Kilomètre zéro- Bon Voyage ! 2.

Les drones mettraient deux ou trois mois à atteindre leur destination. Ça lui laisserait le temps pour régler une petite affaire à NewRose. La ville-planète. Il ordonna une nouvelle destination avant d’aller dormir.

Se charger de cette manière d’une quantité effroyable d’informations avait les conséquences habituelles. Elles redéfilaient lentement dans sa tête sous forme de pages écrites et l’empêchaient de plonger dans le sommeil tant qu’il ne trouvait pas un moyen de faire dériver son esprit. En général il se concentrait sur les souvenirs de chez lui, de sa vie ailleurs, son monde caché. Un monde paisible, sans extraterrestre à éliminer, sans gadget ni danger. Cet endroit qu’il avait hâte de retrouver.

 

Flint était connu donc. Peut-être trop justement pour une profession si particulière. Une sorte de légende, de mauvais génie que les grands criminels intergalactiques redoutaient et sur la tête de qui il y avait de nombreux contrats. A ce jour c’était la Confrérie des Sept qui avait proposé la plus grosse somme, trois cent millions de livres or contre sa tête. Pendant plusieurs années il avait vécu sur une planète isolée du 1er système, au sud d’une colonie terrienne de pêcheurs d’extraordinaires, un poisson géant local. Et puis la découverte d’un gisement de tablium avait mis la planète sur le passage d’une route commerciale et il avait dû s’exiler ailleurs. Il avait vécu à droite et à gauche, mais chaque fois son identité avait été compromise, ou bien évènement l’obligeait à partir. Il avait déjà échappé à une dizaine de tentatives d’assassinat. La solution à ses problèmes était venue par accident, un jour d’exil dans les confins du troisième système, la dernière galaxie découverte par l’homme, et à ce jour quasi inexplorée.

Bizarrerie de la nature, si la première galaxie, la leur, était à peu près vide de vie, et où l’intelligence humaine était unique en son genre, la seconde découverte par l’homme, après quelques milliers d’années, avait surgit avec une pléthore d’espèces et de civilisations ayant pour seuls traits communs avec l’humanité qu’elles se pensaient presque toutes seules dans l’univers, et qu’aucune n’avait encore trouvé le moyen de se déplacer facilement et librement d’un bout à l’autre de leur propre galaxie. Il existait toutes sortes de systèmes de propulsion, chimique, atomique, antimatière, les simuriens étaient capables de calculer le point de sortie d’un trou noir, mais les moyens matériels pour laisser passer un appareil en toute sécurité était considérable. Les zelts avaient mis au point le moteur lumière qui faisait monter les engins au point maximum autorisés par la science d’Einstein, il existait d’autres théories, d’autres systèmes mais à ce jour aucune civilisation n’avait trouvé les moyens financiers ou techniques de les mettre en œuvre à grande échelle. A l’exception d’une seule, inconnue des autres.

 

Il les avait appelé les Croâsseurs. A cause de la tête qu’ils avaient et de la façon qu’ils avaient de s’exprimer. Le premier qu’il avait rencontré était un artisan bijoutier, du moins c’est ce qu’il crut la première fois. Artisan il l’était bien mais les bijoux étaient tout autre chose que des pierres précieuses. Leurs organes de vision leur permettait sans doute de voir le monde autrement pour s’intéresser autant à l’infiniment petit. Les croâsseurs ressemblaient à des marabouts hauts d’environ trois mètres en moyenne, avec des mains prédatrices à trois doigts comme des pinces, très impressionnant, pour ne pas dire inquiétant. Capable de prodige de miniaturisation et astrophysiciens exceptionnels et dont la civilisation n’avait pourtant pas évolué comme on aurait pu l’imaginer.

