J’aime les nègres

Quand j’étais petit j’avais un peu de mal avec leur odeur. Oui, comme les roux, les nègres sentent. Un mélange unique à base de bois humide, de chocolat, de mangue, de café, le tout écrasé dans un brouet d’homme. Et petit ce parfum me retroussait les narines. Sauf James. James il ne sentait rien, c’est-à-dire le blanc, quand il se lave. Mais James était fils d’ambassadeur, il avait la classe, le regard un peu haut, il habitait Neuilly dans son coin le plus chic, le Neuilly de Neuilly, et à l’English School of Paris il était le seul de son espèce. Et mon seul copain aussi. C’est dire si j’aime les nègres depuis longtemps. Les autres c’étaient des cons, des cons blancs, et même pas un seul hindou dans le lot. Et franchement je ne sais pas qui de la poule et l’œuf… si j’étais copain avec James parce qu’il était nègre ou est-ce qu’on est devenu pote et qu’en plus il était nègre. Un peu des deux sans doute. Quand j’étais petit ma mère me disait que c’était mal d’être raciste, ils tuaient les nègres. Et je me souviens qu’une fois j’ai menacé de casser la gueule à un gars parce qu’il avait traité James de sale nègre. Un jour héroïque pour moi, même si je ne savais pas trop pourquoi.  Aujourd’hui les nègres n’ont plus d’odeur, je ne sais pas pourquoi non plus. C’est peut-être à cause des années 80, j’y reviendrais, ou je n’y fait plus attention. Mais j’aime toujours, si non plus, les nègres.

J’aime les nègres parce qu’ils ont des corps pas possible. Pas tous, mais la plupart. Des corps que moi si j’en voulais un pareil il faudrait que je fasse dix ans de body building et suive un régime strict. Alors que les blancs, eux, leur corps est toujours un peu mou ou pointu, ou osseux, flasque, et quand ils font du sport, eh bien même là ils sentent l’effort, la sueur. Quand je regarde mes fesses par exemple c’est un modèle, une synthèse de cul blanc. Plat, dur, sans âme, qui ne raconte rien sinon que je chie et suis souvent assis, même debout, un cul de siège. Et que dire du corps des négresses ! Quand ma sexualité ressemblait encore à un dîner chez Flunch, l’inventaire des jouets Mattei ou une émission de M6 sur les arnaques de l’été. Avant que ma libido ait l’air d’autre chose que les contours flous et incertains du petit blanc formaté aux déesses hollywoodiennes les négresses ne m’intéressaient quasiment pas. Je ne distinguais pas leurs traits dans tout ce nègre et leurs corps pulpaient trop pour éveiller le sang tiède qui coulait dans ma queue. Et puis j’ai eu ma révélation au pays des fleurs, en Martinique. J’étais célibataire en plus, mal marié à un cul froid et les vues de toutes ces courbes, ces rebonds, ces culs sculptés, ces nibards gonflés au désir. Tous ces camaïeux, caramels, chocolats en dessert torride comme un flux continu d’hormone m’ont totalement retourné comme il retourna le béké en son temps devant sa petite esclave. Après, et toujours aujourd’hui j’étais branché viande noire. Je distinguais à travers le nègre les traits, les boops et les bums, les bouches comme des fleurs tropicales, les yeux de princesse à la braise qui d’un regard ou d’un tchip peuvent tétaniser n’importe quel mâle, quelque soit sa couleur, même membre du Front National. Avant aussi remarque, elles m’intéressaient un peu, surtout quand elles avaient ce côté rassurant du blanc dedans, la métisse. Mais je me disais que ce n’était pas pour moi, que la négresse il lui en fallait. Et quand je voyais un blanc au bras d’une négresse, j’étais jaloux. Je ne me disais pas comme les autres négresses qu’il avait de l’argent, ni comme un blanc qu’il était monté comme un cheval, je n’ai jamais gobé cette couleuvre là, mais qu’il avait sûrement cette animalité, cette über masculinité dont je me sentais dépourvu. Un jour pourtant j’ai couché avec une négresse, et j’ai été très déçu de me rendre compte qu’elle baisait encore plus mal que moi. Ça devait être une Bounty, noir dehors, blanc dedans.

