Mort aux cacahuètes

Je hais la cacahuète. La cacahuète me rend parano. La cacahuète est l’ennemie de l’homme de goût qui, l’espace d’un instant, un instant seulement, monsieur, essaye d’oublier, à la terrasse d’un café qu’il n’est qu’un point dans l’éternité – infime, instable, évanescent – et que bientôt faudra rentrer à la caravane pour faire manger les gosses.

La cacahuète m’a trahi

Oui, j’exècre l’oblong granulé d’arachide qu’on nous convie à grappiller aux apéritifs, car elle m’a trahi. Hier, objet occasionnel de mon intention apéritive, fidèles et distrayantes camarades de mes maxillaires, goûtue graminée de mes papilles enchantées, aujourd’hui objet de mon dégoût. Pourquoi ? Eh bien, faute à la science. Cette science maniaque du chiffre et de la statistique, de l’hygiène et des existences bien rangées qui a démontré la présence de douze urines différentes sur des cacahuètes en milieu cafetier.

Comment voulez-vous que je leur fasse confiance après ça ? C’est bien simple : même déshabillées sous mes yeux de leur emballage, même arrachées à la pureté du vide pour celle de la coupelle lavée avec Mirlaine, je me méfie. Alors que faire ? Proposer des saucisses ? Oui, mais lesquelles ? Au mouton ou au cochon, à la dinde ou au sanglier ? Inviter aux gâteaux salés, oui mais quoi ? Ces machins extrudés et jaunes ou ces néo chips à forme aérodynamique comme des soucoupes volantes épicées à la machine ? Se rabattre sur les petits de la lump, quelque guacamole de conserverie, tarama teint en rose pour plaire aux ignorants ? Est-ce bien raisonnable ? Le pop-corn, en dernier recours ? Ne me parlez pas de ces morceaux de papier, qu’on a la mauvaise idée de distribuer aux ânes à l’entrée des cinémas.

La pistache vaincra !

Non, si la cacahuète n’est pas forcément l’amie de l’homme, le pop-corn est certainement son pire ennemi après l’imbécile. Mais alors quoi ? Hein quoi ? Je ne vois aujourd’hui qu’une solution : la pistache. Et c’est pourquoi je vous invite si d’aventures vous êtes en compagnie d’une pile de soi-disant innocentes cacahuètes, à crier : « Sus à la cacahuète, la pistache vaincra ! »

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