Les pierres étaient en réalité des trous de ver de Lorenz, fabriqués à partir du plus incroyable accélérateur à particules qu’il n’ait jamais vu, un engin à peine plus gros qu’une valise, alimenté à l’énergie nucléaire. Les trous de ver étaient stabilisés, traités par rayonnement puis chimiquement pour avoir la figure d’une pierre taillée. Lorenz avait établi la possibilité que les trous de ver aient deux entrées, permettant de voyager dans l’espace-temps à travers un genre de raccourci, de tunnel astrophysique. Jusqu’ici personne n’en avait trouvé à l’état naturel, les crôasseurs en fabriquaient mais ils n’avaient pas la moindre idée du pouvoir qu’ils avaient entre les mains. A vrai dire leur société était plus proche du mode médiéval qu’en rapport avec leur niveau de technologie, et les pierres leur servaient durant des rituels de fêtes à voyager à travers l’univers. En plus de tout le reste, ils avaient dessiné une carte très détaillée des destinations et des coordonnées temporelles de certaines d’entre elles. Coordonnées qui étaient intégrées durant la fabrication de la miniature. On avalait un de ces cailloux et adieu le monde tel qu’on le connaissait.

Depuis la vie de Flint avait totalement changé.

 

Elle s’appelait Léa, elle vivait dans le sud de la France en 1998, ils s’étaient rencontrés à Marseille, ils avaient aujourd’hui deux enfants et vivaient à Toulouse. Et dans cette autre vie, cet autre monde, Flint s’appelait Frédéric Lint, citoyen britannique vivant en France, homme d’affaire de son état.

 

Les pages de rapports disparaissaient peu à peu sous les rayons du soleil à travers les platanes, l’odeur de l’anis, le chant des accents.

 

Boum ! NewRose !

 

Deux astrojets noir et bleu, Police, traversaient le ciel à vive allure poursuivant un scoot volant sur lequel était juché un tas de tentacules furibondes et apparemment armées. De là où il se trouvait il voyait les crépitements d’une arme automatique. Au-dessus, à environ trois cent mètres passait un starferry blindé de touristes, sur les flancs duquel défilaient des pubs électriques et sonores. Plus bas, les entrelacs des buildings suspendus grouillaient d’appareils de toutes sortes, en restant là dix minutes à observer, sans trop se fouler on pouvait assister à au moins deux collisions par heure. L’hôtel Astoria était situé à l’aplomb du Victoria Pit, un des pires carrefours de la ville. Flint sortait du lit mais il avait l’impression de ne pas avoir dormi. L’appareil ne l’avait pas déposé à NewRose même, il l’avait quitté pour la station spatiale Rog I, au large de Jupiter, à partir de laquelle il avait emprunté un vol commercial sous une fausse identité et un peu de camouflage au collagène. Le vaisseau avait mis un bon mois avant de parvenir à destination, il avait fait le voyage avec une race inconnue d’espèce d’ours parlant une langue inconnue et qui l’avait royalement ignoré durant tout le voyage. En raison de l’affluence on ne pouvait pas atterrir comme on voulait sur NewRose, il y avait des horaires, des autorisations de vol, des zones, et un décalage horaire de deux heures entre chaque. Flint avait atterri dans le quartier de Kilton, une zone assez pourrie pour que l’astroport soit équipé de tourelles de mitrailleuses. Il avait mis cinq heures pour parvenir jusqu’ici, 2000 kilomètres à l’ouest de Kilton. Le voyage avait été agité comme toujours, il avait adoré le lit king size de sa suite.

Mais quand même, il se sentait toujours fatigué. Il savait bien pourquoi. Son horloge biologique était déréglée par les voyages spatiaux, son sommeil également. Sur le Telstar il dormait toujours comme un bébé, ailleurs il était constamment aux aguets. Il avala une pilule bleue avec son eau de Seltz, dans dix minutes il n’y paraîtrait plus, l’esprit aiguisé comme d’habitude.

 