Il y a un autre truc qui me plaît, et me tue, chez les nègres, un rien les fringues. Ils peuvent s’habiller en perroquet, ils auront l’air du plus beau, du plus cool perroquet de la forêt, alors que si j’essaye de faire la même chose, j’aurais juste l’air d’un clown. Tiens, regardez les maliennes quand elles s’endimanchent, elles ont beau peser un quintal, ne correspondre à aucun critère de beauté standard, on dirait des reines faisant grâce de leur présence au milieu de la populace. De la soie, de l’or, du doré, du vert, du batik, du rose, la reine de Sabbat est venue avec sa cours et les rois mages ont délégué leurs femmes. Même en éboueur un nègre a la classe. Un petit bonnet en laine pourrie posé de travers sur sa tête de trimard noix de coco  et il est cool, naturellement cool comme un Shaft. D’ailleurs quoi de plus cool qu’un Shaft , avec ou sans musique ? C’est peut-être à cause de leur sourire. T’as déjà vu le sourire d’un nègre ? Même un nègre du fin fond du plus niqué des pays du continent nègre à qui il reste trois chicots sous alimentés. On dirait une pub de dentifrice. On aura beau faire, beau inventer des procédés inoxydables pour se fabriquer des dents sublimes d’animateur télé, rien jamais n’égalera le sourire d’un nègre. Même les animateurs télé d’ailleurs ni parviennent et pourtant ils ont Photoshop. Le nègre lui il est né avec Photoshop sur les dents. A vous écœurer de l’orthodentisterie.  Ou alors c’est leur façon de se déplacer. C’est en regardant un blanc que tu vois la différence. Un blanc quand il marche, il va au travail. Ou qu’il aille il va au travail, et quand il est en vacances sa démarche de travailleur s’accompagne d’un œil de veau. Alors que le nègre jamais, même quand il ramasse les poubelles ou le coton, il va. Tu sais pas où et même lui peut-être il sait pas mais il va, et il balance. Tu as déjà observé une négresse dans la rue ? La rue, la ville, le pays, le monde tout entier lui appartient. Et si tu as le malheur d’en douter d’un regard elle te terrasse, t’es qu’une merde, un ramasse-miette, à peine bon pour lui lécher les semelles. Être nègre c’est un rythme.

Le rythme dans la peau justement. J’aime bien danser, une fois que j’ai réussi à me donner un peu de courage, que j’oublie où je suis, je peux danser comme un fou, je me prends pour un nègre. Mais s’il y en a dans le coin, terminé, rideau, j’ai le trac. Par exemple avec mon amoureuse, qui est à moitié nègre, je n’ose jamais. Une fois on a essayé de danser ensemble, une valse. C’est simple une valse, un, deux, trois, un, deux, trois, bah ça été une catastrophe. En fait, pas la peine de chercher, il suffit qu’elle pose un regard sur moi quand je commence à me trémousser pour que je me sente invariablement, ridiculement blanc. Blanc comme un Mozart. T’as déjà essayé de danser sur le Requiem ? Mais bon, d’un autre côté c’est normal, les nègres ont inventé la musique. Le blues, et conséquemment le rock, le jazz, la zouc, le funk, le hip hop, le rap, le reggae, le ragga, et que sais je encore.  Alors que les blancs sont passés de Bach à Daft Punk ; et encore, ils n’y seraient jamais parvenu sans les nègres. Or le soucis avec la musique de blanc, de Malher à Prodigy, c’est qu’il faut être intelligent pour la comprendre, avoir un background musical, être cultivé. Même si la techno belge demande au mieux un corps en état de fonctionnement et quelques drogues récréatives, ça reste l’expression ultime et invariable de la technologie, une musique intellectuelle. Le nègre lui, il lui suffit d’une vieille guitare, d’un peu d’alcool de maïs et tu as John Lee Hooker. Mais par-dessus tout, il y a quelque chose que j’aime chez les nègres, ils sont inoffensifs.

