque goulée d’air qu’ils aspirent, pendant qu’ailleurs c’est déjà l’enfer, ce footing les rends plus aiguisés encore. Ailleurs, ils ont grimpé à bord d’un pick-up, la victime avec le brésilien, à l’avant, Brandon sur le plateau qui les couvre. Deux poursuivants, le claquement caractéristique des AK47, la route cabossée, le hurlement des moteurs à travers la jungle, le M4 de Brandon qui crépite, la poussière mêlée d’humidité, 35%, la chaleur, le stress, la peur, et soudain la mort qui surgit. Il a pris comme point de référence le milieu du pare-brise et a laissé faire le recul. Quatre projectiles au total et un seul en pleine tête. L’homme à côté du chauffeur s’affaisse, l’AK tombe à ses pieds, le chauffeur prend peur, il donne un coup de volant, sort de la route et remonte tant bien que mal alors que le second véhicule le dépasse. Impossible de s’arrêter, Murakami en informe Hawk, point d’extraction primaire dépassé, direction le point deux. La course à travers la jungle continue, ils bifurquent vers la route qu’on aperçoit faisant un virage enroulé derrière les arbres, le pick-up les a dépassés en trombe, toujours poursuivi par les claquements d’un autre AK. Dans leur oreillette l’équipe B leur annonce de nouvelles troupes, signalées par le drone N°2. C’est presque leur quotidien, en tout cas c’est leur métier, alors ils courent en espérant que le second point sera le bon. Mais si ce n’est pas le cas, ils courront encore. Ils coupent à travers la forêt, ils ont mémorisé leurs parcours, et au pire, par radio et grâce aux robots du ciel on leur indiquera s’ils se trompent. Mais ils ne sont pas de ceux qui font ce genre d’erreur. Ils maintiennent la peur à distance, elle les talonne, ils sont formés à la laisser les aiguiller sans les envahir. Quelque soit leur formation, d’où qu’ils viennent, ils ont été fabriqués dans les meilleures écoles de l’élite militaire, à eux seuls ils valent plusieurs millions de dollars d’investissement, jetables mais coûteux. Dans le pick-up l’otage est à peine consciente de ce qui se passe. Elle sent le chaos sous ses fesses et dans son dos, espère qu’ils vont s’en sortir mais n’y croit guère. Tout son corps hurle de douleur, elle est partagée entre l’envie de se laisser mourir et celle de s’accrocher. Elle se sent souillée et vide. Elle préférait qu’on l’achève.

Point d’extraction N°2 en vue, Hawk et le sniper ont remonté vers la route, un 4×4 foncent derrière le pick-up, Hawk sort un tube lance-roquette LAW de son paquetage, l’épaule, et tire. La roquette traverse l’air dans un souffle, crachant une trainée blanche derrière elle, elle percute de plein fouet le 4×4 qui s’envole sous l’impact et retombe en flamme, pulvérisé. Le pick-up freine en catastrophe, ils sautent à bord et reprennent la route. Cinq minutes plus tard un nouveau convoi surgit d’un chemin de terre et continue la poursuite. Seulement cette fois ce n’est plus un AK, c’est trois, plus un M16, un HKMP5 et un Bushmaster. C’est un pick-up, un 4×4 et une camionnette bourrés de types armés. Hawk tire par rafale de trois tout en beuglant dans le micro qu’il a glissé dans son col.

–          Raven à Crow, Raven à Crow.

–          Ici Crow à vous.

–          Point d’extraction secondaire abandonné, nous dirigeons vers point tertiaire, l’objectif est vivant mais ne peut se déplacer seul, sommes poursuivis par trois VE lourdement armés, attendez-vous à une extraction chaudasse.

–          Bien reçu Raven, seront sur point tertiaire dans 15 minutes.