L’affaire qui l’amenait ici s’appelait Ricky Star, une vedette de quartier comme on disait ici. Chanteur de karaoké célèbre, champion interzone catégorie crooner, deux fois médaille d’or. Peut-être connu par un million d’habitants dans une ville qui en comptait deux milliards, mais un million c’est suffisant pour avoir son émission de vingt minutes sur une des huit milles chaînes câblées disponibles sur NewRose et sa périphérie. Et comme la ville-planète restait the place to be dans la galaxie, Ricky Star se prenait bien pour une star. Avec tout l’attirail qui va avec, les groupies, la came, les caprices, et les crises d’hystérie à son agent Silmniums Clinck, qui dans le domaine des promoteurs foireux et des organisateurs de concours de chanson dans les supermarchés était pour ainsi dire une pièce de collection. Ce dont il avait parfaitement conscience du reste, il en avait fait même un numéro très au point qu’il utilisait lors des soirées showbiz. Gras et adipeux, vêtu d’une combinaison orange vif, deux tonnes et demie qui parlait d’une voix nasillarde et haut perchée dans un grand numéro à la Oscar Wilde, bien qu’il n’avait jamais entendu parler de lui il limitait parfaitement dans ses aphorismes. Flint savait qu’il le trouvait à l’Astoria, il avait vu sur le câble qu’un gros producteur de spectacle y organiserait une fête Simniums Clinck n’était pas lobstien à rater une occasion de se faire voir. Mais pas de Star avec lui, une demi douzaine de lobstiennes gloussant des saillies de l’énorme dans sa combinaison feu fluo. Flint avait programmé le camouflage électronique pour prendre l’apparence d’un riche casoar. Espèce homidé à peau noire et à yeux lumineux, carnivore, prédateur, dangereux, souvent employé comme garde du corps, et se trouvant assis sur les plus grands gisements d’uranium des deux systèmes. Installé sur la partie habitable d’Alpha IV les casoars étaient connus comme les émirs l’étaient dans le passé, mais des émirs naturellement vindicatifs et qu’il ne valait mieux pas provoquer. Un casoar dans ce genre de soirée ne pouvait être qu’un riche producteur potentiel, ou un danger immédiat pour les paparazzis.

C’était surprenant de remarquer combien des sociétés aussi différentes que celle de la terre au XXème siècle, et celle de NewRose, quarante-quatre siècles plus tard pouvait se ressembler en dépit des différences de technologies, de races, de civilisations croisées. Comme si un même modèle d’intelligence existait dans la nature, s’était naturellement propagé, reproduisant partout les mêmes modèles de société.

–       Alors Sil, toujours dans les bons coups ?

–       Par Sgnew, un casoar connait ma triste figure, est-ce la fortune ou la mort qui me sourit ? lança le monstre avec son emphase habituelle.

–       Plomb ou argent hein Sil.

Son corps se mit légèrement à blobloter, ses yeux d’escargots clignèrent. Certaines espèces étaient capables de déceler un camouflage électronique en fixant le regard de leur interlocuteur. Quelque chose à voir avec le spectre lumineux à ce qu’il avait compris. Et lui-même y parvenait parfois. Ce n’était pas dans le spectre c’était dans l’intensité qu’on devinait derrière. Le regard disait toujours tout, même quand celui-ci se cachait sous un os et un trillons de pixels tridi. Plomb ou argent, la devise des 27 Pétales, un gang mafieux né ici même et qui depuis avait prospéré dans toute la galaxie. Très accessoirement, une devise qu’on entendait dans les gangs colombiens et mexicains, sur terre, quarante-quatre siècles plutôt.

–       Flint ?

–       Où est ta vedette Sil ? Arbogast ne s’intéresse pas au crooner de karaoké ?

–       Tu es fou de venir ici Flint, tu sais ça ?

Les lobstiennes, des minettes dans l’acceptation de ce que « minette » peut bien vouloir dire quand on ressemble en gros à une pomme de terre germée, le regardaient avec un mélange de peur et d’intérêt typique et universelle des jeunes femelles pour les grands mâles sauvages. Flint saisit l’imprésario par une de ses extrémités et l’obligea à le suivre à l’écart. Sil poussa un petit couinement, Flint savait où appuyer pour obliger ses deux tonnes de viande à se déplacer.

–       Il y a plus cinglé, essayer de me vendre à la Confrérie….

–       Je n’y suis pour rien !

–       Je n’ai jamais dit le contraire Sil, où est ton protégé ?

–       Mon protégé ne l’est plus !

–       Allons tu n’es plus l’agent de Ricky ?

–       Il m’a viré.

–       Non !?

–       Si, il est en plein trip, MD.

–       Oh putain… ça fait combien de temps ?

–       Deux semaines. Et il a rien trouvé de mieux que de s’endetter auprès de Jun Mah….450.000 livres, Casino Wa-Wa et tout l’orchestre de nuit… tu vois ?