Voyez, quand je suis avec eux en train de causer, ou à les écouter, leur phrasé, leurs interjections, éclat de voix, ironie en non-dit qui ponctuent leurs conversations, je me sens immédiatement plongé dans un genre d’enfance. Je dis un genre parce que la mienne n’a jamais ressemblé à ça et quand je vois des mômes ensemble ça plutôt l’air d’un coup de pied dans la gueule avec jouet cassé en mélodie. Et puis il y a ces expressions universelles, des Antilles à l’Afrique. Le tchip par exemple. Bruit de bouche grenouillé qui peut signifier l’indignation, le mécontentement, le mépris, la stupéfaction, la désolation. Il peut être interminable, court, ou balancé d’un trait, sec et discret (le pire). Ou bien, chez les francophones, le mot « jus ». Chez les blancs, et les français en particulier, un jus c’est presque invariablement un café, ou bien ça évoque un truc au fruit banal, orange, abricot. Chez les nègres c’est beaucoup plus. C’est un truc frais, sucré, issu de quelques fruits ou fleurs exotiques avec des couleurs de sucre d’orge radioactif. Bissap, papaye, mangue, mais même un soda quelconque peut être un « jus » vu qu’un jus ne sera jamais du lait, de l’alcool, de l’eau ou un café, tous ces trucs de blanc. « Jus » à prononcer avec le u en haut et le j de telle sorte qu’il évoque instantanément le rafraichissant assassin de soif. Le jus du nègre est une réparation, un secret du temps de son enfance, et qui l’y ramène toujours, quand maman le tenait à la redresse.

Parce que hein, les négresses ça rigole pas. Mon amoureuse, qui a beau être à moitié blanche et jamais élevée chez les nègres (c’est dire) bin peut protester ce qu’elle veut à ce sujet, quand elle me donne un conseil d’un ton un peu ferme ou m’explique qu’elle n’est pas d’accord, j’entends systématiquement « eh le petit blanc là, tu vas filer droit hein, tchiiiip » Qu’elle me le dise doucement ou pas d’ailleurs, c’est dans son énergie nègre… ce qui du reste a tendance à me faire hurler de rire, pas que je ne la prenne pas au sérieux, mais j’aime les nègres donc, même leur coup de pied au cul. Et je file droit d’ailleurs. Alors qu’avec une blanche t’as toujours le sentiment dans ces instants là qu’elle te dit « Nooon Jean-Charles tu ne me comprends pas, que sais tu de mes désirs ? Sais-tu au moins qui je suis ? » Une blanche qui t’engueule tu prends rendez-vous chez le psychanalyste. Une négresse tu te sens comme une toute petite souris devant un chat de 10 kilos très, très musclé. Donc pas si inoffensif que ça tu me diras, mais en fait si. La négresse est peut-être une princesse qui fout les jetons, le nègre donne toujours le sentiment d’être cool, facile à vivre, volontiers moqueur, et même avec un AK47, il faudra qu’il se déguise en mariée… Même le plus vindicatif représentant du peuple nègre, t’as du mal à les prendre tout à fait au sérieux. Mike Tyson ? Une machine à arracher les têtes sur le ring, un gros ours un peu simplet dans la vie civile. Muhammad Ali ? Une grande gueule de compétition, un emmerdeur  phénoménal et un artiste, devenu une iconographie de la culture sportive… blanche. Quand à Malcom X, aux Black Panthers, Franz Fanon ou Patrice Lumumba finalement qu’est-ce qu’on a retenu d’eux à part un certain folklore balayé par le complexe œdipien de Michael Jackson et les tatouages poseurs  de 50 cents ? D’ailleurs, quand on dit intellectuel africain c’est tout juste si on n’a pas l’impression de faire un oxymore. Ecoutez-les en train de discuter de la situation au pays, une logorrhée interminable, à la sémantique impeccable, plein de termes et de propos d’une intelligence sans limite disposés selon une rhétorique implacable, excepté qu’elle n’aboutit strictement nul part. On parle pour parler de solution qu’on ne trouve apparemment jamais. Si la conversation de deux simples étudiants sorbonnards nègres pouvait être matérialisée, le continent Africain ressemblerait au Japon.