Là-bas les bateaux à fond plat viraient déjà de bord traçant le sillon d’un arc argenté dans le fleuve plomb. La fusillade sur la route claquait dans toute la jungle, cette fois ils avaient également affaire à de meilleurs pilotes qui savaient zigzaguer sur une route de terre. Les tirs étaient plus hasardeux car les tireurs n’étaient pas très bons en revanche, mais faire mouche devenait plus compliqué pour les hommes du JOSC. Un phare explosé, le moteur défoncé, Brandon essayait d’immobiliser le 1er véhicule tandis que Hawk et Smyther répliquaient à l’ennemi. Ils n’écoutent plus le sifflement des balles, ni le bruit qu’elles font en s’écrasant sur le plateau du pick-up, en perforant le métal. Ils ne s’opposent pas à cette mort potentielle qui maille leur espace vital et peu en une fraction les arracher du jeu. Ou pire, les handicaper à vie. Ils sont des athlètes de la guerre, ils sont chez eux ici, sur cet engin. Calmes comme s’ils nageaient ou embrassaient leurs enfants. Chaque opération est unique, parfois ça se passe bien, parfois il y a de la casse, c’est leur boulot, ils en sont fiers, et en plus ils sont magnifiquement payés pour ça. Mieux que dans toutes les armées où ils ont opéré. Mais ce n’est pas la motivation première de ces hommes. On ne prend pas autant de risque, on ne rassemble pas autant d’abnégation ni de courage pour l’argent seulement. On le prend pour une cause, une cause qu’ils pensaient juste. Le monde était ordre et chaos, il fallait vivre avec, ils avaient choisi de se plonger dans le chaos pour l’empêcher de détruire leurs familles, leurs amis et en tout ce qu’ils croyaient. Ils étaient le dernier rempart contre la sauvagerie des hommes, ceux qui se rendaient où personne n’allait pour sauver des vies, défendre une certaine idée du monde. Le JOSC et Dyn Corp n’étaient ici qu’intermédiaires dans la poursuite de cette cause qui les occupait parfois depuis l’enfance. Hawk était d’une famille de militaires, son grand-père avait reçu la Silver Star à titre posthume pour s’être sacrifié afin de sauver son peloton, et son père avait fait deux tours au Vietnam avant d’y perdre un bras. Murakami avait grandi dans une favéla avant de rejoindre le Bope, cette cause était marquée dans sa chair. Il avait vu la barbarie s’emparer de sa sœur, son frère, son père avait été tué par un petit dealer. Il avait transformé sa rage en une forme épurée et supérieure de conscience du monde, en avait accepté le chaos comme l’ordre. Smythe était lui aussi d’une famille de militaires. Brandon aurait pu faire de hautes études, avec son QI exceptionnel mais l’école des commandos lui avait semblé un aboutissement plus ambitieux. C’était sans doute pour ça qu’ils avaient tous réussi leur formation, leur conviction intime du sacrifice nécessaire qu’il fallait faire pour défendre ce qu’on estimait juste, beau, vrai comme un bon poème.

Un homme meurt derrière, il tombe à la renverse et passe sous les roues du 4×4, les armes chantent. Point d’extraction N°3.

–          WATER ! WATER !

Murakami plonge directement dans le fleuve, Brandon sort le colis par le pare-brise, l’équipe B est là, les Gatling en marche et leur bruit terrifiant de tronçonneuse. Un feu de l’enfer, un torrent d’acer brûlant qui transforme tout, le 4×4 est pulvérisé, le pick-up derrière lui éclate, les hommes sautent de la camionnette terrorisés. Les Gatlings sont soutenus par des mitrailleuses lourdes de calibre 20 mm qui arrosent à hauteur d’homme, les traçantes flamboient, personne ne peut se lever ou il mourra. Murakami et les autres montent à bord, les navires démarrent sans cesser le tir, et puis c’est le décollage à 65 nœuds à l’heure. L’hélicoptère les récupère 4 kilomètres en amont. Trois agents de la CIA les attendent de la récupérer, on la conduit immédiatement à l’hôpital.

 

Elle a mal et encore peur, mais elle est heureuse par intermittence, elle est libre, ici les gens sont doux, on lui pose des questions gentiment, on la soigne sans la heurter, sous l’œil vigilant de deux agents. Elle a l’impression de les connaître, ils la regardent à travers la vitre de sa chambre. Ils portent ces costumes sombres qu’affectionnent les directeurs de la Compagnie. Puis soudain ça lui revient, comme si leurs traits redevenaient nets. Celui de droite est son chef direct, celui de gauche le directeur des opérations spéciales, qu’elle n’a rencontré personnellement qu’une fois. Son chef lui fait un petit signe de la main, elle essaye de sourire et agite faiblement les doigts. La morphine a beau faire elle a encore mal partout et surtout à l’intérieur d’elle-même. Un mal contre lequel la médecine ne peut rien. Quelque part dans sa tête flotte comme une envie de mourir.

–          On pourra la débriefer quand ?

–          On ne la débriefera pas, je ne vais pas prendre ce risque.

–          Vous avez peur qu’elle ait craqué ?

–          C’est bien pour ça que nous sommes allés la chercher non ? Elle sait trop de choses sur nous et nos opérations de 2001. Si elle a parlé elle parlera pendant le débriefe.

–          Vous proposez quoi ?

–          On va appliquer l’article 1180.

–          Un agent double ? pas bête…

Le lendemain un homme et une femme entrent dans la chambre et lui expliquent qu’on va la ramener chez elle. Pour son bien et pour le voyage on propose de la sédater, elle accepte, d’ailleurs elle n’a plus qu’une seule envie, dormir.

 

Il fait noir, trou noir. Les yeux ouverts mais pas la moindre lumière. Contact froid du béton sous ses fesses, sous ses mains, elle frissonne. Elle sent aussi le tissu sur elle. Elle porte un genre de combinaison. Elle ne comprend pas, elle n’est pas chez elle, alors où est-elle ? Ils vont la débriefer ici ? Pourquoi cette mise en scène. Soudain la lumière s’allume, une douche de lumière, 1000 volt stridents d’un blanc acide qui se déversent sur sa tête avant que la musique n’entre en jeux. Rammstein, à fond, comme si elle y était.

–          INSANITY IS ONLY A NARROW BRIDGE THE BANKS ARE REASON AND DESIRE I’M AFTER YOU THE SUNLIGHT CONFUSE THE MIND…

Bienvenue à Guantanamo.

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