Flint voyait très bien. Methacaïne Diétéminée ou MD, dit également Boum-Boum Pills, Rouge, Smarties ou bien, pour ceux qui préféraient la fumer, KillHead… la came à la mode dans les hautes sphères. Très festive à ce qu’on disait, affreusement addictive et dont la particularité était généralement de vous rendre totalement mégalo.  Casino Wa-Wa était un bouge du passé de NewRose, fermé il y a une trentaine d’années, centre nerveux de la criminalité de la ville, passé depuis à la postérité dans une expression qui signifiait en gros mauvaise vie, fête à gogo et grosses emmerdes. Quand à Jun Mah, ce n’était rien de moins que le numéro trois dans la hiérarchie des 27 Pétales. Autant dire que Star était mort s’il ne remboursait pas.

Ce n’était pas son problème, il fallait qu’il le trouve avant eux.

–       Et t’as vraiment pas la moindre idée où je peux le trouver ?

–       Je suis au regret très cher, pas la moindre.

–       Sil, ne m’oblige pas à être méchant…

Flint le retenait toujours par un de ses appendices, il était parfaitement certain que l’imprésario savait où se trouvait son poulain. Même si ce type n’avait encore pu lui rapporter qu’une demie livre il ne l’aurait pas lâché. Star appartenait aux deux trois vedettes de son écurie et c’était sans doute celui qui vendait encore le plus.

–       Oh je m’en voudrais de te laisser me faire du mal Flint…

Un nuage d’êtres minuscules apparut de sous les plis de graisse du monstre. Flint fut surpris mais finalement pas tant que ça.

–       Nanodrones de défense ? Avec quoi tu t’es payé ça Sil ? T’as vendu ton poulain ?

–       J’ai de bonnes relations Flint, veux-tu bien me lâcher maintenant ? Il serait regrettable que mes minuscules amis te découpent en petits morceaux ne crois-tu pas ?

–       Très, grommela Flint en activant sa commande télépathique.

Le boîtier fixé à sa ceinture émit un son inaudible, les nanodrones se volatilisèrent dans un nuage de poussière. Un défaut de conception qu’il avait découvert par hasard lors d’une mission. A partir d’une certaine fréquence les coques en carbonite des engins se fendillaient comme des coquilles d’œuf. Sil poussa un nouveau couinement.

–       Toujours rien à me dire ?

 

Rick Star, toujours en pleine montée de MD, et au sommet complet de sa crise aigue  de mégalomanie, s’était payé une suite dans un des palaces les plus chers de la planète, avec l’argent de Jun Mah, le Mont Palladium. Il y avait fait venir un groupe de junkélectro comme il y en avait des centaines à ZeHood, une des zones « showbiz » de la ville, et des putes de luxe refaites de A à Z selon les canons de beauté en cours, lèvres énormes, seins énormes et jambes infiniment longues. Star était métis, la démonstration vivante que les chiens pouvaient faire des chats pour peu que la nature veuille bien s’y soumettre. Mi humain mi rénian, qui eux-mêmes cousinaient entre le bipède et le lézard ordinaire. Ça lui faisait un regard de serpent authentique et des mains palmées. Un serpent totalement allumé au milieu de ce qui s’apparentait pour Flint à des aberrations. Ces filles n’avaient plus rien d’humaines, elles lui évoquaient des excroissances fantasmatiques des actrices porno du XXème siècle. Comme si le chirurgien avait voulu les transformer en personnages de bande dessinée X. C’était atroce.

Personne ne l’avait vu rentrer, pas même les deux mongos dans le hall. Des paquets de muscles totalement abrutis, passablement violents et que les rénians utilisaient généralement comme gladiateurs dans des genres de jeux du cirque très populaires jusque sur NewRose. Il croyait vraiment que ces deux couillons le protégeraient des 27 Pétales ? Sans doute pas s’il avait été dans son état normal. D’ailleurs la suite était remplie d’armes exotiques, assez pour tenir un siège. Comme si Jun Mah était un adepte de l’attaque frontale. Il avait travaillé pour le parrain, il connaissait ses méthodes et elle n’avait rien de direct. Star était en train de se chauffer la voix quand il pénétra à l’intérieur de la suite, une fille bizarroïde à genoux devant lui qui faisait tellement de bruit avec sa bouche (« ça excite le client chéri ») qu’elle en couvrait presque le son des vocalises. Soudain les deux mongos s’effondrèrent, inconscient. Ça ne perturba aucunement la vedette qui ne le remarqua même pas. Par contre les filles poussèrent simultanément un cri en les voyant tomber. Flint apparut.