Alors que les bicots, les bougnoules, les melons, les crouilles, c’est autre chose. J’aime moins les bougnoules. Ils pensent. Ils sont intelligents, on dirait des blancs. Des blancs mais fiers, orgueilleux. Pas absolument et fondamentalement certains d’avoir raison en tout comme les blancs, non, pire que ça, comme s’ils avaient inventé la raison elle-même et qu’ils en disposaient tel un secret et la gardait, le cimeterre à la main. Par exemple si je te dis Omar Kaayam, Tahar Ben Jeloun, Khalil Jibran, même si tu ne sais pas qui ils sont, tu as le sentiment d’avoir à faire à des prix Nobel mystérieux sortis de je ne sais quel antique et lointaine kabbale. Et il suffit de parler avec l’un d’entre eux pour qu’en quelques mots, quelques phrases simples et sans détour il t’écrase lentement de son savoir. Pire un savoir que tu n’oseras pas remettre en question de peur qu’ils sortent le couteau. Un jour quand j’étais petit, je me suis perdu dans le métro. Direction le nord de Paris, et je suis tombé sur un nid. Des mines lugubres de messieurs en gris, au visage osseux et jaune avec des cheveux frisés, des yeux noirs et des lèvres mauves qui me filèrent une frousse de tous les diables. Et aujourd’hui quand je vois leur descendance, les jeunes, avec leur grande bouche qui s’interpellent, se donne du cousin, alors qu’ils ne sont même pas germains, jurent sur le Coran, alors qu’ils seraient incapables de te citer une sourate, avec leurs cheveux ras, leurs corps maigre, vif, et leur visage fermé dès qu’un blanc s’approche, j’ai le sentiment d’avoir à faire à de jeunes loups affamés. Voilà, c’est ça, c’est ça que j’aime pas avec les bougnoules, ils sentent le sang. Le sang, le thé et l’intelligence. Et aussi l’ordre. Une hiérarchie des sexes, une hiérarchie des cultures, l’homme derrière, Dieu devant. D’ailleurs s’ils n’ont pas inventé les mathématiques comme le pensent les blancs ignorants, ils ont bien inventé le zéro. Le néant chiffré qui sépare le négatif du positif, la limite symbolique et indispensable sans qui l’informatique n’existerait pas, un socle, et rien à la fois. C’est inimaginable, et il fallait bien être un bougnoule pour inventer un absolu pareil. Car même quand ils croient ils sont absolus les bougnoules. Quand Khalil Gibran, paraphrasant le Coran dit dans le Prophète, « je suis plus prêt de toi que ta veine jugulaire » tu vois très bien ce que cela veut dire, et c’est autant l’absolu du divin que celui du couteau sur la gorge, de l’au-delà de la mort que tu perçois. Alors que les nègres, quand ils croient, tout de suite c’est autre chose. Ils en font un genre musical, le Gospel, où c’est les citadelles du fin fond du Mali qui semblent surgir du sable comme s’ils avaient construit Dieu avec leur main.  D’ailleurs Ben Laden il est même pas nègre et si tu regardes les Imams proférer sur la toile, tout de suite tu ne rigoles plus. La barbe a l’air d’un barbelé électrifié, le phrasé roule, écorche et dresse un index sentencieux vers le ciel, et pour peu que tu sois blanc et américain t’as plus qu’une envie, même si tu ne comprends pas un traitre mot, trouver le bunker le plus proche et emmagasiner des M16 en attendant l’invasion. C’est simple, même leurs femmes aux bougnoules, elles n’ont pas l’air de baiser mais de prier. Et quand elles sont du genre à se voiler mascara et rouge à lèvre, bin t’as juste le sentiment que si t’es pas venu avec ton livre de vérité et ton couteau, tu baiseras jamais, tu pleureras et tu supplieras que ses cousins débarquent pas pour te démonter la tête. Alors oui, bien sûr, il y a les bougnoules de maintenant, les laïcs et sur qui la greffe de casquette n’a jamais pris, mon meilleur ami est comme ça. Il boit, il mange du cochon, il baise autant qu’il veut et c’est un grand séducteur, mais justement. Il a beau pas avoir un physique de playboy, pas être riche à millions ou disposer d’un cursus universitaire d’intellectuel nègre, t’as l’impression qu’il sait un truc que tu sais pas, pire, que tu sauras jamais. C’est complexant. Heureusement qu’ils savent pas danser en plus. Oui je sais, les derviches, les gnawas, la danse du ventre, mais bon c’est pas des danses tout ça, c’est des trucs rien qu’à eux que si un blanc ou même un nègre s’y essaye, il aura juste l’air d’un con voulant se faire passer pour un bougnoule. Cumuler les handicaps ne constitue pas forcément une forme d’expression artistique, sans quoi Nicolas Sarkozy serait chanteur de charme.