 

Il ne voulait pas tuer Star. Ça ne servait à rien et c’était anti professionnel que d’éliminer quelqu’un gratuitement. Il voulait seulement qu’il lui dise comment il avait fait pour savoir où envoyer les tueurs de la Confrérie. Un type en pleine crise de mégalomanie aigue que Hitler devant Moscou c’est une blague à côté, il n’y avait pas cinquante moyens de le calmer. Suspendu dans le vide, tête à l’envers, 1854 mètres d’à pic sous lui, avec une densité d’environ 300 véhicules divers et volants par secondes. Avant de dessaouler, Star en avait chié et pissé sur lui, après quoi il avait hurlé si fort tout ce qu’il savait que sa carrière allait être au chômage pendant trois bons mois.

 

Il avait connu Rick par son imprésario. Un type du nom de Vlix, enfin un machin avec des pinces de deux mètres de haut, spécialiste du corps à corps, voulait le tuer parce qu‘il lui avait piqué sa petite amie. Cinq cent mille livres. Ce qu’il ignorait c’est que ce crétin voulait assister au meurtre, et il s’était arrangé pour lui coller un Fouineur au train. Un genre de mini paparazzi électronique qui vous collait sans que vous le sachiez. Pour ce coup là il avait utilisé un basique fusil semi automatique, longue portée, conçu spécialement pour sa main et son usage. En voyant le film du Fouineur Rick était tombé amoureux de l’arme. Il avait cherché partout le mec qui avait conçu cette arme et il avait fini par trouver son fournisseur. Et comme l’intéressé était du genre dur à cuir, il avait branché un type de la Confrérie qu’il fréquentait. Sans savoir, avait-il juré que ladite Confrérie le recherchait. Peu importe, le mal avait été fait, et la Confrérie avait déjà perdu douze de leurs tueurs et lui armurier de valeur.

 

Flint retourna sur le vaisseau en empruntant un nouveau vol commercial, deux sondes Rapaces avaient déjà envoyé leur rapport, pas de trace de l’immortel. Il fallut d’ailleurs un bon mois avant qu’un engin ne le repère. Un mois qui lui permit d’étudier son sujet sur toutes les coutures et d’en connaître les principaux points faibles. Restait plus qu’à fabriquer l’arme.

Le péché de Gn’anabi c’était la nourriture. On pourrait penser qu’un système semi gazeux mangeait des choses bizarres à base de minéral radioactif et d’autres gaz industriels du même genre, l’idée était séduisante même, mais à vrai dire les immortels étaient omnivores, et peu importe ce qu’était leur nature réelle, leur part animal, ou son relief, se retrouvait dans l’assiette. Gn’anabi avait un faible pour la cuisine wolsienne qui est essentiellement une cuisine à base de poissons et de crustacés locaux, immangeables du point de vue humain. Une cuisine également très riche en graisse et en épices, mais ce n’était pas le genre de question qui préoccupait un corps semi gazeux. Mais la région de Wols se trouvait sur une planète du Centaure, Miranda, qui se trouvait également être la région d’origine ou avait prospéré une partie de son clan avant qu’une révolution ne les en chasse.  Qu’un des drones l’ait trouvé là ne le surprenait pas plus que ça. Son restaurant préféré, celui où il se rendait tous les jours était wolsien.

Leur cuisine était immangeable pour un être humain, notamment parce que certaines épices et certains crustacés étaient des poisons violents pour l’organisme humain. Mais en dehors de ça parce que les goûts et les odeurs de cette cuisine étaient épouvantables pour les sens humains, et à dire vrai pas mal d’autres races de par l’univers. Apprécier la cuisine wolsienne relevait du défi, rien que de regarder un plat on se demandait si c’était vivant ou bien dégueulé par on ne savait quel monstre aquatique. S’en était presque devenu une plaisanterie sur la cuisine en général. Mais du point de vue des compositions chimiques, elle attirait l’œil.

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