Mais revenons en cinq minutes aux nègres. Il y a une chose qu’ils ont réussi à faire que n’ont jamais réussi les bougnoules. Un truc imparable, ils se sont emparés du plus vilain mot avec lequel on les nommait et ils en ont fait selon moi le plus beau, le plus noble, et surtout le plus exactement français des mots. Nègre justement. Et ça grâce entre autre à Aimé Césaire et sa négritude, et tout le mouvement qu’il a suscité derrière lui. Grâce à Breton qui l’a applaudi, et aussi tous les autres jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à Denis Laferrière. Ces princes de la littérature française. Car aucun leurre messieurs dames, aucune illusion, les seuls vrais écrivains français actuellement, les plus grands, les plus magnifiques, sont créoles. Ces gens là ne sont pas écrivains d’ailleurs, ils sont bijoutiers du vivant. Et je donnerais ma main droite pour être capable d’écrire un discours comme Césaire en a écrit un contre la colonisation, et en plus à l’époque où il l’a écrit. C’est pourquoi je l’utilise si volontiers ce mot de nègre, parce qu’il est beau, et parce que ça emmerde fondamentalement les bonnes consciences. Et voilà que j’en arrive aux années 80…

Dans les années 80 dans un grand élan de fraternité frelaté on ne touchait plus à mon pote. Le nègre devenait noir ou black et le bougnoule beur. Un beur dont on nous a fait des tartines, des tartines quasi entomologistes où le bon parlé, la novlangue enchristé dans ses contradictions et ses pudibonderies racistes illégales, ne sut bientôt plus comment nommer ce qui le dérangeait tant. Le beur est devenu maghrébin (qu’on pourrait littéralement traduire par « ceux venus de l’Ouest ») puis aujourd’hui qui se qualifie et se revendique lui-même tunisien, marocain, algérien, avec le drapeau jamais loin. On n’ose plus. Les mots bougnoules (pas très joli en soi je concède) melon (mais c’est bien rond) ou crouille (que tout bobo sait qu’il est dérivé du mot « jouilla » frère) ont été bannis comme hier on a banni les termes de youtre ou youpin, eux même dérivés du terme yiddish « yid ». Quant à arabe l’entomologiste du langage le trouve imprécis d’autant plus qu’il prête tant de vertus aux kabyles et aux shleuhs, comme hier les hippies prêtaient aux indiens des qualités surnuméraires au seul fait qu’il s’agissait d’un peuple martyr (et les martyrs ont toujours raison, comme chacun sait). Evidemment dans la vie courante, parce que je n’ai pas envie de me faire cogner je dis « black », « noir », « rebeu » et pourtant ces mots ne sont que des caches misères, des caches misères de toutes ces observations, tous ces ressentis parfois idiots, parfois ravissants mais toujours vrais dont je viens de vous faire part, et dont je suis et j’ai été victime comme n’importe quel idiot ignorant. Des caches misères qui ne traduisent jamais la variation de couleur, mauve, marron, bleu, qu’offre un excédent de mélanine, ni cette culture jalouse, et jalousé que l’on rencontre à l’Ouest comme à l’extrême Est du monde musulman, laïc, ou non. Et tout ça pourquoi finalement ? Pour que des cons puissent expliquer qu’ils ne sont pas racistes, la preuve ils mangent du couscous, tandis que d’autres dégobillent que les races existent et que le métissage est une catastrophe. Tout ça pour rien, blancs de merde complexés.

En attendant, quand je voyais la gueule de la catastrophe que j’aimais et à qui j’ai dédié ce texte, c’est bien le pire que je souhaite au monde.

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